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Je suis s�re qu'il n'y en aura pas.
Je veux bien me taper 20 bornes par jour,
mais si c'est pour voir personne, merci !
Tu peux pas me faire �a. Maintenant, c'est trop tard.
- Pourquoi ? - J'ai dit aux autres que tu venais.
Et d'abord, c'est qui, les autres ?
Y aura Mathieu, peut-�tre Louis et Bernadette.
Bernadette ? Laisse tomber. M�me pas la peine que j'y aille.
J'ai que 2 semaines.
Je tiens pas � les g�cher. Les mecs en auront que pour elle.
Moi, j'ai bient�t 30 ans, je suis c�libataire...
Il vaut peut-�tre mieux que j'aille au Club Med.
�a d�pend ce que tu cherches.
Ben, dans l'id�al : un intellectuel sportif.
L�, tu tapes haut.
- Du quoi ? - Du trekking.
De la marche � pied !
- Et o� �a, tu me dis ? - Dans le GR20, en Corse.
- Il fait combien, celui-l� ? - 35 F. C'est marqu� dessus.
C'est pas cher !
�a te fera du bien ! � part le tarot, tu fais pas de sport.
- Tu t'emp�tes ! - Arr�te de me tripoter.
�a va, on est frangins !
Tout le monde n'est pas cens� le savoir.
Je t'ai pas dit la meilleure : y aura Bernadette.
- Non. Pas la Bernadette de la fac ? - Si, si !
Tu l'imagines, moul�e dans son short, avec son petit cul ?
C'est s�r, �a demande r�flexion.
Quand on me l'a dit, j'ai pas r�fl�chi.
- Tu d�cides quoi ? - Tu peux pas me remplacer ?
- Pourquoi ? - Je reviens !
Oh ! T'es chiant, merde !
Ah ouais ! D'accord !
Moi, c'est en randonn�e que j'ai rencontr� �ric.
Il conna�t bien le GR20. Il l'a fait au moins 10 fois.
Vraiment, avec lui, il n'y a aucun risque.
En plus, n'oublie pas un truc :
en randonn�e, on porte un sac sur le dos.
- Ben, oui. Et alors ? - Elle t'a dit quoi, ta voyante ?
- Que j'allais faire une rencontre. - Et avec qui ?
Avec quelqu'un qui porterait quelque chose sur les �paules.
� demain.
Where have you been?
�a va pas recommencer !
Where are you going?
C'est pas vrai ! Merde !
You can't leave me!
You are not allowed to leave me!
You're not leaving me!
J'en ai marre !
Bordel, arr�te ! Merde, tu fais chier !
Where are you going? I haven't finished with you, yet!
Get back here!
You just won't argue with me. I'll sort you out later!
You come back here or I'm gonna beat you up
like you've never been beaten up before in your life!
Voil� �ric. Coralie, Louis, Mathieu.
- Salut ! - Bonjour.
Vous avez fait bon voyage ?
- Oui. �a a �t�. - Pour moi, �a a �t�. Merci.
Mais... vous �tes au complet, l� ?
Il manque pas quelqu'un ?
Si, Bernadette. Mais elle a pas pu venir.
- C'est pas plus mal. - Sauf qu'eux voulaient plus venir.
- Non ! - �a n'a rien � voir.
- On pensait qu'il y aurait... - On est l�, hein ?
- On va chercher les bagages ? - On y va !
Faut �tre con pour paumer ses papiers la veille d'un d�part !
Faut �tre con pour paumer ses papiers !
Elle les a pas paum�s. Elle s'est fait voler son sac.
�a revient au m�me.
Voler et paumer, c'est pas pareil.
Si, c'est pareil. Elle est pas l�, pour nous.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Non, rien. On parlait de Bernadette.
C'est con, cette histoire de papiers.
Ah ouais ! �a, elle en �tait malade.
Surtout qu'elle savait que vous veniez.
Louis, mon sac. Le vert, l� !
Putain, il est lourd !
- Celui-l�, c'est � moi. Merci. - C'est par o� ?
- �ric ? - C'est par l�.
- Vous m'attendez ! - Oui.
- Merci, Carlo. - Merci, monsieur. Au revoir.
- Salut, Lino ! - Salut.
- �a va ? - �a va.
Il te reste des chambres ?
Des doubles ou des simples ?
Ben... nous, on est deux. Donc double.
- La 9, alors. - OK. Merci, Lino.
Merci.
Et vous, vous �tes avec qui ?
Moi ? Moi, je suis avec personne.
Comment �a se fait, �a ? Jolie comme vous �tes !
Y en a pas un de vous deux qui serait int�ress�, non ?
Ah non ! D�sol�.
�a tombe bien. Je ne suis pas int�ress�e non plus.
Merci.
Bon... Nous, on est deux.
La t�te qu'il fait, le p�p� !
Il est paniqu�.
�a te fatigue pas, d'emmerder le monde ?
Merde, je crois qu'il m'a rep�r� !
Bon. T'arr�tes, si tu veux pas avoir d'ennuis.
Ben, quoi ? Je fais rien de mal.
- T'arr�tes quand m�me ! - T'es chiant, comme mec !
Y a jamais moyen de s'�clater, avec toi !
T'as un poil, l�.
- On est bien, tu trouves pas ? - Ouais.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Il faut que je lui t�l�phone.
Je vais dans la salle de bains.
All� ? C'est moi.
�a va ? Ouais.
Les petites vont bien ? Ouais ?
Ben, non, justement. Non.
Je peux pas, l�. Pas avant 3 ou 4 jours.
Hein ? Ouais, c'est un groupe.
Ils sont 4. Quoi ? Non, ils sont sympas.
Pas malins, mais ils sont sympas.
Moi aussi, tu me manques, mon b�b�.
Je t'aime.
�coute, je peux pas rester, l�.
Faut que j'y aille. Oui, je t'embrasse.
Oui... Je t'aime.
�a va ?
- J'ai pas �t� trop long ? - �a va.
On n'a pas fini d'en voir, avec ce truc-l�.
J'aimerais savoir o� t'as d�got� �a.
Un pote me l'a ramen� de New York. C'est g�nial, hein ?
�a co�te moins cher, l�-bas.
- Seulement 200 dollars. - 200 dollars ?
�a fait combien, �a ? Plus de 1 000 balles.
Ouais... enfin, oui.
T'as pas foutu 1 000 balles l�-dedans ?
Je pouvais pas faire autrement.
Je l'ai command� il y a 3 mois. Je pouvais pas me d�sister.
Tu dois de l'argent � tout le monde !
Je pouvais pas faire autrement. Je m'�tais engag�.
Je pouvais pas pr�voir mes ennuis d'argent.
Pourtant, s'il y a un truc pr�visible chez toi, c'est bien �a.
Allez !
- Tout le monde est pr�t ? - J'arrive pas � fermer mon sac.
- Tiens, Louis. Prends mon pull. - Pourquoi moi ?
- Il te reste de la place. - C'est calcul�.
- Quoi, "calcul�" ? T'as rien pris. - Ben, non.
Tu parles d'un calcul !
Si mon sac est trop lourd, j'y arriverai jamais.
- Donc tu prends pas mon pull ? - Ben, non.
Bonjour la solidarit� !
Bon. Prends l'appareil photo, au moins.
OK, mais uniquement parce que c'est un objet d'usage collectif.
J'arrive pas � le fermer. Je fais �a, je rabats le couvercle
et toc, on n'en parle plus. Hein, �ric ?
Bon, �coutez. On va essayer de...
de d�marrer en commen�ant doucement, hein ?
Allez ! Vous me suivez tous.
On y est.
- Mathieu ! Tu fais le serre-file. - Le quoi ?
- Tu fermes la marche ! - Pourquoi moi ?
- Il en faut un, mon vieux. - OK, man !
Oh ! Des �nes !
Le plus important, c'est de trouver son rythme,
de marcher r�guli�rement.
N'essayez surtout pas d'imiter les autres.
Si quelqu'un prend du retard, c'est pas un probl�me, on l'attendra.
On est pas ici pour faire une comp�tition.
On est ici pour profiter de la nature.
D'accord ?
Un petit truc pour les bottines :
vous attaquez bien le sol avec votre talon,
vous d�roulez le pied et vous poussez avec la pointe.
- On marche, quoi ! - Hein ? Oui.
Respirez par le nez
et synchronisez votre respiration sur vos pas.
C'est simple. Comme ceci :
un, deux, trois... inspiration ! Petit pas de pause.
Un, deux, trois... expiration !
Et on expulse bien tout l'air qu'on a dans les poumons.
Et pour augmenter votre vitesse,
vous n'avez qu'� allonger le pas. D'accord, Mathieu ?
Vous allez vous rendre compte
que tout votre corps entre en action.
Les bras, par exemple, op�rent un mouvement de balancement
qui �quilibre le mouvement de vos jambes.
Vous voyez ? Et le bassin entre �galement en jeu,
par un mouvement de rotation de la gauche vers la droite...
surtout chez les femmes, qui travaillent avec les hanches.
Les hommes, eux, c'est les �paules.
Contrairement au coureur, qui � chaque foul�e d�colle,
le marcheur, lui, il adh�re, il reste en contact avec le sol.
Si vous faites bien attention � vos jambes,
vous constaterez qu'elles passent en alternance
par une phase d'oscillation et une phase d'appui,
que les muscles ne se contractent qu'au moment
o� le talon entre en contact avec le sol.
Tant que la hanche n'est pas � la verticale de votre pied,
ils effectuent une op�ration de freinage
pour �viter la chute.
Au fond, on peut dire que la marche � pied
n'est qu'une succession de chutes rattrap�es
et de d�s�quilibres compens�s.
On tient plus debout ?
Oh, �a va !
S'il la fermait un peu, ce serait pas arriv�.
- C'est pas grave. - Comme quand on t'explique
comment il faut faire pour respirer...
Apr�s, tu sais plus o� t'en es. Moi, j'aime pas qu'on m'embrouille.
Je vous conseille de pas trop parler pour �conomiser votre souffle.
Ah, nom de Dieu !
Regardez-moi �a !
C'est magnifique !
Quelle majestuosit� ! C'est splendide.
Quelle merveille !
Regardez ! Regardez la montagne.
Ces palmes !
Regardez les gen�ts qui...
C'est � toi, �a ?
T'es pas dans une d�charge, ici !
Il faut respecter le site
et pas d�poser tes crasses partout !
�coutez-moi bien. On va faire un contrat ensemble.
Tous les d�chets doivent �tre conserv�s dans les sacs.
OK ? Bon. Contrat ?
Contrat.
J'ai pas entendu.
Contrat !
Contrat...
Tu refais �a, je te p�te la gueule !
Allez, on y va.
Si on faisait une pause ?
On va pas commencer � s'arr�ter chaque fois qu'on est fatigu�s !
Quand, alors ?
Posez pas ce genre de questions. On n'a fait que 3 kilom�tres.
- Seulement ? - Y a un ruisseau, plus loin.
Oh, regardez ! L�, il y a des mouflons.
Excuse-moi, Cora. Ce ne sont pas des mouflons
mais des ch�vres sauvages.
Allez !
Mais attendez-moi !
Attendez-moi !
C'est vrai, qu'il est mari� ?
Ouais. Il a m�me deux petites filles.
Je me demande ce qu'elle fout avec un mec comme �a.
D'apr�s elle, il divorce dans l'ann�e.
�a va lui co�ter un maximum, avec 2 m�mes.
Un mec avec des enfants doit �tre riche ou con pour divorcer.
Oh, Mathieu ! Ils s'aiment.
Et alors, quel rapport ?
La voil� !
Tu veux un Nergisport ?
Non. �a va, merci.
Tiens, donne !
Bon, allez !
On va pas trop tarder � y aller.
Attends ! On vient juste d'arriver.
On a m�me pas eu le temps de prendre une photo.
Bon. Je vais en faire une.
Non. C'est moi. Louis, passe-moi l'appareil.
�a va ! Tu me parles pas comme �a.
Souriez ! �a va peut-�tre pas durer.
Passe devant, Cora.
Tu mets tes pas dans ceux d'�ric, c'est plus facile.
Merci.
Pour tout � l'heure, fais pas attention.
D'habitude, il est pas comme �a.
Il allait me foutre son poing sur la gueule.
Mais c'est pas son genre.
Mais l�, il a des responsabilit�s, alors...
il rappelle que c'est un peu lui le chef.
C'est vrai qu'il faut pas consid�rer le GR comme une poubelle.
Avec un minimum de fric au d�part,
�a peut marcher.
Pour l'�t� prochain, �a me donne le temps de trouver un associ�.
- Hein ? - Ouais.
Mais je peux d�j� te dire que ce sera pas moi.
Tu bosses 2 mois � fond et le reste, tu bulles.
Excuse-moi, mais...
vendre des frites sur les plages, c'est pas une id�e nouvelle.
Je te dis que c'est pas des frites mais des salades di�t�tiques.
- Qu'est-ce que c'est, ce bruit ? - Ma gamelle a d� s'ouvrir.
- C'est �nervant, hein ? - Un peu, ouais.
Moi, �a m'�nerve.
C'est encore loin ?
Un peu de volont�, nom d'une pipe !
Non mais... ce que je veux dire,
c'est qu'on a fait plus que ce qu'il reste � faire ?
Ouais, ouais.
Bon, ben... c'est pas la peine de faire demi-tour, quoi.
Beau, hein ?
- �a va, Cora ? - Quoi ?
Ben, non. Justement. �a va pas du tout !
J'en ai plein les pattes !
Je ne vais pas pouvoir aller plus loin.
Attends ! C'est pas grave.
Ces situations arrivent tout le temps.
Alors, tu sais ce qu'on va faire ?
On va red�marrer un peu plus doucement,
et dans 2 ou 3 km, �a ira mieux.
D'accord ?
- Allez ! - Attends !
Je crois que tu ne m'as pas bien comprise.
�a va pas du tout !
On pourrait s'arr�ter un peu ?
C'est vrai. Apr�s tout, on n'est pas en comp�te.
Vous n'avez qu'� continuer sans moi.
Tu rigoles ? On va pas te laisser l�.
- Non. Ou alors... - C'est hors de question.
Moi, je sens que la montagne, c'est pas mon truc.
Cora, attends.
Vous, vous n'avez qu'� continuer
et je vais faire demi-tour. Parce que je vais vous faire chier !
On se retrouve dans quelques jours � Ajaccio.
Cora, c'est une r�gle en randonn�e :
on ne se s�pare jamais !
Il a raison. Ce serait vraiment pas prudent.
Je peux l'accompagner.
Je peux me d�brouiller toute seule. C'est pas compliqu� !
Tu arr�tes de faire l'idiote.
Tu me parles pas comme si j'avais 15 ans !
Si je te dis que j'en peux plus,
c'est que j'en peux plus ! Il faut que tu me croies, �ric.
Je vous jure, j'en peux plus.
Cora...
Sache que ce que tu ressens est naturel. C'est normal.
Tu utilises des muscles de ton corps
qui n'ont plus l'habitude de travailler. C'est tout.
Alors, forc�ment, �a �tonne.
Mais pour une d�butante, tu te d�brouilles vachement bien.
C'est valable pour tous. Je suis content de vous.
- Merci, �ric. - Merci.
Bon... Cora.
Tu peux y arriver. Y a pas de raison.
Hein ? D'accord ?
� 5 on est partis, � 5 on arrivera.
D'accord ? We are together!
Mais y a encore combien de temps ?
Une petite heure.
Bon. Si c'est une heure, �a va.
On y va.
Nadine...
Je pr�f�re que tu prennes la t�te du groupe.
Comme �a, je peux m'occuper un petit peu de Cora. D'accord ?
D'accord.
Mais d'abord, tu me dis un truc gentil.
T'es mon petit cul.
J'y vais en premier. Vous venez avec moi, les gar�ons ?
- C'est encore loin ? - Un petit quart d'heure.
Il y a un quart d'heure, tu m'as dit la m�me chose.
Y a quart d'heure et quart d'heure. C'est une fa�on de parler.
� partir de maintenant,
on parle en quarts d'heure r�els. Sinon, �a me d�motive.
Regarde, Cora. Tu vois la petite maison en bois ?
C'est le refuge d'Orto di piobbu.
�a veut dire : "le jardin des peupliers".
- C'est vrai ? - Ouais.
C'est joli.
- Bonjour. - Bonjour.
- Bonjour. - Bonjour.
Bon... On se met comment ?
En tout cas, je vous pr�viens, je dors pas � c�t� d'un mec.
T'as qu'� prendre ce matelas-l�, alors.
D'accord.
Toi, tu fais comment, avec �ric ?
�a va... pour une fois !
Ah, putain !
Salut !
- Salut, Tino ! �a va ? - Bien.
- Fid�le au poste ? - Eh oui.
Cette ann�e, c'est dur. On a perdu 1 Allemand et 2 Autrichiens.
Ah, moche !
Po�l�e de porc aux coquillettes.
Magret au poivre vert ?
Tu te refuses rien, toi.
- Et �a, c'est quoi, �a ? - Arr�te, �coute...
Arr�te de fouiller dans mon sac. Laisse-moi faire !
Qu'est-ce qu'il y a ?
Mais y a rien ! T'as pris ta gamelle ?
Oh non ! Merde, j'ai oubli�.
�a va mieux ?
Oui, oui. Mais il y avait plus d'eau dans la douche.
- Elle est � quoi, la soupe ? - T'as qu'� la go�ter, tu verras.
J'ai go�t�, justement. C'est pour �a que je demande.
- T'�tais mignonne � l'�poque. - Merci pour "l'�poque".
- Fais voir ! - Ouais. Regarde.
Oh ouais. Dis donc ! Comment tu fais pour �tre aussi bien
sur les photos d'identit� ?
J'y vais avec un paquet de pi�ces de 10 balles
et puis je me prends, je change de coiffure, je me reprends...
jusqu'� ce que ce soit bien.
- Et tu te prends combien de fois ? - �a d�pend de ma t�te.
�a doit te revenir cher, non ?
Un passeport dure des ann�es.
Si t'es souriante sur la photo, �a t'�vite plein de probl�mes.
Tr�s juste, �a.
- J'y avais pas pens�. - Moi non plus.
Vous devriez essayer.
Allez ! � toi, �ric.
Allez, �ric !
Allez !
Bon. Mais �a date pas d'hier.
Oh, qu'est-ce que �a peut faire ?
- Allez, vas-y ! - D'accord.
Putain ! J'y crois pas.
- Oh, la gueule ! - La vache !
L'angoisse !
- On dirait G�rard Lenormand ! - Oh, la vache !
Oh, �a va !
Si t'enl�ves les cheveux,
il a pas tellement chang�. - Oh si !
Moi, je trouve pas. C'est le m�me.
Le permis de conduire de Louis, � c�t� de �a, c'est rien.
- Fais voir ton permis. - Je l'ai pas.
- Tu l'as toujours. - Je l'ai laiss� � Paris.
Je suis s�re que tu veux pas le montrer.
Je l'ai pas, je vous jure. Je vous dis que je l'ai pas.
- Merde ! Je l'ai pas, �a va ! - Oh, la coquetterie !
T'es pas marrant, franchement. Je vous montre les miennes ?
- Ouais. - Je vais les chercher.
Oh l� l� !
Je les connaissais pas. Tu les as faites quand ?
Il y a un peu plus d'un an.
Tu te trimballes avec �a dans ton sac ?
- Elles sont superbes. Vraiment. - Merci.
- On dirait un top model. - T'es folle !
- Faut pas exag�rer. - Les metteurs en sc�ne,
ils devaient pas �tre d��us. - �a va !
- Pas oblig� d'�tre d�sagr�able. - C'�tait pour rire.
Le type qui les a faites est fort. Il a d� prendre un max.
C'�tait une femme. La prise de vue, c'�tait 1 200 F et 25 F la photo.
Voil� ce que je devrais faire ! Y a du bl� � se faire.
- Tais-toi, va ! - Tu feras mon assistant.
� ce prix-l�, j'en ai donn� une � ma m�re, une � ma sur,
puis les autres, je les ai gard�es dans une bo�te.
Elles sont splendides !
J'aime bien celle-l�.
On dirait une vedette de cin�ma.
Je les r�cup�re ? Merci.
Aujourd'hui, il va falloir assurer. Il y a le critique de France-Soir.
Quoi ? T'aurais pas d� me le dire. Je suis hyper stress�e, maintenant.
Coralie ! Allez, on se d�p�che.
On y va ! Allez, les filles !
D�p�chons !
Et ces gants... ces �ternels gants !
Je t'ai dit de les laisser � la cuisine.
C'est avec �a, que tu esp�res s�duire le laitier ?
Non. Ne mens pas ! C'est inutile.
Pends-les au-dessus de l'�vier !
Quand comprendras-tu que cette chambre ne doit pas �tre souill�e ?
Tout, mais tout ce qui vient de la cuisine est crachat !
Sors... et remporte tes crachats !
Mais cesse !
Oh, c'est dommage ! Y avait pas la p�che, ce soir.
�a s'est pas senti du tout.
Il avait l'air d'aimer, le critique ?
C'est pas comique. C'est difficile de savoir.
Avec un truc dr�le, les gens se marrent ou pas,
alors que l�, Les Bonnes...
Il a pas montr� des signes d'impatience ?
On n'a pas pass� notre temps � le regarder mais...
- Je crois pas. - Il est parti avant la fin.
"Avant la fin" ?
Il en a vu plus d'une heure, quand m�me. C'est d�j� beaucoup.
Une fois qu'il s'est fait son id�e, bonne ou mauvaise...
S'il est parti avant la fin, c'est qu'elle est pas bonne.
C'est vrai, �a.
Et vous, comment vous avez trouv� ?
- C'�tait pas trop nul ? - Non !
T'es vachement belle, sur sc�ne.
Mais tu prends un peu d'oseille, quand m�me ?
Ben, on est � la recette.
T'aurais d� le dire. On aurait pay� notre place.
Alors l�, certainement pas. T'es folle, ou quoi ?
Allez ! Debout, l�-dedans.
Une belle journ�e commence. Il est 7 h.
Le GR vous attend. Allez, Louis, debout !
Nadine ! Debout !
Allez, Mathieu ! R�veille-toi, mon grand !
- Cora, debout ! - Mais...
Le GR nous attend. Une belle journ�e s'annonce.
Allez, vite !
C'est con que �a tombe maintenant...
parce que le paysage est vraiment sublime.
On est oblig�s de te croire sur parole.
On n'a pas de bol, vraiment !
Vous voyez vraiment rien ?
- Moi, rien du tout. - M�me pas un peu ?
- Non. - Bon, allez...
Bon. Pour ceux qui voient pas...
Regardez, vous suivez mon doigt.
Nadine, tu vois ?
Au bout de mon doigt, l�,
tu vois une esp�ce de masse... Tu la vois ?
Ben, �a, c'est toute une cha�ne de montagnes,
qui tire avec une dominante de vert. Se raccrochent � �a
les roches du Monte Corona,
qui, elles, ont une petite touche de rose.
Alors, tu imagines le tout enrob� avec le ciel bleu,
�a te donne une gamme de couleurs absolument sublime.
Du rose, du bleu, du vert. C'est magnifique !
Ben, l�, c'est plut�t gris, gris, gris.
Bon. �coutez, merde ! La brume, j'y suis pour rien.
C'est pas ma faute, OK ?
Quand on entreprend ce genre de randonn�e,
il y a des param�tres qu'on ne peut ni contr�ler, ni m�me pr�voir.
Alors, OK ! On voit rien.
Mais, de votre c�t�, faites aussi un effort d'imagination.
Mettez-y un peu du v�tre !
Bon, allez !
Il est marrant, lui !
Oh, �a va ! C'est facile, d'�tre n�gatif.
Oh ! Attendez-moi ! Faut que je m'isole 2 minutes.
- J'ai envie de pisser. - Pas la peine d'aller loin.
Tu peux pisser devant nous, on voit que dalle.
- Je vais pr�s du rocher. - C'est agr�able, en plus.
�a fait 1 heure et demie que je me retiens. Tu permets ?
On va s'arr�ter un peu pour recharger les accus.
Il se prend pour Robocop !
- Qu'est-ce que tu dis ? - Je dis que c'est beau !
Oui. J'imagine.
OK. D'accord.
Bon. Y a un petit probl�me... c'est complet.
- Oh non ! - Ben, oui.
Oui. Je comprends pas.
D'habitude, c'est vide, y a pas un chat, mais...
Mais l�, je sais pas ce qu'il y a...
C'est complet, c'est bourr�.
Bon.
Un truc pour faire de la thune,
c'est skipper sur un voilier. - Ah ouais ?
Les types, ils partent � 2 ou 3 mecs,
ils ram�nent un bateau de Cannes � n'importe o�, je sais pas o�,
et ils reviennent en avion.
Ils se font un maximum de pognon. Tiens.
Un mec qui l'a fait m'a dit qu'il fallait m�me pas �tre bon marin.
Fallait juste avoir des notions pour tenir la barre.
Mais toi, t'as m�me jamais fait de bateau.
Ben, non. Mais je te donnais un exemple.
Arr�te, Mathieu !
D�sol�, c'est pas moi. C'est Louis.
Tu trouves ?
�a pue, l�-dedans. �a me d�go�te !
- �a ressemble � quelque chose ? - Il est l�, le trou.
C'est peut-�tre l'autre c�t�, le bout pointu ?
Je sais pas. Ah oui, c'est possible.
Louis, il y a plus de piquets.
- Ben, prends un des courts. - Y en a plus non plus.
T'en prends un de l'int�rieur. T'as jamais plant� de tente ?
Bonsoir.
Bonsoir.
- Vous n'avez pas trouv� de place ? - Si.
Vous avez plus de chance que nous. Nous, on est dans une tente...
la tente bleue.
Mathieu, Louis.
- Enchant�e. - Vous �tes soeurs ?
- Pas du tout. - Cousines, alors ?
Non. Non plus.
- Amies, quoi. - Voil�.
Nous aussi, on est amis. On est fr�res, on est amis...
On peut vous taper une clope ?
Attends. J'en ai, si tu veux.
Tiens.
Vous avez du feu ?
Vous savez de quoi je r�ve, en ce moment ?
D'un bon bain chaud, dans une grande baignoire
avec plein de bain moussant.
C'est mauvais, les bains chauds, pour le corps. �a ramollit.
Vaut mieux prendre des douches. �a rend la peau plus ferme.
Je dis pas �a pour toi.
J'ai des kilos � perdre, mais j'ai la peau tr�s ferme.
Quand tu les auras perdus, tes kilos, la peau se d�tendra tr�s vite.
En plus, � partir de 30 ans, elle perd vachement son �lasticit�.
- Enfin... Nadine ! - Ben, quoi ?
- Elle est tr�s bien comme �a, Cora. - Merci.
- Laisse-la vivre sa vie. - �a va. Je parle en g�n�ral.
Je trouve qu'elle est parfaite.
Je trouve pas que tu devrais perdre des kilos.
Ben, �coute... Continue, �ric, c'est tr�s agr�able !
C'est sinc�re.
Y a pas qu'une fa�on d'�tre belle, pour une femme.
Bon. Je vais faire la vaisselle. Tu viens avec moi, �ric ?
- Maintenant ? - Ouais.
On fera �a tout � l'heure.
- Cora ? - Ah non ! Moi, j'ai pas envie.
Bon. Ben, � tout � l'heure, alors.
On pourrait randonner ensemble ?
Salut. �a va ?
Y a un probl�me ?
Aucun probl�me.
On discute, on fait connaissance. La montagne, �a rapproche.
- Comme �a, c'est fait. - On y va ?
Salut. Soyez prudents !
Quand elles sont canon, elles sont jamais seules.
- Elles �taient pas si canon que �a ! - Quand m�me !
C'est s�r qu'au d�but, j'�tais un peu m�fiante.
Mais j'ai un copain qui pratique.
- Qui...? - "Pratique"... la m�ditation.
Il m'a emmen�e avec lui, dans le 18e, � une r�union.
J'y allais vraiment � reculons.
Mais d�s la premi�re fois, j'ai ressenti un mieux.
Mais physique, hein !
Et maintenant...
quand je pratique pas une journ�e,
je ressens comme un manque.
Tu vois, ma m�ditation � moi... c'est la nature.
D�tends-toi.
Mais tu sais, �ric... Si jamais tu �tais int�ress�,
ce serait pas un probl�me que tu viennes avec moi.
Je vous d�range ?
Tu sais qu'il fait des massages, c'est g�nial !
- Tu devrais te laisser faire. - Je sais. Il m'en fait souvent.
- On va se coucher ? - Ouais. OK. Il est quelle heure ?
Je sais pas, mais on doit se lever t�t demain matin, non ?
- Salut, Cora. - Merci, �ric.
- Bonne nuit. - � toi aussi.
Tu fais la gueule ?
J'aurais des raisons de faire la gueule ?
- Non. - Alors je fais pas la gueule.
Mais tu me donnes un coup de coude tout le temps !
- J'esp�re qu'il va pas pleuvoir. - J'ai un caillou dans le dos.
- Bon. Je peux �teindre ? - Non. Attends.
- D�p�che-toi ! - Ouais.
- C'est bon, je peux �teindre ? - Oui.
Merde !
- Bon. Allez, bonne nuit. - Bonne nuit.
Je sais, j'avais dit avant les vacances, mais...
je savais pas que sa m�re allait tomber malade.
Elle a quoi ?
Ben, justement, ils savent pas. C'est du c�t� du coeur.
T'imagines si je lui dis maintenant qu'on se s�pare ?
Quoi ? C'est elle, qui est cardiaque ?
Nadine !
Nadine !
Bon. Si j'ai bien compris, on attend que sa m�re gu�risse ?
On verra plus clair en automne.
C'est quand m�me con, que Bernadette ait pas pu venir.
- Pourquoi tu dis �a ? - Ben, parce que...
�a aurait �t� plus �quilibr�. �a aurait fait 3-3.
C'est bancal, comme groupe, l�.
T'es venu parce que tu pensais qu'elle serait l� ?
Ah non. Je m'�clate compl�tement, l�.
Vous la fermez 2 minutes, le temps que je m'endorme ?
D�j� que la nuit derni�re, j'ai pas pu roupiller !
Louis !
Excuse-moi de te d�ranger.
Je peux te poser une question ?
Plus tard.
Louis !
Quoi ?
R�ponds-moi franchement.
J'�tais vraiment si mauvaise
quand j'ai jou� Les Bonnes au th��tre de Moissy-Cramayel ?
Ben, oui.
Merci.
Je sais que �a peut para�tre impressionnant pour certains,
mais en fait, c'est extr�mement simple.
Si vous avez le vertige,
vous ne regardez pas vos pieds.
Vous ne regardez pas en bas. Ni en l'air, d'ailleurs.
Vous fixez l'extr�mit� du pont.
Vous devenez le bout du pont. D'accord ?
Tout est une question de concentration.
Chaque pas est une planche, chaque planche est un pas.
D'accord ? Je passe le premier et vous me suivez un par un.
- Je passe pas l� ! - Moi non plus !
- J'ai encore � faire, dans la vie ! - Il n'y a pas de danger.
Allez ! On y va !
Chaque pas est une planche, chaque planche est un pas.
Concentr�s sur le bout du pont !
H� ! C'est marqu� l� :
"La travers�e du pont est une prouesse.
"Cependant, il peut �tre contourn� un peu plus haut sans probl�me,
"� l'endroit o� il y a peu d'eau."
Non. Louis, si on passe par l�, on va perdre un temps fou.
Allez ! Au suivant !
Concentrez-vous.
Allez !
Voil�. C'est bien.
Doucement...
C'est bien, mon amour.
Voyez ? C'est pas compliqu�. Allez, au suivant !
C'est fastoche.
Allez, Mathieu !
Putain ! Mais c'est Indiana Jones !
Dis, c'est pas un jeu !
C'est g�nial !
Je te garde ton livre. Vas-y !
Allez, Louis !
Qu'est-ce que tu fais, Louis ? Hein ?
Pourquoi t'avances plus, l� ?
Louis !
Pourquoi tu t'arr�tes ?
- Parce que... - Hein ?
- Je peux pas. J'ai le vertige. - Mais non !
T'�tais bien parti. Pourquoi tu t'arr�tes ?
- Allez, viens. - Vas-y !
C'est pas dur.
Bon. Louis, calme-toi. J'arrive.
Me voil�. Doucement. Voil�.
- Doucement. Voil�. - Tu fais tanguer !
- D�conne pas ! - Non. Louis, calme-toi.
Louis ! Je suis l�. Regarde-moi.
L�che le c�ble avec ta main et accroche-toi � ma ceinture.
- Je peux pas. - Si, Louis. Tu peux.
Tu peux le faire. Les autres l'ont fait.
- Accroche-toi. L�che-le. - Non, non.
L�che le c�ble.
Louis, l�che le c�ble !
Mais t'es con, ou quoi ?
- Accroche-toi � ma ceinture. - Je peux pas, l�.
Accroche-toi � ma ceinture. On va y arriver.
- Je ne peux pas. - On va y arriver.
Tu vas t'accrocher. Voil� !
Accroche-toi � ma ceinture. Voil� !
Tu te concentres sur le bout du pont et sur ma nuque !
Chaque pas est une planche. Ne regarde pas tes pieds.
Tu regardes ma nuque et le bout du pont.
Chaque pas est une planche, chaque planche est un pas.
Allez. Doucement, voil�.
Tu y arrives, tu vois ?
Tu y arrives. Doucement, Louis. Voil� !
- �a tangue, l� ! - Non, �a ne tangue pas.
- Je vois bien que �a tangue ! - �a ne tangue pas.
Une planche, un pas. Un pas, une planche.
- On y est presque. - Y a un trou !
Je le sais, je le vois aussi.
- Y a un trou ! - Il est petit.
Voil�, Louis. On y est.
Tu peux me l�cher.
Oh putain ! C'est pas vrai. Arr�te avec �a, tout le temps !
C'est malin !
Sur la m�me pellicule, il y avait les photos de No�l dernier.
Faut se d�p�cher ! Sinon, on va se prendre l'orage.
Quel "orage" ?
Pas sous les arbres !
- Pas sous les rochers non plus ! - O� �a, alors ?
Y a une station un peu plus bas.
Rendez-vous � l'h�tel du Chalet !
- Quoi ? - � l'h�tel du Chalet !
Un, deux, trois... Putain, �a se rapproche !
Mais qu'est-ce qu'il faut faire ?
Oh putain ! Moi, je reste pas l� !
D�conne pas ! On reste group�s.
On avait dit qu'on restait group�s !
Bonjour la solidarit� ! �a marche que quand il fait beau !
Qu'est-ce qu'on pouvait faire ?
Je comprends que vous �tiez press�s.
Je vous pique une serviette. Y en a pas dans ma chambre.
Mais... tu veux rester avec nous, Cora ?
�a va pas, non ?
Tu plaisantais, j'esp�re.
- Ouais. - Je pr�f�re �a.
All�, Jennifer ? C'est moi.
�a va ?
Non. Justement, je...
Ah...
Bon. D'accord.
OK. Salut.
- Tu viens manger ? - Non.
- Tu veux qu'on te monte un truc ? - Non.
La question qui se pose � ce moment-l�,
c'est de te demander pourquoi tu prends la montagne.
- On se met l�, non ? - Ouais.
- Il dort ? - Ouais.
- J'en reviens pas ! - Louis XIV !
C'est fou, non ?
Je savais qu'il avait �t� baba cool, mais pas � ce point !
Je vais chercher son passeport, c'est pas mal non plus.
Attends, mais c'est incroyable !
J'en reviens pas. On le reconna�t pas du tout.
- Qu'est-ce que vous foutez l� ? - Rien.
- Rendez-moi �a ! - �a va. On faisait rien de mal.
- T'�tais mignon. - J'�tais pas mignon, j'�tais jeune.
- Maintenant, vous foutez le camp ! - Allez, arr�te !
- Mon fr�re ! - Peace and love... Louis !
Oh, Louis ! Ouvre, arr�te de d�conner.
Oh, putain !
�a va ? Tu t'es bien amus�e ?
Pourquoi tu me parles comme �a ?
Je demande simplement si t'as pass� une belle soir�e.
Oui. Merci.
Tu vas me faire un souk parce que j'ai plaisant� avec Doumet ?
Doumet, je m'en fous.
Tu vis ta vie, hein !
Tu peux m�me coucher avec lui, rien � foutre.
C'est pas ma faute si tu sais pas t'amuser.
- Je sais pas m'amuser ? - Ben, non.
Pour ce qui est de s'amuser, j'ai pas de le�ons � prendre.
Je peux m�me �tre parfois tr�s marrant, si je veux.
J'estime que si tu pars avec moi, tu restes avec moi.
Tu pars pas avec quelqu'un d'autre, c'est tout.
Je m'engagerais pas sur ce terrain.
T'es mal plac� pour donner ce genre de le�ons.
Nadine, s'il te pla�t. Fais preuve de maturit�.
Tu sais tr�s bien de quoi je parle. On essaie...
Chaque fois que j'aborde le probl�me, tu l'�vites.
C'est pas une question de probl�me, c'est une question de moment.
J'essaie de t'expliquer
que je n'ai pas toujours du temps � consacrer � tes questions.
Dans ce cas, il y a jamais de moment.
Qu'est-ce qu'ils foutent ?
Je suis mont�e dans leur chambre, il y avait personne.
Bougez pas.
Louis ? Mathieu ?
Allez, d�gagez ! C'est pas un endroit pour dormir, ici !
Qu'est-ce que tu fous l� ?
- Fallait que je dorme quelque part. - T'as vu ton fr�re ?
Non. Pourquoi ?
Impossible de trouver Louis.
Doumet l'a vu ce matin sur la route d'�visa.
J'ai vu descendre un gars tout seul avec un sac � dos.
- � pied ? - � pied.
Bonjour...
Louis, attends !
Louis, attends !
Qu'est-ce que tu fais ?
On abandonne pas un groupe pour une bonne femme.
C'est ni responsable ni sympa pour les autres.
Tu laisses tes probl�mes � Paris !
Ici, t'es ici. OK ?
Excuse-moi, mais tu connais pas l'histoire.
- Cette fille me rend dingue. - OK, c'est une salope.
T'es pas le seul � avoir des probl�mes de gonzesse.
Moi aussi, j'en ai ma part.
Tu sais, entre ma femme qui se pose des questions,
Nadine qui esp�re je sais pas trop quoi...
Et moi, entre les deux, qu'est-ce que je fais ?
Ben... je me bats, Louis.
Je lutte... En tout cas, j'abandonne pas un groupe.
On a dit qu'on irait jusqu'au bout, on ira jusqu'au bout !
Quoi qu'il arrive, d'accord ?
Crois-moi, il y a qu'ici que tu peux apprendre des trucs sur toi-m�me.
Allez !
T�te de mule, va !
On y va.
Il t'a dit quoi ? C'�tait pas � cause de nous ?
Non. C'est Jennifer.
Elle couche avec le voisin. �a l'a rendu fou.
- Oh, merde ! - De quoi ?
Jennifer a une aventure avec le locataire du 4e.
- C'est pas vrai ! - Vous dites quoi ?
Jennifer, elle se fait sauter par un mec de l'immeuble.
- Non ! - Ouais.
�a m'�tonne pas d'elle. Elle a toujours �t� hyst�rique.
T'aurais mieux fait de la foutre dehors.
Tu tra�nes dans Paris � coucher chez Pierre, Paul, Jacques.
Elle aurait tort de se priver.
Je peux quand m�me pas encore la tabasser.
Non. Mais faut pas lui laisser le choix.
Facile � dire. T'as jamais pu la saquer.
Depuis que t'es avec elle, t'es plus malheureux qu'avant.
- "Qu'avant" quoi ? - Nous deux.
Au moins, on tombait pas dans le sordide et la violence.
T'avais quoi ? 6 chaises Ikea ? Vous les avez toutes cass�es.
J'ai jamais rien cass� chez toi. On s'est m�me pas engueul�s.
Depuis, vous vous �tes rattrap�s.
- Oh ! �a va, toi ! - Attendez, je comprends pas.
Vous avez v�cu ensemble ?
Ouais. Vaguement.
Comment �a, "vaguement" ?
Ben... comme �a, quoi. Pas longtemps.
Apr�s, il a �t� avec moi.
Il faut que tu sois pr�cis. Faut que tu lui dises :
"Tel jour, � telle heure, faut que tu prennes le large !"
Faut qu'elle soit s�re de ta d�termination.
Faut que t'aies des phrases courtes, un peu s�ches, r�dhibitoires.
Je connais les filles, moi, tu sais.
Elles sont capables de prendre un petit mot, une petite virgule,
pour se donner bonne conscience et retourner la situation.
Surtout Jennifer.
Si tu veux plus de chantage, faut que tu s�visses !
- Tu crois ? - Oui. Sinon elle te fera chier.
Bizarre, on voit plus les marques.
C'est normal, on a pris une variante.
- Un raccourci, quoi ? - Si tu veux, ouais.
En principe, je connais bien cette partie-l�, mais...
L�, je comprends pas.
- Qu'est-ce que tu comprends pas ? - Rien, rien.
Normalement, derri�re ce rocher, il y a un cours d'eau. Allez !
Et s'il y a pas de cours d'eau ?
Non. Fie-toi � mon instinct, vieux.
D'ailleurs, si t'�coutes bien, on l'entend d'ici. Allez !
Ouais...
C'est con, j'avais fini par l'entendre.
On est perdus ou on n'est pas perdus ?
"Perdus"... c'est un grand mot.
Disons... �gar�s, quoi.
Si tu veux, sur la carte, on est... dans cette zone-l�.
Entre l�... et l�.
Une carte, quand on sait pas o� on est, �a sert pas � grand-chose.
Alors, quoi ? On arrive ?
- Bon. Je leur dis ? - Dramatise pas trop.
On est compl�tement paum�s !
Quoi ?
Attendez ! C'est pas l'Amazonie, non plus.
Si on persiste, on finira par tomber sur quelque chose qu'on conna�t.
- J'ai plus la force de persister. - Moi, j'en peux plus. Voil� !
Bon. Ben... On va bivouaquer ici.
C'est pas la peine de gaspiller nos forces.
Un truc que j'aimerais bien qu'on m'explique,
c'est comment on peut se perdre avec un chemin.
C'est pas vrai, Cora !
�ve !
- Tu travailles dans l'immobilier ? - Oui. Comme tu vois.
�a alors !
Bonjour.
Cora, avec qui j'ai jou� Les Bonnes.
- Bonjour. - Enchant�e.
Bon. Ben... Je passe devant.
Sinon, le th��tre ?
Tu sais, depuis Moissy-Cramayel, j'ai laiss� tomber.
Alors, on arrive au salon.
60 m�tres carr�s, une mezzanine
et un escalier qui dessert la chambre au 2e �tage.
Exposition sud, naturellement.
�a va ? T'as l'air d'aller bien, dis donc !
- �a va. - Tu fais quoi, en ce moment ?
Je pars � Prague, la semaine prochaine.
C'est g�nial ! Qu'est-ce que tu vas faire, l�-bas ?
Je joue dans un film.
Ah ouais ? Vachement bien !
C'est avec qui, comme acteur ?
G�rard Depardieu.
T'as un grand r�le ?
Euh... Assez, oui.
T'as pas le premier r�le, quand m�me ?
- Ben... Si, en fait. - Non !
C'est super. Ah, c'est g�nial.
�a marche fort, pour toi, en ce moment ?
J'ai eu du bol. Les choses se sont encha�n�es � une vitesse !
Et derri�re cette porte, l�-bas, il y a quoi ?
C'est rien, c'est juste un placard.
Donc l�, vous avez la cuisine �quip�e :
lave-linge, lave-vaisselle, cong�lateur,
micro-ondes... Enfin, tout le tralala.
�a me fait dr�le, de te voir faire �a.
Et moi donc !
Tu te rappelles comme on a rigol� avec la mise en sc�ne de l'autre ?
Fallait que je m'agenouille, que je lui baise les pieds...
Je vous propose de passer par l�. Venez voir.
Oh ! Putain de merde !
Mais quel est l'encul� qui a fait �a ?
Oh, merde !
Qu'est-ce qui se passe ?
C'est les sacs.
- Quoi ? - C'est les sacs !
- Qui a pu faire une chose pareille ? - Un cochon.
"Un cochon" ? T'es gentil avec lui !
Non. Un vrai.
Y a des cochons sauvages par ici, et d�s qu'ils sentent de la bouffe,
ils deviennent enrag�s. - Tu pouvais pas le dire ?
- On aurait mieux prot�g� nos sacs. - Ouais. Putain !
Quand je pense qu'hier, on s'est restreints pour la bouffe !
Bon. Attendez, c'est pas un drame, non plus.
Personne n'est bless�.
Sauf qu'on va tous mourir de faim !
Tu le sais, �a ? On va tous mourir de faim !
C'est pas ma faute, c'est les cochons, merde !
C'est ta faute, t'es responsable !
Quand y a une couille, c'est toi ! Fallait pr�voir.
OK. Attendez... �a sert � rien.
C'est pas s'engueuler qui va nous sortir d'affaire.
Dans ces situations, il faut essayer...
de garder le moral et de voir le positif. D'accord ?
C'est quoi, le "positif", connard ?
Les sacs sont plus l�gers, d�j�.
Dans 2 heures, on aura une id�e de l'endroit o� on se trouve et...
Nadine ! Va faire l'inventaire
des choses qui ont �t� �pargn�es dans les sacs.
Faisons un tri et puis essayons de repartir ensemble,
confiants, comme au premier jour,
quand on chantait. Hein, les gars ? C'est super, hein ?
Mais moi... mais moi, j'aurais...
j'aurais pu �tre au Club M�diterran�e.
J'aurais rencontr� quelqu'un qu'aurait �t� super gentil avec moi,
avec qui j'aurais fait du tir � l'arc,
avec qui j'aurais fait de la plong�e sous-marine.
On aurait v�cu quelque chose de tr�s beau ensemble.
Et puis je me retrouve l�...
Occupe-toi d'elle, Louis. Qu'est-ce que tu fais, Mathieu ?
Je cherche le cochon. On peut essayer de le choper.
Ce qu'il a vol�, il l'a bouff�.
Nadine ?
Il reste un paquet de Croustichocs, quelques Bamboulas et 1 Marlboro.
Bien.
Oh ! Quoi, les gars ? Faites pas cette tronche !
C'est pas quelques cochons qui vont nous g�cher les vacances.
- C'est pas les cochons, c'est lui. - Moi, j'ai hyper confiance.
Je suis s�re qu'il sait ce qu'il fait.
Nadine, on se passera de tes commentaires.
Si c'est pour saper le moral des autres !
Mais je disais exactement le contraire.
Ben, �vitez de parler. �a fatigue inutilement.
Quel blaireau, ce mec-l� !
Bon. Il reste 4 Bamboulas et on est 5.
On les mangera ce soir.
Je suis d'accord. Il faut qu'on se rationne.
Il reste une cigarette ?
- Une seule. - On se la partage ?
- C'est une quoi ? - Marlboro.
C'est les miennes.
C'est pas pour �a qu'on va pas la fumer.
J'ai besoin de fumer, je suis stress�e.
- Apr�s d�jeuner, c'est sacr�. - �coutez, une taffe chacun.
- D'accord ? - Je trouve �a pas tr�s sain.
De bouche en bouche, comme �a...
Nadine. Donne-moi la cigarette.
- Termin� ! - Il est malade ?
H� ! T'es malade ? �a va pas ?
La bouffe, c'est important.
Mais fumer, �a nique la sant� et la flore.
- T'arr�tes de priver les autres ! - Ta gueule, ducon !
- Qu'est-ce que t'as dit ? - Ta gueule !
- Non, apr�s. - Ducon !
- Ah non ! - Arr�tez !
Allez, Mathieu. L�che-le, maintenant !
Arr�tez !
- Arr�tez ! - �a va !
- Connard, va ! - Arr�te !
Arr�te.
J'en ai marre, de vous tous ! Vous me faites tous chier !
Tous autant que vous �tes !
Moi, je me casse. �a vous apprendra !
Tu nous laisses ?
Ouais. Vous pouvez tous crever, j'en ai rien � foutre !
M�me, �a me ferait plaisir. Tas de cons, va !
Il a disjonct�, l� !
Tu vas pas partir comme �a, �ric !
- �ric ! - C'est ta faute, tout �a !
On n'a plus de guide. C'est vraiment pas malin !
- Il a d�truit la cigarette ! - C'est pas une raison !
- Il a pris la clope et l'a �cras�e ! - C'est pas une raison, merde !
- �coute ! - Toi, le cocu, ta gueule !
�ric !
- Tu peux pas partir comme �a. - Fous-moi la paix !
C'est pas sympa. Tu disais toi-m�me qu'il fallait
qu'on reste solidaires ! - Tu vas fermer ta gueule ?
Oh, merde !
Qu'est-ce que t'as ?
Hein ?
Oh, arr�te ! Je t'ai � peine touch�.
- Oh, regardez. Louis ram�ne �ric. - Ouais. C'est plut�t le contraire.
Enl�ve ta main.
Frotte pas.
Y a pas d'alcool � 90 degr�s ?
Le cochon s'est aussi attaqu� � la pharmacie.
Lui, si je le retrouve !
Un peu plus bas, tu touchais l'oeil.
Attends, je l'ai pas fait expr�s.
Les donn�es sont diff�rentes. On a un bless� grave.
- Il faut agir. - Vous allez pas me laisser ?
Le mieux, c'est qu'on se s�pare, qu'on fasse 2 �quipes.
Une pour Louis et une pour chercher du secours.
- Moi, je suis �puis�e. - Bon. Tu restes avec Nadine.
Mathieu et moi, on va y aller. On revient le plus vite possible.
Vous allez pas revenir.
- T'as confiance en moi ! - Non.
H� ! C'est moi. Mathieu !
Allez. Plus vite on sera partis, plus vite on sera revenus.
- Nadine, �a va aller ? - Ben... ouais.
Bon. Je vous fais confiance.
Tu seras forte ?
- Tu reviens vite ? - Oui. Mon petit cul !
Fais attention � toi.
Allez.
Mathieu, on y va ?
On y va.
� tout � l'heure.
- Fais attention. - Oui.
- Tu crois qu'ils vont revenir ? - Oui. J'en suis s�re.
En tout cas, si je m'en sors, je porte plainte contre ton mec.
T'es pas bien, non ?
- Regardez, ils reviennent. - D�j� ?
- Qu'est-ce qui leur est arriv� ? - C'est bon. On a trouv� la route.
- Mais o� �a ? - � 200 m�tres. On est sauv�s.
Attendez ! Vous dites �a pour nous remonter le moral ?
Non. Viens voir toi-m�me.
Je veux pas faire de triomphalisme, mais...
avec les cochons, je me suis dit : "C'est bon signe, �a !"
Ce genre de bestioles, �a r�de toujours pr�s des routes.
On est sauv�s, t'entends ?
Oui. Ben... �a m'emp�chera pas de faire ce que j'ai dit.
Ben oui... Fallait pas s'inqui�ter.
- C'est beau, l�, hein ? - Oui. Tr�s beau.
All�, Estelle ? Oui. C'est papa.
Maman est � c�t� de toi ?
Comment �a, "non" ?
T'es toute seule � la maison avec ta soeur ?
Vous vous disputez pas, hein ?
�coute, tu diras � maman que papa a appel�
et qu'il essayera de rappeler plus tard. D'accord ?
Sinon, tout va bien � la maison ?
Maman aussi ?
Bon, d'accord. �coute, je t'embrasse. Oui.
Je te laisse, oui. Au revoir... Bisou.
- T'as t�l�phon� ? - Non. Je cuisinais.
Tu crois que je m'enferme par plaisir ?
Et alors ? Elle va bien ?
Elle �tait pas l�.
C'est pour �a que tu fais cette t�te ?
T'es pas oblig�e de me regarder, Nadine.
�a y est, c'est bon !
- Alors ? - Qu'est-ce qu'il a dit, le toubib ?
Il m'a fil� des anti-inflammatoires,
et puis j'en ai profit� pour avoir une ordonnance.
Une cr�me � la cortisone,
parce que j'ai souvent des cro�tes autour des sourcils. C'est g�nant.
- Y a quelque chose qui va pas ? - Non. �a va.
Qu'est-ce que je mets apr�s ?
Cherche. On va pas te la dicter, non plus !
Moi, j'aimais mieux la phrase d'avant.
Attends, y a pas une faute � "d�ch�ance" ?
Oh ! Merde !
�a fait une rature.
"Si j'ai choisi de t'�crire,
"c'est par lassitude
"et pour �viter les pleurs que provoquerait
"ma d�cision de mettre un terme d�finitif � notre relation.
"Je ne pense pas que 2 personnes
"puissent changer pour pr�server leur amour.
"Il y a pour moi des limites
"qui sont largement d�pass�es.
"Ton comportement me pousse � adopter une attitude peu naturelle.
"J'en ai assez de faire attention
"afin de ne pas froisser ta susceptibilit� maladive.
"Ne pouvant pas t'apporter ce dont tu as besoin
"et souffrant, comme toi, de notre incompr�hension mutuelle,
"une s�paration, bien que brutale, me para�t �tre la meilleure solution.
"Compte tenu de cette d�cision, je te laisse jusqu'� mardi
"pour quitter l'appartement et rendre les cl�s.
"Je ne veux plus te revoir. Louis."
Voil�. T'as plus qu'� recopier.
All� ? C'est moi.
Bonjour, mon amour. Estelle t'a dit que j'avais appel� ?
Ah ! D'accord.
Oh ! �a va.
Quelques petites bricoles mais sinon, �a s'est bien pass�.
Ben, justement...
Dans 2, 3 jours. Le temps de r�gler quelques trucs et je suis de retour.
Moi aussi, tu sais. Je suis press� de rentrer.
J'en ai ras le bol !
Tu m'as manqu�. Tu sais comment je suis d'habitude, mais l�...
Tu m'as manqu�, tu sais ?
Nadine...
Si tu es quelqu'un d'intuitif, et tu es quelqu'un d'intuitif,
ce que je vais te dire ne va pas te surprendre.
Vas-y.
Euh... Enfin, comment te dire ?
Tu as d� sentir...
surtout avec tout ce qu'on a travers�...
Enfin... qu'on n'�tait pas faits pour rester ensemble.
Je ne dis pas que je regrette les moments partag�s.
Tu m'as donn� des choses merveilleuses
et moi aussi, j'esp�re. Mais j'ai l'impression...
que je suis pas l'homme qu'il te faut.
Je dis pas �a parce que j'ai peur de quitter ma femme.
Pas du tout, non ! Simplement, je...
Je crois qu'on a fait notre temps ensemble,
que tout ce qu'on vivra apr�s sera moins bien
que ce qu'on a connu. Et je crois que c'est mieux
de se dire qu'il nous reste les souvenirs et d'en rester l�.
Je pr�f�re ne pas arriver au g�chis.
- Tu m'en veux ? - Non.
C'est bien, que tu le prennes comme �a.
T'es une fille intelligente.
Je savais qu'on pouvait se s�parer sans faire de miettes, proprement.
Ouais. "Sans faire de miettes."
Tu vas me manquer. Beaucoup.
Et je penserai beaucoup � toi.
�a y est !
J'ai �crit ma lettre. Y a plus qu'� l'envoyer.
- � qui ? - Ben, � Jennifer.
Je lui en ai foutu plein la gueule. Si avec �a, elle a pas compris...
Ta lettre ? Celle que t'as �crite dans le train, avec Nadine ?
Non. J'ai remani�, en plus vache.
Celle de Nadine �tait trop gentille.
All�, madame Jacquemart ?
Excusez-moi de vous d�ranger.
Je vais �tre un peu brutale : je suis la ma�tresse de votre mari.
Non. C'est pas une plaisanterie. C'est la stricte v�rit�.
Si vous me croyez pas, parlez-lui de Nadine.
Vous verrez, il changera de couleur.
Un peu plus d'1 an.
Oh, c'est normal. Il a �t� tr�s discret.
Moi, je sais des choses sur vous.
Vous �tes blonde, vous portez un st�rilet
et vos deux filles sont Estelle et Aur�lie.
Je vous rassure, c'est fini entre �ric et moi,
mais �a m'aurait emb�t�e que vous mouriez idiote.
Au revoir, madame.
- Voil�. C'est fait. - Quoi ?
Ben, j'ai post� ma lettre � Jennifer.
T'as pleur� ? T'as les yeux tout mouill�s.
Non. En tout cas, je m'en suis pas rendu compte.
Tu m'en veux encore ?
Non. �a va.
- Amis ? - Amis.
Coralie ?
Oh ! Jean-Jacques !
�a va ? On s'embrassait, non, avant ?
Oui. Je crois.
- C'est ta fille ? - Oui. Lulu. Tu dis bonjour, Lulu ?
Bonjour.
- Elle s'appelle Lulu ? - Lucienne.
C'est sa m�re qui voulait. J'aurais pr�f�r� autre chose, mais...
La derni�re fois qu'on s'est vus, c'�tait rue des Saules ?
- T'as arr�t� ? - Non. Pas du tout.
Mais j'ai d�m�nag�.
Maintenant, je suis dans un groupe qui se r�unit pr�s de Montrouge.
T'as pas chang�.
- J'�tais plus mince, � l'�poque. - Ah non. T'es mieux, comme �a.
Et puis t'es bronz�e, et tout.
Attends. Tu me fais mal, l�.
Viens l� ! Voil�.
- T'es venu seul ? - Non. Avec toute une smala.
Mais on a fini par s'engueuler. Alors, voil�.
Comme elle est jolie !
Cora !
Eh, dis donc !
L'id�e du tapis marocain, c'�tait pas une bonne id�e.
T'aurais pu le dire avant de l'acheter.
On aurait d� prendre un truc sur la liste.
Genre une merde � 500 balles, et basta !
En attendant, j'ai avanc� ta part et celle de Nadine.
- Et alors ? Elle t'a rembours� ? - Non. Pas encore.
Ben, pourquoi tu m'emmerdes en premier ?
H� ! Vise un peu Bernadette, l� !
Oh l� l� ! Putain, qu'est-ce qu'elle est belle !
Elle en fait un peu trop.
Je pouvais pas ne pas l'inviter.
- Dis, �a tache, le champagne ? - Non. Mais �a pue.
- D�ment, l'orchestre ! - Tiens ! Voil� Cora.
- Tu vas pouvoir lui dire. - Vous passez une bonne soir�e ?
- Ouais ! - On bouffe bien, en tout cas.
T'as la p�che, hein ?
Moi, j'adore �a, me d�penser.
Dommage que t'aies pas pu venir cet �t�.
Ah ouais ! Tu te serais �clat�e.
J'�tais pas chaud, au d�but, mais l�, je repars quand on veut.
Excusez-moi.
Coralie, je te pr�sente tante Lisette.
�a a commenc� quand on s'est paum�s.
En plus, on a �t� attaqu�s par une b�te sauvage...
- Oh ! - Quoi ?
- C'�tait un cochon. - Sauvage !
Il a d�chiquet� tous nos sacs. Une sp�cialit� du pays.
Pas mortel, mais dangereux !
On avait plus rien � bouffer, on �tait paum�s...
J'ai cru que 2 ou 3 n'allaient pas revenir.
C'est horrible, votre histoire. Je sais pas si j'aurais support�.
Attends, on s'est piqu� des crises de rire !
Les Corses...
Hyper sympas, les Corses !
Ils ont le coeur sur la main. Ils chantent, ils font la f�te !
Et �ric ?
Ben, �ric, c'est fini.
Je regrette rien.
On s'est quitt�s dans un endroit magique...
J'ai fini par comprendre qu'on serait toujours clandestins.
Je peux pas lui en vouloir de tenir � sa femme.
On s'est quitt�s avant de se d�tester. Je trouve �a bien,
dans une rupture, de se quitter avant.
Je crois que c'est important.
Qu'est-ce que tu veux ?
Monter dans tes bras.
- Oh non ! - Prends-la, elle est mignonne.
�a va ! C'est une responsabilit�. Moi, j'aime pas �a.
Et toi, Louis... T'en es o�, avec Jennifer ?
Tiens. Viens voir.
Regarde. On est pas mal sur celle-l�.
Vous partez pas d�j� !
Jennifer est fatigu�e, moi, je bosse demain tr�s t�t...
- Tu diras au revoir aux autres. - OK.
Casse-couilles, Jennifer !
Adaptation : Fr�d�ric Winter pour Eclair Group
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