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Chants d'oiseaux.
...
- Homme dangereux et potentiellement armé.
Il a descendu une femme lors d'un braquage.
Prends pas de risques. - Ca va aller.
...
- Gendarmerie !
- Clair !
...
Conversation radio.
Bourdonnements.
...
- Rigidité cadavérique avancée.
Il est mort depuis hier soir.
- Oui, à l'heure du dîner.
- Mm.
9 mm. Bien propre. Le tueur a tiré d'ici
en plein dans le mille.
Lacombe a pas bougé.
- Du travail de pro.
- Quelqu'un habitué à manier une arme. Quoi d'autre ?
- Je comprends pas...
Une douille de 9 mm.
Mais aussi de 7.65.
Et de.22 Long Rifle. - Quoi ?
- Le type a tiré
avec plusieurs armes...
- Non, y a qu'un seul impact. - On a des cheveux bruns,
blonds, longs, courts... Des mégots de marques différentes.
- Un monde fou
est passé
alors que Lacombe était en cavale. - Regardez les empreintes
qu'on a sur ce verre de... Menthe à l'eau.
- Le mec a laissé des traces partout.
- Y a rien qui colle, ici.
- On fait transporter le corps à l'IML
et je vous rappelle pour faire le point.
- J'ai jamais vu une scène de crime pareille.
- Y a des indices partout, il paraît.
- Partout. - Règlement de comptes
par un ancien complice de Lacombe ?
- C'est fréquent que ces types-là s'entretuent.
Je...
- Paul ? - Oui ?
- Je te sens bizarre depuis ce matin.
- Non, ça va... - Non, ça va pas.
Je te connais. - Comment te dire ça ?
- Simplement. - On réfléchit
à demander une mutation conjointe.
- "On" ? Qui, "on" ? Et pourquoi ? Quand ?
Où ? - Euh... Lille. Inès et moi.
On pense que ça peut aider à ouvrir un nouveau chapitre.
- Poétique. C'est de qui ? - Commandant,
on a le témoignage d'un voisin. Rien ne vaut le porte-à-porte.
- Et qu'est-ce qu'il dit ?
- Il a entendu une détonation vers 21h30,
puis il a vu un véhicule bleu
avec un autocollant "Breizh" sur la lunette arrière.
"Breizh" ! La Bretagne !
- On sait ! Et ?
- C'est peut-être un Breton qui a fait le coup.
J'ai lancé l'avis de recherche.
Voiture bleue, autocollant "Breizh".
Sans doute un véhicule breton volé. - Notre seule piste pour l'instant.
- Tous les complices de Lacombe sont incarcérés,
seul Lacombe était en cavale.
J'ai peut-être trouvé quelque chose.
C'est un reportage
tourné y a 2 ans, juste après le braquage.
Jérôme Bergeron, le mari de la jeune femme tuée par Lacombe.
alors qu'il était dangereux.
sont des incapables.
ce qu'il me reste à faire.
- Il cache pas ses intentions. - Des tas de gens
menacent de se faire justice eux-mêmes.
- Mais l'assassin de sa femme vient d'être tué.
- Ce Bergeron aurait attendu 2 ans pour se venger ?
- La vengeance est un plat qui se mange froid.
- Comment il l'a retrouvé ? Nous-mêmes, on l'a cherché
longtemps. - Mm. Un coup de bol.
Ou il a engagé un détective privé.
- Ouais... En tout cas,
ça vaut le coup de l'interroger.
Merci, Lieutenant.
- A votre service, Colonel.
- C'est une blague ?
C'est vous qui m'avez fait venir ici ?
- M. Bergeron, vous étiez où
hier soir, entre 21h et 22h ?
- Chez moi. - Seul ?
- Oui, seul, oui.
Et en partie à cause de lui.
Pendant que vous vous tournez les pouces,
y en a qui font le travail.
- Comme vous, par exemple, M. Bergeron ?
- Justice est faite, en tout cas.
- Vous vous incriminez, là. - Vous vous foutez de moi ?
- Vous étiez chargé de l'enquête sur Lacombe.
Si vous l'aviez coffré à temps...
Ma femme serait encore là.
- J'ai tout fait
pour arrêter Lacombe.
Mais pas de témoin
ni de preuve. - C'est votre excuse ?
- Hop, hop, hop !
- Pour moi, vous êtes aussi coupable que lui !
- Bon, emmenez-le.
- Même si on n'y peut rien,
dès qu'il y a une victime, on se sent...
- J'ai relu le dossier.
Vous avez tout fait pour stopper Lacombe.
Faut pas culpabiliser, là.
- Je sais.
Oui, oui, je sais.
- C'est la 5e cochonnerie
que tu t'enfiles depuis ce matin ?
- La 3e.
N'exagère pas.
Laisse-moi savourer, concentre-toi sur la route.
- Je prends par là ?
- Mouais. - T'as déjà entendu parler
du cholestérol ?
- J'en ai pas, examen à l'appui. Je suis en pleine forme.
Autre chose ? - OK, je te fous la paix.
Regarde-moi ce crétin, comment il s'est garé.
- Mais...
C'est la voiture ! L'autocollant "Breizh".
- Merde, t'as raison !
Frein à main.
Appelle le commandant,
je vais voir.
- Commandant Soler,
on a repéré
un véhicule qui correspond
au signalement de celui du tueur. Oui,
avec l'autocollant.
Explosion.
- Yann ? Yann, qu'est-ce qui se passe ?
- Oh, putain...
- Le véhicule,
il vient d'exploser...
...
- Je t'accompagne à l'hôpital ?
- Non, ça va, t'inquiète. Je vais bien.
Je t'appelle.
- Comment ça va ?
- Il va bien.
Juste quelques plaies et contusions.
- Comment c'est possible ?
- Il a ouvert de la main gauche.
La portière a fait écran entre lui et la déflagration.
- De la main droite ?
- Il se prenait tout en pleine face et il y restait.
Il soupire. - Putain...
Téléphone.
Excuse-moi, c'est Léa.
Ouais, Léa ?
Euh... Tessier va s'en sortir.
C'est un vrai miracle, en fait.
Je sais pas à qui on a affaire, mais c'est un vrai taré.
Son intention est de tuer.
- C'est toujours les collègues qui sont en première ligne !
- Restez calmes.
- Fabrice est à l'hôpital ! - Il a quelques égratignures.
- C'est nous qui étions visés !
Le tueur a voulu se faire un gendarme !
- Romain a raison.
- C'était un peu un hasard.
- L'important, c'est de ne pas paniquer.
- Facile à dire.
- S'il vous plaît...
Nous apprécions tous Fabrice.
Il a eu beaucoup de chance.
Mais ce sont les risques du métier.
On connaît ces risques.
Alors je vais vous demander de garder votre calme.
On va en avoir besoin.
Je veux qu'on mette tout sur cette enquête.
Vous m'entendez ? Tout.
Je veux qu'on arrête ce type le plus vite possible.
Et j'ai besoin
de vous tous.
Au travail !
- Mon Colonel... - Oui ?
- On fait une cagnotte pour Fabrice. - Bien sûr.
- Avec ça,
il va s'acheter un aller-retour sous les cocotiers !
Je plaisante...
- Il s'agit bien d'une voiture volée.
- Le propriétaire va pas récupérer grand-chose
auprès de son assurance.
- On sait où se trouvait la bombe ?
- Oui, là. Viens voir.
Sous le siège conducteur.
Un bricolage à base de fuel et d'engrais.
- D'accord... N'importe qui peut faire ça en regardant
sur Internet. - Là, c'est pas du boulot d'amateur.
A la moindre tentative
d'ouverture,
boum !
- Donc c'est une bombe artisanale mais réalisée par un expert ?
- Mm. - Pff !
Je comprends rien du tout, là.
On a un tueur qui tire comme un pro et expert en explosifs...
- Mais qui laisse des traces partout et utilise du matos de jardinage.
- Putain...
C'est qui, ce mec ?
Allez...
- Paul, rien à voir,
mais ma petite cousine Noor vient faire un stage ici,
j'aimerais te la présenter.
- Ouais, super. - Elle vient de Lille.
Elle pourra nous en parler.
- OK, mais...
On est d'accord que la mutation, ça reste une possibilité ?
Y a rien de fait.
- Mais oui, bien sûr.
- D'accord.
Il soupire.
- Ah, Commandant ! - Vous voulez un café ?
- Non. Vous avez pas bien dormi ?
- Non, pas très bien. - Moi non plus.
L'un des nôtres a failli mourir.
- Oui. On peut écarter la piste Bergeron.
On a vérifié ses contacts,
et je le vois pas du tout piéger une voiture.
- Non.
Et sinon, vous avez quelque chose
pour moi ?
- Les résultats sur les indices trouvés chez Lacombe.
Douilles : 4 calibres différents.
Cheveux :
4 ADN inconnus différents, hommes, femmes.
Mégots, idem : 3 ADN
inconnus.
- Un type en cavale reste discret, ça marche pas.
- Pour les empreintes sur le verre de sirop, ça a matché.
- On a un nom ? - Oui, un récidiviste.
Benjamin Fillon, 17 ans. 3 arrestations pour organisation
de fêtes illégales. - Quoi ?
- Je sais, c'est mince... - Mais on y va,
on sait jamais.
- OK.
- Bonjour.
Gendarmerie nationale.
- Pff ! Je vais au lycée, là...
- T'étais où, avant-hier soir, vers 21h30, Ben ?
- J'étais DJ à la fête. On m'appelle pas Ben, c'est claqué.
- "Claqué" ? - Ouais, dépassé, has-been.
- Mais c'est le diminutif
de Benjamin. - J'avais compris, Chef.
- A quelle fête ? - La Fête des voisins.
- Y a des témoins ?
- Non, j'anime de soirées désertes.
- Cessez de faire le malin.
Il soupire.
- Ouais, y avait tous les voisins.
Demandez-leur.
C'est bon, je peux y aller ?
- T'as bu une menthe à l'eau,
récemment ? - Une menthe à l'eau ?
Je sais pas... Si, il y a 2-3 jours, au café,
avec une copine.
- En mangeant quelque chose de gras ?
- Vous êtes chelous !
Ouais, j'ai pris une assiette de frites.
- A quel café ?
- Le Balto. - Où ça ?
- A Montpellier.
- On vérifiera. - Ouais.
- Allez, file ! - C'est ça,
merci.
- Le tueur a récupéré le verre de Benjamin
sans déposer d'empreintes, puis l'a déposé
chez Lacombe.
- Et pour les mégots et les cheveux, pareil ?
- Récupérer des cheveux, des mégots, c'est pas compliqué.
- Et pourquoi déposer ces indices sur la scène de crime ?
- Pour nous balader.
C'est un provocateur. - Sachant que Benjamin avait
un casier, il aurait voulu lui faire porter le chapeau ?
- C'est peut-être un hasard.
- Pourquoi faire tout ça ? On frappe.
- Entrez !
- Salut m'man. Salut p'pa.
- C'est pas le moment, Thomas. - Je suis le nouveau stagiaire.
- Ecoute, Paul... Thomas.
On est sur une grosse affaire, donc...
- Ma convention est signée. - Que racontes-tu ?
"Colonel
"Soler."
- Papy a préféré vous mettre devant le fait accompli.
Il rit.
- Va dans mon bureau. - OK, m'man.
- "A vos ordres, Commandant." - A vos ordres, Commandant.
Il sort.
- T'étais au courant ? - Non, pas du tout.
- Mon cher Thomas,
malgré mon rôle essentiel dans l'enquête en cours,
la commandante m'a demandé d'être
ton maître, ton modèle,
ton mentor.
Ton...
- Parangon ? - Oui !
J'allais le dire.
Elle t'a dit pourquoi
moi ? - Euh... Non, j'en sais rien.
- Pourtant, c'est clair.
Quelle est la première responsabilité
d'un parent ?
- Euh... Protéger son enfant ? - Oui !
Et c'est qui, l'homme
de la situation ?
Rires.
- Célestin.
- Eh oui ! T'es un veinard, toi.
J'adore transmettre.
Photocopies.
En 8 exemplaires.
Bienvenue
dans la gendarmerie.
- Merci.
- C'est quoi, cette histoire ?
On entre.
- Qu'y a-t-il ? - Viens voir le mail que j'ai reçu.
- "C'est moi qui ai tué le criminel
"Anthony Lacombe à son domicile le 27 mars à 21h30.
"J'ai aussi piégé
"le véhicule immatriculé GJ 132 ST
"qui a blessé le sous-lieutenant Tessier."
Pas de revendication.
- "Ce n'est qu'un début. Je frappe quand je veux.
"Préparez-vous à compter les victimes."
- Vu les détails qu'il donne, c'est lui le tueur.
- Faut qu'on arrête ce barjot.
Central à toutes les unités. Nous recherchons
un homme aperçu avant-hier
au volant du véhicule bleu immatriculé Gamma Juliette
132 Sierra Tango,
avec un autocollant "Breizh".
Toute information remonte sur mon portable
en direct.
Erwan va retrouver l'adresse IP.
On doit profiler le tueur. - Je vois ça avec Sabine.
- "Je frappe où je veux et quand je veux."
- Il donne aucun indice pouvant
mettre sur sa piste.
Faut y aller au feeling.
- C'est un style très carré, précis, méticuleux même.
Il donne l'adresse complète.
Pour la voiture, pareil.
Il donne le grade. Personne fait ça.
- Limite professionnel.
- Ouais, t'as raison.
C'est exactement comme un rapport d'enquête.
Qu'a-t-on remarqué sur les scènes de crime ?
Il connaît nos méthodes : balistique,
recherche d'ADN, d'empreintes...
- Il tire comme un pro, sait manier
les explosifs. - Tue Lacombe avant qu'on arrive.
Comme s'il avait été rencardé.
- Tu penses comme moi ?
- Et si c'était un gendarme ?
- Un gendarme ? Vous êtes malades !
Avant d'accuser, t'as des preuves, Paul ?
- Le style du mail.
- Le style ? N'importe quoi ! - Aucun doute,
c'est quelqu'un qui connaît nos méthodes.
- Justement,
un gendarme sait qu'avec un mail,
on peut remonter jusqu'à lui.
- Sauf s'il l'envoie depuis un cybercafé.
On frappe.
- Entrez !
- Ca y est, j'ai l'adresse IP.
- Très bien, on vous écoute.
- Le mail du tueur a été envoyé depuis la gendarmerie.
- Depuis un ordinateur
de la brigade ?
- Oui. Et pas n'importe lequel.
Le vôtre.
- Mais c'est n'importe quoi.
Si quelqu'un entre dans mon bureau, on le voit
forcément.
- On a vérifié les caméras de surveillance ?
- Voilà, vérifiez. Le mail a été envoyé à 6h...
- A cause de la révision du système entre 5 et 7h,
il n'y a pas de vidéo.
- Il le savait. C'est quelqu'un d'ici.
- C'est pas possible, je connais mes hommes, leurs conjoints,
leurs enfants !
Je peux pas imaginer qu'un de mes hommes ait tué Lacombe
et tenté de faire exploser un de ses collègues !
Elle sort en claquant la porte.
- Bonjour, Commandant.
- Commandant, c'est pour vous.
- Commandant.
...
Vous étiez en service
quand Lacombe a été tué, donc vous êtes non suspects.
- Merci de votre confiance !
- Le tueur est
l'un d'entre nous,
donc nous sommes tous suspects, du planton
au colonel. - Et donc le Cne Marchal,
Inès, Célestin ? - Oui,
tous, en théorie.
- Et que doit-on faire ?
- Vérifiez tous ceux qui n'étaient pas en service
aussi au moment où la voiture piégée a été garée.
- 80 plannings
à checker.
- Un travail de fourmi. - Et en urgence.
Listez-les noms et transmettez-les-moi.
- A vos ordres, Commandante. - Merci.
Bip.
Propos, conversations.
...
- T'es au courant ?
L'archiviste dit
que Mauriac et Lebellec épluchent nos plannings
un par un.
- J'arrive pas à y croire !
Ils pensent que c'est l'un de nous ?
Il rit.
C'est dégueulasse ! - T'imagines ?
Tu prends un café avec un collègue,
et si ça se trouve, c'est lui.
- Tu vas pas croire ces conneries ?
Yann !
C'est pas possible.
C'est irrespirable.
Tu le bois, ton kawa ?
- Non, j'ai plus envie.
- Donne.
...
- Yes ! Yes !
Ca va ? - Ca pourrait
aller mieux.
Faut pas être sur la liste qu'ils dressent.
- Moi, j'y suis : pas en service,
seul chez moi...
Mais je crains rien.
- Si, comme tous ceux qui ont pas d'alibi.
Dire que Soler
nous fait ce coup-là !
OK, course fractionnée,
c'est parti, les gars !
- Non, mais t'en fais pas. Ta mère fait juste son travail.
- Quand m'emmenez-vous sur le terrain ?
- Mets ça
sur tes yeux. - Pour quoi faire ?
- Apprendre à courir sans voir,
à sentir le terrain.
Il soupire.
Alors...
Tu poursuis des cambrioleurs dans la nuit noire.
- Notre équipement comprend une lampe-torche.
- Batterie morte !
- Je vérifie mon équipement avant de partir.
Merci pour la leçon.
- Checker son matériel est à la portée de tous.
Il s'agit de devenir un gendarme d'exception.
Je te montre.
- Lieute... - Oh !
Chute. - D'exception...
- Lieutenant !
Ca y est ? Vous avez la liste ?
- Quoi ? - La liste des suspects. J'y suis ?
- Y a pas de suspects. - Et les officiers y sont pas !
- Ca suffit !
- Donnez-la-moi ! - T'es pas bien, là ?
- Donnez ! - Baisse
d'un ton ! - Sirinelli, calme-toi !
Calme-toi...
Qu'est-ce que tu fais, là ?
C'est ça qu'il veut : nous monter
les uns contre les autres.
Si ça se trouve,
il se marre bien, là, à nous regarder.
Faut se serrer les coudes.
- OK.
- Content de te revoir, Fabrice.
- J'aurais dû rester à l'hosto. - J'appelle un médecin ?
- Non, t'en fais pas.
Je disais ça par rapport à l'ambiance ici.
Yann m'a fait un débrief. C'est le bordel.
- C'est compliqué, je te le cache pas.
Tu veux pas prendre ta journée ? - On doit tous être sur le pont,
non ? - Si.
- Si, si, je les ai.
Je vais pas oublier ta cousine, Inès.
Je te laisse, j'ai du boulot.
Bisous.
Alors, comment ça se passe ?
- Génial...
- Bon, qu'est-ce qui va pas ?
- J'étais enthousiaste pour ce stage
et je me retrouve à faire des photocopies.
- C'est ça ?
Mais on est tous passés par là.
C'est pas parce que ton grand-père est colonel
que t'auras un traitement de faveur.
- Mais c'est sur le terrain qu'on apprend.
- Oui, mais le terrain commence ici, à la brigade.
Alors photocopie-moi ça
en 8 exemplaires, s'il te plaît.
Allez, souris !
Ca va bien se passer.
- Ils font quoi de leurs 8 exemplaires ?
Elle soupire.
Il frappe. - Entrez.
- Alors ?
Ca va pas, hein ?
Elle soupire.
- Depuis que l'enquête a fuité,
Sabine et Erwan passent pour des traîtres.
L'ambiance devient compliquée. - J'imagine.
Mais ça va se tasser, tu verras.
Combien de noms sur ta liste ? - 37.
- Ah ouais ! Ca fait quand même 1 sur 2.
- C'est beaucoup trop. Message reçu.
C'est le rapport de la balistique.
Alors...
"La douille de 9 mm retrouvée chez Lacombe
"a été tirée
"par..."
Tirs.
...
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Paul... Euh...
C'est la balistique.
- Et ? - Et ils sont formels.
La douille retrouvée chez Lacombe provient
de ton arme.
- Il est venu ici...
Pour la ramasser.
Comme les cheveux, les mégots, le verre de menthe.
Il sème des faux indices. C'est le Petit Poucet.
- OK, Paul. Euh...
Potentiellement,
ton arme de service est une arme de crime.
Et...
Pas de bol, mais tu es
sur la "short list".
- Et dans ces circonstances... Hum...
Tu peux pas rester sur l'enquête.
- Vous me soupçonnez ? - Dis pas n'importe quoi !
On te fait confiance à 100 %,
à 1 000 %, mais...
La loi est la même pour tous.
- Rends l'arme,
c'est la procédure.
- S'il te plaît.
- Puisque toute la famille s'y met.
- Le mieux serait
que tu restes chez toi...
- Assigné à résidence ?
La mutation, c'est peut-être une bonne idée.
A Lille, y aura peut-être des gens fiables.
- C'est n'importe quoi, ça peut pas être lui.
- C'est Marchal qui avait pas pu coincer Lacombe.
- Qu'est-ce que tu sous-entends par là ?
- Il a peut-être voulu finir le travail.
- Oui, si c'est son arme qui a tiré...
- Je connais bien l'affaire Lacombe.
Mon père en dormait pas. Il a tout fait.
Un gendarme, ça respecte la loi.
C'est ce que j'ai appris. Et de qui ? Mon père.
- Ca va, Thomas...
On disait ça comme ça.
- J'en reviens pas !
Mon père serait un cow-boy qui a descendu un criminel,
vous croyez ?
Au moment où il a le plus besoin de vous...
Il soupire.
- Cette situation m'emmerde !
Je me suis fait piéger.
- J'en reviens pas qu'on t'écarte de l'enquête.
- Léa a pas eu le choix.
- Je suis pas d'accord. La confiance passe avant tout.
- Elle a fait ça pour mon bien.
- Pour ton bien ?
Qu'est-ce qu'il y a de bien à t'exclure ?
La gendarmerie, c'est une famille que quand ça nous arrange.
Léa et toi, vous réalisez pas, mais vous mélangez tout.
A aucun moment tu devrais
trouver ça normal.
Mon coeur...
Regarde-moi. - Mm.
- Regarde-moi !
Je dis ça pour ton bien,
moi.
- Alors, si tu veux mon bien, comprends que,
pour moi, c'est difficile
de décider de tout laisser ici, mes enfants...
On s'est rapprochés,
ces derniers temps.
L'idée de tout plaquer, c'est compliqué.
- Evidemment.
C'est normal.
Elle soupire.
Je vais aller bosser.
- Oui. - A plus tard.
Elle sort.
Il soupire.
- Vérifiez ce qu'on a sur... - Mon Colonel !
Papy !
- Oui ?
Que fais-tu ? - Je range
des PV que Célestin n'a pas triés. Il est très pris.
- Oui.
- Je me sens un peu inutile, papy.
Il y a toujours une bonne raison...
- De ? - M'empêcher de partir en mission.
Faire des photocopies, trier des PV,
courir en conditions nocturnes...
Je pense
que maman est derrière tout ça,
flippée comme elle est...
Moi, j'ai pas peur
de vivre la vraie vie de gendarme !
- Je vais voir...
- Merci, papy.
Enfin, mon Colonel.
- Commandant, c'est Inès.
On a un accidenté,
vivant mais mal en point.
On attend les secours.
Selon un témoin, une voiture l'a fauché et traîné sur 3 mètres.
- Inès !
Victime : Teddy Blasco. J'ai une description du véhicule
et du conducteur. - On était en patrouille à côté.
- Ca s'est passé y a 5 mn ?
- Voyez avec la Brigade routière et rentrez.
- Alors... - Oui, oui, papa !
Je vais voir ce que je peux faire pour Thomas.
- Laisse-lui au moins sa chance.
- Oh...
- Ca va pas ?
- "Je me suis fait une belle ordure.
"C'est pas le dernier que j'écrabouillerai."
C'était pas un accident.
Il a remis ça.
Le suspect a pris la direction du nord.
Break bleu de marque japonaise, aux vitres teintées.
Le conducteur porte un vêtement noir à capuche.
Est-ce que c'est clair ? - OUI.
- On y va !
C'est bon, viens, tu rejoins Erwan.
Une course en conditions nocturnes ?
- Célestin... - Ne te plains plus
auprès de ton grand-père ! - Du colonel.
Sirène de police.
Voiture 15, déroutée sur D 997.
...
- On en est où ? - On allait faire le point.
- Barrage 1 à Barrage 2, vous en êtes où ?
- Barrage 3 ? Inès, Célestin ?
- Barrage 4, Erwan ?
- Y a plus qu'à attendre.
Propos, conversations.
...
- Il devait pas déjà être là ?
- Monsieur veut de l'action ?
Un véhicule approche.
Crissements de pneus.
Freinage.
- Putain, il est là ! C'est lui, les gars !
Sortez du véhicule ! Les mains bien en évidence !
Allez !
- Pardon.
Je le referai plus, désolée.
- Vous êtes qui ?
- Lisa. J'ai pas le permis, je vais chez ma pote Solène.
J'ai pris la voiture de mon père. - Amène-la
à la gendarmerie, préviens les parents.
- Je reste pas ?
- Tu fais du terrain, là.
- J'ai rien fait,
pas la gendarmerie !
S'il vous plaît !
- Avance ! - Mais lâche-moi !
- Tu me soûles ! Tu t'assois là et t'attends tes parents.
- Ils diront rien. - Pourquoi ?
- Ils étaient d'accord. - Pff !
Bonjour.
Je peux vous aider ? - Je cherche M. Marchal.
- Eh ben, c'est moi !
- Qui c'est, elle ? - Chut !
- En fait, je t'imaginais pas comme ça.
- Euh... Pourquoi ?
- T'es vachement jeune.
- Toi aussi. - Je pensais pas
qu'Inès... Un gars de ton âge...
T'as les clés ?
Je suis Nour, la cousine d'Inès. Je dois mettre ma valise chez elle.
- OK, en fait, c'est mon père, le copain d'Inès.
Je suis son fils, Thomas. - OK !
Rires. J'ai cru qu'Inès avait viré cougar.
- C'est qui, la cougar ? - Mêle-toi de tes oignons.
Je la préviens.
- OK, merci.
- Super !
- Tu la kiffes, en fait !
- Tu vas te manger un retrait de permis
avant de l'avoir passé ! - Ca va !
- Les gars, j'ai le dossier de Teddy Blasco.
C'était un habitué des Stups.
cocaïne, amphétamines, ecstasy...
Enfin la totale, quoi.
Il a été impliqué dans les overdoses mortelles
- Oui, une histoire de drogue frelatée, c'est ça ?
- Oui, on n'a jamais pu coincer Blasco,
c'était le roi de l'alibi en béton.
- Mais tu veux en venir où, exactement
- Je veux en venir que...
C'était encore une affaire dont s'occupait Paul.
- OK.
Bon, je te rappelle.
- Oui, à plus tard.
Radio.
- Vous l'avez attrapé ?
sur un chemin forestier.
- Le lâchez pas, on arrive !
On décroche !
...
- C'est bien, tu gères !
On va forcément tomber dessus.
Là ! Là, il est là !!!
- Je le vois, je suis pas aveugle !
Commandant, il s'est pris
un rocher.
- Bouge pas !
Y a personne.
- Il est parti à pied.
- Bien reçu.
- Je pensais pas que tu conduisais aussi bien !
- Pourquoi tu dis ça ? Parce que je suis une femme ?
- Ca m'a à peine traversé l'esprit.
Là !
Y a des traces, là.
Elles sont toutes fraîches.
- Putain...
Il va vers le lac.
Les gars, restez ici
au cas où il revient. - T'as vu l'instinct de chasseur ?
Moi à l'enquête et toi en pilote, c'est la Dream Team !
- Tais-toi, Célestin !
...
- Je l'ai !
Bouge pas !
Je l'ai !!!
Tu bouges pas !
- Retourne-toi doucement.
Mains en l'air !
Retourne-toi sans geste brusque. Tout doucement.
Qu'est-ce que tu fous là ?
Il est essoufflé.
Souffle court.
...
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