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Original subtitles

...

- Répétition dans 2mn. - OK.

- On dégage la scène ! - Les répétitions vont commencer !

*-Répétition dans 30 secondes.

- Tous à vos postes !

- Quand vous voulez.

Vous êtes en place ?

Les charges explosives ?

C'est bon ! Cinq, quatre,

trois, deux, un, c'est parti !

...

- Taha !

...

- Lazlo !

- On arrête tout ! Coupez la musique !

- Lazlo !

Lazlo !

...

- Follow, follow me

You gotta follow, follow me

You gotta move fast, no rest

Before the music sleeps

Sonnette.

- Salut.

- Ah, c'est toi. - Cache ta joie. Je dérange ?

- Je pensais que c'était Inès.

- Je peux entrer ?

- Oui, entre.

- Vous êtes encore en froid ?

- Elle pense que c'est moi qui t'ai parlé du don de moelle osseuse.

- Justement, ce dossier prouve que j'ai eu l'info toute seule.

- D'accord.

Pourquoi t'es allée fouiller ?

- Pas toi ! J'en ai marre de me justifier !

Je dirige une brigade, je dois savoir

qui je peux envoyer sur le terrain sans prendre de risque.

OK ? - D'accord.

- On arrête avec ça ! - Oui. Merci.

- Soyez discrets.

Téléphones. Je risque un blâme.

Erwan nous attend sur une scène de crime.

- Léa, merci. C'est vraiment très généreux de ta part.

- C'est bon.

On se rejoint là-bas.

Bisou.

- Bonjour, Erwan. - Vous devez le connaître :

Lazlo Kane, 31 ans.

- Lazlo Kane...

Le magicien ! - "Illusionniste".

L'illusionniste se sert des décors, des lumières, de la musique.

Le magicien a moins d'artifices. - Oui, bien sûr.

Il devait se produire au théâtre d'O ?

- Oui, deux semaines à guichets fermés.

- D'accord. On a une idée de ce qui a pu se passer ?

- Les pétéchies aux yeux indiquent une strangulation,

sauf que... - Aucune trace. Sinon ?

- Rien d'autre.

Il a été tué pendant la répétition. - A l'intérieur du théâtre ?

- Il est entré dans un coffre,

et devait réapparaître dans les gradins.

- Sauf qu'il a été téléporté ici

comme par magie,

dans un coin isolé, et sans caméras de surveillance.

C'est peut-être une illusion, non ?

A plus, Erwan.

- A plus tard, commandant.

- Oh là là ! Lazlo Kane, quoi !

Mon idole ! - Tu aimes la magie ?

- C'est toute ma vie, la magie, depuis le collège.

J'avais fait un spectacle de fin d'année qui avait cartonné.

- Tu aurais pu faire de l'ombre à David Copperfield, dis donc.

Et sinon ?

Des pistes ? - J'ai interrogé

pas mal de gens : Lazlo a viré un de ses techniciens hier soir

après une bagarre.

- A quel sujet ?

- Je sais pas, Inès interroge la productrice.

- Le nom du technicien ?

- Axel Barnier. Ah, bouge pas. - Qu'est-ce qu'il y a ?

- Oh, dis donc !

- Oh, regarde. T'as vu ?

- Où est ma pièce ? - J'ai appris ça

en arrêtant les pickpockets.

- Il faudrait

étudier le tour du coffre-fort, pour le mode opératoire.

- Oh, il doit y avoir une trappe. Il y a toujours une trappe.

- Non, ça serait trop facile.

Léa, je peux récupérer ma pièce ?

- Dans ta poche.

L'autre poche.

- Je n'étais pas seulement sa productrice.

On était en couple depuis plus de quatre ans.

- Et à part vous, il avait de la famille ?

- Non. Il était originaire de Montpellier,

mais il n'avait plus personne ici.

Il a perdu ses parents quand il était jeune. Fils unique.

La magie, c'était toute sa vie.

- Il était comment ces jours-ci ? - Stressé.

Il ne s'était jamais mis la pression à ce point.

- Et pourquoi ça ?

- Il était trop fier pour l'avouer,

mais il se sentait en perte de vitesse.

- Pourtant c'était complet.

- Oui, mais...

Lazlo voulait dépasser ses limites,

et ce tour était son nouveau défi.

- Vous avez une idée de ce qui a pu se passer ?

- Je comprends pas.

C'était un perfectionniste, il n'a pas pu partir au milieu du tour.

- Lazlo avait-il

des ennemis ? Il s'est battu hier

avec un machiniste, Axel Barnier.

- Je savais pas.

- Il l'a viré juste après. Il ne vous a rien dit ?

- Non, il est rentré tard de répétition, je dormais déjà.

Ce matin, on s'est dit quelques mots, rien de plus.

Je ne pouvais pas imaginer que je ne le reverrais plus.

- Tiens ! A toi.

- T'as peur ? On appelle un bleu ?

- N'importe quoi, j'ai pas peur.

Si, j'ai peur,

en fait, un peu.

Si je rentre, tu passes à l'appart ce soir.

En plus, je dois te parler, et on ne va pas le faire ici.

- Moi aussi, il faut que je te parle.

En attendant, on bosse.

Lazlo mettait 45 secondes pour sortir de ce coffre.

Essaie de faire mieux.

- Laisse-le ouvert.

Sûr ? - Promis.

- Tu fais quoi ? Non, attends.

- Je reproduis...

- Ah ! - Paul ?

Paul ?

Sifflet.

- Bel exemple de réussite, ce Lazlo Kane.

- Il y a cinq ans,

il est monté à Paris, et puis il a explosé à l'international :

Londres, New York, Las Vegas,

Shanghai...

J'adore la magie.

- Pas moi, j'ai été traumatisé.

- Par un magicien ? - Oui.

Il a fait disparaître ma copine. - C'est un tour classique. Et ?

- Je ne l'ai jamais revue.

- Elle n'est pas réapparue ?

- Si, mais dans le lit du magicien. Super, le tour.

Bravo et merci.

Bref. Pourquoi Kane est revenu ici après un tel succès mondial ?

- Peut-être pour rendre hommage à ses origines.

- Ou alors il avait une raison personnelle.

- J'ai quelque chose, là.

Axel Barnier a appelé plusieurs fois la productrice,

Amina Touré. C'est le machiniste.

- Et elle, c'est la compagne du magicien.

- Je l'avais dit : y a toujours une trappe.

- T'as jamais dit ça. - Si.

- Donc Lazlo est sorti par ici. Pour aller où ?

- Il devait remonter par ce conduit pour arriver

tout en haut des gradins.

- Il ne l'a pas fait.

- Non, il est allé jusqu'à l'issue de secours, qui l'a mené

jusqu'à la pinède.

- Pourquoi il a fait ça ? Amina Touré dit qu'il ne déviait jamais

de son programme. - Quelqu'un l'a peut-être forcé

à le suivre.

- D'après les vigiles, chaque membre de l'équipe était

à son poste.

- S'il est sorti de lui-même, c'est qu'il avait un truc à faire.

- Bonjour Franck.

- Il est mort suite à un choc anaphylactique.

Il a suffoqué.

- Une allergie ? Alors on n'est pas sur un homicide ?

- C'est à moi de le déterminer.

- Pardon.

- Il a ingéré de l'huile essentielle

de genévrier, l'allergène.

- Sans s'en apercevoir ?

- C'était peut-être dans une tisane qu'il a bue.

- Donc il a été empoisonné ?

- Oui, il a étouffé.

- Il a voulu sortir dans la pinède

pour prendre l'air.

- Sans antihistaminique, il n'avait aucune chance.

- D'accord.

- J'ai quelques notions en huiles essentielles.

Le santal blanc, vous connaissez ?

- Non. - Ca permet d'accroître

les stimulations sensorielles.

Cette plante a aussi un rôle régulateur

sur l'hypophyse, et comme l'odeur rappelle

la sueur...

- Erwan ? La victime aurait bu une tisane empoisonnée ce matin.

Vous voyez ce que vous trouvez ? Vous me tenez au courant ?

Merci, Erwan.

- Enfin je voulais vous dire que c'était... aphrodisiaque.

- Monsieur Barnier,

pourquoi vous vous êtes battu avec Lazlo Kane ?

Amina Touré était votre maîtresse,

Lazlo l'a découvert,

il vous a viré. - C'est elle, qui était jalouse.

La patronne m'a filé des sous pour que je surveille Lazlo.

- Pourquoi ? - J'en sais rien.

- Vous avez pas cherché ? - Je suis pas flic, moi.

Je me suis fait griller par Lazlo. - C'est-à-dire ?

- Je l'ai vu se disputer avec un mec sur le parking, il m'a repéré.

- Vous connaissiez le mec ? - Non.

- Pourquoi ils se disputaient ?

- Ca parlait d'un accident. Le mec était vénère.

Ca se voyait :

il était prêt à tout.

...

- C'est du carvi. Je ne sais pas comment Lazlo faisait

pour boire ça. Ca lui permettait de rester svelte, disait-il.

Donnez-le-moi, une assistante va le laver.

- Je le mets sous scellé.

- Vous essayez de détruire les pièces à conviction ?

J'ai l'impression qu'on a des choses à se dire.

- Je n'aurais pas pu l'empoisonner.

Il préparait lui-même son thermos.

- Pourquoi l'avoir fait suivre par Barnier ?

- Lazlo était distant depuis trois semaines.

Souvent, je l'attendais à l'hôtel,

mais il restait au théâtre.

Il avait une attitude étrange.

- Etrange ? C'est-à-dire ?

- Il s'énervait parce que son numéro n'était pas au point.

Il a même fracassé le coffre.

- Il était coutumier de ce genre de colère ?

- Non. J'ai demandé à Axel de le filer, mais il s'est fait repérer.

- Il a quand même eu le temps de surprendre sa dispute.

Vous le connaissez ?

Il a parlé d'un accident.

- Non. Lazlo était furieux contre moi.

Notre dernière conversation a été odieuse.

Mais je vous jure que je ne lui ai fait aucun mal.

- Lazlo a quitté l'hôtel à 8h30, et il est arrivé au théâtre à 9h30.

- Il faut seulement 15mn entre l'hôtel et le théâtre.

Il a forcément rencontré son meurtrier dans cet intervalle.

- Je vois mal Amina Touré tuer la poule aux oeufs d'or.

- On doit trouver l'inconnu du parking.

- Il y a cinq ans,

Lazlo a grièvement blessé une spectatrice lors d'un tour.

- Elle avait porté plainte ?

- Aucune plainte n'a été déposée, et on ne sait rien sur la victime.

- C'était dans un café-théâtre.

- Qui a fermé depuis, le gérant a ouvert une boutique

de magie en centre-ville.

- C'est peut-être notre inconnu.

- Oui. (Elle est très bizarre,

(ou c'est moi ?)

(- Elle est bizarre, oui.)

- J'envoie Marchal.

- Lazlo, c'était comme ma famille. Il m'avait envoyé

une invitation pour aller le voir

sur scène samedi prochain.

- Et...

Vous l'avez connu comment ? - C'était un ami de mon fils.

Il n'avait plus son père. Il était tout le temps ici.

De fil en aiguille...

- Vous êtes devenu son 2e papa.

- Plutôt son mentor.

- Vous étiez magicien aussi ?

Et il s'est passé quoi il y a cinq ans, au café-théâtre ?

- Je n'étais pas là quand c'est arrivé.

Je lui avais dit que le tour était

trop dangereux, mais il ne m'a pas écouté, et Louise a failli mourir.

- Louise ? - La baronne de Lazlo.

- La baronne ?

- La complice, si vous préférez.

- La baronne,

bien sûr.

- Elle a mis du temps à récupérer, Lazlo s'en est toujours voulu.

- C'est pour ça qu'il est parti.

C'est qui,

sur la photo ?

- C'est Jeff. C'est mon fils.

Lui aussi voulait devenir magicien,

mais il n'était pas à l'aise sur scène.

Aujourd'hui, il rééduque des handicapés grâce à la magie.

- Il était au courant pour Louise ?

- Ben oui : il filmait tous les spectacles de Lazlo.

- Dites-moi...

C'est votre fils, là ?

- Oui.

- Super, ça. C'est bien.

C'est bien. Respire.

On ne s'arrête pas,

ça doit devenir automatique.

Vas-y, prends ton temps.

Bien. Bien, tout le monde !

On s'arrête là pour aujourd'hui. Demain, avec Louise,

on vous verra chacun un par un. Entraînez-vous bien, d'accord ?

Par ici la monnaie.

- Au revoir. - Au revoir.

Ca progresse bien, bravo.

- Bonjour.

Lieutenant Lebellec.

Jeff Fontaine ? J'ai des questions à vous poser sur Lazlo Kane.

- Pourquoi ? Ce fumier a porté plainte contre moi ?

- Il a été tué ce matin.

- Quand j'ai appris son retour

et qu'il avait appelé Louise,

j'ai pété un câble, voilà tout.

- Que s'est-il passé,

il y a cinq ans ? - En magie,

on utilise de la poudre de lycopode, pour les effets.

Lazlo s'est trompé dans le dosage, ce qui a provoqué l'accident.

- Pourtant on le dit

perfectionniste. - Il y a cinq ans,

c'était surtout un fêtard, il dormait peu.

Quand il est parti,

Louise était encore dans le coma, gravement blessée.

Et aujourd'hui, elle boite encore.

- Jeff m'a aidée

à me reconstruire, sur tous les points.

D'ailleurs on va bientôt se marier.

- Pourquoi Lazlo vous a recontactée ?

- Il y a cinq ans, on était ensemble, lui et moi.

- Votre petit ami

vous a blessée, puis abandonnée ?

- Lazlo m'a justement rappelée pour s'expliquer,

mais j'ai refusé de le revoir.

- Il avait fait assez de mal comme ça.

- Vous faisiez quoi, ce matin ?

- Je...

- Il était avec moi,

toute la matinée, il m'a massé la jambe.

J'avais très mal.

- Dis-moi, Paul... - Oui ?

- Si Louise et Lazlo

étaient en couple il y a cinq ans, ça change pas mal de trucs, non ?

- Il serait revenu pour lui demander pardon ? Pour la reconquérir ?

- Ce couple est suspect.

- Leur alibi est fragile.

- Erwan va vérifier.

Louise a pu mentir pour protéger Jeff,

ou pour se protéger, elle.

C'est quoi ?

- Une petite boîte qui...

- C'était dans la loge ?

- Oui. Ca...

- Eh ben, capitaine ? Elle est où, cette dextérité légendaire ?

- Mais il n'y a pas de serrure.

- Alors...

Ah oui.

Oui...

Un...

Deux.

Trois.

Abracadabra.

Voilà.

- C'est de famille, en fait. C'est dans les gènes. Je peux pas lutter.

C'est quoi, ça ?

Un carnet...

C'est là-dedans que Lazlo détaillait tous ses tours.

Le coffre-fort...

- Fais voir. On dirait qu'il y a deux écritures différentes.

Regarde celle-là : les lettres sont disgracieuses,

comme déstructurées.

- C'est écrit avec les pieds. Je peux ?

"Bien à l'extrémité. C'était mal placé la dernière fois."

Quelqu'un corrigeait les tours de Lazlo.

- Oui. Qu'est-ce qu'on a d'autre ?

"1235 ??? QUI".

Ca veut dire quoi ?

- Y a qu'un moyen de le savoir.

- C'est incroyable.

- C'est l'accident qui a gravement blessé Louise.

- Le fameux tour du coffre-fort : on a vérifié, c'était déjà ce tour-là.

C'est comme ça qu'il a blessé Louise.

- Lazlo a menti à Amina : ce tour n'avait rien de nouveau.

- Pourquoi mentir ? - Je sais pas.

Ah, merci.

Ce sont les fadettes de Louise Marlin et de Lazlo.

Louise n'était pas chez elle hier matin à 9h02,

mais dans un café à côté du théâtre d'O.

Et où a borné

le téléphone de Lazlo hier matin à 9h04 ?

- Attends, attends, attends... Dans un café à côté du théâtre d'O.

- Bravo, papa.

- Il y a l'écriture de Lazlo et une autre, plus maladroite.

Est-ce que c'est la vôtre ?

- Depuis l'accident, j'écris de la main gauche.

- Ce sont plus que des commentaires, ce sont des directives.

Vous concevez les tours de Lazlo ?

- Seulement celui du coffre. C'est moi qui l'avais imaginé à l'époque.

Lazlo faisait des changements dans son spectacle,

il voulait avoir mon avis.

Je n'ai pas pu m'empêcher de lui annoter quelques conseils.

- Donc vous l'avez revu.

Et plusieurs fois.

- Il voulait conjurer le sort et me laisser inventer de nouveaux tours.

Lazlo, c'était un showman, mais il manquait d'imagination.

Et moi, j'en ai toujours à revendre.

- Vous faites mine de lui pardonner, vous corrigez son tour,

et vous en profitez pour empoisonner son thermos.

- Je l'ai revu pour lui rendre son carnet

et pour lui dire que je ne retravaillerais pas avec lui.

- Et comment il a réagi ? - Il a essayé de me retenir.

Il disait qu'il savait que mon accident n'en était pas un.

Je lui ai crié de me lâcher. Le serveur lui a dit de partir.

- Pourquoi nous l'avoir caché ?

Pour protéger votre fiancé ? Le faux alibi, c'est pour ça ?

- J'ai eu peur que Jeff ait fait une connerie à cause de moi.

Quand il a compris

que j'avais revu Lazlo, on s'est disputés.

Tellement qu'il a découché et qu'il a passé la nuit à l'institut.

- Vous pensez qu'il a pu

le tuer. Est-ce que vous savez où on peut le trouver ?

- Il aide son père à la boutique.

- Vous nous avez menti : vous vous êtes emporté

parce que Louise avait revu Lazlo sans vous en parler.

- Louise voit qui elle veut. - Arrêtez la comédie.

Vous étiez jaloux qu'elle retombe dans les bras de son ex. Pas vrai ?

- Moi ? Jaloux d'un profiteur ?

Il était incapable d'inventer ses tours tout seul !

- Hormis celui du coffre, il a bien inventé les autres, non ?

- Justement, je m'interroge. Ses tours étaient banals, nuls.

- Ne dis pas ça, il avait du talent.

- Tu le défends encore ?!

- On a trouvé dans sa loge un DVD

de votre café-théâtre. Ce qui est noté vous dit quelque chose ?

"1235 ??? QUI".

Non, rien du tout.

- L'inscription

n'était pas là hier.

- Qu'en savez-vous ?

- C'est moi qui lui ai donné le DVD, pour qu'il se rappelle du mal fait

à Louise.

- Ni les menaces ni le DVD

n'ont empêché Lazlo et Louise de se revoir.

- Oui. Et si Jeff l'a appris, ça a pu l'énerver.

On frappe à la porte. - Oui, entrez !

- Commandant.

- Franck ?

- J'ai des informations sur les huiles

essentielles.

- Ah oui, le bois de Shanghai.

- "Santal".

- Qui ? De qui parlez-vous ?

- De personne.

- Franck, il est décidément très difficile de vous comprendre.

Asseyez-vous.

Respirez

profondément...

Et reprenez calmement.

- Le principe actif des huiles essentielles

ne dure que 30 minutes

au contact de la chaleur : Lazlo Kane étant mort à 10h30...

- L'extrait de genévrier a été versé dans le thermos au plus tôt à 10h.

- Voilà.

- Soit après l'arrivée de Lazlo au théâtre à 9h30.

Jeff est hors de cause : il n'est pas sur les images de surveillance.

- Sauf s'il a pu rentrer ni vu ni connu.

- C'est pas faux.

- "Célestin, viens avec moi interroger Jeff Fontaine."

"Célestin, vérifie s'il a pu entrer au théâtre sans être vu."

Comment ils feraient, sans moi, dans cette brigade ?

Allez, Célestin, t'es le meilleur.

Ils sont juste trop pudiques pour te le dire, c'est tout.

Ben oui. Allez, Célestin !

...

Capitaine, vous aviez raison, pour les issues et les caméras.

- OK. Merci, Célestin.

Le coupable est un magicien.

- Tu ne frappes plus ?

- Le thermos a été empoisonné dans le théâtre :

je pense que le coupable

a profité d'un moment d'inattention.

- C'était risqué, mais jouable.

- Sauf que personne n'est entré avant 10h30,

en dehors de l'équipe technique.

- Ce serait donc un technicien.

- Non,

ils ont tous bossé ensemble : on l'aurait vu toucher le thermos.

- Je suis arrivée à la même conclusion.

La seule porte qui n'est pas filmée est celle

qui donne dans la pinède.

Le meurtrier a dû bloquer l'ouverture la veille

pour pouvoir revenir incognito. - Exactement.

C'est pour ça que j'ai envoyé Célestin vérifier.

Et que se passe-t-il si on laisse l'issue de secours ouverte

plus d'une minute ? - L'alarme se déclenche.

- Bingo.

- Alors comment le meurtrier

a-t-il pu rentrer sans être vu ?

- Parce que c'est un magicien.

- Un magicien.

Je te parie

que je le retrouve avant toi.

Allez, le grand Paul Marchal, l'unique, l'aventurier,

le téméraire...

- Ca marche. - Fais vite.

- Ca va pas ?

- Si, tout va bien, merci, capitaine.

- Tu fais quoi ce soir ?

Tchat avec Ondine ?

- Non. Elle m'a appelé "lieutenant", figurez-vous.

- C'est ton grade. - Je ne lui en avais jamais parlé.

Et depuis, no news.

- Arrête ta parano. Tout le monde ne connaît pas les grades.

Moi, un jour, un type m'a appelée "détective", s'il te plaît.

- Elle est de la gendarmerie.

C'est pour ça que j'ai pas de photo.

- Tiens.

- Merci.

- Tu joues au roi du silence ?

- Paul, c'est pas contre toi,

mais... - Mais ?

- Avec le don de moelle

qui approche, je n'ai pas le coeur à reprendre une relation.

- Tiens, regarde ça. - Je sais que t'as rien dit à Léa.

Pour savoir

si elle avait accédé à mon dossier,

j'ai regardé la vidéosurveillance de la gendarmerie.

- OK. Et alors ? - T'étais là toi aussi.

- Je te rappelle que c'est mon lieu de travail.

- Je vous ai vus vous embrasser, Paul.

- Attends : à ce moment-là, toi et moi, on n'était plus ensemble.

On faisait un break.

J'étais perdu,

tu me mentais sans arrêt...

- Paul, je ne t'en veux pas. Je n'ai pas la tête à ça, là.

L'opération approche, je n'arrête pas de penser à mon petit frère,

je n'en dors plus.

- Je sais que c'est difficile. - Y a pas que ça.

J'aurais peut-être réagi différemment, avec une autre...

- Il n'y a rien entre Léa et moi. - Paul, c'est ton ex-femme.

La mère de tes enfants. Je ne veux pas me mettre entre vous.

Je suis désolée.

La porte claque.

- Bonsoir messieurs dames !

Je suis bien chez Alice et Thomas Marchal-Soler ?

J'ai une quatre-saisons

pour le fils à sa maman, et une végé pour la fille

à sa maman.

- Ca te rend comique, le vélo. - Eh oui, ma chérie.

- Et l'entraînement ? - J'ai battu tous mes records.

Thomas, tu t'es lavé ? Une attelle, ça s'enlève.

- Oui, et je suis même sorti marcher.

- Vraiment ? T'es fort.

- On finit le film qu'on a commencé avec papa ?

- Ah oui !

- Il s'est endormi dans le canapé ?

- Oui, et il s'est mis à ronfler.

On en était restés à combien de temps ?

- 1 heure, 13 minutes et 28 secondes.

- Donc "1 1 3

"2 8".

- Répète, Thomas.

- "1 1 3 2 8".

- 1 2 3 5.

- Non, c'était plus.

1 1 3 2 8.

- 1 2 3 5 : évidemment que c'est ça. Qu'on est cons.

- OK...

- 1 2 3 5.

Paul, décroche.

Paul, j'essayais de te joindre !

- J'ai vu ça, 182 fois, alors je suis venu.

- Si je te dis "1 2 3 5", tu me réponds quoi ?

- C'est bien. T'as oublié le 4, mais bon, on s'en sert jamais.

Demain, on fait 6, 7 et 8, d'accord ?

- Hier, les enfants ont voulu regarder la fin du film

que vous aviez commencé à regarder la veille.

"1 2 3 5", les DVD, Lazlo : j'ai tout compris.

- Quoi ?

- Les chiffres inscrits par Lazlo, je sais à quoi ça correspond.

- Ah bon ? A quoi ?

- "1 2 3 5" : 12 35. 12 minutes 35 secondes.

- C'est un time code.

- C'est ça. Viens voir.

Assieds-toi.

- Là ? - Oui, viens.

Tu es prêt ? Je lance.

T'as rien vu ?

- Non. Ils font leur tour de magie. - C'est pas possible.

T'es pas réveillé.

Concentre-toi.

Attention... Là !

- C'est quoi, cette silhouette ?

- Ils n'étaient pas seuls sur scène.

- Quelqu'un a saboté

le tour.

Lazlo avait raison. - Et il en avait la preuve.

- Bien joué !

- Pardon. Merci.

- C'est bien, ça. 12 35...

- Ferme la porte.

- Son visage est caché, mais on voit bien qu'il échange les explosifs.

- Il est balèze : faire ça en plein numéro...

- Le meurtrier est un magicien, je vous le dis depuis le début.

- Magicien, je sais pas, mais saboteur, oui, et sûrement tueur.

Lazlo l'aura identifié.

- Et il l'a tué pour l'empêcher de parler.

- Jeff Fontaine était présent, c'est lui qui a filmé le spectacle.

- Avant d'être thérapeute, il a tenté d'être magicien.

Et ça se voit : Jeff crevait de jalousie envers Lazlo.

- Admettons : c'est lui qui a tué Lazlo.

Comment est-il entré dans le théâtre sans se faire repérer ?

- Ca, je ne sais pas, mais Léa a sa petite idée, je le sens.

- Elle a trouvé avant toi ?

- Mais n'importe... Pas du...

Occupe-toi de Jeff. Salut.

- Salut.

- J'aurais tué Lazlo par jalousie ? - Non, pour protéger votre secret.

- Quel secret ?

- En visionnant le DVD,

il a découvert que vous aviez provoqué l'accident.

- Je rêve. - Si Lazlo

avait montré le DVD à Louise, elle vous aurait quitté sur-le-champ.

- Vous pensez que je lui aurais donné le DVD en étant le coupable ?

- Pourquoi pas ?

Ce serait une bonne manière de vous disculper.

Comme de laisser votre portable

à l'institut pour faire croire que vous y étiez,

au moment du meurtre.

- Et comment

j'aurais tué Lazlo ?

- On va trouver.

...

- Commandant Soler, lieutenant Morel.

Avez-vous le bon de livraison du coffre qui a été livré

à monsieur Lazlo Kane ? Merci.

- On cherche quoi, là ?

- En revoyant les images de l'accident de Louise,

j'ai eu un flash.

Le saboteur était sur scène sans que personne ne l'ait vu.

Je pense que le tueur de Lazlo a utilisé la même méthode.

- On a déjà vérifié.

- Mais on a oublié l'invisible, Célestin.

Euh... Très bien.

On n'a pas vu rentrer le meurtrier dans le théâtre parce que... ?

- Il n'y a pas de meurtrier ?

- Tenez.

- Merci.

Faisons autrement. Amina Touré nous a dit

que Lazlo avait commandé

un nouveau coffre après avoir cassé le sien, d'accord ?

Et ce coffre a été livré... - Le matin du meurtre.

La vache ! J'ai compris : le meurtrier, c'est le livreur.

- Pourquoi un livreur aurait tué Lazlo, Célestin ?

- Vous parliez d'un livreur invisible.

- Non, je vous dis qu'on n'a pas vu le meurtrier

parce qu'il était dans le coffre !

- Oui, ça marche aussi comme ça.

- Oh mon Dieu...

On va aller faire un tour à l'adresse de l'expéditeur.

- Au revoir.

- Merci beaucoup.

...

- Capitaine,

Célestin m'envoie des bons de livraison du théâtre.

Pourquoi ?

- Il est où ?

- A l'atelier où Lazlo faisait fabriquer ses machines.

- Le livreur n'a vu personne, le coffre était là avec un mot.

- C'est le bon ?

- Le coffre a été livré

2h avant l'arrivée de Lazlo.

- Reviens au premier.

- Livré

dix jours avant,

même fournisseur, même adresse.

Mais c'est pas le même poids.

110 kilos pour le 1er, 200 pour le 2e.

- Un coffre différent ?

- La différence, c'est le poids du meurtrier à l'intérieur,

soit 90 kilos.

- Célestin...

On sait que le meurtrier était dans le coffre,

on sait maintenant qui a fabriqué le coffre : il s'agit de...

- La même personne.

- Mais Jeff est maigre comme un clou.

- Je sais qui c'est.

Téléphone. - Pardon.

...

Oui, Paul ?

Je sais qui a tué Lazlo. *-Trop tard. Nous, ça fait

au moins une heure qu'on a trouvé.

Vous ne nous aviez pas dit

que vous travailliez pour Lazlo.

- Il m'avait fait jurer de ne rien dire.

- Bien sûr. On a découvert

que le meurtrier s'était infiltré

dans le théâtre en se cachant dans le coffre.

Le coffre que vous avez fabriqué.

- Vous pesez combien ? - Laissez-moi deviner.

90 kilos ?

- Oui.

- La différence de poids

entre les deux coffres.

- Vous insinuez que j'aurais pu tuer Lazlo ?

Mais je l'aimais comme mon propre fils.

- Qui réalisait votre rêve inachevé en devenant un grand magicien.

- Je l'ai aidé, c'est tout. - Oui, en lui proposant des tours

qui vous rapportaient pas mal d'argent, d'ailleurs.

- Louise a proposé d'en écrire des plus modernes,

vous avez eu peur.

- Ils s'aimaient.

Ils se complétaient.

Tôt ou tard, il allait partir.

- Il fallait

vous débarrasser d'elle.

- Son accident,

c'était toi, papa ?

- Pardon, Louise.

- Comment t'as pu me faire une chose pareille ?

C'est à cause de toi que je suis comme ça !

- Tu as tué Lazlo

parce que t'avais peur qu'il te dénonce ?

- Non, je l'ai tué parce que j'avais peur de te perdre.

Il est venu en hurlant

qu'il allait tout vous raconter,

j'ai...

- Alors vous avez pensé au coffre

comme à un cheval de Troie.

- Une fois dans le théâtre, vous pouviez

empoisonner le thermos.

- Et vous enfuir ni vi ni connu par la pinède.

...

Tu la sens, cette petite odeur de victoire ? Moi, perso, j'adore.

Tu fais la gueule parce que j'ai gagné mon pari ?

- Non, c'est pas ça, Léa.

- C'est les enfants ?

- Non. Je n'ai pas eu le temps de te le dire,

mais il faut que tu saches.

C'est Inès. Elle a vu les images de vidéosurveillance.

- D'accord. Et alors ?

- Celles où on s'embrasse,

toi et moi.

- Oh, mais non...

Pourquoi tu me l'as pas dit plus tôt ?

- Je ne trouvais pas le moment.

- Je comprends mieux son attitude envers moi.

Et qu'est-ce que tu lui as dit ?

- Que c'était juste un baiser

sans importance et...

Non, pas sans importance.

Je...

"Un moment d'égarement" : voilà ce que j'ai dit. Ce sont tes mots.

...

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