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Halte !
- Qui a tu� le flic ? - Le gars qui a braqu� le bar.
Arr�tez les types avec un casier. On aura ce type.
Minute !
D�s qu'un idiot se fait tuer, on me coffre. Vous ne pouvez pas me garder.
72 heures de garde � vue.
- Tu as tu� ce policier. - Vous me faites porter le chapeau.
- Laisse tomber. Tu sais que tu l'as tu�. - Laissez-moi. Je veux mon avocat.
- Tu vas en avoir besoin, Romano. - Avez-vous des t�moins ?
Laissez-moi appeler Morton. Andrew Morton. J'ai des droits.
Bien s�r.
Non... D�sol�. Trouve-toi un autre avocat.
�a suffit. J'en ai assez, C'est toujours pareil.
Je ne lui dois rien. J'ai fait tout ce que j'ai pu.
Ne me regarde pas ainsi.
C'est un criminel et il veut le rester.
Que joues-tu ?
Cette fois c'est du s�rieux. Il a tu� un policier.
Il est accus� d'assassinat.
C'est bon. Je sais, ce doit �tre une erreur.
Le pauvre Nick est innocent. Et je suis un salaud,
qui joue aux �checs alors qu'il a besoin de moi !
Tu te trompes, ch�rie.
S'il est innocent, ce sera bien la premi�re fois.
A toi de jouer.
C'est bon, tu as gagn�. Je vais lui parler
Mais je ne te promets rien.
Je vais lui parler, c'est tout.
Je ferais n'importe quoi pour que tu te taises.
Si tu me mens, c'est termin� avant d'avoir commenc�.
M. Morton... Andy, s'il vous pla�t. Ne me tournez pas le dos.
Je jure sur ma m�re, qu'elle meure, que je meure,
que les flics veulent me faire porter le chapeau.
Cherchez Butch et Sunshine. Interrogez-les. J'�tais avec eux.
Tu me demandes de croire � la vieille excuse de toujours.
Le type avec un casier qui est accus� d'un crime qu'il n'a pas commis.
Si tu es en train de mentir, tu vas �tre tr�s seul dans ton cachot.
Vous croyez que je ne le sais pas ?
Bon...
J'esp�re que tout ce que tu m'as dit est vrai,
parce que si quelqu'un est dans le p�trin, c'est bien toi.
Tiens.
Junior !
Andrew....
Vous venez vous encanailler ?
Comment �a va, Junior ? Vous ne changez pas.
Un peu plus vieux, un peu plus fatigu�.
Un peu plus perdu.
Achetez-vous � manger au lieu de ce fluide d'embaumeur que vous buvez.
La conscience doit vous peser pour que vous me donniez autant !
Que voulez-vous savoir, Andrew ?
O� puis-je trouver deux gars qui s'appellent
Butch et Sunshine ?
Quelque part dans cette rue.
Tant que le panier � salade ne vient pas pour les embarquer.
L�-dedans, quand c'est ouvert.
Quelques gars intelligents comme vous, Andrew,
partent d'ici et ne reviennent pas.
Je me souviens quand vous vendiez des journaux
� l'angle de Mills et de DeHaven.
Mon conseil est de ne plus nous fr�quenter.
Rappelez-vous de �a.
Oui, je m'en souviendrai.
Et vous, tenez-vous � l'�cart des embrouilles.
De mon temps, les com�diens avaient du style.
A bient�t, Junior.
- Salut Butch. - Salut Fingers, prends une queue.
- Tu me mens, Sunshine ? - Non, monsieur. J'�tais avec Nick.
Je ne vous raconte pas d'histoires. Il n'a tu� personne, vraiment.
- Sais-tu ce qu'est le parjure ? - Nous disons la v�rit�.
Tu es un de ses meilleurs ami, hein ?
- Il a �t� chic avec moi. - Tu mentirais pour lui, hein ?
J'ai pas besoin. Il est rest� avec Butch et moi toute la soir�e,
- jusqu'apr�s minuit. - Nous avons bu beaucoup de bi�re.
- H�, serveur... - J'arrive.
C'est vrai, monsieur. Nous vous avons dit toute la v�rit�.
Si vous me mentez tous les deux,
vous envoy� Nick direct vers la chaise �lectrique.
- Et le barman du 380? - Vous savez...
Il est g�teux. �a fait des ann�es qu'il est g�teux. Vous devriez voir �a.
Qu'as-tu � me dire sur le barman du 380 ?
Il a reconnu Nick � l'identification.
C'est un d�bile.
Merci.
Essayez les combinaisons. La balle trois dans le coin
On vous a sonn� ?
Avez-vous eu un hold-up ici r�cemment?
Et qu'est-ce que j'y gagne au change ? La gueule de bois et une sant� foutue.
Tu parles d'une gratitude ! M�me pas un pourboire.
- On a tu� un policier, non? - Tu� ?
Il a �t� abattu dans la ruelle par le gars qui m'a braqu�.
- En �tes-vous s�r? - S�r de quoi ?
Que c'�tait le m�me type ?
Et mon nom, je le connais?
Swanson, Carl.
Je vais prendre ma retraite. O� se trouve l'Arabie ?
Je l'ignore. Je n'ai pas mon atlas.
Un atlas... vous �tes malin.
Ouais. Remplissez-le.
De vin rouge.
Je suis d�sol�.
- Ce n'est rien. - Puis-je faire quelque chose ?
Cela arrive tout le temps avec les ivrognes qui viennent ici.
Je veux �tre servi mon cher ami. Je suis en fonds.
Ce dont vous avez besoin, c'est de dormir et de vous raser.
On en parlera demain. Venez, je vous emm�ne au club !
�coutez, messieurs, j'ai une d�cision difficile � prendre.
Pas demain, maintenant. Donnez-moi votre avis.
Puis-je prendre cette affaire ?
Andy, un cabinet comme le n�tre vit de confiance et de dignit�.
Cette affaire fera la une des journaux,
les choux gras de la presse populaire. C'est impossible.
Passez la � Stevens ou � O'Connor.
Vous n'avez plus plaid� aux assises depuis trop longtemps.
Il est certain que je m'occupe de paperasses, pas d'�tres humains.
Mais aucun autre avocat ne conna�t ce gar�on mieux que moi.
Andy, il y a longtemps que nous pensons ajouter un nom � la soci�t�.
Purcell, Corey et Morton. Associ� � part enti�re.
Vous savez ce que cela repr�sente, financi�rement et professionnellement.
Des cours du soir � Purcell, Corey et Morton.
- C'est une �norme transition. - Qui n'aura pas lieu, Andy,
si vous d�fendez ce Romano.
Ah bon, c'est comme �a!
Le proc�s de "beau gosse" Romano commence aujourd'hui.
Le jury, compos� de 7 femmes et 5 hommes, a �t� choisi.
Laissez-nous encore une minute, George.
- Eh bien, c'est parti. - Ne fais pas cette t�te de chien battu.
Tu es la pi�ce � conviction la plus importante que nous ayons.
J'attends de toi une bonne collaboration. J'ai besoin de toi souriant, confiant.
Je me suis arrang� pour obtenir sept femmes dans ce jury.
Je veux que tu les regardes.
Que tu les fixes avec des yeux de b�b� innocent.
Allez, montre-moi ce visage.
- Comme �a ? - Parfait.
Ce gibier de potence, ce repris de justice,
ce coquin, pour qui les gardes � vue sont devenus une habitude,
"Beau gosse" Romano, ce Rom�o qui ne poss�de rien, ce voleur,
ce roi de la rue, cet inadapt�, ce meurtrier brutal.
Objection, Votre Honneur.
Je demande que les observations du Procureur soient retir�es.
En fait, toutes ses observations visent � exciter les passions et les pr�jug�s.
Mais je proteste uniquement contre "meurtrier brutal".
Dans le cas d'un gar�on victime d'un coup mont�,
ce n'est pas un terme acceptable.
Accept�.
Le jury ne tiendra pas compte des termes "meurtrier brutal".
De m�me que la remarque sur le coup mont�.
L'accusation prouvera que Nick Romano est un meurtrier.
Nos preuves seront �crasantes. Votre verdict devra l'�tre aussi.
Ce criminel n'a plus sa place sur la Terre.
Voulez-vous faire votre d�claration pr�liminaire maintenant, Monsieur Morton ?
Oui, je vous remercie, Votre Honneur.
Serrons-nous la main et que la lutte commence.
Revoyons ce jury !
Manucure... sensible � l'aspect des gens.
Le beau Nick.
Assistante sociale... Bon �a.
Grand-m�re... croit en un Dieu de bont�. Bon.
R�fugi� juif, ancien professeur, naturalis�.
Il a connu les pers�cutions et les taudis.
Camionneur...Il joue aux �checs. Tr�s bien.
Bien m�langer et agiter avant l'emploi.
Mesdames et messieurs ...
Vous venez d'entendre le Procureur
�num�rer les vices, exc�s et crimes pass�s de Nick Romano.
Aucun n'est li� � l'acte d'accusation d'aujourd'hui.
Ils ne sont pas pertinents. Pourtant, ils sont pertinents dans un autre sens.
Ils r�pondent � la question : Qui est Nick Romano ?
Pourquoi est-il Nick Romano ? Qu'est Nick Romano ?
Peut-�tre mieux que quiconque dans ce tribunal, je connais la r�ponse.
Peut-�tre suis-je plus coupable que tout autre de la r�ponse.
Si vous le permettez,
j'aimerais prendre un peu de temps pour pr�ciser ma pens�e.
Voyez-vous...
dans la vie de tout homme, il y a des moments cruciaux
qui conditionnent son destin.
� l'adolescence, pendant la jeunesse, un pas � droite, et
une vie d'honneur et de fiert�.
Un pas � gauche, une vie comme celle de Nick Romano.
J'ai rencontr� ce gar�on pour la premi�re fois il y a 6 ans.
A l'�poque, j'avais un petit cabinet avec quelques associ�s.
May, mettez cela en ordre.
- Autre chose ? - Juste le fils Romano.
- Romano ? - Vous avez trait� le cas de son p�re.
- Ou plut�t, le responsable du bureau. - Oui, l'�picier. O� est-il?
- En prison. Depuis quatre mois. - En prison ? Impossible.
Le client l'a attaqu� avec un couteau. Il �tait en �tat de l�gitime d�fense.
Vous avez pass� le dossier � M. Elkins.
Que s'est-il pass� dans cette affaire Romano ?
Tu sais, Andy, le vieux ne parle pas tr�s bien anglais
et le procureur ne le comprenait pas.
Continue.
Il y a deux t�moins que je n'ai pas pu retrouver.
Tu as vraiment essay� ?
Je pensais que le juge prononcerait une peine avec sursis.
- Mais... - Mais il ne l'a pas fait.
- As-tu demand� un nouveau proc�s ? - Non.
Puisqu'il sortira d'ici un an et quelque, j'ai pens� que...
Un an et quelque? Que veux-tu dire par l� ?
Tu crois que parce que tu as fait des �tudes de droit
tu peux b�cler une affaire comme �a ? - Andy,
tu m'as dit de faire ce qui semblerait le mieux.
Tu �tais occup� avec le testament Davenport.
Donc c'est de ma faute. C'est tout, Ed.
Il faudra qu'on parle.
Je t'�changerais bien contre un bon joueur d'�checs.
Mlle Holiday, faites entrer le gamin.
M. Morton, je sais que vous �tes occup�
Assieds-toi, mon gar�on.
Je suis Nick Romano. Pouvez-vous faire quelque chose pour mon p�re?
Son c�ur est faible. Il s'�vanouit parfois.
Vous nous aviez dit qu'il n'irait pas en prison.
Calme-toi, je sais ce que tu ressens.
Personne ne sait ce que les autres ressentent.
Qu'en sais-tu ?
Ecoutez, c'est l'assistante sociale qui a pay� le loyer du mois dernier.
Comment allons-nous faire ce mois-ci ? Pouvez-vous le faire sortir de l� ?
Je ne sais pas, mais sois certain que je vais essayer.
Viens, allons voir ta m�re.
Maman, M. Morton va nous aider.
- Comment allez-vous, Mme Romano? - Bonjour.
- Je vous en prie, asseyez-vous. - Merci.
Dis-lui que je suis navr�
et que je vais faire tout mon possible pour sortir ton p�re de prison.
Si vous aviez fait votre travail,
papa ne serait jamais all� en prison.
Eh bien... Elle a raison.
J'�tais trop occup� pour traiter correctement l'affaire.
"Mia culpa".
Maman dit de le faire sortir de prison au plus vite. Nous avons besoin de lui.
- Bien s�r. Je ferai tout ce que je peux. - "Grazie".
- Bonjour. - Angie... Mar�a...
- Comment va ta m�re ? - Mieux.
Aujourd'hui, j'ai eu un bien en dessin.
Bonjour, Mme Romano
- M. Morton... - Bonjour.
L'affaire Umberto, l'ann�e derni�re.
- Mme Harrison, assistante sociale. - Mme Pattison, assistante sociale.
Votre service donne un coup de main aux Romano ?
Ils en ont besoin.
Mme Romano ...
Mme Romano, j'ai de mauvaises nouvelles pour vous.
Nous avons re�u un t�l�gramme de la prison.
Votre p�re est d�c�d� ce matin d'une crise cardiaque.
- Mon p�re est mort ? - Elle dit que papa est mort.
C'est ainsi que j'ai rencontr� pour la premi�re fois Nick Romano.
Voil� l'impulsion que je lui ai donn�e.
Bien s�r, j'ai essay� d'aider la famille. Je leur ai envoy� de l'argent.
Peut-�tre que si j'avais pu les accompagner plus...
Mais j'ai d� partir. J'ai �t� mobilis�.
J'y suis rest� trois ann�es.
Avec la guerre, et les hommes �tant ce qu'ils sont, j'ai oubli� l'affaire Romano.
L'aide qu'ils recevaient des institutions de charit� ne suffisait pas.
A l'�ge o� Nick �tait le plus fragile, ils ont d� d�m�nager dans
l'un des pires quartiers de la ville, peut-�tre le pire de toute l'Am�rique.
Et cela peut suffire.
Un an dans ces conditions
suffit � briser une famille et � la d�truire,
peut changer un gar�on gentil, sensible, sympathique,
le pervertir et le transformer.
- Qui est-ce ? - C'est un petit nouveau. Il vient d'arriver.
Il fait les courses pour sa m�re
- Mettons-le � l'aise. - H�, toi! Le beau gosse.
- Salut, les gars. - Salut, les gars. T'as entendu, Jimmy ?
- Bien s�r que j'ai entendu, Vito. - Souhaite la bienvenue � beau gosse.
Bienvenue, beau gosse.
Bon, �a suffit!
Qu'est-ce qui se passe ?
Du calme. Bien jou�, fiston.
Si tu veux savoir quelque chose, j'ai les r�ponses.
Je suis � la salle de billard "Pastime". Mon nom est Kid Fingers.
Tiens, reprends ton couteau.
Maria, passe-moi un savon. Il y en a l�-haut.
- Il n'y en a pas. - Cherche quand m�me.
Qu'est-ce qu'on mange ?
Je vais manger ailleurs.
Nick, il faut manger � la maison.
A la maison ? Tu appelles ce taudis une maison ?
Mauvais fils.
Perdre mon temps � l'�glise ?
Mon �me se porte va bien sans aller � l'�glise.
Jim est bien.
C'est un d�mon et tu deviendras comme lui.
- Il me traite mieux que vous. - Ah oui?
Pourquoi ne vas-tu pas vivre chez lui alors ?
Je te fais ta valise si tu veux.
Tr�s bien. Tr�s bien, fais-la, vas-y.
Nick... Nick!
J'ai demand� � na�tre? Je l'ai demand� ?
Maman, Jimmy est un bon gars.
Salut, Nick. Tout roule ?
Salut, Vito. Jimmy.
Qu'est-ce que tu as ? Besoin de fric ?
Prends un dollar. Hier, j'en ai fauch� cinq � un ivrogne. Prends-le.
D�go�tant !
Dis, Nick.
- On est fauch�s. - Faisons un coup.
La boulangerie o� on a piqu�.
Il nous faut des trucs qu'on puisse revendre.
J'ai rep�r� une maison sp�ciale sur la troisi�me rue.
- Tu en es ? - Bien s�r.
Et toi ?
Oui ! Qu'attendons-nous ?
- Va te cacher ! - C'est ici ?
On va voler un truc important, comme une voiture, on pourrait sortir de la ville.
Attention.
- H�, Nick. - Salut, Julian.
Allez, d�gage !
Bonjour, les enfants. Bienvenue. Entrez et achetez. Achetez et vendez.
- Bonjour, Duke. - Que voulez-vous ?
- On voudrait te parler. - Pourquoi pas ? Parler, c'est pas cher.
Et il offre plein de bavardages.
Miss Am�rique, 1913,
elle p�se deux livres de moins qu'un piano � queue.
Venez � l'int�rieur.
- Asseyez-vous, les gar�ons. - Prenez un chocolat.
- Nous avons quelques montres. - O� les avez-vous eues ?
- Nous les avons. Que demander de plus ? - Les montres, c'est dur � fourguer.
Me faites pas rire, j'ai une c�te f�l�e.
- Vous les prenez ou non ? - Bon, montrez-les.
Deux dollars pour celle-l� et trois pour la grande.
- Vous vous payez notre t�te ! - Les gars, vous �tes bien jeune.
- Vous ne savez pas comme c'est difficile. - Tirons-nous, allons voir ailleurs.
- Attendez. - Un jus d'orange ?
Sept dollars pour les deux.
- H�, rentre ta chemise, terreur ! - Sept dollars...!
La voiture vol�e
a conduit Nick Romano et Jimmy au centre de redressement.
Le mot "redressement"
veut dire "enlever le doute", "r�cup�rer", "am�liorer".
Il peut aussi vouloir dire
"d�grader" et "brutaliser".
Il y a des centres de redressement modernes o�
on consid�re les d�linquants comme des individus avec des probl�mes individuels.
Et puis, il y en d'autres
comme celui o� Nick a �t� envoy�.
O� l'existence est bas�e sur une seule loi : la peur.
Une forteresse de la cruaut�.
Travailler, dormir et manger au commandement.
Prier au commandement.
Vous parlez � votre voisin pendant le repas,
vous �tes fouett� jusqu'au sang !
Vous arrivez au rassemblement avec une minute de retard, � l'isolement !
Fumez en douce, le soir, et vous �tes de corv�e de douche.
Vous regardez l'horizon lointain � travers la cloture grise,
Vous regardez, � travers les barreaux, la nuit libre.
Sans espoir !
Mais un jour viendra, o� vous vous vengerez.
Oui, j'ai parl� des douches.
Une m�thode pour laquelle cette institution �tait r�put�e.
Tu crois qu'ils ont leur compte ?
- Doucement, Jimmy. - Ta gueule, toi.
On l'a d�j� lav� cinq fois! C'est pas encore assez ?
C'est nous qui disons quand �a suffit. �ponge !
Il est malade !
- Qu'ont-ils dit aux parents de Jimmy ? - Qu'il �tait mort de la pneumonie.
�a tombe toujours sur les gars bien.
Fait attention � ce que cela ne t'arrive pas.
As-tu des nouvelles de ta famille ? Leur as-tu �crit ?
Pas si je peux l'�viter.
Je les ai cherch�s quand j'ai �t� lib�r� de l'arm�e.
Ils sont � Seattle, ils vont bien. Julian travaille.
Ne me racontez pas de boniments. C'est bon pour Julian.
Il n'y a que les idiots qui travaillent.
Tu sais, Nick, j'essaie de t'aider.
Bien s�r. Vous pourriez m'obtenir un travail.
Remonter les horloges.
Tu aimes bien t'apitoyer sur ton sort, hein ?
Faites un s�jour ici et on en reparlera.
Je vais te dire un truc : j'ai connu �a et j'�tais plus jeune que toi.
Et vous �tiez bien en sortant ?
Non, je ressentais � peu pr�s la m�me chose que toi.
Mais je l'ai surmont� comme tu dois le faire.
Je suis dans un nouveau cabinet maintenant.
Voici ma nouvelle adresse.
Ne vous attendez pas � ce que je vous contacte.
Tu ferais bien de venir me trouver quand tu sortiras de ce pi�ge � rat.
Vous voulez faire quelque chose pour moi ?
Souvenez-vous de moi dans vos pri�res.
Eh bien, dis donc !
Ils ont fait de toi un type adorable.
Tr�s bien, si tu as besoin de quelque chose, tu sais o� me trouver.
- Nick, alors, tu viens, oui ou non? - Ouais.
Allez, Larry. Grouillez-vous. Vous en avez fini avec lui.
Quelle impatience... O� allez-vous ? Vous l'�tes-vous demand� ?
Je parie que non.
- Mettez-le sur mon ardoise. - Pas besoin de me le dire.
N'est-il pas merveilleux de voir grandir un homme ?
Cette rue n'est pas bonne, Nick. Elle te p�n�tre dans le sang.
Qu'importe ? Vivre � fond, mourir jeune, faire un beau cadavre.
Pourquoi ne pas partir dans l'ouest vivre avec ta famille ?
- Arr�tez de poser des questions idiotes. - Mais je te donne de bons conseils.
Qui vous en demande ?
Salut, Sunshine. Tu as l'air vraiment heureux !
Comment peut-on �tre � la fois content et fauch� ?
T'as besoin de fric ou c'est pour un cheval ?
- Pour un cheval. - Ah ouais.
- C'est bon, tu m'as convaincu. - Merci, Nick.
- Je peux faire quelque chose ? - Non, tout va bien.
- Comment �a va, Fingers ? - Le Kid a toujours les poches pleines.
- Squint et moi contre Butch et toi. - Non, j'ai un rendez-vous.
- Mais j'ai de l'argent pour miser. - Pour engraisser Squint ?
Tu te crois bon, hein? Tu te crois malin ?
Tu te prends pour un ca�d, hein ?
Comment vont les affaires, Squint ?
- Calme-toi, Nick. - Qu� pasa, Juan?
Une poup�e t'attend dehors. Elle dit s'appeller Nelly. Elle est � toi ?
Une amie. Chic fille. Elle m'ach�te des trucs.
T'as une cigarette ?
Bel �tui.
- Elle est chouette. - Je ne prends que des chouettes.
- Qu'est-ce qu'elle fait ? - Elle est serveuse au "Nickel Plate".
- Nick... - Bonjour, Nelly.
- Nick, je t'ai attendu hier soir. - J'ai �t� retenu.
- Nous nous rattraperons ce soir. - Tu as �t� retenu, bien s�r...
J'imagine avec quoi.
Ch�ri, tu me traites tr�s mal.
Un, j'ai jou� au poker. Deux, j'ai bu et, tertio, j'�tais saoul.
C'est vrai, Nelly.
Tu mens ! Ch�ri, je...
Je sais que tu �tais avec une fille, mais j'arrive pas � me f�cher avec toi.
Nick, tout ce que je demande c'est que tu sois gentil avec moi.
Ce soir. Si ce n'est pas ce soir, demain soir.
Tu vois ?
- Pourquoi c'est trop tard ? - Le tripot a �t� ferm�.
On aurait pu le coincer dans l'escalier.
- Ce bookmaker a toujours plein de fric. - Maintenant, je comprends.
Le journal, messieurs ?
Nouvelles de la Bourse et ragots de la Haute.
La paix, Junior.
Au revoir, Junior.
Bonne journ�e.
Je comptais dessus. Il me faut du fric.
Nous avons perdu une bonne occasion, Nick.
Qui tient le magasin depuis qu'ils ont chop� Duke et Gussie ?
On pourrait r�cup�rer quelques dollars..
Couvre-moi.
- D�sirez-vous quelque chose ? - Oui.
- Ces bonbons. C'est combien ? - Un penny pi�ce, comme toujours.
Donnez-m'en cinq.
Je reviens.
- Tante, s'il vous pla�t. - Aide-moi � aller au lit.
- Autre chose ? - C'est votre magasin ?
Oui. A ma tante et moi.
- Voulez-vous autre chose ? - Oui.
Donnez-m'en cinq de plus.
Je parie que vos l�vres sont plus douces que ces bonbons.
- Vous pouvez r�ver. - Vous �tes assez vieille pour r�ver.
Arr�tez.
Vous valez mieux que �a.
Vous �tes nouveau ici ? Je ne vous avais jamais vu.
J'avais quitt� la ville..
Vous �tes diff�rente des autres filles.
La plupart des filles n'ont pas l'air d'avoir de famille.
Vous avez l'air... si gentille et si saine.
Oui, je suis en tr�s bonne sant�.
- Tu travailles vite toi... - Je viens.
- Pendant que tu roucoules, je poireaute. - Continue, j'arrive.
Alors, au revoir.
Quel est votre nom ?
- Emma. - Moi, c'est Nick.
J'ai pris un paquet de cigarettes. J'ai failli oublier de le payer.
Merci, Nick.
C'�taient nos derniers ronds.
J'ai ador� le film, Nicky. Merci de m'avoir invit�e.
Bonsoir, Nicky.
Je peux entrer une minute ?
D'accord.
Je t'ai achet� quelque chose.
Le vendeur a dit que c'est du vrai argent du Mexique.
Nicky...
Mais que...
- Que c'est beau ! - Je n'avais jamais rien donn� � personne.
�a fait
du bien.
Ma tante souffre de vertiges.
Elle en a beaucoup en ce moment, Nicky.
- Veux-tu que je m'en aille ? - Non.
Peux-tu m'aider � la mettre au lit ?
Je suis d�sol�e.
Son mari l'a quitt�e, il y a longtemps.
- C'est la cause des �vanouissements. - Bien s�r...
Mets-le-moi.
- J'ai peur. - Ne crains rien.
Nicky, Nicky, mon amour.
Non ! Non ! Je ne dois pas te laisser m'approcher.
- Comment ? - Fuis-moi. Je ne suis pas pour toi.
Sais-tu d'o� cela vient ? J'ai cogn� et vol� un gars pour te l'acheter.
Je bois, je joue, je vole. C'est ainsi que je vis.
Non, tu ne comprends pas. Je ne veux pas g�cher ta vie.
Ne t'approche plus de moi.
C'est moi, Butch ! �a tourne mal, filons.
Haut les mains, vite !
Allez.
- As-tu �t� surpris de mon appel ? - Tout retourn� !
C'est ce que j'ai ressenti quand tu m'as invit�e � d�ner.
Tu n'as pas l'air d'une assistante sociale et tu ne danses pas comme l'une d'elles.
Toi non plus tu n'as pas l'air d'un avocat.
- Comment est-ce que je danse ? - Avec sinc�rit�, d�termination, force.
Andy, j'ai une confession � te faire.
Tu as besoin de quelque chose ? Quel est ton souci ?
C'est ce gar�on, Nick Romano. Tu te souviens de lui ?
Il a mes coordonn�es s'il a besoin d'aide.
Il est retourn� en prison.
Il en est sorti pire qu'il �tait avant.
- Nous devons faire quelque chose. - Nous devons ?
Pourquoi devrions-nous faire quoi que ce soit ?
C'est un faible et un voyou.
Je ne suis pas d'accord.
Si seulement quelqu'un pouvait le sortir de la rue...
Je te jure que s'il valait la peine d'�tre sauv�, il en sortirait tout seul.
- Tu ne parles pas s�rieusement. - Pourquoi ?
- Sans aucune aide ? - Plein de gens l'ont fait sans aide.
- Toi, par exemple. - Moi, par exemple.
- Allez, retournons danser. - Je crois que je vais rentrer.
- Pourquoi ? - Pour rien. Je suis fatigu�e tout � coup.
- Je veux rentrer chez � la maison. - Tr�s bien, tr�s bien.
- Que dois-je faire pour ce gosse ? - Rien.
Tu as gagn�. Je serai un p�re pour lui,
Je lui moucherai le nez, je lui brosserai les dents, je lui ach�terai un v�lo.
Je l'emm�nerai camper, je le prom�nerai dans un landeau.
Je serai une m�re pour lui. Qu'en dis-tu ?
- Comment s'appelle la fille ? - Emma. Je l'ai crois�e l'autre fois.
Dans la rue. Je l'ai ignor�e parce que je l'ai rembarr�e durement.
Je suppose que je ferais mieux de ne pas l'inviter � sortir, hein ?
On est toujours � la recherche de quelque chose
quelque chose ou quelqu'un qui fait du bien.
Quand tu le trouves, tu as int�r�t � savoir que c'est pour de bon.
- Y as-tu pens� ? - Jamais. Peut-�tre avez-vous raison.
Mais quelle vie ! Vous et vos amis savez vivre.
Peut-�tre que moi non.
Bonjour. Vous vous �tes bien d�brouill�s aujourd'hui !
Oui, monsieur. Je vais les nettoyer et les mettre dans la glace.
- La th�rapie marche-t-elle ? - Je crois que oui.
Andy, si vous le remettez dans le droit chemin,
vous aurez fait un miracle. - Sceptique ?
Seulement r�aliste. Il faut plus que de l'air pur, du soleil
et de belles paroles pour changer un loup en agneau.
Admettez qu'il y a eu une nette am�lioration.
Admettez qu'il reste encore beaucoup de chemin � parcourir.
Je vais en ville envoyer quelques t�l�grammes. Voulez-vous venir?
Bien s�r. J'arrive.
Nous allons en ville, Nick. Voulez-vous venir?
Je ne crois pas, Monsieur, mais merci quand m�me.
- Viens-tu en ville, Nick ? - Non, merci.
La th�rapie fonctionne ?
Vous aurez fait un miracle.
Nous allons en ville. Voulez-vous venir?
Changer un loup en agneau.
Voil� ce que jouer les m�res me rapporte.
Mon fils m'a vol� 100 dollars.
Pourquoi ne pas le faire arr�ter si tu es si furieux ?
On d�nonce un inconnu qui vous vole et s'enfuit,
mais un ami comme Nick, on lui pose juste quelques questions.
Je le retrouverai m�me si je dois faire le tour de tous les bouis-bouis.
On dirait que tu connais les bonnes adresses.
Pourquoi tu r�les ? C'est toi la plus belle dans ce bar.
Merci, mon pote.
Pourquoi ne t'es-tu jamais mari�e ?
Le mariage, mon ami, est toujours une affaire s�rieuse...
Voil� notre homme. Allez.
Salut, Nick. Content de te voir.
Vous permettez ?
Je n'esp�rais pas te retrouver si vite.
50...
60... 70.
Tu m'en dois encore 30.
Je peux encore t'en apprendre, mon gar�on.
Tu n'es qu'un petit voleur et tu le resteras toujours.
Tu n'as pas le courage de changer.
- Tu l'as interrog� ? - En douceur, ch�rie, tout en douceur.
Nicky !
Qui �tait cet homme ? Il t'a fait mal ?
Peut-�tre que je le m�ritais.
Rentre chez toi, Emma.
Non, Nicky.
Viens avec moi.
J'aimerais vivre sur une colline dans une grande maison blanche.
Dans une maison � nous avec un petit chien.
Je n'ai jamais rencontr� personne comme toi.
Il y a tant d'�toiles...
Avec toi, je me souviens de choses.
- D'il y a longtemps. - Moi aussi.
Comme de Jimmy, mon ami en maison de redressement.
- De mon p�re - Je n'ai pas connu le mien.
J'ai �t� enfant de ch�ur.
Introibo ad altare Dei
ad Deum qui laetificat juventum meum.
Comment cela a-t-il pu me revenir ?
Qu'est-ce que cela veut dire ?
"Je me rends � l'autel de Dieu, Dieu qui donne la joie � ma jeunesse."
C'est beau.
J'ai vraiment tout g�ch�.
J'ai tout fait de travers.
Au printemps, quand je commen�ais � grandir,
je venais dans ce parc.
Je me sentais comme maintenant.
D�bordante de bonheur.
Ce que j'ai dit ce soir-l�, quand je t'ai donn� le bracelet...
Ne parles plus de cela, Nicky. Ne parles plus de rien.
Une fois sur la mauvaise pente,
on ne peut plus revenir en arri�re, m�me si on le veut.
Peut-�tre que tu pourras, si tu n'es pas seul.
Je crois en toi, Nicky.
Si je t'aide, essaieras-tu ?
Ne me quitte jamais, Emma. ne me quitte jamais.
Je t'aime, Nicky.
- Oui ? - M. Morton, M.Romano est ici.
- M. Nick Romano. - Je ne veux pas le voir.
- Dois-je faire attendre ? - Pas question. Fichez-le dehors.
- Je vous dit que M. Morton... - Sors d'ici.
Mlle Holiday, depuis le temps, ne...
Je vous en veux pas de m'avoir fait les poches.
- Quoi ? - �a ira.
J'aurais d� te briser les deux jambes.
C'est bon, je vous fais mes excuses.
M. Purcell se m�fiait parce que j'ai �t� en prison,
�a m'a mis en rage et je vous ai vol�. Je suis d�sol�.
Comptez-les. 30 dollars. Je ne vous dois plus rien.
�patant. Veux-tu un re�u ?
Il est probable que tu les as vol�s � quelqu'un, pas vrai ?
Non. Je les ai gagn�s honn�tement aux d�s.
Ce n'est pas vraiment le fruit d'un travail, mais
nous les mettrons dans la caisse de solidarit�.
- Autre chose ? - Non.
Au cas o� �a vous int�resse, je vais me marier.
Tu veux rire?
Dans une semaine, avec une fille merveilleuse.
Ce sera sympa.
Toi et Mme Romano passerez vos soir�es � cogner les flics.
Nick...
- D�sol� pour cette blague douteuse. - Nous sommes d�sol�s tous les deux.
Les gens disent des choses et je ne peux pas les en emp�cher.
- As-tu un travail? - Non, pas encore.
Fais-moi savoir si je peux t'aider.
Merci.
Chic !
Au revoir.
- J'esp�re que �a va marcher. - Moi aussi.
Mais il y a eu tr�s peu de miracles depuis le XIIIe si�cle.
Si j'�tais aussi cynique que toi je me pendrais.
Je suis trop cynique pour me fier � une corde.
- Paul... - Comment allez-vous, M. Morton ?
C'est l'endroit le plus merveilleux que j'aie jamais vu.
- L'orchestre a m�me une harpe. - C'est un rade sympa.
Quand j'�tais petite, je voulais jouer de la harpe dans un orchestre.
C'est bien. On n'est pas cens� �tre raisonnable quand on est amoureux.
- Nick va trouver un emploi. - Oui, c'est vrai.
Moi aussi je vais en prendre un.
Je connais quelqu'un qui pourrait me faire rentrer dans une grande soci�t�.
Peut-�tre que l'an prochain on d�m�nagera dans un bon quartier.
Je veux que Nick ait de belles choses,
qu'il ait un costume comme le v�tre, M. Morton.
Je n'ai pas encore fini de payer le tailleur.
Emma sait cuisiner "cacciatore".
Vous �tes formidables tous les deux.
Je l�ve mon verre au boulot, au d�m�nagement,
au nouveau costume....
au mari� et � la mari�e. Reste avec elle, Nick.
Je vais essayer, Andy. Personne ne fera plus d'efforts.
De temps en temps, nous avons revu Nick et Emma apr�s leur mariage.
Et Nick a r�ellement essay�.
Pendant un certain temps, il a arr�t� la boisson, le jeu,
les mauvaises fr�quentations. Et il a travaill�.
Il a perdu ses emplois les uns apr�s les autres.
Il partait ou il �tait vir�.
Il avait trop pris l'habitude de ne pas travailler.
Parfois, ils devaient vivre avec juste le salaire d'Emma.
Ils �taient toujours amoureux, mais la lune de miel �tait finie.
Dites-moi que ce n'est pas vrai. Que j'ai des visions.
Visez-moi �a. Mari� et au turbin. Quelle combinaison !
- Un bon gars qui a mal tourn�. - Nick, tu n'es pas au travail ?
�a te plait, vieux ?
J'adore.
Je me l�ve � cinq heures du mat'
et je vais au boulot.
- Le cadeau d'Emma, tu l'as ? - Ouais, passe dans mon bureau.
Me dis pas que j'ai pas la classe.
- Adorable. - Arr�te tes b�tises. Combien ?
- 40 dollars, prix d'ami. - Tu es dingue ?
Elles en valent 100, je te les laisse pour 40 !
Elles sont vol�es.
Vise la marchandise.
Je gagne entre 38 et 20 dollars, comment je peux t'en donner 40 ?
C'est ton probl�me. Point � la ligne !
Je te payerai 10 dollars par semaine.
C'�tait un plaisir de te conna�tre.
- On joue toujours au craps derri�re ? - On n'a jamais arr�t� !
Viens, je te donne ta chance.
Salut Butch, � bient�t.
Ch�rie, je suis rentr�.
Tu dors ?
Je sais.
Oui, j'ai jou� aux d�s, oui, j'ai bu quelques verres.
Il n'y a pas de raison de se f�cher.
Je voudrais que tu rentres plus t�t � la maison.
Je voudrais que nous nous promenions un peu, apr�s le souper.
Pourquoi marcher ? Si on avait une voiture, on la prendrait.
Si on avait de l'essence.
Viens, je vais t'aider � te mettre au lit.
Tu sais quoi ? Je vais t'offrir de belles boucles d'oreilles.
S'il te pla�t mon ch�ri, ne te pr�occupe pas de cela.
- D�s que j'aurai de l'argent. - Tu as besoin de dormir.
Ce qu'il faut c'est que quelqu'un me mette le pied � l'�trier.
- Connais-tu quelqu'un d'important ? - Nicky...
Jour de paie, j'ai tout perdu... Pourquoi restes-tu ici ?
Nicky, comment peux-tu dire �a ?
Pourquoi ne claques-tu pas la porte ?
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Rien, mais ne parle pas comme �a.
Tu ne crois plus en moi, Emma. Tu ne le peux plus.
Si. J'aurai toujours confiance.
Nicky, tu dois croire en toi.
J'essaie, ch�rie. Mais je ne peux pas.
Embrasse-moi.
Nicky...
Nicky, tu es la seule chose que j'aie jamais eu � moi.
Rends-moi fi�re de toi.
Je t'en prie, ch�ri. je t'en prie...
H�, toi !
Combien de fois devrai-je te dire de ne pas fumer ici? - D�sol�.
Combien de fois devrai-je dire que je ne te paie pas pour te reposer ?
Pas �tonnant que tu perdes tous tes emplois
et que tu n'aies que des probl�mes. Tu veux retourner en taule.
Tu vois ce que je veux dire ?
Bonsoir, ch�ri. J'ai tenu ton repas au chaud.
- Qu'y a-t-il, Nicky? - Rien.
Tout va tr�s bien. Sauf que je n'ai plus de travail.
- Tu en trouveras un autre, ch�ri. - Pas question. J'en ai assez endur�.
Cette fois j'en ai soup�.
Que veux-tu dire ?
Je sors, Emma.
Non !
- Pour combien de temps ? - Je ne sais pas.
Je vois Butch, Juan et Vito cette nuit. Il y aura un gros coup.
Beaucoup d'argent. Apr�s, il vaudra mieux quitter la ville un moment.
Je crois que je savais que cela arriverait.
La nuit derni�re, pendant mon sommeil, J'ai fait des cauchemars.
Tu te conduisais mal, tu fuyais toujours.
Ne fais pas �a, Nicky. Ne le fais pas maintenant.
Je l'aurais fait t�t ou tard. Je ne me fais plus d'illusions.
Tu parles s�rieusement, hein ?
Je n'ai pas l'air de parler s�rieusement ?
Je dois penser...
Je dois penser au b�b�.
Non.
Tu veux me faire du mal ?
Tu te fais des illusions sur nous. �a marche pas comme �a.
Nicky.
Je n'en veux pas. Pas de b�b�. Tu m'entends ? Je n'en veux pas.
Quand tu l'auras, donne-le � quelqu'un.
Nicky, les choses peuvent encore s'arranger.
Non !
Rien ne m'arr�tera. A partir de maintenant, je vivrai vite.
Ce que je disais vaut toujours.
Vivre vite, mourir jeune
et faire un beau cadavre.
Toi, fais-moi entrer.
Je suppose que tu es une amie personnelle de Christophe Colomb ?
Moi aussi j'ai des th�ories.
Il y a du neuf ici...
- Allez, bute-le. - S'il vous pla�t, non. J'ai une femme.
- Trois enfants. - Fais-le, toi !
Nick !
Grouille-toi, grouille-toi !
Passe par ma rue. Il faut que je voie Emma.
On va l'emmener avec nous.
- Tu es dingue. On n'a pas le temps. - Butch, fais ce que je te dis !
Pardonne-moi.
Quelques mois plus tard,
le pr�venu a �t� accus� du meurtre de l'agent Hawkins.
Je vous ai racont� l'histoire de Nick Romano avec tant de d�tails,
parce que je veux que vous sachiez tout de son pass�.
Mais aussi d�plorable et antisocial que ce pass� ait �t�,
je prouverai qu'il n'a pas tent� de d�valiser le bar 380
et qu'il n�est pas coupable du meurtre dont il est accus�.
Rien ne sera plus clair que les preuves que j'ai l'intention de pr�senter.
"Le procureur appelle � la barre le premier t�moin de l'affaire Romano".
M. Swanson, soyez tr�s prudent lors de votre prochaine r�ponse.
Avez-vous bien vu l'homme qui a commis le hold-up ?
- Le voyez-vous ici ? - Oui.
- D�signez-le pour le jury. - C'est lui.
Vous parlez du jeune homme, du beau gosse
assis � c�t� de M. Morton.
M. Morton proteste, Votre Honneur.
et s'il le souhaite, je retire le qualificatif "beau gosse."
Ce visage ang�lique et innocent
me faisait oublier le c�ur noir d'un meurtrier.
Le t�moin est � vous.
M. Swanson, l'homme non identifi� qui a commis le vol
portait-il un chapeau, une casquette ou �tait-il nu-t�te ?
- Un chapeau. - De quelle couleur ?
Je ne sais pas, mais c'est lui l�.
L'agresseur, de quelle couleur �taient ses cheveux ?
- La m�me que les siens. - Vous avez bien regard� cet homme ?
- Il y avait le comptoir entre nous. - Pendant une ou deux minutes ?
M. Swanson, mon nom est Andrew Morton.
M'aviez-vous d�j� vu ?
- Non, jamais. - Vous en �tes bien s�r ?
Non, je ne vous ai jamais vu.
Vous souvenez-vous du verre de vin que j'ai renvers� votre chemise ?
Pour vous rafra�chir la m�moire, nous avons discut� du meurtre.
J'ai �clabouss� votre chemise. Vous souvenez-vous maintenant ?
Nous avions longuement bavard�, non ?
Eh bien, oui.
M. Swanson, expliquez au jury pourquoi vous ne m'avez pas reconnu,
alors que nous avions bavard�, mais �tes en mesure d'identifier un voleur
avec lequel vous n'avez �t� en contact qu'une minute. Dites-le au jury.
Bien s�r, vous l'avez identifi� parce que la police vous a dit
que c'�tait l'homme qui vous avait menac�, non?
- Oui, c'est �a. - Objection !
Accept�e. Vous ne devez pas poser ce genre de questions, M. Morton.
Je suis d�sol�, votre Honneur. C'est tout.
M. Carnahan, une derni�re question.
Je veux que vous r�p�tiez � quelle heure de la nuit
vous avez vu le pr�venu fuir dans la ruelle.
Haut et fort, de sorte que le jury entende.
Entre 8h05 et 8h30.
- Vous en �tes absolument s�r ? - Je le suis.
Le t�moin est � vous.
M. Carnahan, quel est votre m�tier ?
M. Kerman a omis de vous le demander.
Je ... Eh bien, je ... Je fais des petits boulots.
L'adresse que vous avez donn�e sur la 12�me rue,
n'est-ce pas un asile de nuit ?
- C'est une sorte de club. - Un club ... Je vois.
En r�alit�, vous n'avez pas d'adresse.
Vous �tes plus connu sous le surnom de Kid Fingers.
Oui.
- Quel est votre �ge, Kid ? - 49 ans.
Merci, Kid.
- Combien de fois avez-vous �t� condamn� ? - Deux fois.
Deux fois ? Vous �tes sous serment.
- J'aurais peut-�tre d� dire 3 ou 4 fois. - Cela se pourrait.
- Quand pour la premi�re fois ? - Je ...
- Je ne me souviens plus. - Vous ne vous rappelez plus ?
N'�tait-ce pas pour la vente d'un certain type de litt�rature � des lyc�ens ?
- Oui. - Et la suivante ?
Eh bien ...
- Je ne me souviens plus. - Il ne se souvient encore pas.
Eh bien, je vais m'asseoir et attendre que cela vous revienne.
Pour avoir fait la manche.
M. Fingers.
Pouvez-vous expliquer au jury ce que vous entendez par la manche ?
C'est comme demander de l'aide � quelqu'un.
Vous voulez dire mendier ?
Oui, vous pouvez le dire ainsi si vous voulez �tre d�sagr�able.
Vous avez pass� onze mois � la prison f�d�rale de Leavenworth.
Tr�s bien, j'ai vol� un ch�que dans une bo�te aux lettres.
Vous feriez n'importe quoi pour de l'argent, sauf travailler.
Objection. Ce genre de questions n'est pas...
- M. Morton, ne pensez-vous pas... - Oui, Votre Honneur.
O� �tiez-vous la nuit o� le crime a �t� commis ?
- Je marchais dans la douzi�me rue. - En mendiant ?
- Ne r�pondez pas � cette question. - Accept�.
Ces v�tements que vous portez, est-ce votre tenue habituelle ?
- Non. - Non. En d'autres termes,
une personne inconnue vous a donn� les v�tements que vous portez ?
Je proteste. L'origine de ces v�tements ne prouve rien.
Quelqu'un semble ne pas vouloir qu'on connaisse ses bonnes actions
Ma�tre, laissez-vous entendre que le Procureur s'abaisserait
au point de payer un pot de vin ? - Votre honneur, je n'insinue rien.
- Je pose juste une question. - Objection accept�e, M. Kerman.
Encore une question, ce sera la derni�re..
Garderez-vous ces v�tements ?
Je jouais au billard au "Pastime". On a entendu des coups de feu.
Kid Fingers et moi, nous sommes sortis voir dans la ruelle.
Nous avons vu ce type.
Il est venu vers nous et est pass� devant nous.
- Qui avez-vous vu ? - Nick Romano.
Le t�moin est � vous.
Quelle est votre profession, M. Zinsky ?
Pour l'instant je n'ai pas de travail.
En r�alit�, vous voulez dire que vous �tes sans profession.
On peut dire �a, oui.
- Avez-vous �t� accus� de ce meurtre ? - Moi ? Non, monsieur.
Je l'ai vu. J'y ai pens� plusieurs jours,
je n'ai pas pu y tenir et je suis all� raconter � la police ce que j'avais vu.
Comme tout bon citoyen patriote qui est pour la justice, c'est �a ?
Oui, monsieur.
Bien que vous ayez d'abord d� y r�fl�chir deux, trois jours.
- O� habitez-vous maintenant ? - A l'h�tel Sloan.
Si vous ne travaillez pas, qui paie le loyer ?
- Objection, sans rapport. - Rejet�e.
Alors ?
Avec mes gains au billard.
Il joue comme un pied.
Je suis plut�t fort au billard.
N'est-il pas vrai
que depuis que vous avez offert de t�moigner, vous recevez de l'argent?
- Objection. - Accept�.
Si votre myst�rieux bienfaiteur veut s'occuper de quelqu'un d'autre,
donnez-lui mon nom.
C'est tout. Merci.
Vous �tes amoureuse de l'accus�, n'est-ce pas, Melle Watkins ?
Non.
Oui, peut-�tre que je le suis.
Je l'�tais.
Plus fort.
Oui, je suis amoureuse de lui.
Saviez-vous que l'accus� allait attaquer ce bar ?
- Non, je ne le savais pas. - Ne l'avait-il pas planifi� avec vous ?
Non, pas du tout.
C'est un bon gar�on.
R�fl�chissez bien maintenant.
Ne vous a-t-il pas dit dans le pass�
qu'il serait facile de d�valiser le bar 380?
- Je ne sais pas. - Mlle Watkins...
Je ne sais pas.
Peut-�tre l'a-t-il dit il y a longtemps, mais...
Mais c'�tait il y a longtemps.
Le t�moin est � vous.
Vous pouvez partir.
Appelez Juan Rodriguez.
Juan Rodriguez, levez la main droite.
Jurez-vous de dire la v�rit�, toute la v�rit�
et rien que la v�rit� ! - Je le jure.
- Je croyais que c'�tait ton ami. - Ouais.
- Connaissez-vous l'accus�, Nicolas Romano ? - Oui.
Dites-nous si vous l'avez vu la nuit o� l'agent Hawkins a �t� tu�.
Je ne m'en souviens pas.
Vous ne vous souvenez pas de quoi ?
- Si je l'ai vu. - �tiez-vous dans la rue cette nuit-l� ?
Je ne m'en souviens pas.
Vous �tiez � proximit� du bar 380,
pr�s de l'entr�e de la ruelle.
Vous avez vu Nick Romano s'y engager.
- Je ne m'en souviens pas. - De quoi vous souvenez-vous ?
Je me souviens avoir �t� pris par la police
qui m'a dit vouloir prouver que je suis un clandestin
et que je serai expuls� si je ne disais pas avoir Nick dans la ruelle.
Le t�moin se parjure ! Il doit �tre arr�t�.
Je le retire comme t�moin.
C'est notre chance. Attendez une minute.
L'accusation a appel� ce t�moin. Il est l�
il ne peut �tre retir� qu'apr�s mon interrogatoire.
C'est un t�moin hostile. - Qu'importe !
Ce t�moin est un parjure.
Parjure ? A vous de le prouver, mon ami.
Je veux voir le procureur et l'avocat de la d�fense dans mon bureau.
La s�ance est suspendue pendant une demi-heure.
Mettez-vous � l'aise si vous le pouvez.
Je ne comprends pas la vindicte personnelle de Kerman
contre Romano, ce "beau gosse".
Je suis parfaitement objectif. Vous le savez bien.
- Si vous voulez �tre juste... - Un � la fois.
Le t�moin nous a sign� une d�position
disant qu'il a vu Romano.
Il a dit avoir menti et pourquoi.
Il ment. Vous ne pouvez l'accepter comme t�moin.
Je peux appeler les policiers qui l'ont entendu.
M. Kerman, n'essayez pas de prendre ma place.
S'il y a parjure, d'un c�t� ou de l'autre,
croyez-moi, les coupables seront punis.
Il est possible que lorsqu'il a �t� interrog�, le t�...
Vous mentez. J'en ai assez de vos insinuations...
Assez !
Si le tribunal
Si le tribunal admet Rodriguez comme t�moin...
- Ce ne serait pas juste pour l'accus�. - Il n'a pas � l'interroger !
Supprimez ce t�moignage. Nous n'en voulons pas.
Le jury a entendu le t�moignage.
J'ai le droit d'interroger le t�moin. Il a d�j� �t� entendu.
Le t�moignage est valable.
Messieurs, ce tribunal est devenu un ring de boxe.
Vous devrez faire preuve de plus de retenue
ou je vous sanctionnerai tous les deux.
En m�me temps, si vous voulez.
- Comment �a va, ch�ri ? - Bien, je n'en esp�rais pas tant.
Je vais vous lire la d�position du t�moin � la police.
"Oui, j'ai vu Nick Romano tuer l'agent Dan Hawkins."
- L'avez-vous dit � la police ? - Oui, mais j'ai menti.
Avez-vous t�moign� avoir vu le meurtre devant le Grand Jury ?
- Oui, j'ai aussi menti au Grand Jury. - Vous mentez depuis le d�but.
- Vous mentez en ce moment m�me, hein ? - Objection.
- Le procureur accuse son t�moin. - Objection retenue.
Vous serez arr�t� avant de quitter ce b�timent. Vous irez en prison.
Le t�moin est sous la protection de la Cour. Ne le menacez pas en ma pr�sence.
- Vous voulez �tre inculp� pour outrage ? - Excusez-moi.
Vous voulez dire la v�rit� maintenant, n'est-ce pas, Juan ?
Oui.
Vous savez que dire la v�rit� vous fait courir un risque ?
S'ils veulent m'expulser, qu'ils le fassent. Je ne suis pas un mouchard
et je ne vais pas mentir pour qu'ils condamnent Nick.
Tr�s bien. Je vais vous poser une question.
Avez-vous vu ou non Nick Romano
courir dans la ruelle la nuit o� Hawkins a �t� tu�?
- Non, je ne l'ai pas vu. - Merci.
Merci, Votre Honneur.
Le procureur a termin�. Morton appelle les t�moins de la d�fense.
Vous avez dit que vous deviez retrouver Nick et Sunshine
dans un bar appel� "The...
Cobra Tap"
le soir du crime, c'est exact ?
Nick est arriv� le premier. Sunshine n'est arriv� que plus tard.
- Et ensuite ? - Nous avons bavard� un moment,
bu quelques bi�res.
Puis Sunshine et moi sommes partis ensembles.
C'est tout. Merci.
Quelle marque de bi�re avez-vous bu ce soir-l� ?
- De la "Regent". - De la Regent, vous �tes s�r ?
Y avait-il un spectacle ?
Une danseuse, une petite p�p�e.
- Une dame. - Une petite dame blonde ou brune ?
Vous croyez que je regardais ses cheveux !
Ce n'est pas Nick. Il �tait avec moi et Sunshine.
Qui est Sunshine ? Un ami de Romano ?
Qu'a dit Sunshine quand il est arriv� au bar?
- Qu'un flic avait �t� tu�. - �a vous d�solait ?
- Je m'en foutais - C'est tout.
Vous pouvez vous retirer.
J'appelle Jim Jackson.
Jim Jackson, levez la main droite.
Jurez-vous de dire la v�rit�, toute la v�rit�
et rien que la v�rit� ? - Je le jure.
Quel travail faites-vous, Jim ?
Gar�on de courses et concierge de la salle de billard "Pastime".
- Connaissez-vous Nick Romano ? - Oui, je le connais.
�tiez-vous avec lui, la nuit o� l'agent Hawkins a �t� assassin�?
Oui, nous �tions au "Cobra Tap" quand on a tu� cet homme.
- Il n'a donc pas commis le crime. - Non, comment aurait-il pu ?
Merci, Jim.
- Quel �ge avez-vous ? - 24 ans.
- Combien de fois avez-vous �t� en prison? - Jamais.
- En maison de correction ? - Je n'y ai pas �t�.
Vous aimez bien Romano, pas vrai ? Vous voulez le tirer de l�, non ?
- Oui. - Pourquoi ?
Il a toujours �t� bon avec moi. Il m'a aid� quand j'�tais fauch�.
- Donc, vous voulez le sauver. - C'est la v�rit�. Nick �tait avec nous.
�tiez-vous triste quand l'agent Hawkins a �t� tu� ?
Je m'en foutais.
Avez-vous lu la Bible, Sunshine ?
Oui, monsieur.
Vous souvenez-vous du commandement : "Tu ne feras pas de faux t�moignage"?
Il a �t� affirm� que cette nuit l� vous buviez de la bi�re au "Cobra Tap".
- Quelle sorte de bi�re ? - "Baum green label", Nick l'aime bien.
De la Baum... Votre ami Butch dit que c'�tait de la Regent.
Qu'est-ce que c'�tait ? Qui se trompe ?
Eh bien ... Peut-�tre ... �a se pourrait...
Peut-�tre �tait-ce de la Regent. Je croyais que c'�tait de la Baum.
"Peut-�tre �tait-ce de la Regent." Peut-�tre de la limonade ?
Ce n'est pas Nick. Il �tait avec nous.
C'est ce que vous avez dit et redit � M. Morton.
Oui, c'est mon histoire. C'est la v�rit�.
Vraiment ?
Que diriez-vous si je vous rappelais
qu'on ne sert pas les noirs au "Cobra Tap" ?
Objection ! Il n'y a aucun endroit o� l'on ne sert pas les noirs.
Vous avez recours � une des plus vieilles ficelles.
Je conduis le contre-interrogatoire.
Je lui demande ce qu'il dirait si...
Si le procureur veut la jouer ainsi, on peut jouer � deux .
Nous nous devons � l'�thique professionnelle et...
M. Morton, ou vous arr�tez ou vous serez inculp� d'outrage � la cour.
Je pr�sente mes excuses � la cour, mais il y a des limites � ce que...
Je pr�sente mes excuses.
"La D�fense de Romano sur le point de pr�senter ses conclusions".
- Le juge quitte son bureau, M. Morton. - Merci.
Nick, es-tu certain de n'avoir rien � me dire ?
- Sur quoi ? - Tu ne m'as pas menti sur le "Cobra Tap"?
- Tout s'est pass� comme je l'ai dit. - Tr�s bien.
Il faut te d�cider.
Nous allons devant le jury avec ce que nous avons
ou je t'appelle � la barre ? R�fl�chis bien.
Kerman va te mettre sur le grill, t'accabler, essayer de te briser.
Faites-moi t�moigner.
Tu sais que le verdict d�pendra de ce que tu diras et feras.
Et, rappelle-toi, regarde le jury quand tu r�ponds,
droit dans les yeux, toujours.
Nick, tu ne m'�coutes pas.
Je pensais.
Je veux vivre, Andy. Je veux vivre.
Vous �tes-vous enfui quand la police est venue vous arr�ter.
Dans nos quartiers, quand la police d�barque, tout le monde d�tale.
Nick, avez-vous quoi que ce soit � voir avec le meurtre dont on vous accuse ?
Non, je suis innocent.
A vous.
- Il ne pourrait tuer personne. - Moi, il m'a tu�e.
Chut ! Silence !
- Vous �tes "Beau gosse" Romano, non ? - Question rejet�e.
Vous �tes beau gar�on, non ?
- Oui, je suis bien fait. - Question rejet�e.
M. Kerman, vous savez que cette tactique est inappropri�e.
- Connaissez-vous beaucoup de filles ? - Quelques-unes.
Pourquoi mentez-vous ?
Regardez-moi, Romano, pas le jury. Ce truc ne marchera pas.
Je n'ai pas menti.
R�pondez pr�cis�ment. Portez-vous des chapeaux ?
- Parfois, oui. Parfois, non. - Et ce soir-l� ?
- Allons. - Peut-�tre. Je ne crois pas.
J'attire l'attention du jury sur la pi�ce � conviction C
admise comme preuve.
Ce chapeau a �t� trouv� � l'entr�e d'une ruelle
d'o� le meurtrier est sorti apr�s avoir commis le crime.
Il est �vident que c'est le meurtrier qui l'y a perdu.
Je vous rappelle les t�moignages des passants
qui ont vu le meurtrier et ont d�clar� que l'assassin portait un chapeau.
- Ce chapeau est-il � vous ? - Non.
M. Romano, pouvez-vous l'essayer ? Voyons s'il vous va.
Votre honneur, puis-je examiner la preuve C du procureur ?
- Faites. - Nick...
C'est juste un chapeau.
Aucune marque.
Qu'est-ce que vous essayez de prouver, M. Morton ?
A moi aussi il me va. Suis-je le meurtrier ?
L'avocat de la d�fense �tait-il dans le voisinage du bar 380
le soir o� l'agent Hawkins a �t� tu� ?
Vous �tes probablement aussi fatigu� que moi, M. Romano.
Merci de votre patience, j'ai presque fini.
Juste quelques questions tr�s simples.
Par exemple...
- Avez-vous tu� Hawkins ? - Non.
- Vous �tiez l� et vous l'avez tu� ? - Je ne l'ai pas tu� et je ne sais rien.
- Vous �tes s�r ? - S�r.
Objection! Votre honneur, le procureur martyrise ce gar�on depuis des heures,
� lui poser et reposer les m�mes questions.
M. Kerman, ne croyez-vous pas avoir �puis� ce type d'approche ?
Tr�s bien, votre honneur.
C'est l'arme avec laquelle vous avez tu� Hawkins, non ?
Elle n'est pas � moi.
Et je n'ai pas tu� Hawkins.
Vous pouvez vous retirer.
Oh, un instant.
Rasseyez-vous.
Votre femme ne s'est-elle pas suicid�e ?
- Votre femme ne s'est-elle pas suicid�e ? - Ne la m�lez pas � �a !
- Ne s'est-elle pas suicid�e ? - Ne la m�lez pas � �a !
Asseyez-vous, s'il vous pla�t.
Vous n'�tiez pas au "Cobra Tap"
le soir o� Hawkins a �t� tu�, n'est-ce pas ?
Non...
Si, j'y �tais.
Sunshine �tait-il l� quand vous �tes arriv� ?
- Sunshine ? - Non. Apr�s.
- O� �tait Butch? - Il �tait d�j� l�.
- En �tes-vous s�r ? - Oui.
Avez-vous vu Kid Fingers quand vous �tes sorti de la ruelle ?
Non, je l'ai d�j� dit.
Ne tentiez-vous pas de fuir les cons�quences de votre crime
quand vous vous �tes enfui ? - Ce n'est pas moi !
- Vous d�testiez Hawkins. - Je n'aime pas la police !
- Vous avez tu�, n'est-ce pas ? - Non !
N'est-il pas vrai que votre femme s'est suicid�e � cause de vous ?
Votre femme ne s'est-elle pas suicid�e ?
Je crois en toi, Nicky.
Rends-moi fi�re de toi.
Ne fais pas �a, Nicky. Ne fais pas �a maintenant.
Votre femme ne s'est-elle pas suicid�e ? Allons parlez !
N'est-il pas vrai que votre femme s'est suicid�e � cause de vous ?
N'est-il pas vrai que votre femme s'est suicid�e � cause de vous ?
- Fichez moi la paix ! - Vous l'avez tu�, n'est-ce pas ?
Tr�s bien, je l'ai tu�! Je l'ai tu�! Je suis bien content de l'avoir tu�.
Et je vais vous tuer vous aussi !
D�sol� d'avoir d� employer la mani�re forte.
- Pourquoi m'as-tu menti ? - D�sol�, Andy.
Votre honneur, je voudrais pr�senter une motion hors de la pr�sence du jury.
Le jury va se retirer dans la salle de r�union.
Votre Honneur...
Je requiers dans cette affaire de pouvoir plaider
coupable au lieu de non coupable.
Que l'accus� se l�ve.
Comprenez-vous les cons�quences de la demande de votre avocat ?
Oui.
La requ�te est accord�e.
La sentence de "Beau Gosse" sera rendue aujourd'hui.
- J'�tais dans le jury. - Moi aussi.
Avez-vous quelque chose � d�clarer avant la lecture de la sentence ?
M. Morton ?
Votre Honneur, il y a
quelque chose que j'aimerais dire au nom de l'accus�.
Lorsque j'ai accept� cette affaire, je...
je pensais que Rick Romano �tait innocent.
J'ai cru ce qu'il m'a dit et
j'ai cru ce que ces hommes, Butch et Sunshine, m'ont racont�.
Je croyais parce que je voulais croire.
Je voulais croire que toute la salet�, la col�re
et le d�sordre du pass� de ce gar�on
n'avaient pas cr�� un assassin.
Mais Nick Romano est coupable.
Il est coupable de bien des choses.
Il est coupable de savoir que son p�re est mort en prison.
Il est coupable d'avoir �t� �lev� dans la pauvret�.
Il est coupable d'avoir v�cu dans des taudis.
D'avoir eu de mauvais compagnons,
les voleurs � la tire, les criminels, les mendiants et les prostitu�es
du pire quartier qui ait jamais d�shonor� une ville moderne.
Il est coupable de
ce qu'on laisse entrer un enfant dans les salles de billard et les bars.
Il est coupable des mauvais traitements d'un centre de redressement primitif.
Veiller sur l'enfant et civiliser l'adolescence.
Ce gar�on aurait pu �tre r�g�n�r� au lieu d'�tre perverti,
�tudier au lieu d'�tre laiss� � lui-m�me.
Mais refaites le parcours de Nick dans ce centre de redressement.
Voyez mourir votre meilleur ami des suites d'une punition inhumaine.
Accompagnez Nick dans les quartier pauvres.
O� les receleurs ach�tent tout sans poser de questions.
Suivez Nick dans les ruelles et les rues,
remplies d'ivrognes, de mendiants et de prostitu�es,
entrez avec lui dans les salles de billard et les bars.
Ecoutez...
Ecoutez les agresseurs et les voleurs,
absorbez leur philosophie empoisonn�e de la vie.
Venez avec Nick au p�nitencier,
soyez un num�ro, soyez compt� et ha�.
Et sortez de l� d�termin� � �tre digne de cette haine.
Oui, Nick Romano est coupable.
Mais nous le sommes nous aussi.
Tout comme l'est cette pr�cieuse chose appel�e soci�t�.
La soci�t� c'est vous, vous et vous.
Nous tous. Nous, la soci�t�, sommes durs, �go�stes et stupides.
Nous nous scandalisons de l'environnement et nous l'appelons crime.
Nous d�non�ons le crime et pourtant nous fuyons nos responsabilit�s.
et nous n'avons pas la volont� de faire quoi que ce soit.
Tant que nous n'aurons pas supprim� ces quartiers,
dix se l�veront pour prendre sa place. Cent, mille.
Jusqu'� ce que nous rasions les taudis pour les reconstruire.
Frappez � n'importe quelle porte
et vous pourrez rencontrer Nick Romano.
Les journaux sont remplis de photos et d'articles sur ce proc�s.
Pourquoi ne publiez-vous pas ceci ? Eux, vous et moi,
nous autres, les braves gens, nous autres, les bons citoyens,
nous avons photographi� et jug� ce gar�on il y a des ann�es.
Nous avons pris ce rendez-vous avec lui il y a longtemps
nous l'avons brutalis� et amen� ici il y a des ann�es.
S'il meurt sur la chaise �lectrique, c'est nous qui l'aurons tu�.
Publiez �a !
Qu'allons-nous faire de lui maintenant ? Allons-nous le tuer ?
En lui faisant passer du courant � travers le sang, les nerfs,
le c�ur, le cerveau ?
Je demande la cl�mence de ce tribunal.
Je l'implore pour ceux d'entre nous qui marchent librement,
pour nous tous, il puisse y avoir de la piti�.
Je suis �mu par votre �loquence, M. Morton. Profond�ment.
Toutefois, la loi et le devoir de ce tribunal sont clairs.
Que l'accus� se l�ve.
La sentence de ce tribunal
est que vous serez d�tenu au p�nitencier de l'�tat
jusqu'au vendredi 29 novembre
o� vous serez ex�cut� suivant la m�thode prescrite par l'�tat.
Que Dieu ait piti� de votre �me.
D�sol� d'avoir d�conn�.
Nick...
Je crains ne pas t'avoir �t� d'une grande aide mais...
Tu sais ce que je ressens.
Je peux te promettre une chose.
Je ferai tout mon possible pour
�viter � d'autres gars comme toi de...
Pour aider d'autres gars comme toi.
Aussi longtemps que je vivrai.
FIN
Sous-titres r�vis�s, format�s et synchronis�s par celajun.
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