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Zulu
...
Feulement.
- Hé, ça va.
...
- Paul, pourquoi es-tu soucieux ?
- Non, y a rien.
- Si ça ne va pas, tu peux me le dire.
- Je vous ai entendues vous engueuler, avec Léa.
C'était à quel sujet ?
- Léa ne supporte pas que je sois proche de Thomas et Alice.
- Mais non, pas du tout.
Tu te fais des idées.
- Malheureusement non.
Mais je la comprends, c'est compliqué pour elle,
d'autant qu'elle nous voit tous les jours ensemble, toi et moi.
- Mais non, elle a toujours dit qu'elle était heureuse pour nous.
- C'est ce qu'elle dit, mais dans les actes, c'est différent.
Elle m'a fait craquer plusieurs fois, et si je ne me protège pas,
je ne tiendrai pas.
- Je vais lui parler, et...
- Non, surtout pas.
Ca va me retomber dessus.
Promets-moi de ne rien dire.
- Oui, promis.
Notification. Sonnerie.
Oui, Erwan ?
Au zoo de Montpellier ? D'accord, à toute.
...
- Bonjour.
- Bonjour commandant.
Ca va ? - On ne risque rien ?
- Non, c'est bien fermé. Alors Cécile Bazin,
50 ans, elle dirigeait le parc animalier avec son mari.
- C'est des griffures ?
Et là, une morsure.
- Oui, c'est Vénus.
- Vénus ?
- Oui, la femelle guépard.
- Alors c'est un accident.
- elle a des bleus sur les bras et une plaie derrière la tête.
- Ces lésions ne sont pas liées à l'attaque de l'animal ?
- Non.
- D'accord.
La montre a été cassée
à 21h42. Qu'est-ce qu'on a sur elle ?
- La capitaine Mauriac interroge son mari,
le directeur du zoo.
- Très bien. S'il vous plaît !
Reculez, Erwan.
Je ne suis pas très rassurée.
- Commandant, on a trouvé ça sous les buissons.
- Ca pourrait correspondre
à la plaie sur la tête.
Envoyez ça au labo.
Cécile Bazin a été agressée.
- Et l'agresseur a ouvert la porte de la loge.
- C'est une cage, Erwan.
- On dit une "loge".
- Ah bon ?
D'accord.
- Envoyez ça au labo.
- Je ne comprends pas : on rentre
les animaux tous les soirs.
- La trappe a-t-elle pu rester ouverte ?
- Non, Cécile connaissait parfaitement le système.
La sécurité
est primordiale, dans un zoo. - Que faisait-elle dans cet enclos ?
- Je n'en ai aucune idée.
- Vous savez quels employés
étaient là hier soir ? - Non, pas vraiment.
Nos cartes magnétiques sont de simples clés, non identifiables.
- Votre femme avait
des conflits à gérer ? Des problèmes en particulier ?
- Eh bien... Depuis un an, la fréquentation du parc
a beaucoup baissé, Cécile avait dû licencier quelques employés.
Téléphone. - Excusez-moi.
Oui, Paul ? Il est avec moi, je te l'envoie tout de suite.
- J'ai vérifié
les points d'accès du zoo, et j'ai remarqué cette échelle.
- Quoi ? Alors quelqu'un s'est introduit par ici ?
- Ce n'est sûrement pas un singe qui s'est enfui.
Vous n'avez pas
de gardiens ?
- A cause des restrictions de budget, on n'en a plus qu'un,
qui reste à l'entrée.
- Vous avez perdu votre alliance,
M. Bazin.
- Non.
Cécile et moi,
on est séparés depuis six mois. On allait divorcer.
Personne n'était encore au courant.
- Et pour bosser, ça allait ?
- Ca se passait pas trop mal.
Ce zoo, c'est un peu notre bébé. C'est treize ans de notre vie.
C'est surtout ça qui soudait notre relation,
vous comprenez ?
Choc.
- Waouh !
Mais que tu es joli !
- C'est pas un chien,
c'est un caïman.
- Je te cherchais. C'est quoi, tous ces cartons dans ta voiture ?
- Je donne les vieux jouets aux orphelins de la gendarmerie.
- C'est radical.
- Pourquoi ? Ils ne servent plus, et d'autres peuvent en avoir besoin.
Une mutation à Lille, ça, c'est radical.
- Moins radical que ton comportement.
- Pardon ? Tu as dit quoi ? - Rien, laisse tomber.
- Quoi ? - C'est pas le moment.
- "Salope, j'espère que tu crèveras en enfer."
La victime avait reçu des mails de menaces.
- L'expéditeur ?
- On cherche. - Quoi d'autre ?
- Des messages parlent de "sauver Murphy".
- Murphy ?
- Euh... Capitaine ?
- J'adore !
Merci.
- Et donc... ?
- Donc,
apparemment, Murphy est atteint d'une anomalie chromosomique.
- Grave ?
- Né avec deux vertèbres en moins, il est censé être
euthanasié.
- On va le tuer
pour deux vertèbres ?
- Cécile Bazin était considérée comme un monstre sur Internet,
et les internautes en colère sont souvent très bruyants.
- Pourtant les directeurs de zoo cherchent à protéger les espèces.
- Quelqu'un a pu venir pour sauver ce bébé guépard.
- D'où les échelles.
Cécile Bazin l'aurait surpris, et ça aurait mal tourné.
- Moi aussi, je te fais plein de bisous, ma chérie.
Bisous.
Mademoiselle ?
Mademoiselle, ça va ?
- Pourquoi Cécile avait un drap sur la tête ?
- Cécile a eu un accident.
Tu la connaissais bien ?
- Le serpent... Il a fait du mal à Cécile.
- Quel serpent, ma chérie ?
- Le méchant serpent.
- Calme-toi.
- Ah !
- Roxane, tout va bien.
On va aller voir Aria,
d'accord ?
- Je suis désolée. Bonjour. Je suis le commandant Soler. Vous êtes... ?
- Laetitia Candela, la vétérinaire du zoo et la maman de Roxane.
- Votre fille vient souvent ici ?
- Elle est autiste, et le contact des animaux l'apaise.
- Votre employeur était d'accord ?
- Avant d'être mon employeur,
Cécile était mon amie d'enfance et la marraine de Roxane.
- Roxane m'a parlé d'un méchant serpent.
C'est quoi ? - Rien. Elle s'embrouille parfois.
- Attendez. Vous pensez qu'elle a pu être témoin de quelque chose hier ?
- Non, on est rentrées en fin d'après-midi.
...
- Non ! - Ah !
- Ils vous ont virée ?
- Pas encore.
Ce sont de vieux jouets. - Vous êtes du genre à tout jeter ?
- Il y a une collecte
pour les orphelins de la gendarmerie.
- Ah oui, les orphelins...
- Vous n'aviez pas vu ?
Je préfère donner plutôt que jeter.
- Moi, je ne garde rien du passé. Vous voulez savoir pourquoi ?
La nostalgie,
c'est quand le présent n'est pas à la hauteur des promesses du passé.
J'ai dit une bêtise ?
- Non, je n'ai pas d'avis.
Pourquoi êtes-vous là, Célestin ?
- J'ai épluché les menaces envoyées à Cécile Bazin :
les plus violentes proviennent de "Sentinelles sauvages".
Ils prônent l'éradication des zoos.
Ils comptent parmi leurs membres une ancienne employée du zoo,
une soigneuse, Maïa Chomette.
Elle est membre de l'association depuis quatre mois.
- Le méchant serpent.
- Mlle Chomette.
Vous y allez fort, chez les "Sentinelles sauvages".
- Et pas les flics ?
- Arrêtez tout de suite ce petit jeu de rebelle à deux balles.
Ne perdons pas de temps. - J'ignore qui a envoyé ça.
- Ca, c'est votre casier :
dégradations volontaires et tentative de vol.
- On a libéré des visons sauvages qui étaient torturés et affamés.
- Mais les zoos, c'est pas ça. Vous le savez : vous y avez bossé.
Sauvegarde des espèces en voie d'extinction,
réintroduction, ça vous parle ? - Il faut abolir
l'exploitation des animaux.
- Où étiez-vous hier soir
entre 21h et 22h30 ?
- Chez moi. Seule. J'ai regardé un doc sur la pêche intensive.
Vous l'avez vu ? - Oui.
Justement, oui. Il faut arrêter, avec ces stéréotypes sur les gens.
Donc vous n'êtes pas allée au zoo pour enlever Murphy ?
- Non, Maigret.
- Bien. La géolocalisation de votre portable confirmera donc
que vous êtes restée chez vous ?
- Je n'ai pas de portable. Je refuse d'être fliquée.
- Ah, OK.
- Maïa Chomette, ça donne quoi ?
- D'après Paul, "pénible et rebelle". Il en faut bien.
Un témoin aurait assisté à une altercation entre Maïa
et Cécile Bazin récemment.
- Alors organise une confrontation.
- Le témoin est une jeune fille handicapée,
elle ne supportera pas une confrontation.
Et on n'a aucune preuve que Maïa soit revenue hier soir.
- J'ai le motif du licenciement de Maïa Chomette il y a six mois.
- "Faute grave" ?
- Oui. Mais Maïa a lancé une procédure aux prud'hommes.
- Il faut trouver quel contentieux opposait ces deux femmes.
- Inès, allez interroger
Jimmy Payet, le chef soigneur, il a travaillé un an et demi
avec Maïa. - Bien.
- Dis donc, Léa, en parlant de contentieux,
ta mère m'a dit que c'était compliqué entre Inès et toi.
- Tu reparles à maman ?
- Si tu avais des problèmes avec Inès, tu viendrais me trouver ?
- Evidemment.
- Parce qu'elle est sous tes ordres, et que je suis le colonel.
- Excusez-moi, mon colonel, c'est le labo. Oui, commandant Soler.
C'est parfait, ça. Transmettez-moi les résultats.
- C'est l'analyse des cheveux trouvés dans la cage des guépards.
L'ADN correspond au vôtre.
- Je l'ai pas tuée.
Oui, j'ai voulu libérer Murphy.
- Et que s'est-il passé ?
- J'ai ouvert la trappe pour faire sortir Vénus et attraper Murphy,
et puis j'ai entendu des cris.
- D'où venaient ces cris ?
- Je ne sais pas, je me suis enfuie.
- D'accord. Donc au moment où Cécile Bazin se faisait agresser,
vous ouvriez la trappe. Sacrée coïncidence, non ?
- On ne s'est pas croisées. - Et votre dispute récente ?
- Avec "Sentinelles sauvages", on voulait racheter le guépard.
J'ai rejoint Cécile sur le parking, elle m'a traitée d'idiote,
je l'ai giflée et je me suis barrée.
- Elle vous avait licenciée parce qu'elle vous trouvait "idiote" ?
- Vous savez quoi ? Allez vous faire foutre.
- Pour quelle faute grave Maïa a-t-elle été licenciée ?
- Je n'en sais rien.
Maïa était la meilleure soigneuse du zoo,
elle ne comptait pas ses heures. Son renvoi nous a tous surpris.
- Oui, Maïa
était un excellent élément.
- Jimmy, j'ai l'impression que vous ne me dites pas tout.
- La directrice n'a pas supporté que Maïa soit contre l'euthanasie.
- OK. Et ?
- C'est pour ça qu'elle s'est fait virer.
- Vous dites que Maïa adorait son boulot.
Comment est-elle passée de soigneuse compétente
à extrémiste anti-zoo en 2 mois ?
- Cécile ne s'est pas contentée de virer Maïa.
Elle a été jusqu'à salir sa réputation.
Maïa était grillée partout.
- Tu t'entraînes pour un sprint ? - Non.
- T'es très sexy. - Ah bon ?
Pourtant tu préfères les marathons, non ?
- Maïa Chomette avait de quoi en vouloir à mort à Cécile Bazin.
- D'accord.
Je viens de reconstituer son parcours supposé en courant.
Tu calcules ?
J'ai mis 7mn depuis le mur sud jusqu'à la loge des guépards,
en courant.
- 14mn aller-retour, donc.
- Le GPS de Maïa indique qu'elle s'est garée à 21h25,
plus 14 minutes...
- 21h39.
- On rajoute 5mn pour installer les échelles.
- 21h44.
- OK. Sachant
que Maïa s'est fait flasher sur l'autoroute à 21h52,
et qu'il lui fallait 6mn pour arriver jusqu'au radar
en roulant plutôt vite. Ca lui laissait... ?
- 2mn pour contourner l'enclos, assommer Cécile, ouvrir la trappe ?
- C'est chaud. En plus pour repartir sans le bébé guépard.
Ca accrédite sa version
du vol interrompu.
- Il y a quand même de drôles de coïncidences :
la présence de Maïa au zoo, les cris...
Elle nous cache quelque chose. - Ah là là...
Tu te souviens de ce Noël, quand Thomas avait eu ce bateau ?
On avait joué pendant des heures, tous les deux.
- Non, tu avais joué tout seul pendant des heures. Range ça.
- J'ai pas mal réfléchi à l'intrusion de Maïa
dans le zoo.
Le zoo.
Maïa.
Elle a installé l'échelle à l'extérieur pour escalader
le mur d'enceinte. OK.
Mais...
Comment elle a fait
pour monter en portant la 2e échelle ?
C'est lourd, une échelle.
Ou encombrant. Ou les deux. Mais admettons.
La question que je me pose,
c'est...
Comment elle aurait fait, au retour, pour passer
d'une échelle à l'autre en portant la cage du bébé guépard ?
- Elle avait un complice.
- Oui, qui s'est battu
avec Cécile.
- Un membre de l'association ?
Va perquisitionner "Sentinelles sauvages". Emmène Thomas,
ça enrichira son stage. Aïe !
Ca va pas ? Arrête un peu.
- Ca va, je m'en occupe.
- Voilà. Je ne vois pas comment ça peut passer.
- Et vous dites avoir franchi ce mur toute seule ?
- Je suis plus douée que lui, ce qui n'a pas l'air très compliqué.
- C'est très vexant. Je peux descendre ? J'ai des crampes.
- Arrêtez,
c'est impossible de passer le mur avec une cage.
- Capitaine ?
- Vous protégez qui ?
- Hou hou !
- Alors ? - J'étais seule !
- Pas de souci, on va continuer notre enquête.
On coince toujours les menteurs, sans vouloir vous vexer.
- Lieutenant,
descendez !
Allez !
- Je te rappelle.
- Voilà la perquisition
de "Sentinelles sauvages".
Thomas a fouillé les poubelles.
- Vous allez me bizuter jusqu'à la fin de mon stage ?
- C'est un vrai exercice, de fouiller les poubelles.
Il faut être méticuleux,
observateur... - Tu vois ?
En plus,
il a été très bon.
Dis-lui !
- J'ai trouvé un truc dans la poubelle extérieure.
- Quoi ?
- Un badge d'accès au zoo.
- Quelqu'un l'aura donné à Maïa pour qu'elle ressorte avec la cage.
- Et les échelles, ce serait juste
une mise en scène ? - Pour protéger son complice.
- Qui travaille au zoo.
- Bravo. Félicitations. T'es bien le fils de ta mère.
Prévenez Erwan. Au fait, Inès ne m'a pas rendu le PV d'audition
de Jimmy Payet.
- Elle déjeune avec Alice. - D'accord.
- En rentrant...
- Alice ! Qu'est-ce que tu fais là ?
Qu'est-ce que t'as ?!
- J'ai eu une allergie. Inès m'a emmenée aux urgences, tout va bien.
- Il fallait m'appeler. - On a fait vite.
- Mais t'as jamais fait d'allergie, enfin !
- Maman, arrête.
Avec le traitement, ça aura disparu demain.
- Tu peux rentrer seule ?
- Oui. Merci beaucoup, Inès.
- La prochaine fois...
- Je finir le PV de Jimmy Payet.
- J'essaie de trouver le complice, mais Maïa n'a pas de téléphone.
Pas d'appels, pas de SMS, pas de géolocalisation...
- On ne peut pas tracer
ces gens-là. - C'est le but recherché.
T'as trouvé quoi sur "Sentinelles sauvages" ?
- Maïa a reçu 3 mails provenant d'une boîte mail du zoo.
- Envoyés il y a deux mois. - Pour qu'elle enlève le guépardeau.
- Le guépardeau ? - Le bébé guépard.
- Donc elle a bien un complice
là-bas, et si je remonte l'adresse IP de l'expéditeur...
Voilà...
Les mails proviennent
de l'ordinateur du directeur.
- Le complice de Maïa, c'est Jean-François Bazin,
le mari de la victime ?
- N'importe qui a pu les envoyer.
Je ne ferme jamais mon bureau, et mon mot de passe est affiché.
- C'est pratique, comme défense.
- Me défendre ? Il n'a jamais été question d'euthanasier Murphy.
- Première nouvelle.
- Il est en parfaite santé, il n'a aucune anomalie génétique.
- C'était une fausse information ?
- Cécile a voulu faire un coup médiatique.
- Un buzz pour attirer des visiteurs au zoo ?
- A cause des difficultés financières du parc, j'ai accepté.
- Monsieur Bazin, vous étiez où hier soir ?
- Chez moi.
Seul.
On frappe. - Oui ?
- J'arrive de la mairie.
Jean-François Bazin y avait rendez-vous il y a 4 jours.
- T'as une info de première catégorie ?
On ne dirait pas.
- Cécile était en train de tout mettre en oeuvre
pour évincer son mari du zoo.
- Ah bon ?
- Elle avait convaincu le maire d'en garder seule la direction.
- Bazin allait se faire virer de son propre zoo ?
Le travail de toute une vie ? - Il nous l'a soigneusement caché.
- Je vibre... Pardon, c'est Erwan.
Oui, Erwan ?
- Murphy est en parfaite santé,
ses analyses génétiques ont été trafiquées par J. -F. Bazin.
Techniquement, c'est lui qui a créé la rumeur.
- Très bien. Merci.
Bazin découvre que sa femme veut le faire
virer du zoo, il invente cette histoire de bébé guépard malade,
il manipule Maïa pour qu'elle vienne voler le bébé...
- Elle ouvre la trappe, il tue Cécile pour faire croire
à un accident. - Le crime parfait.
- Ou presque.
- D'accord.
Je viens prendre des nouvelles de ma fille,
elle est injoignable.
- Elle vient de partir rejoindre Julien à une soirée.
- Je voulais aussi parler de qui s'est passé.
Je veux être prévenue quand on emmène ma fille aux urgences.
- Inès a fait ce qu'il fallait.
- Oui.
Mais elle aurait pu nous appeler une fois sur place.
- Le médecin les a tout de suite rassurées,
elles n'ont pas voulu nous inquiéter.
Alice aussi aurait pu appeler.
- Très bien. Evidemment, vu sous cet angle...
- Tu sais qu'Inès vit très mal la façon dont tu la traites
en ce moment ?
- La façon dont je la traite en ce moment ?
Tu plaisantes, Paul ?
- Non, pas vraiment.
- Tu vois rien ? Tu comprends rien ?
- Inès et les enfants s'entendent super bien. Où est le problème ?
- Elle fait tout pour les séparer de moi, Paul.
- Depuis le début, j'essaie de rester neutre dans cette histoire,
mais là, tu vires parano.
- Donc Inès est la colombe blessée, et je suis la méchante ex jalouse.
- C'est bon.
- C'est très douloureux, en fait,
de constater qu'après 25 ans, on ne se connaît toujours pas.
Regarde-moi, s'il te plaît.
Regarde-moi.
Comment tu peux penser ça de moi ?
Je suis la mère de tes enfants, Paul. Tu te trompes.
Tu te trompes.
La porte claque.
- Oh le con !
- Bonjour lieutenant.
- Bonjour mon colonel. Je parlais pas de vous, hein.
- Vous m'en voyez rassuré.
Un problème ?
- Le bail de l'appartement qu'occupe Maïa Chomette...
- Ah ? Au nom de Jean-François Bazin ?
- Ils ont peut-être une liaison.
- Oui. Ce qui pourrait expliquer
sa séparation d'avec Cécile.
Et aussi le licenciement de Maïa.
- Des amants diaboliques,
comme dans "Le Téléphone sonne toujours deux fois" ?
- Non, "Le Facteur".
- Ah bon ? Lui aussi ?
- Laissez tomber.
- Pourquoi la tuer, sinon ?
- On doit en savoir plus sur leur relation.
Il faut interroger la meilleure amie.
- Laetitia Candela. Je m'en charge, mon colonel.
Je sais interroger les femmes.
- Attendez, lieutenant,
je vais plutôt envoyer quelqu'un de plus...
De plus... - De plus ?
- De plus.
- Bonjour.
Roxane, c'est ça ?
- Jimmy a dit que vous aurez du lapin demain.
C'est bon, le lapin, Aria.
Tu aimes les loups, toi ?
- Oh oui.
J'adore les loups.
C'est la première fois que j'en vois d'aussi près, c'est un peu
impressionnant.
- Ils sont pas méchants.
Il faut juste respecter
leur territoire.
- Ils ont raison. Je les comprends.
Dis-moi,
ta maman est là ?
- Elle revient tout de suite.
- On peut l'attendre ici avec toi ?
- Elle,
c'est Aria. Elle a deux ans. C'est mon amie.
Normalement, ils sont trois,
avec Lady et Fantôme,
sa maman et son papa.
- Pourquoi normalement ?
- Fantôme, il est parti.
Cécile a dit
qu'Aria allait partir dans un autre zoo,
alors j'ai eu peur.
Mais maman a promis qu'Aria allait rester.
- Grâce à Aria, Roxane a pu enfin exprimer des sentiments.
L'autre jour, je l'ai même entendue chanter.
Vous vouliez me voir ?
- J'ai eu Inès au téléphone.
Laetitia Candela ignore si Bazin et Maïa sont amants,
mais elle dit que Cécile souffrait de les voir se rapprocher.
Tu ne les vois pas s'allier pour tuer Cécile,
pourtant il n'a pas d'alibi. Alors ?
Eh oui, c'est ça.
- Mon colonel, on a un bug dans l'hypothèse des amants diaboliques.
- Ah bon ? - Oui.
Il n'a pas pu envoyer un des mails, il était à Paris.
- A 700km de son ordinateur. Effectivement, c'est impossible.
En revanche,
ce dont on est sûr,
c'est qu'après ces mails, Maïa et son complice se sont vus.
- Pour qu'elle récupère le badge.
- Si on pouvait savoir quand et où ils se sont rencontrés...
- Le matin du meurtre.
- Comment tu sais ça ?
- Murphy a été transféré de la nurserie vers la fauverie
juste avant le meurtre : comment Maïa pouvait-elle le savoir ?
- Maïa n'a pas de portable.
L'information du transfert n'a pu lui être donnée
que le jour même, en direct, juste avant l'enlèvement.
- Elle travaillait
dans une supérette, ce jour-là. Je vais y faire un tour.
- Stagiaire Marchal, bonne déduction.
- Je lui ai tout appris.
Hein ?
C'est mon champion, ça ! Hein ?
- Ca va ? Oh, toute petite mine. T'as l'air fatiguée.
T'as passé une bonne soirée avec tes copines hier ?
- J'ai annulé. J'avais pas le coeur à faire la fête.
En fait, j'étais pas bien,
après la scène que Léa m'a faite par rapport à Alice.
Je n'en ai pas dormi.
Qu'est-ce que j'ai fait de mal ? - Tu n'as rien fait de mal.
Hein ?
Téléphone.
Oui, Célestin ?
OK.
Super. Merci, bye.
On sait qui est allé voir Maïa à la supérette le matin du meurtre.
Le chef soigneur. Jimmy Payet.
- Non, il faut faire signer une décharge au directeur !
- Ho, on se détend ! Qu'est-ce qui se passe ?
- C'est la société d'équarrissage. - Pour un loup. Mais ça bloque.
- C'est quoi cette histoire ?
- Cécile avait demandé l'autopsie de Fantôme, mort il y a 3 jours.
- Il est mort de quoi ?
- Une crise d'épilepsie.
- Quel est le problème ? - L'autopsie n'a pas été faite.
- Vous verrez ça plus tard. En attendant, venez avec moi.
- Deux petites minutes.
- Oui, j'ai renseigné Maïa.
- Pourquoi elle vous protège depuis le début ?
Ah d'accord. Parce que vous êtes ensemble.
- Je refusais que Murphy soit tué.
J'étais là au moment de sa naissance. Un moment magique.
- Sûrement. Et quand vous avez su qu'il était menacé, vous avez agi.
- Je savais que Maïa était membre de "Sentinelles sauvages",
j'espérais qu'elle puisse agir.
On s'est revus plusieurs fois, et on est tombés amoureux.
- Vous avez mis au point l'enlèvement de Murphy.
- On voulait juste le sauver.
On ignorait que Cécile serait dans l'enclos.
C'est incompréhensible.
- Donc vous étiez au zoo avec Maïa le soir du meurtre.
- Non, j'étais chez moi. - Qui peut le confirmer ?
- Personne.
J'ai appelé mon frère pendant une demi-heure.
- J'ai vérifié la géolocalisation de son portable.
de chez lui, mais de 20h à 20h30.
de revenir au zoo.
Quant à l'autopsie du loup,
elle a été annulée suite à un texto de Cécile.
- Pourquoi elle a fait ça ?
d'un portable prépayé hier matin, à dix heures.
- Hier ? Mais Cécile était déjà morte.
- Quelqu'un s'est fait passer pour elle.
- Mais pourquoi ?
On doit récupérer le corps de ce loup.
...
- Merci, vous avez fait ma journée.
Magnifique spécimen
de Canis lupus signatus.
- Je saurai quoi vous offrir pour votre anniversaire.
- Un cadeau ?
Depuis quand ?
- Je lui en ai toujours fait.
- Y a des gens qui pensent à moi.
- T'as jamais reçu mes cartes ?
- C'est quand, mon anniversaire ? - Le 15... janvier.
- Presque ! C'est le 14. Juin.
- Ca change tout le temps.
- Bon, on s'y met ?
- Malgré son statut d'espèce protégée,
Fantôme a bien été assassiné.
- Mais non. - Empoisonné à la strychnine.
Ca provoque des convulsions.
- D'où la crise d'épilepsie.
- Tout à fait. C'est dégueulasse.
- Tous les employés
adorent leurs animaux.
- Fragile.
- Beaucoup trop.
- Non, maman.
C'est grave ? - Cécile voulait
faire se reproduire les loups, mais la femelle est devenue stérile.
- Non, personne n'est stérile.
- Fantôme avait des besoins.
- Il devait s'accoupler avec une autre louve.
- Il n'y avait qu'Aria, sa fille, et donc un risque de consanguinité.
- Pas terrible. - Pour éviter ça,
Cécile a décidé d'échanger Aria avec une louve du zoo de Barcelone.
Fantôme étant mort... - Non, personne n'est mort.
- Bazin a annulé l'échange.
Aria peut rester.
Roxane a dit que sa mère avait promis qu'Aria resterait.
- Maman, je te rappelle.
- Je comprends qu'une mère puisse renoncer
à ses valeurs pour sauver son enfant.
- Il y a deux semaines,
j'ai tenté de dissuader Cécile d'échanger Aria.
Depuis qu'elle s'occupait de cette louve,
Roxane était transformée.
Elle avait l'air heureuse.
- Et Cécile a refusé.
- Elle a prétendu que Roxane s'habituerait à un autre loup.
Je l'ai suppliée d'échanger Fantôme plutôt qu'Aria.
Le jour de l'échange approchait, j'étais de plus en plus nerveuse.
Je me suis résolue à empoisonner ce pauvre Fantôme.
- Et Cécile s'est doutée
de quelque chose.
- Elle est venue me trouver. - Pour vous parler
de l'autopsie.
- J'étais coincée. J'ai tout avoué.
Elle s'est mise dans une rage folle.
Elle a...
Elle a hurlé que dans la nature,
Roxane n'aurait pas survécu à sa naissance.
Elle a traité ma fille de gamine dégénérée.
Elle a hurlé que la vie de Fantôme valait plus que la sienne.
On s'est battues.
A un moment, j'ai attrapé
une grosse pierre...
Je l'ai frappée très fort à la tête.
- Et ensuite, Laetitia ?
- J'ai pris mon téléphone pour appeler les secours...
Et j'ai vu Vénus qui s'approchait de nous.
- Vous avez pris la fuite.
- Roxane...
Elle peut pas vivre toute seule. Je veux pas qu'elle aille en foyer.
- Je vais m'en occuper, je vous le promets.
...
- T'es encore là ?
- J'ai des papiers à finir.
- Consciencieux jusqu'au bout.
Au fait... Je voulais te féliciter pour ton stage.
Tu nous as fait
quelques frayeurs,
mais tu as fait du très, très, très bon travail, bravo.
Tu seras un super gendarme, et c'est le colonel qui te le dit.
- Merci, papi. Heureusement que t'es là.
Mes parents ne m'encouragent jamais, eux.
- Tes parents, pour l'instant, ils ont la tête ailleurs.
Mais fais-moi confiance, ils croient en toi.
- Dis, papi...
- Oui ?
- C'est fini avec mamie ?
- Pourquoi tu me demandes ça ?
- Maman est inquiète que vous vous sépariez.
- Tu sais, Thomas,
y a pas d'âge pour avoir peur que ses parents se séparent.
Mais on n'en est pas encore là.
Je tiens à ta grand-mère,
mais, tu verras,
en vieillissant, l'amour prend différentes formes.
Il n'y a pas qu'une seule manière d'aimer. Voilà.
Mais bon, t'as encore
le temps.
On frappe. - Entre.
- Jean-François Bazin s'occupera de Roxane
pendant la détention de Laetitia.
- Enfin une bonne nouvelle.
- Il faut qu'on parle.
- Non, je n'ai pas l'énergie pour une énième engueulade.
- Je te demande juste de m'écouter.
Ca fait quelques semaines
que je réfléchis à la situation, que je vous écoute, Inès et toi,
et le seul point sur lequel vous êtes d'accord,
c'est que ça ne peut pas continuer comme ça.
Il y a une solution
pour que vous arrêtiez de souffrir, toutes les deux, et moi aussi.
Je ne voulais pas en arriver là. C'est une décision qui me coûte.
Mais il faut que je la prenne,
pour Inès, pour toi.
Voilà, c'est une...
Une demande de mutation conjointe pour Inès et pour moi.
...
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