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Non, parce qu'elle ne t'inquiète pas de la neige, on l'a.
Mais si !
Sylvie, elle est montée hier, elle a été obligée de mettre les chaînes en bas, au
premier virage, tu sais, juste au rond-point, au rond-point des chamois,
là. Eh, je peux te dire qu'elle l'a fait pas toucher la Super 5, hein. Oh là là,
la honte.
Eh, ce petit sauté herbe, il est aux oignons, mon pote.
Hum ? Bah écoute, je sais pas, la bouteille, elle était planquée au frigo,
derrière les vacs si gris.
Si ? Attends, eh, je vais pas me gêner, hein.
Docteur, venez vite, on a un col à 10. Oh putain, je dois te laisser, mon
vieux. Même à Noël, ça débranle pas.
Allez, ma petite, t'abandonnes tout, hein, on pousse, hein, d'accord ? Allez,
on pousse, on pousse, on pousse
D'abord le cordon, vous me faites passer pour un temps.
Et voilà, c'est réglé.
Bravo, ma petite dame. C'est très bien, mademoiselle. C'est du beau boulot, ça.
Bon,
moi, je file à la clusa. Allez, on continue encore de pousser,
mademoiselle. Comment ça, de pousser ? Oui, de deuxième.
Ah ben ouais ! Allons-y ! Allez, on pousse ! On pousse, on pousse, on
pousse, on pousse ! Oh, il arrive plus facilement ! Oh, le joli petit !
Le petit garçon. Ben ouais, joli petit garçon. Oh là là, tenez.
Les ciseaux. Bien sûr. Hop là.
Un petit quick.
Et voilà.
Bravo, mademoiselle.
C'est la
magie de Noël.
Je te dois combien ? Bah rien, c'est gratuit, Jocelyne.
Gratuit ? Ouais, ouais, la garantie.
Tu parles de la garantie ! Je l'ai achetée en 74 ! Bah justement, c'est la
garantie des 50 ans, la 50 guarantee, à l'américaine. J'espère que tu gagnes un
peu d'argent tout de même. Bah oui, t'inquiète pas.
Voilà, c'est reparti pour 50 ans, là.
Bonne journée, ma Jocelyne.
Au fait, Antoine, mon père te dit merci pour la vaisselle. Ouais, bah qui me
paye le micro, maintenant ? Hein ? Ça va ou plus ? Ça va ou quoi ? Ça va, il
tombe bien. Moi, ça va bien.
Ok.
Aïe, je te jure.
Hé, Antoine, toi aussi, tu l'avoues ? Non, sérieusement, pourquoi tu l
'attaches ? Personne va te la péter. C'est l'ascendu du daron, c'est sacré,
respect. Ouais, mais sa place, elle est dans une brocante, je sais pas moi.
Brocante là ! C'est ta gueule que je veux brocanter, tu vas voir.
Peut-être que bouffons celui-là, je te jure.
Mais t'as vu comment tu galères, là ? Hâte de bouffer, là.
Qu'est-ce qui fatigue, lui.
Vous savez, j'aime la nature.
Et j'aime passionnément ma région.
Passionnément, c'est too much.
OK. Je sais pas, j'aime quoi, la place ? J'aime beaucoup ma région, c'est nul. Tu
dis j'aime la nature, j'aime ma région, point. Si t'appuies trop, ça fait fou.
Ok, alors... Vous savez, j'aime la nature et j'aime ma région. Et comme l
'écrivait si merveilleusement bien... Pourquoi si merveilleusement ? Je sais
pas, moi, mais bon, tu sais quoi, t'as gagné. Voilà, j'enlève tous les
adverbes. De toute façon, dès que tu mets un mot de plus de trois syllabes,
les gens, ils comprennent plus rien. Et surtout dans le coin.
Alors, je reprends.
Comme l'écrivait si bien Jean-Louis Guest de Balzac, originaire comme moi d
'ailleurs de la ville d'Angoulême, puisque nous durons si peu, il n'est pas
raisonnable que nos passions soient inventées.
T'as pas trouvé moins clair que ça ? Non. Ok. Bon allez, il faut qu'on y
aille, il y a la courbe de presse dans dix minutes.
Ah oui, dis donc. Oui.
Avec les champions ! Ah oui.
Oh putain ! Oui.
Non mais attends, le parachute de Paris...
Il se voit déjà gagner les législatives.
J'ai envie qu'on se fasse une tache par un surcompte. Ah ! Je crois voir d'où ça
vient. Écoute, il faut que je te laisse. J'ai une espèce de... Ah ben là, c'est l
'électrovanne, monsieur. Il faut la changer.
L'électrovanne ? Oui, alors l'électrovanne, si vous voulez, qu'est
-ce que c'est ? C'est un petit boîtier comme ça électrique.
qui fluidifie tous les liquides à l'intérieur de la machine. Là, vous avez
le diaphragme qui vient embuter dans la chambre de compression.
Et la chambre de compression, elle est comment ? Elle est complètement
compressée. Pourquoi ? Parce que là, ça doit être plein de calcaire. Elle est
calcaire, l'eau, ici, non ? Non. Non, ben en tout cas, c'est pas sous
garantie, monsieur, je peux rien faire, là. C'est pas sous garantie. C'est pas
sous garantie.
Après, on peut s'arranger, hein. Je vais bidouiller un truc, moi, je vais voir ce
que j'ai sur la mob. Puis dans une petite heure, il a une chemise toute
propre, monsieur.
Vous vous foutez de ma gueule ? Ah non, pas du tout, monsieur. Moi, si je fais
ça, c'est pour vous dépaler. Comme ça, c'est win-win, c'est gagnant-gagnant,
quoi
Et bien non, c'est pas win-win.
Puisque tout est sous garantie. Tout est sous garantie.
Garantie optimum.
Ça veut dire ? Optimum.
Oui, effectivement, je sais lire.
La 299, c'est le prix de ? La garantie. La garantie, ok.
269 euros, c'est le prix de ? La machine.
Oui,
c'est le prix de la machine.
OK. Oh, le pigeon.
Tenez, monsieur.
Optimum. Parce que c'est vous, la presse locale, qui faites honneur au
journalisme. Un journalisme de proximité, un journalisme de terrain, un
journalisme qui, d'ailleurs, est souvent moqué dans les hautes sphères
parisiennes. On se demande bien pourquoi. Moi, j'ai ma petite idée. Je
crois que c'est une forme de jalousie liée au fait que vos tirages à vous,
ben...
Il résiste.
Mais j'aurai l'occasion de reparler avec vous prochainement. Merci à tous pour ce
moment délicieux. Attendez, attendez.
Pardon. Ah, monsieur Deltor.
La figure emblématique de la presse locale. C'est vrai.
Mais ce n'est pas le sujet.
Non, parce que vous avez axé votre campagne sur l'ancrage territorial.
C'est bien joli, ça sonne bien.
Mais enfin, pour un homme qui a passé la plus grande partie de sa vie entre
Oxford, Princeton et les couloirs de l'Assemblée, ça ressemble drôlement à un
parachutage, non ? Berkeley, pas Princeton.
Oui, si vous voulez.
Non, mais c'est que Berkeley est devant Princeton.
D'accord.
Vous voulez pas répondre à ma question, quoi. Monsieur Delthor, ne vous en
déplaise, je suis un enfant d'Angoulême. Mon éloigné n'aura été qu'un moyen de m
'enrichir intellectuellement pour mieux revenir et servir ma région.
Non.
Un peu comme votre papa ? 30 ans.
30 ans qui nous emmerdent avec le bouquin de papa, quoi.
Ça y est, t'es blande, t'as vécu en Afrique, t'es forcément colonialiste. Un
putain de raccourci, lui.
Je cherche à t'atteindre, faut pas te mener dans le panneau.
On reste calme. Je suis très calme. On va où ? Dans ton cul.
QG, Mathieu. Au QG.
Allez, bien sûr.
Je te jure, t'es incroyable.
Qu'est-ce qu'elle a dit, la diarlo ? Elle a dit qu'elle te gardait si t
'arrêtais tes gestes déplacés.
N'importe quoi.
Même si je voulais faire des câlins avec mon engin, ce serait comme jouer au
billard avec une corne bouillée.
Mais papa ! Tu verras quand t'auras mon âge.
Bon, Paul-Éloi est en retard.
Je vais trouver des solutions.
Mais t'es pas obligé, Anto. T'as pas de dette, tu sais.
L'amour, c'est pas une dette.
C'est une richesse. C'est toi qui me l'as appris, ça, non ?
Un jour, je reprendrai la maison de quartier.
Ne fatigue pas.
Les robinets sont coupés, y a plus de sous.
C'était une autre époque.
Mais tu sais, je pourrais dormir chez toi, si t'as pas d'argent.
Papa, je vis dans 20 mètres carrés.
Et puis ici, on s'occupe bien de toi, non ? Et toi, qui s'occupe de toi ?
Toujours pas de poule ? Ça va, ça vient.
Oui, mais ça reste pas.
Ça reste pas.
Je suis pas prêt d'être grand-père.
Et ton boulot, ça reste ?
T'inquiète, je gère.
Merci, fiston.
De me dire que tu relanceras l'assaut, tu pourras pas, mais c'est gentil de me
le dire.
C'est normal, papa.
Bon, elle vaut rien, cette montre, mais c'est un cadeau de ma mère, je dis
tiens, quoi.
Eh ben oui, c'est dommage.
C'est dommage, c'est-à-dire ? C'est-à-dire que je m'en fous, en fait,
voilà.
Je vous dis que c'est un cadeau de ma mère. Faut vraiment que je la récupère.
Oui, Macaille.
Évidemment que j'ai bien quelques questions.
Quoi avec sa sœur ? La petite boulotte ? Ma montre.
On peut tenter le doublé comme championnat.
Je suis loucieux.
T'es con.
Il est con, ce Frédéric.
Oui, bon, on a été où, nous ? Ah oui, oui, votre montre. Votre montre, je l'ai
jetée.
Vous avez pas fait ça ? Si, si, si, si. Mais bon, vous n'avez qu'à renouveler
votre abonnement à Mickey Magazine.
Ils vous en enverront une autre.
Ah oui, puis aussi, je me suis permis de raconter aux petites arnaques à votre
patron. Et autant vous dire qu'à votre patron, il l'a pas aimée.
C'est une belle pourriture, en fait. Vous trouvez ? C'est amusant parce que
ma femme me dit souvent ça aussi. Elle me dit, chérie, t'es une pourriture.
Non, c'est pas que je m'ennuie, mais je suis attendu en ville une petite soirée.
Faut que je me prépare.
Bonne soirée, mon Mikounet.
Pour moi, tous ces paysages-là, en fait, ils me racontent une histoire.
Et voilà, maintenant, Martine à la ligne.
Je vois des phrases, je vois des mots.
Et il le fait ! Il prend un gras !
Oh le petit bâtard !
On écrivait si merveilleusement bien Jean-Louis Gué de Balzac... Toi, t'as lu
du Gué de Balzac ? Oh... Putain.
Oh yes, yes, yes.
Moi, j'ai pas peur de dire, la charante me ressource et me donne du baume au
cœur.
Alors, qu'est-ce qu'on a ce matin ? Alors, regardez, les belles courgettes,
ça c'est incroyable.
Mais qu'est-ce que... Mais c'est un malade.
C'est mort ? C'est mort ? C'est mort ? Ok, t'es pas mort.
J'ai pas envie ! Allez, on te miaule.
Non, je peux pas, je peux pas, je peux pas ! Ok.
Ok, ok.
C'est bien, doucement, doucement, doucement.
Doucement, doucement.
Voilà, doucement.
Inspirez.
Ah non, pas maman, non. Oh, c'est belle maman. Ah non, c'est pas maman, c'est le
monsieur de la machine, la garantie. Il y a du bazar partout.
Non, non, mais c'est pas grave, c'est pas grave.
Calme-toi. Ah non, pas calme-toi, non.
Ok,
calme-toi, voilà, c'est bien, assieds-toi.
Voilà, c'est bien, voilà.
Voilà, c'est bien.
Doucement, maman arrive.
Pour l'interview, on va peut-être opter pour un angle avec un décor un petit peu
moins chargé.
Vous n'aimez pas les tapisseries ? Ah si, si, si, mais disons qu'on essaye de
combattre les préjugés tenaces.
Tenaces ? Non, ne me dites rien.
Deltor. Voilà, il est bêtement resté bloqué sur votre ouvrage qui était très
bien.
Deltor, il ne comprend rien cet abruti. J'aime l'Afrique, je pourrais en parler
pendant des heures.
On va éviter.
Bon, on oublie Delthor, on va juste essayer d'éviter de montrer des objets
qui rappellent un peu trop... Un peu... Ah
oui, d'accord, en fait, il y en a partout.
On aime l'Afrique.
On a toujours su que notre Grégoire épouserait une carrière tournée vers les
autres. Elle a toujours voulu s'impliquer.
Il a la politique dans le sang.
Comme son père.
J'ai été maire d'Augoulême. Vous êtes jeunes, mais vous devez le savoir, ça.
Bien sûr.
Alors, parlons de la naissance de Grégoire. Il est né le jour de Noël, c
'est ça ? Oui ? Oui.
Oui, oui.
Un moment merveilleux ? Noël, oui.
Noël. Qu'est-ce que Noël ? Noël, c'est un moment sacré dans la vie des
Français. Encore plus pour nous, car nous fêtons à la fois la naissance du
Christ et celle de notre fils Grégoire. Deux messies pour le prix d'un.
Elle est bien. Bon, est-ce qu'on peut faire quelque chose ? Thé, café, coca,
djinto ? Djinto ? Ah, qu'est-ce que je raconte ? Il est 11h du matin, n'importe
quoi. Excusez-moi, ça fait plusieurs fois qu'il... Est-ce qu'on peut couper ?
Bien sûr, bien sûr. Bien sûr, on coupe. Oui, allô ? Alors, qu'est-ce que vous
voulez boire ? Un café, thé, coca, Schweppes ? Comment ça ? L'admoiselle n
'a pas trop.
Quoi ?
C'est une plaisanterie.
Si seulement.
On a retrouvé M. Morand par terre, habillé en vieille pute.
Croyez-moi, il a dû bien déguster.
Bon, écoutez, vous savez que je suis en campagne, là. Que j'ai un emploi du
temps surchargé, donc j'ai vraiment pas le temps pour... Je me doute. Et qu'est
-ce qui fait dans la base votre ADN, M. Beaulieu ? L'affaire du harceleur du
Palais Bourbon, il y a deux ans.
En tant qu'attaché parlementaire à un mâle blanc de moins de 40 ans, mon ADN a
été prélevé, comme tout le monde.
Attendez, du coup, ça veut dire quoi, marqueur génétique commun ?
Ça veut dire que l'agresseur de M. Morand a le même ADN que vous, M.
Beaulieu.
Un peu comme si c'était votre frère jumeau.
Ou bien vous-même.
Écoutez, on nage en plein délire, là. Et cet homme, c'est qui ? L'autre.
Ben oui, là, en termes de jumeaux, on est sur un sans faute. Ne vous fiez pas
aux apparences. L'ADN ne se trompe jamais.
En tout cas, 19 mois de carrière, j'ai jamais vu ça.
Au moins, vous tenez votre suspect.
Enchanté ! Maître Fraise.
Fraise comme une fraise. Je suis votre commido.
Avocat commido-fils.
Alors, désolé pour le retard, Dimitri, j'entraîne les poussins de cognac, là,
au bas de Minton. Ils s'ennulent cette année, bon Dieu, ils vont finir avocats,
ceux-là.
D'accord, par contre, moi, c'est Anthony, c'est marqué juste là. Oui,
Omar, il faut pas tout compliquer.
Alors, votre comparnution est à... Oh, putain, c'est maintenant. On y va ?
Abdel, comment ça va ? Ça va, ça va. La famille, bien ? On va mettre tout ce qu
'il y a en ferraille, les clés, téléphone... J'ai que mon téléphone.
Hop ! Hop ! Ah là là ! Eh oui, évidemment, je ne cherchais pas.
C'est la rotule en téflon.
Périgueux 2014.
Fonds de cours, je rate le volant, la jambe qui part, luxation. Putain !
Terrible. J'ai failli être professionnel, vous savez.
Donc du coup, je me retrouve chez moi, tout seul. Allez, aidez-moi, aidez-moi.
Aidez-moi enfin ! Et là...
Je prends 20 kilos, ma femme me quitte, enfin bref. Allez, voilà, on a réussi
Abdel.
Bonne journée.
Bon, allez, on récapitule.
Donc vous forcez la villa au pied de biche.
Qui fait ça encore ? Mais je l'ai trouvé sur place.
Ok, pour récupérer une montre Mickey ? Oui, après c'est pas qu'une montre
Mickey, c'est un cadeau de ma mère, j'y tiens quoi. D'accord.
Donc vous réanimez le propriétaire que vous trouvez inanimé, et après lui avoir
sauvé la vie... Il vous prend pour sa mère et il vous plaque contre le mur.
Voilà, c'est ça, en disant câlin. Calin ? Oui.
Attendez.
Vous lui sauvez la vie et il vous plaque contre le mur ? Mensonge.
Forcément, dit comme ça, ça peut paraître un peu bizarre. Je ne l'ai pas
touché.
OK. Le bandage, c'est pour quoi ? Alors ça, c'est parce que je me suis coupé
avec le rasoir qui était posé sur la baignoire. Non, non, non.
Vous étiez en train de réparer la machine à laver. Ben non. Ah si ? Ben
non. Pourquoi ? Elle était dans la cuisine, la machine à laver.
Bien vu.
On va appeler des coupables. Quoi ? Si, si.
Les aveux spontanés, les juges adorent ça. Mais non, je peux aller en prison.
Dimitri, faites-moi confiance.
C'est Anthony.
On le met en avant, la notion de famille, on l'a beaucoup utilisé pour
réussir à vieillir, c'est à élargir un petit peu, sans trop tomber dans des
trucs un peu trop rétrogrades.
Racine, je veux pas, par exemple, sans en avoir parlé, ça, ça m'intéresse pas,
d'accord ? Des vrais juges, ils sont souvent considérés comme des
copies conformes, pourtant...
Avant de commencer, Madame la Juge, j'aimerais vous poser une question.
Quand vous regardez ce jeune homme, qu'est-ce que vous voyez
? Moi,
je vais vous répondre.
Je vois un enfant.
Un enfant de 33 ans avec une petite barbichette.
Un gamin, un petit chérubin qui n'a jamais connu ses parents.
Un enfant qui, n'écoutant que son courage, a forcé au pied de biche la
porte de la cuisine de Gérald de Morand. Au pied de biche, madame la juge, rendez
-vous compte. Au pied de biche, quelle violence.
Alors que la seule biche qu'il avait connue jusqu'ici s'appelait Bambi.
Bambi qui, je le rappelle, a également perdu sa maman au début du film.
Même si après, il retrouve son papa à la fin.
Je crois, hein ? Oui.
Oui, madame la juge.
Dimitri est coupable.
C'est qui, Dimitri ? Mais pour cette tentative d'homicide accidentelle,
compte tenu du profil de l'accusé,
madame la juge en appelle à la mère que vous êtes.
Je n'ai pas d'enfant.
J'en appelle à la tante, à la tata, tata
gâteau, tata réconfort, tata vacances, à la
tante que vous êtes pour prononcer une peine juste, mais exemplaire, mais aussi
clémente. Car enfin, madame la juge, la jeunesse n'a-t-elle pas
déjà assez souffert ?
C'est tout pour moi. Je vous remercie de m'avoir écouté.
Vous avez fini, maître ? Parce que nous aussi, on a assez souffert.
Bien. Alors, si je récapitule les faits, il y a eu effraction, mais rien n'a été
volé. Rien. Rien ne prouve qu'il y ait agression, puisque les pompiers parlent
d'un incident vasculaire suivi d'un léger épisode de démence.
Qui plus est, je lis que les recherches ADN ont conduit à l'identification de
deux individus ayant quasi les mêmes marqueurs génétiques.
Un instant.
Exactement, exactement.
Mais sur quoi repose ce dossier ? Bien, je prononce l'ajournement de l'audience
et je demande un complément d'information.
Notamment le témoignage de la victime quand elle sera en état et un
éclaircissement sur cette histoire d'ADN quelque peu ambiguë.
Affaire suivante.
C'était mon premier acquittement.
C'est l'ajournement, mais c'est quoi cette histoire d'ADN ? Oh Dieu, c'est
génial.
Pour une fois que j'en colle pas en prison.
Juste, c'est quoi cette histoire d'ADN ? Ah, elle a dit qu'en l'état, on savait
pas si l'ADN trouvé était le vôtre ou celui de votre frère jumeau. Voilà, tout
simplement. Allez.
Qu'est-ce qu'il raconte ? Excusez-moi, maître Fraise.
Maître Fraise ! Oh, dépêchez-vous, j'ai l'entraînement des poussins de cognac.
Si je suis en retard, les parents vont encore se plaindre. Qu'est-ce qui se
passe ? J'ai pas de frère.
Bah si. Bah non.
Bah si. Bah non.
Mais enfin, bien sûr que si ! Mais non, Dimitri ! Mais si j'avais un frère
jumeau, je le saurais ! Mais oui, mais vous étiez convoqués tous les deux au
commissariat. Ah, vous voyez ?
Discutez
avec votre mère et on guissouroche sur ça.
Et partez en pleine conversation, y'a pas de problème.
Allez, excuse-moi.
Oui ? Anthony.
Il m'a mis.
Putain, ça fait chelou.
Vous êtes qui ? Ah bah oui, forcément, t'es pas au courant, c'est... Alors
accroche-toi parce que c'est... C'est incroyable. Tu savais pas, toi ? Je
savais pas quoi.
Toi et moi, on est frères.
Frères ? Frères.
Toi aussi, les familles d'accueil, les foyers, tout ça, c'est... Je suis
désolé, mais j'ai déjà deux frères.
Visiblement, vous êtes ni l'un ni l'autre. Mes parents vivent en Bretagne,
je suis né à Brest.
T'es sûr ? Tu dis ça pour te vanter, là.
Qui se vante d'être né à Brest.
Ouais.
Ok, non, pardon, c'est... Enfin, c'est pas grave, désolé.
Bon, en tout cas, je sais pas ce que t'as fait, mais... Bonne chance.
T'inquiète, la juge, elle est cool.
Elle est cool, ouais.
Je la connais un peu.
Allez, bonne journée.
Non, n'importe quoi.
Je te jure, c'est la même.
Ouais, c'est ça.
Non.
Oh le cauchemar.
Oh pute.
Oui ? Ah oui, bonjour, merci de me rappeler si vite, c'est très gentil.
Des jumeaux, vous voulez dire, ils sont nés de la même mère ? Vous connaissez
des jumeaux nés de deux mères différentes ? Non, non, non, c'est juste
que là, en fait, ils n'ont pas la même couleur, donc c'est pour ça que je...
Très bien, j'ai compris. Merci beaucoup. Au revoir.
Élim ! Remonte deux points par rapport au dernier sondage. Pas mal, hein ? C
'est trop bien.
J'aime bien, j'aime bien. La dynamique est là.
T'avais raison.
La famille, la famille.
C'est bateau, mais bon, ça parle à tout le monde.
Franchement, si on déconne pas trop, là, ça sent bon. Ça sent super bon, même.
T'as des nouvelles de Solance ? Solance qui ?
Solance, le flic, l'ADN, là. Ah, l'ADN ! Oui.
Enfin, non, non, oui, non, non.
En fait, l'ADN, il se trouve que c'était une erreur. C'est complètement enterré.
L'ADN ! Si j'allais chercher loin, j'ai oublié.
Ça m'est sorti de la tête.
Ça va, Noémie ? Ça va, ouais, au top, quoi.
OK ?
Vous êtes là ? Je viens voir Grégoire Beaulieu.
Vous lui voulez quoi ? Non, mais j'aime bien son programme.
Je me sens très proche de lui, si vous voyez ce que je veux dire.
D'accord.
Donc, vous savez... Ce petit secret de famille ne doit pas fuiter.
On a tous bossé comme des malades. Je voudrais pas foutre en l'air la
campagne. Après, vous vexez, c'est absolument rien de personnel.
Attendez, attendez.
Pause.
Donc c'est vrai, je dis... Beaulieu, c'est mon frère.
Quoi, parce que vous... Vous le saviez pas ? Oh, le truc de fou ! Oh ! Bah si,
mais j'étais pas sûr sûr, quoi. Parce qu'en fait, en mélangeant mon café avec
du lait, je me suis dit que ça pouvait être ni l'avocat, ni le flic, du coup,
il restait que le... Beaulieu, c'est mon frère. Je veux dire, la charlotte au
cœur, le... Je comprends que vous êtes... Pardon, vous devez être très
troublé, vous devez être un peu bouleversé même, mais vous comprenez que
ce serait pas bon pour Grégoire qu'il apprenne votre existence maintenant.
Ah bah oui, bien sûr, le pauvre.
Apprendre qu'on a un frère, jumeau, noir, ça peut faire tâche, quoi.
C'est tir, c'est gagnant, là. Voilà, puis vous, j'imagine que ça vous gêne
pas qu'on attende un petit peu. Et pour les deux salopards qui m'ont abandonné,
on attend aussi, ou... Les deux... Ah, les parents de Grégoire ? Oui, enfin,
nos parents, du coup. Oui, attendez déjà, parce qu'on n'est pas à la place
des beaux lieux. Il y a peut-être une explication.
Il y a sûrement une explication. Il y a peut-être une situation particulière.
Ils l'ont peut-être fait tout simplement pour votre bien. Pour mon bien,
évidemment.
Grégoire, Anthony, Anthony Grégoire, il y avait un choix à faire et puis ça a dû
être compliqué.
Je suis vraiment désolée. Je pense que quand Grégoire l'apprendra, il sera
très, très choqué. C'est sûr.
Et qu'il aura à cœur d'éclaircir la situation.
Est-ce que ça peut juste attendre la fin de la campagne, s'il vous plaît ? Foutez
de ma gueule.
Non, ne foutez pas de ma gueule.
Après, on peut peut-être s'arranger.
Chauffeur auxiliaire.
Voilà.
En fait, au commissariat, j'ai eu un flash.
Je me suis dit, bon, si la presse la prend, elle va fouiner.
Ah, bah, tu vois que tu penses encore à ce truc d'ADN. Non, l'ADN, c'est bidon,
mais ça peut nuire. Enfin, il vaut mieux verrouiller.
Du coup, la version officielle, t'es passé au commissariat parce que tu t
'intéresses à la réinsertion des délinquants. Ah, je m'intéresse à ça,
moi, maintenant.
OK. Et donc... Ton type là, Anthony, il est pas au courant pour cette histoire d
'ADN.
Ok, tant mieux.
Parce que Delthor là, même si c'est faux, il serait capable de me faire un
papier dessus juste pour me faire chier.
Et en même temps, je comprends, t'imagines, si c'était vrai.
Ton type là, avec sa tête, si c'était mon frère.
Oh le bel article.
Les parents de Grégoire Beaulieu ont-ils abandonné son frère jumeau droit ?
Je suis pas sûr que ça plairait vraiment à notre électorat, ça.
Ça va ? Oui, un petit coup de stress.
C'est la campagne, c'est la... Eh oh, Noémie, faut se blinder là, faut
respirer. C'est la politique, c'est pas un milieu de bisounours. Ouais.
Merci.
Je te le présente ? Allez, ouais.
Anthony ! Enchanté, et puis surtout bienvenue à bord.
Bon, alors j'imagine que vous avez dû commettre quelques petits délits. Ben
non, moi je suis innocent.
Oui, des petits délits d'innocent, comme tout le monde.
En tout cas, vraiment, c'est un honneur pour moi de vous tendre la main.
Il n'y avait pas jusque-là.
On s'était dit avec... Noémie. Noémie.
On s'était dit que pour la maison de quartier, pour les jeunes à la cité
Bélair, parce que comme vos copains, ils avaient coupé le budget, vous, si vous
êtes élu, vous pouvez le remettre.
Le remettre. Le budget ! Pour la maison de quartier, pour nos jeunes à la Cité
Bel Air. Parce qu'eux aussi, ils sont très la charante en chœur, unissent les
souffles. Enfin, ils ont un beau cardio. C'est une bonne idée.
Attendez, attendez.
Je vous arrête tout de suite.
La Cité Bel Air, tous ces petits trucs-là, c'est pas nous qui gérons ça.
Ça, c'est la région.
C'est Morand. C'est Morand.
Gérald Morand ? Oui, pourquoi vous le connaissez ? Ah bah oui.
Bien sûr que vous le...
Ah oui, c'est marrant, ça. Non, c'est pas marrant. Oui.
Aïe. Je suis sûr que là, ça va être un peu plus compliqué de vous demander des
petites faveurs.
À 8 ans, Grégoire venait avec nous au secours catholique.
Déjà à l'époque, il aimait servir.
Non, maman.
C'est bien gênant. Mais c'est vrai.
Regarde-moi ces bourgeois.
Tout mielleux, ça ne rate pas une messe, mais par derrière... Alors, parlons de
la naissance de Grégoire. Il est né le jour de Noël, c'est ça ? Oui ? Oui.
Oui.
Ah oui, je t'en foutrais des moments merveilleux.
Tu marches pas là ? Je suis pas très fort.
C'est pour ? C'est pour la fibre.
On vous a signalé des pannes sur le secteur.
Ah bon ? Je ne savais même pas qu'on avait la fibre.
La fibre, on l'a ou on ne l'a pas.
Oui, oui.
Eh bien, entrez, entrez.
Attention, petite marche.
Je vous montre ?
Ça vous sert à quoi pour la fibre, le robinet et les tuyaux ? C'est dû au
débit, madame.
Qui est dû au débit du robinet et tuyaux.
Ah oui, bien sûr.
C'est votre fils ? Oui.
Vous le reconnaissez ? Vous devez être fière.
Ah, ça, notre Grégoire, c'est... Pas d'autres enfants
? Non.
Fils unique.
Pourquoi ? Des fois, on a d'autres enfants et puis on les aime moins. Ça
arrive.
Bah ouais, ça doit arriver, ouais.
Puis des fois, on en a honte, alors on fait tout pour les cacher.
Puis des fois, on les abandonne comme ça, allez hop.
Ah bah c'est gai ! Ça doit être très dur pour les parents d'abandonner un enfant.
On doit regretter toute sa vie, non ? Bah ouais, sûrement, ouais.
Bon, vous avez bientôt fini ?
C'est fini.
C'est complètement fini.
Ça va pas ? Qu'est-ce que ça peut vous foutre ?
Je
vais te crever.
Ouais, il va te crever, tu vas voir, je vais te crever.
Il a dit quoi ? Non, il pense qu'on va crever.
C'est comme les surricates, à faire le danger.
Toi, le frère que je n'ai jamais eu, sais-tu si tu avais vécu
ce que nous aurions fait ensemble ? Noir chez noir,
il n'y a plus d'espoir.
On peut couper le truc là ? Vous n'avez pas chanté monsieur Beaulieu ? Si, j
'aime beaucoup ça, mais il se trouve que j'ai un direct à préparer ce soir.
Ok, comme vous voulez. Après moi si je ne chante pas, je ne suis pas détendu.
Et quand je ne suis pas détendu, j'ai tendance à trop parler.
C'est vrai que c'est sympa de mettre un peu de musique.
Pourquoi tu me défends toi ? Je ne sais pas, je l'aime bien. Je le trouve plus
sympathique que l'autre.
Vous voulez que je prenne le volant ? Non.
Ah, j'ai la dalle ! Il y a un petit coup de siroute à la prochaine sortie, ça
vous dit ? Non, non, non, ça me dit pas du tout. On continue tout droit,
Anthony, d'accord ? OK.
Après, moi, si je mange pas, je parle trop.
C
'est bon,
quand même. C'est hyper bon, même.
Tu finis pas de frites ? Vas-y, prends-en.
Vraiment, merci.
C'est lui, hein ?
C'est Grégoire Beaulieu ? Parce qu'il se pose la question depuis tout à l'heure.
Si, c'est bien Grégoire Beaulieu. Non, non, non, c'est pas grave. Si, ça va
leur faire plaisir.
Il adore ça en plus. Bonjour. Pas du tout. Bonjour.
Bonjour. On se disait bien aussi que c'était vous, monsieur Beaulieu. Eh oui,
c'est moi. Mais on avait un petit doute parce qu'on ne vous imaginait pas dans
un endroit comme ça. Pourquoi donc ? J'aime les choses simples, moi aussi.
Simples, mais pas données.
Le dîner, l'essence, avec nos petites retraites. Ah, ben voilà, c'est ce que
je vous disais dans la voiture.
Hein ? Ben si.
Les retraites, faut pas plus les baiser, parce qu'après, comment ils font ?
Comment ça ? Mais pourquoi je vous mêle ? Parce qu'en fait, dans la voiture, ce
qu'ils disaient, en fait, c'est que vous, vous aviez trop de retraites. Non,
on disait rien dans la voiture. Mais si, on sait ce qu'on disait. Ils ont l'air
assez déjà comme ça. Non, M. Bolli dans la voiture, il disait rien. D'accord, il
était à l'arrière. Mais c'est compliqué pour ces gens-là. Comment ils font ? On
roule pas tous en Audi. Mais écoutez, c'est un délinquant, ce stage.
Excusez-moi.
On pourrait faire une petite photo ? Bien sûr qu'on peut.
On va faire un petit selfie.
N'hésitez pas à vous reprocher.
Là, c'est dans la boîte. On n'est pas bien, là ? Super.
Ils sont mignons.
Nous, on peut aller chercher la voiture ? Non, attends.
Mettez-vous là.
Vous êtes qui ? On se traîne, là.
Accélérez. Oui, monsieur Boulud, mais je peux pas.
C'est limité. On peut pas faire n'importe quoi. Oui, sauf qu'on n'est
pas n'importe qui.
Ok.
Allez, bien sûr.
Monsieur, dame, bonjour.
Bonjour. Je vais vous demander de couper le moteur de votre véhicule, s'il vous
plaît. Tout à fait.
Bonjour, bonjour. Ça va ? Tout va bien ? Pas trop de pression en ce moment ?
Papier du véhicule, s'il vous plaît. Oui, bien sûr. Alors, simplement pour
vous prévenir, on est attendu pour une émission télévisée.
100% débat.
C'est news.
On est un...
Un petit peu en retard. Mon chauffeur a commis une infraction ? Il a accéléré à
l'orange, monsieur.
Mais non.
Mais c'est pas vrai.
Combien de fois je lui ai dit... Eh oh, dis donc, on n'est pas au-dessus des
lois, Anthony.
Bon,
vous l'excusez ? En tout cas, moi, j'ai tout mes points. Je peux avoir votre
permis, s'il vous plaît ? Le permis de ? Conduire. Oui, je l'ai eu du premier
coup. À Soyeau, juste à côté d'Angoulême. Alors, l'insertion dans le
rond-point, c'était un petit peu compliqué.
J'ai failli griller un feu, mais je ne l'ai pas fait.
Et le garage en épis, nickel.
Monsieur, est-ce que je peux voir votre permis de conduire, s'il vous plaît ? Le
voir, le voir, le... En vrai ? Mais non.
Le voir avec vos yeux ? On va aller sortir du véhicule. Oui.
Mais non.
Comment ça, tu lui as pas demandé s'il avait son permis ? C'est-à-dire que ça
me paraissait logique pour un chauffeur. Oui, bah logique, logique pour toi, mais
pas pour lui.
Ils sont pas comme nous, ils résonnent hors cadre, ils sont hors de la
légalité. Ça pense pas comme nous, ces gens-là.
Ces gens-là. Oh, les gars.
Non, c'est pas grave, on...
On oublie, voilà, on va juste lui trouver un autre job. Quoi, mais n
'importe quoi, on lui trouve rien du tout, il se démerde, il se casse, mais
je veux plus le voir.
On se casse, ça m'a saoulé.
Il est con ou... Oh,
putain. Oui, pardon.
Ça m'a perturbé.
Ah, Anthony.
Quoi ? Vous n'avez jamais vu un noir avec ses papiers ou quoi ? Attends, je
vais t'expliquer... Donc, l'ADN...
En fait, je... Je pensais que c'était mieux que tu le saches après la
campagne, parce que je... Je me suis dit que... Oh, putain.
Ça fait bizarre, hein ? Bon, si, ça m'a un peu choqué au début, et... On est
frères.
Non, mais c'est pas vrai.
Eh si.
La DN, c'est pas comme les politiques, ça m'en jamais. Oh, stop, ferme-la, toi,
ferme-la. J'ai assez de choses à digérer, là.
À digérer ?
T'inquiète pas, la chose à digérer, elle se casse.
Attendez. Est-ce que là, on est en train de tout mélanger ? Mais non, on mélange
rien du tout. C'est ça l'idée depuis la naissance, de rien mélanger, surtout
pas. T'as vu, chérie, on a deux jumeaux, un noir, un blanc, lequel on prend ? Eh
ben, on va faire pile ou face.
Pile, c'est le blanc, et face, c'est pas le noir.
Bravo, Grégoire.
Qu'est-ce que t'as foutu, cette abrutie ?
T'as bientôt fini, chérie, parce que ça va commencer, là.
Ça va ? Mais pourquoi t'as laissé rentrer un inconnu pour la fibre ? On n
'a pas la fibre ! Ouais, c'est ce qui me semblait aussi.
Non, mais excusez-moi, mais on n'en peut plus de ces concepts valises, toujours
pareils. Égalité des chances, main tendue, ruissellement. Vous nous
racontez quand même les mêmes salades depuis 40 ans. Mais concrètement, hein ?
Concrètement ?
Rien. Dès Grégoire Beaulieu à Paris, vous secouez un arbre, il y en a 40 qui
tombent. Vous êtes des clones. Voilà, des clones.
Écoutez, je préfère encore être un clone qu'un clown. Oui, alors ça, ça reste à
prouver. S'il vous plaît, c'est vous qui vous donnez en spectacle, là, depuis le
début. C'est votre programme qui est un spectacle, ce n'est que de la poudre aux
yeux. S'il vous plaît, s'il vous plaît, s'il vous plaît, s'il vous plaît. Bien,
écoutez, on a compris que vous ne partiriez pas en vacances ensemble.
De toute façon, merci.
Alors, Grégoire Beaulieu, je le rappelle, de votre côté, on vous a vu
récemment mettre l'accent sur la famille.
Sur la famille.
Monsieur Beaulieu, la famille.
Moi je peux en parler sinon ? Oui, la famille, oui bien entendu, mais encore
faut-il savoir de quelle famille on parle. S'agit-il de la famille des faux
-semblants, des non-dits, des tabous, de la famille de la vérité, de la fratrie.
Qu'est-ce qu'il lui prend là ? Enfin de la fratrie, enfin entendez-moi bien, je
veux dire de la fratrie au sens républicain, liberté, égalité, enfin...
Il est bizarre tout d'un coup, non ? Si l'autre imbécile n'avait pas vos yeux à
la télé, je pourrais avoir un avis, mais là-dessus... Moi, même sur le téléphone,
je le vois qu'il est bizarre. Il y a ce cri d'amour pour votre région et votre
ville de cœur, Angoulême.
Certains vous reprochent d'en faire un peu trop pour masquer votre côté
parisien. Vous leur répondez quoi ? Angoulême.
Alors oui, Angoulême, puisqu'on me dit... On dit de moi que je ne... Mais
Angoulême, c'est quoi ?
Angoulême, c'est une ville, déjà.
Oui, merci.
Mais c'est surtout une ville qui est jumelée.
Avec plus de neuf autres villes, quand même, dans plusieurs continents.
Parce que c'est bien.
Je veux dire, le jumelage, c'est simple.
Le mec est enroulible, là, on est d'accord.
Et c'est pour ça, d'ailleurs, que je dis, le jumelage, à la vie, à la... Ok,
quelqu'un, s'il vous plaît, là. C'est un malaise vagal, ça. Sécurité, monsieur
Beaulieu.
Plus que jamais d'actualité, je me tourne vers mes invités.
Régis Bonneau, vous êtes spécialiste du stress.
Tout à fait. Et Valérie Ramon, spécialiste des pressions.
Oui, j'arrive, j'arrive.
Alors, docteur ? Crise d'angoisse. C'est impressionnant, mais personne n'en
meurt. Il a subi un choc émotionnel récemment ? Il a appris qu'il avait un
frère jumeau noir que ses parents avaient abandonné à la naissance, mais
sinon, non, je vois pas.
Je rigole, c'est le stress de la campagne.
Il y a quelque chose à faire ? Détente et repos.
De toute façon, je vais laisser une ordonnance.
Allez. Merci docteur. Au revoir madame. Au revoir.
Ça va ?
Je
fais quoi ?
C'est impossible cette merde là.
Vas-y rentre, rentre dedans.
Voilà, voilà, à droite.
Allez, vous en faites pas monsieur Beaulieu.
Apprendre que son chauffeur a pas son permis, ça en aurait trouvé le cul à
plus d'un.
En tout cas, si vous avez besoin, moi je suis dispo ce soir.
Voilà, j'ai rien de prévu.
On peut prendre la voiture et aller faire un tour.
Ou alors se faire un petit bowling.
Ça fait du bien, un bowling. Moi, ça me détend.
Moi, j'y vais souvent et... Pour
visiter ma vieille carcasse aussi tôt, ça va pas, toi ? Non, c'est juste que j
'ai pas dormi de la nuit, donc je passe, voilà.
C'est ton boulot ? Ouais.
Ça y est.
J'ai encore fait virer.
Incapable de garder son boulot.
Incapable de garder son Ehpad, c'est pas mieux.
Attention, fiston. C'est pas avec ta grande gueule que tu vas pouvoir
bouffer.
Cette fois, c'est quoi ? Chauffeur. T'as ton permis, maintenant.
Et ton patron, c'est qui ? Grégoire Beaulieu.
Hein ? J'ai pas entendu. Qui ? Grégoire Beaulieu.
Oh, nom de Dieu.
Le fils de ce vieux con.
Il m'aura tout fait, celui-là.
Si, avec ça... Les usinables dans ton état, c'est pas une bonne idée,
Grégoire. Je vais très bien.
Le docteur a dit qu'il fallait te ménager.
T'es super tendu, là.
Tant mieux, les grévistes aussi sont tendus. Entre gens tendus, on va se
détendre.
Comment ça se fait, cette merde, là ? Tu veux pas attendre demain, le temps de
digérer un peu ? Mais non ! En politique, on mange, mais on digère pas.
Y'a que les losers qui font la sieste.
Les gagnants, ils foncent.
Allez !
Vous visitez l'usine à deux jours de l'élection.
Vous n'avez pas peur que ce timing soit mal interprété ? Pas du tout, monsieur
Delthor, puisque je n'ai pas le temps d'avoir peur. Je suis un homme de
dialogue et de conviction.
Il est temps que quelqu'un mette fin à cette grève.
Messieurs, parlons peu, parlons bien.
J'étais correct avec vous ! Vous ne touchez pas à son futur représentant !
Mais tu ne fous plus mes pieds ici, ça t'emmerde ! Ça va ?
T'es contente ? Je suis bien ridiculisé devant tout le monde, non ? C'est bien
foutu de ma gueule ?
Je t'avais dit qu'il fallait pas y aller.
J'étais pas prêt.
Pardon, mais tu rigoles, là, j'espère ? La politique, Noémie, la politique ! Ça
demande un sens de l'anticipation, de la stratégie. Ça demande de la méchanceté.
Mais toi, t'es gentil comme un... Ça va pas ?
Écoute-moi bien, Grégoire.
Écoute-moi merveilleusement bien.
Ça fait trois ans que je te suis.
Trois ans que je supporte ton arrogance, t'es insupportable, t'écoutes personne,
mais je t'ai jamais lâchée.
Pourquoi ? Parce que je suis gentille, peut-être.
Ou peut-être parce que je crois que t'as une force en toi, que tu peux faire de
grandes choses, mais en ce moment, j'en suis plus très sûre.
Il suffit que tu découvres un frère qui n'ait pas exactement l'idée que tu te
fais d'un frère et il n'y a plus personne.
En fait, t'as le mental d'une bassine de flotte.
Cette fraternité, tu peux en faire ce que tu veux.
Quelque chose de beau, un truc qui te pourrit la vie, c'est ton choix.
Mais si tu continues comme ça, tu vas foncer dans le mur et ça, ce sera sans
moi.
Et on la laisse partir parce qu'un Uber dans le coin, je suis pas trop sûr.
Merci.
Je te préviens, si tu me claques la porte au nez, je dors sur le paillasson.
Bonne nuit alors.
Vas-y.
C'est sympa ici.
En tout cas, la vue est chouette. Bon, tu veux quoi ?
Quand on a rien à dire comme ça, c'est qu'on a envie de parler, non ? Oh non.
Oh non, c'est pas vrai, déjà.
Ça s'est bien passé chez Usinox, on dirait.
Tu bois un truc ? Ça peut aider, là.
T'inquiète, c'est pas du vinaigre.
Non, non, je...
Écoute, comment ils se sont rencontrés, nos parents ? Euh, un concert.
Ouais, je vois le genre.
La musique classique, les violons, les robes longues.
Knacky. Knacky.
La pub.
C'était une flûte. C'était bio.
Non, non, c'était une flûte. Enfin bref, quoi, tout de suite, du coup, les
clichés. Eh ben non, pas du tout, c'était un concert de Renaud.
Renaud, le chanteur, Renaud ? Voilà, pas la bagnole.
Quoi ?
Ah donc qui dit bourgeois dit forcément truc chiant, concert coinceau, c'est
donc forcément musique classique, c'est ça ? Tout de suite, les clichés...
Écoute...
Ah, tu vas dire un truc chiant, là ? Oui, mais si tu me coupes tout le temps
la parole, ça va être encore plus chiant.
Je vais pas m'excuser parce que... parce que je suis blanc. C'est chiant.
Parce que je suis catholique, parce que je suis un gosse de riche, parce que je
suis de droite ou parce que mes parents t'ont abandonné, OK ? Toi, t'as peut
-être enlevé tes parents, mais moi, on m'a enlevé... un frère.
C'était pas loin ! Elle était bloquée ici, la larme, je te jure, elle allait
couler. Tu disais un mot de plus, ça coulait.
Non. Non quoi ? Sérieux ? La chanson française, c'est sacré dans la famille,
j'assume.
Oh, avec la dédicace en plus et tout ? Tu trouveras, bien sûr.
Ma préférée. Je la connais par cœur.
Mais t'as pas la dédicace. Arrête.
En vrai, je suis deg.
Par cœur, tu dis ?
Comme tout le monde, j'ai mes défauts J
'ai pas toujours les mots qu'il faut
Si tu lis entre les
lignes Tu trouveras dans mes chansons Tout ce que je n'ai
pas su te dire Il y a des fautes D'impression
Des jetels un peu
brouillots Malgré les accords
malhabiles Tu trouveras dans mes chansons
Tout ce que je n'ai pas osé te dire Tu trouveras mes blessures et mes
faiblesses
Celle que je n'avoue qu'un demi-monde Trouvera mes paupas, mes maladresses
Et de l'amour plus qu'il n'en faut J'suis tellement peur que tu me laisses
Trouvera, sache que si j'en fais toujours Trouvera, c'est pour qu'un peu
tu me restes Tu me restes, tu trouveras
J'aime bien ! J'aime bien !
Bon, alors du coup, t'as décidé ? Décidé quoi ? Ben,
mes parents.
Enfin, tes parents.
Tu veux pas les rencontrer ? En dire que tu sais ? Non.
Non.
Je vais te dire un père.
Adoptif, mais un père quand même.
Alors deux parents qui, en plus, ils voulaient pas de moi, j'en ferais quoi ?
Tu sais,
si je suis élu, tu peux en me demander des trucs.
Ce que tu veux.
Ce que je veux, je t'ai déjà demandé.
Ah, ça, là.
Ça, là.
Ça, tu vois, ça m'a sauvé la vie.
Grâce à Paul, si je suis sorti de la rune et...
Des mauvaises fréquentations et des grosses conneries qui vont avec.
Paul était dur, mais il nous remettait toujours sur le droit chemin.
La maison de quartier, c'était ma famille.
J'y étais tout le temps, tout le temps, tout le temps.
C'est pour ça d'ailleurs que Paul et Mariette, ils m'ont adopté.
Je suis vraiment né à ce moment-là.
88, c'est que sur le papier.
Je crois que j'aimerais bien qu'on continue à se voir.
On se voit, là, non ? Non, mais je veux dire, comme ça, plus tard, plus
discrètement.
Discrètement ? En clandestin, quoi.
Dans une vieille rue sombre, déguisée en clodo.
Sérieux, Grégoire, je sais pas.
Soit je suis ton frère, soit je suis une maladie honteuse.
Mais au moment, il faut choisir.
Greg, KODK ! Eh merde ! Dis donc, ton champion de la fibre, il aurait
pas touché aussi à la Nespresso ? Non.
Ça te fait rire ? Oui.
Je marche ou je bouge ? Ah bah oui.
Ça, ça doit être Lille-Maurice, non ? Oui. Il se met bien, ce petit chapeau.
Le petit bikini.
Lille-Maurice, oui.
Le 21 décembre 88.
Comment se fait-il, maman, que trois jours avant ma naissance, ton ventre
soit aussi plat ? Tu
sais, souvent, les...
Chez certaines femmes, ça se voit pas trop.
Ta mère, avec sa taille de guêpe, elle a eu cette chance.
Vous vous foutez de moi, là.
Chérie, on t'aime. On t'a toujours aimée.
T'as jamais manqué de rien. Je suis pas en train de dire que j'ai manqué de quoi
que ce soit. Je cherche juste à ce qu'on m'explique ce mystère biologique.
Mais voilà.
Je savais qu'un jour, ça nous retomberait dessus. Il fallait lui dire.
Je te l'ai dit qu'il fallait lui dire. Oh, Patricia.
Lui dire quoi ? Assieds-toi, mon chéri.
Assieds-toi.
C'est comme si... C'est comme si tu nous
avais été apporté par une cigogne.
C'est aussi merveilleux... Arrête, Patricia, arrête ! Ça n'a rien à voir
avec les cigognes.
Bon, puisque tu veux tout savoir... Je suis sec, je tire à blanc.
On n'avait pas le choix.
Jolies, les cigognes.
Donc, j'ai été adopté.
Un peu.
D'un point de vue purement technique, oui, un peu.
Oui.
Non, mais ça change rien, chérie. Ça ne nous change rien, au fond. Parce que
nous, on t'aime.
On t'a toujours aimé.
Faut pas nous en vouloir, on n'a pas trouvé le moment.
Avant, c'était trop tôt. Après, c'était trop tard. Oui, on voulait pas te mettre
de l'embarras. On voulait pas te perdre. Voilà, c'est ça en fait.
Oui.
Attendez.
Si j'ai été adopté, ça veut dire que vous n'avez pas abandonné Anthony ?
Anthony ? Mon frère jumeau.
Mais comment ça ? Mon chauffeur noir.
Mathieu ? Il est noir Mathieu maintenant ? Non, c'est Anthony qui est noir. T'as
un chauffeur noir ? Oui, même s'il n'a pas son permis. T'as un chauffeur qui n
'a pas le permis ? Mais qu'est-ce que c'est que ces colorés ?
C'est simple, Patou.
Notre fils Grégoire a un chauffeur noir qui conduit son permis.
Et c'est son frère jumeau. Qu'est-ce que tu comprends pas là-dedans ? Je savais
pas que maman fumait. Elle est roulée en 88.
Elle a arrêté dès qu'on t'a eu.
On a bien fait de lui dire.
Son avocat nous attend. Il est en garde à vue depuis ce matin. Je ne sais pas
plus. Oh non, Bruno Fraise.
C'est la merde.
Morand vient de retrouver ses esprits. Il l'accuse. Qu'est-ce que tu veux que
je fasse, Grégoire ? Bon, écoute, Bruno, je comprends parfaitement que tu sois
affecté par tout ça, mais on est là pour trouver des solutions, non ? Alors, qu
'est-ce que tu suggères ? Oh, qu'il avoue.
Il avoue.
Il avoue, il se décharge.
Vraiment, ça lui fera du bien.
Car qui prend conscience de ses fautes est déjà sur le chemin de la rédemption.
Oui, mais alors ça c'est pas vraiment une plaidoirie, ça c'est plutôt un
serment. Euh, maître, Anthony n'a rien fait.
Quoi, il a rien fait ? Attendez, il a rien fait ? Voilà.
Il a rien fait, vraiment ? Ça.
Rien.
Non,
c'est chiant ça.
C'est compliqué.
Parce que s'il a rien fait, ça veut dire qu'il est innocent.
Et du coup, pour moi, ça se complique.
C'est les murs.
C'est de la feuille de riz qu'on entend tout.
Avant, c'était une salle d'attente, ici.
Ah, Bruno, dis donc.
Avocat, hein.
Qui l'eût cru ? Déjà, au lycée, c'était pas gagné.
Pourquoi ?
Parce que t'étais pas très bon en... tout.
Mais... Entre nous...
Le droit.
Je m'en fous.
Mais vraiment, quoi.
Vous vous rendez pas compte le nombre de lois qu'il y a ? Mais... Mais c'est
trop. Et c'est compliqué.
Mon Dieu, c'est compliqué.
Oh !
Quel enfer ! C'est un peu ennuyeux, ça, non ? Vous voyez mon truc, moi ?
C'est le badminton.
Ça, c'est ma passion.
Je suis désolé, je peux pas vous aider.
Ils ont le témoignage de Morand. Ils ont le sang de Dimitri.
Anthony. D'Anthony.
On est Mickey ? Noémie.
Est-ce que tu crois que tu pourras appeler ce lance et organiser une
confrontation avec Morand ? Oui, tu vas faire quoi ? Faire pour Anthony ce qu'il
aura sûrement fait pour moi.
Madame Fauchard.
Pardon.
Donc c'était vous.
Voilà ! L'effraction chez Morand, c'est moi. Et puis l'ADN le prouve. L'ADN ?
Comment n'importe quoi !
Qu'est-ce que vous avez à voir avec ce... Alors, ce, comme vous dites, c'est
mon frère jumeau.
Oh non ! Oh non ! Vous tombez bien bas, mon pauvre beaulieu.
Vous êtes bien le fils de votre père. C'est quoi ? C'est un coup de com' ?
Vous voulez faire le buzz ? Non, mais c'est fou.
Cette génération est prête à tout.
Encore pire que la nôtre, c'est dire.
Vous savez quoi ? Très bonne idée, le buzz.
Appelez la charrente libre. Faites venir Delthor. Il va se faire un plaisir de me
défoncer. Et vous, passez-moi les menottes. Non, mais vous lui passez rien
du tout !
Mais qu'est-ce que c'est que ces conneries, là ? Moi, je sais exactement
à quoi ressemblait ma mère le soir de mon agression.
Elle avait pas du tout une tête de beaulieu.
Attendez, je fais quoi, là, moi, M. Morand ? J'en sais rien, moi, je m'en
fous. C'est vous, le flic, c'est pas moi.
Bon, écoutez, je... Je voulais pas en arriver là, mais... Est-ce qu'on est
obligés ? Oui.
C'est une séance de travail avec mes collaboratrices. Nous sommes très
concentrés sur le travail. Ils sont
très impliqués.
Excusez-moi, je ne vais jamais forcer personne à me faire des ursus.
Anthony Girard, l'ancien chauffeur du candidat Grégoire Beaulieu, est sorti
libre de sa garde à vue. Un peu plus tôt, M. Morand, assez confus quant au
déroulé des faits, avait finalement décidé de retirer sa plainte. Alors, M.
Beaulieu, justement, un malaise en direct, une altercation avec des
grévistes, un chauffeur arrêté, elle est particulièrement éprouvante, cette
campagne, n'est-ce pas ? Particulièrement, je n'en sais rien. C
'est ma première campagne. Je vous remercie. S'il vous plaît.
Vous vous êtes beaucoup impliqué pour la libération d'Anthony Girard.
Bravo.
Mais pour quelle raison au juste ? Écoutez, même si M.
Girard a omis de déclarer qu'il n'avait pas son permis, je pardonne néanmoins le
geste désespéré d'un homme prêt à tout pour se réintégrer dans la société.
Je vous remercie.
Mais alors, qui a agressé M.
Morand ? Personne n'a agressé M. Morand. On est fatigués.
Si vous avez des questions complémentaires, n'hésitez pas à vous
adresser directement à moi. Je suis Maître Fraise, l'avocat de Dimitri.
Anthony. Anthony ? T'es quand même incroyable.
Franchement, t'es incroyable. Je sais pas comment tu t'es démerdé pour me
faire virer de l'épate. Ah, me parle pas de cette connasse ! Ah, ne m'en parle
pas ! Où est-ce que je vais te mettre, maintenant ? Tu vas aller où ? Et là, j
'ai mon blanc.
Bah, mon vieux, la nature manque pas d'humour, hein ? Ça change rien.
Je voterai pas pour toi.
Bon, ben voilà, les présentations sont faites.
Eh, bien écouté. Enchanté aussi, hein, M. Girard.
Tout va bien ? Oui, on l'est bien. Il a réussi à se faire virer de l'EHPAD, la
directrice l'a dégagé, donc on est cool. Bon, ça va.
Tout s'est viré dans cette taule.
Faut le cafard, moi ! Bon, ça va, papa, on a compris.
Bon, qu'est-ce qu'il y avait de si important ? T'as pas été abandonné.
Quoi ?
Mes parents ne t'ont pas abandonné. Et d'ailleurs, ce ne sont pas tes parents.
Et ce ne sont pas les miens non plus.
Parce que... Moi aussi, j'ai été adopté.
Mais mon cochon, c'est ce que j'appelle une sacrée couille.
Écoute, je suis désolé pour toi.
Pourquoi pour moi ? Toi aussi, ça te concerne. On est deux dans l'histoire.
Non, mes parents ne m'ont pas menti.
Ça fait 33 ans que j'ai digéré l'info. Je ne suis plus curieux, je ne suis plus
en colère.
J'ai tourné la page, quoi.
Mais attends, ça t'intéresse pas de retrouver ta mère pour... Je sais pas,
pour savoir, quoi.
Ma mère, elle s'appelle Mariette, elle vit dans un cimetière.
J'ai plus envie de savoir.
OK.
C'est pas mal, hein, gamin ? Quoi ? Je te connais comme si je t'avais fait. Tu
crèves d'envie d'y aller !
On prend de meilleures décisions dans la vie quand on sait d'où on vient.
Alors arrête de faire ta tête de con.
Prends ton député sous le bras et va chercher ta pondeuse.
Grégoire.
Grégoire.
C'est OK.
C'est OK quoi.
On va la chercher.
Vous savez, Paul, si on avait su que Grégoire avait un frère jumeau, on l
'aurait adopté sans hésitation.
Eh bien, je suis bien content que vous ne l'ayez pas su. Avec Mariette, on se
serait tellement moins amusé sans ce grand con.
Merci en tout cas de vous occuper de papa le temps que... Oui, oui, j'ai
compris.
Le temps que vous retrouviez votre vraie mère.
Celle qui a toujours été là quand vous aviez faim, froid, soif, quand vous
aviez besoin de câlins. Maman. Celle qui s'est inquiétée pour vous.
Qui s'est réjoui de vos bonheurs ? Qui s'est attristé de vos malheurs ? Celle
qui a lavé vos slips.
Bon, ok, c'est bon.
Qui a fait semblant de ne pas comprendre pourquoi la réserve de Kleenex fondait à
vue d'oeil et disparaissait sous votre lit. Bon, maman... Mettez votre
ceinture.
Maman ! Maman ! Maman ! Laisse Grégoire.
Elle a besoin de temps.
Merci pour la voiture.
Qu'est-ce que tu fais là ? Des rangements ? Oui.
Tu sais, faut la comprendre.
Ta mère, elle a un peu déchaussé.
Depuis que tu sais, quoi.
Ça va, papa ? Ça va, ça va, allez.
T'inquiète.
Juste un peu d'émotion, moi.
Celle d'un père qui ne sait pas si son fils l'appellera encore papa.
Non, non, non ! À la suppression ! Non, non, non ! À la suppression !
Non, non, non ! À la suppression ! Non, non, non ! À la suppression !
Non, mais tu te rends pas compte de ce que tu me fais faire, là, franchement ?
Fouiller dans les archives, c'est n'importe quoi. T'es un amour, je te
jure. C'est pour Anthony ! Fais-le comme si c'était pour moi.
Ouais.
Alors... 24 décembre 88, c'est ça ?
Non, c'est pas ça. Là, c'est des jumeaux. Non, si, attends.
Le nom de la mère ? X.
Oui, évidemment.
Par contre, j'ai le nom de l'assistante sociale, c'est Marie-France Hardy.
Magnifique. Attends.
OK. Y a pas une adresse ? Tu veux 106 aussi ? Pardon.
Merci beaucoup, en tout cas, Prune. Merci, frérot. Attends, attends,
attends.
Je comprends pas, là. C'est quoi, ton histoire du jumeau, là ? Écoute, j'ai un
frère, jumeau, et c'est Grégoire Beaulieu. C'est une dinguerie.
Il est fatigué, lui.
Et faites attention à la voiture ! C'est pas à moi, d'accord ? Allez-y les gars !
Ça va pas m'ennuyer moi, ça va ennuyer mon père ! Ah oui, c'est un génie lui.
Je suis pas là pour faire de la politique aujourd'hui. Je suis venu
aider des choses personnelles.
C'est marrant.
J'y suis pour rien, ça va se faire ma maternité. Je suis même pas élu. Je suis
pas sûr qu'ils votent pour toi du coup. Si ça se trouve, c'est même pas la
bonne. Marie-France Hardy, assistante sociale, il y en a pas mille en
Charente.
Oui ? Bonjour.
Vous êtes Marie-France Hardy ?
T
'inquiète pas.
Il est entre de très bonnes mains.
C'est incroyable.
Qu'est-ce que vous êtes grand et beau.
C'est gentil ça.
Enfin, voilà.
C'est celui-là.
La décision de vous séparer a été la plus difficile à prendre de toute ma
carrière. On en a parlé longuement avec le directeur de la maternité, le corps
médical, mais comme votre pronostic vital, Anthony, était très engagé,
enfin, on s'est dit qu'il fallait qu'au moins l'un des deux ait toutes ses
chances de trouver vite une famille.
Ça se comprend.
J'ai pris sur moi de procéder à votre adoption, Grégoire, sans évoquer l
'existence de votre frère à monsieur et madame Beaulieu, de peur que ça les
refroidisse. Je suis désolée. C'était une autre époque, vous savez. Et puis,
le miracle a eu lieu.
Anthony a survécu.
Vous savez, c'est un cas plutôt rare dans ma carrière.
Les jumeaux noir et blanc ? Non, ça, c'est un cas unique.
Je parlais de votre maman. Comment oublier ? Si jeune, si fragile, et
pourtant si courageuse.
Ce qui est plutôt rare, c'est le fait qu'elle ait pris de vos nouvelles auprès
de nos services chaque année jusqu'à votre majorité.
Marie-France... Je sais ce que vous allez me demander.
Oui, j'ai son contact.
Mais non, je n'ai pas le droit de vous le donner.
Je suis désolée.
Bon, écoutez, on sait que vous... J'aimerais vraiment.
Mais je ne peux pas enfreindre la loi.
Je sais que c'est dur pour vous.
Mais je sais à quel point ça a été dur aussi pour Claire.
Je vais à la cuisine.
Vous voulez quelque chose ? Non, ça va.
Toujours les mêmes qui font le sale boulot.
Attendez. Si par hasard vous arriviez à la retrouver, on ne sait jamais.
Gardez à l'esprit qu'une femme qui a dû prendre une décision aussi douloureuse
met une vie entière à s'en remettre. Vous avez le droit de lui en vouloir,
évidemment, mais ne la jugez pas trop sévèrement.
Merci, Marie-François.
Merci pour tout.
Non, non, non. C'est notre mère qui est noire et notre père, il est blanc. Mais
non, notre mère est blanche et c'est notre père qui est noir. D'ailleurs, si
ça se trouve, ils sont tous les deux blancs. Si ça se trouve, ils sont tous
les deux noirs. T'es un ouf, toi.
En tout cas, moi, dans l'histoire, j'ai de la chance.
Ah ouais ? Pourquoi ? Parce que j'avais une chance sur deux d'être toi.
Attends.
Ah, c'est Naïmi.
Elle a peur qu'on soit en retard au meeting de ce soir.
Tu crois que tu peux lui répondre, s'il te plaît ? Je mets quoi ? Je sais pas,
tu lui dis, t'inquiète pas, on sera à l'heure, merci.
Je me disais, Noémie et toi... Quoi, Noémie et moi ? On va être plein, non ?
Ben, dis donc, non.
Enfin, j'en sais rien, je ne me suis pas posé la question.
Je ne sais pas, Noémie, c'est une collaboratrice, brillante d'ailleurs,
alors certes, bien entendu, elle se présente bien, je te l'accorde, mais ça
rencontre la science-po, et depuis, on a eu la chance de développer une relation
professionnelle extrêmement fructueuse, et je suis fier et heureux de travailler
avec une amie.
Une amie ? Oui, une amie.
Donc, si je veux tenter un truc, la voie est libre ? Non, la voie n'est pas
libre. Mais c'est une amie. Voilà, exactement, c'est une amie.
Ok.
T'as rajouté quoi ? Hein ? Non, rien, j'ai mes bisous.
Ah, les bisous.
Carrément.
Smeurement
Let's go.
Attends, attends.
Je ne sais pas, on débarque comme ça.
Imagine, elle n'a pas envie de nous voir.
Peut-être qu'elle s'attend à autre chose. Écoute, Riro, elle ne va pas nous
bouffer. Elle nous a sorti de son ventre, ce n'est pas pour nous remettre
dedans. Ça va ? OK.
Tiens.
C'est bon ? Ouais. Allez.
C'est qui, lui ? Je ne sais pas.
Bonjour, je peux vous aider ? Bonjour.
Bonjour. Ah, mais je me reconnais, vous êtes… C'est voir Beaulieu. Ah, c'est ça.
C'est ça. Ah, mais lui aussi, je reconnais, c'est votre chauffeur, lui ?
Non, alors le chauffeur, c'est un petit suricate, mais on l'a fait piquer. Ah, d
'accord, d'accord, d'accord.
Voilà, comme vous le savez, je suis actuellement en campagne. Et comme mes
collègues, j'ai décidé de rencontrer les Français de là où ils se trouvent, c'est
-à-dire chez eux. Ah, c'est super, vous avez raison, totalement.
Mais ici, ce n'est pas votre circonscription, si ? Non.
Bien vu.
C'est la région.
qui nous envoie dans le cadre d'un éventuel... On peut rendre à 5 minutes ?
Oui, bien sûr.
On vous suit.
Oui, pardon, bien sûr.
C'est parce que... Suivez-moi.
Tenez, goûtez une petite galette chanteuse. C'est les meilleurs de la
ville.
Sinon, vous... Vous vivez seul, ici ? Ah non, j'habite avec ma femme. Elle est
là, d'ailleurs.
Claire ! Non, non, non ! Ne la dérangez pas tout de suite. Elle viendra quand
elle viendra. On n'est pas à la zone. Ça fait 30 ans qu'on n'est pas à la
seconde, donc cool.
Ouais, c'est plus sympa, quand même.
Claire, tu peux descendre, s'il te plaît ? J'arrive ! Alors ? Tendu un peu, je le
sens. Un peu tendu, oui. C'est normal.
C'est pas facile, quand même, une campagne. J'imagine qu'il y a beaucoup
de tension.
Et puis, c'est demain, les résultats. Donc, un peu...
Très fort, oui. Bon, ça va bien se passer.
Ah, voilà ma femme.
Donc, je vous présente Claire, mon amour. Je te présente Grégoire Beaulieu,
tu sais, l'homme politique... qu'on aime bien, en fait.
Voilà. Ah, je vais chercher le café, il doit être chaud.
Bonjour, madame.
Grégoire.
Alors, Anthony Gérard. Je suis le directeur de campagne de Grégoire.
Et vous vouliez nous voir pour ? Pour parler de
mon programme, de la politique, pour
rencontrer les Français, pour qu'ils nous parlent de leur apport.
La vie, enfin... Leur vie.
Vous parlez du meilleur comme du pire ? Alors, excusez-moi, mais enfin, quand
les hommes politiques, ils nous font le coup de s'intéresser aux gens, ça sonne
souvent démago, non ? Je vous assure que là, c'est pas du tout le cas.
Ah. Bah, sauf que nous, on n'a pas grand-chose à raconter. Hein, Claire ?
Non. Vous avez des questions en particulier ? Euh, oui.
Bah, par exemple, je sais pas, votre...
Travail ? Alors bon, moi je dirige une SS2I à La Rochelle, donc l'informatique,
les logiciels.
Moi je suis infirmière libérale. Oui, voilà.
Et vous habitez ici depuis longtemps ? Ah bah depuis toujours, décharenté, pure
souche. Et fier de l'être.
Vous vous êtes rencontré ici ? Des amours de jeunesse, comme on dit.
On s'est mariés deux ans après que Claire soit rentrée du Brésil.
Oui,
j'ai fait une partie de mon lycée au lycée Francais Dream.
Mais ça date.
Oui, ça date, parce que c'était quoi ? C'était 87, 88, par là.
Ça ne l'aura pas trop plu, mon cœur.
Non, pas trop.
Non.
Je vais chercher le café.
Oui.
Eh bien non, parce que le café, il est là, le...
Parce que comme elle est infirmière, c'est stressant, donc des fois...
Ah
! Là, nos enfants, Madeleine et Thomas.
Dites bonjour quand même, non ? Voilà quoi, des ados.
Des ados tout le temps en train de...
Oui, oui.
J'ai compris. Ça s'en prend toujours un peu. C'est normal.
Mais il n'y a pas de secret, vous savez.
C'est une adoption.
Voilà. Le goût classique.
Une série de fives sans succès.
C'est épuisant, les fives. Et puis, il y a les médecins qui nous disent, il n'y a
rien de physique, ni chez vous, ni chez votre femme.
C'est peut-être psychosomatique. Je crois qu'ils ont compris.
Oui.
Ah, vas-y, tes rouleaux.
Oh là là, hé ho ! On les voit, ils passent.
Qu'est-ce qu'on disait ? Bah oui, alors donc du coup, peut-être votre programme,
vous voulez nous le présenter ? Non, non, non, écoutez, c'est bon pour nous,
on va pas vous déranger plus longtemps.
Ah ! On va vous laisser tranquille.
Ok.
Vous avez une belle famille en tout cas.
Oh, bah c'est sympa ça.
Sous-titrage
MFP.
c'est beau
Je suis.
Parce que là, on peut tout perdre avec ça.
Sinon, on peut aussi attendre la fin des élections, parce que là, c'est un peu
fragile, mais les sondages, c'est pour nous.
Je suis sûr.
Et merci pour la bave.
Merci de l'avoir dit.
En premier, même si j'imaginais un peu plus romantique qu'un texto.
Oh, c'est mignon.
Enfin !
Joie
! Merci, merci à tous.
Merci à tous.
Merci.
C'est une longue campagne, hein ? Alors, dans un premier temps, je voulais tous
vous remercier d'être venus si nombreuses et si nombreux ce soir.
Et avant de parler de ce qui nous concerne tous, permettez-moi d'échanger
avec vous quelques mots sur moi et sur... sur ma famille.
Comment dire ?
Je suis un enfant adopté.
Voilà, j'ai appris récemment que j'ai été adopté par Patrice et Patricia
Beaulieu. Mes chers parents, que j'aime, et qui depuis le début
m'ont tout donné, m'ont tout fait pour moi.
Mais c'est pas tout.
Puisque j'ai aussi appris que j'avais un frère.
Un frère jumeau, plus précisément.
Il est entré dans ma vie il n'y a pas très longtemps et j'aimerais beaucoup qu
'il me rejoigne sur scène. Anthony ? Anthony ?
Excusez-le, il est timide.
Ils vous disent pas tout.
Ou quoi ? Le gars, il a pas son permis.
Voilà ! C'est mon frère.
Si je voulais cacher, c'est parce que... Parce que j'avais peur, en fait.
Peur de pas savoir gérer un tel bouleversement dans ma vie, parce que...
C'est quelque chose.
Mais j'ai finalement décidé de partager avec vous cette merveilleuse nouvelle.
Euh... Bonsoir. C
'est clair que...
Que découvrir qu'on a un frère jumeau, c'est... C'est une émotion incroyable,
en fait.
Alors quand on te dit qu'il est blanc, tu fais waouh et t'y crois pas, quoi.
Mais ce soir, je pense très fort, enfin, on pense très fort à... à cette jeune
fille de 17 ans qui a fait ce choix de nous confier Grégoire et moi.
Ce soir de Noël.
C'est pas le cadeau qu'on aurait voulu, mais...
Mais ça a pas dû être facile pour elle.
Et je suis sûr qu'elle a fait ce qu'elle pensait être le mieux pour nous.
Mais je voudrais lui dire que... qu'on la juge pas,
et surtout qu'on lui en veut pas.
Merci.
Mes chers amis, après toutes ces années à me battre contre vents et marées, je
suis heureux de vous annoncer que j'ai enfin gagné ce combat pour vous. Le gros
mytho. C'est donc avec une immense fierté que j'inaugure aujourd'hui ce
superbe, que dis-je, ce magnifique et si nécessaire espace jeunesse Paul Girard,
ainsi nommé en l'honneur et la mémoire de celui qui, durant 30 ans, en fut le
principal animateur.
et dont le fils Anthony reprend aujourd'hui si vigoureusement le
flambeau.
Plus qu'un lieu de vie, c'est véritablement le cœur même de notre cité
qui est aujourd'hui réhabilité, il était temps.
Alors, tous mes voeux de réussite, mon cher Anthony.
Encore de l'argent jeté par les fenêtres.
Merci, M. Morand.
Merci pour votre confiance et surtout cette générosité. Vous m'aviez garanti
que cette salle allait réouvrir.
Et nous le savons, vous et moi, vous êtes un homme de garantie.
Espèce de petit enculé.
Mon père aurait kiffé être avec nous aujourd'hui.
Et je sais qu'il nous regarde de là où il est.
Alors pour qu'il nous entende, j'aimerais qu'on applaudisse très fort.
Vraiment de toutes nos forces, le nouvel espace Jeunesse Paul Gérard.
Merci, maman !
Très
beau discours.
Très émouvant. Oui, très sincère. Ça va, ça va.
Dis-donc, mon dieu.
C'est toi qui lui a fait les photos à ton fils ? Tu sais, Morand, je n'ai fait
qu'un seul mandat, mais j'ai gardé deux, trois contacts à la mairie, quand même.
Moi, j'aime beaucoup, mais beaucoup, celle avec les plumes.
Oui, très décoratif. Pas facile à porter, mais... Lamentable.
Lamentable.
Qu'est-ce qu'il fout avec ma fille, ces deux cons, là ? Pardon.
Allez, viens. On y va.
Dites-moi, Beaulieu, comment vous avez fait pour convaincre Morand de rouvrir
cette salle ? Ah, c'est simple. Je lui ai fait du chantage, du coup, il n'a pas
eu le choix.
D'accord.
En fait, le mec est sincère tout le temps, maintenant.
Alors, monsieur le directeur, on va aller voir cette salle ? Allons-y, let's
go ! Oui ! Anthony, je peux parler ? Allez-y, on vous rejoint.
Très cool, ton discours.
Merci beaucoup.
Ça me fait plaisir de vous voir avec Noémie. Oui, bah oui. Ça se passe bien ?
Plutôt. Merci pour le texto. Oui, merci.
Justement, à propos de Noémie...
Je voulais te dire... Ah ok, t'es au courant.
Non mais je le sais depuis le début, mais je ne savais pas comment te le
dire. Le début de quoi ? C'est notre soeur jumelle.
Non, non, non, non, non.
Parce que vous avez les mêmes yeux, c'est pour ça. Non, putain ! Non, non.
Vas-y, qu'est-ce qu'il y a ? Je voulais te dire que... Tu vas être tonton.
C'est parti
!
C'est parti
!
Sous-titrage
MFP.
C'est parti !
Sous-titrage ST' 501
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