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Original subtitles

...

- En avant !

Allez, on garde le rythme.

En avant.

Attention, les gars.

Allez !

Allez.

C'est bien, petite.

...

- Pourquoi tu souris ? - T'es beau.

- Viens là.

T'as pas changé d'avis ?

- J'ai jamais été aussi sûre de moi.

- Léa, c'est gênant. - Attends, t'as rien vu.

- Elle sèche juste la danse. - Elle a le bac à la fin de l'année.

- Elle est juste amoureuse.

- Là, regarde !

Ta fille entre avec son mec

dans une agence immobilière, pile quand t'achètes un appartement.

- Comment t'as su

qu'elle allait là ?

- J'ai mes sources.

- Ca veut rien dire.

- Tu t'installes en centre-ville dans un appart avec 3 chambres

juste à côté de chez moi, et là, ta fille s'installe avec son mec.

- C'est pas possible.

- Alice ne m'a jamais parlé de Julien.

- Mais non. Enfin, elle le sait que je viens d'acheter.

Elle s'amuse à jouer les grandes.

- Tu déménages quand ? - C'est Julien qui emménage

et Alice l'aide.

Elle a juste eu peur de nous en parler.

- Pourquoi ? On est cool.

- Nous, je sais pas. Toi... - Moi quoi ?

- T'es plus... - Plus quoi ?

- Non, t'es moins... - Moins ?

- Moi, je suis cool. Je fais de la moto, je suis tatoué.

- Quand Alice te dira qu'elle est enceinte

et qu'elle arrête ses études,

t'auras plus envie de plaisanter. - Je...

- On en reparle. Tu rentres à pied.

- Quoi ?

- Kevin Villa, 18 ans.

Deux jouteurs

ont vu le corps qui flottait. - Il est resté dans l'eau une nuit.

C'était un jouteur aussi ? - Oui. De l'équipe de la Plagette.

J'ai son portable.

- La blessure au cou

a pu être fatale.

Le meurtrier aurait jeté le corps à l'eau. Il manque la scène du crime.

- Kevin !

- M. Villa ? - Je pense.

Le garçon sanglote.

- Tiens-toi !

Je trouverai qui a fait ça

et je vais le buter.

- On n'a rien entendu.

Accompagnez ces messieurs à la brigade.

- Suivez-moi.

Par ici.

- On prend le relai. - Reçu.

- Alors ?

- Sa moto est devant le hangar. - On l'aurait tué là-bas ?

- Je vais aller voir. - Le père a l'air d'être un macho

pas très sympa.

- C'est le milieu des joutes. - Tu t'y connais ?

- Oui. C'est une tradition.

- Pas étonnant que ça te plaise, ce sport viril.

T'en as déjà fait ? - Oui, quand j'étais ado.

- Tu serais pas un peu mytho ?

- Tu comprends pas la beauté de ce sport.

- Les motards tatoués, je comprends pas non plus.

- A une époque, t'aimais bien.

- J'étais jeune et naïve, un peu comme ta fille.

- D'accord. On part là-dessus ? On part là-dessus.

Salut, les gars.

J'ai quelques questions.

- Pourquoi on répondrait à un inconnu ?

- Ben... Ah merde.

Voilà.

- La voilà,

celle-là.

- Où est Kevin ?

Alors c'est vrai ?

Faut que je le voie. - Ca va pas être possible.

C'est qui ?

- Tiphaine.

- Mais encore ? - La fille Caravani.

- Qui est Caravani ?

- Son père tient ce bar.

- C'est bien, on avance.

Qui est cette Tiphaine par rapport à Kevin ?

- Grâce à lui, elle va être la 1re fille à jouter aux fêtes.

- Ca a l'air dur, la paternité.

- J'étais pas préparé.

- Et... enfin... je me demandais,

cette petite fille,

tu vas gérer comment ?

Enfin, excuse-moi, c'est perso.

- Anaïs devait se reposer et j'ai pris Lynette pour la nuit.

On verra pour la suite.

Pourquoi tu me regardes comme ça ? - Non, je...

Je t'admire.

Tu le prends sereinement. Ce serait pas le cas de tout le monde.

- Franchement, je vais plutôt bien.

Avant, il me manquait un truc

mais j'ignorais quoi.

Et là, je l'ai trouvé.

Tu vois ou pas ?

- Non.

Enfin, excuse-moi.

- La nuit blanche me fait dire n'importe quoi.

J'y vais,

j'ai du boulot.

- A tout'. - A tout'.

- J'ai élevé mes garçons comme j'ai pu quand ma femme est morte.

- Et les clubs de joute ?

- On dit sociétés de joute.

Mon père était jouteur.

- Et c'est au tour de vos fils.

- Kevin, pas Tony. Il est nul.

- Ca doit faire plaisir à entendre.

Tony,

quelqu'un en voulait à Kevin ?

- Bah...

Hier, après l'entraînement, Bastien s'en est pris à Kevin.

On a dû les séparer.

Il a dit qu'il en resterait pas là. - Tu m'as rien dit !

- Du calme, M. Villa.

C'est qui, ce Bastien ?

Un autre jouteur ?

- Oui. - Pourquoi ils se sont battus ?

- Hier, Kevin a jouté contre Tiphaine.

- Quoi ?!

- Il l'a voulu.

Le père de Tiphaine a dit

que si elle gagnait, elle pourrait participer aux fêtes.

- Pourquoi cette réaction ?

- Y a que les mecs qui joutent.

C'est peut-être macho

mais c'est la tradition.

- Et Tiphaine pense pouvoir faire aussi bien

qu'un homme.

- Elle a aucune chance. - Et pourtant, elle a gagné.

- Pas étonnant que Bastien

s'en soit pris à Kevin.

Perdre contre une fille...

- J'aurais pas remplacé mon fils.

Bastien a pas les épaules pour être jouteur.

- M. Etchegaray, c'était tendu entre Kevin et vous.

- C'est vrai mais je l'ai pas tué.

Vous comprenez pas.

Représenter son quartier, c'est un honneur. Tous les mecs en rêvent.

- Comme Kevin, le meilleur de tous.

- Son père faisait la pluie et le beau temps.

- Comment ça ? - C'est l'entraîneur de la Plagette.

- Pour vous, Kevin était pistonné et ne méritait pas sa place ?

- Ce traître a laissé gagner Tiphaine.

- Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?

- 1h avant la joute,

le père de Tiphaine parlait avec lui.

Je sais pas ce qu'ils magouillaient.

- Kevin Villa était mort quand son corps a été jeté dans l'étang.

- Pour affronter ce gaillard, il faut du courage.

- Ou une arme.

J'ai extrait ces échardes de la plaie.

Un objet en bois l'a tué.

- Franck, j'ai toujours besoin de vos lumières.

A plus tard.

...

- Eh ben voilà.

Téléphone portable.

...

Je te manque déjà ?

Ce qui me manque, c'est la scène du crime.

des traces de sang effacées à la va-vite.

l'arme du crime en bois ?

- En bois ?

Les hampes des jouteurs. J'ai une intuition.

Bingo.

- Je savais pas que vous étiez là.

Je veux pas vous déranger. - Non. Tu tombes bien, même.

Quel est le vestiaire de ton frère ?

- Celui avec le cadenas. Kevin aimait pas qu'on touche

à ses affaires.

- Bastien a dit

que Kevin aurait fait exprès de perdre contre Tiphaine.

T'es au courant ?

- Mon frangin se serait jamais couché devant personne,

surtout pas une Caravani.

- OK.

Tiphaine avait l'air touchée par sa mort. Ils se connaissaient ?

- Non. Les Villa et les Caravani, c'est pas le grand amour.

- Comme les Montaigu et les Capulet. - Je connais pas tous les jouteurs.

Il siffle.

- C'est quoi ?

- Je sais pas. On avait juste de l'argent de poche par notre père.

- Ton frère se faisait un petit complément.

- Ma chérie, ça va ?

Je te dérange pas ?

- C'est bien de réviser à plusieurs.

Ca motive, c'est constructif. C'est bien.

Et je le connais, ce copain ?

Ses parents sont avocats et il veut faire droit avec moi l'an prochain.

Voilà, tu sais tout.

Pourquoi tu m'appelles ? Choc métallique.

- C'est quoi, ce bruit ?

La calculette est tombée.

j'ai du temps cet après-midi. On peut passer un moment ensemble.

- Ca va ?

- Oui. On pourrait faire du shopping.

- Faire du shopping ?

Avec les beaux jours, t'as pas envie d'une robe ?

- Si, j'ai toujours envie d'une robe.

- T'es sûre que ça va, maman ? T'as pas l'air bien.

- Si, ça va bien, Alice.

- Je peux pas cet après-midi, j'ai un devoir à rendre.

- Une autre fois.

- Oui, voilà.

- Je te retiens pas plus longtemps. Bonnes révisions et puis...

Je t'aime, tu sais.

- Moi aussi, je t'aime. Au revoir.

- Pourquoi tu rigoles ?

- Soudoyer Alice

avec des fringues...

- T'as la guitare, j'ai les robes.

- C'est pas un peu cliché ?

- On fait avec les armes qu'on a.

- Ca va pas ? - Si, ça va.

- Quoi ?

- On a du nouveau ?

- Moi, j'ai deux trucs.

- On vous écoute, capitaine.

- Sans Kevin, l'équipe de la Plagette

se fait massacrer par la Pointe Courte.

- J'ai du mal à comprendre cette guerre des clans.

- Chaque équipe propose son champion et le vainqueur devient un héros.

- D'un côté, on a les Villa, de l'autre, on a les Caravani.

Ca peut expliquer le meurtre d'un gamin de 18 ans ?

- Normalement, c'est bon enfant.

Mais là, les Caravani et les Villa se détestent.

- Comme les Capulet et les Montaigu. - J'adore.

- D'accord.

Même si Bastien a vu

le père de Tiphaine discuter avec Kevin juste avant les joutes,

on n'a rien de concret.

- Il y avait 6 000E dans le vestiaire

de Kevin. C'est concret.

- Le père

de Kevin a pas dû aimer.

- Ou il l'a fait

par amour.

Les appels de Kevin.

Pas étonnant que sa mort ait affecté Tiphaine.

- Les gamins s'appelaient depuis des semaines.

- Chez nous, les joutes, c'est pas un sacerdoce.

J'ai jamais forcé Tiphaine à y participer.

- Contrairement à Villa avec ses fils ?

- Félicien est buté, il a une vision intégriste du sport.

- Il ne veut pas des filles.

- Il les cantonne à la cuisine. On n'a pas élevé Tiphaine comme ça.

- Où est-elle ? - Elle se repose.

On est tous très choqués.

- Vous étiez en bons termes avec Kevin ?

- Je le respectais. - Au point de le payer

pour qu'il perde ?

- J'ai rien acheté du tout.

Tiphaine ne doit sa victoire qu'à elle-même.

- On vous a vu avec Kevin avant.

- Il est interdit

de discuter ? - De quoi

vous avez parlé ? - De moi.

- Tiphaine,

te mêle pas de ça.

- Mieux vaut tout leur dire. Ils le sauront assez vite.

- On le sait déjà. Tu sortais avec Kevin.

- On aimait les challenges.

La facilité nous intéressait pas, dans le sport comme en amour.

- Si vos familles se détestent

et que le père de Kevin veut pas de toi aux joutes,

c'était pas facile.

T'es sortie avec Kevin pour qu'il te laisse gagner ?

- Même une femme a du mal à croire que j'aie pu le battre.

- Je ne crois rien.

Mais je sais qu'un garçon amoureux est prêt à tout.

- Kevin m'aimait, il me connaissait.

Il savait que je voulais pas d'une victoire bidon.

Il s'est donné à fond.

Les joutes, c'est une question d'équilibre, pas de force.

- Qui savait pour vous deux ?

- J'ai entendu

un message de Kevin. - Vous espionnez Tiphaine ?

- Je suis divorcé et c'est ma seule fille.

Vous savez pas ce que c'est.

Elle découchait sans prévenir,

elle me cachait des choses.

Je voulais éviter qu'elle fasse des bêtises.

- Comme sortir avec un Villa. D'où vient cette haine entre vous ?

- On ne sait plus. On se la transmet de génération en génération.

Au fond, je m'en fous.

- Comment vous avez réagi ?

- J'ai pas sauté au plafond, mais Tiphaine avait l'air heureuse.

J'ai parlé à Kevin.

- Et Bastien vous a vus ensemble.

- Oui, mais Kevin m'a pas écouté. Je craignais la réaction de son père.

- Les 6 000E viennent d'où ?

- J'en sais rien.

Vérifiez mes comptes, j'ai pas les moyens de sortir ça.

- Kevin m'a rien dit

pour l'argent.

- Il l'a peut-être volé.

- Non, Kevin aurait jamais fait ça. C'était un garçon honnête.

- OK. Tu sais s'il avait des ennemis ?

- Pas vraiment. La seule personne qu'il détestait, c'était son père.

- Ah oui ? A ce point-là ?

- Il lui serrait la vis.

Kevin n'en pouvait plus, c'était horrible.

- Je vois pas le père de Kevin

tuer son fils parce qu'il aime une fille que lui n'aime pas.

C'est compliqué.

- Il lui aurait juste mis une calotte.

- Une calotte... T'as raison.

Et le père de Tiphaine, Serge Caravani ?

- Il était dans son bar avec des amis au moment du meurtre.

- Il a un alibi. Et l'argent ?

- C'est pas à lui. - Ca reste une piste à suivre.

La haine entre familles,

j'y crois pas. - Pourquoi ?

- On tue pas un môme pour une guéguerre

de jouteurs.

C'est du folklore. C'est pas...

- Rationnel ? - Voilà.

Je suis rationnelle. - Filer sa fille,

je range ça dans le folklore.

- Moi, j'ai de vraies bonnes raisons.

- Lesquelles ?

- Ta fille nous ment.

- Quand elle ment, c'est ma fille, pas la nôtre.

- Notre fille invente des trucs énormes.

- C'est pas grave.

- On doit lui éviter de faire des conneries.

- Si on décide pour elle, on est comme les Caravani et les Villa.

- Je dis pas ça ! - Mais...

- Stop ! On arrête.

- OK. - On arrête.

- Alors, Kevin cachait qu'il sortait avec Tiphaine,

qu'il avait de l'argent.

Quoi d'autre ? - Voilà où mène le mensonge.

Il a pas 18 ans, le gamin.

- Je vérifie un truc.

- Et la porte ?

- Salut.

- Salut, les gars. Un petit duel, ça vous dit ?

Pour voir si je suis pas rouillé.

- Vous savez jouter ?

- A l'époque, j'étais barreur.

- Vous nous charriez ?

- Non, pas du tout.

Tiens, si je perds, vous gagnez une surprise.

- Allez.

- Allez ? - Allez.

Cri.

- J'ai glissé.

Ricanements.

- Bon,

c'est pas mal, vous avez tenu 20 secondes.

Cri de douleur.

- J'ai dû me fêler une côte. - Et la surprise ?

- Vous gagnez le droit de répondre à une question.

- Quelle surprise, hein ?

Kevin avait une copine ?

Les gars, pas à moi.

- Je l'ai vu traîner à Montpellier dans le quartier de la gare.

- Il faisait quoi ? - Je sais pas.

- Il a d'autres secrets ?

Je vous jure, je dirai rien.

- Même à son père ? - Oui.

- Il cherchait une piaule.

Je l'avais mis en contact avec un pote qui sous-louait son studio.

- Il est où, ce studio ?

- Demandez à Tony, il doit savoir.

- Pourquoi t'as rien dit pour ce studio ?

- Mon père aime pas qu'on fasse des trucs dans son dos.

Kevin venait là pour avoir la paix, souffler un peu.

- Pas mal.

Tout ça, c'était à lui ? - Oui.

- Il aimait le jazz.

Des classiques, en plus.

- C'était sa passion, le piano surtout.

Comme ma maman.

- Adèle Ferry était votre mère ?

Incroyable.

C'est lui, ça ? - Oui.

- Je peux ? - Oui.

Musique jazz au piano.

...

- Ca swingue.

... Vibreur de portable.

...

- Allô, papa ?

Oui, c'est bon.

C'est bon, j'arrive.

Je dois y aller. Désolé.

- Pas de souci. Je reste pour perquisitionner.

- Au revoir. Téléphone portable.

...

C'est le vôtre ?

...

Pourquoi tu rappelles pas ?

- Qui est à l'appareil ?

Allô ?

On a tracé le téléphone.

Philippine Malberg, 45 ans, gérante du Bird, un bar à Montpellier.

- A Montpellier ?

Il allait souvent dans le quartier

de la gare.

- Il trompait Tiphaine ?

Cette femme est beaucoup plus âgée que lui.

- Kevin n'était pas le gentil garçon que nous a vendu son père.

- Il avait une double vie. Son frère ignore tout de cette femme.

- 2 vies, 2 téléphones.

- Celui-ci est prépayé.

- Son père payait les factures de l'autre pour le surveiller.

- Ca doit être dur d'être fliqué par ses parents.

Du coup, il mentait.

- Eh oui, bien sûr...

6 000 euros,

le studio, le téléphone.

Visiblement, Kevin cherchait à s'émanciper de cette éducation

trop stricte.

On sait d'où vient l'argent ? - Non.

- Allez avec Marchal interroger cette Philippine Malberg.

- D'accord. - Merci.

C'est bien, ça, Camille.

- Mme Malberg ? - Oui.

- Capitaine Marchal, lieutenant Barbier.

On a des questions à vous poser. - Oui ?

- Pourquoi avoir appelé Kevin Villa ?

- Je l'ai appelé pour le concert de ce soir.

- Quel concert ? - Celui que j'organise le vendredi.

J'ai une clientèle

qui écoute du jazz.

- Kevin jouait ici ? - Oui.

- Il était payé ?

- Evidemment.

Pourquoi vous parlez

de lui au passé ?

- Kevin est mort, il a été assassiné hier soir.

- Mon Dieu...

C'est affreux.

- Vous aviez

une relation intime avec Kevin ?

- Quoi ?

Mais non ! J'aurais pu être sa mère.

On avait le même âge,

Adèle et moi. - Vous connaissiez Adèle Ferry ?

- Bien sûr. C'est même pour ça que Kevin m'a proposé ses services.

Il avait besoin d'argent. - Comment avez-vous

rencontré Adèle ?

- Au Conservatoire.

On était une petite bande,

garçons et filles.

On s'ennuyait pas.

Et Adèle...

Elle faisait tourner la tête des garçons.

C'est là qu'elle a rencontré le grand amour.

- Le père de Kevin était musicien ?

- C'était pas Félicien, son grand amour.

C'était Serge.

- Vous voulez dire Serge Caravani ?

- Oui.

- Caravani va au Bird tous les vendredis soirs.

Il joue du saxo

dans un quintet de jazz.

Il jouait même avec Kevin. - Caravani a menti.

C'est une manie chez lui.

- Et s'il protégeait quelqu'un ?

- Qui ? Sa fille, par exemple ?

- Les Caravani et les Villa se haïssent.

Mais Caravani se rapproche

de Kevin Villa

et lui demande de ne plus voir sa fille Tiphaine.

Ca vous interpelle pas ?

- Caravani serait le père de Kevin ? - Lui le croit peut-être.

Appelez Erwan pour qu'il vérifie. - Je l'ai envoyé faire

une enquête

de voisinage chez les Villa.

- Ah, c'est drôle, ça.

Hein, Camille, c'est drôle ?

Camille s'en est chargée ce matin et son rapport est là.

Voilà. Je vous laisse 5 secondes pour m'expliquer ce qui se passe.

Un, deux...

Trois... - Il s'occupe de sa fille.

- De sa quoi ?

De quelle fille on parle ?

- Il est papa.

- Mais non ?!

Mais non ?!

Il est célibataire.

Et puis vous et lui...

- C'est compliqué.

- Et pourquoi je suis pas au courant ?

- On interroge Caravani ?

- Non, on va attendre demain. J'ai des trucs à vérifier.

- M. Marchal ?

Un problème avec votre moto ? - Non.

- 5 minutes.

- J'ai pas d'idées

pour continuer

ce tatouage.

- Comment vous savez que je fais ça ?

- Thomas.

- On se voit plus trop.

- C'est dommage, il t'aimait bien.

- Vous allez me dénoncer ? J'ai pas de licence.

Mais c'est juste pour les potes.

J'aime le dessin.

- Ca va, tout va bien.

- Je dois m'y remettre. - Je te dérange pas.

Oh, la vache !

C'est toi qui fais ça ? C'est tes dessins ?

- Je me suis inspiré de Cocteau.

- T'avais une super influence sur Thomas.

- Mais je l'ai rencontré en faisant des travaux d'intérêt général.

Vous êtes bizarre.

- On me le dit souvent.

J'aime bien.

Il y a du caractère. C'est inspiré.

Je vais te dire,

si je devais avoir un gendre,

même si on n'en est pas là,

j'aimerais qu'il soit comme toi.

- OK.

- Sache que les amis de mes enfants sont mes amis.

OK ?

- OK. C'est cool. - C'est cool, ouais.

- Il faut que je m'y remette. - Je te laisse bosser.

Ca m'a fait plaisir de discuter avec toi.

A la revoyure.

- A la revoyure...

Alice,

c'est moi.

Je crois que ton père est au courant pour nous. Rappelle-moi.

- Ca va, Erwan ?

- Oui, ça va.

- Petite mine.

Vous êtes un peu blanc.

Vous dormez mal ? - Non, non.

- C'est normal. C'est le début de l'été, il fait lourd.

Hein ?

On vous attend pour l'interrogatoire.

- D'accord, j'y vais.

- Commandant...

- Oui, lieutenant ?

- C'est pas facile à dire.

- Toutes mes félicitations.

- Je savais pas comment vous le dire.

J'avais peur

que ça impacte mon travail.

- C'est rien, je comprends. - Vous m'en voulez.

- J'aurais aimé que vous me le disiez.

Son prénom ? - Lynette.

- Lynette ? C'est joli. - Merci.

- Vous verrez,

c'est très bien, une petite fille.

C'est tellement facile.

C'est un peu tout ça

en même temps. Voilà.

Bref, bon courage.

- Merci.

"Tout ça"...

Tout ça quoi ?

- Je jouais dans un trio avec Kevin. C'est pas un crime.

- Le cacher, c'est suspect.

- Quand j'ai entendu Kevin jouer, ça m'a fait un choc.

Les sons étaient dingues.

- Ca vous a rappelé

sa mère ?

- Votre grand amour.

- On a pensé que vous étiez le père de Kevin.

- J'y ai pensé aussi.

C'est pour ça que j'acceptais mal sa relation avec Tiphaine.

Mais il pouvait pas

être mon fils.

J'avais rompu avec Adèle.

Adèle avait un vrai talent, elle aurait pu faire une belle carrière.

Kevin avait le même truc, une sorte de grâce.

- Il était tiraillé entre les joutes

et la musique.

- Non. Sa vraie passion, c'était la musique.

Alors je l'ai poussé à ne pas abandonner

et à s'inscrire à la Juilliard School.

- A New York ?

- C'est le top.

- Un copain à moi devait l'héberger.

- Ca l'éloignait de votre fille.

Sauf si Kevin avait prévu d'emmener Tiphaine avec lui.

C'était ça, votre discussion.

- Je lui ai expliqué que Tiphaine avait tout ici.

Sa vie, ses amis, ses études.

Et moi.

- Et il lui a rien dit ? - Non. J'en suis sûr.

- Pourquoi ?

- Tiphaine aurait fait ses bagages.

- Entrez, Camille.

- Kevin avait bien postulé

pour la Juilliard School. Sa démo a été très appréciée.

- Il a été reçu ?

- Oui, au 1er tour. Il avait une audition à New York le 23 août.

- Les joutes, c'est pas le 25 ? - Si.

- S'il avait passé

cette audition...

- Il aurait raté les joutes.

- Le père aurait tué son fils par déception ?

C'est un peu violent.

- Vous ne saviez pas ?

Ni pour son départ, ni pour le piano-bar ?

- Vous me ferez pas avaler un truc pareil. Pas mon fils, pas Kevin.

- Voici les mails de l'école qui confirment l'inscription de Kevin

et son audition fixée au 23 août.

- Je comprends rien.

Quelqu'un a dû lui monter le bourrichon,

sûrement un artiste de ce bar.

- Vous aviez pourtant épousé une artiste.

- Adèle a arrêté pour élever les mômes.

- Mais c'était sa passion,

comme Kevin, d'ailleurs.

- Il aimait les joutes.

Ca aurait pu être

un grand jouteur.

- Il voulait une autre vie.

contre vous.

choisir le piano, sortir avec Tiphaine, c'était contre vous.

- C'est dur d'élever deux gosses seul.

quelque chose.

Un autre aurait peut-être fait mieux.

J'ai fait ce que j'ai pu.

...

Laissez un message.

- Alice, c'est maman.

On s'est pas croisées hier.

Je voulais de tes nouvelles.

Tu sais, je veux pas te forcer à me raconter quoi que ce soit.

Tu fais ta vie maintenant, t'es grande.

Mais j'ai...

J'ai besoin de savoir si tout va bien.

Rappelle-moi si tu veux, si tu peux.

Je t'embrasse, ma chérie.

- Je sors.

Tu bosses, toi ?

- J'ai vu ton ordi avec ta dissert

pompée sur Internet. - Tu fouilles dans mes affaires ?

- Tu payes un mec

pour faire tes maths.

- Tu me fliques ?

- Ca te ressemble pas, ça.

- Les parents

t'ont questionné sur Julien et moi ?

- Non. Pourquoi ?

- Ils ont l'air au courant, alors sois discret.

- Ils vont savoir que c'est à cause de lui que tu fous rien.

- Un message de papa. Il veut me voir.

- Tu réponds quoi ?

- Qu'il s'occupe de ses affaires.

- Non ?

- Bah non.

Tom, tu dis rien aux parents, hein ?

Je l'aime bien, Julien.

Je suis bien avec lui.

- Au point de foirer le bac ?

- Le bac, ça sert plus à rien.

Même sans réviser, je m'en sors mieux que toi.

Merci. Bonne journée.

- Tu veux me voir ? - Oui. Il y a quoi avec mon père ?

- On fait des vérifications. - Vous pensez qu'il a tué Kevin ?

- C'est un peu compliqué et ça prend du temps.

Alors rentre chez toi. - Non, j'ai pas envie.

J'ai passé la soirée d'hier avec lui. Il a pas quitté la maison.

Si vous croyez que c'est lui qui l'a tué, vous vous trompez.

- Je veux bien te croire mais il faut des preuves.

Il y avait quelqu'un avec vous ?

J'informerai

le commandant.

Elle décidera si on garde ton père.

Tu savais que ton frère voulait

s'installer à New York ? - Non.

- Il voulait étudier la musique.

- Il me l'avait pas dit.

Comment vous avez su ?

- Peu importe. T'aurais réagi comment en l'apprenant ?

- Je sais pas.

- Tu l'en aurais dissuadé ? - Je vois pas comment.

Quand il avait une idée en tête, y avait pas moyen.

- On n'a que trois témoignages. - Oui, pour l'instant.

- Que faites-vous

avec ces scellés ?

Qu'y a-t-il ?

- Je repense à ce que Tony m'a dit sur son frère,

comme quoi il était opiniâtre.

- Et alors ?

- Kevin voulait partir avec Tiphaine.

- Caravani

l'en a dissuadé. - On n'a aucune preuve de ça.

- Le crime passionnel n'est jamais loin.

Je m'occupe

de Tiphaine.

- Je retourne au studio

pour chercher le truc qu'on n'a pas trouvé.

- D'accord.

Merci. - Je vous en prie.

- Vous me voulez quoi encore ? - Kevin était passionné de musique.

Vous le saviez. - Oui.

C'est quoi, le rapport ?

- Il devait passer une audition pour une école à New York

le 23 août.

- Le 23 ?

- Oui. - Non.

Deux jours avant les joutes, il aurait jamais fait ça.

Jamais

il m'aurait menti. Il savait que c'était important.

- Quoi donc ?

- Les joutes, nous deux.

J'ai souffert de la séparation de mes parents.

Alors je me suis promis

que quand je tomberais amoureuse...

- Ce serait pour de vrai.

Kevin avait vraiment l'intention de s'installer à New York.

Vous le saviez ?

- Vous cherchez quoi ?

- Quelque chose qui n'est pas là.

Ton frère cachait

son passeport quelque part ?

- Il en avait pas.

- Eh si.

Il partait aux Etats-Unis, il avait forcément un passeport.

- Je l'aurais jamais

empêché d'y aller.

Ca m'aurait fait mal, mais je l'aimais.

Si c'était important, je l'aurais laissé partir.

J'aurais eu quoi comme place, là-bas ?

C'est chouette, New York, mais j'ai une vie que j'aime ici.

Je suis pas comme son frère.

- C'est-à-dire ?

- Je sais pas ce que serait devenu Tony sans Kevin.

Tout seul avec son père, ça aurait été l'horreur pour lui.

- Kevin a bien fait une demande de visa au nom de Tiphaine. Merci.

Pas de passeport chez vous ni dans le vestiaire,

rien ici non plus.

Pourtant ton frère cachait tous ses secrets ici.

Et tu es le seul à avoir la clé.

Tu as découvert

que ton frère allait partir. Mais avec Tiphaine, pas avec toi.

Je suis sûr que c'était un accident. T'as pas voulu le tuer.

...

- Kevin est venu me voir après la joute.

Il avait un truc à me dire.

Y avait que nous deux dans le hangar.

- Et il t'a dit qu'il voulait partir.

- Il m'a dit

qu'il ne rentrerait plus.

Qu'il allait arrêter les joutes et...

qu'il partait pour New York.

- Tu le savais déjà, tu avais trouvé son passeport.

Tu savais aussi qu'il voulait emmener Tiphaine avec lui.

- J'allais faire quoi sans lui ?

Ma vie serait devenue un enfer.

Je voulais pas qu'il m'abandonne.

Kevin était plus fort que moi.

Pendant la bagarre, on a roulé au sol.

J'ai paniqué.

J'ai attrapé une hampe.

J'ai pas réfléchi.

Je voulais pas lui faire de mal.

Il a suffi d'un coup.

Tony sanglote.

...

- Très bien, on se rappelle.

- Tu voulais me voir ?

- Il paraît que tu es passé voir Julien hier soir.

L'intimider, c'est pas fair-play.

- Non, j'ai fait copain copain.

- Cette histoire m'a remuée.

Je veux pas commettre des erreurs, même par amour pour mes enfants.

- Tu jettes l'éponge ? - Alice va avoir 18 ans.

Elle doit vivre sa vie.

Jeunes, quand on partait à moto le week-end, c'était excitant

de rien dire aux parents.

- Excitant comment ? - T'es con.

- Léa, si notre fille emménageait avec Julien,

tu serais OK, toi ?

- Je sais pas. C'est toujours toi qui les pousses à faire leur vie.

- Ca te fait pas peur de retrouver une chambre vide chez toi ?

- Il y en aura certainement deux dans peu de temps.

Nos bébés sont presque adultes.

- A plus tard.

- A plus.

- J'ai aucun problème à ce que nos enfants grandissent.

Mais nous, qu'est-ce qu'on va devenir quand ils seront partis ?

- Je comprends pas.

- J'ai peur, putain.

J'ai peur de perdre ce lien entre nous.

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