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Zulu
...
- CROSS MED, 141 vous appelle.
*-Oui, 141 ?
- 141, retour à quai.
*-Reçu.
...
- Alors, prête à intégrer la SNSM ?
- Hâte de pouvoir sauver des gens. - Je sais ce que c'est.
J'ai été stagiaire, moi aussi. Mais ça viendra vite.
Qu'est-ce que...
Patrick !
"Follow Me", Arno Alyvan feat. GWTG.
...
- J'adore ce petit coeur, il est trop mignon.
- Tu le veux ?
- Je peux le prendre ? - Je te le donne.
Aïe !
- Là, si tu te faisais tatouer "Inès", ce serait génial.
Vraiment. - Euh...
- Fais pas ça.
T'allais le faire, je te connais, Paul.
Je file sous la douche avant de reprendre le travail.
- OK.
Sonnerie de portable. - Inès, ton p...
Ah bon ? Putain, waouh...
Sérieux ?
Bon, ni vu ni connu.
- Paul ?
Tu me rejoins ?
- Oui, carrément. Portable.
Ben non, une autre fois. C'est le boulot, j'y vais !
- Tant pis. - A plus.
- A plus.
- Bonjour. - Bonjour.
- Bonjour, lieutenant.
- Bonjour, commandant.
- Je vous écoute.
- Patrick Catala, 46 ans,
président de la station SNSM de Port-Camargue.
- Un sauveteur confirmé qui se noie dans un port,
c'est improbable.
- Le corps a été découvert
par une sauveteuse, Nina Delmas, et une stagiaire, Morgane Saroyan.
- Mort il y a plusieurs heures.
Vous avez vu l'hématome ?
Comme s'il avait été frappé.
Pour moi, c'est un homicide.
Autre chose ? - Rien pour l'instant.
- S'il vous plaît.
Où a-t-on trouvé le corps ? - Ici.
- Je vais chez le proc'.
- Léa ! Léa !
Le portable du chef de station. - Non, le président.
On dit "président de station". - Ah ?
- Eh oui. - D'accord.
- T'es en pleine forme, toi. - Oui, nickel.
- Et donc ?
- On l'a repêché près de la victime.
Enfin, du président.
- Et il raconte quoi ? - On sait pas encore.
Il faut le code ou son empreinte.
- Raté, il vient de partir. - Merde.
Eric, tu peux amener ça à la gendarmerie ?
- OK. - C'est urgent, merci.
Dis donc, pas...
Léa, attends.
Patrick Catala, la victime,
enfin, le président, pas le... - Paul, on a compris.
T'es trop chiant quand tu es
de bonne humeur.
- Il était le compagnon de Sonia Lebrun.
Elle vend des bateaux là-bas.
- Elle a été prévenue ? - Oui, elle est en mer.
Elle va venir à la gendarmerie.
- Je fonce chez le proc',
tu gères la suite ? - Ca marche, à plus.
- Bonjour. - Bonjour, vous êtes... ?
- Nina Delmas. - Lt Zaïdi.
Je viens vous interroger sur la mort de M. Catala.
- Je vois pas qui aurait pu en vouloir à Patrick.
Il sauvait des vies.
- Reprenons.
Depuis quand il travaillait à la SNSM ?
- Une quinzaine d'années.
Il était président depuis 5 ans.
- C'est son bureau ? Et là, vos vestiaires, j'imagine ?
- Oui.
- Vous pouvez me montrer celui de M. Catala ?
- Bien sûr. - Merci.
- C'est celui-là.
- Aucune affaire personnelle.
- Il les laissait dans son bateau. - Ah bon ?
- Il amarrait pas loin de la station.
Il y dormait
pour pouvoir être opérationnel plus vite.
La station, c'était tout
pour Patrick. - Merci.
Vous m'embarquez tout, s'il vous plaît.
Paul, tu es encore
sur les quais ?
- OK, je m'en occupe. Tu me rejoins ?
OK.
Il sifflote.
Eh ben...
OK, je dois trouver un bateau au milieu de ça.
Fastoche.
Oh, bonjour. Capitaine Marchal, gendarmerie nationale.
Vous savez où se trouve le bateau de Patrick Catala ?
- Il est un peu plus loin.
Je vous emmène, si vous voulez. - Avec plaisir.
Vous vous appelez comment ?
- Morgane. Morgane Saroyan.
- Donc, c'est vous qui avez découvert le corps.
- Oui, avec Nina.
- Vous le connaissiez bien ?
- C'est lui qui m'a accueillie quand je suis arrivée il y a 3 semaines.
- D'accord.
- Il formait les stagiaires. - Je comprends.
- C'est celui-là.
- Le premier ?
- Je vous laisse, j'y retourne. - Oui, merci.
Au revoir.
- Catala est toujours là, parfait. Bonjour, Franck.
J'ai besoin d'un de ses doigts.
- Oui, surtout d'un coup de pouce.
Je vous en prie. - Ah non.
Je tripatouille pas un cadavre juste après le petit déj'.
J'ai des principes. - Je vois.
Alors...
Ca fonctionne pas.
Les doigts sont gonflés d'eau.
Il vous reste le code.
- Je pensais aller plus vite que le labo, tant pis.
- Mon rapport d'autopsie, ça vous intéresse ?
- Carrément, quelle rapidité. Je suis tout ouïe.
- Il est mort noyé, hier, vers 23h, mais il était déjà inconscient
quand il a atterri dans l'eau.
- "Amerri", alors.
Donc, il prend
un coup sur la tête, paf ! puis plouf et glouglou.
- Oui. Je mettrai pas ça dans mon rapport, mais l'idée est là.
- Donc, ça peut être un meurtre prémédité
ou un homicide involontaire.
- En résumé :
Gnark gnark.
Ou alors : Oups !
- Voilà. J'ai hâte de lire votre rapport.
- Bonne journée. - Bonne journée.
- Yes.
Ah ouais, c'est une véritable résidence secondaire, en fait.
- Alors ?
- Alors, rien, je viens juste de commencer. Et toi ?
- Pareil, Catala était aimé de tous, aucun ennemi, le baratin habituel.
- Toujours pareil.
- Oui.
- Bon, t'as rien d'autre à me dire ?
- Ben non.
- Je veux dire,
sur nous deux.
- Ben, je suis contente d'être ici, mais ça, je te l'ai déjà dit.
- Non, enfin, je sais pas,
quelque chose à me confier.
- Tu es bizarre.
- Non, c'est toi.
D'accord,
t'as rien à me dire.
Wow, wow, wow, wow.
Personne ne nous a parlé de ça.
Elle siffle.
Allez, on plie et on rentre.
- Non, maintenant, je peux pas.
On m'attend dans le patio, mais dès que je peux...
- Léa, concernant le retour d'Inès,
je t'ai dit tout ce que je savais.
- Moi aussi, ravie de te voir, papa. - Arrête de faire l'enfant.
Tu continues
à te renseigner ?
- Evidemment.
Si son problème de santé la met en danger, je m'organise comment ?
- La hiérarchie a décidé que tu ne devais pas être informée.
A force, tu vas nous mettre
dans une situation délicate.
Et je devrai te sanctionner. - "Je t'aurai prévenue !"
J'ai compris.
- Et le téléphone de Catala ?
- Sabine s'en occupe. Sonia Lebrun, la compagne de Catala, m'attend.
- Je vous en prie, commandant. - Merci, mon colonel.
- Je l'ai pas vu depuis dimanche.
Patrick était un marin avant tout, il avait besoin de solitude.
Ca lui arrivait de rester tout seul sur son bateau.
- Il vous donnait souvent des nouvelles ?
- Bien sûr.
Plusieurs fois par jour.
- Donc, pas de problème
de couple. - Aucun.
On était très amoureux.
Pourquoi cette question ?
- Eh bien,
parce qu'hier, Patrick Catala a réservé un aller simple
pour le Costa Rica.
De plus, nous avons retrouvé dans ses affaires personnelles
cette lettre
adressée à la SNSM.
Vous reconnaissez son écriture ?
- Je comprends pas.
- Pourtant, c'est plutôt clair.
Visiblement, votre amoureux comptait démissionner de la SNSM
et partir pour le Costa Rica sans vous.
- Je t'emprunte ton agrafeuse.
La mienne
est rose, tu ne l'as pas vue ?
- Ah, c'était à toi ? Elle marchait un coup sur quatre,
je l'ai jetée.
- Bon, tu l'as pas vue ?
- Je l'ai jetée. - Pourquoi t'as jeté mon agrafeuse ?
- Oh, faut pas être matérialiste.
- Ca n'a rien à voir, mais j'y tenais.
C'était un cadeau. - Belle preuve d'amitié.
- T'as dit quoi, là ? - Tu peux me la rendre ?
Merci.
- Bref. Sinon, à la station SNSM de Port-Camargue,
personne n'a parlé du départ de Catala.
- Seule la direction le savait. - Ils te l'ont dit ?
- Patrick Catala
les a prévenus avant-hier. - Il leur a dit pourquoi ?
- Il se plaignait du manque de moyens pour pouvoir bien bosser.
A mon avis, c'est plus un audit imposé par la SNSM qui l'a décidé.
Ca faisait suite
à plusieurs plaintes.
- Pour quel motif ? - Des retards d'intervention.
- Certainement dus au manque de moyens que dénonçait Catala.
- Il a réglé le problème en virant son mécano.
Depuis,
plus de panne. Je préviens le Cdt Soler.
- C'est ça, vas-y, bouge.
- D'accord, merci.
Donc, le mécano aurait mal vécu son éviction
et se serait vengé ?
Mouais...
C'est un peu léger comme mobile.
- Vous avez raison. - Non, une réputation
de mécano, c'est sérieux, et être viré de la SNSM peut coûter cher.
C'est quoi, son nom ? - Jules Gomez.
- C'est une blague ?
- Jules Gomez,
ça fait nom
de mécanicien.
- Tous les Gomez
ne sont pas mécanos.
- Oui, mais...
- C'est le fils d'un ami de mon père, c'est un bon mécano.
- J'en ai jamais
entendu parler. - Je l'ai revu après notre divorce.
- Alors, vous ne pouvez pas l'interroger,
Marchal.
- Je connais ce milieu, il faut gagner leur confiance.
Personne n'a à parler à Marchal l'enquêteur.
Eh ben, on se confiera à Paul, le loup de mer.
- Le loup de mer ?
- Oui, Marchal a eu un pédalo pendant quoi, 6 semaines ?
- C'était un bateau et ça a duré 6 mois.
J'y vais avec Inès, hein.
- Je déjeune avec mon fils. Je veux tout savoir sur ce Gomez.
- Bien, bon appétit, commandant.
- Hum... Dites donc,
ça matche, non ?
- 5, ce matin.
- Je devrais faire marieuse.
- Ou maquerelle.
Non, pardon, capitaine.
- J'aime autant, car ça n'a rien à voir.
Une vie sexuelle épanouie
est un droit élémentaire. - On n'en est pas là.
- Mais on y est presque, Erwan.
T'es sexy, il suffit de t'en donner la peine.
Enfin, c'est mieux, un homme qui est sexy
et qui le sait pas.
Moi, je préfère.
- Je suis pas très emballé.
- Qu'est-ce que tu cherches ?
La femme idéale pour vivre un conte de fées
ou une vraie femme pour partager
un truc vrai dans la vraie vie ?
- C'est encore long, Thomas ? Ca fait 45mn.
- Faiblis pas.
OK, 5, 4, 3, 2,
1, top.
On finit par une minute
de récupération,
et ce sera bon.
- Je suis contente, j'ai tout donné. C'est cool, non ?
J'ai bien travaillé. - Je dois revoir le planning.
Dès demain soir,
tu refais du cardio. - C'est pas possible.
J'ai un travail.
Et demain soir,
c'est apéro
chez Audrey.
- Si on veut être des champions, il faut faire des concessions.
- Qui, "on" ?
Tu pédalais à quel moment exactement ?
- C'est petit de se moquer du handicap de ton fils.
- De ton "handicap" ?
T'as un plâtre. On dirait ton père. Arrête de faire ton Calimero.
- Je fais ça pour ton bien,
inutile d'être méchante. Je vais rentrer chez papa.
- Je suis pas méchante, Thomas. - Pédale !
...
- Viens, Inès.
On peut vous aider, jeune homme ?
- Plutôt crever que de me faire aider
par un gendarme. - Waouh.
Ca va ? - Tranquille.
Et toi ? - Nickel.
Jules Gomez,
un vieil ami.
Le meilleur mécano de la région.
- Qui a souvent dépanné Paul, le pire marin du coin.
Tu enquêtes sur la mort de Patrick ?
- Oui, je te présente le Lt Zaïdi, avec qui je suis... je travaille.
- Parlez-nous de votre renvoi de la SNSM.
- J'ai pas compris ce qui s'est passé.
Du coup, je bricole. - Ce qui s'est passé ?
- Il y avait un truc qui clochait.
- Vous aviez mal travaillé ?
Un portable sonne. - Ce que la SNSM me reprochait,
c'était juste impossible.
- Je dois interpeller M. Gomez.
Ordre du commandant, désolée.
Vos poignets, s'il vous plaît. - Non, on va y aller comme ça.
T'as des trucs à récupérer ? - Non, c'est bon.
- C'est parce que Jules est un pote que tu l'accuses de meurtre ?
- Oui, c'est mon nouveau but dans la vie :
arrêter toutes les personnes que tu ne m'as pas présentées.
C'est constructif.
Vire pas parano.
Tu tombes bien,
le portable de la victime est revenu du labo.
Voici le relevé des textos. Lis celui en vert.
- "Je sais que c'est toi. Avoue ou j'appelle les flics."
- Envoyé avant-hier à Jules Gomez. - Ca prouve pas que...
- Tu nous as dit que dans ce milieu, la réputation, c'était essentiel.
- Bon, je vais interroger Jules. - Non, c'est Sabine qui va le faire.
- Est-ce que...
- Va en salle
de visionnage. - Merci.
- La porte !
- Vous nous avez pas dit
que Patrick Catala voulait vous dénoncer à la police.
- Vous êtes
gonflée, vous !
J'allais tout raconter à Paul,
mais on m'a arrêté. - Moi, je suis là.
Alors, je vous écoute, et n'oubliez rien.
- Avant-hier,
je me suis introduit dans la station pour prendre l'ordinateur.
- Donc vol, puis meurtre de Catala pour ne pas qu'il vous dénonce.
- Mais non !
J'ai rendu l'ordinateur juste après avoir reçu
le texto. - Et l'avoir tué.
- Mais non !
- Très bien.
Pourquoi avoir piqué cet ordi ?
- Ils gardent les fiches de dépannage.
Je voulais les vérifier.
- Et effacer les preuves de vos erreurs ?
- Mais pas du tout.
Je voulais justement prouver que j'en avais pas fait.
- Et alors ? - J'avais raison.
Les pannes, c'était pas de ma faute, on sabotait mon travail.
- Vous l'avez dit à Catala ? - Bien sûr.
J'avoue, j'ai gueulé.
Il a dit qu'il me réintègrerait dès qu'il aurait
trouvé le coupable.
- Jules n'a pas du tout une attitude de suspect.
- Je me base rarement sur une attitude.
Il a un mobile et pas d'alibi, donc il part en garde à vue.
- Il a pas pu tuer Catala avant de réintégrer sa place.
Et ces sabotages ?
- Il bossait peut-être mal. Il a pu nous mentir.
"On veut me faire accuser."
C'est classique.
- Il est mécano depuis 20 ans.
- J'y connais rien. Mais je sais qu'il va dormir ici.
- Non mais...
- Il est incroyable, lui.
Faut que je raccroche, je te rappelle. Je t'embrasse.
Tu fais quoi, là ?
- Les bons outils font les bons ouvriers.
- Et donc ?
- Demain matin, je pars vérifier les réparations de Jules
sur la vedette.
Alors, ce soir, Paul Marchal se couche avec les poules.
- Dire que j'avais prévu un petit dîner romantique.
- C'est pas plutôt
demain soir ? - Je suis pas là, demain soir.
Tu fais quoi, là ?
Tu fouilles ?
- Non, en fait, ce matin, tu as reçu un message d'un hôtel, donc...
- Quoi, tu me surveilles ?
- C'est quoi, cette réservation ?
- Ca te regarde pas.
- Attends, ne pas se mettre de pression, OK,
mais on doit se faire confiance. Pourquoi tu vas dans cet hôtel ?
- Je te le répète, c'est mes affaires.
Si t'es pas prêt à me laisser de l'espace, autant en rester là.
- Pardon ?
Oh, putain...
- J'en peux plus de ces engueulades avec Julien.
- (Vous avez pu en discuter ?)
- Oui, mais il est en boucle.
Il dit que je travaille trop ! - (Doucement.
(C'est un grand classique.) - Je vais pas sacrifier ma carrière.
C'est bon,
je peux gérer.
J'adore mon métier.
- (Julien comprendra.
(Tout va s'arranger.) - Tu es de son côté ?
- (Tu vas réveiller
(ton frère.) - Ca va, t'as vu l'heure ?
- (Je voudrais pouvoir
(prendre un petit déjeuner tranquille.
(J'ai plus droit à rien, j'en peux plus !)
Portable. - Faut pas te laisser faire.
- Oui, Erwan ?
Comment ça, Jules Gomez a disparu ?
- Ta patronne va pas gueuler, que tu m'aies emmené ici ?
- Non, Léa me fait confiance les yeux fermés.
- Déjà, gamin,
tu racontais des bobards. - Bon, j'ai vérifié tes réparations.
Ca m'ennuie de le dire, mais tu as raison.
- Monsieur est trop bon. Bouge pas, j'arrive.
- C'est bizarre, ces pannes, avec autant de maintenance.
- Je te le disais.
- Donc, quelqu'un sabotait la vedette.
Mais où, en pleine mer ?
- Non, impossible.
- Donc à quai.
Qui a accès
au moteur ? - Juste les gars de la SNSM.
- On va vérifier sur le planning qui était là à chaque panne.
Ca va faire une bonne liste de suspects à interroger.
Ben merde. - Quoi ?
- A chaque avarie moteur, c'est toujours le même qui est là.
- C'est forcément lui, le saboteur.
- C'est Patrick Catala.
- Et merde.
- Pourquoi il aurait fait ça ? - Je sais pas.
J'ai envoyé Erwan se renseigner à Port-Camargue.
- Tu crois que c'est pour ça qu'il a voulu fuir le pays ?
- Peut-être que quelqu'un a découvert ses sabotages.
- Un autre sauveteur ? Pourquoi il l'aurait pas dénoncé ?
- Ca fait vachement de questions, et j'ai aucune réponse.
- Tout ça n'innocente pas ton pote mécano.
- J'ai remis Jules en garde à vue.
Je te le dis avant que tu m'engueules.
Mais ça colle pas, c'est lui qui nous a mis sur la piste.
- Il est peut-être malin. Genre, il nous balade.
- Non, Jules ? Non.
Bon, hé, tu m'engueules pas ?
- Pour quelle raison ? - Pour avoir sorti Jules
sans ton autorisation.
- Mais enfin, tu changeras jamais.
- Je sais pas.
- C'est pas une question. Tu ne changeras jamais.
J'ai décidé d'arrêter de perdre mon énergie.
Il y a plus important.
On a un souci avec Thomas. - Pourquoi ?
- Il veut qu'on devienne des champions.
Donc, je dois faire 50 km de vélo par jour,
je ne dois ni manger ni dormir...
C'est pas drôle.
- T'exagères pas un peu ? - Mais non.
Il a un problème de positionnement.
Il trouve pas sa place, du coup,
il surinvestit mon entraînement. - Non, là, en fait, il s'emmerde.
Une fois qu'il sera remis sur pied, qu'il retrouvera la fac, ses potes,
il va t'oublier. - Super.
Pour une fois qu'on s'intéresse à moi...
- OK, je vais me doucher.
Un portable sonne.
...
*-Capitaine, c'est Erwan. - Quoi de neuf, ma poule ?
- C'est pas le genre de Marchal, ça. Je peux lui parler ?
- Parti se doucher. Tu sais pourquoi Patrick Catala sabotait le bateau ?
*-Non, mais vous savez,
les plaintes qui ont conduit à un audit...
- Je ne suis pas sénile, Erwan. *-Elles n'ont été déposées
que par 8 pêcheurs.
- Ca paraît logique.
Tu m'aurais dit 8 patineurs artistiques, je dis pas.
- Mais la SNSM intervient aussi auprès des plaisanciers.
Pourquoi que des pêcheurs ? *-Bonne question.
On reconnaît l'expérience
*du Breton. - Plutôt celle du gendarme.
C'est le représentant des pêcheurs qui a déposé les plaintes.
*Il est en mer, je l'attends. - Ca roule, ma poule.
- Au revoir.
On se parle jamais comme ça.
- Quoi de neuf ?
Ton pêcheur en chef, il est où ? - Le voilà, regardez.
Augustin Bouvet. - D'accord.
Un portable sonne.
Oui, Inès ?
*-Capitaine, on a quelque chose sur Augustin Bouvet.
*Il a porté plainte contre la SNSM
*et contre la station. - Pourquoi ?
- Pertes financières.
Les pêcheurs ont dû payer le remorquage.
- Et un dépannage privé coûte 3 fois plus cher.
*OK, je m'en occupe.
Inès, on peut se parler quand je rentre à la brigade ?
- On s'est tout dit, Paul.
- M. Bouvet ?
- Ca m'étonne pas de vous voir.
Vous êtes là pour le meurtre de Patrick Catala ?
- Voilà. On passe direct aux aveux ?
- J'ai rien fait, mais lui, il m'aura bien fait chier.
Même mort. - Bel éloge funèbre.
Mais ça manque de chaleur, non ? - Un petit peu, oui.
- Et si on allait causer à la gendarmerie ?
- Là, maintenant ? - Maintenant, oui.
- Vous en vouliez à Patrick Catala
de ne pas vous avoir sauvés. - Oui, j'ai porté plainte !
- On sait, c'était pas une question.
Quand vous avez découvert qu'il le faisait exprès,
vous avez pété un câble et vous l'avez tué.
- Comment ça, il le faisait exprès ? - Il sabotait les bateaux.
Si vous l'avez découvert, ça vous fait un mobile.
- Débile. Si je l'avais découvert, je gagnais mon procès facilement.
J'ai aucune raison de le tuer.
Pourquoi il faisait ça ?
- Il en voulait peut-être aux pêcheurs.
- Quand les sauveteurs remorquent un pêcheur, on paye.
Mais raquer pour des bateaux privés,
ça passe pas.
- Votre procès, c'était pour que la SNSM
vous rembourse ? - Oui.
On n'est pas responsables
des retards des sauveteurs, la SNSM manque de moyens,
mais nous, on gagne à peine de quoi vivre.
Moi, je défends mes collègues.
Il nous fallait gagner ce procès. - Lors des pannes,
il y avait toujours un bateau providentiel
pour vous remorquer ? - Oui.
- C'est un gros hasard, non ?
- Il a assuré, Celestin, pour son 1er interrogatoire.
- Oui, c'est un bon élément.
Il faut demander à Erwan
de se renseigner sur ces bateaux providentiels.
- Je peux te prendre un bout ? - Non, j'ai faim.
Vois ça avec ton fils. C'est pas possible, ça.
Il faudrait aussi comprendre comment Catala arrivait à prévenir
les bateaux privés du pseudo-retard de l'intervention de la SNSM.
Enfin, des interventions de la SN... SM.
Paul, je te parle.
- Oui, faisons ça, c'est bien.
Bon, je vais aller à la SNSM
me renseigner, vérifier les retards d'interventions.
Quand un appel de détresse est lancé en mer, c'est bien
le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage
qui le reçoit.
- Vas-y.
- C'est ça.
Puis le CROSS
prévient la station SNSM,
et le sauveteur lance l'opération.
- Et c'est là que Patrick sabotait la vedette sur les quais,
le temps de laisser un autre bateau intervenir.
- Apparemment. J'arrive toujours pas à croire
qu'il ait fait ça. - Je peux récupérer
les rapports d'interventions ?
- Oui.
Je vous les imprime.
Mais ça risque de prendre du temps. - J'ai vraiment tout mon temps.
- Bon.
- Oh, je connais
ce sourire de merlan frit.
Toutes mes conquêtes l'ont eu.
- Des yeux de merlan frit, non ? - Peut-être, mais tu les as aussi.
Tu as hameçonné ?
- Non, j'échangeais avec ma mère.
- Non, une sirène est tombée
dans tes filets.
- Je suis breton, mais arrêtez avec les références sur la pêche.
- Ah, je pensais avoir été subtile.
Je te laisse mener ta barque.
Je lève l'ancre, mais te laisse pas mener en bateau.
Erwan. - Hm ?
- Je te charrie, mais j'aimerais que ça marche pour toi.
- Merci, capitaine.
- Ca va mieux ? J'aime pas te voir triste.
Oui. Ah, ton père.
C'est Alice. - Coucou, ma puce.
- Bon, je te rappelle, je t'aime. Bisous, prends soin de toi.
- J'ai un gros truc.
- Ah bon ?
- J'ai retrouvé les interventions lancées par Catala
sur lesquelles il avait du retard.
Ce sont toutes des remorquages, aucun sauvetage de vie humaine.
- Je te crois, même si j'ai pas tout compris.
Et c'est ça,
ton gros machin ? - J'ai pas fini, en fait.
Une dizaine de plaisanciers ont été remorqués par des bateaux privés.
Aucun n'a porté plainte. - Parce qu'ils ont plus les moyens.
Je ne vois pas où tu veux en venir, Paul.
- Le dernier en date nous intéresse, un certain Jean Blandin.
- Pourquoi ?
- Il y a un mois, il a lancé un appel de détresse,
aucun bateau privé n'est venu, et quand la SNSM est arrivée,
son bateau avait coulé. - Et il n'a pas porté plainte ?
- Il n'a pas pu, il s'est noyé.
- Ce qui veut dire
que Patrick Catala avait la mort d'un homme sur la conscience.
Merci.
- Oui, des lancements de fusée.
- Pardon.
- 12 par an.
- On sait qui Catala contactait pour les sauvetages ?
- Après chaque appel du CROSS,
il appelait sa compagne Sonia Lebrun, qui envoyait ses navires.
- Et elle facturait au prix fort.
- Tout bénef sur le dos de la SNSM et du marin sauvé.
Ca allait dans leurs poches.
- Donc, tout se passait bien
jusqu'au sauvetage raté, il y a un mois,
qui a engendré la mort de Jean Blandin.
- Catala décide de s'enfuir
en laissant sa complice seule pour affronter les problèmes.
- Ce qu'elle a pu mal prendre.
- Ca se tient, mais je pense qu'elle l'ignorait.
En tout cas, quand on a discuté ensemble.
- Il y a des gens qui mentent très bien.
- Je vous le fais pas dire. Qu'est-ce qu'on a sur ce Blandin ?
- Pas grand-chose, il était veuf, sans enfants. Un solitaire.
- OK, je m'occupe de Sonia.
- Patrick ne m'a jamais dit
qu'il voulait partir, je vous le jure.
Quand bien même, je l'aurais pas tué pour ça.
- On est au courant pour les remorquages, les sabotages.
Mais pour quelle raison ? - C'était son idée.
Il voulait se consacrer à la vraie mission de la SNSM :
sauver des vies.
L'an dernier, un bon ami a fait une crise cardiaque en pleine mer.
Les sauveteurs sont arrivés une heure après son appel, trop tard.
- Ils étaient déjà en intervention ?
- Oui.
Ca a rendu Patrick dingue.
Il manquait clairement d'effectifs, de moyens.
Pour lui, les sauveteurs devaient rester les pompiers de la mer.
- Mais ce n'est pas lui qui décidait.
- Non.
C'est pour ça qu'on a mis ce système en place.
Pour montrer à la SNSM que si les privés s'en chargeaient,
les sauveteurs pourraient aller secourir des gens en détresse.
- Et...
que s'est-il passé pour Jean Blandin ?
- Patrick m'a envoyé un message, je l'ai jamais reçu.
On n'a pas compris pourquoi.
Un homme est mort à cause d'un bug.
- Non, ce n'est pas à cause d'un bug qu'il est mort.
- On se sentait coupables.
On faisait ça pour sauver plus de gens.
- Surtout Patrick. Vous, c'était pour gagner beaucoup plus d'argent.
- Après l'accident, on a tout arrêté.
- Vous saviez qu'il avait viré Gomez pour éviter l'audit ?
- C'était la seule solution.
- Sauf que celui-ci commençait à chercher à comprendre
pourquoi on l'avait viré.
- Je ne savais pas, ça.
C'est pour ça que Patrick a voulu fuir loin d'ici ?
- J'en sais rien.
- Et maintenant ?
- Vous devrez répondre de la mort accidentelle de M. Blandin.
- J'assumerai.
S'il vous plaît, trouvez qui a tué Patrick.
...
- Sabine, dites-moi que vous avez avancé.
- Jean Blandin, le plaisancier. - Oui ?
- Il était veuf depuis 10 ans, mais avant, sa femme et lui
étaient famille d'accueil. - Super, on avance.
- Il y a 20 ans, ils ont accueilli
une petite fille,
Morgane Saroyan. - Mais...
C'est la stagiaire, ça. - Marchal est déjà
en route.
- Morgane Saroyan, je vous arrête pour le meurtre de Patrick Catala.
...
- Jean était comme mon père.
Même s'il m'avait adoptée, j'avais que lui.
- Comment avez-vous découvert la vérité sur sa mort ?
- Peu de temps après,
des pêcheurs sont venus à la mairie, où je travaille.
Ils voulaient parler au maire de leur plainte.
J'ai compris qu'un truc clochait
dans la mort de Jean.
Que le problème venait de la station.
J'ai fait croire à Patrick que je voulais intégrer la SNSM.
Mais j'ai rien trouvé de bizarre.
- Forcément.
Il avait tout arrêté suite à la mort de M. Blandin.
Morgane,
qu'est-ce qui s'est passé avant-hier ?
- J'ai entendu Jules et Patrick s'engueuler dans le bureau.
Le mécano disait que quelqu'un sabotait son boulot.
Dès que Jules est parti, Patrick a appelé la SNSM
pour leur dire qu'il démissionnait.
J'ai compris qu'il était à l'origine
des sabotages.
J'ai attendu qu'il soit seul.
Je l'ai suivi jusqu'à son bateau.
Je voulais juste qu'il avoue être responsable de la mort de Jean.
Il m'a dit que c'était un accident, qu'il n'avouerait jamais.
- Il pouvait pas. En avouant, il dénonçait la femme qu'il aimait.
- Il m'a rien dit.
Il m'a juste tourné le dos.
- Alors,
vous l'avez frappé. - J'ai attrapé un cordage.
Je voulais pas le tuer.
Je voulais juste lui faire du mal, j'étais tellement en colère.
Il est tombé à l'eau,
il a coulé à pic. J'ai paniqué, je suis partie.
- Ferdinand, s'il vous plaît.
- Je voulais pas en arriver là. - Je sais, Morgane, je sais.
Elle soupire.
Ah.
Je sais pas toi, mais cette histoire m'a retournée.
- Ah oui ?
- Ca va ? - Oh oui, ça va.
- Non, ne fais pas ton Calimero. Qu'est-ce qu'il y a encore ?
- Non... - Inès est rentrée.
Alice et Julien, ça va mieux.
Notre fils t'a libéré pour venir m'envahir.
- C'est terminé avec Inès.
Voilà.
Enfin, non,
c'est pas terminé, vu que ça n'a jamais vraiment commencé.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? - Oh...
Elle n'a pas
confiance en moi.
Ceci dit, moi non plus.
C'est tellement pas ça que je voulais vivre, moi, putain.
Le doute, la dissimulation, les cachotteries.
Pitié, c'est pas moi.
Tu le sais que c'est pas moi.
En fait, j'ai... J'ai peur.
J'ai peur de jamais...
de jamais retrouver l'amour.
J'ai peur de jamais retrouver ce qu'on a vécu il y a 25 ans.
En plus, je sais qu'on a qu'une chance dans la vie.
Il y en a qui la saisissent et qui la gardent,
et voilà, comme un con, j'ai pas su te garder.
Pardon.
Pardon, pardon.
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