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...
Grésillement.
- Bonjour à toutes et à tous.
Encore une magnifique journée à l'ESM.
Les championnats d'Europe d'athlétisme en salle
se tiendront dans 3 jours.
sur votre présence dans le public
Vanessa Guibert en lancer de poids
Sans oublier nos championnes,
et 400 m par équipe :
Wendy Piron et Sarah Cavalier.
que nous entraînons,
d'un maximum de soutien.
...
Il ronfle.
- Oh !
J'ai trouvé ! - Quoi ?
- Jérôme Clèche.
L'homme qui en voulait à votre père.
- Oui. Eh ben ?
- Sa société a supervisé une partie de la numérisation
des archives de la gendarmerie. - Et alors ?
- Comment ça ?
Le dossier de vos parents a justement disparu de ces archives.
- C'est un début de piste ?
- En tout cas, ça sent bon. Vous avez ronflé.
- Je respire fort.
Elle rit.
Une piste et un sourire. La journée commence bien.
- Au sujet d'hier soir... - Léa,
c'est maman. J'ai apporté des croissants. Où es-tu ?
Léa ? - Bonjour.
- Pardon. Je dérange.
- Non. Pas du tout.
Je te présente Franck.
Heu... Le médecin légiste.
- Bonjour, madame. - Bonjour. "Le médecin légiste".
Bien sûr. Pierre m'a déjà parlé de vous.
Il a omis de me dire que vous étiez joli garçon.
- Franck m'a amené un dossier important. On travaillait.
- Bien sûr.
- Ben, oui. - Bien sûr. Franck,
vous prouverez à Léa qu'il n'y a pas que le travail dans la vie.
N'est-ce pas ?
- Bien sûr. D'ailleurs, je citerai Ronsard,
qui disait :
"Vivez si m'en croyez.
"N'attendez à demain
"et cueillez les roses de la vie." - Beau garçon et poète.
Vous êtes l'homme parfait. Le téléphone sonne.
- Commandant Soler, j'écoute.
Où ça ?
A l'Ecole des sports de Montpellier.
J'arrive au plus vite. Je me prépare et j'arrive.
Ca ne va pas être possible.
- Ah oui ? - Franck, à plus tard.
- Oui. - Prends les croissants.
- Non. Merci.
- Par ici, mon commandant. - Bonjour, Gérald.
Vous m'apportez des gants ? - Oui.
- Madame. - Commandant.
- Bonjour. - Bonjour.
- Alors ?
- Sarah Cavalier, 19 ans. Elle s'entraînait ici avec l'équipe
de France. - "Sarah Cavalier".
Je connais ce nom.
- C'était la star de l'équipe. Elle passait aux infos.
- On la comparait déjà à Marie-José Perec.
- Pas de blessure apparente.
- Peut-être qu'elle a fait un infarctus.
- Ca peut arriver, mais c'est rare.
Et l'endroit est très isolé. Vous avez vu ces marques
au poignet, là ? - Vous pensez
qu'on l'a traînée jusqu'ici ?
- Non. Il y aurait des traces.
- Très bien. J'ouvre une enquête.
- Le capitaine Marchal n'est pas là ?
- Il réquisitionne la chambre de la victime.
- D'accord. - Je peux vous parler ?
- Heu... Bien sûr.
- Je sais ce qui s'est passé avec le capitaine Marchal.
- Oui. Mais il est hors de question qu'il enquête sur son agression.
- Bien. - J'y veillerai.
- Il ne recommencera pas ?
- Je gère mes hommes et Marchal tout aussi bien.
- Bien.
Je vous soutiens. Je vais faire comme si ça n'avait jamais eu lieu.
- Merci.
- Sarah, Alix et moi, on s'est rencontrées au club d'athlé.
- On est devenues copines.
On était inséparables.
- Ensuite, on a fait l'INSEP.
Puis on s'est retrouvées ici.
- Hm. D'accord. Et... vous logez toutes ici ?
- Ouais. Wendy et moi, on est au 1er étage.
- D'accord. D'accord.
Ah.
Vous aviez une séance au stade,
ce matin. - Le dernier entraînement
avant le championnat.
Sarah n'est pas venue.
- Personne ne s'est inquiété ? - Non. Hier, elle était fatiguée.
Après, on a enchaîné
avec les activités du matin. - OK.
Tiens.
Un short de compression ?
Elle avait des douleurs ?
- Je ne sais pas.
On ne se plaint pas. - Bon. Elle avait un petit ami ?
- Dario. Mais il l'avait larguée il y a un an.
- Ils se sont disputés hier.
- "Dario" comment ?
- Susini. C'est lui le champion du monde du 10 000 m.
- OK. D'accord.
- Oh ! - Oui ?
- J'ai vu la proc. - Et alors ?
- Elle semble plus compréhensive que toi.
Elle soupire. - Oh non. Ca devient pénible.
Je comprends que l'arrestation de Kévin Servat t'ait chamboulé,
mais ça devient lourd. - Je crois que tu ne comprends pas.
J'ai l'impression d'être le seul à vouloir connaître la vérité.
- Tu te trompes.
- On ne dirait pas. C'est sûrement parce que tu es occupée ailleurs.
- C'est le moment ? On a plein de choses à gérer, comme Thomas.
- Tu mélanges tout.
Non. Tu as raison. Ce n'est pas le bon moment
pour arrêter nos cachoteries ? - Je ne comprends pas ce que tu dis,
Paul. Je...
- Fais comme tu veux. Ca ne me regarde pas.
- Heu... Aucune trace du téléphone.
En revanche,
la victime avait posté ça sur les réseaux il y a 3 jours.
- "Encore un qui va s'en sortir. Ce monde me dégoûte.
"Tous des hypocrites, mais ça va changer. Hashtag scandaleESM".
C'est quoi, cette histoire ? - Je ne sais pas. On va creuser.
- Elle est rentrée à 20h45 hier, après une dispute
avec son ex. Et d'après ses deux amies,
Sarah a quitté le bâtiment à 6h20. Je vais interroger l'ex ?
- C'est une idée. Et on transporte le corps le plus vite possible.
- Transporte-le, toi.
- Vous avez mes clés de voiture.
- Heu... Oui. Voilà.
- Merci. Qu'est-ce que vous faites ?
- Ca, ce sont des épillets. C'est une plante qui ressemble
au blé et qui s'accroche partout. - C'est passionnant. Et alors ?
- Il y en avait dans les cheveux de la victime,
mais pas sur la scène de crime. Comme ici, l'herbe est aplatie,
je cherche. - Vous me tenez au courant.
- Oui.
Ah ! Célestin, tu es le plus fort. - Qu'est-ce que vous avez trouvé ?
- Sarah Cavalier est bien tombée ici.
- Elle serait tombée là, se serait relevée
pour aller mourir au fond du parc ?
Ca ressemble de moins en moins à une crise cardiaque.
- Hm. - Allongez-vous.
- Pardon ? - Allongez-vous. Sur le dos.
- Vous vous laissez faire. - Oui.
- Ah. Gérald. S'il vous plaît. Ce sera mieux.
Est-ce que vous pouvez resserrer les jambes, les plier,
le prendre par les poignets. D'un coup sec, vous le tirez à vous
et passez votre main pour...
C'est ça.
Excusez-moi deux secondes. Je vérifie quelque chose.
- C'est le porté des pompiers. - Vous avez le poignet rouge.
Je sais comment Sarah a été transportée. A plus tard. Merci.
- Si vous avez besoin de moi, il faut me demander.
Encouragements.
- Dario !
Tu as accéléré trop tard. Utilise ton cerveau !
- Dario Susini ?
- Je n'ai pas fini mon entraînement. - Et moi, je commence mon enquête.
Du coup, je gagne.
Capitaine Marchal.
Sarah Cavalier était dans votre équipe.
- Benjamin Valette. L'entraîneur.
- Oui. Merci. J'avais compris.
Dites-moi.
Vous vous êtes disputés à quel sujet ?
- Elle était jalouse. - Je croyais que vous aviez rompu.
- Oui. - Pourquoi vous l'avez quittée ?
- On n'avait pas le temps
pour une histoire d'amour. - Pourquoi vous demandez ça ?
- Mais parce que.
Le téléphone sonne.
- Allô ?
- Vous étiez où, ce matin ? - J'ai dormi chez une copine.
- J'ai trouvé un short de compression.
Elle souffrait de douleurs ?
- Aux adducteurs. - Elle était suivie ?
- Par le médecin
de l'ESM. - Il lui donnait quelque chose ?
- J'imagine que oui.
- Je tenais à m'excuser pour ce matin. J'ai une maman intrusive.
- J'étais ravi de la rencontrer. D'ailleurs, vous lui ressemblez.
- Ah bon ? - Oui.
- Je ressemble à mon père.
- Ah bon ? - Hm hm.
- Bon.
Sinon, j'ai galéré sur votre championne.
- Pourquoi ?
- Pas de trauma. Pas de malformation cardiaque.
Ses résultats sanguins sont clean.
- Et donc ?
- "Et donc"...
Regardez.
- Une trace de piqûre ?
- C'est ça.
De l'insuline y est concentrée. C'est la cause du décès.
- D'accord. Elle était diabétique. - Non.
L'insuline favorise la récupération des muscles.
En cas d'inflammation, ça peut être efficace.
- Et c'est légal ? - Oui.
- Et pourquoi on aurait déplacé Sarah ?
On peut évaluer le temps qui s'est écoulé
entre l'injection et sa mort ?
- Oui. Ca dépend du type d'insuline. J'ai demandé d'autres analyses.
On sait déjà que ça prend plusieurs heures
et qu'on passe d'abord par une phase de coma profond.
- Hm hm.
Et si c'était ça ?
C'est-à-dire que... Sarah part faire son footing.
Elle s'écroule au bord du chemin. N'importe qui peut la secourir.
Donc, quelqu'un la déplace à l'abri des regards.
- Quelqu'un qui savait qu'elle avait reçu
une dose mortelle d'insuline. - Un médecin, par exemple.
- Oui. - Très bien. J'appelle Erwan. Merci.
- Avec plaisir.
- Oui.
Le capitaine nous a devancés. On est déjà sur place.
Je vous tiens au courant, bien sûr. A tout à l'heure.
- Vous cherchez quoi, exactement ?
- Parlez-nous des douleurs de Sarah.
- Elle aurait pu éviter ça. - Elle s'entraînait trop ?
- Oui. Comment toujours, avec les athlètes.
Je les ai prévenus. - On l'a trop poussée ?
- Oui. Son coach, c'est un vrai mur. Il n'en fait qu'à sa tête.
- Vous lui avez prescrit quoi ? - Des injections de vitamine B12
et de la cryothérapie. Ca marche. J'en fais pour mon arthrose.
- Il y a de l'insuline dans votre pharmacie.
- Oui. On a toujours de l'insuline, au cas où. Pourquoi ?
Alors.
Je ne comprends pas.
- Lieutenant Lebellec ?
C'était dans le conteneur. - De l'insuline.
On vient de trouver l'arme du crime.
- C'est très impressionnant,
la quantité de produits retrouvée dans votre cabinet. Ephédrine,
cortisone, "fluocortolone", budésonide.
Que des produits dopants.
- Non. Ce sont des produits qui soignent les athlètes.
- Vous vendez des produits interdits.
On a retrouvé du liquide.
- Ca me sert à acheter certains produits.
- C'est Hippocrate qui doit être content.
- On me demande de guérir vite des athlètes.
- Ca veut dire que vos employeurs sont au courant, évidemment.
Vous prenez énormément de libertés.
Je vois noté "Sarah Cavalier, dexaméthasone".
Vous lui en avez donné ?
- Non. Il y a un point d'interrogation.
Je lui en ai proposé,
mais elle a refusé. Elle avait peur d'être contrôlée positive.
- C'est à cause de son post
que vous avez voulu la faire taire ? Elle allait vous dénoncer.
Vous aviez un gros stock d'insuline.
C'était facile de lui faire une injection.
- Pas du tout. - Comment vous expliquez
que des seringues pleines deviennent vides ?
- Je ne sais pas !
- Bon. Qui d'autre que vous a la clé et le code de cette armoire ?
- Personne. C'est seulement moi.
- Vous avez une explication ?
- Heu... Je ne sais pas.
- Vous ne savez pas grand-chose. C'est très embarrassant.
- L'alarme.
- Quelle "alarme" ?
- Mardi, l'alarme s'est déclenchée. J'ai laissé l'armoire ouverte.
- Vous savez qu'on va vérifier.
- Hop hop hop hop hop !
Attention, Paul. - Quoi ?
- Moi aussi, j'ai fait une couvade à la naissance
de Thomas. Résultat... C'est fréquent, chez les grands-pères.
- Qui va être grand-père ?
C'est vous ? - Ouais.
- Félicitations.
Alice est enceinte ? - Non. C'est Thomas.
Enfin, non.
C'est Apolline, son amie. - Oui. Thomas est en couple ?
- Ils ne sont pas en couple.
- Ah. - Ce bébé n'était pas attendu.
Apolline a fait un déni de grossesse. C'est le bordel.
Ce bébé arrive dans 2 mois. - Demain, quoi.
- Oui. Et tout va bien se passer. L'arrière-grand-père y a droit.
Et sinon ?
- Lafarge avait bien une séance de cryothérapie
et il y a eu une alerte incendie.
- Il n'a pas d'alibi. Mais il a un sacré mobile.
Le hashtag lui a fait peur. Ca pouvait briser sa carrière.
- Ce n'est pas crétin de jeter les seringues à la poubelle ?
- L'insuline est difficile à détecter.
- Plusieurs fichiers ont été effacés du PC de Sarah.
- Il a été analysé ? - Oui.
Les résultats ont dû arriver. Franck est dans le bureau de Léa.
- Tous les 2 ?
- Oui. "Tous les 2".
- Dans son bureau ?
- Ben, oui.
- L'adresse de Jérôme Clèche.
On peut se retrouver là-bas.
Irruption brutale. Tu ne peux pas frapper ?
- Tu as fermé tes stores. - Qui les a fermés ?
- Je dérange ?
- Non. - Oui.
J'ai fait analyser l'insuline. On regardait les résultats.
- Alors ?
- On a injecté de l'insuline lente à Sarah entre 3h et 5h du matin.
- Le médecin a pu piquer Sarah pendant son sommeil,
guetter sa sortie et déplacer son corps.
- Ca y est.
Tu es flic. - Pourquoi
on n'a pas injecté de l'insuline rapide ?
- Et toi, tu es médecin.
- Ca aurait été indécelable
et plus efficace. - OK.
Des traces sur les seringues ? - Non.
Ca aurait été trop beau. En général, on utilise des gants.
- Quoi ? - Des...
- Ca va.
On la pique pendant son sommeil et elle ne se réveille pas ?
- On a trouvé des doses infimes
de somnifère dans le sang de Sarah. - Et l'injection est très rapide.
- Nous en avons conclu, Franck et moi, que le coupable
devait bien connaître Sarah. - "Nous en avons conclu..."
Désolé. Moi,
tu me piques, je me réveille.
- Tu as le sommeil léger.
Rien ne me réveille.
Même quand je dors avec quelqu'un. - Ah bon ? Tu vois ?
- Je vois très bien.
Je vais vous laisser.
Au cas où vous voudriez vérifier
votre hypothèse.
- Ne me regardez pas comme ça. Je ne sais pas ce qu'il a.
- OK.
- A plus tard. - Merci.
- Je vous en prie.
- Vous avez trouvé ce que vous cherchez ?
- Non. Pas encore. Dites-moi.
Votre médecin est actuellement en garde à vue.
Vous devez être au courant
de son trafic.
- En fait, Sarah était venue m'en parler il y a 3 semaines.
Il lui avait proposé des produits dopants.
- Vous n'aviez rien remarqué avant ça ?
- Non. Jusqu'au témoignage de Sarah, je ne me doutais de rien.
- D'accord. Pourquoi ne pas nous en avoir parlé plus tôt ?
- Je suis désolée.
Un scandale, c'est très mauvais pour l'école.
Tous les ans, nous recevons des dons par des mécènes privés.
- Donc, votre élève est venue vous voir et vous n'avez rien fait.
- Vous me prenez
pour qui ? J'avais décidé de régler le problème en interne.
J'attendais le prochain conseil d'administration
pour virer Lafarge. - Vous l'aviez dit à Sarah ?
- Oui. Bien sûr. Et à Lafarge aussi.
- J'ai vérifié les caméras.
Personne n'est entré entre 22h et 6h20.
Comment Lafarge a pu entrer pour injecter l'insuline ?
- Pas par les sous-sols. Il n'y a aucun accès aux étages.
- Alors, il est forcément passé par le balcon. Avec une échelle ?
- Ce n'est pas très discret.
A moins d'être Spider-Man,
je ne vois pas comment on peut escalader la façade.
- Lafarge fait de l'escalade. Il a peut-être grimpé
pour accéder au balcon.
- Excellente hypothèse.
On trouve une échelle et tu jettes un oeil.
- Mais capitaine, moi, j'ai le vertige.
- Je me souviens,
mais tu n'imagines pas que c'est moi qui vais grimper là-haut.
Allez, Erwan. Courage.
Allez !
L'échelle grince.
- Je pense que c'est possible, pour un grimpeur aguerri.
Il y a des traces de magnésie.
- De quoi ?
- La poudre des grimpeurs. - Merci.
Je n'avais pas entendu. Prends des photos.
- Tenez bien l'échelle.
Vous la tenez ?
- Oui. Je tiens. Oui, oui.
Déclic.
Il y a un dévers qui n'est pas facile à passer.
Lafarge a été champion d'escalade. - Il n'a pas effacé les traces.
- Comment ça ? - La magnésie ne part pas comme ça.
C'est bien connu. - Où tu veux en venir ?
- Avec les seringues, ça commence à faire beaucoup d'indices.
- Hm.
- L'insuline qui a servi
à tuer Sarah correspond aux seringues vides
retrouvées au centre médical. - Tu n'as plus qu'à appeler la proc.
- Il va où ?
Ah non.
Il ne va pas prendre l'habitude d'interroger les suspects.
- Attends. Là, il est sur la bonne enquête.
- Et alors ?
Non. Tu ne veux quand même pas l'espionner ? Ce n'est pas bien.
- Non.
- Alors, attends.
- J'ai un deal à vous proposer. - Tout ce que vous voulez.
- On joue votre libération au bras de fer. Ca vous dit ?
- C'est une blague ? - Non.
Vous n'avez rien à perdre. Tout à gagner, même.
Teddy ?
Tu me donnes les clés ? - Ah non.
- Non, mais je gère. C'est bon.
Il soupire. Merci.
- Vous êtes sérieux ?
- Oui. Allez. Venez.
- Regarde ce qu'il fait ! - Attends.
Attends. Attends.
- Hm.
- Putain.
Il gémit.
...
Avec l'arthrose, vous ne pouviez pas forcer bien longtemps.
Comment vous faites,
pour l'escalade ? - Je ne pratique plus.
- Donc, vous ne pouviez pas passer le dévers.
Vous n'irez pas en prison.
- Il m'énerve.
Qu'il m'énerve !
- Eh oui. Il est très fort. - Hm.
- L'assassin voulait faire accuser le médecin. Il nous balade.
- Il savait pour le trafic de Lafarge.
- Célestin est parti interroger les sportifs.
Et le PC de Sarah ?
- Le labo a presque fini de restaurer les fichiers supprimés.
- OK. Il ne devrait pas tarder.
Bon. On y va tranquilles, Franck. Hein ?
Ah. Monsieur Jérôme Clèche ? - Oui.
- Bonjour. Commandant Soler.
Je vous présente Franck Marvaud.
- Comme le docteur Christian Marvaud ?
- C'était mon père.
- Qu'est-ce que vous me voulez ?
- Le rapport d'enquête sur le meurtre des Marvaud a été volé
à la gendarmerie. - Et alors ?
- Votre société a numérisé les archives judiciaires.
- Vous pensiez que mon père était responsable
du décès de votre femme.
- Attendez. Vous m'accusez de quoi, là ?
J'ai été relaxé.
- Peut-être qu'ils ont manqué quelque chose.
- Qui pourrait être
dans ce dossier.
- J'ai détesté votre père. Mais j'ai fini par accepter son innocence.
Je suis désolé pour vous.
Je n'ai rien à voir
avec sa mort ni avec le vol du dossier.
- Ca reste à prouver, d'autant plus qu'il a disparu.
- Il reste la version numérisée, non ?
- Vous êtes sûr de l'avoir numérisé ?
- Vous pensez bien que je m'en souviens.
Si je vous récupère
une copie, vous me laisserez tranquille ?
- Merci beaucoup. A bientôt.
Capitaine,
j'ai du très lourd. Je viens d'avoir un appel d'une journaliste.
- Un peu de tenue.
- Sarah l'a contactée il y a 10 jours.
Elle voulait quitter l'ESM.
Elle s'était inscrite à la fac.
- Elle voulait arrêter le sport de haut niveau ?
- Elle voulait dénoncer un scandale. - Le dopage à l'ESM.
- Non. Non, non. Je vous ai dit que j'avais du très lourd.
Le dopage, c'est...
à peine lourd, voire... mi-lourd.
Mi... Mi...
Mi-lourd. - Lieutenant. Les faits.
- La victime avait monté un dossier à charge contre devinez qui ?
Benjamin Valette.
de boire ? Les autres courent !
- Il y en a une dizaine comme ça.
Sans compter les SMS et les mails.
- On dirait du harcèlement moral. - Il y a pire.
Dario a quitté Sarah parce que Valette le lui a demandé.
- Pour quelle raison ? - Il contrôle la vie des athlètes.
Si ce dossier sortait...
- Il aurait tout à perdre. Sa place à l'ESM et sa carrière. Merci.
- Je vous en prie. - La porte.
- Ouais.
Coup de sifflet. - Allez. Encore !
Plus haut, les genoux. Continue.
Allez !
Stop. Qu'est-ce que vous êtes en train de me faire ?
Allez. On rattaque. Dans 2 minutes, une série de 3.
- Monsieur Valette ?
- Je vais vous voir à chaque entraînement ?
- C'est peut-être le dernier.
- Quoi ?
- Il est 18h19.
Vous êtes placé en garde à vue.
- Quoi ? - Il n'a rien fait !
- Stop ! Ca va aller. C'est une erreur, je suis sûr.
- Comment ça se passait entre lui et Sarah ?
- Très bien.
- Vraiment ? Jamais de disputes ? - Non.
- Si. Ils s'engueulaient quand Sarah faisait sa chieuse.
- C'est quoi, "faire sa chieuse" ?
- Rebelle. Elle refusait d'obéir à Ben.
- Mais sans Ben, pas de J. O.
- C'est normal.
Entre entraîneur et athlètes, on se dispute.
- Elle vous avait parlé du dossier qu'elle a monté contre lui ?
- C'est quoi, ces conneries ?
- Vous ne savez pas grand-chose,
pour des inséparables.
- On était une équipe et on l'est toujours. Viens, Alix.
de boire ?
- Ce n'est pas du harcèlement. C'est ma méthode.
- Les crises, les humiliations, l'ingérence dans la vie privée,
c'est ça, votre "méthode" ?
- Vous ne pouvez pas comprendre.
- Je crois que c'est à ma portée.
- Sarah en avait besoin pour se dépasser.
Sans ça, elle n'aurait jamais eu ces résultats.
- Vous étiez où, hier soir et ce matin ?
- Hier soir, j'étais dans ma chambre à l'ESM. Je regardais
un match de basket, seul. Ce matin, j'ai entraîné les filles.
- Et mardi dernier, vers midi ?
Quand l'alarme s'est déclenchée,
vous étiez où ? - A la salle de sport.
- Moi, ce que je crois, c'est que Sarah ne vous supportait plus.
Elle voulait se libérer de votre joug.
Elle allait vous détruire,
alors, vous l'avez tuée. - C'est votre version.
Mais pas la mienne.
- Vous pratiquez l'escalade, comme loisir ?
- Oui. - Vous avez escaladé la façade
et avez laissé des traces de magnésie.
- N'importe quoi.
Vous délirez. Jamais je ne lui aurais fait du mal.
Je la poussais parce qu'elle était
la plus douée. - A ce point-là ?
- Ouais.
Elle avait tout pour réussir.
J'aurais été celui qui l'aurait découverte.
On aurait gagné les podiums à deux.
- "A deux" ? - Ouais. Elle et moi.
On était liés à vie.
Pourquoi je l'aurais tuée ? Elle soupire.
- Peut-être parce qu'elle allait vous échapper.
- J'ai oublié mes lunettes dans mon bureau. J'arrive.
- Mon colonel !
J'ai consulté le planning de l'ESM.
- Ah.
- J'ai vérifié l'alibi de B. Valette le jour du vol de l'insuline.
- Parfait. - Il était bien en salle de muscu.
- D'accord. On est dans l'impasse. - Pas si sûr.
On peut savoir qui a réservé et quand.
- D'accord. Et donc,
je vous pose la question. Qui et quand ?
- C'est Dario Susini qui a réservé.
Aujourd'hui, une heure après l'interpellation
de son entraîneur. - Donc, Dario lui a créé un alibi.
- Tout à fait.
Et il a inscrit Wendy Piron en salle informatique,
à côté de la salle de muscu.
- Afin qu'elle confirme avoir vu B. Valette mardi.
Dario et Wendy lui ont créé un alibi.
- Ils cherchent à l'innocenter. Encore une preuve de l'emprise
qu'il a sur eux.
- Ils ont peut-être laissé d'autres traces.
- "Joli boulot, Célestin." "Merci, mon colonel."
- Non. Qu'est-ce que ça fout là, ça ?
Il soupire.
Les détergents.
Yes.
Yes !
On se rapproche.
Ah...
- Laisse ça, Apolline. Ce n'est pas à toi de le faire.
- Ca va. Je suis en forme. - Personne ne t'oblige à nettoyer.
- Je ne vais pas passer mon temps
assise à ne rien faire ! - Tu portes un bébé !
- Je ne suis pas une poule qui couve son oeuf.
Ca va au-delà. - Bonjour.
- Bonjour. - Ca va ?
- NON ! - Vous êtes parfaitement synchro.
- On est d'accord
sur rien. - C'est à cause des hormones.
- C'est ma faute, ça ?
- Je n'ai pas dit ça.
- Si. Clairement. - Oui.
- Comment tu peux dire que c'est à cause d'elle ?
Le téléphone sonne. - Ah.
... Du coup, je...
- Bonjour. - Bonjour.
- Qu'est-ce qui t'arrive ? Ca ne va pas ?
- Ce n'est pas simple, avec les futurs parents.
- Il y a un problème ? - C'est Apolline.
Elle a tout rangé
dans mon appart'. Elle n'a pas de méthode ou d'organisation.
- Pas ta méthode ni ton sens de l'organisation.
Et les hormones...
- Ne lui dis pas ça. Elle m'a sauté à la gorge.
- Un homme n'a pas le droit de dire ça à une femme.
Il faut se mettre à sa place. Elle était hyper active.
C'est compliqué. - Tu n'étais pas comme ça.
- Moi, ça n'a aucun rapport. C'étaient des grossesses désirées.
J'étais heureuse. Je faisais tout en même temps. D'ailleurs,
on devrait dire à Apolline qu'elle continue ses études.
- Ce n'est pas gagné.
- On pourrait en parler ensemble.
- Ce soir ?
- Je ne suis pas libre.
- Pourquoi tu n'es pas libre ? - Eh ben...
J'ai prévu quelque chose. Mais demain, si tu veux.
- Tu vois Franck, c'est ça ?
Le soir de l'alarme, je...
Je vous ai vus enlacés.
Ca ne me pose aucun problème.
Mais tu me mens. On a dit qu'on était les meilleurs amis.
- C'est toi qui as décidé ça. - Comment ça ?
- Non. Rien. Oublie.
Ce n'est pas ce que tu crois.
- C'est ce que disent les coupables.
Il soupire.
...
- Ca va ?
- Ouais. Ca va.
Bon. Donc.
Dario, Wendy, Alix avaient tout intérêt à protéger leur entraîneur
du dossier que Sarah avait monté.
- L'un eux l'aurait tuée
et les autres le ou la couvriraient.
- Non. Impossible.
Alix a un alibi pour la nuit de la piqûre.
Elle était chez ses parents.
- Et Dario Susini a passé toute la nuit avec une "amie" judoka.
- Wendy n'a pas pu déplacer le corps le lendemain
vu qu'elle avait kiné.
Il soupire.
Sabine.
"Ensemble vers la victoire."
L'athlétisme, c'est un sport individuel, mais c'est aussi
l'esprit d'équipe. Si aucun d'eux n'a pu tuer Sarah seul,
c'est qu'ils s'y sont mis à plusieurs.
- La victime a dû proposer à ses amis
de témoigner contre Valette.
Quand ils ont vu son dossier, ils ont eu peur de perdre
leur entraîneur.
- Le seul à pouvoir les emmener aux J. O.
- Comme elle ne changerait pas d'avis,
ils ont décidé de l'éliminer pour le protéger.
- Ils ont fait accuser le médecin
en se fabriquant des alibis à chaque phase du meurtre.
On leur a bourré le crâne pour qu'ils deviennent
les meilleurs. Maintenant, ils sont prêts à tout.
- Ciltius altius fortius.
"Plus vite,
"plus haut, plus fort." La devise des J. O.
Quel gâchis, mon Dieu. Mais quel gâchis !
- Il va falloir les faire avouer.
- Vous avez relâché Benjamin ? - Non.
- Comment on fait, sans entraîneur ? - Il fallait y penser avant.
On va bientôt le déférer.
- Quoi ? - Sarah a été piquée à l'insuline.
- Quelqu'un l'a déplacée après son malaise.
Benjamin n'a pas d'alibi.
- Pourquoi il l'aurait tuée ? - Sarah vous a parlé du dossier ?
- Non. Jamais.
- Benjamin Valette a commis quelques erreurs.
Il pensait avoir effacé le dossier du portable de Sarah.
- C'est n'importe quoi.
- Il n'y a pas eu de harcèlement. Sarah supportait mal la pression.
- Vous saviez qu'il avait fait
de l'escalade ? - Non.
- On a suffisamment de preuves.
- Ben n'ira jamais en prison.
- Ah bon ? Et...
Comment vous pouvez en être aussi sûre ?
- Ben n'a pas pu tuer Sarah ! - C'est impossible.
- J'en suis sûre.
- Alors ? OK. Donc, aucun des trois n'a parlé.
- Ben, non.
- Ils ont un mental d'acier.
- C'est clair qu'ils savent encaisser la pression.
- Leur point faible,
c'est Benjamin. Ils ont tué Sarah pour lui. On doit les défaire
de l'emprise qu'il a sur eux.
- On doit leur mettre le doute sur leurs mobiles.
- Erwan, transférez à Marchal et moi les enregistrements
des interrogatoires de B. Valette. - OK. Très bien.
- On va s'échauffer consciencieusement.
Ca serait dommage de se faire un claquage.
On montera peu à peu en intensité.
- Vous nous laissez 5 minutes ?
Merci.
- Vous aviez raison. B. Valette a un alibi pour la nuit du meurtre.
- Je vous l'avais dit.
- J'espère que ce drame ne vous empêchera pas
de faire de belles performances.
- D'après vous,
qui aurait gagné ? Sarah ? - "Sarah" ?
Elle n'avait plus
la niaque.
- Ce n'est pas ce que pense son entraîneur.
- Non. - Non. Pas du tout.
- Deux minutes.
parce qu'elle était la plus douée.
Les autres ne lui arrivaient pas
celui qui l'aurait découverte.
les podiums à deux.
- Et voilà.
Benjamin n'a pas tué Sarah. Forcément.
C'était sa préférée.
- Pourquoi vous l'avez tuée ?
- N'importe quoi ! - Arrête !
- Si ce n'est pas Benjamin, c'est forcément vous.
- Vous n'avez rien contre nous. - On a suffisamment
pour croire qu'aucun entraîneur ne vous prendra
dans son équipe à l'avenir.
- Game over.
La partie est perdue. - On verra.
- Ouais. Alix.
On va se parler ?
- Tu fermes ta gueule.
- Hé, hé. Calmos. OK ?
- Vous avez tué quelqu'un, Alix.
Vous avez tué votre meilleure amie. Tout ça pour rien.
- Non ! On n'a rien fait !
- Vous avez simplement volé l'insuline,
mais quoi qu'il arrive, vous serez jugée pour complicité de meurtre.
A 19 ans.
C'est fini, Alix. Votre carrière, c'est terminé.
Qui a eu l'idée ?
Qui a eu l'idée de tuer Sarah ?
Je sais que ce n'est pas vous.
- C'est Dario.
C'est lui qui a tout imaginé.
Moi, j'ai volé l'insuline. C'est Wendy qui a fait la piqûre.
- C'est lui qui a déplacé Sarah ?
- Cette salope... Elle voulait détruire la vie de Ben !
...
- Alors, ils ont tué Sarah ? - Vous en avez fait des monstres.
- Qu'est-ce que vous racontez ? - A force de les pousser
à atteindre leur objectif, ils ont tout fait pour y parvenir.
- Non. Je ne suis pas responsable. - Le juge d'instruction tranchera.
On lui a transmis le dossier de Sarah.
- Vous êtes là. Je vous ai laissé un message.
- Oui.
- J. Clèche m'a transmis le dossier. - Oui.
- Si vous voulez jeter un oeil.
- Ce n'était pas lui. - Non. Sinon,
il ne l'aurait pas donné.
En revanche,
on a agressé Paul pour récupérer ce dossier.
Il y a un élément que personne n'a vu
qui peut nous éclairer sur le drame de vos parents.
- Au point
de tirer sur Paul. - Oui.
- Léa.
Tu n'as toujours rien à me dire ?
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