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...
- Putain, Maxime !
Maxime !
...
- Ce qui m'a le plus plu, c'est ça, la lumière naturelle.
- C'est sublime, magnifique.
- C'est beau, hein ? - oui.
- Je suis content que ça te plaise.
Et le petit plus...
Tadadam ! - La terrasse.
- Ouais, la terrasse. - Oh là là !
Que c'est beau !
- Et toi, tu débarques comme ça chez les gens ?
- Toi, ça t'arrive jamais,
hein ?
Tu l'as gardé... - Oui, je l'ai gardé.
J'allais pas l'effacer.
- Et Alice,
tu la sens comment ?
C'est un vrai courant d'air.
- Elle doit être au bout de sa vie.
- Elle est malade ?
Dis-moi. - Elle a oublié son portable.
- T'es con. - Oh, ça va.
Tu connais son code ?
- Je suis sa mère.
Elle t'a parlé de son mec ? - Non.
- Un SMS ou deux, ça va.
- Maman ? - Ca va, chéri ?
Je viens visiter.
- C'est à Alice, ça.
- Ah oui.
Elle l'a oublié. - C'est fou.
Je vais lui ramener. - Bien sûr.
- Vous avez
de drôles de têtes. - Non.
Bravo, Paul. J'y vais.
- Il faut que je...
- Bonjour. - Bonjour, commandant.
- Bonjour, Camille. Qui est-ce ?
- Maxime Baltard, 55 ans, marié, sans enfants.
- Messieurs, bonjour. - Bonjour.
- Rigidité maximale.
Il est mort depuis plus de 6h.
On l'a poignardé.
On a retrouvé l'arme ? - Pas encore.
On n'a pas retrouvé ses chaussures
non plus.
- On aurait volé ses chaussures ? D'accord...
- Sa femme vient d'arriver.
- Ce visage...
J'ai l'impression de le connaître.
- Maxime Baltard
était le "braqueur volant".
- Qui ça ?
- Il braquait des bijouteries. Sa femme l'a fait évader en hélico.
- Elle avait été arrêtée aussi.
- Et incarcérée.
- Ils sont sortis quand ?
- Il y a 6 ans. Ils ont repris des vergers.
- Vérifie les libérations récentes. - Ca marche.
- Maxime marchait sans chaussures.
Il voulait sentir
la terre sous ses pieds.
Sentir la liberté.
- Il avait des contacts
avec ses anciennes fréquentations ? - Non. C'était fini les conneries.
Il m'avait promis.
Il a fait 10 ans de taule
et moi deux.
On s'était juré de jamais y retourner.
Maxime et moi, on avait besoin d'air.
Ici,
on profitait l'un de l'autre, on se quittait plus.
- Pourtant,
vous n'étiez pas là cette nuit, Mme Baltard.
- J'étais chez ma mère. Je reste avec elle les lundis
et mercredis soirs.
Je dors là-bas. - Et votre mari
ne venait pas ?
- Non. C'était un solitaire. - Il se promenait souvent la nuit
dans les vergers ?
- Depuis peu, on a des soucis d'irrigation,
des canalisations percées.
Il m'a appelée hier soir.
Il vérifiait que tout allait bien.
- Vers quelle heure ?
- Je dirais vers 23 heures.
- Vous êtes arrivé à quelle heure ?
- 7 heures,
comme tous les matins.
- Vous n'avez rien vu d'anormal ? - Seulement le corps de Maxime.
- Vous travaillez ici
depuis quand ? - 2 ans.
- Et ça se passait bien ? - Bien.
- C'est un vrai plaisir de discuter avec vous.
- Je parle pas aux flics.
- Sujet, verbe, complément. Ca surprend.
- Je réponds aux questions. - Plus ou moins.
Vous étiez où cette nuit ?
- En prison.
- On me l'a jamais faite. - Régime de semi-liberté.
Je suis là-bas de 18h à 6h.
- C'est un alibi en béton.
Baltard vous avait embauché pour faciliter votre réinsertion ?
- Il croyait à la 2nde chance.
- Il avait des amis ?
Ah oui, vous parlez pas aux flics et vous jouez pas les balances.
On va se revoir, M. Bondeur.
Tu vois quelqu'un ?
Est-ce que tu vois quelqu'un ?
Non ?
En général, quand on arrive sur une scène de crime,
ça attire les voisins. Là, non. - Il n'y a personne.
Les Baltard avaient
un souci d'irrigation. Sabotage ? Vandalisme ?
- Je sais pas.
Les braves gens ne voulaient peut-être pas d'ex-taulards ici.
- Les braves gens... - Je vais vérifier ça.
- Je rentre alors. - Bien. A plus.
- Bien le bonjour aux braves gens.
- Tu ranges pas ?
- Non, je révise un DS.
- Tu rattrapes
15 ans à rien foutre ?
- Fais le dîner sinon tu sers à rien.
- T'aurais pas vu
mon téléphone ?
Merci !
- T'étais pas au lycée ce matin.
- C'était 2h de sport.
- De maths.
- T'es relou ! - Les parents voulaient le fouiller.
- Pardon ?
- J'aurais dû laisser faire.
Je devrais pas
te couvrir.
- La mère de la veuve de Baltard a confirmé.
- Ca reste la famille.
- On a tout épluché, RAS. - L'exploitation tourne comment ?
- Rien de catastrophique.
Thierry Malet, le voisin, a mal accepté l'arrivée des Baltard.
- Marchal avait raison.
Pourquoi vous faites cette tête ?
- C'est surprenant.
- Mais pas du tout, Sophie.
J'essaie
d'être juste avec Marchal.
- Oui, bien sûr. - Et alors ?
- Regardez le compte-rendu du procès de la victime.
- Le colonel était chargé
de l'affaire ?
Occupez-vous de l'IML.
Je me renseigne.
Passez le bonjour à Franck. - J'y manquerai pas.
- Capitaine Vannier...
- Cachez votre joie. Le commandant est occupé.
- Ravi de vous voir.
Concernant l'arme du crime, je pencherais pour une serpette.
C'est une... - Je sais.
L'heure de la mort ? - Entre 22h et minuit.
- Après 23h...
Il a appelé sa femme vers 23h.
- Pas de marques
défensives nulle part.
- Il connaissait son assassin.
- Probable.
- Merci, Franck.
Je passe le bonjour au commandant ?
- N'y manquez pas.
Bonne journée. - Bonne journée.
- Vous habitez ici depuis quand ?
- Toujours. C'était chez mon père.
- Il était déjà dans la cerise ? - Oui.
- Et donc ça se passait mal avec les Baltard ?
- C'est sûr. - Leurs cerises
sont meilleures ?
- Non, mais c'est des voleurs.
- Ils ont payé leur dette. - Ah ouais...
Leur argent est sale. Ils ont volé
cette terre.
Hein, Jules ? - Oui, papa.
- Volé ? Avec des menaces ?
Des armes ? - Non, mais on devait acheter.
Et puis l'autre est arrivé avec son pognon sale, et voilà.
- Et voilà, il est mort.
Vous faisiez quoi
entre 22h et minuit ?
On réparait ma mobylette.
- Jules, c'est ça ?
Tu me fais visiter les terrains ?
Viens.
Montre-moi.
- Restez avec moi, on continue la discussion.
- C'est ton père qui a tout créé ?
Ca doit pas être facile tous les jours avec lui.
Il me rappelle le mien.
Gentil mais un peu étouffant.
C'est quoi, ton rêve ?
- Quelle importance ? Y a que moi pour reprendre l'exploitation.
- Mais si t'avais le choix ?
- Les rallyes automobiles. - Ah ouais ?
- C'est bête, je sais. - Non, c'est bien.
T'aimes la mécanique alors. - Non, j'y connais rien.
Mais j'aide mon père.
- Hier soir, le problème sur la mob, c'était l'injection, c'est ça ?
- Ouais.
- Sauf qu'il n'y a pas d'injection sur les mobs.
Je comprends que tu veuilles protéger ton père
mais tu es en train de lui fournir un faux alibi.
- Bonjour.
- Vous me cherchiez ? - Tout à fait.
Nous avons une nouvelle affaire et je voulais échanger avec vous.
- Maxime Baltard... Je me souviens. Et ?
- Comme vous aviez enquêté sur son évasion,
je voulais votre avis sur lui.
- Un truand à l'ancienne, pas violent.
Des victimes ont même témoigné
en sa faveur.
- Il aurait pu replonger ?
- Il semblait décidé à se ranger par amour pour sa femme. Une piste ?
- Non, mais nous cherchons. D'anciens complices, par exemple.
- Il n'en avait pas.
- Lors de son évasion, hormis sa femme, il aurait pu bénéficier...
- On a tout étudié. Oubliez cette piste.
Le temps est précieux.
- Et si... - C'est un ordre.
- Et la porte ? Vous non plus, vous fermez jamais les portes ?
"C'est un ordre."
C'est un ordre...
- Dis-moi ce qui s'est passé,
Jules.
- Papa a appris que les Baltard allaient produire des Satonishiki.
- C'est quoi ?
- Des cerises japonaises très rares à 200E le kilo.
- Quand même ! - Personne n'arrive
à les faire pousser en France sauf Baltard.
Un journal en a parlé.
Il allait toucher le pactole.
- Alors ton père a saboté le système d'irrigation pour que les cerises
ne poussent pas.
- Mais il a pas tué Maxime, je vous jure.
- T'étais pas avec lui.
Tu sais pas.
- Votre fils est majeur.
Il va prendre 20 ans
si vous vous taisez.
- 20 ans pour quoi ?
- Complicité de meurtre.
Il a avoué. - Avoué quoi ?
- Vous étiez là au moment du meurtre.
- Bien...
Je voulais verser des pesticides pour tout tuer.
- Et il vous a vu.
- Non. A mon arrivée, il était mort couché au milieu de ses arbres.
Alors je suis parti.
- Il vous avait démasqué.
- Non. J'allais chez eux le lundi et le mercredi soir. Y avait personne.
- Pourquoi personne ?
- Je sais pas mais j'étais tranquille.
Sauf hier soir.
Mais je l'ai pas tué.
- Mme Baltard ne sait pas où son mari allait
quand elle était chez sa mère.
Du nouveau sur Malet ?
- Je le vois mal affronter Baltard.
Il aurait pas eu le cran de le tuer.
- Y a un truc avec Bondeur.
- L'employé en conditionnelle ? - Il était en prison avec Baltard.
- Il a un alibi en béton.
- Il a pu trouver un complice. Je vais le dire
à Soler.
- Quel serait le mobile de Bondeur ? - Je sais pas.
Il a peut-être aidé Baltard à s'évader.
- A sa sortie, Baltard lui propose
un job.
Mais Bondeur en veut plus.
Baltard refuse...
- Mais non. - Quoi ?
- Le colonel affirme que Baltard n'a bénéficié d'aucune complicité
pour son évasion.
- Excusez-moi.
- Il m'a d'ailleurs déconseillé de creuser la piste.
- Pourquoi ?
- Je sais pas.
- Tu vas faire quoi ? - Interroger Bondeur.
- Je viens. - Mais non.
Qu'est-ce que t'as ?
- Je préfèrerais éviter que tu ailles voir ce type seule.
- Tu t'inquiètes ?
Je vais le voir hors procédure.
Je veux pas que tu aies des ennuis.
Mais c'est gentil, ça me touche.
- T'es sûre ? - Oui.
- Votre collègue pense que j'en dirai plus à une femme ?
- Le capitaine Marchal est mon subalterne.
- On m'envoie carrément un officier !
- Un simple coup de fil et votre conditionnelle saute.
Fini la campagne.
Retour à la case prison.
- Pour quel motif ?
- Obstruction à une enquête
ou complicité de meurtre.
Vous avez le choix. - Non, pas vraiment.
- Si, on a toujours le choix. Vous permettez ?
- Qu'est-ce qu'elle fout ?
- S'il vous plaît, laissez-moi faire.
Pardon. Ca va me détendre.
Je prends une buche.
Je pose la buche.
Je fais le vide.
J'imagine un homme
ou peut-être ma mère
ou mon supérieur hiérarchique.
Je m'élance...
Ca fait du bien.
- Vous êtes pas banale, vous. - Il paraît.
Et donc ?
- Maxime a été prévenu de l'arrivée de l'hélico
par quelqu'un de la prison.
Un gardien.
- J'imagine que vous ne connaissez pas son nom.
- C'est exact.
- Evidemment.
Merci. Bonne journée.
- Camille, c'est Soler. C'est au sujet de l'évasion.
Du nouveau ?
- Le seul gardien présent ce jour-là s'appelle Mickaël Payen.
Il a démissionné il y a deux mois suite à un burn out.
Imaginons que Baltard l'ait payé.
Sauf que Payen perd son boulot.
Il dépense tout et revient à la charge.
- Mais Baltard n'a plus rien, l'exploitation rapporte peu.
Ca tourne mal, et dans la dispute, Payen tue Baltard.
Je peux ?
Allez chercher M. Payen. - Bien, commandant.
...
Bonjour. - Bonjour.
C'est gentil d'être venue. Comment avez-vous connu Mickaël ?
- Je le connais pas.
Je souhaiterais
lui parler.
- C'est une plaisanterie ? Il est mort il y a deux jours.
- J'y suis, Camille. Je te rappelle.
Encore moi. - Que puis-je pour vous ?
- Mickaël Payen, vous connaissez ? - Il était sur ma table hier.
Accident de voiture. Il a pris un platane à 90 km/h.
- Il est pas dans mes fichiers.
- Ce n'est pas une mort suspecte.
- C'est sûr ?
- Oui. Il avait plus de 2 g d'alcool dans le sang.
- Merci. - De rien.
Capitaine... - Oui ?
- Le colonel m'a posé les mêmes questions. Transmettez à Léa.
- D'accord. Merci, Franck.
- Au revoir. - Au revoir.
- Vous vouliez quoi à mon mari ?
- Je suis vraiment désolée, Mme Payen.
Il était resté en contact avec Maxime Baltard, un ancien détenu ?
- Mon mari n'entretenait pas de rapports avec les détenus.
Pourquoi tout le monde pose des questions sur ce Baltard ?
- Tout le monde ?
- Sud FM.
Ils voulaient faire une émission sur son évasion.
Ils voulaient que mon mari témoigne.
- Qui vous a contactés ?
- Arnaud Lebel, je crois.
- Comment votre mari a réagi ?
- Il était bouleversé.
Il lui a raccroché au nez mais ce type nous harcelait.
Il n'en dormait plus.
Il a recommencé à boire.
Jusqu'à l'accident.
Dites-moi la vérité. Mon mari a fait quelque chose d'illégal ?
- Il a eu une grosse rentrée d'argent il y a 10 ans ?
- Oui.
Il avait gagné au tiercé. On a acheté la maison grâce à ça.
- Payen a donc aidé Baltard à s'évader.
- Et Arnaud Lebel de Sud FM l'a découvert. On ignore comment.
- Baltard se rendait à Sud FM quand sa femme allait chez sa mère.
Merci l'historique GPS du portable.
- Il faisait quoi là-bas ? - Je cherche.
- Je préviens Léa.
- Attends un peu. - Pourquoi ?
- Elle discute avec le colonel.
- Ah d'accord.
- Mickaël Payen, gardien de prison, est mort dans un accident.
Vous saviez. - En effet.
- Il a aidé Baltard à s'évader.
Vous saviez aussi.
- Oui.
- Vous l'avez coincé ?
- On a fermé les yeux.
- Pourquoi ? - Pour obtenir des infos.
Nous avions besoin d'un indic à l'intérieur de la prison.
- Il fallait le dire.
- Non ! - Accordez-moi au moins
votre confiance.
- Vous n'en êtes pas digne.
En désobéissant,
vous avez perdu du temps
sur une fausse piste.
Votre attitude vous porte préjudice.
Continuez comme ça.
Je vous fais pas un dessin.
- Fait chier.
Je vous laisse. - Ca va ?
- J'ai connu mieux mais ça va.
- Léa... - Capitaine ?
- Le colonel monte un dossier contre vous.
Il veut utiliser les fautes que vous avez couvertes.
- Comment vous le savez ?
- Il a posé des questions dans ce sens. Evidemment, j'ai rien dit.
- Evidemment.
- J'ai des amis à la DG. Je peux savoir où en est ce dossier.
- Non, je...
- Je dirai que ça vient de moi.
- OK, merci.
- A demain.
- On sera tranquilles dans le studio.
- Vous étiez proche de Baltard ?
- Forcément. Animer une émission à deux, ça crée des liens.
- "Fanny et Monsieur X, destins hors du commun", c'était vous deux ?
- Oui. Je l'ai rencontré dans le cadre
de l'émission.
- Un braqueur reconverti dans la cerise,
forcément...
J'ai rencontré quelqu'un de fascinant, généreux,
avec une telle force de vie.
- D'invité, il est passé animateur. - Il voulait pas raconter sa vie.
Les braquages, la prison, c'était derrière lui.
Mais il adorait le concept
de l'émission.
Je lui ai proposé de rejoindre l'aventure.
- Il a voulu rester anonyme ?
- Oui. On préparait le lundi
et on enregistrait le mercredi. - Sauf hier.
- Arnaud a dit que Maxime était malade.
- Il n'a rien dit à sa femme ?
- La radio, c'était sa bulle d'oxygène.
- Une émission sur son évasion, c'était pas discret.
- C'était une décision d'Arnaud.
- La vie de Baltard est un roman.
J'allais pas laisser passer ça.
- Vous vouliez dévoiler son identité sans demander son accord ?
- On est une petite radio et cette émission est un succès.
On allait faire un coup.
- Et vous avez appelé Mickaël Payen.
- Maxime était pas très expansif sur son passé.
J'ai enquêté moi-même.
- Baltard l'a su ?
- Oui, il y a 3 jours. Il est parti fâché.
- Et il est pas venu hier soir. Vous lui avez dit de revenir ?
- Non, c'est pas mon genre. C'est qu'une émission.
On continuera sans lui.
- Ca pose pas de problèmes à Fanny Nazarre ?
Selon elle, Baltard était l'âme de l'émission.
- Fanny est ma femme, on a fondé la radio ensemble.
On n'a pas pu avoir d'enfants. Cette radio est notre bébé.
Elle continuera seule.
- Baltard est au planning de demain.
- On devait faire une spéciale
sur son évasion.
On fera une spéciale sur sa mort.
- C'est un stratoconnard.
- Lebel ? - Oui. Y a que sa radio qui compte.
- Ca fait pas un mobile.
- Il aurait pu se faire des ennemis ?
- Pas avec cette émission.
C'était un super duo.
- J'ai du nouveau.
Baltard
est allé 3 fois près de Montargis pour voir le patron d'un verger.
- Il voulait implanter des cerisiers
issus du Japon. - Alors j'ai creusé.
Baltard y est allé pour passer des entretiens d'embauche.
- Ah bon ?
- Il voulait
y emménager
avec sa femme. - Il voguait en fonction
de ses rêves.
Ca me plaît.
Téléphone. Oui, Anaïs ?
- L'aventure l'appelle. - Moi aussi.
- C'est une cerise Noire de Meched.
Elle est fragile mais son goût est divin.
- Merci.
- Maxime l'adorait.
- D'où lui venait cet intérêt pour les cerises rares ?
- D'un livre trouvé à la bibliothèque de la prison.
Maxime aimait les défis et l'excellence.
Le mieux en tout, tout le temps.
- D'où les cerisiers japonais.
- Voilà.
Mais ça n'arrivera pas.
Maintenant, ça n'a plus d'importance.
- Vous pourriez vous installer vers Montargis.
- Quelle drôle d'idée.
Ma vie, c'est ici.
Ce verger est l'héritage de Maxime. C'est tout ce qui me reste de lui.
- Quand vous alliez chez votre mère, il animait une émission de radio.
- Je ne le savais pas.
- Salut.
- Tu cherches qui ? - Ma soeur.
- Là-bas.
- Merci.
- Salut. - Un prof m'a demandé
des nouvelles de ton opération.
- Tu l'as rassuré ?
- Tu te fous de moi ?
T'as eu un certificat médical ? - C'est secret.
- Tu veux montrer à Julien que t'es cool ?
- Ta vie est vide alors tu te permets de juger la mienne ?
- OK. A plus.
- Tom !
Tu dis rien aux parents.
- Notre avenir se joue maintenant.
- T'as jamais bossé et tu me donnes des leçons ?
- Je veux juste t'aider.
- Compare nos notes et tires-en des conclusions.
- Je les ai tirées depuis longtemps.
- Tom...
Tom, attends.
Je voulais pas dire ça.
-Moi aussi.
- Léa, c'est moi. Je peux passer ?
Ca a été avec le colonel ?
- Bien. T'inquiète pas, je gère.
C'est gentil.
- J'ai écouté l'émission pour cerner un peu Baltard.
Ecoute ça.
prévoir ses moindres désirs.
- Et donc ?
- Ecoute.
- Elle a un rire niais. - Ca te dit rien ?
- Non.
- Quand on s'est rencontrés, tu riais comme une chèvre
dès que je parlais. - Non, Paul.
- Si, tu riais. C'est pas grave, avoue-le.
- Je riais pas comme une chèvre.
En revanche,
toi, tu étais à l'écoute de mes désirs.
Exactement ce que dit Baltard.
- Et donc ?
Tu comprends pas ?
- Baltard voulait partir avec Fanny Nazarre ?
- Oui, c'est ça. - Incroyable.
Je riais pas comme une chèvre.
Un petit café ? - Non, merci.
- J'aimerais en savoir plus sur vos rapports avec Maxime Baltard.
- On s'entendait bien.
- Bien comment ?
- C'est-à-dire ?
- Je sais pas...
Animer une émission
dans l'intimité d'un studio, se livrer l'un à l'autre,
ça crée des liens.
- Eh ben non.
Je suis mariée.
- Oui, je sais.
Avec M. Lebel.
- Pardon, je supporte pas l'odeur du café.
Ca va aller.
- Plus que quelques mois.
Quand j'étais enceinte,
l'odeur du café m'indisposait, moi aussi.
- Oui, je... C'est assez récent.
- Ah oui,
j'imagine. Très récent même, non ?
A tel point que votre mari ne réalise pas.
Je cite : "On n'a pas pu avoir d'enfants.
"Cette radio est notre bébé."
- Oui, Arnaud a du mal à réaliser qu'il va être papa.
- Bien.
D'accord.
Je vous remercie, madame. - Je peux y aller ?
- Oui. Venez.
- J'ai fait le tour des agences immobilières de Montargis.
Baltard a fait une offre pour une maison
avec Fanny Nazarre.
- Merci, Sophie.
Mlle Nazarre, il semblerait que vous ayez oublié
de nous parler
d'une maison à Montargis.
Consciemment, j'imagine.
Et le bébé ? - Il est de Maxime.
- Bien, on avance. Votre mari est au courant ?
- Il s'en fout. Seule sa radio compte.
On n'avait pas le courage
de se quitter.
- Ca a changé avec Maxime. - Je suis tombée enceinte.
Il était fou de joie. Il m'a dit qu'on allait repartir de zéro,
que c'était une chance.
- Nous n'avons aucune trace
d'échanges entre vous. - On se parlait en face.
- Pourquoi l'avoir caché ?
- J'ignorais quoi dire à mon mari.
Et pour la veuve de Maxime, découvrir ça...
- Nous allons continuer en salle d'interrogatoire.
- Alors ? - Ils avaient bien prévu
de partir à Montargis.
Baltard lui a assuré
qu'il aurait assez d'argent.
- L'argent des braquages.
- Non. Il ne l'avait plus.
Elle semble soulagée de pouvoir dire qu'il est le père de l'enfant.
- Sauf que maintenant, il faut assumer.
- C'est ce qu'elle s'est dit.
Tu crois que Lebel l'a tué ?
- Non. Il était en direct à la radio ce soir-là.
- OK.
Il ne reste qu'Isabelle Baltard. - J'arrive à la même conclusion.
Elle a sacrifié sa vie pour cet homme,
elle a fait de la prison.
Si elle a appris qu'il allait la quitter pour une autre...
- Et son alibi ?
- Sa mère ? Ca tient pas. - Non.
Du coup, j'ai ma petite idée.
- Dont tu ne parleras pas.
- Le colonel non plus, on n'en parle pas ?
- Non, toujours pas. - Léa...
Je peux t'aider.
- Mieux vaut que tu restes en dehors.
- A plus. - La porte, Paul.
- On a fini le tour de l'exploitation.
C'est bon ? - Pas tout à fait.
D'après vos livres de comptes, vous produisez six variétés de cerises.
- Oui. - Dans des parcelles séparées.
- On ne mélange pas les arbres.
- Mais moi, j'en ai compté sept avec celle-ci.
Elle est étonnante,
cette petite cerise.
Enfin, petite...
C'est quoi comme variété ?
Question rhétorique.
Satonishiki, la cerise japonaise. Votre mari a réussi à l'implanter.
- Quel rapport avec son meurtre ?
- L'argent, peut-être.
Imaginons qu'il ait vendu le brevet
pour partir avec une autre.
Quelle imagination.
Je dois préparer
les obsèques de Maxime.
- Il avait raison.
Je t'appelais.
T'avais raison.
Baltard
s'apprêtait à vendre sa méthode de production de la cerise japonaise.
Sa femme a bloqué
la transaction hier.
- Une cerise, c'est pas une preuve. Isabelle Baltard ne parlera pas.
- Exact.
- Et si on confrontait la femme et la maîtresse ?
- Fanny ne parlera jamais
devant Isabelle Baltard.
La culpabilité la bouffe.
- Elle lui a piqué son mari.
- Dans ce genre de décision, on est deux.
Elle l'a pas forcé.
Baltard n'aimait plus sa femme.
- Quand le coeur bat pour une personne...
- On se voit pas avec une autre.
- On n'essaie même pas.
- Ben non.
Une idée de génie maintenant,
ce serait bien.
- Sud FM enregistre ce soir une émission spéciale
sur la vie
et la mort de Maxime Baltard.
- D'accord. Et alors ?
- C'est le bon moment
pour que Fanny Nazarre honore sa mémoire publiquement.
- Et ce serait tellement dommage qu'Isabelle Baltard entende ça.
- Mais ouais.
- Ca se tente.
- Feu.
- La porte.
- Bonsoir, chers auditeurs.
Ce soir, je suis seule. Monsieur X nous a brutalement quittés.
Cette émission lui est dédiée.
Je voudrais parler de l'homme qui se cachait derrière ce micro.
Maxime...
était un homme merveilleux.
l'existence avait de meilleur.
à une 2e ou une 3e chance.
Monsieur X allait la saisir.
- Arrêtez ça.
- C'est vous qui devriez parler de lui, pas elle.
- Je savais tout.
Comme si Maxime pouvait me cacher des choses.
L'émission de radio,
la liaison.
J'ai cru à une passade.
- Jusqu'au jour où il vous a dit qu'il allait être père.
- Il arrivait pas à cacher sa joie.
J'étais comme folle. Je suis partie de chez ma mère en catastrophe.
- Pour lui parler les yeux dans les yeux,
pour essayer de comprendre et même tenter de le dissuader.
- Il a dit qu'il me quittait.
Comme ça.
Il allait refaire sa vie
loin.
Il était si calme, si distant.
Il allait tout avoir.
L'amour,
un enfant.
Alors que je n'avais plus rien.
Je n'étais plus rien.
- Ferme tes livres, on va à un concert.
- J'ai pas fini.
- T'es censé me demander
quel groupe on va voir.
C'est super que tu bosses mais tu nous inquiètes.
- Qui ça "nous" ?
- Alice.
- De quoi elle se mêle ?
- Vu tes notes, tu vas l'avoir, le bac.
- Qu'est-ce que t'en sais ?
- Houlà !
Il y a autre chose. C'est quoi ?
- Je flippe, c'est tout. - Pourquoi ?
Tu l'auras, ton bac.
- Et après ? Une prépa ? Une fac ? Je sais pas ce que je veux faire.
- Quoi que fasse Alice, elle réussira.
Je veux pas être un boulet.
- Tu vas trouver un super boulot.
- Tu peux plus souffler sur le bobo pour le faire partir.
- Ah oui ?
Lève-toi. - Quoi ?
- Câlin à papa.
- Sérieux, papa ? - Debout.
T'es pas un boulet, mon fils.
- J'ai peur de pas réussir.
- La réussite, c'est très subjectif.
Quant à la peur de pas y arriver, ça arrive à tout le monde.
On y va à ce concert des Tili...
- Tilikum. - Allez, viens.
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