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Musique angoissante.
...
- Par là !
- Allez ! - On va vous avoir !
- Courez !
- A l'attaque !
Cris.
... ...
...
- Bande de sales Blancs !
... ...
- Aristide ?
Aristide ?
... ...
Aristide ?!
... ...
Arrêtez tout !
Appelez les secours !
Générique.
...
- Oui, M. Favard, nous n'avons plus de chauffage à la gendarmerie.
Si vous pouviez intervenir au plus tôt, ce serait bien.
Donc, je vous laisse revenir vers moi ?
Merci.
Bonjour, Inès. On pourrait se voir
dans mon bureau ?
- Pour le travail, commandant ?
- On peut se parler au calme ?
- Ah ! C'est à propos de la vidéo.
Les images étaient claires, y a rien à ajouter.
- Désolée... - Et je ne mélange plus
vie privée et vie professionnelle.
Ca se finit toujours mal. Donc,
c'est fini avec Paul, vous êtes
ma commandante. Portable.
- Excusez-moi.
Oui, Erwan ?
Un homicide à Saint-Martin ?
D'accord.
Bon, ben, on arrive.
J'imagine que je prends ma voiture.
...
Pleurs.
Bonjour.
Merci.
Bonjour, on a quoi ?
- La victime s'appelle Aristide Barel.
60 ans, promoteur immobilier.
- De la famille ? - Il était veuf. Il avait un fils
de 25 ans, Eliot.
Renversé hier par un chauffard, il est au bloc.
- Quelle horreur.
Que faisait-il là quand son fils
est à l'hôpital ? - Il était président du carnaval,
ça devait l'obliger à rester.
Il avait ça sur lui, un antiépileptique.
La boîte est intacte. Une crise a pu le tuer.
- Non. Vu la position du corps,
on a maintenu sa tête
dans la boue jusqu'à l'asphyxie. Et personne
n'a rien vu ?
- La moitié des habitants faisait la fête.
L'accès au village est bloqué, le carnaval leur est réservé.
- Donc, c'est quelqu'un d'ici.
- Le principe du carnaval : les Grenats,
avec les chapeaux à plumes,
doivent souiller les Blancs avec une serpillière boueuse.
- Tradition sympathique !
Si on résume, Aristide Barel, un Blanc,
est poursuivi par une bonne partie du village.
Facile
pour le tueur de se cacher au sein des Grenats.
- Et ils étaient masqués ! - En plus.
Il doit y avoir
une liste des participants. - Erwan est au bureau du carnaval.
S'il y en a une, il la trouvera.
- OK.
- Je... - Paul, stop. Toi et moi,
c'est fini. On bosse ensemble, on reste amis. Point.
- Ton opération, c'est bientôt, je veux pas te laisser seule.
- Je me débrouille très bien, merci. - Désolé, je veux rester avec toi.
Se serrer les coudes,
c'est ça, être amis. - Je dois interroger
le meilleur ami de la victime : Timothée Fougerolles.
- Bon, je vais voir où en est Erwan.
On se tient au courant ? - OK.
- Je comprends pas ce qui a pu se passer.
- Votre petite fête a peut-être dégénéré.
Y a jamais eu de blessés avant ? - Pas du tout.
C'est familial, bon enfant, y a aucune violence.
La majorité du village y participe. Il y en a
qui se déguisent, d'autres qui tiennent des stands.
Cette tradition nous rapproche. - Et Aristide Barel ?
- Il était très important
pour nous, bien plus que le président du carnaval.
Pour nous, c'était un peu
une sorte de guide.
Et un ami.
- Un ami qu'on a tué malgré tout.
Bon, dites-moi.
Pourquoi les gens déguisés comme vous
poursuivent ceux en blanc ?
- Ca remonte au Moyen Age.
Les Blancs, c'est les notables,
les patrons. - Comme Aristide Barel, donc.
Et les Grenats, c'est les employés, les ouvriers, les paysans.
Comme vous. - Moi, je suis le facteur.
- Aristide n'a rien fait qui aurait déplu à un villageois ?
- Si. Y a peut-être quelque chose.
Léger brouhaha.
...
- Bonjour.
Bon, Erwan, on fait quoi dans un bar ?
- L'association du carnaval se réunit ici.
Ils n'ont pas de quoi payer un local,
le patron du bar est un ami, il prête le lieu.
- D'accord.
- J'ai la liste des participants du carnaval.
Vous savez combien se déguisent
en Grenats ? - Je dirais une centaine.
- Bah ouais.
Cent pile ! Comment vous le savez ?
- J'ai un certain talent pour ça, un don.
Je suis capitaine.
Ca, c'est l'album photo du carnaval
des années précédentes.
OK. Reste plus qu'à trouver qui était en conflit
avec la victime. Ca va être coton.
- J'envoie ça à Célestin. Il adore
les défis ! - Je te suis.
- Aristide laisse toujours une clé dans la boîte aux lettres.
- Dans une boîte qui ferme pas à clé ?
- C'est un petit village, ici. Tout le monde se connaît.
- Il était promoteur.
- Il projetait de construire un hôtel dans le village.
- Ca dérangeait les villageois ? - Une association d'habitants veut
inscrire le carnaval à l'UNESCO,
pour empêcher d'ouvrir le carnaval à tous.
Et pas de touristes égale pas d'hôtel.
A l'emplacement du futur hôtel, il y a un immeuble encore habité.
Le proprio a accepté
de vendre à Aristide.
- Mais il faut virer les locataires.
Donc, pour résumer,
Aristide Barel voulait expulser un immeuble entier,
donc, autant de suspects potentiels.
- Alors, capitaine, on en est où ?
- Je suis sur la page officielle du carnaval.
Sur le forum, c'est animé.
Les "traditionnalistes" et les "modernistes"
s'écharpent ouvertement. - A ce point ?
- Morceau choisi : "Bande de fumiers,
"St-Martin n'est pas un parc d'attractions.
"Gardons la tradition."
Réponse tout aussi fleurie :
"Ta gueule, morue.
"On a besoin d'un hôtel et de touristes."
Un dernier pour la route ? - Volontiers.
- "Je te conchie, mortecouille."
- C'est élégant, ça.
- On voit que les patrons et les commerçants
sont hostiles à l'inscription
à l'UNESCO. - Comme notre victime.
Ils veulent changer les traditions,
ouvrir le carnaval aux touristes,
et ils doivent penser
aux retombées financières, logique.
- Il y a un commentaire très virulent.
- Voyons voir.
"Barel,
"traître. On se laissera pas faire.
"Prépare-toi à souffrir." Ah oui.
Ca a été posté ce matin.
Qui l'a envoyé ?
- Elina Breysse.
La représentante des locataires que la victime a voulu faire expulser
pour construire l'hôtel.
Sa famille habite Saint-Martin
depuis 10 générations. - C'est un profil intéressant.
- D'autant plus qu'elle préside l'asso qui veut
inscrire le carnaval à l'UNESCO.
- Qui est dessus ? - Erwan et Célestin
sont partis l'interroger.
- Parfait. Très bon travail, capitaine.
- Ouais, c'est bien.
Beau boulot.
- Mlle Breysse ? Gendarmerie nationale,
on aurait quelques questions.
- C'est la photo de ce matin ? - Oui.
- Je peux en garder une ? - Bien sûr.
- "Barel, traître. On se laissera pas faire. Tu vas souffrir."
Alors ?
- Je suis pas la seule à lui en vouloir.
- Mais la plus virulente.
- 2, 4, 6, 8, 10, 12, 14,
16, 18, 20, 22,
24, 26, 28, 30, 32, 34, 36...
- Vous êtes une Grenat ? - Oui. On va tous être suspectés ?
- Vous étiez où, ce matin ? - Un peu partout.
Comme tous ceux
qui faisaient le carnaval. - 84, 86,
90, 94, 96...
- Vous n'avez pas d'alibi. On va aller à la gendarmerie,
si vous voulez bien. - Pardon.
Les autres années, y a 150 participants.
50 Blancs, 100 Grenats.
- Toujours depuis le Moyen Age.
Mais sur la photo de ce matin, j'ai recompté,
Il y a bien 150 participants, mais 51 Blancs et 99 Grenats.
Je comprends pas.
- C'est pourtant clair. Quelqu'un a discrètement changé de camp
avant la mort d'Aristide Barel.
- Ca va ?
- Mouais.
- T'as discuté avec Inès ?
- Euh, pff...
C'est elle qui a parlé surtout. Ca a été bref.
- Oui, nous aussi, on a échangé et c'était bref.
Elle est très en colère, ça se comprend.
Je suis pas à l'aise dans cette situation.
C'est perturbant.
- Oui.
- Et sur l'enquête, on a avancé ?
- Elina Breysse était à l'autre bout du village.
- D'accord. Et on a pu identifier le faux Blanc de la photo ?
- Oui. David Ledun, maçon, 30 ans.
Il est pas avec les Grenats
sur la photo. - Un lien avec Barel ?
- C'est son patron.
- Y a un truc qui colle pas.
Pourquoi se déguiser en Blanc ?
- Ils sont masqués. Un Blanc va pas se méfier d'un autre Blanc.
- C'est plus simple de rester en Grenat pour s'attaquer à un Blanc :
règlement de comptes entre ouvriers
et patrons... - Ouais. Eh bien, envoie Erwan
interroger tes 99 suspects.
Disons qu'on part sur 2 pistes différentes.
Ca te va ? - D'accord, faisons ça...
Mais c'est logique, ce que je dis.
- Ouais, ouais !
- Bonjour, commandant. - Bonjour.
- Vous avez l'air en forme !
- On peut y aller ? - Oui.
Aristide Barel est bien mort asphyxié.
Ses poumons étaient saturés de boue.
- D'accord. Autre chose ?
Des ecchymoses un peu partout.
C'est pas avec une serpillière qu'on a fait ça.
- On dit "grenette".
- Eh, eh ! Une grenette...
Grenette.
C'est drôle, non ?
En tout cas, la victime s'est battue,
c'est sûr. - D'accord. Et rien qui puisse
aider à identifier l'agresseur ? - Non.
Sauf s'il s'est fait tuer par un gros oiseau noir.
J'ai relevé des résidus de plumes. - Ca, ça m'intéresse.
Ca va dans le sens de mon hypothèse.
Les costumes des Grenats ont des plumes,
un peu partout. - D'accord.
J'ai relevé aussi des fragments de tissu blanc.
Sous ses ongles. - Ca, ça m'intéresse moins,
parce que ça pourrait donc
être un Blanc. Vous avez du concret ?
Vous m'aidez pas, là. - Si.
- Ah ! - J'ai contacté le médecin
de la victime : Barel n'a jamais été épileptique.
- Pourquoi il avait une boîte d'antiépileptiques sur lui ?
- Médicalement parlant, il n'y avait aucune raison.
- D'accord.
OK.
- Avec plaisir.
- Excusez-moi.
Bonjour. - Oui ?
Je peux vous aider ?
- Je suis le capitaine Marchal, gendarmerie nationale.
J'enquête sur le meurtre d'Aristide Barel.
David Ledun habite bien ici ?
- Oui, mais il n'est pas là.
- D'accord. Où je peux le trouver ?
- Il est allé à son bureau, mais j'ignore
pourquoi. - Vous êtes ?
- Victoire Lombard, la fiancée de David Ledun.
- Aristide Barel et lui s'entendaient bien ?
- Oui, ils étaient très proches.
David le voyait comme une sorte de mentor.
Aristide l'avait pris sous son aile et l'avait fait évoluer.
- Au point que David se déguise en Blanc cette année ?
- Je suis issue d'une famille de Blancs.
Ils n'ont pas accepté nos fiançailles.
Donc, David a juste voulu les impressionner.
Autre chose, capitaine ? - Non.
Non, merci. - Bonne journée.
- A vous aussi, merci.
...
David Ledun ? Gendarmerie.
...
Stop !
Stop.
OK. Tourne.
Destruction de preuves, délit de fuite, on est à 6 ans, là.
Sans compter le meurtre de Barel.
- Quoi ? Quel meurtre ? - Ouais, c'est ça. Allez, go.
- Quel meurtre ?!
- Allez, 99 personnes à interroger, c'est rien.
En plus, on est au grand air, on se balade, on profite.
- Super, y a pas de réseau.
J'ai la liste des témoins, mais comment on trouve
où ils habitent ? - A l'ancienne.
- T'as eu ça où ? - Piqué
à l'office du tourisme. Alors !
La place de la Placette.
Tiens, regarde.
- "Jean-Paul Lenord".
Un participant du carnaval. - Ca fait partie du folklore ?
- On n'a vu ça
nulle part.
- Y en une autre là-bas.
C'est comme un jeu de piste. Allez, viens.
- Voilà.
- Hop, hop, hop, pop !
Attends.
- Non ! - Voilà. Dix ans de rugby,
j'ai jamais raté un ballon.
Tiens, cadeau.
- Vous êtes pas douée en puzzle. - Quel bordel !
Il ricane.
Voix plus aiguë. Bon, eh !
Bravo, Marchal.
Grâce à votre intervention,
on a un suspect et des petites pistes, c'est bien.
Non ? - Vous m'imitez pas, là ?
- Mais vous avez raison, le suspect est un Blanc.
- Il était censé être Grenat.
- C'est pas faux.
Alors, pourquoi en voulait-il à la victime ?
- C'est peut-être là. Ce sera long ?
- J'avais presque terminé.
On dirait un contrat.
Ce serait l'original dans l'ordinateur de la victime.
"Cession de la société d'Aristide Barel."
- Au bénéfice de qui ?
- David Ledun. J'ai vérifié
les documents.
- D'où le costume blanc.
Pour fêter son nouveau statut, il passe des Grenats aux Blancs.
- Pourquoi détruire le contrat ?
- Il y avait aussi des bilans comptables,
la société était en faillite. - Comment ça ?
Barel aurait vendu principalement des dettes à Ledun ?
- Qui l'aurait appris après avoir signé.
- Donc trop tard.
- Bon, vous vous en occupez,
capitaine ? - Euh, Léa ?
le chauffage revient un jour ?
- Je suis sur le coup, mais je suis pas
chauffagiste.
- Bon, bonne chance.
- C'est la 4e maison taguée.
La peinture n'est pas sèche.
Le peintre doit être tout près.
- Toutes les maisons sont à des membres du carnaval.
- Quelqu'un dans le village ne l'approuve pas.
- En suivant les graffitis, on peut trouver
le coupable. - Tu vois, on s'amuse.
- Je vous répète que je l'ai pas tué.
Aristide et moi, on s'entendait très bien.
- Même en découvrant que vous hériteriez de ses dettes ?
Vous vouliez impressionner votre fiancée.
- N'importe quoi ! - Vous avez accepté l'offre de Barel
sans rien vérifier, vous vouliez devenir un Blanc !
Vous vouliez impressionner votre belle-famille.
- Je lui faisais confiance.
On bossait ensemble depuis 10 ans.
- Comment vous avez découvert que c'était une planche pourrie ?
- Des fournisseurs m'ont appelé ce matin,
ils réclamaient leur argent. - Comment ils savaient ?
- Aristide avait dû les renvoyer sur moi
après la signature. - Alors vous l'avez chopé et tué.
- Jamais de la vie !! Je l'ai pas vu !!
- Calmez-vous, M. Ledun !
Alors pourquoi détruire le contrat ?
- Pour pas qu'il arrive
au greffe. Pour pas devoir hériter de ses dettes.
Alors, j'y suis allé.
Une cloche sonne. Un chien aboie.
...
- Elle est fraîche de chez fraîche.
Aucun peintre en vue.
- Comment on l'aurait raté ?
C'est un cul-de-sac. - Je sais pas.
- Il serait repassé
devant nous. Fais voir la carte.
- C'était marrant au début, mais j'en ai marre de marcher.
J'ai une tendance aux ampoules au bout de 20 km.
- T'es large, on en a fait 2 maximum.
Y a forcément
une explication. En fait, y a un trou dans le rempart.
C'est un point touristique. Regarde.
Célestin ?
- Voilà par où est passé le peintre.
- Regarde.
- Attention !
Là, une voiture fonce sur Erwan.
Je me dis : "Célestin,
"ne te dégonfle pas !" Alors je mets un coup d'épaule,
et Erwan est dévié de la trajectoire
de la voiture. - Bravo.
- Salut ! Pardon, ça va ? - T'inquiète.
J'ai juste une épaule luxée, c'est bon.
C'est quand j'ai sauté pour sauver le lieutenant Lebellec
d'une mort certaine. - T'es un héros !
- Oh, je sais pas... - Ca va,
ton épaule, Célestin, t'es sûr ?
Je voulais quand même te remercier pour ce que tu as fait.
- Attends, c'est normal.
Un collègue à sauver, je me jette sous une voiture.
- Bravo pour ton humilité et ta discrétion.
- C'est important de dire la vérité.
Notification. - Hum.
- T'es toujours avec ta copine mystère ?
- Pas du tout.
- Tu serais pas en train de me cacher un truc ?
- Peut-être que j'ai pas voulu te dire un truc. Tu vois la nuance ?
- J'ai risqué ma vie pour te sauver, tu peux me faire confiance.
- Y a un truc qui me chiffonne,
dès que je reçois un message d'Ondine,
Marchal est sur son portable. Bizarre, non ?
- Tu penses que le capitaine Marchal est ta copine ?
Ca serait une super blague, non ?
Célestin rit. Franchement !
Ou pas.
- Je vais lui en parler demain.
- OK.
Super.
- Je comprends pas le meurtrier.
Pourquoi taguer les maisons après la mort de Barel ?
- C'est bizarre, ce qui se passe.
2 fois en 48 h, une voiture fonce sur quelqu'un :
le fils Barel, puis Erwan.
- Je vais justement aux nouvelles à l'hôpital.
- OK. Y a Célestin.
- Ah, Célestin !
On a appris, félicitations.
- Je n'ai fait que mon devoir. "Sauver ou périr" !
- Eh ben, bravo. Erwan va comment ?
- Bien. Il a vu la mort de près.
De très, très près. A ça.
Pas plus. Ca lui a fait bizarre.
Moi, j'ai l'habitude.
- D'accord.
Plus de peur que de mal ?
- Enfin, en sauvant Erwan, j'ai sacrifié mon coccyx.
- Eh bien, reposez-vous bien.
A demain, lieutenant.
- On a plongé Eliot dans un coma artificiel,
le temps qu'il se remette de ses blessures.
Il n'y aura pas de séquelles. - D'accord.
Il a reçu la visite de son père ?
- Hier, oui. Et ce matin également.
- Ce matin ? Vous êtes sûre ?
- Hum.
- Vous n'avez rien remarqué ?
- Non. Il était
dans tous ses états, ça se comprend.
Il s'est même disputé avec sa femme.
- Impossible, il est veuf. - Ah bon ?
Je les ai entendus de loin, j'ai juste vu que ça chauffait,
j'en ai déduit que c'était sa femme.
- Oui, je comprends.
Dernière chose :
Eliot est épileptique ?
- Non, c'est pas inscrit dans son dossier.
- OK, je vous remercie.
Vous pourriez me prévenir, à son réveil ?
- Bien sûr. - Je dois avoir une carte.
Voilà. - Merci.
- Merci à vous. - Au revoir.
- Bonjour. - Bonjour, lieutenant.
- Erwan. - Capitaine.
- Tu t'es remis de ta mésaventure ? - Oui.
C'était pas si traumatisant. - J'imagine.
Marchal est dans l'open space, il a des infos pour toi.
On a repéré la voiture qui t'a foncé dessus.
- Le conducteur a été interpellé ? - Oui.
Et les femmes ayant aussi le droit de conduire,
c'est une conductrice.
- OK. - Je te laisse, je dois vérifier
les PV de l'affaire Maugendre. - OK, à plus.
- A plus. (C'est pas possible.)
- Jenny Ruffier, 42 ans, divorcée, sans enfant,
habitante de St-Martin, pas de casier.
Une citoyenne assez ordinaire.
- Sauf quand elle tente d'écraser des gendarmes.
- Oui,
ou quand elle badigeonne
les maisons des voisins.
- On a trouvé un costume de Grenat et une bombe de peinture rouge
dans son coffre.
- Sur la liste des participants, j'ai pas vu son nom.
- C'est normal, c'est une fausse Grenat.
- Elle s'est glissée dans le groupe
pour approcher Aristide Barel.
C'est pas bête, hein ?
Et donc, Léa avait raison.
- On aurait pu interroger les 99 vrais Grenats
sans jamais trouver le coupable. - Voilà.
- Autre chose sur Jenny Ruffier ?
- Un ticket de parking de l'hôpital de Montpellier.
- C'est intéressant. Ca va plaire
à Léa.
- Un petit café ? - Ah oui.
Volontiers. - Allez.
- Là, la voiture démarre
et en deux secondes, elle est déjà à...
à 100 km/h ! - Ah ouais.
- Je prends appui sur le mur, je plaque Erwan,
c'est comme si on s'envolait.
Tu vois les scènes d'action au ralenti ? Pareil !
Le truc...
Ah !
- Ca va ? - C'est ma jambe.
Je me suis cassé la clavicule.
- Bonjour, Célestin. - Capitaine.
- Bonjour, Sandra. - Bonjour. A plus.
- Un café ? Offert par la maison. - Dans ce cas, j'en prends deux.
- Bravo pour vos réflexes. Ils ont sauvé Erwan.
- Ah oui, c'est pour ça, le café.
Vous savez ce que je me dis, le matin, en me rasant ?
- Non.
- "Célestin, aujourd'hui tu vas rendre le monde meilleur."
- Et... alors, cette clavicule ?
- Ca va, pourquoi ?
- Non, non, comme ça.
Pour rien.
En tout cas, bravo.
Ce que t'as fait, ça prouve que tu es un collègue fiable.
- Vous me tutoyez, maintenant ?
- On va dire que c'est un début.
Tu viens d'où ?
- J'ai grandi à Bar-le-Duc.
Pas dans l'hyper-centre... - Célestin,
l'enquête.
- Ah oui. J'ai fait la tournée des 10 pharmacies
autour de Saint-Martin,
comme l'a demandé le commandant. - Hum, et ?
- Aucune n'a vendu le médicament
retrouvé sur la victime. - OK. Inès t'attend sur le parking,
vous partez en perquise chez la "chauffarde" d'hier,
Jenny Ruffier. - OK.
Merci pour le café.
- Oh... c'est normal.
Ca va aller ? - Oui, merci, capitaine.
J'en ai vu d'autres.
- Bien. Que faisiez-vous à l'hôpital
hier matin, Mlle Ruffier ?
- J'allais voir un médecin. - Non.
Vous n'aviez pas de rendez-vous. - Je suis allée aux urgences.
- Quel médecin vous a auscultée ?
- Je me souviens plus de son nom.
- C'est ballot, ça.
OK, euh...
Aristide Barel, ça vous dit quelque chose ?
- Oui, comme tout le monde au village.
- Pourquoi cette dispute hier à l'hôpital, justement ?
Drôle de coïncidence :
quelques heures après votre dispute, il meurt.
- Il est mort ? - Vous l'ignoriez ?
Tout se sait dans un village, non ?
Vu vos rapports de voisinage, ça m'étonne pas trop.
C'est quoi, ces tags de vengeance, de têtes de mort ?
- Ils le méritaient.
- Mais encore ?
- J'ai rien à dire.
- Et le costume de Grenat retrouvé dans le coffre de votre voiture ?
Mlle Ruffier,
c'est courant chez vous de renverser des gendarmes ?
- J'ai cru que c'étaient ces conards de villageois qui me coursaient.
- J'ai tout de suite senti que ça allait mal tourner.
Y avait des sons dans l'atmosphère, qui m'ont mis sur le qui-vive.
- T'as toujours eu l'instinct. - Exact.
Qui a bien senti les choses ? - Célestin.
- Célestin. Et là, la voiture démarre à 150 km/h, direct.
- A 150 direct ? - Très gros moteur.
J'ai empoigné Erwan,
on a fait un saut périlleux. - Incroyable.
Erwan m'en a pas raconté la moitié. - Il est comme moi, humble.
- Enfin... Des deux, le plus modeste, c'est toi.
- C'est pas à moi de le dire, mais oui.
Elle habite ici, Jenny Ruffier ?
- Oui, pourquoi ? - C'est sur la route, là-bas,
qu'Eliot Barel s'est fait renverser,
avant-hier soir.
- Elle s'en serait pris d'abord au fils ?
- Je sais pas.
C'est quoi, ce village de fous ?
...
Voilà un beau lien avec Aristide Barel.
- Demain après-midi ? Super, merci. - Toc-toc !
- A demain. Si tout va bien, on aura le chauffage demain après-midi.
- Génial. Moi aussi, j'ai une bonne nouvelle.
- Jenny Ruffier et le fils de la victime sortent ensemble ?
- Inès et Célestin ont trouvé sa maison
saccagée, ainsi qu'une lettre anonyme
assez explicite.
Aristide ne voulait pas d'une relation
entre son fils et une "étrangère".
Pour lui, tout ce qui n'est pas
du village est étranger. - OK. Imaginons,
Jenny rentre, trouve sa maison saccagée et décide
de se venger. Pourquoi
contre tout le village ? - Aristide Barel
était une figure très respectée,
il a pu monter les gens contre elle
parce qu'elle sortait avec son fils.
- D'accord. Un peu disproportionné, non ?
- Plus grand-chose ne m'étonne.
Barel a déposé 2 mains courantes
dernièrement pour menaces, pneus crevés,
maison saccagée... C'est allé loin,
quand même. - OK, admettons.
- Mais alors pourquoi avoir
renversé son amoureux pas loin de chez elle ?
- Une dispute de couple.
Il l'a plaquée, poussé par son père.
- C'est peut-être une dingue,
tu t'en occupes ? - Ouais, je...
- (J'ai froid.)
Soupir d'aise.
- Pourquoi Aristide Barel désapprouvait
à ce point votre relation avec Eliot ?
Parce que vous avez débarqué
au village il y a quelques mois, simple ouvrière,
divorcée, 42 ans.
Pas vraiment le profil de la belle-fille idéale.
Votre voiture
est au labo.
Si vous avez essayé de tuer
Eliot, on va vite le savoir. - Jamais je lui aurais fait du mal.
Je l'aime !
C'est de la faute de son père.
S'il nous avait pas obligés à nous cacher...
Eliot me rejoignait discrètement à la maison,
une voiture est arrivée à toute vitesse et...
- Bon, d'accord.
On va reprendre depuis le début, tranquillement.
Hier matin, vous deviez aller voir Eliot
à l'hôpital, avez-vous croisé
Aristide Barel ?
- Il m'a jetée comme une merde,
disant que j'étais responsable de l'accident.
Aristide avait monté tout le village contre moi.
J'ai trouvé ma maison saccagée,
je me suis fait un costume et j'ai tagué les maisons.
Je sais, c'est pas malin, mais j'avais tellement mal.
- Et vous avez revu Aristide Barel.
- Non. Je l'ai juste aperçu plus tard
en train de se mettre sur la gueule avec un Grenat.
Ils sont fiers de leur tradition de sauvages.
- Jenny Ruffier peut nous mentir
aussi, histoire de nous emmener sur une fausse piste.
- On vérifiera. Je la vois mal
tenir la tête de la victime dans la boue.
Autre chose.
La bagarre aurait eu lieu
dans cette rue.
Et le corps a été trouvé
ici, rue de l'Eglise.
- Ils se sont un peu déplacés pendant la bagarre,
et le Grenat a pris le dessus.
- Au milieu du chaos ambiant, personne n'a rien vu.
Marchal et Inès sont partis vérifier.
- Rue de l'Eglise. On y est.
- Inès, en fait, faut que je te dise, je serai avec toi
à l'hôpital pour ton opération.
Non, non. S'il y a un souci, je veux être là.
Ca sert à ça, un ami. - Donc, ma décision,
tu t'en fous. - Non, pas du tout.
Je resterai dans le couloir, discret.
- Bon. Je peux pas t'empêcher
de te balader dans un hôpital public.
- Reprenons. Donc, Aristide Barel
s'engueule avec son agresseur,
mais avant de se battre, ils ont forcément discuté un peu.
- Pas longtemps.
Jenny Ruffier, qui était à l'autre bout de la place,
les a vus, tous les deux, se battre à terre,
là.
...
Un badge magnétique.
- Appelé aussi Vigik, utilisé par les postiers.
- Un facteur comme Timothée Fougerolles ?
- Le soi-disant meilleur ami
de la victime.
- Pourquoi n'avez-vous pas signalé la perte du badge ?
- La mort de mon meilleur ami...
- Comment vous l'avez perdu ?
- Il a dû tomber de ma poche. - Pendant la bagarre ?
Et les traces dans le cou ?
Et cette dispute... ? M. Fougerolles ?
M. Fougerolles !
Appelez les secours !
Mettez-vous sur le côté.
Sur le côté.
Respirez.
Respirez, M. Fougerolles !
Respirez.
Léger brouhaha.
...
- Yes !
- T'as trouvé quelque chose ?
- La pharmacie où Fougerolles achetait ses médicaments.
- A Montpellier, il avait le numéro.
- Je sais. Je les ai appelés.
Un ami de Timothée y va parfois à sa place.
- Un ami comme Aristide Barel ?
- Bingo.
J'ai envoyé la photo, ils l'ont reconnu.
Il est venu avant-hier.
- D'où la boîte de médicaments.
Pourquoi Timothée n'y allait pas toujours seul ?
- En cas de crise, il a pas le droit
de conduire.
- Viens, on va aller
chez Timothée.
- Non, je te l'ai déjà dit, je réserve ma conclusion à Léa.
En plus, tu comprendrais rien. - N'importe quoi.
- Commandant.
- C'est rare de vous voir ensemble.
Fermez.
Alors, comme ça,
vous copinez ?
- Avec Franck ? Ca va pas ?
Je préfère me couper un bras. - Moi,
je préfère m'injecter des analgésiques
matin, midi et soir et en surdose !
- Je peux le faire. - S'il vous plaît.
On a des nouvelles de Timothée Fougerolles ?
- L'hôpital nous l'envoie dès qu'il va mieux.
- C'est marrant, il a fait
cette crise au bon moment. Il a pu simuler ?
- Tac ! C'est ce que j'ai dit à Franck, mot pour mot.
Mais...
- Donc, s'il a pu fausser un électrocardiogramme, oui.
- Donc, c'est non ? - Oui.
- Oui ? - Enfin, non.
- Putain, j'hallucine ! On comprend jamais rien...
- S'il vous plaît, c'est déjà assez compliqué.
- Merci. Je vais y aller doucement pour Paul.
Dis-moi si tu suis.
Fougerolles a une forme très sévère d'épilepsie.
Les crises à répétition peuvent engendrer
des lésions neurologiques irréversibles.
- Qu'est-ce qui provoque ces crises ?
- Un choc émotionnel : un interrogatoire pour meurtre.
- Surtout s'il est coupable. - Sa crise
peut être liée à d'autres choses, comme la lumière des néons.
- Mais on n'a pas de mobile.
Notre priorité est de trouver pourquoi Barel et Fougerolles
se sont battus. - Exactement.
C'est ça, la clé. - Ben voilà !
On va te donner
un petit bureau et un uniforme, tu vas enquêter avec nous.
- Dupont et Dupond !
Inès ?
Vous partez pour l'hôpital ?
- J'espérais être discrète.
- Je voulais pas vous retarder,
je voulais juste vous souhaiter bonne chance.
Ca va ?
- Comme quelqu'un qui va se faire opérer demain.
Paul et vous...
vous en êtes où ?
Je veux pas me mettre en travers de votre chemin.
Vous avez construit toute une vie
ensemble, alors que lui et moi, c'est juste une... promesse.
- Une promesse.
C'est déjà bien, une promesse.
C'est même ce qu'il y a de mieux, non ?
- Vous avez pas répondu.
Y a encore quelque chose entre vous ?
- La question la plus importante,
c'est : est-ce que vous l'aimez ?
Parce que je pense que Paul tient beaucoup à vous.
Bon courage.
- Merci.
- Y a pas de souci si tu veux pas me dire ce qu'on fait là.
- Je suis pas sûr de moi.
- Comme avec les filles.
- Quoi ? - T'oses pas leur parler,
parce que t'es pas sûr de toi. Tu réfléchis trop.
Je me dis toujours : "Célestin, réfléchis pas trop."
Eh ben, ça marche. Pour moi, tous tes soucis viennent de là.
- N'importe quoi.
- C'est mon psy qui m'a appris ça. - Tu vois un psy ?
- Ca surprend, parce que j'ai l'air très équilibré.
Mais tu sais, y a pas
de hasard. Réfléchis à ce que t'as dit.
Je peux te sauver de plein de manières,
mon copain.
- Suis-moi.
C'est bien ce que je pensais.
- C'est pas ce que je crois ?
- Je crois que c'est la voiture qui a renversé Eliot Barel.
- Malgré ses crises, Fougerolles a conduit avant-hier soir.
- Et hier, la victime a dû comprendre
que son ami avait failli tuer son fils.
- Ca va ? Vous vous sentez mieux ?
Le laboratoire a retrouvé des traces de sang
du fils de votre meilleur ami.
Pourquoi avoir pris le risque de conduire avant-hier soir ?
- Ma mère m'a appelé.
Elle est âgée et seule.
Le courant avait sauté dans son appartement.
J'y suis allé, j'ai fait l'aller-retour.
A peine 10 km.
- Vous avez fait une crise sur le chemin du retour ?
- Oui.
Et Eliot a surgi de nulle part, j'ai pas eu le temps
de freiner. Je l'adore, ce gosse.
Je voulais pas lui faire de mal.
- Il est sorti du coma.
Ses jours ne sont plus en danger.
Pourquoi avoir caché votre maladie
à tous sauf à votre meilleur ami ?
- Je suis le facteur du village, tout le monde m'aime bien.
Avec cette foutue maladie, je me serais fait virer.
Je peux pas perdre mon boulot.
Je voulais juste une vie normale.
- Bien sûr.
Et comment Aristide a découvert que vous aviez renversé Eliot ?
- Il devait m'apporter mes médicaments avant le carnaval.
J'avais oublié qu'il les avait.
Avec cette histoire,
j'avais la tête carrément ailleurs.
J'étais parti, mais il a les clés, il est rentré par le garage
comme d'habitude.
- Et en voyant votre voiture, il a fait le rapprochement ?
- Il est venu me trouver pendant le carnaval,
il allait me dénoncer.
Je voulais ni perdre mon boulot ni être banni du village,
comme Jenny Ruffier.
Ma mère n'a que moi.
On s'est battus.
Il est tombé dans la boue.
Je sais pas ce qui m'a pris.
Je lui ai maintenu la tête dedans.
Léger brouhaha.
...
- Bon, capitaine,
c'est bon, je sais tout.
- De ?
- Je sais que c'est vous.
- Moi quoi ? - "J'ai 33 ans,
"je fais de l'aroma-yoga, je fais mon levain."
La fille de l'application.
- L'application ? - De rencontre.
- N'imp... Je comprends rien à ce que tu dis.
- Regardez-moi et dites : "Je ne suis pas
"Ondine." - Hein ?
Ben, je suis pas Ondine.
"Ondine" ?
J'ai entendu ce nom y a pas longtemps. Ondine...
Ah non, je l'ai vu.
Attends, bouge pas.
- Vous faites quoi, capitaine ?
- Tu surveilles, qu'elle arrive pas ?
Bingo !
Le nom de la marque
du Sonotone de Sabine.
Voilà. Ah ? Sabine, ça va ?
- Ben oui, ça va, oui.
- Moi aussi, ouais.
C'est vrai que t'as toujours eu des relations amoureuses
compliquées, toi. - Oui...
- Allez, bonne chance.
- Ca va ?
- Ca va.
- T'as eu des nouvelles d'Inès ?
Elle est bien rentrée à l'hôpital ? *-Oui. Elle m'a appelé.
*J'irai la voir demain,
*avant son opération. - Super.
- Oui. On a décidé de se donner une deuxième chance.
*C'est un peu
grâce à toi, merci.
- Dis pas n'importe quoi.
En plus, tu connais ma passion pour les comédies romantiques.
- Non, mais sérieusement, merci pour tout.
*Ton aide, ton écoute...
Pour qui tu es, quoi.
Bon, je vais y aller, je voudrais lui acheter un petit cadeau.
- Tu vas quand même pas lui acheter un bijou ? Hein ?
*Je plaisante, Paul.
Je t'embrasse.
- Bisou.
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