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...
Elle crie.
- Au secours !
...
- On a une idée de l'heure de l'accident ?
- Vers 8h15.
De la maison des gardes forestiers jusqu'ici, il faut 15 mn.
D'après la coloc de Zoé, elle est partie à 8h.
- D'accord, et il est 12h30.
Sur le SMS que le ravisseur a envoyé à Franck,
il l'a prévenu qu'il le contacterait à 16h.
Ca nous laisse peu de temps pour les retrouver.
Regarde la photo de Zoé.
Il s'est servi du portable de Zoé pour contacter Franck.
Je pense qu'il veut terminer le travail.
Détruire le corps pour nous empêcher de l'identifier.
- Tout ce qu'on sait sur la victime,
c'est qu'il a cambriolé la maison des gardes forestiers.
- Et s'il avait fait d'autres conneries ?
Il aurait un casier judiciaire.
- On aurait pu l'identifier avec ses empreintes,
d'où la tête et les mains brûlées.
- Qui prendrait de telles précautions ?
- Un complice.
Un complice inquiet qu'on remonte jusqu'à lui.
- C'est le lieutenant Lebellec. - Merci.
Oui, Erwan ?
- J'ai relevé le trajet de Franck après son départ de l'IML.
J'ai utilisé les caméras routières. J'ai perdu sa trace au Triadou.
- Près du pic Saint-Loup. - Ouais.
- Merci, Erwan.
Je pense que le ravisseur connaît bien la forêt.
Il va donner rendez-vous à Franck dans le coin.
- Ca fait une zone de 7 km.
- 7 km à fouiller avant 16h ? - Il faut pas perdre de temps.
Vous me tenez au courant. - Ouais.
- Qu'est-ce que vous faites, capitaine ?
- Je cogite.
- Moi aussi, j'aime bien me poser et laisser mon cerveau travailler.
Vous pensez à quoi ?
- A l'ordinateur de Zoé
qu'on n'a pas trouvé dans la tente du campeur/cambrioleur/victime.
- Et s'il y avait un complice ?
- D'accord.
Le complice aurait laissé l'argent et les objets de valeur ?
- Je vais peut-être dire une connerie...
- Je vous remercie de me prévenir, mais allez-y.
- Bon...
L'hypothétique complice,
si son but, c'était de récupérer l'ordinateur de Zoé...
Il envoie l'autre.
Enfin le campeur. La victime. Vous voyez.
- Non, pas vraiment.
- Le tueur aurait organisé le cambriolage
juste pour l'ordinateur.
- Mais la victime aurait pas résisté à piquer de l'argent et des bijoux.
- Ce qui n'est pas discret.
- La victime rejoint le complice. Une dispute éclate.
Le complice tue la victime et file avec l'ordinateur.
- L'ordinateur n'a peut-être jamais été détruit.
Donc on peut le tracer.
- Ah !
Voilà, lieutenant. Là, je vois !
- Aude ?
Aude !
Ca va ?
Vous avez trouvé quelque chose ? - Non.
- Vous allez m'aider à réduire la zone de recherche.
Ces photos,
ça vous dit quelque chose ?
C'est Zoé qui les a postées.
- Vous cherchez quoi, au juste ?
- Un endroit où Franck aurait pu se cacher,
si possible accessible en voiture.
- Cette photo.
C'est le sentier qui fait le tour du pic Saint-Loup.
- C'est accessible en voiture ? - La balade part de Saint-Jean.
C'est un village très peu fréquenté hors saison.
- C'est l'endroit idéal pour se planquer.
- Pardon, j'étais sur un coup.
OK. Erwan a pu vérifier le Cloud de Zoé.
Elle avait activé la localisation de son ordinateur.
Il n'a pas quitté la maison forestière.
Erwan et Célestin sont en route.
- Le ravisseur serait un des gardes forestiers ?
- Pourquoi pas ?
- D'accord, mais pour quelle raison ?
- Depuis la mort de leurs parents, Franck et Zoé sont indissociables.
Une relation fusionnelle, si c'était ça, le truc ?
- Quel truc ?
- Si on avait enlevé Zoé parce que c'est la soeur de Franck ?
- Le ravisseur savait que Franck ferait tout pour sauver sa soeur ?
- Oui, c'est ça.
- Il fallait le dire tout de suite.
...
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Qu'est-ce que vous faites là ?
Aidez-nous à chercher Zoé au lieu de faire je ne sais quoi.
- On a l'air d'être aux champignons ?
- Vous croyez la trouver ici ?
- Il est à qui, ce casier ?
- C'est le mien, pourquoi ?
- Vous pouvez l'ouvrir ?
C'est un ordre.
Merci.
Bravo, mon copain.
- Vous avez une explication, M. Forget ?
...
- "Très peu fréquenté", c'est rien de le dire !
- Non mais sérieux ?
...
- Stop ! Arrête-toi ! Je suis là pour t'aider.
Que tu le veuilles ou non.
Il est où, le corps ?
- Dans mon coffre.
- Qu'est-ce qui t'a pris ?
S'il met la main dessus, on pourra jamais le coincer.
- C'est ça ou il tue Zoé.
- On va la retrouver. Toute l'équipe est sur le coup.
J'appelle Léa.
- Fais pas ça, je t'en supplie !
Si c'était Léa ou tes enfants, tu serais prêt à risquer leur vie ?
- Paul ?
- Ouais, Léa. J'ai retrouvé Franck.
- Vous rentrez à la gendarmerie ? L'échange doit avoir lieu dans 2h.
Allô ?
- Je suis désolé, Léa.
- Comment ça, tu es désolé ? Désolé de quoi ?
Ah non !
Paul !
- Luc Forget n'a pas décroché un mot.
- L'ordinateur de Zoé l'enfonce. Il a pas envie d'en parler.
- Pourquoi il l'a volé ? - J'ai interrogé son équipe.
Il y a des tensions entre lui et Zoé.
Un des gardes a fait une tentative de suicide.
Selon Zoé, Forget leur met trop de pression.
- Si c'est vrai, pourquoi il est toujours en poste ?
- D'après Aude Guerin, Zoé montait un dossier contre lui.
- Si c'est le cas, il doit être dans son ordinateur.
- Le cambriolage des appartements n'était qu'un leurre
afin de nous cacher le véritable objectif :
récupérer l'ordinateur de Zoé.
- Forget est le complice qu'on cherche.
Je l'avais dit ou pas ?
- Hein ? Oui, oui.
Son plan a mal tourné.
- Oui, j'ai compris.
- M. Forget,
si Zoé est toujours vivante, dites-nous où vous l'avez cachée.
Un meurtre, ça suffit, vous trouvez pas ?
- Vous êtes pas bien ! J'ai rien fait de tout ça.
- Que faisait l'ordinateur de Zoé dans votre vestiaire ?
M. Forget ?
- Quand j'ai découvert le cambriolage, j'étais seul.
La porte de l'appart de Zoé était ouverte, alors...
- Alors vous avez pris l'ordinateur.
Pourquoi ?
- Je me doutais d'un truc.
J'ai trouvé des fichiers avec mon nom.
Elle montait un dossier contre moi.
- Vous avez pensé que ça passerait dans le cambriolage.
- Voilà. Mais j'ai rien fait d'autre.
Je peux y aller ?
- Non.
Le ravisseur doit appeler à 16h. On va l'attendre ensemble.
S'il appelle, vous serez innocenté.
- Vous faites une fixette sur moi.
- La personne qui a enlevé Zoé travaille dans le bois.
Elle sait que son frère est médecin légiste.
Vous cochez toutes les cases.
- Moins que Jo Darbon.
- Vous en avez trop dit ou pas assez.
Je penche pour "pas assez".
- A la fête, Jo s'est pointé.
Il était furax contre Zoé. Il s'est jeté sur elle.
Franck l'a maîtrisé.
...
- Libérez-moi. Libérez-moi, pitié ! - Bois.
- Libérez-moi, je vous en supplie. Libérez-moi. Je vous ai rien fait.
Libérez-moi, s'il vous plaît.
Libérez-moi !
Revenez !
- Pour le localiser, c'est comme d'habitude ?
- Ce sera encore plus lent.
La zone est montagneuse. Il y a moins d'antennes-relais.
- Déjà qu'une minute, c'est long...
Le téléphone d'Erwan sonne.
- Oui, allô ? Allô ?
- Les portables de Franck et de Zoé viennent de s'allumer.
- Et celui de Paul ? - Non.
- Il m'énerve, c'est pas possible !
- Je veux lui parler.
si tu refuses de coopérer.
- Oui.
- Je trouverai.
Tu trouveras un talkie sur place.
ta soeur est morte.
- Y aura pas d'embrouille. Je veux récupérer ma soeur.
- On y est presque.
- Allô ?
- Merde !
- C'est proche de Valflaunès. On est juste à côté.
- Ils sont près du pic Saint-Loup, mais on le savait.
- Alors ? - On n'a pas pu les localiser.
- Forget a pas menti à propos de Jo Darbon.
On a un témoin de l'altercation. C'était à propos d'un Canis lupus.
- D'un loup ? - Il y en a un qui a été aperçu.
- Ca faisait un siècle qu'on n'en avait pas observé.
- Et alors ? - Pour pas perturber l'animal,
Zoé voulait stopper le déboisement.
- Ca a dû faire plaisir à Darbon.
- Il a un sale caractère, d'accord, mais quand même.
- Il a viré des jeunes de sa forêt à coups de fusil.
- J'aime pas la tournure que ça prend.
On est à la merci de ce taré. - Et Zoé encore plus.
- Je sais, mais quelle garantie on a qu'il la libérera ?
On doit prévenir Léa.
- Hors de question ! S'il voit un flic, il la tue.
On parle de Zoé ! J'ai plus qu'elle, moi !
- Même si j'avais su qu'il campait chez moi, je l'aurais pas tué.
- Vous avez déjà tiré sur des jeunes.
- Ils voulaient faire une rave-party.
Ma forêt risquait de partir en fumée !
- C'est pour protéger votre forêt que vous vous en êtes pris à Zoé ?
- Les arbres, je les ai plantés. Je les coupe comme je veux.
Elle va pas me faire la leçon.
Fred !
Qu'est-ce que tu fous là ? - Gaëlle avait des contractions.
Je suis venu voir si tout allait bien.
- Si elle fait une fausse couche, ce sera de votre faute.
Téléphone.
- Il pense pas ce qu'il dit.
Je peux mobiliser des bûcherons pour votre battue.
- Ce serait pas de refus.
- J'arrive.
On file à la parcelle.
- Attendez ! On n'a pas fini.
Vous étiez où, ce matin, vers 8h ? - Dans la forêt, avec mes gars.
Fred devait rester au chevet de Gaëlle.
- On va vérifier ça, M. Darbon.
- Faites comme ça vous chante, mais foutez la paix à ma famille.
- Messieurs.
- Arrête-toi là. Je vais couper par la forêt.
Si ça dégénère, je serai là.
- OK.
Paul ? - Quoi ?
- Ton portable.
- Bonjour. Gendarmerie nationale.
J'ai besoin de votre téléphone, s'il vous plaît.
- Tenez. - Merci.
Son téléphone vibre.
- Commandant Soler, j'écoute.
- Léa, c'est moi.
- Paul ! Vous êtes où ? Tu es avec Franck ?
- Il est parti au lieu de rendez-vous.
- Où ça ?
- J'ai l'impression de le trahir.
- Je t'en supplie, donne-moi cette adresse.
- Près de Valflaunès,
au pied du Gourdou.
j'envoie une équipe.
- Oui, c'est Soler. On envoie une équipe au Gourdou.
...
Le talkie-walkie sonne.
- Je suis là.
Toi, tu repars à pied.
- Hors de question ! Je repars pas sans ma soeur !
quand j'aurai le corps.
- Non ! J'ai rempli ma part du contrat !
de jouer les héros.
- Je bougerai pas d'ici.
- Non, je suis venu tout seul. Je suis tout seul.
à cause de toi.
- Non ! Non !
Oh !
- Toi ?
Coup de feu.
...
- Franck, ce coup de feu, ça veut rien dire.
Tant qu'on n'a pas de certitude, on baisse pas les bras. On y croit.
Si le meurtrier tient tant à récupérer ce corps,
c'est parce qu'il a peur que vous trouviez quelque chose.
J'ai besoin de vous, Franck.
- Quoi ? Un indice que j'aurais pas vu à l'autopsie ?
- Exactement.
Le corps, c'est la clé de l'énigme.
Vous êtes le seul à pouvoir la résoudre.
Allez, Franck !
S'il vous plaît.
- Je vais tout reprendre depuis le début.
- On va retrouver votre soeur.
OK ? On va retrouver Zoé.
Ca va ?
- J'aurais jamais dû te prévenir. - Tu as fait ce qu'il fallait faire.
C'était difficile d'avancer à couvert.
- Et si Zoé est morte ? - On n'en sait rien.
- Et le coup de feu ?
- Ca veut rien dire. Arrête, Paul.
- La détonation était forte. Le tueur est pas loin.
- Ce talkie ressemble étrangement à ceux utilisés par les Darbon.
- Tous les indices nous ramènent toujours vers eux !
- Pour accéder aux talkies, seuls Jo et Fred Darbon ont la clé.
- Pourquoi le tueur a pas fait disparaître le campement ?
- Peut-être qu'il a eu une urgence.
- Comme rejoindre sa femme enceinte ?
- Par exemple.
- Gaëlle, il est où, Fred ?
- J'en sais rien.
Arrêtez, vous me faites peur.
- Sûrement avec les gars.
Il a pas commis ces horreurs !
- Ce matin,
il était avec vous ?
- Oui, il est parti juste après Jo.
Il a démarré en trombe.
Il est repassé dans l'après-midi en coup de vent.
Il était très étrange.
- Vous avez pas à vous en vouloir.
S'il a tué cet homme et enlevé Zoé, il faut qu'on l'arrête.
Dites-nous où il se cache.
- Mais j'en sais rien ! J'en ai aucune idée !
- J'ai un mazet dans la montagne. Je peux vous dire comment y aller.
- Il est où, ce mazet ?
que par l'autre versant.
- Ca nous fait faire un détour.
Merci, Sabine.
- Pas forcément, regardez.
C'est là. Il y a un raccourci par ici.
Un chemin noir. - C'est quoi ?
- C'est les anciens sentiers de transhumance.
- Il est praticable ? - On y sera dans 10 mn.
- 5, en courant !
Restez là.
- Capitaine ! Venez voir !
Ca vient de l'uniforme de Zoé. - Putain...
OK, go !
- Avance.
Avance !
Avance, putain !
- Non !
Si tu veux me tuer, fais-le ici.
- Déconne pas, putain.
- Fred !
Arrêtez.
Posez votre arme, d'accord ?
Posez votre arme.
Laissez partir Zoé. Tout peut encore s'arranger.
Fred.
Regardez.
- Je voulais pas lui faire de mal. Je voulais pas.
C'était un accident. Je voulais pas le tuer.
- Ca va aller, OK ?
Ca va aller.
Allez.
- C'est fini, Zoé !
C'est fini !
C'est fini.
...
- Je voulais lui faire peur et le déloger, pas le tuer.
- Vous auriez pu appeler la police.
- Je suis un Darbon. On gère nos problèmes nous-mêmes.
C'est ce qu'on m'a appris.
- Très bon conseil, vu le résultat.
- Ca a dégénéré. On s'est bagarrés. J'avais ma sapie à la main.
C'était un accident mais vous m'auriez pas cru.
- Et découper le corps, c'était accidentel ?
- Je sais pas ce qui m'a pris.
- Bon, et le nom de la victime ?
J'ai brûlé ses papiers sans les regarder.
- Ah ouais.
Vous êtes pas curieux.
- Brûler les papiers
sans regarder le nom ?
J'y crois pas.
- Moi non plus. Moi non plus.
Ou alors...
Ou alors il le connaissait.
- En tout cas, il veut cacher son identité.
- C'est ça.
J'espère que Franck pourra nous aider.
Il doit nous tenir au courant.
A demain. - Non, Léa...
J'ai toujours pas de nouvelles de ta mère.
Je voulais savoir ce qu'on va faire.
- Ce "qu'on" va faire ? Qui ça, "on" ?
- Eh ben... - Ben non.
Moi, c'est terminé, papa.
J'aurais jamais dû m'en mêler. C'était une erreur.
Maintenant, c'est plus mon histoire.
C'est votre histoire.
Il est temps de prendre tes responsabilités.
A demain.
A nous deux.
- Coucou, c'est moi.
On a un truc à fêter ?
- C'est ta copie.
- Ma copie ? - Oui, les questions.
Je les ai récupérées.
- Toi, quand tu as un truc dans la tête...
Heu...
Pourquoi tu veux faire ça ?
- Pour tenir la promesse qu'on s'est faite il y a 25 ans.
- Ca n'a pas de sens.
- Ca n'a jamais eu autant de sens.
Après mon histoire avec Inès
et depuis que j'ai revu la vidéo de notre mariage,
maintenant, je sais :
jamais je n'aimerai une autre femme autant que toi.
- On commence par quoi ?
Je commence ? Tu commences ?
- Tu commences, ouais.
OK.
Prêt ? - Ouais.
- 1re question...
- Là où tu voudras. - Non, non, non. C'est pas...
Ah, ah ! Tu vois ! Tu vois !
Non, non, non, non.
De quoi es-tu le plus fier ? - De mes enfants.
Enfin, de nos enfants.
- De mon fils et de ma fille. - C'est pareil.
C'est totalement pareil. Et puis...
Heu...
De la place que j'ai retrouvée, depuis 6 ans, parmi vous.
C'est à moi ? - Non...
- Qu'est-ce que tu changerais dans ta vie ?
Vibreur. - C'est mon téléphone.
- Non, c'est mon ventre. - Non, c'est mon téléphone.
C'est mon téléphone. C'est Franck.
Oui, Franck ?
Ah.
C'est formidable.
J'arrive tout de suite.
A tout de suite.
- Moi aussi, j'ai du nouveau.
Les travaux à l'appart sont terminés.
Je récupérerai mes affaires ce soir.
- C'est super.
A plus tard.
- Ouais.
- Pardon. - Déjà levée, à 5h du matin ?
- Je me suis pas couchée. Vous avez trouvé quoi ?
- Notre inconnu souffrait de la maladie de Charcot.
Vu l'état de ses muscles, sa dégradation commençait juste.
- La maladie de Charcot ?
- Une maladie neurodégénérative qui paralyse les muscles.
Il n'y a aucun traitement. - Oui, je sais, mais...
C'est une maladie rare.
- L'incidence est de 2 pour 100 000 par an. Pourquoi ?
- Parce que le fils de Jo Darbon est mort de cette maladie.
- Le hasard serait incroyable.
- Je crois pas au hasard.
- Cette maladie est héréditaire.
- La victime serait un Darbon ?
Le voilà, le secret de Fred.
- Je suis désolé pour votre soeur, mais je connaissais pas ce type.
- Pourtant, vous pourriez être de la même famille.
Si vous aviez un frère caché, c'est le moment de nous le dire.
- C'est la meilleure, celle-là. Vous manquez pas d'imagination.
- Il en faut, dans cette affaire.
- Mais c'était personne, ce type !
C'était un clodo ! Un squatteur ! Il valait rien !
- Personne ne vaut rien.
Les cadavres ont tous une histoire, une vie derrière eux.
Ils avaient des rêves, des secrets.
Personne ne vaut rien.
Ouvrez la bouche.
- Ca peut pas être un Darbon.
- Il y a jamais de certitude. - Mais vous écoutez pas ?
J'ai pas de frère ni de soeur.
Avec ma femme, on n'a eu qu'un fils.
- Et avec une autre femme ?
- J'ai aimé qu'une femme et je l'ai jamais trompée.
- Votre fils aurait pu avoir un enfant avec une autre femme ?
- Il était comme moi, fier et fidèle. Paix à son âme.
Par contre, sa femme s'est remariée.
- Ca marche pas dans ce sens-là par rapport à votre ADN.
Votre ex-belle-fille, vous l'avez pas revue depuis ?
- Heureusement.
Elle m'a privé de mon petit-fils assez longtemps.
- Fred la voit encore ?
- Il a des nouvelles.
Elle était aux Antilles.
Elle a pas l'air de lui manquer.
Il frappe.
- Oui, entrez.
- Commandant, je viens d'avoir le labo.
Aucune concordance entre l'ADN de Fred et celui de la victime.
- Ah bon ? On est sûrs de ça ?
- C'est le labo qui le dit.
Ben ouais.
- Bon écoutez... Ca devient trop compliqué pour moi.
- Comme dit Sherlock Holmes :
"Quand c'est trop compliqué,
"c'est que le possible n'est plus possible,
"donc il reste l'impossible, même s'il est impossible."
Un truc du genre.
- Et ça nous mène où, tout ça ?
- Si notre victime,
c'est un Darbon,
Fred n'en est pas un.
- Vous êtes un génie !
Demandez à Jo Darbon s'il veut bien se soumettre à un test ADN.
- Hum hum.
- Là.
- Là !
- Tu peux entrer sans crainte.
De toute façon, tous les frigos sont pleins.
- Le bon vieil humour de légiste ! - Ca va ?
- Ouais, ça va.
Et Zoé, ça va ?
- Elle en a vu d'autres.
Je suis désolé, Paul. - Je sais.
Notification. - Ca doit être les résultats ADN.
Alors...
Non ? - Quoi ?
- Vu le nombre d'allèles en commun avec Jo,
la victime était un Darbon.
Un parent proche, même.
Fred ne matche avec aucun des deux.
- Non, c'est...
Le labo a dû faire une erreur.
- C'est vérifié 2 fois, par 2 techniciens.
- C'est quoi ce délire ? Je suis paumé, là.
Fred Darbon n'est pas un Darbon.
- Pas au sens biologique du terme.
- J'ai parlé à Nelly Couapel,
la mère de Fred Darbon.
Elle n'habite pas aux Antilles mais en Bretagne.
- Elle est revenue en métropole ?
- Elle a jamais quitté Brest. Il y a un mois, elle a vu son fils.
- Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
- Il lui a annoncé qu'il avait plus que quelques années à vivre.
La maladie de Charcot.
A ce moment, il avait pas encore repris contact
avec son grand-père,
vu que, depuis 15 ans, il parcourt le monde.
"Parcourait", devrais-je dire.
- Attendez, attendez.
Le campeur de la forêt, notre victime,
ce serait Fred Darbon ?
- Il voulait de l'argent
pour profiter du temps qu'il lui restait.
Elle lui a conseillé d'aller taxer son grand-père.
- Donc quand Fred Darbon, le vrai, arrive,
il constate qu'un autre a pris sa place.
C'est qui, alors, celui-là ?
- Vous connaissez Nelly Couapel ?
La mère du vrai Frédéric Darbon.
Cet homme que vous avez tué ici, vous saviez qui il était.
C'est pour ça que vous vouliez pas qu'on l'identifie.
Alors, vous êtes qui ?
Vous êtes qui ?
- C'est OK.
- Vous serez plus loquace devant la mère de votre futur enfant ?
- C'est quoi ce bordel ? Fred a rien fait. Relâchez-le.
- Cet homme est coupable.
En revanche, ce n'est pas votre petit-fils.
Il n'est pas Fred Darbon.
- De quoi elle parle ? - C'est quoi ces conneries ?
- Fred, dis-moi.
Fred !
- Je m'appelle Bastien Louvier.
Je suis pas celui que vous croyez.
Je l'ai jamais été.
Fred, je l'ai rencontré dans un centre pour mineurs, à 17 ans.
On était proches. On s'est raconté nos vies.
Moi, j'avais pas de famille.
Fred m'a parlé de son père, de sa mère et de toi.
Fred voulait faire le tour du monde.
J'ai voulu avoir ce que j'avais jamais eu.
Une famille.
- Tout allait très bien jusqu'à ce que Fred débarque.
- J'étais seul quand il s'est pointé.
Ca lui a fait un choc de me voir là.
Il s'est énervé.
Tout ce qu'il voulait, c'était du fric.
J'ai promis de lui en donner.
- Et vous l'avez tué. - Mais non !
Je lui en ai donné, mais il en voulait encore plus.
Je lui ai dit de camper là le temps que j'en trouve.
Il m'a pas écouté. Il a cambriolé la maison forestière.
Je pouvais tout perdre à cause de lui.
La seule solution, c'était qu'il disparaisse.
- T'as cramé son corps pour cacher ton putain de secret ?
- Pas mon secret, ma vie.
Celle que j'ai choisie.
Pardon.
- Va te faire foutre !
Le plus difficile, c'est pas tes mensonges,
c'est le fait de perdre mon petit-fils 2 fois.
- Votre plan a fonctionné.
Enfin une soirée tranquille, ça fait du bien !
- A qui le dites-vous.
- Coucou, Sabinette !
- Seigneur Jésus Marie Joseph. - On a eu peur de vous rater.
- On s'inquiétait pas trop, nous.
- Vous êtes Erwan ?
Célestin m'a parlé de vous. - J'imagine que vous êtes Janice.
- Janice Mauriac, comme Sabine.
Normal, c'est ma belle-soeur ! Mais on est comme soeurs.
- Qu'est-ce qui nous vaut cette visite impromptue ?
- Quand j'ai dit à Erwan que je viendrais pas ce soir,
j'ai senti sa déception. - Oui.
- On fait pas ça à un copain.
- Non, on fait pas ça. - J'en ai parlé à Janice.
- Il m'en a parlé, oui. - Et donc ?
- Moi, je voulais pas laisser mon frère et Sabine...
- Tous seuls.
On s'est dit...
- "Si on faisait d'une pierre..." - "2 coups ?"
- ET DONC ?
- On organise un dîner. - Chez toi, Sabine.
- Moi, je peux pas.
Non.
- Franck, excusez-moi de vous déranger mais...
Qu'est-ce qui se passe ?
- Ma démission.
- Non.
Non.
J'ai...
J'ai discuté avec le procureur.
Aucune charge ne sera retenue contre vous.
Vous aviez des circonstances atténuantes.
- Ben... Merci.
- Ben, de rien !
- Il y a autre chose ? - Oui.
Oui, oui.
C'est au sujet de vos parents.
Durant l'enquête, j'ai eu accès au rapport de l'époque.
- Léa, pardon... C'est du passé, tout ça.
Voilà.
Avec Zoé, on a mis ça très loin derrière nous.
- Oui, alors, Franck...
OK.
Bien sûr.
Quoi qu'il en soit, j'ai noté certains détails,
des zones d'ombre...
Avec votre permission, je souhaiterais rouvrir l'enquête.
- OK.
- OK ?
- Ouais.
...
Son téléphone vibre.
- Oui, Paul ?
- J'ai un truc à te dire, en fait.
Du coup, écoute-moi sans m'interrompre.
Ce qui s'est passé ces derniers mois
et la cohabitation, ça m'a fait réfléchir.
que je me mens à moi-même.
Les incertitudes, c'est terminé.
Qu'il me reste un an à vivre ou 50,
ce dont je suis sûr, c'est que...
C'est avec toi et toi seule que je veux vivre ma vie.
ce qu'on a commencé.
Je sais que tu as peur.
Moi aussi, je...
...
Coup de feu.
- Ah !
...
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