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Original subtitles

- Le tournoi de Montpitol

est ouvert.

Air médiéval.

- Messeigneurs, combattez

quand vous voulez.

...

Respiration saccadée.

- Philippe !

C'est Noémie !

Noémie !

"Follow me", GWTG.

...

- T'es tout seul ? Inès dort ?

- Elle est rentrée chez elle, pour retrouver son petit nid.

- OK.

- Comme un oiseau.

- Ca m'a fait plaisir

de la revoir. - Ah ben, tant mieux.

Tom, doucement !

Thomas, c'est dégueulasse !

Personne fait ça.

T'as été éduqué par qui ?

- Je suis handicapé.

- Pas des bras, du mollet. Arrête.

Le portable vibre.

Le devoir m'appelle. Range et nettoie.

- Avec les béquilles ?

- Avec une éponge.

- Toi, tu dors bien ?

- Oui. - Ah bon.

- Bonjour. Lieutenant ? - Commandant.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Merci de demander, j'ai fait une énorme insomnie.

- D'accord.

Je vous écoute.

- Avec le retour du Lt Zaïdi, je m'interroge sur mon rôle.

- Ah, ne vous en inquiétez pas, je vais m'en occuper.

Sinon, vous comptez me faire un topo, Célestin ?

- Bien sûr.

Les propriétaires organisent des reconstitutions médiévales

avec des comédiens.

L'incident a eu lieu pendant la répétition générale.

- Capitaine, bonjour. - Coucou.

- Mort accidentelle ? - Oui, c'est possible.

Mais regardez, les lèvres

sont cyanosées.

Les ongles aussi.

Je pense à un empoisonnement.

J'ai dit une connerie ?

- Non, au contraire.

Alors :

vu la contraction

des pupilles,

je confirme.

On l'a identifiée ?

- Oui, Noémie de Laurentis. Elle possède le château

avec son frère Charles. - Qui est où ?

Je m'occupe de la famille, occupez-vous des autres.

Voilà. - D'accord.

Moi, je vais par là.

Pour fureter.

- Et votre soeur

habitait ici ?

- C'était l'âme de ces lieux.

Ces reconstitutions, c'était son idée.

- Elle faisait partie

des acteurs ?

- Non, elle s'occupait

de la mise en scène.

Quand ils ont retiré le heaume

et que j'ai découvert avec effroi que c'était elle...

Quelle horreur.

- Vous avez une idée

de la raison pour laquelle elle a enfilé cette armure

pour la répétition générale ? - Je sais pas.

Elle avait évoqué cette envie à plusieurs reprises.

J'avais toujours refusé.

- Elle avait besoin

de votre autorisation ? - Elle était proche de Charles.

Quand leurs parents sont morts,

il y a 8 ans, Noémie était encore une adolescente.

Mon mari l'a prise en charge.

- Pourquoi elle a fait ça ?

- Quand l'avez-vous vue

pour la dernière fois ? - Ce matin.

- Vous n'avez rien noté

de spécial dans son attitude

ou dans son comportement ? - Non.

Elle était radieuse.

C'était un rayon de soleil.

C'est si injuste.

- Alors, ces premiers pas

dans le monde virtuel ? - Ca va, capitaine.

J'ai du mal à trouver ma place.

- Choisis à qui tu parles, va à ton rythme.

- Là, c'est le calme plat. - Pour l'instant.

Un bel étalon comme t...

- Ce sont les photos

de la scène de crime ? - Oui, colonel.

- Un problème ? - Oui.

Et pas un petit.

Regardez. Le 1er chevalier avait une armure

datant du haut Moyen Age, mais il utilisait

une épée caractéristique du 10e siècle.

- Oui, c'est ce que je disais

à Erwan.

- Moquez-vous, mais le Moyen Age était une époque fascinante.

- Jusqu'ici, nous cherchons surtout des éléments au 21e siècle.

- Eh oui. Asseyez-vous.

Vous avez quelque chose sur la victime ?

- Oui, elle était très impliquée dans la vie du château.

On a creusé sur la société

qu'elle avait montée avec Fabienne Lagarde.

- La boîte n'allait pas bien.

Des fournisseurs n'ont pas été payés, l'entreprise a des soucis

de trésorerie.

- C'est bizarre. Je suis allé plusieurs fois au château,

ça marchait,

c'était toujours plein.

Eh bien, creusez-moi tout ça,

capitaine !

Rangez ces photos.

- D'accord.

- M. Reyes.

Normalement, dans l'armure, ça devait être vous.

- Noémie rêvait de combattre depuis longtemps, elle se sentait prête.

- Vous l'entraîniez ?

- Hm.

Depuis qu'on sortait ensemble.

Entre elle et moi, c'était...

C'était une évidence.

Elle était gentille.

J'avais jamais rencontré une personne si douce,

attentionnée, généreuse, joyeuse.

Ici, tout le monde aimait Noémie, on est une grande famille.

- Tout le monde l'aimait...

Je peux ?

- Bien sûr.

- Dans toutes les familles, il y a des embrouilles.

- Ben...

- Je vous écoute. - Non.

Mais ce matin, elle s'est pris la tête

avec Fabienne, la responsable de la troupe.

- Et à quel sujet elles se sont disputées ?

- Elles dirigeaient la boîte qui organise les spectacles,

mais ça créait

des tensions.

Pourquoi vous me posez ces questions ?

- La mort de Noémie, ça semble être un empoisonnement.

- Un empoisonnement ?

- Oui.

Bonjour, chevalier.

- Bonjour. - Belle armure.

Bonjour. Fabienne Lagarde ? - Je suis à vous tout de suite.

- Capitaine Marchal, gendarmerie nationale.

- C'est vrai ce qui se dit ? Ce serait pas un accident ?

- Pour l'instant, on enquête.

- Oui, ben, ça tombe mal. On lance un nouveau spectacle ce soir.

Gilles, occupe-toi

des armures. - Oui.

- Et ça n'arrange pas votre associée

d'être morte.

- Je suis désolée. C'est un choc, chacun gère comme il peut.

- Bien sûr. Pourquoi vous vous êtes disputées, ce matin ?

- On n'était pas d'accord sur la gestion de la troupe.

Ca arrive dans toutes les entreprises, non ?

- Bien sûr, oui.

Mais quand ça finit par un meurtre, ça pousse les gendarmes

à se poser des questions.

- Ce sera bon ? - Pour l'instant, oui.

- Très bien.

- Bonjour, Franck. - Bonjour, Léa.

- On a des réponses ? - Des tas.

Sur la vie,

Stan Getz, la recette du Martini dry.

- Un petit Martini dry, là, ce serait pas de refus.

- Le plus important,

c'est l'olive. - Oui, mais même sans olive...

- Une olive

des Pouilles.

- Ca fait rêver. - Moi aussi, j'en boirais bien un.

- Mais sinon, on a

des réponses sur l'empoisonnement ? - Oui, bien sûr.

Il y a une toxine chimique. Elle a succombé

à une asphyxie

due à une paralysie de son système nerveux, c'est un empoisonnement.

Elle était dépressive ?

- Non, pas d'après les premières investigations.

Et puis, je ne crois pas du tout à la thèse du suicide.

- Il faut trouver quel est ce neurotoxique.

J'ai envoyé ça au labo.

- Bon, merci.

- Avec plaisir.

- OK.

- Mais... Mais elle voulait que je l'invite à boire un verre.

Franck, quel con !

Oui, je sais,

j'y arrive pas.

Merci pour le soutien.

- Il y a pas mal d'argent qui rentre,

et depuis 2 mois,

beaucoup ressort.

- Qui avait accès aux comptes ?

- La victime, Noémie,

et Fabienne Lagarde.

- Si Lagarde puisait dans la caisse et que Noémie l'a découvert,

ça peut expliquer leur dispute, voire un mobile.

- Je transmets.

C'était le Cdt Soler,

votre fille.

Franck confirme l'empoisonnement et cherche un neurotoxique.

- Un neurotoxique... - Oui, un neurotoxique.

- Pardon.

Voilà.

Parmi les attractions médiévales, il y a un "carré des simples".

- Un "carré des simples", ça me dit quelque chose, mais...

- C'est un jardin

où on cultive des plantes sauvages.

- De la sauge, du thym...

- L'échalote.

- Du millepertuis...

- L'échalote.

- Arrêtez avec votre échalote. De la verveine...

- Surtout la belladone,

qui, suivant la dose, peut devenir un poison violent.

- C'est donc un neurotoxique.

Vous avez raison.

- Et qui s'occupe du "carré des simples" ?

- Fabienne Lagarde.

- Voilà le carré des simples.

Charles de Laurentis

a bien voulu que je le crée ici, il n'y a que moi qui m'en occupe.

Chasse gardée. - Hm, hm.

- Ma belladone ! Vous savez le boulot que ça représente ?

- Ah non, pas du tout.

Mais j'ai appris que c'était un excellent poison.

- Et alors ?

- Noémie est morte empoisonnée, c'est votre jardin, donc...

- Pourquoi je l'aurais tuée ? - Une histoire d'argent.

- N'importe quoi.

- On vous a vues vous disputer.

Noémie vous a chopée en train de détourner des fonds

et vous l'avez tuée. - C'est le contraire.

C'est elle

qui volait de l'argent.

- Inès, j'aurais apprécié

être prévenue de votre retour. - Moi, j'ai géré ça correctement.

- Je sais, les protocoles

ont été respectés, mais j'ai une brigade à organiser.

- Désolée, tout s'est passé très vite.

- J'imagine.

Vous avez eu des soucis ?

- Juste un désaccord avec mon commandant.

Et puis, je préfère la brigade judiciaire.

- Bien, bien.

Eh bien, écoutez,

bon retour.

- Merci, commandant.

- Du nouveau, Marchal ?

- J'allais me faire un café. - Je viens avec toi.

- L'histoire de Fabienne est crédible.

Sa situation financière est solide, mais je vais la garder à l'oeil.

- Si c'est Noémie qui piquait de l'argent,

c'était pour des raisons importantes.

- Euh... - Oh...

- Je l'ai oublié dans la voiture.

- Quelque chose qui justifie de mettre en péril son entreprise.

On ignore ce qu'est devenu cet argent.

- Non, et les vols ont commencé il y a 2 mois.

- Tu pourrais aller fureter du côté de l'entourage.

Histoire de comprendre.

- Ouais, d'accord, j'y vais avec Inès.

- Oui, bien sûr.

- Ben... - T'es heureux ?

- Oui, carrément, oui.

- Et elle t'a parlé des raisons de son retour ?

- Non. - Et de son commandant ?

- Non. - Elle t'avait prévenu ?

- Non. - D'accord, en fait, tu sais rien.

- On n'a pas vraiment parlé.

J'y vais ? - D'accord.

D'accord.

- Je voyais pas la vie de château comme ça.

- Et moi donc.

Je m'étais rêvée princesse, je suis femme de ménage.

Et je mange des pâtes.

- Avec les animations médiévales, de l'argent rentre, non ?

- Vous vous rendez pas compte des frais que génère un château.

Il faut le chauffer, réparer les toitures, rénover les jardins.

Enfin, c'est... - Tu ennuies le capitaine, Hélène.

Je peux vous être utile ?

- Oui, que faisait votre soeur

avec l'argent

qu'elle volait sur le compte de sa société ?

Après, si la vie de château est compliquée, je comprends mieux.

- Mais Noémie chérissait cette vie simple.

Il est impensable qu'elle ait pu voler sa propre entreprise.

Elle vivait pour elle. - On croit connaître les gens et...

Avait-elle changé ?

- Pas du tout.

Egale à elle-même, pleine de vie, amoureuse.

- Jamais une dispute de couple ? - Jamais.

- C'est rare un couple qui s'entend toujours bien, elle voyait Reyes

depuis quand ? - 2 mois.

- Pourquoi aller combattre ?

Elle pouvait pas simplement s'occuper de son château ?

On doit tout annuler.

- Elle s'investissait

dans tout ce qu'elle faisait.

- Et tu as vu

où ça mène ?

- C'est Philippe qui lui a demandé de prendre sa place.

- C'est pas ce que vous avez dit à mon collègue. Hep, j'ai pas fini.

C'est pas bien de mentir.

- Philippe aurait eu des ennuis.

- Donc, Philippe Reyes a poussé Noémie à combattre.

- Je lui ai même

enfilé son armure.

Philippe a insisté, il se sentait pas bien, il a failli faire

un malaise.

- Tu as l'air content.

Tu as quelque chose ? - Non.

Je suis très content que tu sois revenue plus tôt.

On se voit ce soir ? - Non, je dois voir des copains.

Mais si ça finit tôt, je viens.

- Moi, c'est pareil.

Je dois voir si mon planning me permet de te voir.

La pêche a été bonne ? - Plutôt.

Philippe a dit qu'il se sentait mal et il a poussé Noémie à combattre.

- Et pourquoi il me l'a pas dit ?

- Ca, faudrait lui demander. - Oui.

Mais il est introuvable

et sa chambre est fermée à clé.

- Il est chez l'armurier.

Et le gars se croit vraiment au Moyen Age, il n'a pas de portable.

- Il est sorti des radars, lui.

Tu peux trouver un moyen pour ouvrir sa chambre ?

- Compte sur moi.

- C'est par là.

- Que pouvez-vous me dire sur Philippe Reyes ?

- Rien de spécial, je le connais pas plus que ça.

- C'est pourtant votre beau-frère.

- Oui, mais ma soeur et lui vivent leur relation de manière discrète.

- Et vos relations sont bonnes ? Il est sympa, c'est un crétin ?

- C'est un garçon sympathique, je sais pas quoi dire de plus.

- Vous auriez pu me dire :

"Philippe est sympa, mais chelou, car quand il va chez l'armurier,

"il plie ses affaires."

- Pourquoi

il a vidé sa chambre ?

- Evidemment, Reyes ne s'est pas présenté chez l'armurier.

Il a un bon profil de suspect. - Il devait de l'argent au fisc.

Et il faisait des versements

depuis 2 mois, donc...

- Noémie volait dans la caisse pour donner l'argent à son petit ami.

C'est ça ?

- Je lance un avis de recherche sur Philippe Reyes.

- Non, je suis

chez maman.

- Et tu reviens à quelle heure ?

- T'as pas compris.

*Je vais rester chez elle. - Ah, d'accord.

- T'es un peu trop maniaque pour un mec avec une jambe

dans le plâtre. - (Mais non...)

- Pardon ?

*-Allez, bonne soirée, papa.

- Ben, dis donc.

Je vais bouffer tout seul, super.

- Voilà pourquoi tu t'es pris la tête avec lui. T'es chiant.

- Il s'est énervé parce que j'ai renversé un verre sur sa table.

- Mais sa table a une valeur sentimentale, Thomas.

Mais je te comprends.

Et à la brigade,

son bureau est le mieux rangé de tous, y a rien qui dépasse.

Après votre naissance, je l'avais surnommé "jamais sans mon éponge".

Pas une tache, pas une miette, rien.

- Et le lave-vaisselle ? - Toujours ?

- Toujours.

- LES PETITES ASSIETTES DEVANT LES GRANDES,

LES VERRES A GAUCHE...

- Il doit vivre un enfer.

- Nous aussi, attends. - Je sais.

Bon, ce soir, on va se faire

un plateau-télé, OK ?

On commande des pizzas, on met des miettes partout, on s'en fout.

- Tu devais pas faire du vélo ? - J'en ferai demain.

- Tu peux pas te permettre de louper une session d'entraînement.

- Ben si, la preuve. Tu commandes des pizzas ?

Je me mets en pyj'.

Quelqu'un vient.

- Ding, ding, ding ! - Mais non...

- C'est moi. - Quelle surprise.

Je m'attendais pas à te voir. - Ben, c'est mieux, non ?

- Carrément. Je pensais te voir, hier soir.

- La soirée a fini tôt, mais j'étais en plein décalage horaire.

J'étais crevée.

Tiens, c'est un petit cadeau de Guyane.

- C'est quoi ? - Regarde.

- Une canne à pêche ?

- Un parapluie ? - Ouvre.

- Un plumeau ?

Ah non, un gros pipeau.

Ah non, la vache, c'est une flûte géante.

Sans trou.

Il faut pas de...

Ecoute, je vais essayer.

Elle fait pas de bruit, c'est super pour une flûte.

Non, c'est quoi ? - C'est une sarbacane

utilisée par certaines tribus

pour chasser le singe-araignée. - Super, j'en ai plein la chambre.

Attends. - Waouh, il va te falloir

t'entraîner un peu.

- En parlant de s'entraîner,

ça te dit d'aller dans ma chambre ?

Avec plaisir. - Cool.

- Léa, accepteriez-vous de venir boire un verre avec moi ?

"Oui, Franck, avec grand plaisir, bien sûr."

Ah bon ? - Excusez-moi, Franck.

J'ai fait au plus vite, mais j'étais occupée.

- Je suis super content de vous voir.

Hier, vous êtes partie

super vite, et, du coup, j'ai pas eu le temps de...

De...

Enfin, vous voyez, quoi.

- Oui, j'en ai peur, mais vous ne m'avez pas appelée pour ça ?

- Si... non.

On a reçu les analyses.

Et donc, on a trouvé des résidus d'un dérivé artisanal de sarin,

un neurotoxique très puissant.

- Le sarin, c'est pas un poison qui peut agir par capillarité ?

- Léa, vous êtes

ma meilleure élève.

- J'ai un excellent professeur. - Ah oui ?

- Par capillarité, donc.

Oui, et on en a retrouvé à l'intérieur du heaume.

Regardez.

- Donc, le heaume serait l'arme du crime ?

- Exactement.

- Oh, c'est énorme.

C'est incroyable, ça.

- Philippe aurait insisté pour que Noémie prenne sa place

afin de la tuer avec le heaume ? - Oui.

Et le poison aurait été fabriqué à partir de produits courants.

Le colonel est sur place. - Ton père est sur une perquis' ?

- Oui, il adore ce château.

- Bizarre.

- Cette histoire médiévale lui monte à la tête.

- Non, je parlais de Philippe. - Ah oui.

- Il aimait vraiment Noémie, il parlait "d'évidence" entre eux.

- Mais il a menti, il a demandé à Noémie de le remplacer

pour les répétitions, donc, était-il sincère ?

- Il avait des sentiments pour elle. - Tant mieux, mais il reste suspect.

D'accord ?

Quoi, j'ai un truc ? - Non, pardon.

Tu as de très jolis yeux.

- Merci.

- J'y vais.

- Il est magnifique votre carré, vraiment.

- Merci.

J'avais dit à votre capitaine que ma belladone n'avait rien à voir.

- Oh, la fougue de la jeunesse.

Dites-moi.

Le poison utilisé est un dérivé du sarin.

Il est très proche d'un insecticide, le Carnabaryl.

- J'utilise pas ça.

Je cultive tout comme au Moyen Age.

- Je sais, et c'est tout à votre honneur, Mlle Lagarde.

Mais vous avez peut-être croisé un produit similaire.

- Il faudrait aller voir dans la remise de l'ancien jardinier.

Mais personne n'y a mis les pieds

depuis des siècles. - Depuis le Moyen Age, alors.

Pardon.

Vous pouvez m'y accompagner ?

- Oui, c'est en bas.

- On est venus ici récemment, vous voyez les traces de chaussures ?

Ah.

Et voilà.

Carnabaryl.

- Capitaine, le commandant m'a demandé...

- "La commandante", merci.

- La commandante m'a demandé d'enquêter sur Reyes.

Il y a eu des plaintes contre lui

pour abus de confiance. - Pourquoi on est passés à côté ?

- Certaines ont été déposées à l'étranger,

ou les dossiers étaient incomplets. Ca arrive dans ce genre d'arnaques.

- Quel genre ? - Reyes séduit

des filles fortunées et escroque leurs familles.

- Les Laurentis n'ont pas de fortune.

- Oui, mais ils ont

un château. - Comment on vole un château ?

- Bonjour. Merci.

Erwan, qu'est-ce qu'on a ?

- Le signalement a porté ses fruits. - C'est la voiture de Reyes ?

- Oui, Philippe Reyes. - Et aucune trace de lui ?

- Non.

- Il a pu continuer avec un complice.

- Hm.

- J'ai trouvé ça sous le siège passager.

- Merci, Karine. - Merci.

- Alors...

- Une promesse de vente pour le château à 2 millions d'euros

avec un promoteur immobilier, M. Pierre Garance.

- Pourquoi les de Laurentis nous ont caché ça ?

Quel rapport avec Reyes ? - Regardez.

"La famille de Laurentis

"est représentée par une SCI dont le gérant est..." Vous avez vu ?

- Philippe Reyes ?

Il vendait

le château

sans que nous le sachions ? - Oui. On a déjà vu pire.

Un type a bien réussi à vendre la tour Eiffel.

On a découvert que votre beau-frère

avait un passé judiciaire un peu chargé.

Noémie aurait pu être sa complice ? - J'en sais rien.

- Comment ça, t'en sais rien ?

Noémie, c'est pas possible.

- Elle a déjà pioché dans la caisse de la troupe

pour aider son petit ami. - Ce château était toute sa vie.

- Je vois rarement les propriétaires en direct pour ce type de bien.

- Donc, vous n'avez vu que Philippe Reyes. Souvent ?

- 10 ou 11 fois.

Il m'avait assuré qu'il était le mandataire des châtelains.

- Rien ne vous paraissait anormal ? - C'est assez étrange, mais non.

J'ai pu faire

plusieurs visites, il inspirait confiance.

- Et ce n'est plus le cas ? - Hier, je suis passé à l'improviste

pour revoir les extérieurs du château.

Et il m'a annoncé

qu'il annulait la vente. - Hier, quand ?

- Dans la matinée. Au moment où il y a eu

l'accident dans la grande cour.

- Bon, on fait comme ça.

- Mon colonel, je peux vous voir ? - Bien sûr. Bon, mardi.

- D'accord.

- Tu pourrais, de façon informelle, essayer de te renseigner

sur le retour inopiné du lieutenant Zaïdi ?

- Tu crois qu'elle ment ?

- J'ai l'impression qu'elle nous dit pas tout.

- Attends.

Tu veux vraiment la fliquer ? Tu sais ce que ça implique ?

- Ah non, pas du tout.

J'ai pas du tout l'intention de la fliquer, enfin.

Non, je voudrais comprendre. - D'accord.

Je vais essayer de me renseigner sur ce qui s'est passé en Guyane.

- Parfait, mon colonel.

Oui, Célestin ?

- J'ai envoyé

le contrat de la SCI au graphologue

pour analyser les signatures.

- Très bien.

Bon, résumons.

P. Reyes

profite de Noémie pour vendre le château illégalement.

- Il trouve un acheteur

et se fait passer pour le représentant des Laurentis.

- Grâce à la SCI.

- Noémie l'apprend.

Paniqué, Reyes la tue, annule la vente et s'enfuit.

Pierre Garance m'a donné le numéro de Reyes, c'est une carte prépayée.

On a dû recevoir le résultat du bornage.

Il émet toujours.

C'est pas très malin, ça.

- Au contraire, il est dans le château,

et nous, on cherche autour.

- Mais on a fouillé le château. - Alors, on a mal cherché.

- Attendez, attendez. Je crois que j'ai une idée.

- Bon, le téléphone

a borné sur un périmètre qui correspond

à l'ensemble du château.

Je sais, ça fait

pas mal de planques possibles, mais prenez ça comme un jeu.

On va s'amuser. Go.

- "Est-ce que monsieur..."

Bon, entrez.

- Je viens des archives.

- Bon, papa, tout ça fait remonter tes passions médiévales, mais je...

- Non, Léa, écoute-moi.

Dans la remise du château, là où j'ai trouvé le Carnabaryl,

la taille de la pièce m'a frappé,

elle me semblait plus petite

que ce que j'avais vu de dehors et regarde ce que j'ai trouvé.

Ce sont les plans du château qui datent de 1962.

Ils ont été édités pour son classement. Regarde.

- Att...

- Juste là.

Tu vois ?

- Oui : "remise".

- Oui, et ?

Tu vois pas ?

Là !

Il y a 10 m2 qui n'existent plus.

- Ah... 10 m2 ?

- Enfin, environ. Mais tu vois ce que je veux dire ?

Non ?

Bon, il y en a un qui va me comprendre.

Paul, il y a une pièce secrète

dans la remise.

Voilà.

Non, c'est toi qui es génial. Puis on se comprend. T'es où ?

- Oh, tiens ?

Ca a coupé.

Papa, expliqué comme ça, moi aussi,

je peux comprendre.

- Anthony, tu peux m'aider ? On va bouger ce meuble.

Bingo !

Antho, appelle une ambulance.

Non, appelle un légiste, il est mort.

- Il y a des hématomes sur le torse,

mais c'est le coup au crâne qui l'a tué.

- Une idée

de l'arme du crime ? - Pas précisément.

- Vu le nombre d'armes médiévales qu'il y a ici, on a le choix.

Bon, j'imagine

qu'il a été tué sur place ?

- Je confirme, oui.

- Ah ben, dis donc.

- Salut, Paul. On n'a pas été trop longs ?

- Si.

- On pouvait entrer que Léa et moi, j'avais besoin d'un peu de place.

- C'est exigu et sans fenêtre, c'est pas recommandé pour vous.

- Ah oui, tu es toujours claustrophobe ?

- Hé, tu t'es vu, toi, avec tes... - Chut, j'ai un message du labo.

- C'est le moment de rentrer.

- Ciao. - Ciao.

- Alors...

Ben, il est où ? - Qui ?

- L'insecticide retrouvé par mon père a bien empoisonné Noémie.

- Bonne nouvelle.

- Sauf que les empreintes, sur le bidon, ne sont pas celles de Reyes.

- Il n'a donc pas empoisonné Noémie. - Non.

Imagine : le promoteur débarque à l'improviste,

Philippe Reyes veut s'en occuper discrètement,

donc il demande à Noémie de le remplacer sous l'armure.

- Oui, mais Philippe Reyes est mort.

- Il était peut-être visé par l'empoisonnement.

Noémie serait une victime collatérale.

- Donc j'avais raison : il était amoureux,

du coup, il a arrêté la vente. - C'est ton côté romantique, ça.

- Reste à savoir qui pouvait lui en vouloir.

- Tu étais passée où ?

- Je remplissais la paperasse pour mon retour, où sont les autres ?

- Scène de crime.

- Nouvel homicide ?

- Philippe Reyes.

- Merde. - Comme tu dis.

- Et on a une piste ?

- Comme tu vois, j'étudie son passé.

- Je l'ai déjà fait.

- Oui, mais manifestement, tu n'es pas remontée assez loin.

Voici le site des anciens élèves de la fac de Saint-Etienne.

- Merde.

- Comme tu redis. Je préviens la commandante.

- Qu'a-t-on fait pour que le sort s'acharne

contre nous comme ça ?

Que peut-on faire ?

- Nous essayons d'en savoir plus

sur la manière dont P. Reyes

a intégré la troupe.

Comment il a été recruté, par qui ?

- Alors, nous nous occupons

très peu de la gestion de la troupe.

Il faut voir avec Fabienne.

- Oui, Fabienne Lagarde. Ou avec vous, Eléonore.

Non ? - Pardon ?

Je le connaissais peu.

- D'accord.

C'est marrant, ça.

Parce que nous avons découvert

que vous étiez dans la même faculté

à Saint-Etienne.

- Vous savez combien il y a d'étudiants dans cette fac ?

- Non, pas du tout.

Mais on sait qu'il y avait

5 membres au bureau des étudiants.

Dont vous et Philippe Reyes. Vous vous connaissez donc

depuis 20 ans.

- Nous voulons vendre le château depuis longtemps, Charles et moi.

On n'en peut plus de cette vie et on n'a pas les moyens

d'en reconstruire une autre. - Et Noémie s'y opposait, c'est ça ?

- Oui, tout est en indivision, impossible de vendre sans elle.

Je l'ai suppliée,

mais rien à faire, elle aimait cette vie.

Elle se moquait que je n'en veuille plus.

- Comment connaissiez-vous les talents d'escroc de Philippe ?

- C'était à l'époque de la fac.

Il était capable de séduire n'importe qui.

Jusqu'à la secrétaire de l'université

pour avoir accès aux notes.

Plus tard, j'ai appris qu'il menait une vie

un peu rocambolesque.

- Qu'y a-t-il de rocambolesque à arnaquer des filles fragiles ?

Ca vous a donc donné l'idée

de faire appel à lui.

- Oui, pour lui forcer la main.

Elle serait repartie avec 1 million.

- Il y a des choses qui ne s'achètent pas.

- Je l'aimais pas beaucoup.

Elle jubilait de me voir souffrir au château, mais j'ai tué personne.

- La signature de Noémie est un faux, mais pas celle de Charles.

Avec Eléonore, ils sont bien complices de l'arnaque.

- Ils étaient vraiment prêts à tout pour vendre leur château.

- Mais Philippe est tombé amoureux de Noémie

et allait tout lui révéler.

- Donc Charles et Eléonore le font taire.

- Ils connaissaient le passage secret.

Mais on n'a aucune preuve contre eux.

- On a une dernière chance.

J'ai envoyé leurs empreintes au labo

pour les comparer à celles relevées sur le baril de Carnabidon.

- Le bidon de Carnabaryl. - Oui, c'est ça.

- Un petit truc pratique, M. de Laurentis.

Quand vous manipulez du poison,

l'idéal est de mettre des gants pour ne pas laisser d'empreintes.

- Pff !

Comprenez-moi.

Mon épouse n'en pouvait plus de cette vie.

Elle était sûre que Philippe allait nous aider à vendre le château.

- Bon.

Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Petit à petit,

je me suis rendu compte que Philippe, c'était pas juste un...

Un petit délinquant comme ça.

Il se vantait d'avoir monté des arnaques énormes.

- Ah, vous aviez pactisé avec le diable.

- Quand il nous a annoncé qu'il abandonnait la vente,

j'ai paniqué.

Il allait se retourner contre nous.

On lui avait tout donné, tous les papiers.

On l'avait mis à la tête de la SCI.

- Et par amour pour Noémie, il a voulu arrêter.

- Ca me paraissait impossible,

alors, j'ai cherché comment nous en débarrasser.

- Avec votre femme ?

- Non, elle n'était pas au courant.

Quand j'ai découvert Noémie dans l'armure...

j'étais dévasté.

- Mais vous avez fini le boulot en tuant Philippe Reyes.

- Pas du tout.

J'étais pris d'un tel remords que je ne voulais plus le tuer.

- Ah.

C'était un accident,

ça aussi ?

- Je suis allé dans la pièce cachée, derrière la remise.

Pour me recueillir.

C'est là qu'on se cachait avec ma soeur quand on était petits.

- Et Philippe vous a suivi. - Il était comme fou.

Il disait qu'il l'aimait, qu'il fallait que je paye.

Il avait une masse.

J'ai essayé de le raisonner.

Alors, on s'est battus.

J'ai pu lui arracher des mains. - Et ça s'est mal terminé.

Et vous avez camouflé le crime, tant bien que mal,

en faisant croire à son départ.

- Quel gâchis.

- Dis-moi. - Oui ?

- Tu me montres ton profil ? - Mon profil ?

Euh... ouais. - Vas-y, montre.

- Attendez.

Voilà.

- Très sympa, ton aisselle en photo de profil.

Description : "Diplôme de secours civique de niveau 2 et permis B."

J'espère que tu as tes 12 points. - Oui, je l'ai mis, regardez.

Ca montre que je suis prudent. - Mais Erwan,

tu dois donner envie à une fille, pas à une boîte d'assurances.

Faut tout reprendre. - Comment ça ?

- Alors...

"Doux, cultivé..."

- "Tendre" ?

- Ben oui, non ?

Oh...

- Devine ce que je t'ai préparé. - Je sais pas, des lasagnes ?

- C'est ça. Je pensais te faire plaisir.

Ton assiette. - Ca me fait plaisir,

j'adore ça.

- Tiens, chéri.

Et ta journée ?

- Tu vas pas manger ça ?

C'est pas bon pour ce que t'as. - Comment ça ?

J'ai grossi, c'est ça ? - Non, pas du tout.

Mais protéines plus féculents, ça fait prendre de la masse et toi,

tu dois être svelte, affûtée pour ta course.

Je t'ai prévu un planning d'entraînement pour être au top.

Faut pas que tu te ramollisses. - Que je me ramollisse ?

Ah oui.

50 km demain, ça fait beaucoup, non ?

Puis niveau régime,

c'est régime, là.

- Et demain, c'est à jeun. Ca permet

de resynthétiser le glycogène. - "Glycogène", c'est vilain, ce mot.

Ca m'écorche les oreilles. - Bon, tu sais quoi ?

Je vais le prendre.

C'est pas bon pour toi, ça. Hop !

Une salade, c'est pas calorique. - T'es pas sérieux ?

- Là, et pas de vinaigrette.

Ca aussi, c'est trop calorique.

Puis couche-toi tôt parce que demain,

je te réveille à 5h. On sonne.

- OK, bon appétit, Thomas. - Merci.

Dépêche, ça va refroidir. - Ce que t'es drôle.

...

Papa ? - Bonsoir.

Je te dérange ?

- Pas du tout, je faisais le point avec mon coach.

- Ton coach ? - Non, c'est rien.

Tu veux des lasagnes ? - Non, merci.

Je dîne avec ta mère. Elle veut parler.

- Alors, ne lui coupe pas la parole, même si elle t'agace.

- Promis. - Ca te fait pas plaisir ?

- Si, mais je suis pas venu pour ça. - Pardon, je t'écoute.

- Inès n'est pas revenue à cause d'un désaccord avec son commandant.

- Elle est revenue à cause de quoi ?

- Raisons de santé.

Bon, je vais être en retard.

Et tu connais ta mère. - Oui, embrasse-la pour moi. Bisous.

- Bisous.

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