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Zulu
...
Travaux.
...
- C'est un taf de galérien !
- Tu croyais que t'avais mérité des vacances ?
- Je fais comment avec ça, moi !
- Fauchet,
arrête de râler !
- Non, j'ai pas envie...
Ils ont fait ça comme des connards !
Ah !!! Oh !
- Oh, putain !
- Allô ? Oui. Y a eu un accident.
...
- FOLLOW ! - Follow !
- FOLLOW ME !
YOU GOTTA
FOLLOW,
FOLLOW ME.
- You gotta move fast,
no rest
before
the music
sleeps !
...
- Je vous rappelle. - Pardon.
- Salut. - Salut.
- Alors, bien dormi ? - Oh !
Pas top-top. - Pareil.
- Isa ! OK, je viens...
- Je te fais le topo :
Hervé Levers, 55 ans,
président de l'association Seconde Chance
et en charge de ce chantier.
Une association de réinsertion. Tous les ouvriers sont des détenus.
- Une sorte de chantier de placement extérieur ?
- Oui. Ils sont tous en fin de peine.
Le soir, ils dorment dans un centre à quelques km d'ici.
Je les ai regroupés
afin de pouvoir les... - Les interroger.
- Très bien. Moi, je vais retrouver Erwan.
Hein ? - OK. Très bien.
- Pardon...
- Et, Léa, à propos d'hier soir...
- Quoi ? - Commandant !
- Oui ? - Venez, c'est par ici.
- On verra... Non, rien...
Ah, putain !
Il soupire.
- Bonjour, Lieutenant. - Bonjour, Commandant.
- Des témoins de sa chute ? - 2 détenus
et la surveillante,
qui travaillaient
juste ici.
- D'accord.
Et ils ont entendu quelque chose ? - Non, je crois pas.
Pourquoi ?
- Ben,
c'est rare de tomber en silence : on crie, par réflexe,
à moins d'être inconscient
ou déjà mort. - C'est donc pas un accident.
- Et cette contusion n'a pas été
provoquée par la chute.
Cet homme a donc été frappé
avant de tomber. - OK.
Son téléphone s'est cassé
pendant la chute.
- Prévenez les TIC. On ouvre une enquête pour homicide.
- Un détenu manque à l'appel.
Christian Dumas.
- Vous l'avez vu quand pour la dernière fois ?
- Y a 1h30.
Voici sa photo.
- Vous venez seulement
de vous en apercevoir ? - Ils pointent toutes les 2 heures,
mais les détenus sont autonomes. - Y avait un problème
entre Dumas et la victime ? - Non, ils s'entendaient même
plutôt bien. - Hervé était un mec bien.
Ils nous a donné une chance.
Aucun de nous avait de raison de s'embrouiller
avec lui. - Non.
- Vous en pensez quoi, vous ?
Oui, vous. - Rien.
J'ai rien à dire là-dessus.
- Je sens au contraire
que vous avez des choses à raconter.
- Hier, Dumas et Levers se sont engueulés
sérieusement.
Dumas a crié : "Tu vas crever, Levers !"
- On a du nouveau ? - Euh... Ouais, un détenu,
Dumas, en fuite.
- L'alerte est donnée ? - Une équipe arrive pour la battue.
- Tu l'attends ?
- Qui ?
- L'équipe, pour la battue.
- Bien sûr. Rapport à la procédure, pas le choix.
- Oui. T'as raison. - Merci.
- De rien.
- Léa, par rapport
à hier soir, pardon, je sais pas ce qui m'a pris.
- T'as pas à t'excuser, Paul. C'était... Un moment d'égarement.
- Vos débuts dans l'association ?
- Hervé m'a embauché y a 5 ans, à ma sortie de taule.
Je gère l'administratif.
- Pourquoi il a monté cette asso ? - Par idéalisme.
Il donnait des cours en prison. Puis, à la mort de sa femme,
il a monté Seconde Chance, pour se sentir plus utile.
- Et... Levers,
il avait refait sa vie ?
- Comment ?
- Il avait refait sa vie ? - Non.
C'était un solitaire.
Aucun ami proche. SMS.
Il n'y a qu'ici
qui comptait pour lui.
- Et il avait des problèmes avec des détenus ?
Avec Christian Dumas, par exemple ?
- Non. Au contraire.
Aucun de ces gars en fin de peine va prendre de risques.
Par contre... C'est plus chaud
avec les villageois. - C'est-à-dire ?
- Ils veulent pas de nous chez eux.
Quand on parle de prisonniers, les braves gens s'inquiètent.
Alors que tous ceux qui sont ici sont juste
des braves mecs qui ont déconné, mais qui veulent se réinsérer.
- Bien. Les équipes seront là dans 10 minutes.
- Super.
Dumas a pas pris la route : trop facile de se faire repérer.
En revanche, ce passage... - Allons-y, alors.
- Non, non ! Et la procédure ? - La procédure ?
Vous allez bien,
Capitaine ? - Ouais.
- Je vous ai jamais vu
rater une occasion de désobéir au commandant.
- Mais non !
N'importe quoi ! - Alors, on y va ?
Le duo, "L'Arme fatale"... - Non, Erwan !
Pas de duo aujourd'hui. - OK, j'y vais en solo.
Aucun regret ? - Si t'insistes, je viens.
Tu t'en sortiras pas sans mes talents de scout.
Tu vas me causer des ennuis.
- Je viens d'apprendre.
Anthony Fourcail, adjoint au maire.
- Lt Zaïdi. - J'avais rendez-vous avec Hervé
ce matin.
Le chantier était presque terminé.
- Faut m'expliquer parce que, moi, je vois des ruines.
- Non. Le château va servir de décor
à un son et lumière.
Les travaux, c'était
pour consolider l'ensemble. - Vous connaissiez bien la victime ?
- Euh... Depuis le début
des travaux.
Je gère la rénovation.
- Qui déplaisait à certains administrés,
paraît-il. - Pff !
Peut-être à quelques-uns...
- Vous avez quand même continué.
- Je défends ce projet depuis le début. Ce spectacle
fera venir du touriste.
- Et nos prix sont imbattables. - Pourquoi un habitant
aurait craqué
alors que tout ce beau petit monde allait partir ?
- Non, l'association est mandatée pour un autre chantier.
- C'est une excellente raison d'énerver vos administrés.
- On a 2 pistes :
le détenu Dumas en fuite et les villageois mécontents.
Les cartons de la perquise ?
- Je prépare le PV, Capitaine.
- Le portable de la victime...
Envoyez ça au labo
pour analyse. - OK.
- Christian Dumas, le fugitif, qu'en sait-on ?
- Médecin, 2 ans ferme pour abus de faiblesse.
- Des proches ?
Des planques possibles ? - Sa famille
a coupé tous les ponts.
- Et ses codétenus ?
- Sa détention s'est mal passée.
Brimades, coups... Il a tenté de se suicider.
- Donc Seconde Chance
lui permettait d'échapper à tout ça
et d'obtenir sa liberté conditionnelle.
Il a dû
lui falloir une sacrée raison pour se disputer
avec Levers. - J'ai connu
le juge d'application des peines quand il était jeune,
très professionnel... - Qu'a-t-il dit, papa ?
- La victime avait envoyé un rapport défavorable sur Dumas :
2 absences injustifiées. SMS.
Mm.
- Les surveillants l'ont pas vu ?
- Le chantier est immense.
Et les détenus ne pointent que toutes les 2 heures.
- Et pourquoi Levers a attendu la 2e absence
pour le signaler ? - J'en sais rien, moi !
A priori, ils s'entendaient bien.
Levers a dû passer l'éponge sur la 1re absence, pas sur la 2e.
- Oui.
Et c'était retour à la case prison. - La mort assurée pour Dumas.
Il aurait fait n'importe quoi pour pas y retourner.
- Dites donc, Capitaine, je vous ai jamais vu aussi prudent.
Vous avez un truc
à vous faire pardonner par le commandant ?
- La procédure, c'est la base.
- Vous commencez à m'inquiéter,
parce que... - Chut, chut !
Chut !
Craquements.
...
Coucou.
...
Gendarmerie, stop !
Alors, on voulait aller où ?
- J'avais aucune raison de tuer Hervé.
- Et votre réaction en apprenant que vous retourniez en prison ?
- De quoi vous parlez ? - De vos excursions
en dehors du chantier, M. Dumas.
- J'ai jamais été absent, moi !
- La victime
a fait un rapport.
- J'ignore pourquoi !
- OK. Alors pourquoi vous être enfui, ce matin ?
...
- Je crois que j'ai quelque chose, là.
Regardez.
(Regardez.)
- Une ordonnance
pour de l'oxycodone.
- Un antidouleur. - Si fort qu'il est classé
parmi les stupéfiants.
Il devait sacrément planer, vu la dose.
La victime était un camé
aux médocs.
- Regardez qui a signé.
- Dumas. Et c'est daté d'avant-hier.
- Dumas était le dealer
de Levers. - Mais s'ils étaient de mèche,
pourquoi Levers a signé un avis
défavorable ?
- Exercice illégal de la médecine
pendant votre détention. Vous m'expliquez ?
- Levers m'a supplié de lui donner des calmants.
- Il vous laissait son ordinateur pour faire les ordonnances ?
- Il souffrait de fibromyalgie, avec de terribles douleurs.
Seul l'oxycodone le soulageait.
- Il pouvait demander à son médecin.
- On le prescrit que 28 jours max, pour éviter la dépendance.
- Comment évitiez-vous de vous faire prendre ?
- Levers changeait à chaque fois de pharmacie.
Je lui avais indiqué des pharmaciens peu regardants.
Il disait avoir oublié
sa carte Vitale, il payait, et la Sécu ne recevait rien.
- Et pourquoi avoir menacé de le tuer ?
- Quoi ?
- Vous avez dit : "Tu vas crever, Levers !"
- Non, non. C'était une mise en garde
à cause de sa consommation, pas une menace !
- C'est pour ça que vous vous êtes enfui ?
- Oui, j'ai cru qu'il avait chuté à cause des médicaments.
Comme j'avais fait la prescription,
j'ai paniqué.
- Il était bien gavé d'oxycodone.
Mais ce n'est pas tout.
- Vous n'êtes pas du genre à appeler que pour le plaisir.
- Euh... Si.
C'est ce coup à la tête
qui l'a tué.
La mort a été instantanée.
- Le meurtrier le frappe, le tue,
et la victime bascule ? - C'est ça.
- C'est tout ? - J'ai relevé ça
sur le bras. - Des traces de garrot ?
Il s'injectait l'oxycodone ? - Non.
Aucune trace d'aiguille. Mais je vais
continuer à chercher.
- Très bien.
- Je vous appelle.
- A... plus tard.
- Dumas ignorait encore que Levers voulait le renvoyer en prison.
- Levers avait pu le lui dire.
- Mais pourquoi il aurait fait ça ?
Il avait besoin de lui pour ses doses d'oxy.
Je le vois pas tuer, en plus. C'est pas un violent.
Et il est médecin. - Et les médecins, ça tue pas !
- J'ai une autre piste.
Le conflit avec les villageois,
c'était chaud.
Levers a même porté plainte contre X
après une bagarre.
Jocelyne Dubosc, patronne du bar, a lancé une pétition
contre les prisonniers.
- Levers ayant décroché un nouveau chantier pas très loin,
ça a pu l'énerver.
- Je vais l'interroger ? - Ben oui.
- Vous l'accompagnez ? - Oui.
- Moi, je vais...
- Interroger la patronne
et je m'occupe des clients ? - Voilà.
- Des détenus en réinsertion, d'accord,
mais pas à côté de chez moi. - Mais où, alors ?
- Peu importe, mais pas là. Ces racailles
amènent que des problèmes. - OK.
Et avec Hervé Levers, à l'origine du projet,
ça allait comment ?
- Ben, plutôt bien.
Tiens, Josette. Il venait boire son café le matin.
Sans être d'accord,
on s'appréciait vraiment.
- Donc vous ne lui en vouliez pas
d'avoir obtenu un 2e chantier ?
- C'était pas lui le responsable,
mais cette raclure de Fourcail.
- L'adjoint au maire ?
- Oui. Au début, il était opposé à l'association.
- Pourquoi ? - Il a une boîte de BTP.
Le chantier aurait dû lui revenir, mais Levers était moins cher.
- OK... Donc Fourcail l'aurait mal pris ?
- Oui.
Mais il a retourné sa veste
y a 2 mois.
- On en est où, Capitaine ?
- J'étudie l'association Seconde Chance.
Elle avait de très beaux
résultats.
Seulement 15% de récidive, au lieu de 63%.
- La réhabilitation par le travail est la solution.
- Une punition constructive est plus utile qu'une simple
répression.
- Et les comptes ?
- Oui, j'y arrivais... - Houlà !
- Oui, l'asso
est pas si bien que ça.
Les comptes sont à sec. Pourquoi l'adjoint a dit
que tout allait
très bien ? - Il vous a menti.
Je me demande comment
ils ont pu achever le chantier.
Réinterrogez Terreneuve.
- Bouh !
Bon...
D'après un habitué,
le chantier avait pris du retard.
- Pour quelle raison ?
- Vol important
de matériel.
- Levers a pas porté plainte ? - Il a dû vouloir
régler le problème seul
au cas où le voleur soit un détenu. - Et ça aurait
mal fini.
- Je pense pas, car les vols se sont soudain arrêtés y a 2 mois.
- 2 mois ? Oh, quelle drôle de coïncidence !
- Merci pour la porte. - Convoquons l'adjoint au maire.
- Terreneuve nous a rien dit
sur les problèmes de trésorerie.
- Ni pour les vols sur le chantier. - A propos,
combien de coeurs t'as cambriolés depuis que t'es sur ton appli ?
- Sacrée transition ! - Pas terrible, non... Alors ?
- Compte tenu de votre proximité et de votre regard,
je vais vous répondre :
il y a une fille avec qui je discute un peu.
Mais rien de foufou, on papote juste.
- Mais la papote mène à la capote !
- Une autre expression de Picardie ? - Ben... Oui.
- Quelle belle région !
- M. Terreneuve, si on vous dérange, dites-le.
- Excusez-moi.
- Bon, alors, ces vols ?
- Ben, on n'avait pas de suspect.
Levers voulait rester discret.
Et ensuite, ça s'est arrêté.
- Et pour la trésorerie ?
- Tout devait se régulariser
avec la subvention du prochain chantier.
J'avais juste
à être patient. - "Patient" ?
Dites donc, vous êtes sympa, vous !
En attendant, comment faisiez-vous pour survivre, sans salaire ?
- Ben, je... Je me débrouillais. Je vis avec pas grand-chose.
- Les commandes de matériaux ont triplé en 2 mois.
- Ouais, après les vols,
Levers a dû racheter du matériel.
C'est lui qui s'occupait des finances.
- Vous avez dit à notre collègue que c'est vous qui gériez
l'administratif. - Commande
de baies vitrées, rampe d'escalier moderne, néons...
- Ah ! En fait,
vous restaurez une ruine high-tech !
- De quoi vous parlez ?
- Vous foutez pas de nous ! Sur ce bon de commande,
y a votre signature.
Et celle d'Anthony Fourcail. - Donc M. Fourcail
commandait, et vous réceptionniez ?
- Oui, c'est... C'est la mairie qui commande directement
les matériaux. Le client, quoi. Nous,
on est juste prestataires.
- Allô, Commandant ?
Oui, on a du nouveau.
- Votre rôle était de commander des matériaux
financés par la mairie ? - Oui.
Où est le problème ?
- Des commandes ne correspondent pas
au chantier du château.
- Une erreur !
- Elles pourraient correspondre à un autre chantier,
réalisé par une autre boîte de BTP,
la vôtre. Coïncidence marrante ! Ne supportant pas de perdre
le chantier du château,
vous vous êtes vengé en sabotant le chantier.
Ne m'interrompez pas !
Au lieu de vous dénoncer, l'adjoint de Levers
a décidé de vous proposer un deal.
En échange
des matériaux, vous lui donniez du cash.
Sauf que Levers s'en est rendu compte,
et alors, là...
- Et je l'aurais tué pour ça ?
- Oui.
S'il vous dénonçait vous perdiez tout :
votre boîte et votre poste.
Ca fait deux bons mobiles, un seul suffirait.
- Mais non !
- J'ai accepté le marché de Richard mais je suis pas un tueur !
- C'était le seul moyen
de finir ce chantier à temps.
C'était important, pour obtenir le chantier suivant,
la seule façon d'aider les gars à se réinsérer.
Hervé les aurait jamais laissés tomber.
- Il était au courant de vos magouilles ?
- C'était son idée.
- Terreneuve et Fourcail ont pu faire le coup à deux
et tout mettre sur le dos de la victime.
- Je pense pas.
Sans leur arnaque,
Levers aurait dû arrêter l'association.
Cherchons ailleurs, donc.
- Paul...
Je suis désolée qu'on en soit arrivés là.
- Moi aussi.
J'espère qu'on pourra continuer à bosser
ensemble.
- Donc, pour toi, là, c'est fini-fini ?
- Eh ben, je sais pas...
Tu me dis rien.
Ni sur ta nuit à l'hôtel,
ni sur tout le reste... - Le reste ?
- La Guyane, par exemple.
Que s'est-il passé pour que t'arrives ici
précipitamment ? Je dois m'adapter
sans poser de questions ?
- J'ai pas envie d'en parler.
- Eh oui... Ben, il est là, le problème, en fait.
Si, moi, j'ai envie d'en parler, ça compte pas ?
Y a pas de confiance, en fait.
Et moi, sans confiance,
je vois pas ce qu'on peut construire.
Une porte s'ouvre.
- Alice ?
T'es bien matinale, ma chérie. C'est grave ?
- Non, tout va bien.
- D'accord. Donc c'est grave ?
Que se passe-t-il ?
T'as pleuré ? Oh non !
Viens me raconter tout ça.
Pose-toi...
Qu'est-ce qui se passe ?
- On s'est disputés, avec Julien. - C'est votre lot quotidien, non ?
- Hier soir, on avait l'anniversaire d'un pote.
J'ai zappé, j'ai bossé au cabinet jusqu'à pas d'heure.
Julien, lui, y est allé. Il s'est mis la tête à l'envers.
Et il a embrassé Sophie.
- Mais non !
Sophie... Sophie ?
- Oui, Sophie.
Ma meilleure amie.
Je suis...
Je suis perdue, maman. Je suis paumée.
- Ben, ça peut se comprendre.
- Et en même temps, je me dis que s'il m'en a parlé,
c'est qu'il s'en veut.
- C'est un peu la moindre des choses,
tu crois pas ?
- Peut-être.
- Tu sais...
Un moment d'égarement, ça peut arriver à n'importe qui.
Il suffit que tu te sentes
un peu seul, un peu perdu...
- Donc, toi,
tu lui en veux pas ?
- J'ai aucune raison de lui en vouloir.
Je supporte pas qu'on fasse du mal à ma fille,
mais c'est votre histoire, pas la mienne.
Alice... Tu l'aimes ou tu ne l'aimes plus.
- Je l'aime.
- Alors il faut lui laisser une seconde chance.
- Et puis...
Un baiser d'un soir, c'est...
C'est rien.
- Alors, ça chope ?
- Pardon ?
- Je suis aussi sur cette appli. Ca a changé ma vie.
- Ah oui ?
- Fini Célestin le Galérien.
Aujourd'hui, c'est Célestin le Roi du câlin.
- Intéressant...
- Bon, tu... Tu m'expliques ? - J'échange
avec cette fille, Ondine,
mais j'ai toujours pas pu la rencontrer.
- Mais comment tu dînes avec si tu la rencontres pas ?
- Non, c'est son prénom, Ondine.
- Et elle t'a envoyé une photo ?
- Elle refuse.
- Alors, là,
tous les experts en drague sont catégoriques :
c'est un plan foireux.
Il rit. Pas de photo !
- Je m'y remets...
- Pas de photo !
...
Je...
...
Sirène.
- Ah, Léa !
Léa, Léa, Léa ! - Merci, Sandra.
- Fourcail et Terreneuve ont un alibi,
ils étaient à 20 km au moment du meurtre.
- Des preuves ? - Oui.
Les bandes vidéo du magasin de matériel
où ils étaient. - Super...
- Qu'y a-t-il ?
- Non, rien. - Dis-moi.
- C'est juste que Julien a embrassé Sophie à une soirée.
- Julien, Sophie, je...
- Si, Julien, tu sais, le mec d'Alice, ta fille.
Et Sophie, sa meilleure amie.
- Je vais lui péter la gueule ! Pourquoi il a fait ça ?
- Peut-être un moment d'égarement. La peur de perdre
l'autre...
Alice travaille beaucoup, il se sent délaissé,
ça arrive à des gens bien. - L'autre soir...
- Non, je ne parle pas de ça.
Ce qui s'est passé l'autre soir, c'est...
D'ailleurs, pourquoi ça s'est passé,
là, maintenant ?
C'est vrai.
Chacun est bien dans sa vie. C'est comme
si on avait toujours besoin de se faire du mal.
Faut qu'on arrête. Qu'on arrête.
Pour toi. Pour Inès. Téléphone.
Pour moi. Excuse-moi...
C'est le labo.
Commandant Soler, j'écoute.
Oui...
Très bien.
Un message retrouvé sur la boîte vocale de Levers.
Une femme. *-On avait un accord.
*Ce connard devait pas
*s'en sortir ! Je vais te défoncer. - C'est la voix
de Jocelyne Dubosc. - D'accord.
- Je... - Ben oui !
Tu me tiens au courant ? - Bien sûr.
Il frappe.
- Entrez ! - Commandant,
mes recherches sur Jocelyne Dubosc.
- Elle a perdu
sa fille, renversée par un chauffard alcoolisé.
L'horreur !
- Et le chauffard est...
- Cédric Fauchet.
- Le détenu qu'elle a agressé.
- Donc elle agresse d'abord le meurtrier de sa fille,
puis elle s'en prend à Levers
à cause du rapport favorable qui l'aurait libéré.
D'accord.
Merci, Célestin.
- Pardon ?
Oh, pardon. Erwan.
- Je la reverrai jamais
alors que cet assassin va sortir de prison.
- Comment vous l'avez su ? Fauchet lui-même l'ignorait.
Le juge m'a appelée pour prévenir qu'il allait être libéré.
*On avait un accord. Ce connard
*devait pas sortir. Je vais te défoncer !
- C'est votre message à Levers. De quel accord vous parliez ?
- Levers buvait son café au bar chaque matin.
Il me parlait de sa femme,
et moi, de ma fille.
- Et ?
- Il savait que Fauchet avait tué Isabelle.
Je lui avais dit.
- Pourquoi il avait promis qu'il serait pas libéré ?
- Pour Hervé,
cette forte tête méritait pas sa remise de peine.
- Donc il avait prévu de le renvoyer en prison ?
- C'est ce qu'il m'a dit.
Ca aurait pas fait revenir ma fille,
mais c'était mieux que rien.
- Et quand le juge vous a appelée,
vous avez su que Levers avait menti.
- J'ai pété les plombs.
- Vous vous êtes énervée.
- C'est là que j'ai appris qu'il était mort !
- Jocelyne Dubosc nie en bloc,
mais elle a pas d'alibi. Un café ? - Non merci. Et ?
Allez ! Suis ton instinct.
- Elle a un bon mobile,
mais y a quelque chose qui me gêne.
Si un des détenus l'avait vue sur place,
il ne se serait pas gêné
pour la dénoncer.
- Que prévois-tu ? - Une reconstitution du meurtre,
pour vérifier si quelqu'un
a pu entrer
sur le chantier... - Excellente idée !
Excellent !
Je l'organise, je m'occupe de tout.
Je préviens les équipes.
Allez, on part dans 5 minutes !
- Bien, messieurs.
Reprenez vos places d'hier.
M. Lomou et M. Abili, sur l'échafaudage
à ma droite, je vous prie.
Messieurs
Fauchet et Martel à ma gauche.
Ferré et Dumas, vous étiez à l'intérieur, je crois.
Enfin, M. Iskander et M. Pont,
à l'angle des ruines.
- Erwan, vous jouez le rôle
de l'élément extérieur qui est entré
sur le chantier sans se faire voir,
comme... - Quelqu'un qui veut pas
se faire repérer.
OK. - Voilà.
- Ca va ?
- Oui. C'est rien, ça m'arrive de temps en temps.
- Enceinte de combien ?
- 4 mois. Ca se voit tant que ça ? - Non, non.
J'ai 2 enfants.
Félicitations. - Merci.
- Commandant !
Vous êtes avec nous ?
Merci.
On va pouvoir commencer.
- Ne prenez pas cet air abattu
dès que c'est pas la commandante qui vient vous voir !
- Quoi ? Mais pas du tout !
J'ai autant de plaisir à vous voir.
- Ah bon ?
Ben, dites-m'en plus, alors...
- Si, parce que vous êtes comme... Vous êtes...
Sémillante.
Pétulante.
- Vous savez vraiment parler aux femmes.
C'est carrément un don.
- Merci. Je sais d'où venaient
les traces sur le bras de la victime.
Vous verrez mieux ici.
- Des zigouigouis informes bleus
et marron. - Des fibres textiles différentes.
Levers a été pendu par le bras
à l'aide d'une corde en nylon bleu
par-dessus sa chemise, et ce, après sa mort.
- Pff ! On n'est pas plus avancés.
- Alors ?
- Impossible de venir sans être vu.
Ca innocente J. Dubosc, sauf si elle a un complice.
- Impossible.
Les détenus se voyaient tous les uns les autres.
- J'ai bien fait
d'organiser ça.
Téléphone. - Commandant Soler, j'écoute.
Oui, Capitaine.
Du nylon bleu ?
- Regarde, là, là ! Les cordes. C'est du nylon bleu.
Y en a plein.
- Oui. Oui, bien sûr.
D'accord.
Merci.
Alors, d'après Franck,
le bras de la victime aurait été attaché
par une corde de ce type,
mais après sa mort, et avant de tomber de là-haut.
- Bon. Je prends en charge le bas,
et vous le haut. - Colonel...
- C'est un ordre.
- Il a le vertige.
- Moi aussi. - Mais vous n'êtes pas colonel.
J'ai du mal à comprendre l'idée
d'attacher le bras de la victime après sa mort.
- Le noeud de l'évadé.
- Pardon ?
- Le noeud de l'évadé ! Passez-moi
cette corde. - Bien sûr.
- Merci.
- Je peux prendre votre bras ?
Je vais vous montrer.
Vais-je m'en souvenir ?
C'est comme ça,
et je repasse par là...
Le meurtrier a attaché le bras de Levers avec cette corde
puis a placé le corps juste au bord,
en attendant que quelqu'un tire sur la corde.
Le noeud de l'évadé.
- Le coupable savait qu'on tirerait sur la corde ?
- Oui, ce qui déferait le noeud
en entraînant le corps.
- Mais alors,
ça veut dire que Levers a pu être tué
avant l'arrivée des détenus ?
- Et donc le meurtrier pouvait ne plus être ici.
- Il s'est en tout cas créé un super alibi.
- Le seul noeud que je sais faire, c'est celui de mes lacets.
- Levers et vous, c'était tendu, sur le chantier.
Vous avez des problèmes avec l'autorité.
- Disons que j'ai mis du temps
à comprendre le respect, les horaires...
- Il vous avait d'abord refusé la libération anticipée.
- Faut croire qu'il avait fini par changer d'avis, non ?
- Ouais, faut croire, ouais...
Alors, comment vous l'expliquez, ça ?
- Comprenant que c'était dans mon intérêt,
je suis devenu un détenu modèle. Levers l'a vu.
- Vraiment ?
- Dans 8 jours, je me barre au soleil avec ma meuf.
Faudrait être con pour buter le mec qui me file les clés du paradis.
- On est d'accord
que c'est pas Fauchet ? - Mm.
- Quoi ? - Pourquoi la victime
a brusquement changé d'avis,
rompant la promesse faite à J. Dubosc ?
- Je pense qu'il faut étudier attentivement
tous les rapports que Levers a faits sur Fauchet.
- J'envoie Erwan s'en occuper. - Paul...
- Oui ?
- On peut se parler, ce soir ?
- Euh...
- J'ai quelque chose d'important
à te dire. - OK.
- 19 heures ? Chez moi ?
- OK, parfait.
Merci.
- Fauchet avait du mal
à suivre un ordre sans discuter.
- Ca ne prédestine pas au meurtre.
- Seul le dernier rapport est impeccable : "Consciencieux
"et impliqué." Levers semble parler d'un autre.
- T'arrives à lire, là ?
- Non, c'est trop petit. - Oh là là, c'est la fin !
Alors...
Regarde.
Les rapports de Christian Dumas
et Cédric Fauchet
ont tous les deux été imprimés
le 14, à 16h46.
Alors que ceux des autres détenus,
la veille.
- Ca veut dire quoi ? - Levers les a imprimés
après les autres.
- Il les aurait modifiés ?
- T'as le CD de son agenda ?
- Oui.
- Merci.
- Il peut pas les avoir imprimés à cette date :
il était en rendez-vous à l'extérieur
tout le 14.
- Quelqu'un d'autre a donc trafiqué les rapports de Fauchet et Dumas.
- Mm.
Vérifie s'il a bien été
à ces rendez-vous. - OK.
- La seule façon
de transformer l'avis défavorable en favorable était...
- D'intervertir
avec un des 7 favorables.
- Celui de Dumas. - Voilà.
Levers l'a compris quand Jocelyne Dubosc a appelé.
- Il a pu confronter le responsable,
et ce dernier l'a tué.
- Mm.
Qui avait accès à l'ordinateur de Levers ?
- R. Terreneuve, qui a un alibi, et les surveillants.
Ce jour-là, Sandra Marinot.
- Sandra Marinot était
surveillante à la prison.
Quand Fauchet est parti à Seconde Chance, elle a suivi.
- Une liaison entre une surveillante et un détenu ?
- Illégale. - Et elle est enceinte.
- Et c'est pas tout. Sandra Marinot est fan d'escalade.
On trouve ça sur les réseaux.
Elle doit connaître le noeud de l'évadé.
- Bien. On interpelle Sandra Marinot ?
- Avec plaisir.
- Le secret d'un bon interrogatoire,
c'est la psychologie, Sabine. - "Capitaine" !
- Capitaine Sabine.
Je lis dans l'esprit des femmes. - Ah ?
- Je sais ce qu'elle pensent selon leurs gestes,
leur comportement...
- Là, par exemple, je pense à quoi ? - Non, là, je suis pas prêt.
- C'est bien ce qu'il me semblait.
- Gendarmerie nationale. Nous cherchons
Sandra Marinot.
- Elle finit des examens de contrôle.
- Mme Marinot, vous êtes en état d'arrestation
pour le meurtre d'Hervé Levers.
- On est tombés
amoureux,
contre toute attente.
Une belle histoire, secrète,
inespérée.
- Qu'un rapport défavorable est venu mettre à mal.
- Cédric avait fait tout son possible,
mais c'était insuffisant pour Hervé.
En plus, Cédric avait quitté 2 fois le chantier en douce.
- Pour vous accompagner à l'hôpital. - On pouvait pas lui dire.
Je suis surveillante pénitentiaire.
Vous savez ce que ça coûte, une liaison avec un détenu ?
- Six mois de prison ferme.
Donc vous avez paniqué,
et vous avez interverti les deux rapports ?
- Je pensais que, le temps que quelqu'un comprenne,
on serait déjà loin,
au soleil.
- Mais M. Levers s'est rendu compte de la supercherie.
- Oui.
Il m'a dit que Cédric retournerait en prison
et que j'allais avoir de gros problèmes.
Pour lui, c'était inadmissible,
bébé ou pas bébé.
J'avais enfreint la règle.
La sacro-sainte règle :
pas de rapports intimes avec un prisonnier.
Notre enfant pouvait pas naître en prison.
Alors j'ai pris une pierre...
- Et c'est après que avez avez eu l'idée du noeud de l'évadé,
pour vous créer un alibi en béton, à Cédric et vous ?
- Oui.
- Ah ! Léa, Léa !
Je peux te parler 2 minutes ? - Evidemment.
- Bon, OK...
Voilà, je voulais dire
que t'as eu raison de mettre les choses au clair,
ce matin. Je vais faire pareil de mon côté.
J'en ai marre de perdre du temps
dans cette relation qui mène nulle part.
- Euh...
Tu sais, Paul,
quoi qu'il se passe entre Inès et toi,
ça change rien pour nous.
- Euh, oui, je suis d'accord. Oui.
Mais j'arrête pas de penser à ça, en fait.
Je me demande
pourquoi j'ai eu autant besoin de t'embrasser.
Pourquoi maintenant ?
Non, mais je... Je vis trop
dans le passé, je sais.
J'ai trop envie de retrouver ce qu'on a vécu, tous les deux.
C'est bête, je sais, ça marche pas comme ça.
Je vais vivre au... Au présent.
Je vais mettre de l'ordre dans ma vie.
- Ca va aller, Paul. Ca va aller.
- Ouais.
...
A la tienne.
Bon, euh...
Deux adultes responsables qui ne sont plus ensemble,
ou qui l'ont jamais réellement été.
Si ?
- Si tu le dis.
Il soupire.
- Concernant ta mutation de Guyane,
si tu veux m'en parler, je suis là.
En tant qu'ami.
- Moi, j'ai pas envie d'être que ton amie.
Tu m'en veux
d'être distante, mais...
Moi, ça fait longtemps que je suis seule.
Je pensais que ne pas m'attacher,
ça me rendrait plus forte.
- Pourquoi dire ça que maintenant ? J'ai toujours été là.
- Je me suis rendu compte que...
Que j'étais...
Amoureuse.
De toi.
Et voilà.
C'est peut-être trop tard,
mais je te dois la vérité.
- Sur quoi ?
- Sur mon retour précipité de Guyane.
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