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Zulu
...
- Laissez-moi
passer !
Je veux parler à un de vos supérieurs. Tout de suite !
- Calmez-vous et expliquez-moi. - C'est pas compliqué !
- Capitaine Mauriac. - On a essayé de me tuer.
- Calmez-vous et racontez-moi.
- J'étais dans mon jardin. On m'a tiré dessus.
...
- Quelle chaleur !
...
Paul !
- Ah !
- Paul ?
- Ah, putain !
Tu m'as fait peur.
Comment t'es entrée ?
- La porte était ouverte. Je t'ai appelé 10 fois.
- C'était ouvert ? C'est Thomas, ça.
Arrête de t'inquiéter.
Non, laisse. Non, je vais le faire.
Arrête !
Ah...
Qu'est-ce que tu fais là ?
- J'ai amené des croissants.
Je voulais savoir comment tu allais.
- Ca va.
Je te l'ai dit 10 fois. J'ai pas besoin d'une infirmière.
- Je sais.
Sonnerie.
...
Commandant Soler, j'écoute.
Oui, capitaine.
Quoi ?
Très bien, j'arrive. - On a quoi ?
- Une tentative de meurtre.
On m'attend. - On y va.
- Je jardinais tranquillement, et j'ai entendu deux détonations
et un sifflement, à ça de ma tête. Je me suis jeté au sol.
- Vous avez vu le tireur ?
- Pas besoin. Je sais qui c'est.
David Prat. - C'est mon ex-mari.
Depuis que je l'ai quitté, il est fou de jalousie. Il nous harcèle
depuis des mois. - D'accord,
mais vous l'avez vu ? - Non.
- Et vous,
madame ?
- Non, j'étais à l'intérieur, dans le bureau.
- Ca fait deux ans qu'il nous fait
la guerre. - Ca pourrait être lié au fait
que vous avez séduit sa femme ? - L'amour, ça se contrôle pas.
On était associés, mais on pouvait plus bosser ensemble.
Alors j'ai créé ma boîte et David a perdu
pas mal de contrats. - Je vois.
Y avait-il d'autres personnes dans la maison ?
Des enfants ? - J'ai un fils, Alex,
que j'ai eu avec David, mais aujourd'hui,
il est chez son père.
- OK.
- On tient la recette idéale pour un meurtre :
concurrence professionnelle, rivalité personnelle, la guerre
pour la garde du fils... - Il nous faut des preuves.
J'envoie une équipe sur place. - C'est fait.
- C'est parfait.
- Je vais interroger David Prat. - Tu prends Sabine ?
- Non. - Ben si.
- Non, je peux interroger un suspect
tout seul.
- Mais c'est moi qui donne les ordres, et c'en est un.
Entrez !
- Bonjour. Vous vouliez me voir ?
- Oui, mais...
- C'est pas le moment. - Si, tu tombes bien.
- Non. Paul !
Merci d'être venu
aussi vite. Asseyez-vous. Laissez-moi
deux minutes.
Excusez-moi.
- Je vous en prie.
- Excusez-moi.
Voilà.
J'ai trouvé ça, hier soir, dans ma boîte aux lettres.
- Non.
- C'est pas tout.
Il y a autre chose.
- C'est pas vrai.
- Avant-hier, je suis allée aux archives pour récupérer
le rapport d'enquête sur le meurtre de vos parents.
- D'où cette menace ?
- Quelqu'un veut nous empêcher d'enquêter.
- Vous avez le dossier
avec vous ? - Non. La boîte était vide.
- Il n'y a pas de version numérisée ?
- Je sais pas. J'en ai pas trouvé.
- Léa, il faudrait peut-être tout arrêter. C'est trop dangereux.
Surtout pour Paul. - Je sais.
J'ai demandé à une patrouille de passer chez lui régulièrement,
en toute discrétion.
Je peux pas laisser un individu dangereux dans la nature.
...
- J'étais ici quand j'ai entendu les coups de feu.
- Le tireur était par là-bas ?
Donc les balles sont parties se perdre dans cette direction.
- Donc vous allez pas les retrouver ?
- Non. - Le tireur était bien de ce côté ?
- Vous le faites exprès ?
Pour la 10e fois : oui.
C'est là que les détonations ont eu lieu. David devait être
derrière la maison. - Il n'y a pas
de douilles. - Quelqu'un les a ramassées ?
- J'en sais rien, moi.
On a foncé à la gendarmerie. Vous êtes des incapables
ou quoi ?
- Bon,
que les balles soient dans la nature, OK,
mais pas de douilles, c'est bizarre, non ?
- Oui. Il nous reste
l'enquête de voisinage. Je prends la 1re maison.
- J'en reviens pas que Georges ait porté plainte
pour tentative de meurtre.
Il est cinglé. - C'est un sacré arsenal
que vous avez là, M. Prat.
- Je suis dans la sécurité.
Ca fait partie du métier.
- Si j'ai bien compris, vous aviez
deux bonnes raisons de lui en vouloir. A mort.
- J'étais au tribunal,
ce matin. - Pourquoi ?
- J'ai déposé des documents au greffe.
- A quelle heure ? - A 9h. Vous perdez votre temps.
Georges et Clémence veulent encore
me pourrir la vie. - Encore ?
- Depuis que j'ai demandé la garde de mon fils, ils cherchent
à me discréditer. Mais me traiter d'assassin,
je les en aurais pas cru capables.
- Vous n'avez rien entendu ? - Rien. Mais je rangeais
ma cave. Je suis désolée pour vous.
Vous voulez un café ? J'en ai du chaud.
- Non, merci.
- Une autre fois,
peut-être. - Voilà.
- Vous êtes célibataire,
inspecteur ?
- Lieutenant. Non, je ne suis pas seul.
- Oh, dommage !
Ma fille cherche quelqu'un. Elle aurait bien besoin
d'un homme comme vous. - D'accord.
Avant et après le rangement, vous êtes sûre de n'avoir rien vu
de spécial ? - Vu, si.
A 10h30, j'ai vu le père du gamin arriver devant chez Clémence
et Georges. - David Prat ?
- Oui. Il s'est garé,
il a regardé partout, et il est reparti.
- Georges et Clémence nous prennent pour des imbéciles ?
- Rien ne confirme leur histoire,
et celui qu'ils accusent
a un alibi en béton. - Comment Prat explique sa présence
devant chez eux ? - Il venait chercher des affaires
pour son fils. C'était fermé. - Déposer une fausse plainte,
il faut y aller, non ? - Oui.
Ah !
- Oui, entrez !
- Bonjour. - Madame
la procureure. - Je ne vous dérange pas ?
J'ai obtenu des informations intéressantes
concernant votre enquête. - Allez-y.
- J'ai parlé au juge qui a prononcé le divorce.
- Laissez-moi deviner : un vrai jeu de massacre.
- Ils se sont déchirés.
Georges Nemours et David Prat se sont battus
en plein tribunal. - Magnifique.
- Les torts
seraient partagés. Les deux parties auraient menti.
David a accusé Georges d'avoir molesté son fils,
et Georges a accusé David d'avoir
engagé des mafieux pour kidnapper
le gosse. - Des mafieux ?
- C'est bidon. - De A à Z.
Le juge les a même menacés d'impliquer
les affaires sociales. - Georges dépose plainte
au moment où David fait appel
pour la garde. - Affaire classée, non ?
- J'y ai cru, moi.
- Soler, j'écoute.
Quoi ?
Très bien, on arrive.
Georges Nemours vient d'être assassiné
chez lui.
...
- C'est par là. - Merci.
- Merci.
...
Vous pouvez nous expliquer ce qui s'est passé ?
- J'étais dans ma chambre.
J'ai entendu un coup de feu. Je me suis précipitée.
Et quand je suis arrivée dans la cuisine, je l'ai vu,
allongé. J'ai pas su quoi faire,
et je suis partie voir Françoise. - Ca a duré 1 minute 30.
- Comment vous savez ça ?
- J'ai mis mon thé à chauffer au micro-ondes
quand le coup a eu lieu. Et le minuteur a bipé
juste quand Clémence a sonné.
Elle était complètement affolée.
- Je dirais qu'il a été tué
par du 9 mm.
Et si on regarde la trajectoire
de la balle...
- Le tueur était posté à peu près ici ?
- Oui.
Avec une marge d'erreur
de quelques centimètres. - Ca fait 4 mètres.
Pas dur de toucher sa cible. - Et la mort remonte à quand ?
- Pas plus d'une demi-heure.
- Ca correspond aux témoignages.
- On lui avait déjà tiré dessus, ce matin ?
- Oui, il paraît,
mais on n'avait rien trouvé.
- On va pas refaire l'histoire. On a un meurtrier
à trouver.
- Célestin, on va interroger David Prat.
- C'est pas la peine
d'aller le chercher.
- Tu l'as tué.
T'es un monstre !
- Hop, hop !
- T'as brisé ma vie. C'est ce que tu voulais, hein ?
- Venez avec moi.
- Complètement dingue.
- Hé ! C'est une manie
de vous pointer sur les scènes de crime ?
- Clémence a appelé notre fils et lui a dit qu'il s'était passé
quelque chose de grave. - Vous étiez où,
il y a une demi-heure ? - Chez moi.
- Où est Alex ?
- Il m'attend là-bas.
- Il faut fouiller tout le périmètre. On fait deux groupes.
Vous vous occupez de cette zone-là.
- Laissez-moi passer.
C'est chez moi. - Vous êtes Alex ?
- Oui. Il faut que je voie ma mère. - Elle va bien.
- Elle m'a appelé, et elle m'a dit que c'était grave.
- Georges a été tué. Je suis désolé.
...
- Vous étiez où, quand elle a appelé ?
- Chez mon père.
- Avec lui ?
- Oui. Il m'a demandé de l'attendre, mais j'ai pas pu.
- J'ai une question à vous poser.
Vous savez si Georges avait des ennuis ?
...
- Moi, ce qui m'intéresse, c'est de savoir si l'alibi
de David Prat est solide. - Son fils confirme
qu'ils préparaient l'anniversaire d'Alex.
- Il pourrait mentir ? - Je pense pas.
Il a posté des "stories" toute l'après-midi.
- Posté quoi ? - Des "stories".
Ce sont des messages, des photos, des vidéos qu'on poste
sur les réseaux sociaux. - Bref, sur Internet.
- Oui. Et son père est sur les vidéos.
- Du nouveau sur la victime ? - Côté personnel, rien.
On attaque le côté pro. - On n'a pas droit à l'erreur.
On est déjà dans le collimateur de la presse.
- "Il porte plainte et se fait descendre dans la foulée."
Quel journaliste pourrait résister ?
Sonnette.
...
- Tu passes par les portes, maintenant ?
- Tu veux que je passe par derrière ?
- Non, je t'en prie, entre.
- Je me suis dit : stop à l'abstinence.
J'en ai marre, ça fait trop longtemps.
- Ca va, Paul ?
Ah !
Je suis pas sûre que ça fasse bon ménage avec les médicaments,
les calmants...
Je sais que tu n'as pas besoin d'infirmière,
mais je m'inquiète. C'est dans ma nature de m'inquiéter.
- Bon, Léa...
En fait, je viens pour m'excuser pour ce matin.
C'est pas facile pour moi.
Que tu me voies comme ça.
J'ai pas besoin d'aide et j'ai pas envie qu'on ait pitié de moi.
Tu me connais.
- Qu'on ait pitié ?
J'ai pas pitié, Paul.
C'est de l'attention, de l'affection,
mais c'est pas de la pitié. T'es bizarre.
- Non, c'est l'enquête.
Je comprends pas qu'on se déchire autant après s'être aimés.
Je trouve ça très grave, non ?
- C'est pas nouveau.
Les gens s'aiment pendant des années,
et, un jour, ils se détestent. Regarde autour de nous.
- Oui. Sauf nous.
Nous, on change pas.
Nous, on est proches.
On est amis.
Non ?
- Hein ? - On est amis.
- Mais oui, on est amis.
On l'ouvre, cette bouteille ? - Oui. Tu l'ouvres,
parce que je vais pas y arriver. - Pour trinquer
à l'amitié. - Oui.
- On n'a rien trouvé sur Georges Nemours. Dans le genre discret,
y a pas mieux.
- Personne ne lui en voulait ?
- Personne à part David Prat. - Celui que Nemours a désigné
dès le début.
- Il a de très bons alibis, pour la tentative comme pour le meurtre.
- Tu trouves pas que ses alibis sont un peu trop parfaits ?
- C'est-à-dire ? - Le tribunal...
Une mise en scène parfaite.
- Et donc ?
- Il est peut-être pas
tout seul. Il faut creuser.
Tu peux me trouver la liste des employés
de sa société de sécurité ?
Maintenant, donc. - Oui, oui.
...
- Bon, alors ?
- L'arme qui a tué Nemours
est une pétoire à l'ancienne, genre Luger.
- Dans son arsenal, y a rien qui correspond.
- Je sais. On ferme la piste David Prat ?
Pas besoin d'être présent pour tuer quelqu'un.
- Tu veux dire
que David aurait engagé
un homme de main ? - Pourquoi pas ?
Pendant que le pro opère,
le suspect se forge des alibis en béton.
- Le pro rate sa cible, le matin,
il revient le soir pour finir le boulot avec la pétoire de papi ?
- Y a des types chelous dans la sécurité,
prêts à aller loin pour de l'argent.
- Oui, mais pourquoi David
est revenu sur place les deux fois ?
- Pour vérifier que le tueur
avait bien fait son taf. - C'est pas très malin.
Sonnerie.
... Pardon.
Oui, Sabine.
Ah bon ?
OK.
OK, ça marche. Merci.
Vous êtes connectés,
avec Sabine. On a un suspect.
Un employé de Prat correspond au profil de l'homme de main.
- On va l'arrêter ?
- Elle y est déjà.
Et il est pas près de nous filer entre les doigts.
- Dites-moi, M. Giordano...
Comment vous êtes-vous retrouvé
à l'hôpital ? - J'ai fait une mauvaise chute.
- Ah ! Où ça ? - Chez moi.
En changeant une ampoule,
je suis tombé. - Les scénarios à la C. François,
ça marche plus. Vous n'étiez pas plutôt
chez M. Nemours ? - Qui ?
- L'ancien associé de David Prat. - Je connais pas.
J'aurais fait quoi chez lui ?
- Vous avez un sacré pedigree.
Cambriolages,
vols avec violence...
Et votre profil psychologique : déséquilibré et influençable.
- C'était avant que M. Prat m'embauche.
J'ai fait une thérapie.
- Vous devez beaucoup
à votre patron. - Il m'a sauvé la vie.
- Est-ce que, par reconnaissance, vous auriez accepté de lui rendre
quelques services ? Vous avez acheté
une très belle voiture, le mois dernier, en cash.
- Laissez-moi tranquille,
j'ai rien fait.
- On va enquêter pour savoir d'où venait l'argent, et ce sera plié.
- Ca doit pas sortir d'ici
ou je suis mort.
- Je vous écoute.
- Je participe à des combats
clandestins.
- Ah ! Je comprends mieux la chute.
- On peut pas gagner à tous les coups.
Mais ça paye bien, voilà.
Il faut le dire à personne.
Si les organisateurs apprennent
que j'en ai parlé... - Vous y avez laissé une oreille,
ça ira comme ça.
- Commandante. - Oui.
- On s'est renseignés sur les combats, Giordano a dit
la vérité.
Et du côté de David Prat, rien de suspect, ni dans ses comptes
ni dans les fadettes, pas de recherches Internet louches.
- Donc on oublie la piste du tueur à gages ?
- Ce serait bien de chercher encore.
- Je vous laisse faire. - Merci.
Mon colonel.
- Ah, papa. Je t'en prie, entre.
- Tiens.
- C'est quoi ?
- Les conclusions de l'enquête
sur l'agression de Paul. - Et ?
- Un cambriolage qui a mal tourné. - Ca, c'est fait.
- Ah oui ? Moi, j'y crois pas une seconde.
- Pourquoi ?
- Enfin, Léa,
tu sais qu'il n'y a rien de plus facile à simuler
qu'un cambriolage.
- Paul était au mauvais endroit au mauvais moment. Voilà.
- Qu'est-ce que t'as ?
- Où ça ? - Non. Tu me caches
quelque chose.
- Je vois pas de quoi tu parles. Et au sujet
de l'enquête... - T'as du nouveau ?
- Non, mais Paul est allé interroger Alex,
le fils de Clémence
et David. J'ai oublié de dire un truc à Paul. Tu m'excuses ?
A plus tard.
...
- Elle s'obstine pas un peu, la capitaine,
avec cette piste d'un homme de main engagé par Prat ?
- C'est toi qui as eu cette idée, au départ.
- J'ai dit ce qui me passait par la tête.
- OK. On a commencé, donc on termine.
Si Prat a payé un tueur, il a sorti l'argent
de quelque part.
- Et si c'était un coup
de la mafia ?
Tu te souviens
que Georges a dit au JAF que David avait contacté la mafia
albanaise ? - La mafia
albanaise ? - Ou une autre.
- Oui.
En fait, tu balances
tes idées comme elles viennent. - Ben ouais.
Pas toi ? - Pas vraiment, non.
...
- Mon père n'est pas là. - Tu vas courir ?
- Oui. - Tu sais,
je cours souvent
avec mon fils.
- Arrêtez votre petit numéro.
Je vous aiderai pas
à enfoncer mon père. - Je veux enfoncer personne.
Moi, je veux juste savoir qui a tué Georges.
Je comprends. T'es dans une situation pas très confortable,
coincé entre tes parents, ton beau-père...
Mais moi, je dois tout vérifier.
Tu comprends, ça ? - Oui.
- Allez, viens.
Tu t'entendais comment avec Georges ?
Pas super ?
- Si.
Enfin, ça dépendant des fois, mais on s'entendait plutôt bien.
- Et ta mère et lui, ça se passait comment,
à la maison ? - Ca allait.
- Je vais te dire, en fait.
Tous les couples se disputent,
de temps en temps. C'est normal.
- J'imagine, oui.
- Ca se passait comment, les disputes, entre eux ?
- Des fois, il allait dormir
sur le canapé. - J'ai connu ça aussi.
La dernière fois, c'était quand ?
- Il y a quelques semaines.
- Tu sais pourquoi ?
- J'ai pas tout entendu.
Mais...
Ma mère a dit à Georges qu'il voulait ruiner
sa vie, et que s'il faisait ça, elle lui pardonnerait jamais.
- C'était quoi, "ça" ?
- Je sais pas, mais...
Georges a rassuré ma mère en lui disant
qu'il allait pas le faire.
C'était pour faire peur à mon père. Voilà.
- Donc si on s'en tient aux faits,
qui était sur place les deux fois ?
Clémence.
- Oui.
Mais pourquoi elle aurait tué Georges ?
- Peut-être pour les mêmes raisons qu'elle l'a envoyé dormir
sur le canapé.
- Le fameux "ça". - Qui faisait peur à David Prat.
- Et qui risquait de ruiner la vie de Clémence.
- On va la réinterroger
dans ce sens-là. - Bien. Ma chérie...
- Pas en public.
- Demain, ta mère vient dîner, et je veux que tu sois là.
- Non, pas demain soir.
Elle est pas dispo.
- Pourquoi ? - Thomas
nous invite à dîner chez moi.
- Non, j'ai besoin d'elle.
- Remettons ça à après-demain. - OK !
Léa Soler. Je peux décider
de ce que je fais ? - Pourquoi il t'invite,
Thomas ? - Je sais pas.
C'est une surprise.
- On pourrait faire ça chez toi. - Non.
Tu vas aller dîner en tête-à-tête avec ton ex future femme,
et moi, avec mon ex-mari et notre fils.
Et chacun ses histoires. Voilà.
- Ah, d'accord.
D'accord.
- C'est quoi, ce dîner ?
- C'est une surprise.
- C'est pas grave ? Sinon,
tu me le dirais. - Oui,
évidemment.
- Il n'y avait
aucun problème entre Georges et moi.
- Mais il dormait sur le canapé.
- Vous connaissez beaucoup de couples
qui se disputent jamais ? - Non, mais bon,
c'est plus ou moins sérieux.
- Avec David, j'ai connu l'enfer.
Georges...
Il était tendre et attentionné.
- Un vrai conte de fées.
Et si on arrêtait de se raconter des histoires ?
Qu'est-ce que Georges menaçait de faire ?
- Rien.
- Je cite :
"Georges voulait faire peur à David."
Comment ?
- Il voulait dénoncer ses pratiques
commerciales illégales.
- Evidemment ! Il va falloir trouver mieux,
Mme Gauthier.
- J'ai plus rien à vous dire.
Je veux un avocat. - Parfait.
On va s'en occuper.
...
- La paperasse, c'est bien,
mais l'action, c'est mieux. Et la reconstitution fait sortir
le loup du bois. - Vous serez aux premières loges.
- Pourquoi ? - On vous a pas dit ? C'est vous
qui faites le mort.
- D'après la position du corps,
Georges se trouvait là où est Célestin.
- Je fais quoi ?
- Vous faites rien.
- Et d'après la balistique, le tireur se trouvait ici,
à 4 mètres.
- Mme Gauthier.
- Non. J'étais pas là, j'étais dans ma chambre.
Vous ne pouvez pas m'obliger.
- Oui, c'est votre droit.
- Je fais le tireur ?
- On va faire ça.
- Vous pouvez faire le chrono ? - Bien sûr.
- D'après la voisine, il s'est passé 1 minute 30
entre le coup de feu et l'arrivée
de Mme Gauthier.
Prêts ?
Pan !
- Ah !
...
J'étais bien ? - Parfait.
...
- 1 minute 23, sans se presser.
- Elle a eu le temps. - Un problème.
Si c'est Clémence Gauthier,
comment elle a pu sonner chez Mme Nolet
avec une arme ? Vous l'auriez vue.
- Evidemment. Je crois pas qu'elle ait pu faire une chose pareille.
- Dans une poche ?
- Elle avait un petit short.
- Est-ce qu'elle aurait pu la planquer sur le chemin ?
- Non. On a tout fouillé le soir même.
Il n'y avait pas d'arme.
- Et elle n'a pas pu la déplacer,
puisqu'elle était avec vous, madame.
- Oui. - Puis avec moi.
- Je remets l'arme à sa place.
- Tenez. Merci.
- Merci.
- Vous me tenez au courant ?
- Au revoir, Mme Nolet.
- On fait comme ça.
- Elle est bien,
cette nouvelle proc. Dynamique, impliquée...
Mais je trouve qu'elle se mêle un peu de tout.
Je comprends pas. Si c'est ni Clémence Gauthier
ni David Prat...
- Ben on sait pas qui c'est. C'est pas compliqué à comprendre.
- Excusez-moi. Je peux revoir l'arme ?
C'est quoi ? - Un Luger P08.
- David a une arme similaire.
- On a vérifié. Il n'a que des armes modernes.
- Même celles qu'il n'a pas déclarées ?
La caravane est là.
S'il n'a touché à rien...
C'est dans le placard.
Et voilà.
- On risquait pas de la trouver.
...
Tenez.
- Qu'est-ce que vous foutez là ?
Pourquoi elle est là ? - Où est votre Luger P08 ?
- Tu vas encore me pourrir la vie ?
- Du calme ! - Elle est folle.
- Arrête.
C'est fini. - Quoi ?
- On va finir ça
à la gendarmerie. - C'est elle
qu'il faut arrêter.
- On m'a volé mon Luger
la semaine dernière. - "On m'a volé
"mon Luger." C'est d'un classique !
L'arme qui disparaît avant le meurtre.
- Clémence était la seule à connaître
la cachette. - C'est vous le propriétaire
de l'arme. Et vous aviez un très bon mobile pour tuer Georges.
- Vous voyez pas qu'elle essaie de me faire porter
le chapeau ! Vous voyez pas ?
Fait chier !
- Vous êtes du genre un peu violent, vous. Va falloir...
- Clémence ment comme elle respire.
Elle raconte qu'elle adorait Georges,
alors qu'elle en avait une trouille bleue.
- C'est un truc de dingue.
Il renvoie tout sur elle, elle renvoie tout sur lui.
J'ai rarement vu ça. - J'ai du nouveau.
Georges nous a dit qu'entre lui et David Prat,
c'était une guerre commerciale. - Oui, à la fin
de leur collaboration.
- Il y a 2 mois, ça s'est arrêté d'un coup.
- D'un coup, comme ça ? - Et non seulement
David Prat a laissé tomber, mais il a cédé
des contrats à Nemours.
- Pourquoi il a fait ça ?
- Nemours a dû le menacer de quelque chose.
- Le "ça" dont parle le fils ?
Georges le fait chanter, la pression monte...
- Prat engage un tueur. - Qu'on n'a pas
trouvé. - Pas encore.
J'ai découvert qu'il y a 15 ans,
David Prat avait travaillé au Luxembourg, à la Maison
des femmes. - Donc il avait un compte là-bas ?
- Absolument.
Donc s'il a dû payer un tueur, il a pu le faire à partir
de ce compte-là. - Vous les contactez ?
...
- Ca va ? Bien dormi ?
C'est quoi, les nouvelles ?
- Mauriac et Marchal sont partis
au Luxembourg. - En vacances ?
- Non. - Pour quoi faire ?
- La banque a refusé de donner des infos.
On a demandé une commission rogatoire
internationale. - Et Marchal y va aussi ?
- Il va à la Maison des femmes. - Ca se fait pas.
- Tu lis les dossiers, parfois ?
- Oui, bien sûr. - La Maison des femmes,
c'est une institution d'aide sociale.
- Oui, évidemment. Je connais.
- Et David y a bossé pendant 10 ans.
- Il aurait engagé un ancien collègue
comme tueur à gages ? - Voilà.
Il a rencontré Clémence là-bas.
Après la naissance d'Alex, ils sont revenus en France.
Voilà, tu sais tout. - OK.
- A tout à l'heure, alors. - Oui.
...
- J'ai vérifié les relevés bancaires de David Prat.
- Rien. Juste une jolie somme.
Au Luxembourg,
- Ce n'est pas un délit.
Aucun mouvement
- Rien. Pas de virement,
- Au moins, on aura vérifié.
- Je rejoins Marchal à la Maison des femmes,
- Merci, capitaine.
- On accueille des femmes en difficulté :
toxicomanie, violences
conjugales... Parfois, il y a du grabuge,
d'où le service de sécurité. - D'accord.
Et vous savez si David Prat était proche
d'un collègue en particulier ?
- Non. Il s'entendait bien avec tout le monde.
Il a laissé un très bon souvenir,
ici. Mais personne n'a compris
pourquoi David et Clémence sont partis sans prévenir,
du jour au lendemain. - A cause de leur fils ?
- Ils ont adopté un enfant ?
- Non, ils ont eu un bébé.
Un petit garçon, Alex.
- Clémence et David ? Ils ne pouvaient pas avoir d'enfant.
- Vous êtes sûr ? - Ils ont tout essayé,
mais le hasard fait parfois mal les choses.
Ils étaient stériles tous les deux.
- Alex n'est pas leur fils.
Non, j'ai pas oublié
le dîner de ce soir. Mais c'est quoi, cette surprise ?
Ta mère, les surprises...
Oui, c'est le principe de la surprise.
Bon, je suis au taf. On se voit ce soir pour le dîner.
Bisous, Loulou. - Ca va, capitaine ?
C'était bien, votre escapade ?
- On n'a pas trouvé de dossier d'adoption pour Alex.
- Ce serait un enfant volé, et Georges l'aurait découvert ?
- D'où la dispute entre lui et Clémence.
Georges menace de révéler le secret...
- Mais d'abord, il fait chanter David.
- C'était aussi une menace pour Clémence.
- Georges lui a dit que c'était pour faire peur
à David. - David a un mobile de plus.
- Clémence aussi. A-t-elle cru Georges ?
- Au Luxembourg, Clémence s'est liée d'amitié avec une toxicomane
qui est tombée enceinte.
- Sophie Schmidt.
- Elle a accouché d'un garçon,
et 15 jours après, le bébé disparaît,
en même temps que David et Clémence.
- Ils étaient complices.
Vous saviez que 3 jours avant sa mort,
Georges avait fait des recherches sur Internet ? Au sujet
d'une certaine Sophie Schmidt.
La mère biologique d'Alexandre.
- J'étais très attachée à Sophie.
Elle m'aimait beaucoup.
Elle comprenait...
Ma souffrance et ma douleur de ne pas pouvoir avoir d'enfant.
Un soir, elle est arrivée à la maison.
Elle portait Alex dans ses bras.
Il était si petit.
Si fragile.
Elle m'a dit qu'elle était incapable de s'en occuper.
- Elle savait qu'on voulait un enfant
plus que tout au monde et qu'on s'en occuperait bien.
C'est ce qu'on a fait. Alex a toujours été notre priorité.
- Vous ne l'avez jamais revue ? - Non.
Au début, on voulait pas y croire,
on avait peur qu'elle le reprenne.
- Alors vous avez décidé de vous enfuir.
- On était loin,
on a de la famille à Montpellier, et on était devenus
les parents d'Alex.
On a toujours eu peur qu'elle réapparaisse.
- Elle est morte, il y a quelques années, d'une hépatite
mal soignée.
- Il y a deux mois...
En rangeant des papiers, Georges est tombé
sur le véritable acte de naissance d'Alex,
avec une photo.
Il a commencé à me poser des questions,
beaucoup de questions.
Je pouvais pas continuer à lui mentir.
- Il est venu me trouver direct.
Il en bavait de bonheur.
- Que voulait-il ? Votre argent ? Votre business ?
- Il voulait surtout m'humilier. Il avait tellement de haine.
Je savais qu'il finirait
par tout dire un jour. - Vous en avez parlé à Clémence.
- Oui. Il avait commencé à faire des allusions devant Alex.
Clémence et moi, on s'était détestés,
mais là...
- Georges a réussi à vous réconcilier avec votre ex.
Vous saviez que vous seriez soupçonné, donc il fallait
que ce soit Clémence.
- Elle devait déposer l'arme dans une planque du jardin,
avant d'aller chez Mme Nolet. - Vous arriviez après
pour la récupérer et vous en débarrasser,
ce qui disculpait Clémence. Mais ça a raté,
la 1re fois. - Oui.
Je lui avais montré comment tirer, mais elle a eu peur.
- Elle a dû accompagner Georges à la gendarmerie
pour porter plainte. Elle avait de quoi être bouleversée.
Elle venait d'essayer de le tuer.
- Quand on est revenus de la gendarmerie,
Georges était fou. - Alors avec David,
vous avez recommencé votre...
Plan diabolique.
Et cette fois, votre main
n'a pas tremblé.
- Non.
Non, elle a pas tremblé.
...
- T'as besoin d'aide ? - Oui.
Merci, c'est gentil.
Tu m'aides pas, là. - Ben non.
- Ben...
- Ah, 4 assiettes ?
Oh, on attend Alice ?
- Super, j'adore l'idée ! - Non, pas Alice.
Elle est avec Julien. Ce soir, c'est Apolline
qui vient. - Apolline.
C'était ça, la surprise ? - C'est qui ?
- Sa copine de lycée. Ils avaient tout
pour être ensemble. - T'emballe pas, maman.
- Mais c'est qui ?
- La blonde aux yeux bleus... - Non !
Ah ouais. - Parfaite.
Elle est drôle, intelligente, vive.
- Carrément, oui.
- Qu'est-ce qui t'arrive,
Apolline ?
- Bonjour. Qu'est-ce que...
- C'est arrivé avant Noor.
C'était une soirée, comme ça.
- Je m'en suis pas rendu compte tout de suite. Alors voilà.
- C'est une blague ?
- Bref...
Vous allez être grand-père
et grand-mère. - C'est pas une blague.
Oh, putain !
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