All language subtitles for Gainsbourg.(Vie.Heroique).2010.BDRip.1080p.FR.HDLight.x264.AC3.5.1-BzH29

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Original subtitles

Je peux mettre ma main dans ta main ? Non, t'es trop vilain.

... ... ... ...

Qu'est-ce qu'il y a encore ? Mon doigt a accroché.

Tu vas faire mieux que ça, Lucien.

Joue.

Et qu'est-ce qui se passe ici ? Tu n'y connais rien.

Je n'aime pas le piano.

Ça ne m'intéresse pas, la musique.

Pourquoi je dois faire du piano ? Toi, tu fais du piano, ça ne nous rapporte

rien. Joue.

Joue.

Et qu'est-ce que tu fous toi ? Je regarde juste.

Non, non, non, tu fais pas qu'à regarder.

Tu mets tes petites pattes de plus la pisse partout.

Barniflez ailleurs.

Détendard sanglant et levé, Détendard sanglant et levé.

... ... ...

Non seulement vous fumez pendant le service, mais en plus, vous pervertissez

la jeunesse. Bravo.

Mais c'est lui qui m'a offert un club, M. Poletti.

Et vous, là, qu'est-ce que vous foutez dans mon bureau avant les horaires d

'ouverture ? C'est à cause du gamin, M. Poletti.

Il veut son étoile avant tout le monde.

Merci, monsieur.

Si j'étais en retard un jour comme ça, j'en aurais honte toute ma vie.

Dis donc, toi, tu te prends pour qui à nous parler comme ça ?

Je m'appelle Lucien Ginzburg.

Je suis juif.

Mon père est pianiste de nuit.

T'es si pressé de la porter, ton étoile ? C'est votre étoile, monsieur.

C'est vous qui souhaitez que je la porte.

Dis donc, t'es bien solent, toi.

Et puis d'abord, tu devrais pas être à l'école.

Je quittais l'école, monsieur. Je suis à l'Académie de peinture Montmartre.

Ah, à l'Académie de peinture Montmartre.

Vous voyez où, ça ? Eh bien, s'ils acceptent toutes les fortes têtes dans

ton genre...

Ça doit être du propre.

Vous auriez tort de croire ça, monsieur.

Il y a des gens très bien à l'Académie Montmartre.

Par exemple, j'y fréquente le Lyotard SS Karl Hansenmeier.

Il m'aime beaucoup.

Une fois, il m'a même offert un brioche.

Qu'est-ce que tu me chantes ? Vous voulez que je vous le présente ? C'est

peut-être bon pour votre carrière.

Tu dessines quoi ? De l'aventure.

C'est un petit pianiste, tout le monde le dit.

On veut plus voir ta gueule, on veut plus voir ta gueule.

Alors, il a plus de boulot. Et même dans les pianobars pourrisses, on veut plus

voir ta gueule.

Et plus on lui dit ça, plus elle grossit sa gueule.

Il peut plus rien faire.

Elle prend toute la place.

Ça lui fait une vie infernale.

Il s'aperçoit qu'il pourra jamais s'en débarrasser.

Alors, il décide de la faire gonfler le plus possible.

Comme ça, au bout d'un moment, elle explose.

Il est mort ? Non.

À force de son être pris plein la figure, la gueule s'est transformée en

quelque chose.

Le professeur Flippus.

C'est qui ? C'est un bonhomme qui fait peur, mais il est très élégant. Alors

les gens l'aiment.

Ils l'aiment comme on aime les ogres des contes de crime.

Ils aiment le détester.

Et quand ils se mettent au piano, tout le monde la ferme. Ils jouent quoi ?

Parce que les gens aiment, les femmes surtout.

Parce que c'est un séducteur.

Pardon, pardon, on va dormir.

Non, non, non, continue.

Tu joues mieux en pleine nuit.

J'aurais dû demander la permission, mais bientôt je quitte Paris.

Je ne vais plus pouvoir venir ici.

Je voulais emporter un dessin de vous avec moi.

Je sais qu'il y a beaucoup de modèles ici, mais moi j'attends toujours la

fouse, ce sera vous.

Est-ce que vous voulez poser pour moi ? Un jour je serai peut-être un grand

peintre.

Et vous m'autorisez à me rhabiller pendant votre travail, monsieur le grand

peintre ? Pas trop.

Dis donc.

C'est pas pour les vêtements.

Si vous gestiquez trop, je n'y arrive pas.

Je reste un peu comme ça, alors.

Non. Quoi ? C'est le soutien-corps.

Je ne sais pas le dessiner.

Peut-être on pourrait l'enlever.

Je peux pas vous dire là où je vais avec ma famille.

Quand la guerre sera finie, je reviendrai vous chercher.

Je serais trop vieille. Non, non, vous me plairez encore.

Pas sûr.

En tout cas, je séduirais des femmes qui me ressemblent.

Oh, jolie petite fille.

Je suis un gars.

Oh, pardonne-moi, mon petit chou.

En tout cas, t'as une jolie maman.

C'est pas ma mère, c'est mon modèle.

Je suis peintre.

Ben quoi, c'est frêle.

Madame Fréhel ? Si j'ai fait des gaffes, je vous offre un sirop

pour me faire pardonner. C'est normal.

Qu'est-ce que t'en penses, du con ? Lui, c'est

mon modèle aussi.

Mon petit modèle.

Patron ! Allez, sors ta limonade.

Moi aussi, j'ai eu un fils, tu sais.

Avec mon métier, j'ai pas pu m'en occuper, alors je l'ai mis en nourrice

chez des misérables qui l'ont laissé mourir de faim.

Oh, toi, mon petit gars, faudra pas mourir de faim.

Madame, une de vos chansons, je la sens en entier.

En entier ? C'est formidable.

Allez, chante un peu.

Celle-là, j'en vois plus.

Là.

Ah non.

Pas celle-là ?

Oh, tous les enfants, ils chantent un java bleu.

Après, moi, ma chanson, madame, c'est la coco.

Oh, mais c'est pas de ton âge. Ben oui, mais je la sais. On n'a pas d'âge pour

pas être un cave, madame.

L'orchestre jouait un brillant tango.

Dans ses bras, il tenait...

Oui, j'ai fait grise, j'ai fait une bêtise, j'ai tué mon gigolo.

Prends les copines comme une coquine, dans le cœur j'ai mis mon

couteau.

Je vais bien t'entendre avec elle, tu vas voir, elle est gentille.

Qu'est-ce que je peux te dire encore ? Il y a une chorale, c'est le mercredi

soir, tous les mercredis soirs, c'est l'abbé Baratier qui s'en occupe.

Il est très, très gentil. Là, t'es à la campagne, tu te prends au calme.

Hé,

Lucien !

Tu peux me rajouter des poils sur les miennes ? J'en ai déjà mis plein.

Mais non, pas sur la face, sur les bras.

J'aime bien les poils sur les bras.

Vous êtes vraiment des péquenots.

Toi, toi aussi.

C'est pas mal, tu dessines bien.

Tu pourrais me faire le dessin de Paulette Dubos dévêtue ?

Les Allemands vont fouiller cette école demain.

Si toi, avec ta gueule, t'es foutu, alors prends cette hache et sauve-toi

dans les bois.

Si tu croises quelqu'un, tu dis que tu es le fils du bûcheron et que tu

ramasses tes bronches.

Tiens.

Viens, toi. Il faut se cacher.

On va se faire une cabane dans la forêt, comme dans le dernier des Mohicans.

Pas de feu de camp.

Rien qui puisse mettre l'ennemi sur nos traces.

C'est parti de ce run à bouffer.

On t'a pris du saucisson.

Vas-y, fais-le.

T'as bien fait de te cacher.

Parce qu'ils ont tout fouillé pour dénicher des juifs.

Pourquoi tu dis ça ? Ça me concerne pas.

Bah pourquoi tu te caches alors ? Parce que j'ai rendez-vous.

D'ailleurs, Thierry, elle va venir.

Elle ? Bah oui.

Moi, quand j'ai rendez-vous, c'est avec des gonzesses.

Comment vous croyez que j'ai appris à dessiner les poils de chatte ?

Lucien,

j'ai froid, je t'ai trop attendu.

Pardon, je vous ai fait attendre.

Aujourd'hui, je suis contraint de vous faire poser en pleine nature.

Tu ne m'as pas beaucoup écrit.

Non, mais je vous dessine tous les jours.

Vous pouvez retirer vos vêtements, s'il vous plaît ? Je suis déjà toute nue.

J'ai un peu froid ici.

Je peux me blottir contre vous, Lucien ? Si vous y tenez.

Lucien, je suis bien.

Est-ce que vous voulez m'épouser ? Qu'est-ce qu'ils vont, mon petit ?

Lucien, embrassez-moi sur la bouche, avec la langue.

Ah bon ? Si vous insistez.

Après, il faudra poser.

Je veux pas vous payer à rien foutre.

Oui.

Mais dites-moi des poèmes, ça me rend amoureuse.

Tes yeux, rien ne se révèle, de doux ni d'amers.

Sont deux bijoux froids où se mêle l'or avec le fer.

À te voir marcher en cadence, belle huile d'abandon.

On dirait un serpent qui danse au bout d'un bâton.

Sous le fardeau de ta paresse, ta tête d'enfant.

Se balance avec la mollesse d'un jeune éléphant.

Et ton corps se penche et s'allonge comme un fin vaisseau Qui roule bord sur

bord et plonge ses verres dans l'eau Comme un flot grossi par la fonte

des glaciers grondants Quand l'eau de ta bouche remonte au bord de

tes dents Je crois boire un vin de bohème amer et vainqueur

Un ciel liquide qui parsème d'étoiles de mon cœur.

Eh ben, Baudelaire de bon matin.

J'arrive trop tôt ? C'est au petit matin que la lumière est la plus belle.

Déshabillez-vous.

Pour quoi faire ? Je ne suis pas un modèle.

Ah, pardon, dans ce cas, non.

Je garde un peu mes vêtements pour le moment.

Voilà, bien entendu. Je vais vous aider à vous installer.

C'est une bonne place. La lumière vient de la gauche si vous êtes

droitière. Permettez. C'est parfait.

Vous êtes toujours aussi matinale ? J'ai pas dormi, je fais du piano.

Moi aussi.

Et vous jouez quoi ? Bach.

Ah oui, moi non.

Moi je fais dans le piano-bar.

J'ai aucune ambition dans ce domaine.

C'est uniquement pour payer mes toiles.

Dans quel établissement ? Je vais venir vous écouter.

Non, ça c'est hors de question ma petite.

Vous ne pouvez pas m'attarder à l'entrée.

Et si je ne vous dis pas où ça se trouve ? Dans ce cas-là, c'est encore plus

amusant.

Je vous suivrai.

Et si je vous l'interdis ? Alors c'est encore mieux.

Je vous suivrai en cachette.

Je suis pas un jukebox, foutez de ma gueule.

Parce que t'as les yeux bleus, que tes cheveux s'amusent à défier le soleil par

leur éclat de feu.

Parce que tu as 20 ans.

Que tu crois qu'à la vie, comme un fruit vermeil, que l'on cueille en riant.

C'est joli, c'est beau.

C'est nouveau.

Vous avez vu la détoile de maître ? Il reste très départé.

Oui.

Ses propres toiles, il les met au mur.

Parfois, il passe des soirées entières à éplucher les journaux pour voir si son

nom est écrit dedans.

S'il n'a pas marqué au moins une fois Salvador Dali, il est en colère.

Moi aussi, je fais pareil. Mais moi, mon nom n'apparaît jamais.

C'est une tragédie.

Absolument.

J'arrive pas trop à vous dessiner.

Je suis facile à faire, pourtant.

Mais... J'ai envie de vous embrasser.

Comment voulez-vous que je me concentre ? Comment faisait Klimt, à votre avis

? Il passait son temps à dessiner des filles irrésistibles.

Il se fourrait les doigts dans diverses extrémités, mais son dessin était net,

précis.

Je sais pas.

Moi, rien que de vous dessiner habillé, je suis toute émue.

Lucien.

Oui ? Je me disais que... Klimt,

il devait d'abord les baiser, et ensuite, il dessinait, non ?

Moi, je finirai plus tard.

Pas sur le lit de Dali, je n'oserais pas.

Elisabeth, tu dors pas.

Compte les animaux.

Imagine-toi un gros panda qui traverse un rideau de bambous en grignotant des

branches. Et il disparaît.

Maintenant, pense à un deuxième panda qui se promène dans les bambous.

Il te regarde.

Et il disparaît encore.

Pense à un troisième panda. Ça m'angoisse, tous ces pandas qui me

regardent.

Ça parle nuit et jour dans ma tête.

Si je mets pas quelque chose sur une feuille de papier ou dans une toile, ça

parle encore plus.

Je sais pas où vider le trou plein.

Et c'est pas moi qui parle, c'est une autre voix.

Ah bah oui, oui.

T'es possédée, oui.

Certaines bonnes sœurs ont ça.

Un diable en elles.

Non, dis donc, tu charries, ouais.

Mais diable, ça veut dire double.

C'est quelqu'un qui causait.

Tous les grands auteurs en monde.

Oui, mais comment je fais pour dormir ? Tu m'obéis.

T'arrêtes la peinture et toutes ces conneries. Je vais te faire gagner une

fortune, mon petit gars.

Mais moi j'adore la peinture.

Qu'est-ce que tu racontes, Elisabeth ? Ah ! Ne te fatigue pas.

Elle dormait depuis le début.

Qui êtes-vous ? Qu'est-ce que vous foutez là ? Hé ! Tu peux me dire tu.

Je suis ta gueule.

Tu reconnais pas ta sale gueule ? T'as grandi.

Des devenures dégueulasses.

Qu'est-ce que tu veux de moi ? J'ai des trucs à te proposer.

Tu parles à qui ? À ma gueule. T'occupe.

Vous connaissez le folklore yiddish ?

Un peu un désert russe, surtout, et du jazz.

Je vous recommande de faire preuve de tact, d'éviter l'épitrorie.

Il s'agit d'enfants fragiles.

Ils sont malades, ça. On n'avait pas prévenu.

Nous recueillons les gamins dont aucun parent n'est revenu des camps allemands.

C'est difficile de décrire ces enfants.

Parfois, ils sont comme pétrifiés.

Non, c'est pas pour moi. Désolé.

Vous ne voulez pas essayer de passer un moment avec eux, juste aujourd'hui, pour

me dépanner ?

Allez !

Allez ! Allez ! Bonjour, je

m'appelle Lucien, prenez vos instruments.

A voir ce que vous avez appris.

Allez, lance-toi.

Je sais pas, dès qu'il faut improviser, je suis perdu.

Autant te faire du piano chez ton père, alors.

Pourtant, j'ai révisé les accords de Django que tu m'avais écrits, je les

connais. Django, il sait pas écrire.

Tu crois que c'est ça qui arrange ? Au moins, lui, il regarde sa guitare.

Allez, tu regardes ta guitare et tu te racontes une histoire.

Je vais avec des paroles.

Vraiment, juste des notes.

Ah oui, en mineur.

Sango, c'est pas le nom des accords, c'est le nom des notes.

Mais il sait faire de la musique.

On se voit la semaine prochaine ?

Au sujet de la guitare... Vas-y ! Tu travailles nuit et jour, et dans

une semaine, tu lui montres ! T'es prêt à quoi pour jouer comme Django Reinhardt

? Django, il joue avec deux doigts ! Le reste, il n'en a

pas besoin.

Le reste, il peut le sacrifier.

Du regard ! avec juste deux doigts.

C'est comme ça.

Il faut sacrifier des choses.

Je t'ai dit de laisser tomber tes peintures et tout est... Enfin...

Regarde ce que ça devient.

T'as vu ta femme ?

Elle me plaît ? Euh, non.

Elle te plaisait avant.

C'était vraiment une rendure.

C'est un ruban, c'est une hippopotame Avec un dé comme

dans Marshmallow Mais si j'en passe pour cet hippopotame C

'est qu'avec elle j'ai des prix de gros Ah, quel suspense sur

mon hippopotame

Avec un dégâme dans vasimolo Les ressorts grincent sous l

'hippodame Mais au-dessus, je me sens bien dans sa peau

Les cartes que j'ai prises, ça me laisse froid Du vrai, y'a qu'Antoine qui a

droit Mon sentiment est si profond Y'a que lui seul qui a pu arriver

au fond Antoine, le casseur

Avec moi, il est pas méchant, je suis sa pépé, je suis sa dame à

Antoine, c'est mon pote à moi.

Une création de Lucien Guendure !

Alors mon petit gars, c'est la loi ?

Non, je vais me remettre vite fait à la peinture.

Oh, arrête tes conneries.

Oh, blabourise bien.

Pas de la chance, il est venu spécialement pour t'écouter.

J'ai juste entendu la dernière chanson.

C'est bien, quand on est comme ça, mon vieux.

La jambe de bois, Friedland.

Il était une fois une jambe de bois qui cherchait un amateur.

Elle se dit, ma foi, si personne ne veut de moi, me fous une balle en plein cœur.

Arrivée sur le champ de bataille, au plus fort de la mitraille, elle croisa

un boulet de canon qui sifflait à plein poumon.

Elle lui dit, mon pote, ta petite gueule me botte, toi qui vas tuer les Cossacks.

Sois donc un amour, fais pour moi un petit détour avant de partir en attaque.

Mais voilà le hic, j'aime pas les moujics, si tu veux m'arranger, tourne

plutôt que cazac, passe du côté des cazacs, vise-moi cet officier français.

C'est mauvais ! Oh, taisez-vous ! Mais c'est pas vrai qu'il faut... Tu peux me

croire sur parole, que si la gangrène s'y met pas, je serai sa jambe de bois.

Formidable ! Mais, euh... Vous trouvez pas que je manque un

peu de...

De quoi ? De présence sur scène.

Ah oui, oui, on sent que ça vous fait chier.

J'héberge les frères Jacques en ce moment.

Oh, je les adore.

Regardez.

Ils sont tous là.

Cracheux.

C'est un plaid.

Dormeur. Dormeur.

Je

bois

systématiquement pour oublier

Les amis de ma femme Je bois systématiquement

Pour oublier tous mes emmerdements

Je bois à trop forte dose

Je vois des éléphants roses Des araignées sur le

plastron

Je bois dès que j'ai des loisirs Pour être

saoul, pour ne plus voir ma gueule Je bois sans

y prendre plaisir Pour pas me dire qu'il faudrait en finir

L'amour, je bois, me dit plus grand chose, toujours, je bois,

ces éléphants roses, ces araignées sur le plastron, systématiquement,

ces chauves souris au plafond, tous mes emmerdements, je bois, je

bois, je bois,

je bois.

Qu'est-ce que c'est ? Monsieur prendra des tartines.

Mais quelle heure est-il ? Nous sommes tous pour sa l'heure, monsieur.

Petit réveil complet pour le pianiste.

Incroyable, hein ? Nous sommes des sportifs complets qui mettons nos

visages au service de la chanson.

Ah oui, mais vous croyez que vous faites ça que sur scène, les chorégraphies ?

Vous voulez rire ? Ce métier exige une sincérité totale, mon garçon. Et vous la

prendrez. Non, mais moi, ma petite amie va m'engueuler. Vous ne devrez jamais me

croire que les frères Jacques m'ont beurré mes tartines.

L'important, c'est que le public y croit, mon garçon. Non, non, vous ne la

connaissez pas. C'est une vraie tigrette. Bon, je vais y aller. Merci

pour le numéro.

Ne partez pas.

Monsieur n'a pas payé.

C'est de la grivelerie. Non, je suis fauché. Ça ne fait rien.

Chantez-nous donc quelque chose.

Je suis le poing solaire dans des nid dents Le gars qu'on croise et qu'on ne

regarde pas Il n'y a pas de soleil sous la terre, drôle de croisière Pour tuer l

'ennui, j'ai dans ma veste les extraits du Reader Digest Et ensuite... Ensuite,

il faut que je parte, ma petite amie va crier.

Bon, ben, foutez le camp ! Mais laissez-nous votre chanson ! Monsieur...

Monsieur comment ? Euh, Lucien.

Lucien Gainsbourg.

Ah non, non, non, non, non ! Lucien, ça fait garçon coiffeur. Il vous faudra

changer de nom.

Je partirai sur la grande route, goutte de goutte, et si pour moi il n'est plus

le temps, je partirai pieds devant.

Je fais du tout, des petits trous, encore des petits trous, des petits

trous, des petits trous, toujours des petits trous. Y'a quoi de dire dingue,

de quoi prendre la flingue, c'est faire un tout, un petit trou, un dernier petit

trou.

Un petit trou, un petit trou, un dernier petit trou, et on mettra dans un grand

trou, et j'en prendrai plus par les trous, plus jamais de trous, de petits

trous, de petits trous, de petits trous.

C'est vous, le tard ? Absolument.

Ça tombe bien, parce que je suis chanteuse.

Serge, on y va ? Oui.

Si vous voulez que je vous écrive une chanson, écrivez chez mes parents, Henri

Chaptal, Paris 9.

Le sien, je t'ai toujours dit que la chanson, c'est de la merde.

Oui, papa.

Mais quand même, je suis fier.

Dis, j'ai encore plein de lettres pour toi ici.

Donne ça, ne me regarde pas, mais elles sont écrites avec des fioritures sur les

enveloppes. Je veux dire qu'à mon humble avis, c'est pas du courrier

administratif.

Si ta petite amie la prend, elle m'en voudra encore plus qu'à toi.

Elle te déteste déjà.

Et ta mère ? Qu'est-ce que je lui dis ? S'il s'aperçoit que notre boîte à

lettres, c'est le courrier du cœur.

Mais maman, elle rêve que d'une chose, c'est que je la plaque.

Peut-être.

Mais quitter une femme ou la tromper, c'est pas pareil.

Papa.

Tu peux me faire lire ? Toutes celles-ci, tu peux les

ouvrir. Et celle-là, je l'ouvrirai plus tard. Ça, tu peux aussi. Sur quoi ?

Tu fais des secrets à ton papa. Papa, il n'y a pas de secret.

C'est pour le travail, c'est tout. Alors, si c'est du travail, pourquoi tu

caches ? N'insiste pas.

C'est dans la nature humaine d'insister.

L'Éternel, notre Dieu, avait donné à Adam et Ève tout le jardin d'Éden.

Et un seul arbre leur était prohibé. Figure-toi que c'est justement cet arbre

-là qui les intéressait. Oui, papa, je sais. Mais là, l'Éternel te dit, fiche

-moi la paix.

C'est maman.

Cache-toi.

Mais vous êtes vraiment la famille des idiots.

Lucien est là et personne ne m'a prévenu.

J'arrive, maman.

Tu restes manger avec nous ? Non.

Tu veux que je te prépare un bocal de boche ? Non, merci.

Maman, tes bouteilles, tu sais, elles sont... Elles ferment mal, après, je m

'en fiche partout.

Tiens.

De toute façon, je sais pas pourquoi je vous donne tout ce mal.

La femme avec qui il est, elle va mettre tout dans la poubelle. Mais comment tu

peux dire ça ? Je les connais pas, toi.

Lucien, c'est qui la fille qui t'a crié ? Tu crois que je vais te le dire ? C

'est une chanteuse ? On dirait rien.

Elle est célèbre ? On ne saurait rien.

C'est Juliette Gréco ? C'est qui, Juliette Gréco ?

Je veux pas que t'ailles chez elle.

Je sais que tu veux pas, mais tu exagères.

Tu connais beaucoup de femmes, toi, qui conduiraient leur homme chez Gréco en

pleine nuit.

Tout ça parce que t'as pas ton permis.

La prochaine fois, on prendra un taxi.

Mais t'attends quoi pour rentrer ? Fous-moi la paix, toi.

Je reprends mon souffle.

Tu parles. Allez, mais... Tu t'en vas ! Tiens, allez ! Et là,

quoi ? Je te le dis comment, là ? Arrête. Je suis dans ton camp, moi.

Si tu veux séduire Gréco, laisse-toi faire.

J'ai un vent de mes chansons, et pas séduire Gréco.

Tu crois qu'elle t'aurait donné rendez-vous en pleine nuit si c'était

juste pour chanter ? T'arrêtes de me toucher.

Monsieur Gainsbourg, ma maîtresse m'a donné des instructions.

Vous devez vous installer dans le salon, boire ce que vous souhaitez, l'attendre.

Elle a dit que je pouvais prendre ma soirée.

Vous faites le ménage ? J'ai des gens pour ça, vous savez.

J'aime beaucoup vos chansons.

Moi, je vous aime.

Vous voyez que nous sommes d'accord sur quelque chose ?

Nous nous aimons.

Nous avons bien la chance.

Excusez-moi, je suis en dessous de tout.

Parce que t'as les yeux bleus.

Que tes cheveux s'amusent à défier le soleil. J'ai les yeux noirs.

Et si j'avais voulu entendre Aznavour, j'aurais pas fait venir Serge

Gainsbourg.

Ça s'appelle la javelaise.

J'avoue, j'en ai bavé par vous Mon amour Avant d'avoir eu vent

de vous Mon amour Ne vous déplaît

Ça me plaît.

Ça se danse comment, la javanèse ? Je danse pas très bien.

A votre avis, qu'avons-nous vu de l'amour ? De vous à moi, vous m'avez eu,

mon amour.

Ne vous déplaise.

Vous attendez quelqu'un ?

Viens me chercher.

Tu viens, Serge ?

en dansant la jeunesse.

Nous, nous aimions le temps d'une

chance.

Tu dors jamais?

Yeah.

Porte-moi dans tes bras.

Serge, tu viens ? Serge...

On retourne chez Gréco ? Chez Gréco, je me suis pris un bateau ! Emmène-moi chez

mes parents ! Elle adore tes chansons ! Mes chansons, c'est une chose ! Ma

gueule, c'est différent ! Oh, tu te trompes ! Je te dépose chez tes vieux,

et je file chez Gréco ! Sans moi !

C'est l'homme dans l'âme, l'idéal.

Ça, c'est de la musique, tu vois.

Super.

Tu vas en vendre trois exemplaires, deux pour tes parents et un pour toi.

Tu devrais écrire pour Johnny Hallyday.

Plutôt crever, oui.

Alors, pour Sheila ? Fous-moi la paix.

Crie pas pour des auditrices prépubères.

Pourquoi relis-tu Lolita tous les soirs, dans ce cas ? Ça, c'est différent.

Pervertir la jeunesse, je veux bien.

Faisons ça.

Non, mais toi, tu veux leur donner ce qu'ils demandent.

Ah, fais semblant.

Fabrique des pommes empoisonnées.

Ah, peut-être.

Prendre une petite de 20 ans, faire un objet de scandale et d'envie.

France Gall ? Euh, non.

J'ai déjà pris rendez-vous avec son père.

Alors, monsieur Gainsbourg, vous voulez voir les yéyés ? Il faut prendre l

'argent où il est. Alors, alors, ne soyez pas cyniques. On peut être grand

public et exigeant.

Take the money and run.

Il y a un mystère, voyez-vous, dans les goûts des enfants.

On croit qu'ils aiment tout, mais... Ils aiment ce qu'on leur donne.

Pas toujours.

Vous filmez ? Non.

Même quand on ne va pas le retourner ?

Vous savez, c'est triste, mais j'obéis toujours à mon papa.

Mes chansons vous ont plu ? Je crois que mon père les aime beaucoup.

C'est pas une réponse.

Si.

Mon père a très bon goût.

Tout le monde aime les chansons qu'il choisit pour moi.

Vous voudriez pas le faire chier un peu, votre père, parfois ? Pourquoi ? Moi,

quand j'étais au Beaux-Arts, j'avais un professeur qui me disait que si vos

parents aiment votre travail, c'est que c'est de la merde.

Vous voulez que je vous écrive une chanson cochonne ? Voilà.

Vous voyez, ça vous fait marrer.

Mais mes chansons, c'est du travail.

C'est pas pour rigoler.

Si mon père me voit m'amuser trop... On fait ça en cachette.

Imaginez, c'est l'histoire d'une jeune femme qui aime les sucettes.

Et alors ? Elle suce des friandises pour de l'argent qu'il donne des messieurs.

C'est pour les gamines, votre truc ?

Mon petit, viens nous chanter.

Seul et abandonné, tu finiras par te

marier, peut-être même contre ton gré.

À la nuit de tes noces, il sera trop tard pour

le regretter. Chante dans ce pays.

Nous allons faire un tabac.

Vous verrez, monsieur Gainsbourg.

Grâce à ma fille, vous allez faire fortune.

Sous-titrage Société Radio-Canada

Vous faites quoi dans votre piôle, là ? Je veux m'en parler.

C'est une résidence d'artistes ici.

C'est pas un lupinard.

Vous empêchez tout le monde de dormir.

Vous empêchez tout le monde de jouer.

Mais je travaille, vous.

Plaisantez. On entend plus de gémissements que de musique chez vous.

Oui, parce que vous écoutez aux portes.

Écoutez, je suis loué à cette chambre pour avoir du calme.

Mais que voulez-vous ? La vie est un arc contraire au destiné.

Hein ?

c'est

Je complais mon chien, monsieur.

Mon prince.

Vous avez lu l'histoire de Jesse James ? Comment il vécu ? Comment il

est mort ? Ça vous a plu ? Vous en demandez encore ?

Eh bien, écoutez l'histoire de... Polly Clark.

Ça va pas ? Si, mais on va essayer l'inverse. Moi, je commence les phrases

et toi, tu les finis, d'accord ? Alors voilà,

Clyde a une petite amie.

Elle est belle et son prénom, c'est... Bonnie.

À eux deux, ils forment le gang.

Barrow.

Leur nom ? Bonnie Parker et James Barrow. Non, Clyde, pas James. Oh !

Bonnie Parker et Clyde Barlow.

Moi, je chante pas bien.

Mais si.

Mais non.

Les chansons des autres, j'y parviens.

Mais toi, tu m'intimides.

Oh, c'est bien fait, ça.

Dis donc.

Première fois que je t'ai vu, moi, tu sais, j'étais mort de trouille. Tu

plaisantes. Tu m'as dragué tout de suite.

Non, non, je parle pas de cette année. Je parle d'hier.

Ça fait quoi, dix ans ? J'étais pianiste dans un film. Toi, t'étais déjà...

grande vedette.

Je suis sûr que tu t'en souviens pas.

Si.

Le film, c'était « Voulez-vous danser avec moi ? » Oui,

tu vois, je m'en souviens.

Tu me faisais déjà peur.

Moi, alors, je te fais peur ou je t'intimide ? Je sais pas.

On savait qu'on pouvait te blesser facilement.

C'est ça qui fait peur ? Oui.

Puis on n'a pas envie de te décevoir ou de te faire du mal.

Puis j'arrive pas à chanter devant toi.

Moi non plus.

J'entends ma voix et j'aime pas ma voix.

Bah non, annulez, je suis occupée.

Brigitte, tu reviendras vite ? Mais oui.

Allô ?

Mais non, mais dites que je peux pas. Pas aujourd'hui.

Oh, c'est assommant.

J'aurais pas dû donner ton numéro au gars du boulot.

Pousse-toi.

Allô ? Oui, Serge est ici.

Ah ah, je vous laisse deviner.

Ah oui, je l'aime beaucoup.

Vous voulez me la passer pour que je lui confirme ? Non ? Bon.

Vous voulez parler à Serge ? Mais je vous le passe.

C'est ton père.

Je veux te parler.

Allô, papa ? Ta mère, elle ne croit pas que tu fréquentes Brigitte Bardot ? Oui,

mais... Arrête, arrête.

Moi aussi, papa... Mais pourquoi tu ne la présentes pas ? Tu as honte de tes

parents ? Quotelette ! Papa, ils sont... Ils sont... Ça

rigolait fort derrière.

Brigitte Bardot. Brigitte Bardot... Brigitte Bardot...

Brigitte Bardot... Brigitte Bardot... Brigitte Bardot... Brigitte Bardot...

Brigitte Bardot... Brigitte Bardot... Brigitte Bardot... Brigitte Bardot...

Brigitte Bardot... Brigitte Bardot... Brigitte Bardot... Brigitte Bardot...

Brigitte Bardot... Brigitte Bardot...

Brigitte

Bardot...

Plus fort.

Je vais pas t'empêcher de dormir.

Mais je m'en fiche de dormir.

Est-ce qu'il y a des croissants ? Non, mais j'ai trois chansons.

J'en ai une sur les motocyclettes.

J'aime pas les motos.

Dommage, les cuissardes, ça te va bien.

Dans ce cas.

Et la chanson d'amour ? Je sais pas.

T'as aimé Barbarina ? J'ai un...

Le personnage de bande dessinée.

C'est comme ça que tu me vois.

Sous-titres par Jérémy Diaz

Bienveuille-moi par-dessus les buildings Ça fait wind quand on s'envole et pique

-vigne Après quoi je fais une petite et sans faiblesse

N'aie pas peur bébé,

agrippe-toi. Je suis là pour te protéger.

Et la dernière chanson.

Dis que tu es à moi.

Je suis bien avec toi.

C'est la première chanson d'amour que j'écris.

T'écoutes ? Oui.

Faudrait l'enregistrer dans le plus grand secret.

Elle est un peu dicte.

Mais pourquoi chez nous?

Pourquoi chez nous?

Lucien écrit une chanson pour Béjibardo, le mari de Béjibardo est en colère. Il a

interdit de la chanter.

Mais qu'est-ce qu'il avait besoin d'aller avec une femme mariée ?

Bonjour, monsieur.

Bonjour, madame. Bonjour.

Excusez-moi de vous avoir dérangé. Oh non, non.

Ça va pas bien ? Vous voulez un verre d'eau ? Oui.

Merci, mais je dois partir.

Non. Manger ? Oui.

Non, merci.

Elle était jolie, cette chanson.

Personne n'avait jamais fait ce genre de déclaration d'amour.

Oui.

Siens, qu'est-ce que tu en penses ? À quel sujet ? La maison.

Je la prends.

Tu vas y vivre seul ? Mais je suis pas seul.

J'ai plein de copains. Mais Ruth Fernand, c'est là que vivait Julie et

Greco, n'est-ce pas ? Oui, c'est très bien.

Mais tu ne vas pas passer le réveillon ici, au milieu du carton. Tu vas venir

chez nous.

Non, papa, j'ai prévu une grande fête ici, avec plein d'amis.

Si t'as des amis, c'est bien.

Je m'en fous de cette fille.

Tu m'avais promis Marisa Berenson.

Tu me laisses dans les potes d'elle.

Mais comment ? Elle est formidable.

Elle a un charme fou.

Tu sais, quand on sort d'une histoire d'amour avec Bardot, tu crois qu'on a

les yeux pour... On le saura que tu sors de Bardot. Mais moi, je veux réussir mon

film. Alors tu retournes à cette table et tu te comportes.

Si c'est pour le film, je vais bien lui accorder une attention

polie.

Je savais pas qu'il était fini, le dîner.

Oh, je crois, avec moi, tu te faisais chier.

C'est pas une raison pour me laisser tomber comme... Gamine, pas de diot et

malpoli. C'est ça que tu vois en moi, monsieur.

Non, pas du tout, je... Je sais que tu peux pas faire un film avec moi. Je sais

si le producteur avait pas fait un piège pour qu'on soit ensemble ici.

T'aurais jamais voulu voir moi. Alors laisse, tu vas dormir, c'est fini.

Ça, c'est joli, ça.

Tout à l'heure, tu as dit, j'ai des jambes de petite fille, une robe de

bébé, et maintenant, tu trouves que c'est bien. Non.

Ce qui est joli, c'est quand tu pleures.

Parce que t'as l'air perdue.

Quand tu me regardes, tu parles à quelqu'un d'autre.

Oui, j'ai un mari qui était un con aussi, comme toi. Moi aussi, j'ai des

maris qui étaient cons.

T'as des jolies jambes.

T'as un robe jolie. C'est courageux de... de porter ça quand

il fait froid.

Tu veux juste que j'arrête de pleurer pour ne plus être vraiment là.

Je te sauverai la vie.

Ils ont toujours croisé l'allemand.

Berceau était si près de mon cercueil que... Arrête les grandes fraises, tu

sais.

Je suis un grand animal blessé, gamine. J'essaie pas de t'emballer.

Tu dois parler plus doucement, sinon je ne comprends rien.

Je dis que j'essaie de...

Pas vouloir t'embrasser.

C'est dommage.

Parce que moi, j'en ai beaucoup envie.

Hé, Sergio, je peux voir ?

Non,

j'y arrive pas.

Laisse-moi regarder, je suis sûre que c'est très beau. Non, je n'y arrive pas,

je vais me jeter à l'eau.

Sergio ! Comme l'Ophélia de ton compatriote, je ne vais te nier !

Tu es beau, tu es beau.

Je suis tellement heureuse.

C'est une tragédie, je ne sais plus dessiner.

Monsieur, s'il vous plaît, si vous pouviez vous arrêter de jouer avec une

arme à feu quand on roule sur le sable, il est chargé, j'imagine.

Évidemment. Vous avez l'intention de faire usage en ma présence ? Tout est

possible. Ma fiancée tourne avec Alain Delon, s'il la touche, je les abats tous

les deux et après je me bute. J'ai raison.

Certainement, monsieur.

Oui.

Qu'est-ce qui se passe ? C'est la lune conne, monsieur.

Elle est ensablée, monsieur.

Vous pourrez faire quelque chose à une herbe.

Eh, Continental ou Blue Lincoln, c'est le même que Delon. Mais c'est bien que t

'aies une grande voiture.

Comme ça, on peut mettre les affaires de Kate.

Tu tournes pas ? On va pouvoir faire de la voiture sur la taille. Enfin, je veux

dire, marcher. Bah oui, je tourne, bien sûr.

Mais y a personne pour s'occuper de Kate.

Ça, je suis prête à garder. Quoi ? Ah non, mais reste avec moi. Je n'ai pas le

temps, c'est important.

Y a Alain Delon.

Tu sais, je venais là quand j'étais petit.

Tu sais, je trouve, ça ne va pas.

Mais si.

T'as une fragilité superbe.

Ah non.

Je pensais pas sur la chanson.

Je regardais tes habits.

Je trouve, c'est pas bien.

Ouais, mais non.

Peut-être que tu pourrais faire un peu plus négligé.

Ouvrir ton chemise, avoir tes cheveux un peu plus longs.

Peut-être que tu pourrais laisser pousser un peu ton bar.

Tu es vexé ? Je crois que c'est une petite rosebiche comme toi qui va m

'apprendre l'élégance.

Reprends la chanson.

Qu'est-ce que c'est que ça ? Je te présente un nouvel nana ! C'est ma

surprise pour toi !

Je peux savoir ce que tu branles.

Pardon ? Je pensais que tu voulais être un Pygmalion.

Prendre une gamine et la façonner.

Et là, tu fais tout le contraire. Oh, ton anglaise te dit, habille-toi comme

ci, coiffe-toi comme ça.

Et toi, tu obéis comme un toutou.

Un toutou qui choisit son maître.

Il disparaît, j'ai plus besoin de toi.

Allez, oust.

Tu me vires.

Tu vas pas bien.

Si, justement.

Et ne reviens jamais.

Qu'est-ce que tu dis ? J'aime bien ma nouvelle gueule.

Là, tu me vois ?

Serge, alors, quelle nouvelle de l'ombre est-ce que toujours ? Asseyez-vous.

Écoutez-moi ça.

Mon amour.

Comme la vague qui résonne.

Je vais, je fais et je viens.

Entre tes reins.

Je vais et je viens.

Entre tes reins.

Mais je me retiens.

Je t'aime.

Je t'aime.

Oui, je t'aime.

Si on sort ça, on va aller en taule, tous les deux.

Moi comme éditeur et vous comme auteur.

Moi, je veux bien risquer la prison, mais pas sur un seul titre.

Alors voilà ce que vous allez faire, mon vieux.

Vous allez reprendre votre parapluie, vous allez retourner à Londres et vous

allez me faire dix autres titres dans la même veine. Mais d'abord, il faut sortir

cette chanson.

Bon, mais ça va faire un sacré scandale.

Peut-être, oui.

Ça va quand même faire un sacré scandale.

Je t'aime.

Je t'aime.

Oui, je t'aime.

Je voudrais passer aux choses sérieuses.

Tu veux commencer ton grand disque ? La chose symphonique que tu disais ?

Je voudrais épouser une Britannique.

Elle est jolie ? Oui, pas mal.

Elle me ressemble ? Non, pas du tout.

Je vais, je vais et je viens

entre tes oreilles.

Je vais et je viens entre tes...

Et je me retiens.

Melody.

Melody Nelson.

Heureusement que vous avez eu la force d'appeler.

J'ai un hôpital où vous êtes suivi.

On est bon dans l'hôpital.

Qu'est-ce que c'est que cette couverture dégueulasse ? J'ai un plaidère, mais c

'est sûrement pas d'un qu'à aller chercher.

On va vous mettre sur le brancard.

Non, je ne veux pas m'allonger là-dedans.

Si je sors allongé de chez moi, je ne reviendrai pas vivre.

Écoutez, vous êtes sous ma responsabilité.

J'aimerais autant que vous arriviez intact à l'hôpital.

Allez. Oui, mais je veux sortir de chez moi en marchant.

C'est moi qui paye, mais en servante.

Sans vous dire non.

On vous précède.

Des escaliers, des couloirs sans fin, se succèdent

décorés de bronze, de roc, d'anges

dorés, d'aphrodites... Non ! T'es un con !

Ils

ont

dit que c'est bénin.

Tu ne dois plus fumer, tu ne dois plus faire le con.

Tu as prévenu les journaux ? C'est à quoi d'être malade si personne ne peut

me plaindre ? Passe-moi le téléphone.

François, s'il te plaît.

Allô ? J'ai un scoop, Serge Gainsbourg a eu un infarctus.

Il a failli crever.

Maintenant, il va mieux. Il travaille un album qui ne va pas être dégueu.

Ça va mieux ?

Tu veux me chercher des cigarettes ? Non.

Alors toi, j'avais dit que je ne voulais plus voir ta gueule.

Voilà de quoi a fumé le calumet de la paix.

Il faut vite se tirer d'ici.

Allez, faites des valises aussi. Pas question.

Demain, on me prend en photo sur mon lit de douleur.

Pourquoi tu ne l'as pas dit plus tôt ? Moi non plus, je ne veux pas rater ça.

Le martyr de Saint-Sébastien.

Flash photographique en guise de flèche.

Monsieur Gainsbourg, ce n'est pas passé loin. Comment comptez-vous remonter la

pente ? Compte augmenter ma...

Consommation d'alcool et de cigarettes.

Monseigneur l'astre solaire Comme je ne l'admire pas beaucoup M

'enlève son feu, oui mais de son feu moi je m'en fous J'ai rendez-vous avec vous

La lumière que je préfère, c'est celle de vos yeux jaloux.

Tout le restant m'indiffère,

j'ai rendez-vous avec vous.

Monsieur mon propriétaire, comme je lui dévaste tout.

Une chasse de son toit, oui mais de son toit moi je m'en fous, j'ai rendez-vous

avec vous.

J'ai rendez-vous avec vous.

J'ai rendez-vous

avec vous.

Oh Serge, on est à la bourre.

Tu chialeras sur scène.

Je veux te faire écraser, c'est ça que tu veux ? J'attends mon taxi, merde !

Salut. Qu'est-ce que vous foutez par terre ?

J'ai un concert en 30 minutes à Mogadara.

Je ne sais pas comment y aller, j'ai vendu mal à Waltz.

Regardez, il ne me reste plus que le bouchon du radiateur.

On va danser. On va danser. On va

danser. On va danser.

On va danser.

On va danser.

On va danser.

On va danser.

avec des fixations.

Lucien, même les filles n'ont pas pleuré autant que toi pour ce chien.

Tu pleures plus pour le chien que pour ton pauvre papa.

Tu vas te secouer un peu, oui ? Regarde-moi.

Tu vas te coiffer.

Tu veux que la petite Charlotte te voie comme ça quand elle va arriver ?

Tu sais, j'ai l'habitude de me voir chialer.

Je comprendrai jamais pourquoi tu t'es pas fait recoller les oreilles.

Hé, Gainsbourg, il nous ressemble, hein, le chou-fleur.

Je suis l'homme à tête de chou.

Moitié légume, moitié mec.

Sous-titrage ST' 501

Vous vous foutez de nous.

Et toi ? Vous me remettez ces objets à leur place et vous allez

dormir à la perte ! La prochaine fois que vous jouerez dans votre chambre ici,

c'est chez moi.

De toute façon, tes objets sont dégueulasses et font peur.

T'as pas peur du professeur Flippus ? Faut pas, c'est du carton.

Pourquoi il s'appelle Flippus ?

C'est pas ce qui ressemble à mon frère, alors quand j'y pense, je flippe.

Mais tu as pas de frère.

Tu sais, avant ma naissance, ma maman avait un petit garçon.

Il a pas fait long feu.

Moi, depuis toute ma vie, j'ai pensé qu'il me surveillait depuis sa tombe.

Nous aussi, il nous surveille.

À cause de lui, je n'ose pas aller faire pipi la nuit.

Ouais, et elle pisse sur la moquette.

C'est pas vrai.

C'est rien, ma cocotte.

Désolée, toi.

Petite cafetonne, là.

Qu

'est

-ce que vous fichez ?

Le professeur Flipus est malade, ou l'opère.

Il a quoi comme maladie ? C'est très grave, il est mort.

Non, il est foutu.

Pour abréger ses souffrances.

Complètement connard.

Calme-toi, ma petite coco.

Cain, Charlotte, viens.

Non. Et toi, toi, toi, tu ne m'entends plus !

Non !

Non, non, non !

Non, non,

non !

J'ai écrit des chansons, plein de chansons. J'ai fait

ça. C'est...

J'ai... J'ai fait ça.

J'ai fait ça.

J

'ai

écrit cette chanson.

Aïuda, je vais faire mousse. Yes.

Pourquoi ils font la gueule ? Ils se demandent ce que tu veux leur faire

chanter.

Des chansons sexuelles, au mieux. Peut-être pas trop leur expliquer.

Pourquoi ils baissent pas ? Ils rigolent pas avec le reggae.

Pour eux, c'est de la musique sacrée.

T'as qu'à leur dire qu'on va chanter la Marseillaise.

Je leur explique ça comment.

C'est une chanson de guerre française.

Allons enfants de la patrie, le jour de gloire est arrivé.

Contre nous de la tyrannie, les tendards sanglants.

ces féroces soldats.

Ils viennent jusque dans nos bras écorcher nos fils, nos

compagnes.

Nous

entrerons

dans la carrière.

Quand nos aînés n'y seront plus, nous y trouverons leur poussière et

la trace de leur vertu.

Ils ont été effrayés par les déploiements de forces de police.

Et par les alertes à la bombe ! A tous les hôtels de la ville !

Je suis un insoumis ! Et qui ai redonné à la Marseilleuse son sens initial

! Et je lui demanderai de la chanter avec moi ! Allons enfants

de la patrie Le jour de gloire est arrivé,

contre nous de la tyrannie, l'étendard

sanglant est levé, l'étendard sanglant est levé.

Entendez-vous dans nos campagnes, mugir ces

féroces soldats, ils viennent jusque dans nos bras.

Et quand j'ai nos fils et nos compas.

Gainsbourg a sans doute cru réaliser une affaire.

Lorsqu'il se regarde dans une glace, Serge Gainsbourg doit rêver d'une

société qui aurait son visage.

Oeil châssieux, barbe de trois jours, lippe dégoulinante.

Quand je vois apparaître Serge Gainsbourg, je me sens devenir

écologique, contre la pollution qui émane de sa personne et de son œuvre,

comme de certains tuyaux d'échappement.

L'aspect le plus délicat de cette odieuse chienlit, l'antisémitisme.

Dans ce domaine, s'il y a des propagateurs, il peut y avoir aussi,

hélas, des provocateurs.

Serge Gainsbourg provoque l'antisémitisme.

Tout ça pour en tirer profit au guichet de la SACEM.

Charlotte, sa petite Charlotte, elle vit avec sa maman.

Moi, ma maman, elle est dans les étoiles.

Elle est mon papa.

Est-ce qu'elle est fière de moi, papa ? Eh, Gainsbard ! Oh, petit pastis, c'est

pas dégueu, le petit pastis.

Jen, elle est partie parce que j'ai trop déconné.

Mademoiselle, Monsieur Gainsbourg voudrait vous offrir un verre.

J'en ai un à foutre aux yeux cons.

Alors le vieux con, il vient de voir un boudin.

Ma belle enfant, écarte-le.

Je te préviens, je suis complètement paumée.

T'as besoin d'un petit papa.

J'ai envie qu'on me sauve la vie.

La beauté diaphane et la désespérance d'une figure tragique.

Tu comprends ce que je te dis ? Tu veux me sauter ? Peut

-être.

Mais je le dis d'une manière plus poétique.

De toute façon, bourré comme t'es, tu me feras pas bien mal.

Sur le plan horizontal, personne n'a jamais eu à se plaindre de mes services.

Ce manuscrit est écrit entièrement et signé par Rouget de Lille. Nous vendons

ce manuscrit de la Marseillaise en commençant à 40 000 francs. 55 000.

100 000.

105 000.

115 000.

120 000. 125 000.

130 000.

135 000.

Personne à gauche, personne au fond, adjugé à 135 000 francs.

C'est cher payé.

J'étais prêt à mouriner.

Lucien, Lucien II, appelé à régner sur la France comme papa.

Et la Navarre aussi. Pas oublié la Navarre.

Le soleil est rare et le bonheur aussi.

L'amour c'est garoulon de la vie.

Le soleil est rare et le bonheur aussi.

Et tout bouge.

Sous-titrage Société Radio-Canada

Le soleil est rare et le bonheur aussi, mais tout

bouge au bras de Mélodie.

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