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Zulu
...
- Au vu de ces éléments, à quelle conclusion a abouti votre enquête ?
- L'accusée, Aurélia Montfort, a assassiné son mari,
Dominique Montfort,
dans la soirée du 20 novembre 2022.
- Avez-vous, à ce jour,
des doutes ?
- Aucun, M. le président.
...
- Ca va, commandante ?
- C'est la partie du job que je déteste.
- Ma mère est innocente,
vous entendez ? Innocente !
Ca va être une erreur judiciaire.
- Calme-toi, Capucine.
Veuillez l'excuser.
- C'est pour elle
que c'est le plus dur. - L'enfer. Excusez-moi.
Sonnerie.
Oui, Célestin.
Quoi ?
Vous êtes sûr ?
OK, très bien, j'arrive.
- Il y a un problème ?
- Un nouveau témoin.
- A 3 jours du verdict ?
- Redites-moi tout depuis le début.
- J'étais à l'aéroport, dans la salle d'embarquement,
et Aurélia Montfort était assise en face de moi.
- Comment vous pouvez en être sûr ? C'était il y a longtemps.
- Ses cheveux bruns courts, ses yeux noirs,
son regard.
C'est le genre de femme qu'on n'oublie pas.
- Pourquoi vous n'êtes pas venu avant ?
- Encore une fois, j'étais pas au courant.
J'étais en mission en Nouvelle-Zélande.
- C'est en rentrant
que vous avez vu le reportage sur l'affaire Montfort ?
- C'est ce que je vous ai dit. - Vous parlez de ce reportage ?
l'homme d'affaires et philanthrope,
sont connus.
son mari âgé et son jeune amant.
- C'est elle.
avec cette situation
aurait poignardé son mari
- Elle a pas pu tuer son mari, vu qu'elle était à l'aéroport.
- Redites-moi pourquoi vous êtes certain
qu'elle était devant vous à 23h.
- Je ne l'ai pas quittée des yeux jusqu'à ce que j'embarque, à 23h05.
- "Besoin d'air"... Ca veut dire quoi ?
Elle peut pas partir comme ça. - Peut-être trop de pression.
Faut lui laisser du temps. - Pourquoi elle m'a rien dit ?
Il faut que je la retrouve.
- Et ton concours ?
- Je peux pas y aller, tant pis.
- Tu peux pas tout laisser tomber comme ça.
- Je peux pas me concentrer. J'arrête pas de penser à elle.
- Je sais, Thomas.
Apolline est partie, mais elle va revenir.
Tu peux pas tout gâcher.
Tu vas t'en vouloir et à elle aussi.
- Je sais pas quoi faire.
- On va trouver une solution. Il faut que tu passes ce concours.
Pleurs de bébé.
- Qui va garder Lucile ?
- Je vais demander à ta soeur.
- Alice ?
Toute seule avec un bébé ?
Pleurs de bébé.
- Mais non, non.
Alice, tu viens de lui donner un biberon.
Si elle pleure, c'est pas forcément qu'elle a faim.
J'en sais rien. Tu te débrouilles, tu la promènes.
Pardon, deux secondes.
Je suis au boulot, là, c'est compliqué.
Ouais. Non. Tu sais quoi ?
Si elle pleure, tu arrêtes de lui donner à manger, d'accord ?
- Il y a un problème ? - Non, ça va, elle va gérer.
- Paul, faut que je te parle.
On a un nouveau témoin dans l'affaire Montfort.
Il était avec l'accusée à l'aéroport, à l'heure du crime,
le 20 novembre.
- Peut-être qu'il se trompe. - Non, il a l'air sûr de lui.
- Je n'étais pas sur l'enquête à l'époque,
mais connaissant Léa, j'imagine que le dossier est béton.
- On a tout :
le mobile, les empreintes d'Aurélia Montfort sur l'arme,
la scène de crime qu'elle a nettoyée
et ses mensonges. - Que faisait-elle à l'aéroport ?
- Elle devait partir à la Martinique.
Peu avant le décollage, elle retourne chez elle.
Elle dit qu'elle découvre son mari mort et qu'elle appelle la police
tout de suite.
- Sauf que... - Sauf que...
l'avion décolle sans elle à 23h30,
et elle appelle la gendarmerie à... 1h30.
- Qu'est-ce qu'elle a fait entre-temps ?
- Ca dépend des versions.
Pour nous, elle est rentrée, elle a tué son mari
et elle a tenté de dissimuler son geste.
- Ca paraît évident.
- Mais avec ce nouveau témoin...
Je ne vois pas ce qu'on a raté.
Ce qu'il faudrait,
enfin, ce qui serait bien,
c'est qu'on reprenne tout depuis le début.
- Oui.
- Mais avec un regard neuf.
- Ah là là... Où est-ce qu'on va trouver ça ?
L'idéal, ce serait un capitaine dévoué,
rempli de talent, de charme aussi, et qui n'était pas sur l'enquête
à l'époque. - Eh oui.
Mais on n'a pas ça.
- Ben si.
- Dominique Montfort a reçu un seul, mais violent coup de couteau,
qui a pénétré l'oreillette droite, sectionnant la valve aortique
et provoquant une hémorragie.
La mort a été instantanée.
- Docteur Marvaud,
pouvez-vous dire au jury
si vous avez réussi à déterminer l'heure du décès ?
- Entre 22h45 et 23h15.
- Comment pouvez-vous être aussi affirmatif ?
- Le bol alimentaire.
Peu avant sa mort, la victime avait consommé des chips et du whisky.
Ces deux aliments se digèrent à une vitesse très différente,
ce qui permet de calculer l'heure du décès.
- Vous savez qu'on n'a retrouvé
ni verre de whisky ni chips près du corps ?
- Je suis médecin, pas enquêteur.
- Célestin a vérifié le témoignage de Gabriel Perez ?
- Oui, tout est raccord avec ce qu'il raconte.
- Ca sort d'où, ce truc ?
- Je ne comprends pas. J'ai tout revérifié.
Rien ne prouve qu'Aurélia Montfort était assise en face de lui.
- Comment ça, t'as tout revérifié ?
- Ton père avait besoin d'avoir un regard neuf.
- D'accord. C'est la tuile, ça, en plein procès.
J'appelle Camille.
Camille, vous êtes où ?
OK. On aurait besoin
de quelqu'un au tribunal
pour nous tenir au courant de l'évolution des débats.
Parfait. A plus tard.
- Du coup, je vais y aller aussi.
- Tu sais, Paul,
je voulais te dire que je n'ai pas bâclé cette enquête.
- Oh là là, mais je n'ai jamais pensé ça une seule seconde.
Si ça se trouve, Gabriel Perez se trompe
de jolie brune aux cheveux courts.
- "Elle a les fesses toutes rouges. Est-ce que c'est normal ?"
- Qui ?
- C'est quoi, ce message d'Alice ?
- Ah, d'accord. C'est parce qu'elle garde la petite, là.
- Elle n'a jamais changé une couche de sa vie.
- C'est le moment de commencer. - J'ai laissé un message à Thomas.
Alors, son concours ? - Il voulait plus y aller,
mais je l'ai remotivé, tout va bien.
- Paul, j'ai aussi appelé les hôpitaux.
Aucune trace d'Apolline.
- Eh ben, tant mieux, c'est rassurant.
- Pas du tout.
Une mère qui laisse son enfant, c'est qu'il y a un problème.
- Léa...
Ca va aller.
Elle va revenir.
- L'arme du crime
a été retrouvée dans le jardin, enterrée à 20 cm de profondeur.
- Vous avez donné ce couteau au laboratoire pour analyse ?
- Parfaitement, et ils ont relevé les empreintes de Mme Montfort.
On a pu déterminer qu'une partie de la scène de crime
avait été lessivée avec du détergent.
- Par qui ?
- La bouteille de détergent portait les empreintes de Mme Monfort
et des traces de sang de M. Monfort.
- La maison dispose de la vidéosurveillance ?
- Oui. La caméra est installée
au niveau du portail,
et le reste du mur d'enceinte est équipé d'un système d'alarme
qui s'enclenche à 21h.
- La vidéo vous a révélé qui est entré et sorti ce soir-là ?
- Non. Quelqu'un a enlevé la carte mémoire et l'a fait disparaître.
- Très bien.
Je laisse la parole à maître Chartier.
- Lieutenant Lebellec,
avez-vous cette carte mémoire ?
- Non, on ne l'a jamais retrouvée.
- Donc Aurélia Montfort, qui aurait mal dissimulé l'arme,
aurait réussi à faire disparaître
cette carte ?
- C'est tout petit, donc facile à faire disparaître.
- Elle l'aurait avalée ?
- Je ne sais pas, maître.
- C'est une possibilité ?
- Euh... oui.
- Vous n'avez pas vérifié ?
- Je ne vois pas comment on aurait pu.
- Dans les selles,
quand elle était en garde à vue, par exemple.
Mais je ne vais pas vous expliquer votre travail.
J'avance une autre hypothèse.
Aurélia Montfort aurait pu cacher la carte dans le parc.
- Non. On y a pensé tout de suite et on a cherché partout.
- Partout ?
Même dans les nids d'oiseaux ?
- Pardon ?
- Plusieurs pies vivent dans le parc des Montfort.
La pie récupère tout ce qui brille.
Donc je pose à nouveau ma question simple.
Avez-vous fouillé
les nids d'oiseaux ?
- Non.
- Voilà.
Je crois que nous sommes tous d'accord.
Contrairement à ce qu'ils affirment,
les gendarmes n'ont pas cherché cette carte mémoire partout.
- Bonjour, maître.
- Tiens, ça fait longtemps.
- Alors, comme ça, on se paye un lieutenant de gendarmerie
pour son quatre-heures... - Je fais mon métier.
- C'est pas un peu risqué, d'attirer l'attention
sur cette carte mémoire ? L'assassin est dessus.
- Qui vous dit que c'est ma cliente ?
- Ben, les preuves apportées
par le lieutenant Lebellec.
Vous connaissiez Dominique Montfort ?
- Oui. J'ai été son avocat pendant des années.
Un homme exceptionnel, qui a sorti Aurélia de la rue, l'a épousée
et a élevé sa fille comme la sienne.
- Sa femme le tue juste avant de partir avec le bel amant...
- Sa liaison avec Florian Pujol ne joue pas en notre faveur.
Mais Aurélia
est innocente, je vous le garantis.
Depuis le début, elle me ment, comme elle a toujours menti.
Elle fait exprès de se couler.
- Vous allez sortir une bouée pour la sauver ?
- Je peux pas la défendre malgré elle.
Si seulement
un élément nouveau apparaissait,
quelque chose qui puisse introduire le doute,
comme cette carte mémoire...
Ca fait des mois que je demande de nouvelles recherches,
mais le juge d'instruction a toujours refusé.
- Tu imagines, même s'il y a une chance minime
que cette femme soit innocente, si elle se retrouve condamnée ?
Cette histoire
de carte mémoire m'a toujours dérangée.
On a cherché partout.
Enfin, sauf dans les selles d'Aurélia
et dans les nids d'oiseaux.
- Je peux faire de nouvelles recherches.
- C'est trop tard, tu ne trouveras rien.
- Ca coûte quoi, d'essayer ? C'est hyper calme en ce moment.
Chartier est tellement sûr qu'elle est innocente
qu'il est prêt à prendre tous les risques.
Si Aurélia apparaissait sur la carte mémoire, ça t'arrangerait.
- J'en ai marre de douter, ça me rend dingue.
- J'y vais.
- OK. Mais discrètement. L'instruction est terminée.
- J'ai essayé d'appeler Apolline
plusieurs fois.
Son téléphone est coupé.
C'est le répondeur à chaque fois. - Moi aussi.
C'est peut-être ça, le problème. C'est nous.
On est trop sur elle, on lui met la pression.
Les grands-parents étouffants.
- On n'étouffe personne.
Je crois que c'est la naissance de Lucile.
- C'est-à-dire ?
- Toutes les femmes ne vivent pas la maternité de la même façon.
Toi, par exemple, tu étais hyper sereine, épanouie.
- Tu penses à un baby blues ? - Très précisément, oui.
- C'est pas possible.
On vit sous le même toit, je m'en serais rendu compte.
Je l'aurais vu.
- Allez... ca va s'arranger.
- Mais... t'avais pas un truc à faire ?
...
Sonnerie.
- Capitaine Marchal, gendarmerie nationale.
J'aimerais parler à Capucine Montfort.
- Nous y revoilà.
Bis repetita placent. - Je ne crois pas, non.
- Tu ne crois pas quoi ?
- Que "bis repetita placent".
Ca ne me plaît pas, de revenir ici.
- Ah, tu parles latin ?
- Ben, oui, pourquoi ?
- Cool.
- Bonjour, Mlle Montfort.
- Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?
- Nous sommes là
pour un complément d'enquête. - Vous rouvrez l'enquête ?
Vous pensez que ma mère est innocente ?
- Je ne veux pas vous donner de faux espoirs.
On vient juste vérifier deux-trois choses
de façon officieuse.
Vous nous laissez entrer ?
- Oui, bien sûr. - Merci.
Vous vous occupez du jardin ?
- Hm. - Hm.
- Merci.
- C'est ici que ça s'est passé.
- J'ai besoin de me figurer les choses.
- Il était là,
allongé, comme ça.
Il y avait du sang partout.
- Parlez-moi de la liaison
de votre mère avec Florian Pujol.
- Ce minable l'a embobinée avec de belles paroles.
Tout ce qui l'intéressait,
c'était l'argent.
- Donc ça l'aurait arrangé que votre mère soit veuve.
- C'est ce que j'ai dit à la commandante Soler.
C'est lui qui a tué mon beau-père. C'est lui.
- Je vois pas pourquoi on trouverait cette carte mémoire.
On a déjà fouillé ici 2 000 fois. - On est peut-être passés à côté.
Bips.
... - Ah !
Quelque chose, là.
Ah non, c'est rien.
...
Ah ! ...
Ah non. - Hé, dis-moi,
il a pas un problème, ton détecteur ?
Il fait beaucoup de bips.
- J'ai réglé la sensibilité au maximum.
- C'est quoi, l'intérêt ? - Pour que ça bipe.
- Tu sais quoi ? Regarde.
Occupe-toi de ce secteur, et moi, je fais ce côté.
- OK.
...
Ah ! J'ai quelque chose, là.
Ah non, toujours pas.
Il y en a qui aiment le champagne, ici.
- C'est un muselet, ça. Il y en a qui les collectionnent.
- Ca ? - Oui. Ce sont des placomusophiles.
- Ah.
Et pour le mariage, tu as choisi le champagne ?
C'est presque aussi important que le témoin.
- Ni le champagne ni le témoin. - Quoi ?
Mais t'es à la bourre. Il faut du temps, pour se préparer.
Le noeud pap et tout... - Ca va être un mariage très simple.
- Moi, je ne suis pas compliqué, ça tombe bien.
Et l'enterrement de vie de garçon ? - Non, merci.
- C'est aussi le témoin qui l'organise.
- Les coutumes stupides et humiliantes, très peu pour moi.
- Je t'arrête tout de suite.
Si c'est bien fait, c'est ni stupide ni humiliant.
Pour mon cousin, on était déguisés en girafes
et on a descendu la Canebière en moonwalk. C'était top.
- C'est quoi, ça ?
Elle n'y était pas, cette souche, au moment de l'enquête.
- L'arbre a dû tomber
pendant la dernière tempête.
- C'était le jour de mon admission
en 2e année de médecine.
- Capitaine !
Capitaine !
- Tenez, Erwan. - Merci.
- Sans sucre, hein ? - Oui.
- Alors ?
- La carte a été enterrée longtemps,
donc c'est oxydé.
C'est pas évident.
- C'est fou, d'avoir retrouvé cette carte, tout ce temps après,
grâce à une tempête.
- Si le destin nous aide,
on ne va pas se plaindre.
Là, ça marche.
21h, c'est l'heure où l'alarme et la caméra s'enclenchent.
- A 21h, Aurélia était déjà partie pour l'aéroport. On peut avancer ?
Là !
Marche arrière...
C'est bien elle. 23h38.
23h38.
Aurélia Montfort n'était pas chez elle au moment du crime.
- Notre suspecte numéro 1 a un alibi.
- Et moi, je l'ai envoyée aux assises.
Comment j'ai pu me planter à ce point ?
- Les images s'arrêtent à 23h42,
moment où la carte a été enlevée.
- Soit par le vrai meurtrier, soit par Aurélia elle-même.
Mais pourquoi elle aurait fait ça ?
- On n'a vu personne d'autre entrer ou sortir de la propriété.
Il y avait l'alarme. Ca aurait dû la déclencher.
- Je vais au tribunal. Je vais demander à suspendre les débats.
Je vous tiens au courant. - D'accord.
- Je n'ai jamais nié que j'avais une liaison avec Florian Pujol.
- C'était une manière un peu cavalière
de remercier votre mari, après ce qu'il avait fait pour vous.
- Je suis tombée amoureuse. Ca ne se contrôle pas.
- Dominique Montfort était un homme respecté de tous.
Mais plusieurs témoins ont dit qu'il était dur avec vous,
surtout depuis qu'il avait appris votre liaison.
Je cite :
"Il était tyrannique,
"il la harcelait." Une bonne raison
de s'en débarrasser.
- Je n'ai pas tué Dominique.
C'est la vérité. Comment j'aurais pu ?
Je lui devais tout.
C'est dur, de me croire, quand je dis que j'aimais
deux hommes en même temps, mais c'est vrai.
- Les faits sont tenaces.
Ce soir-là,
après avoir découvert le corps de votre mari,
vous avez affirmé
avoir appelé tout de suite la police.
- J'ai un peu attendu.
- Attendu...
Attendu quoi ?
- Je ne me souviens plus.
- Vous ne vous souvenez plus ?
- J'étais sous le choc.
Je ne savais plus ce que je faisais.
- Vous saviez très bien ce que vous faisiez.
D'ailleurs, encore ici, devant la cour, vous mentez.
Le temps est venu d'avouer votre crime.
- Maître...
Il faut absolument que je parle
à Aurélia. - C'est impossible.
- Ils ne m'ont pas laissé la voir. - C'est la procédure.
- Je veux parler à la femme que j'aime.
- Vous êtes témoin, vous pouvez pas communiquer avec l'accusée.
Dites la vérité à l'audience.
- Il en fait pas un peu trop,
ce Florian Pujol ? - Je l'ai toujours trouvé louche.
Trop ambitieux pour être honnête.
- Qu'est-ce que tu fais là ?
- Il y a une nouvelle pièce à conviction.
Aurélia Montfort est innocente.
- Sous un arbre arraché par la tempête ?
Mais bien sûr ! De toute façon,
cette preuve n'est pas recevable.
- Aurélia n'était pas sur les lieux, à l'heure du crime.
On a aussi le témoin de l'aéroport. - Vous marchez pour la défense ?
- Je marche pour la vérité.
- Le médecin s'est trompé, c'est tout.
Le meurtre a eu lieu après 23h15,
pas avant.
- Le Dr Marvaud est formel. - Si vous m'y obligez,
je vais devoir démolir votre légiste devant le jury.
C'est ça que vous voulez ?
Le procès ira jusqu'au bout.
Si vous continuez votre enquête, j'en référerai au procureur.
Aurélia Montfort est coupable
d'assassinat.
Mon travail, c'est qu'elle soit condamnée.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Elle refuse de suspendre le procès.
- On fait quoi, alors ? - Eh ben, on enquête.
- Il ne reste que 3 jours de procès. - Eh ben, on se dépêche.
- L'avocate générale refuse d'entendre parler
de la carte mémoire.
- Elle se repose sur les conclusions de l'enquête de Léa.
- Explique-moi l'attitude d'Aurélia Montfort.
Elle est innocente et elle ment. Pourquoi ne dit-elle pas
ce qui s'est passé ? - On peut aller lui demander.
- Ah, ben non. Ca, ce serait contre la procédure.
- Ben, oui. Oui, bien sûr.
- Madame Monfort, bonjour. Capitaine Marshal.
Nous avons retrouvé la carte mémoire
qui montre que vous êtes bien rentrée chez vous
après le meurtre.
J'ai deux questions.
Pourquoi vous avez nettoyé
la scène de crime ?
Et pourquoi vous avez caché l'arme et la carte mémoire ?
Vous savez, je suis là pour vous aider.
Mais il va falloir que vous m'aidiez aussi.
- Je n'ai pas caché la carte mémoire.
- Vous connaissez
l'identité de l'assassin de votre mari
et vous le protégez.
Vous êtes prête à être condamnée à sa place.
- C'est pour ça que vous êtes venu ?
Vous êtes comme les autres.
- Non, écoutez...
- Je n'ai plus rien à vous dire.
Laissez-moi, maintenant.
- Pourquoi on protège quelqu'un ?
- Euh...
par intérêt...
par peur... - Hm.
Ou par amour.
Toi, tu le ferais, pour Alice, Thomas.
- Oui, oui.
Ah, tu penses à sa fille, Capucine.
- Capucine Montfort ? C'est pas possible.
Elle était à une soirée à 40 km,
et 50 témoins peuvent confirmer.
En plus, elle adorait son beau-père.
- Alors, c'est l'amant, Florian Pujol.
Il a un gros mobile.
- Oui, l'amant arriviste
qui tue le mari pour se glisser dans ses pantoufles.
- Il a insisté pour parler à Aurélia Montfort.
Pour lui dire de continuer à se taire ?
- En plus, le soir du meurtre,
le portable de F. Pujol était désactivé.
Impossible de le localiser. C'est marrant.
- Pourquoi tu ne l'as pas arrêté ?
- Pourquoi je ne l'ai pas arrêté ? Ca, c'est la bonne question.
Parce qu'il était chez nous.
- Chez nous ? - Hm.
- Chez nous ?
- Oui, là, en cellule.
- Ah oui, ce chez-nous-là.
- Arrêté pour excès de vitesse et outrage à agent.
La brigade routière l'a amené.
- D'accord. Donc l'alibi du siècle.
- Ce n'est pas Capucine Montfort.
Ce n'est pas Florian Pujol.
La seule piste qu'il me reste, c'est Aurélia Montfort,
comme à l'époque. On n'a pas avancé d'un iota.
Sonnerie de téléphone.
Soler, j'écoute.
OK, très bien. On l'attend.
- Oups.
Il y a un problème ?
- C'était maître Chartier.
Un ancien client à lui a des infos sur l'affaire Montfort.
- Non...
C'est une blague ?
- Eh ben, dis donc,
vous en avez, un sacré casier, M. Viala.
- Non, mais c'est pas grave. Je reviendrai.
- Attendez, attendez.
Si vous avez quelque chose à dire, dites-le tout de suite.
- Maître Chartier a dit que c'était important.
- Ah...
Si c'est maître Chartier qui l'a dit,
vous allez en parler au colonel.
- Donc vous avez partagé votre cellule
avec cet Anthony Léger.
- Oui, pendant 6 mois.
Je suis sorti il y a 3 semaines. - C'est ça, oui.
Et là, vous débarquez pour balancer votre ex-codétenu.
- Je ne l'ai jamais aimé, de toute façon.
- D'accord. Eh ben, je vous écoute.
- Avec le procès à la télé,
j'ai repensé à un truc que m'avait raconté Léger.
- Je vous écoute.
- Une histoire de dingue.
Il m'a dit qu'un gars l'avait payé pour être coffré à sa place.
- Qu'est-ce que vous racontez ?
- Florian Pujol.
Il lui a proposé une brique pour mettre ses fringues,
prendre ses papiers et sa bagnole
et se faire arrêter.
- Pujol et Léger se ressemblent ? - Comme deux frangins.
- Ca s'est passé quand, cet échange d'identité ?
- Le soir où le vieux riche a été tué.
C'est pour ça que maître Chartier a voulu que je vienne vous parler.
- Attendez.
Vous êtes en train de me dire
que Florian Pujol a manipulé les gendarmes
pour se forger un alibi ?
- Oui, c'est bien moi
qui étais d'astreinte, le soir de l'arrestation de Florian Pujol.
- C'était bien lui ? - Oui, pourquoi ?
- C'était cet homme-là ?
- Oui, Florian Pujol.
Les collègues de la Routière avaient vérifié ses papiers.
- Eh ben, moi, j'y crois pas.
- Ce genre de truc, ça marche au culot.
- C'est pas possible. - Qu'est-ce qui n'est pas possible ?
- Tu veux une preuve que si ? - Si tu veux.
- De quoi vous parlez ?
- Tu voulais voir Pujol, donc tu as vu Pujol.
Mais c'était pas Pujol.
- Merci, Erwan.
On frappe à la porte.
- Thomas. - Hein ?
Thomas...
Tu as des nouvelles d'Apolline ?
- Je peux pas rester ici, à l'attendre sans rien faire.
Maman, on peut pas ouvrir une enquête
pour la retrouver ?
- Euh... Non, non.
Apolline est majeure, elle est partie de son plein gré.
- Elle a dit qu'elle avait besoin d'air, il faut lui en laisser.
- Vous vous foutez de moi ? Et s'il lui était arrivé un truc ?
- On ne peut pas chercher Apolline contre sa volonté.
Ce n'est pas la procédure.
- Vous ne faites jamais rien hors procédure ?
C'est la femme que j'aime,
la mère de votre petite-fille, et vous, vous respectez
la procédure !
- Ben, voilà.
Hors procédure... - Oui, je sais.
- Voilà, c'est ça.
- M. Pujol,
quand et comment avez-vous commencé à fréquenter Mme Montfort ?
- On s'est rencontrés il y a deux ans,
dans un club de sport.
- Vous saviez qui était son mari, à l'époque ?
- Oui, de nom.
- C'est pour ça que vous avez envoyé
ce texto à un ami ?
"Le vieux Montfort est un dur à cuire,
"mais je peux lui faire cracher le pognon pour conclure l'affaire."
- Je disais ça comme ça.
- Vous parliez de l'achat des terrains de Cazevieille ?
M. Pujol,
votre relation avec Mme Montfort n'était-elle pas d'abord basée
sur l'intérêt ?
- Jamais de la vie, non.
Dominique Montfort, j'ai voulu faire affaire avec lui,
mais Aurélia...
je suis tombé amoureux immédiatement.
- On a du mal
à vous croire.
- Je vous jure. Elle souffrait de tromper son mari.
Ca la torturait.
Il était dur avec elle, mais jamais elle ne l'aurait tué.
Aurélia, pourquoi tu ne te défends pas ?
Je t'en supplie, parle. Dis-leur ce que tu sais.
Elle sanglote.
Aurélia... - M. Pujol !
Murmures.
La séance
est suspendue. M. Pujol, vous restez
à disposition de la cour.
- Comme j'ai dit à Erwan,
comme témoin, il te faut un gars plein de ressources et marrant,
sous-entendu moi.
- D'accord,
mais c'est mieux si c'est Erwan qui décide.
- Oui, mais...
J'ai un super jeu pour son enterrement de vie de garçon.
Le tradéridéra. Vous connaissez ? - Le quoi ?
- Le tradéridéra.
- Non.
- Ca va plaire à Erwan.
Le principe, c'est de se faire passer un verre en chantant.
Ca paraît simple,
comme ça,
mais ça demande beaucoup de dextérité.
Ca fait comme ça.
Sa...
... vez-vous
passer
le tradéridéra ?
Savez-vous passer... - D'accord, j'ai compris.
Dommage, on n'a pas le temps.
Erwan va arriver avec Florian Pujol.
- Dommage parce que c'est bien, comme jeu.
En plus, on met
ce qu'on veut dans les verres.
Pourquoi on amène Florian Pujol ici ?
- Donc ça fonctionne.
- De quoi ?
- Le tour de passe-passe. C'est pas Florian Pujol.
- Ben...
si. - Ben, non.
- Si.
- Non.
- Sauf votre respect, capitaine,
à partir de 50 ans, il faut faire vérifier sa vue.
- Alors ? - Eh ben,
ça a fonctionné.
- J'aurais jamais cru ça possible. C'est pas Florian Pujol.
- Arrêtez, tous les deux.
- Le type que tu viens de voir, c'est Anthony Léger.
Florian Pujol est au tribunal.
- Je ne le connais pas, ce Florian Pujol.
- D'après ses fadettes, vous l'avez appelé plusieurs fois.
- Eh ben, j'ai dû me tromper de numéro.
- Vous êtes long à apprendre de vos erreurs.
Mais c'est pas un problème. On peut vous garder 48h de plus.
- OK.
On s'est croisés sur l'affaire des terrains de Cazevieille.
Les proprios m'avaient demandé de virer des squatteurs.
- C'est pas pour ça que vous l'avez appelé.
Je crois que vous l'avez appelé pour le faire chanter.
- Moi ?
Je suis en taule, en ce moment.
Pourquoi je le ferais chanter ?
- Comment vous expliquez qu'on ait trouvé ça chez vous ?
- Ben, demandez à ma femme.
- Florian Pujol vous a donné ces 10 000 euros
pour que vous preniez son identité le soir du meurtre de D. Montfort.
Vous l'avez dit à Guillaume Viala.
Et maintenant, vous le faites chanter
pour en avoir plus.
- Viala, c'est un mytho.
- Bon, on va tout reprendre depuis le début.
- En tout cas, il avait l'air
hyper sincère, Florian Pujol.
- Il a plutôt intérêt à jouer les amoureux transis,
s'il veut qu'Aurélia continue à le couvrir.
Sonnerie. C'est Erwan.
Oui, Erwan ?
Super. Merci. On se tient au courant.
- Anthony Léger est passé aux aveux ?
- Oui. Faut trouver l'avocate générale.
- La voilà.
- Madame l'avocate générale ?
Nous avons la preuve que l'alibi de Florian Pujol est faux.
- Vous avez poursuivi l'enquête ? Et vous me le dites ?
- Oui. On a les aveux de l'homme qui lui a fourni l'alibi
et la preuve d'une transaction entre les deux.
Florian Pujol était libre de tuer Dominique Montfort, ce soir-là.
- Vous êtes sûre de vous ?
- Oui.
- Très bien. Je vais le confronter.
Sonnerie. - La cour !
- Vous pouvez vous asseoir.
- M. le président, j'ai des questions pour M. Pujol,
qui étonneront la cour.
- Très bien. Faites entrer
le témoin.
- M. le président, le témoin a disparu.
- Quoi ?
- Je répète...
Un homme, 33 ans, environ 1,80 m, type caucasien, cheveux châtains
et yeux marron.
- On file chez Florian Pujol.
- On en est où ?
- Il a dû s'éclipser pendant la suspension de séance.
- Comment a-t-il su qu'on était après lui ?
- Je ne sais pas.
- Il a trop d'avance, on ne le chopera pas.
Faut qu'on nous aide. Quelqu'un qui le connaît bien.
- Pourquoi il s'est enfui ?
- L'important, là, c'est qu'il est en danger.
- C'est-à-dire ?
- Si un gendarme essaie de l'arrêter et qu'il résiste,
ça peut virer au drame.
- C'est un cauchemar.
- Vous savez où il pourrait se cacher ?
Si vous avez une idée, dites-le.
Chaque minute compte.
- Il randonne souvent du côté de Brissac.
- Dans la montagne ? - Oui.
- Merci.
- Colonel !
Promettez-moi qu'il ne lui arrivera rien.
- On n'a rien trouvé. On file sur Brissac.
- Lieutenant...
- On a peut-être un problème. Florian Pujol pourrait être armé.
- OK.
C'était il y a combien de temps ?
Il y a une heure ?
Très bien. Merci.
Florian Pujol est passé dans une station-service à 5 km d'ici.
- Il se cache dans le coin, alors. - Mais où ?
- Changez de secteur et tenez-moi au courant.
Merci.
Elle frappe.
Entrez.
Vous avez des nouvelles ? - Oui.
La brigade est allée chercher là.
Ils ont vérifié les deux gîtes et les deux campings,
mais pas de Florian Pujol.
- Il faut un endroit isolé.
- Du coup, j'ai peut-être ça.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Une ancienne bergerie. - Où ça ?
- Route de Saint-Bauzile. - Ca peut le faire, ça.
Paul, il y a une ancienne bergerie sur la route...
- De Saint-Bauzile.
Tu me tiens au jus, hein ? OK, à plus.
- Euh, dis-moi,
ton pote qui te sort des fadettes, tu es encore en contact avec lui ?
- Euh, oui.
Il est même invité au mariage. Pourquoi ?
- C'est un petit service pour Thomas.
Je t'ai noté le nom
et le numéro.
- La commandante est au courant ?
- Il est là. Il y a sa voiture.
...
...
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