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Yoruba
Zulu
...
- Je me demandais
si tu viendrais.
- Tu vois, je suis là.
- Je te pensais pas si bouillonnante.
- J'ai beaucoup de choses à extérioriser.
Assieds-toi.
J'ai une surprise.
- Pour toi ou pour moi ? - C'est moi, la flic.
Téléphone.
...
- Maintenant ?
- Si on jouait.
- C'est quoi, le jeu que tu as en tête ?
- Le jeu
s'appelle la vérité.
On y joue quand on n'a plus rien à perdre.
Une règle : tout dire pour rester en vie.
...
Coup de canon.
...
- Je déclare ouverte
la 16e édition de Sète en musique.
- OK, Tania. Karim,
on va attaquer les balances.
- Dans le cadre découverte des talents de demain
du festival de Sète en musique, je vous présente une amie.
- C'est quoi,
ta surprise, Paul ? - C'est une surprise.
- J'ai annulé mon cours de yoga... - Je sais. Chut !
Elle chante.
Surprise. - C'est Camille ?
- Oui.
- Non !
...
- Tu savais qu'elle chantait ? - Je le savais, oui.
...
- Une gendarme qui chante. - Oui.
- Enorme.
- Je comprends Erwan. Elle est superbe.
- Quel rapport ?
- Il craque sur elle.
- Mais non. - Si.
- Erwan ? - T'es le seul à pas savoir.
- Ah bon.
...
- Waouh ! - C'est son truc.
- J'ai la chair de poule. Merci.
- Je l'adore, lui. - Son nom ?
- Arno Alyvan. J'ai ses albums.
- Je suis moins fan.
- Tu aimais ça, le rock, avant. - Plus jeune.
- Il a du style.
Musique rock.
Ballade rock.
- Ah ben, voilà.
Ca, c'est de la musique.
C'est mélodieux, doux. - Un slow, quoi.
- Oui, un slow. - C'est joli.
...
- Tu sais que la 1re fois
qu'on a dansé, c'était un slow.
- Je sais. Arrête, Paul. T'es lourd.
Tu m'as soûlée.
Allez. - C'est bon.
- Ca fait une heure qu'on est là.
Oui, Camille. J'allais vous appeler.
On est au théâtre de...
- Parlez doucement. Je comprends rien.
- Vous êtes où ?
- Je suis à l'hôtel de Quentin. On avait rendez-vous.
- Le directeur du festival. On devait se voir.
Il est mort, commandant, avec mon arme de service.
Vous ne touchez à rien.
Vous sécurisez le périmètre et on arrive.
On arrive, Camille.
- Je te rappelle.
- Je suis venu dès que j'ai pu. - Quentin Vidal, 45 ans.
Marié, père d'un enfant d'un 1er mariage,
producteur de musique et directeur du festival,
qu'il avait racheté...
- Au printemps.
Le festival était au bord
du gouffre
et la mairie cherchait des fonds privés.
- Quand Camille est arrivée, il y avait ça.
- Pour cacher la détonation ? A quelle heure la musique
a démarré ? - 15h10
selon les voisins. Ils n'ont pas entendu de tir.
- Et la porte ?
- Elle a pas été forcée.
- Les caméras ?
- On les a pas vérifiées.
- Non ! - L'arme, c'est vraiment celle de...
- Oui, c'est vraiment celle de...
- C'est votre fils.
- Non. C'est le fils de Quentin.
Je l'ai quasiment élevé.
- Il est où, là ?
Il est rentré à Paris, ce matin.
On pourrait ouvrir un peu ?
- Oui, bien sûr.
Vous habitez ici avec votre mari ?
- On envisageait de s'installer dans la région
pour s'occuper pleinement du festival.
- Vous savez si votre mari
avait des conflits...
- Je suis pas au courant.
- Madame Vidal, vous pouvez me parler.
Je veux dire, vraiment.
Il s'est passé quelque chose ?
- Il y a eu un petit souci avec Thibault
qui a créé le festival, mais c'était réglé.
Thibault avait peur que Quentin
ait acheté le festival pour placer des artistes de son label.
- Je comprends, il avait intérêt à rentabiliser son investissement.
- C'était un homme bien.
Un passionné.
Pas un simple businessman.
- D'accord. - Et ce matin,
Quentin avait promis à Thibault de respecter sa vision du festival.
- Que faisiez-vous à la générale ?
- Marchal voulait me faire une surprise.
Pourquoi Quentin Vidal souhaitait
vous voir à l'hôtel ? - Non, il m'a envoyé un texto.
- Vous étiez proches ? - Je l'ai rencontré il y a 3 jours.
- Et ça vous a pas semblé bizarre ?
- Non, parce que c'est le directeur du festival et que voilà...
- OK, Camille.
Comment votre arme a pu se retrouver sur la scène de crime ?
- Depuis que c'est autorisé, je la garde sur moi.
Je fais hyper gaffe. Je l'avais mise dans le coffre
pendant la générale. - Quel coffre ?
- Dans le bureau de Tania et Thibault.
- Thibault ? - Thibault Garric,
le créateur du festival.
- Je l'ai entraperçu.
Tania, c'est la jeune fille
qui présente ? - Et ma meilleure amie.
Elle assiste Thibault. Ils bossent ensemble.
- OK.
On va vous entendre à la gendarmerie.
- Non, non, commandant.
Mettez-moi en garde à vue.
Celui qui a fait ça savait que j'avais mon arme.
On m'a piégée.
- Les nouvelles vont vite, mon colonel.
- Je transfère l'affaire. Votre équipe est trop impliquée.
- Non... - Vous travaillez avec elle,
le lieutenant, depuis 3 ans.
- Pas le capitaine Vanier.
- Vous êtes d'accord pour qu'elle dirige l'enquête.
- Comment ça ?
- L'enquête sera sous la direction du capitaine Vanier.
Bonne idée.
- Je vous remercie. Elle sera pas d'accord.
- Elle a accepté.
- Elle a accepté ?
Tout ça,
c'était du bluff.
- Je commence à vous connaître. Ne me décevez pas.
- Tu confirmes la mort vers 15h ?
- Oui, avec une marge d'erreur de plus ou moins une heure.
- Il y a autre chose ? - Pas de traces de poudre.
Les lésions indiquent que le coup a été tiré de 1 à 2m.
- On élimine le suicide ? - Oui.
Il était immobile et regardait le tueur dans les yeux.
- Il n'était pas immunisé contre les gendarmes ?
- Pardon ?
- Mauvaise blague.
J'aurais voulu enlever Camille de la liste des suspects.
- Tu te retires pas de l'affaire ? - Non.
Vanier pilote. Vu ses relations avec Camille,
ça compensera.
- Mais Camille et toi, vous êtes...
- Equipiers, 12 heures par jour. Tu m'envoies les résultats ?
- Il y a 10 ans, je suis allé aux concerts de Tania et Camille.
Elles remplissaient les salles.
- Tania, la présentatrice ?
- Camille a repoussé son bac pour la tournée.
- Pourquoi tu me dis ça ?
- Parce que je l'aime bien.
12 heures par jour ne suffisent pas pour bien connaître quelqu'un.
- Tu la soupçonnes ?
- Moi, non.
Chacun son métier.
- Camille sera isolée pendant l'enquête.
Elle fera ses rapports. La porte, s'il te plaît.
Paul, je veux que tu envisages
tous les mobiles possibles de Camille.
Léa, je voudrais...
- La musique s'est déclenchée... - Excusez-moi, mais le bureau,
ça fait partie du deal ?
- Si la musique
a été déclenchée dans la chambre...
- La musique, c'est une hypothèse. Le bureau, c'est ainsi.
Il est mieux de ne pas faire de favoritisme.
Commandant.
- Capitaine ? - Qui avait
accès à son arme ?
- Et pourquoi donc Quentin Vidal... - Avait-il convoqué Camille ?
T'as moins d'autorité.
- Aucun rapport avec l'autorité. - J'aime bien.
- On est d'accord ?
- D'accord sur quoi ?
- On n'a pas
le choix. - C'est moi qui vais fouiner ?
D'habitude, c'est lui.
Ca va me soûler.
- Non, je t'accompagne. En binôme, c'est vraiment mieux.
- Je prends mon sac.
Vous voulez mon sac ?
Ma voiture ?
- On prend la mienne.
- Tu fermes la porte. Mais je rêve, quoi !
...
- Qui connaissait le code ? - Tania, Quentin Vidal
et Karim, le mari de Tania.
- Bonjour. Vous avez fait un relevé d'empreinte ?
Je vous prends ça. Merci.
Vous savez pourquoi
Quentin Vidal souhaitait voir Camille à son hôtel ?
- Pour qu'elle se remette à la musique.
Je lui avais montré des vidéos
et il était impressionné.
- Vous avez la combinaison ? - 3209.
- 3209.
C'est pour ça qu'il l'a engagée ?
- C'est Tania qui l'a appelé. On a eu un désistement.
Il fallait quelqu'un en urgence. - Tania ne pouvait pas le faire ?
Elle chante.
- Non, j'avais besoin d'elle
pour présenter le festival. - Des artistes
se changent ici ? - Non. Pourquoi ?
- Parce que...
cette boucle d'oreille appartient à Camille.
On lui a offert pour ses 30 ans.
Vous pouvez m'expliquer comment elle s'est retrouvée là ?
- Vous êtes 4,
4 personnes à connaître le code du coffre.
Tania, Karim, Thibault et toi.
Tu couches avec l'un d'eux et t'as rien dit ?
- Je couche pas... - T'es enquêtrice.
T'aurais dû donner cette info.
Ta boucle d'oreille
sous le bureau, c'est plus flirter.
- OK, je...
Thibault et moi, ça commence à devenir chaud
mais si on couche, je vous préviendrai.
Je vois pas le rapport
avec la mort de Quentin.
- On a trouvé ce message dans son téléphone.
C'est Thibault qui lui a envoyé, ce matin.
Tu vois le rapport, maintenant ?
- "Je t'interdis d'utiliser Camille pour te venger."
Je comprends pas.
- Décris-moi ta relation
avec la victime. - Je n'en ai pas.
- Tu dois me donner ton portable.
- Je peux enlever des trucs perso ?
- Je crois pas, non.
- Si Thibault pensait que j'étais en danger,
pourquoi il m'a pas prévenue ? - Il pensait régler le problème.
Bon, il est...
Il est 16h50.
A partir de cette heure, vous êtes placée en garde à vue.
Désolée.
- Léa, Camille est en garde à vue.
Elle a pété un plomb ? - T'aurais
fait quoi, toi ?
- J'aurais refusé de diriger l'enquête.
- Ben voilà, sauf qu'elle, elle l'a acceptée.
- Dites-moi qu'il y a du nouveau. - Oui.
Thibault n'aurait pas supporté que Quentin drague Camille.
- Il peut pas l'avoir tué. Il était à la générale.
- C'est là
que tu devrais ressortir ton idée de musique allumée.
- Oui, pendant 15 minutes.
Impossible de faire l'aller-retour. - Thibault, Tania et Karim
ne sont plus suspects ?
La seule à ne pas être remontée
sur scène, c'est...
Camille ! Vous m'aidez pas.
- On fait quoi ? - Tu prouves
que le tueur a pu faire l'aller-retour en moins de 15 min.
- J'ai un mail de Quentin.
Il aurait proposé à Tania d'enregistrer une maquette.
- En quoi, c'est un mobile ?
- Elle explique qu'elle veut pas que son mari soit au courant.
- Il aurait tué le producteur pour empêcher
l'album ? - J'en sais rien.
C'est à creuser.
- Bon travail, commandant. J'envois Erwan interroger Karim.
- Merci, capitaine.
- Qu'est-ce qu'elle a, Vanier ? Elle s'est acheté des barrettes ?
- Je suis pas comme ça, moi ?
- Super ! Merci !
Musique entraînante.
...
- OK, on fait la pause. Cinq minutes, tout le monde.
- Elodie veut que le festival ai lieu malgré tout
Pour Quentin.
- Quand elle veut quelque chose...
Comment avez-vous réagi
quand vous avez découvert que Tania négociait avec Quentin ?
On a découvert que vous lisiez ses mails.
Vous êtes jaloux à quel point ? - Vous insinuez quoi ?
- J'insinue rien. Comment avez-vous réagi ?
- J'ai appelé la maison de disques à Paris.
J'ai dit que Tania avait changé d'avis.
C'était pour la protéger.
- La protéger de quoi ? - D'elle-même.
Pendant des années, elle a voulu être chanteuse.
Elle se prenait des portes, mais elle continuait.
Quand on s'est mariés, on s'est juré que c'était terminé.
- Ca aurait pu être sa chance.
- Enregistrer une maquette, c'est rien.
Tania allait
se remettre à y croire et avoir mal.
C'est pour ça qu'elle m'a rien dit. - Elle a pas su pour votre appel ?
- Non. Elle a reçu un mail du service juridique
qui annulait le contrat.
Elle était dégoûtée.
- Karim aurait voulu donner un mobile à sa femme,
il aurait agi ainsi.
- Tania aurait pu tuer Quentin ?
- C'était peut-être la fois de trop.
- On tue pas
pour ça. - T'aimes pas la musique.
Si, je trouve que ça se tient.
- C'est votre contribution, capitaine ?
- Hmmm...
- Compte-rendu des vidéos pour demain matin.
- Hmmmm...
- C'est un ordre. - Mais non, moi ?
Non, j'en ai pour la nuit.
- Eh bien, bonne nuit, alors.
- Merci de m'avoir évité la nuit en cellule.
- Vanier m'a dit de te rendre ça.
- C'est toi qui t'en es occupé ? - Hmmm...
- Donc, t'as vu tout.
- Ton téléphone prend de belles photos.
- Non, mais Thibault et moi, c'est pas sérieux.
Je l'aime pas.
- J'ai surtout vu tes vidéos de concert.
C'est vachement bien.
Pourquoi tu m'as pas dit que tu chantais ?
- Flic qui chante.
C'est pas sérieux.
- Comment je peux savoir si tu dis rien ?
- Non, mais c'est pas contre toi.
- Je pensais que j'étais plus qu'un collègue.
...
- Tu fais des réserves pour la Bretagne ?
- Oh, arrête !
C'est aujourd'hui que Julien
a ses résultats. - Ca va aller.
- Mais non, j'ai des palpitations, je stresse, je regarde
mon téléphone toutes les 20 secondes.
Mon téléphone, tu l'as vu ?
- Transat. - Ah oui.
- C'est ce soir que tu sais
si tu pars
à Rennes à la rentrée ?
- Oui.
Sauf que je veux pas partir.
- Tu trouves pas ça bizarre ?
A part papa,
personne sait
où on sera dans 3 ans. - C'est vrai.
Et toi, ton année sabbatique, tu veux la faire loin ?
- Tu m'imagines en entretien ? "Une année sabbatique, très bien.
Vous l'avez faite où ?"
"Principalement chez mon père,
"sur la terrasse.
Sinon, le mardi à la piscine."
- Tu vas me manquer si je pars.
- Toi aussi.
Ce serait cool
que maman remballe son caractère et fasse la paix avec le colonel.
S'il l'envoie à dache,
ça va être compliqué. - Maman, remballer son caractère,
c'est pas gagné.
- Bonjour, Arnaud.
Guillaume.
Elle cogne sur le bureau.
Alors, capitaine Marchal, la nuit a été longue ?
- Pas d'images de Tania à l'hôtel le jour du meurtre.
- Ah... - Mais...
par les cuisines et l'escalier de service,
on se rend à la chambre sans être filmé.
- Par les cuisines.
- Hmmm...
- Il faut être allé à l'hôtel
pour connaître l'astuce. - Oui.
Comme Tania, il y a 3 jours.
- Bien. Un petit café ?
- Non, merci.
Chute d'un gobelet. Oups...
Tania, voilà ce que je vous propose.
Vous me dites tout... et ensuite,
vous choisirez ce qu'on écrira sur le procès-verbal de l'audition.
- Pourquoi vous feriez ça ?
- Par amitié pour Camille.
Quels étaient vos rapports avec Quentin Vidal ?
Bon...
Reprenons depuis le début.
Vous êtes allée à l'hôtel de Quentin 2 jours avant sa mort
pour parler de la maquette de l'album qu'il avait promis ?
- Oui, on devait parler du contrat.
- Sans que votre mari soit au courant.
Il vous aurait demandé de renoncer.
Vous avez réagi comment quand le contrat a été annulé ?
- Je me suis dit que j'étais conne d'y avoir cru.
- Et vous avez tué Quentin. - Non.
- Pourquoi Quentin a choisi l'hôtel ?
Vous étiez amants.
Je vous ai promis que ça sortirait pas d'ici.
- Il faut rien dire à Karim.
Il me le pardonnerait pas.
Je comprends pas comment j'ai pu.
Karim, je l'aime.
Je me dégoûte.
- Il est bon quand il veut.
- J'allais dire que... - Elle est sincère.
- Que j'étais ?
- Que t'étais...
- Elle est pas coupable.
- Non.
Il faut interroger le mari. Il a dû découvrir la relation.
- La femme de la victime aussi.
Paul, tu t'occupes de Karim.
Vous, d'Elodie Vidal. - Non.
- Pardon ?
- Je vais réinterroger Tania. Elle a honte, je connais ça.
- J'aimerais qu'on suive...
mes directives.
avec Quentin Vidal.
et maintenant, le méchant.
C'était la semaine dernière. - Il vous plaisait ?
- Non, pas du tout.
- Vous embrassez souvent des hommes
qui ne vous plaisent pas ?
- Je sais pas.
Il m'a caressé le bras, le dos,
il m'a fait des compliments sur mon corps,
sur ma voix.
- Ca vous a plu ? Ca vous a excitée ?
Je sais pas.
C'était mon nouveau patron.
- Contre la promesse d'un album, vous vous êtes laissé embrasser,
voire plus, 2 jours après à l'hôtel.
Arrêtez, Tania.
Arrêtez.
Dites-moi ce qui s'est passé.
- Il m'a dit qu'il pensait tout le temps à moi.
Qu'il avait jamais ressenti ça.
Il s'est approché...
Je l'ai repoussé.
Il m'a dit que c'était trop tard,
que je l'avais déjà embrassé une 1re fois
et que Karim me pardonnerait pas s'il l'apprenait.
- Vous avez cédé ?
Je suis restée là,
à me laisser faire comme une pute.
- Non, pas comme une pute.
Comme une victime.
- Je me suis laissé faire. - Vous n'étiez pas consentante.
Il vous a fait du chantage.
Il a profité de votre état. La loi est claire.
Ce que Quentin Vidal vous a fait subir, c'est un viol.
- Camille ! - Je sais pas !
Elle m'a pas confié de secret.
Bon, OK.
Tu n'as rien remarqué d'étrange dans son comportement ?
Tu viens de me dire qu'hier, elle a failli
renoncer à présenter le festival. Pourquoi ?
- Je sais pas, le stress ! J'en sais rien, elle m'a rien dit !
- Elle n'est pas ta meilleure amie ? - Et vous ?
Vous savez pourquoi ?
Il s'est passé quelque chose.
Dites-moi. - L'important est ce que tu sais.
- Je sais rien !
- Bonne intuition
pour le viol.
- Merci, Paul, c'est gentil. La même intuition
me fait dire que Tania est innocente.
- C'est bien quand on bosse ensemble sur le terrain.
Je préfère quand même mon bureau.
Ca va durer combien de temps ?
On parle du colonel ? C'est quoi,
ta stratégie pour rester ?
Léa, tu vas te battre, non ?
Parce que quand je te vois avec Camille ou Tania,
c'est très important
de t'avoir avec nous.
- Des victimes et des collègues, y en a plein les gendarmeries.
- Oui, c'est une façon de voir.
Sinon, les enfants et moi, on est à Montpellier.
Ah, putain... La bonne nouvelle.
- Je te remercie. Cache ta joie.
- Il est possible de faire l'aller-retour en 15 minutes.
Quelqu'un a pu aller à l'hôtel.
- Et merde !
- Cache ta joie.
- Victime de chantage sexuel.
Tania a fait des recherches.
- Donc, elle était pas dans le déni.
Elle voulait se libérer de ce poids.
Je veux absolument la faire parler. Paul, à plus tard.
- Elodie a dit avoir déjà soupçonné son mari de l'avoir trompée,
mais elle se doute de rien. - Lui non plus et il semble sincère.
- Tania a gardé tout ça pour elle. - Elle a peut-être perdu pied.
C'était elle ou Quentin.
- Je vais demander au commandant de réinterroger Tania.
...
- Sécurise tes mots de passe, Erwan.
en rester là, Tania ?
vous me dites ça ?
on a retrouvé
des dizaines de pages de conseils pour les victimes.
Il disait que je l'obsédais,
qu'il en voulait encore.
J'allais perdre Karim, j'allais perdre mon travail.
- Récolter des preuves, demander de l'aide.
- Vous les avez suivis ? - J'ai...
essayé d'en parler à Thibault. C'est mon supérieur.
- Comment a-t-il
réagi ?
- Il m'a dit qu'il y avait rien à faire.
C'était ma parole contre la sienne.
Que je n'avais aucune chance.
-Hier matin.
- Thibault n'est pas dans son bureau.
Il répond pas. - Il n'a pas défendu Tania,
mais pourquoi disparaître ?
C'est le seul qui peut attester de sa version.
- Quentin allait-il le garder
comme directeur ? - Oui.
Mais on a retrouvé un mail
qui disait qu'il avait trouvé un remplaçant.
- Milieu de semaine dernière.
hier matin.
Donc, quelqu'un va se retrouver sur le carreau.
Je demande à Erwan de localiser Thibault.
- D'accord, oui, bisous.
Téléphone.
- Maintenant ? - Si on jouait.
...
- C'est quoi, le jeu que tu as en tête ?
...
- Le jeu...
s'appelle la vérité.
On y joue quand on n'a plus rien à perdre.
Une règle : tout dire pour rester en vie.
- Tu me fais quoi ?
- Tania s'est fait violer. T'as rien fait.
- On sait pas ce qui s'est passé. - Je t'ai entendu avec Quentin.
T'as dit : "Si je coule, tu coules avec moi."
- Détache-moi. - J'avais pas compris au début.
T'as dit :
"Si tu me vires, je te balance."
- Arrête, Camille ! Tu ignores tout.
Enlève ton flingue et je dirai rien.
- J'en ai rien à foutre.
Ma meilleure amie s'est fait violer
et tu penses qu'à toi.
Elle a tué Quentin
par ta faute. - Détache-moi.
- Erwan, t'as localisé Thibault ?
Camille a disparu
avec mon arme. - C'est pas vrai.
- Evitez d'en parler
à Vanier.
- Erwan, Camille a toujours
sa voiture dorée ?
- T'avais qu'à dire à Quentin de lui foutre la paix.
- Ca aurait changé quoi ? Il l'aimait.
- T'es un grand malade.
T'as 10 secondes pour me dire que Tania est venue
te voir et t'as pas voulu l'aider. - Tu déconnes.
- 9...
8...
7...
3...
2...
- Il est mort !
- Pour Tania,
ça change tout.
- Elle est devenue dingue. Les clés...
- Fermez-la.
Tania risque la prison à vie.
Sauf, si vous parlez.
- Elle a essayé de me tuer !
- J'ai rien vu, moi.
Vous vous êtes servi du viol
pour rester en poste.
- J'ai consacré ma vie au festival.
J'allais tout perdre,
ma passion, mon salaire, peut-être la garde ma fille.
- Oui ou non ?
- Oui.
J'ai convaincu Tania
de rien dire.
Quentin me gardait.
- J'aurais jamais utilisée
une arme chargée.
Je suis désolée, je...
Quand j'ai appris pour Tania, j'ai pété les plombs
et j'ai pas réfléchi. J'ai vu ton arme...
- Je sais. Et Garric ne porte pas plainte contre toi.
- La mauvaise nouvelle,
c'est quoi ?
Conseil de discipline ?
La suite, on la connaît.
Juste un truc, Erwan.
Si jamais Tania avoue le meurtre, préviens-moi. OK ?
Je préfère savoir
que de continuer à me torturer.
T'es sérieux, là ?
- C'est la procédure.
Je suis désolé.
- La connerie de Camille la disculpe.
Elle cherche
des circonstances atténuantes, car elle croit Tania coupable.
- Pour Camille, tu vas faire quoi ?
- Je sais pas, Paul.
Sophie est chargée de l'enquête et je réfléchis.
- Mais...
- Ce qu'elle a fait est grave. Je suis convoquée chez le colonel.
Je la laisserai pas tomber.
- Pour le meurtre, on a plus que Tania et Karim.
- J'ai creusé l'histoire de remplaçant.
Aucune trace de CV.
- Quentin le connaissait.
- Dans ses bureaux, à Paris, ils ne savent pas qui c'est.
- Oui.
- Et si c'était
sa femme ? Ils font tout ensemble.
Ils se sont installés ici pour le festival.
- Tu l'as interrogée. Pourquoi elle...
- Imaginons.
Quentin lui promet le poste, mais entre temps,
Thibault le fait chanter.
Il est coincé et dit à sa femme que c'est plus possible.
Elle cherche et découvre tout.
- Et le prend mal.
Il y a quand même un truc à vérifier.
- Quoi ? - Viens.
- Je dois voir
le colonel. - Pour Camille.
- Je vais
me faire pourrir.
Je prends ma voiture. - Tu me suis.
- Allez, Marchal ! Plus vite !
Allez !
Allez, allez !
8 minutes 30.
Ce que t'étais et que tu es devenu. - Et encore... il y a qu'un trajet.
J'ai bombé comme un lapin.
15 minutes pour un aller,
plus un retour, plus un meurtre,
c'est impossible. Je suis déçu d'avoir raison.
- Qu'est-ce qu'on oublie ?
La musique s'est déclenchée à 15h10, à la pause.
- Plus tôt, les voisins
auraient entendu. - Ou si c'était plus tôt,
il aurait fallu autre chose pour couvrir le coup de feu.
- Quel bruit est assez fort pour couvrir des détonations ?
- PUTAIN !
- LES COUPS DE CANON.
Coups de canon
- On n'a rien vu.
- Hé hop !
- Pourquoi tu ris ?
- T'es marrante. T'es toute excitée.
- Pas du tout.
- Si, si.
- C'est pas ça. - Excusez-moi !
Il se passe quoi ?
- Ah oui, le meurtrier a voulu nous faire croire que le crime
avait été commis
à 15h avec la musique.
- Mais il était déjà reparti.
- Qui a mis la musique ?
- Personne.
Enfin, si, si, le meurtrier,
mais bien avant.
- Il y a une fonction
radio-réveil.
C'est pratique si tu veux te forger un alibi.
- Et le coup de feu ?
- Tiré une heure avant,
pendant les coups
de canon.
- 14h04 ? Mais à cette heure-là,
Camille, Thibault, Tania, Karim
étaient sous vos yeux ?
- Camille est innocentée.
- Vous me dites qu'on n'a plus de suspects ?
Vous vous fichez de moi ? - Exactement.
- Pardon ? - Non.
- Alors, qui est-ce ?
- Qui ? - Le tueur.
- Je te le dirai
une fois coincé.
Je dois vérifier
un truc d'abord.
- J'adore quand il fait ça.
- Oui, les surprises. - A bientôt.
- Je peux savoir pourquoi vous avez voulu qu'on vienne ici ?
...
- Vous avez entendu Quentin au téléphone avec Thibault.
Il lui avait promis votre job.
- Vous pouvez ouvrir la fenêtre ?
- Forcément, ils ont parlé
de Tania aussi.
Ca faisait beaucoup de trahisons.
- En plus de l'avoir violée, il l'aimait...
Il était prêt à me quitter comme il y a 10 ans,
quand il a plaqué sa femme pour moi.
- Vous lui avez pas parlé ? - Je l'ai fait.
Je l'ai menacé de tout dire.
Il m'a dit que j'avais aucune preuve,
qu'il me laisserait sans rien, que je reverrais jamais Titouan.
Je l'ai élevé comme mon fils.
J'aurais pu repartir à zéro, mais pas sans Titouan.
Sans Titouan, je pouvais pas.
- Et pour l'arme ?
- Je me doutais que le code serait la date de naissance de Titouan.
Je suis allée chercher le pistolet avant la générale.
J'ai tué Quentin au 3e coup de canon.
- Vous connaissiez le planning.
Vous saviez qu'il y aurait une pause vers 15h.
L'alibi parfait. - J'étais mariée à un monstre.
Quel choix j'avais ?
- Je te demande pardon.
- Qu'est-ce tu racontes ?
- D'avoir eu peur de... de te décevoir.
Je t'aime.
- On va effacer tout ça.
- Bon, le public va bientôt rentrer.
On chante ensemble ?
- T'es pas censée...
- L'interdiction est levée. - Il va t'arriver quoi ?
- On y va ?
Morceau jazzy.
...
- Elle a pris un otage. - Elle recevra un blâme.
- Elle n'a plus rien à faire ici. - Pas aux vues des circonstances.
Camille a subi des interrogatoires,
l'arme était vide.
- C'est votre décision ? - Oui, c'est ma décision.
- Vous couvrez un dérapage à nouveau.
- Non, arrêtez avec ça !
- Vous appelez ça comment ? - Vous pouvez pas comprendre.
...
- Ma chérie...
qu'est-ce que tu fais ?
Ca va ?
Qu'est-ce qu'il y a ? Raconte.
- C'est Julien. Il n'a pas été pris à Montpellier.
Il part à Rennes à la rentrée.
...
- Le conseil de discipline sera
dans 10 jours et elle sera révoquée.
Et avant la fin de l'été, vous serez plus là.
...
- Ca veut dire que je pars avec lui.
...
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