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...
-Maman, laisse-moi finir mon petit déj avant de m'interroger.
-Plus vite tu répondras, plus vite tu pourras déjeuner tranquille.
-3 semaines que tu me bassines avec ça.
Julien m'a filé un peu de black une fois.
-Je te bassine, donc. Comment tu me parles, Thomas ?
Et cette histoire de tatouage ?
-D'après Julien, il faut 6 mois pour se décider sur le dessin.
On a le temps. -Si Julien l'a dit...
Ca change tout, franchement.
-Tu fais quoi ?
-Je note de t'en reparler dans 5 mois et demi.
-Bonjour.
-T'as bien dormi ? -Oui, et toi ?
-Tu pars bien tôt. -Oui.
-Tu te maquilles ?
-Et alors ?
-Tu vis sous mon toit. Ca me regarde.
-D'accord. Bonne journée.
-Alice, c'est pas bien de partir le ventre vide.
-Pas faim.
Claquement de porte.
-Avec toi qui t'empiffres, ça fait un équilibre.
Qu'est-ce qu'elle a ?
-Joker.
-Elle est
amoureuse ?
A chaque fois, ça finit par des pleurs et des cris.
Et elle déprime.
-Selon une étude, les relations amoureuses
ne finissent pas toutes
par un échec.
Pour le chauffage, tu comptes faire quoi ?
-Un mois que j'ai appelé Juanito, le chauffagiste. Il est débordé.
Johnny est mort
et il déprime. Le monde ne tourne pas autour de toi.
Sonnerie. Plein de choses se passent.
Voilà. Soler, j'écoute.
La rigidité du corps commence à peine. Il est mort
au petit matin.
Pas de papiers. -On ne se promène pas toujours
avec son portefeuille.
-C'est pas faux.
-Il a dû tomber et il s'est noyé.
-Il a une entaille. Il était peut-être mort
avant de tomber dans l'eau.
Peut-être même pas ici.
On doit savoir qui il est, de quoi il est mort et comment.
-On cherche déjà.
-"On" ?
Laissez-moi deviner. Le capitaine Marchal.
-Il remonte la rivière. -Merci,
Erwan. -Je vous en prie.
...
Sonnerie.
-Paul ? *-Oui, Léa.
En remontant la rivière, j'ai trouvé du sang et une voiture.
-La scène de crime.
-J'ai l'impression. Et j'ai l'identité
de la victime.
D'après la carte grise, c'est Axel Vignot.
*-Axel Vignot...
Ca me dit quelque chose.
Y a le macaron de l'ordre des avocats.
-Evidemment ! C'est le cabinet Cassagne et Vignot.
Ils traitent les grosses affaires sur Montpellier.
-Un meurtre de notable. J'adore. Je m'occupe de l'associé.
-Vas-y mollo. Ce sont des avocats.
-Procédure, politesse, sourire et protocole.
Je lui fais la totale.
-C'est exactement ça.
*-Rire. A plus.
-Bonjour.
-Sophie. -Bonjour.
-Des infos sur Vignot ? -Rien. Il était veuf.
Sa vie se résumait à son bureau, le palais de justice et le golf.
-Et les bords de rivière. Ah, Camille !
Alors, la perquisition chez lui ? -On n'a pas trouvé son portable.
Il est dans la rivière.
-On récupère les fadettes.
Vous avez trouvé du matériel de pêche ou de randonnée chez lui ?
-Non, il y avait des clubs de golf
et un dossier sur son bureau.
-Que vous n'avez pas lu.
-Pas avant le feu vert de la chancellerie
comme la procédure l'exige.
-C'est bien, Camille. Vous me faites une Marchal ?
-Mais pas du tout.
Quand j'ai mis le dossier sous scellés,
mes yeux ont ripé sur la page de garde.
-Incroyable ! -Oui.
-Et alors ?
-Il défendait Antoine Borel contre Lucas Varèze.
-On vérifie si ces 2 personnes ne sont pas fichées
et je m'occupe de la chancellerie.
-Procédure, politesse, sourire et protocole.
Maître Cassagne ?
-Je ne prends pas de clients. -Votre associé a été tué.
On parle ici
ou je vous embarque ? -Excusez-moi.
Axel a été tué ?
-Oui. -Qui a pu faire ça ?
-C'est ma question.
Axel Vignot avait pas mal d'ennemis ?
-Pas au point de vouloir le tuer.
-Et côté vie perso ? Une maîtresse ?
-Axel est un homme...
Il ne parlait jamais de sa vie privée.
-Vous n'étiez pas plus ami que ça ? -Non. Il était bosseur, fiable.
C'est pour ça que je lui avais proposé d'être associé.
-Et le dossier Borel ? -C'est pas un client.
-Ah si. C'était celui
de Vignot.
Il était très secret.
-Désolé. Le bâtonnier m'attend.
-J'avais pas fini, moi.
-T'es prêt pour tout à l'heure ? -Euh... Oui, je crois.
Oui, je vous écoute.
-Tu te rappelles de ton texte ?
-"Camille, tu veux prendre un verre ce soir ?" Oui, ça ira.
Pardon. C'est pas à vous que je parlais.
Merci. Au revoir.
Sa secrétaire dit que Vignot avait levé le pied depuis 6 mois.
-Elle sait pourquoi ?
-Non, mais ça a coûté 30 000E au cabinet.
-L'associé n'a pas dû apprécier. -Cassagne était furieux.
Je préviens Marchal.
Signal de SMS.
-Ca m'énerverait aussi si mon associé me coûtait 30 000E.
Bonjour. -Excusez-moi.
Discussion inaudible.
-Tout le monde peut faire des erreurs.
-Sauf votre respect, vous me prenez pour une buse ?
-Non.
J'ai demandé à Axel de se remettre vraiment au boulot.
-Il l'a fait ?
-Il était ailleurs.
Je lui ai proposé de racheter ses parts.
-Mais il a refusé. -Il a accepté, mais l'accord
n'était pas finalisé. Vous comprenez le problème ?
-Vous devez dissoudre le cabinet.
-Et perdre la confiance
de quelques clients.
Si quelqu'un ne souhaitait pas sa mort, c'était moi. Au revoir.
-Je m'en doutais.
-La noyade n'est pas la cause du décès.
Peu d'eau dans ses poumons. -C'est sa blessure ?
-Oui. Il s'est fracturé
le crâne en tombant
sur les rochers et il n'est pas tombé seul.
-Il ne l'avait pas, ce matin. -L'hématome
a mis du temps à se former.
-On l'aurait poussé
violemment. -Causant une commotion cérébrale
fatale. -D'autres éléments ?
-Pas pour le moment.
-Bonne journée. -Bonne journée.
-Au revoir. Salut, Paul.
-Léa. -Le proc nous donne l'affaire.
-A résoudre
avant que la presse n'en parle. -Ah, au fait.
Alice a un petit copain. -J'étais pas au courant.
-C'est bizarre, ça.
D'habitude, c'est à toi qu'elle en parle ou à tes ex.
-Ne remets pas ça sur le tapis. Elodie était une copine.
-Ou alors, c'est super sérieux.
Tu t'imagines grand-père ?
Je ne me vois pas grand-mère.
-Tu vas vite en besogne.
-C'est ça, "vite en besogne".
Si j'étais toi, je me renseignerais.
Ca sent mauvais.
-N'importe quoi ! Alice...
C'est un bébé.
C'est mon bébé fille.
-Capitaine. -Ca va ?
-Ca va. -T'es sur quel dossier ?
"Dossier Borel". -Vignot défendait Antoine Borel,
propriétaire du club OK Kayak et poursuivi
par Lucas Varèze suite à la mort de son fils Nolan, 18 ans.
-"Pour négligence".
-Le père lui reproche d'avoir laissé son fils sortir
au lendemain d'un gros orage. Le courant était trop fort.
-Un accident de kayak et un mort en bord de rivière au petit matin.
L'avocat voulait refaire l'enquête sur la mort de Nolan ?
-Possible.
Je vais vérifier si ça a un rapport avec la mort de Nolan.
-Au sujet des comptes
de Vignot,
il défendait Borel bénévolement. Aucune trace de paiement.
-Il n'a donc rien dit
à son associé.
La suite, c'est quoi ? -Vignot a fait
un virement de 10 000E sur le compte du club de kayak.
-Ca mérite une explication, ça. Merci.
-De rien.
...
-Bonjour.
Je suis Chloé. On fait des initiations gratuites.
-On vient parler au patron.
-Je ne l'ai pas vu.
Sarah, sa femme, est au bord de la rivière.
-OK. Merci. -Merci.
C'est beau, hein ?
-Bonjour. -Bonjour.
-Au niveau technique, c'est fluide.
Mais tu dois plus anticiper. Et toi, tu subis trop le courant.
-Bonjour. Capitaine Marchal. Lieutenant Barbier.
Gendarmerie nationale. -Je peux vous aider ?
-Oui. M. Borel ?
-Oui.
-Pourquoi votre avocat vous a donné de l'argent
avant de se faire tuer ? -Mon frère est mort ?
-Vous êtes jumeaux, mais vous ne portez pas le même nom.
-On a été séparés à la naissance. -Vous êtes né sous X.
-On s'est retrouvés il y a un an. -Vous viviez
à 50 km l'un de l'autre sans vous croiser ?
Comment vous vous êtes retrouvés ?
-Axel avait lancé une recherche dans l'intérêt des familles.
Je n'oublierai jamais notre rencontre.
-Ils ont été
tout de suite très complices.
Ce qu'on dit sur les jumeaux,
c'est vrai. -C'est pour ça
qu'il vous a aidés ? -Oui.
On n'aurait jamais pu s'offrir un avocat aussi réputé.
-Et il a renfloué vos comptes. -On allait mettre
la clé sous la porte. Antoine voulait le rembourser.
Axel s'en fichait.
Il croyait
en l'innocence d'Antoine.
-Quel cauchemar, cette histoire !
Je n'ai jamais autorisé son fils à sortir en rivière.
-Il ne vous a pas prévenu. -Quand je l'ai su,
j'ai sauté dans mon kayak. -Il voulait
faire un exploit ?
-Peut-être.
J'ai jamais su.
Ce jour-là, le courant était trop fort.
C'est dans les rapides de la Dent du loup qu'il a chaviré.
-Même moi, je connais la technique pour se redresser.
-Il s'était coincé dans les branches.
Il n'a pas pu...
Tous les jours, je pense à ce gamin.
Et son père qui croit que c'est de ma faute.
-Varèze aurait pu tuer votre frère ?
-Un homme qui perd son fils est sûrement prêt à tout.
-Oui.
-C'est un truc qu'on ne vous a pas appris.
-De quoi ? -De frapper
aux portes. -Désolée.
-Laissez tomber.
Je vous écoute. -Voici les infos sur Varèze.
-Veuf, il a une boîte
de BTP florissante et il est sanguin.
-Des plaintes contre lui ?
-Non, mais le 1er jour du procès, il a juré que si la justice
ne faisait pas son boulot, il s'en chargerait.
-Intéressant.
Quel a été le verdict ? -Le procès a été ajourné
pour un vice de procédure
déterré par Vignot. -Il a ressorti
son dossier. -Varèze a fait appel.
-Et s'il avait décidé d'être
plus expéditif ?
*-Regarde dans l'agenda de Vignot s'il voyait des médecins.
-Je crois pas. Attends. Je regarde.
*Non. Pourquoi ?
-Un ado du club m'a assuré qu'il se rendait à l'hôpital.
*-Pour voir un client ? Je vérifie.
Pas de médecin dans le fichier du cabinet.
-Je vais aller à l'hôpital.
-OK. Hé, Camille !
-Oui ?
-Euh...
Ca te dirait de prendre un verre après le boulot ?
-Ouais. OK. Ca marche.
-Super. A tout'.
-Si j'avais dû tuer quelqu'un, je m'en serais pris à Borel.
-Si Vignot avait utilisé un vice
de procédure pour empêcher
la réhabilitation de la mémoire de mon fils,
c'est lui que j'aurais tué.
-Vous n'êtes pas à ma place. Personne ne sait ce que je vis.
-C'est vrai. Je suis désolé.
Pourquoi en vouliez-vous à Borel ?
-En kayak, on ne laisse jamais partir quelqu'un seul en rivière.
Si ce connard avait respecté cette règle, mon fils serait en vie.
Nolan, c'était le gamin parfait. Gentil, intelligent, intentionné.
Je ne dors plus.
Je guette la porte d'entrée comme s'il allait revenir.
Les nuits durent une éternité. -Malgré tout,
vous n'avez jamais eu envie de vous faire justice vous-même.
-Au début, évidemment.
Ca fait un an qu'il est mort. Vous croyez que j'aurais célébré ça
en tuant quelqu'un ?
-Hé, Dédé. Bon anniversaire. -Merci, Camille.
Excusez-moi.
Varèze n'a pas d'alibi et n'aurait pas attendu 1 an
pour se venger. -Plus aucune piste.
-Camille a trouvé un truc à l'hôpital.
T'as pu parler à Alice ? -Je voulais l'appeler.
-Oui ? -Mais elle aurait pu se braquer.
Du coup, j'ai une idée. Assieds-toi.
-Attends. Laisse-moi deviner.
T'as une amoureuse ?
Non. OK. T'as rappelé ton ex Elodie ?
-Oh là là !
-Non ? T'as rappelé ta mère ?
-Oui. Elles s'entendent bien. Alice adore se confier à elle.
-Tu as changé. Tu sais plus rien faire sans ta mère.
-T'as vu tes rapports avec la tienne ? On peut en parler.
-Non. Ca va. C'est bon.
-Pardon. -Ca va.
-Ecoute... On a toujours fait
confiance à Alice, donc...
-On faisait confiance à Thomas et regarde le résultat.
Quand Alice tombe amoureuse, ça finit mal.
-Ca fait partie de l'apprentissage. Parfois, ça se passe bien.
Regarde... nous.
-Ca n'a pas marché très longtemps.
-D'accord. Oui... D'accord.
-Pardon. -Non.
Allez, lâche-la un peu.
-T'as raison.
M. Juanito, Léa Soler.
C'est pour le chauffage. C'est le 14e message.
Vous allez me rappeler. Au revoir.
On frappe. Oui. Entrez.
Camille, vous frappez aux portes.
Quel bonheur !
-Merci. -De rien.
Alors, l'hôpital ?
-Vignot voyait un médecin.
-Il était malade ? -Non.
Son frère avait une maladie qui provoque une défaillance
de la moelle osseuse. -Il avait besoin d'une greffe.
Et son jumeau était
forcément compatible. -Oui.
Axel voyait le médecin pour l'opération.
-Elle a eu lieu ? -Oui.
Tout s'est bien passé,
mais jetez un oeil sur les notes du chirurgien.
-C'est pas possible.
Non. Non.
-Euh... Pourquoi ?
-Non, c'est pas possible.
J'y crois pas.
Je n'y crois pas, Camille.
-C'est Axel Vignot ?
-Non, il est sorti. Je peux vous aider ?
Il manque un truc.
-Quoi ?
Un tatouage ? -Non.
-Cicatrice ?
-Une tho... -Thoracotomie ?
Non, ça se verrait.
-Vous êtes sûr ? -Certain.
-C'est pas lui. -Pardon ?
-C'est pas Vignot.
C'est son jumeau Antoine Borel. Merci, Pierre.
Euh... Franck.
-J'ai interrogé Axel Vignot sur sa propre mort ?
C'est une première.
Il a bluffé tout le monde. -En même temps,
Sarah Borel nous a menti aussi.
Comment une femme peut confondre son mari avec son frère
aussi jumeau soit-il ?
-Peut-être qu'avec le frère, ils étaient amants et ils ont tenté
le meurtre parfait. -Hum.
-Dis-moi. -Vignot est avocat.
Il connaît les procédures judiciaires.
Il faut 24h pour le résultat des empreintes digitales.
-Et pour prouver l'identité. Il savait qu'il avait une journée.
-Pourquoi avait-il besoin de 24h ?
-Pour venger Borel.
-Tu lui poseras la question. Moi, je vais chez le proc.
-Encore ?
-Marchal refuse qu'on dise à Vignot qu'on sait tout.
-Sinon, il penserait à une stratégie de défense.
C'est fou, cette histoire !
-Sarah Borel m'a bien enfumée.
Vibreur.
Tu vas y aller seul. Marchal veut que je reste au club.
Il veut que j'essaie de trouver
qui en voulait à Borel. Signal de SMS.
Je te le lis ?
-Non, c'est perso.
-J'ai jamais vu quelqu'un ranger si vite son téléphone.
C'est qui ? C'est ta mère ?
-Oui, c'est ma mère.
-OK.
-M. Borel, désolé pour l'attente. -Je vous en prie.
Il faut retrouver l'assassin de mon frère.
-Personne ne vous a rien dit ?
Il n'est pas mort.
-Pardon ?
-Votre frère, c'est Axel Vignot.
Désolé, M. Borel,
mais...
c'est vous qui êtes mort.
Comme je ne parle pas aux défunts,
je vais vous appeler
maître Vignot.
On s'y perd.
Un avocat comme vous ne m'aidera pas.
On a parlé à Sarah Borel.
Elle a bien réagi aux accusations de faux témoignage et d'obstruction
à l'enquête. La prison
va être dure pour elle qui aime la nature.
-J'ai décidé de prendre la place d'Antoine.
Je devais récupérer
ma voiture au club.
En passant près de la rivière,
j'ai vu vos collègues de l'identification criminelle.
-Vous avez l'habitude des scènes de crime.
-J'ai foncé
prévenir Sarah. Je lui ai demandé qu'elle me fasse confiance
et de laisser croire que j'étais Antoine.
-Pourquoi avoir fait ça ? -Je voulais juste
gagner du temps pour prouver que Varèze est le meurtrier.
-Mais c'est pas lui.
Donc, je vous repose la question. Avez-vous tué votre frère ?
-Non.
Non.
On frappe.
-Entrez.
-Bon, alors...
Borel n'était pas qu'un moniteur de kayak.
Il s'opposait à la construction du barrage de Saint-Bauzille.
-Pourquoi ? -Un barrage,
ça touche toute la rivière. Plus d'eau pour les kayaks.
Forcément,
la mort de l'activité des Borel. -On aurait pu
le tuer à cause de ça ?
-Ce genre de projet, c'est énorme.
Y a des enjeux économiques.
-Comme arroser
des champs de maïs. -Voilà.
Tout ça pour du maïs transgénique.
-Qui nourrira nos enfants.
-Et leur fera pousser
un 3e bras ou autre chose.
-C'est bon.
On a compris.
Incroyable ! Vous êtes d'accord.
En même temps, le bio,
ça resserre les liens.
-Borel aimait cette vallée.
Son opposant est un cultivateur : Jacques Dargonne.
-Qui est sur le coup ?
-Erwan. On frappe.
-Entrez.
Asseyez-vous.
-Non, ça va. Dargonne est en réunion
à la mairie de Saint-Bauzille. On va le chercher ?
-Oui, mais vous l'attendez dehors. La chancellerie, la préfecture...
Si je me mets une mairie à dos le même jour, ça fera trop.
Merci, Erwan. -Très bien.
-Ca va ?
-Hum. -L'interpellation
de Dargonne
t'inquiète ? -Non, c'est un truc perso.
-C'est toujours OK pour ce soir ?
-Oui. Ah non.
On pourrait reporter ça à demain plutôt ?
-Pas de problème.
-Merci.
-Tu te fais désirer. C'est ça ?
-C'est ça.
-Borel était en guerre avec tous les cultivateurs.
-Vous avez déposé des mains courantes contre lui
pour actes de vandalisme.
-Lui et les membres de son club. Ils ont saboté une machine.
-C'était l'année dernière.
-Oui. -Et depuis, pas d'autre contact ?
-Non. -Ni pour le barrage ?
-On s'engueulait aux réunions.
-Vous l'avez appelé ce matin.
-On avait crevé les pneus de mon 4x4.
-Que vous a dit Borel ?
-Il n'a pas répondu. J'ai laissé un message.
-Sans savoir qui c'était ?
-Quelqu'un a fui en kayak. J'ai tiré une volée de plombs,
mais je l'ai raté.
...
-Bonsoir. -C'est fermé.
-Je cherche Thomas, le garçon que vous payez au black.
-Salut, maman.
-Tiens.
-Pourquoi t'es là ?
-On dîne ensemble ?
-Tu veux des infos sur Alice ?
-Pas du tout.
Je voulais juste dîner avec mon fils.
-Merci, mais j'ai du boulot.
-J'aimerais fermer pas trop tard.
-J'aimerais voir les heures sup sur la fiche de paie de mon fils.
-J'en ai parlé à mon père.
Je te laisse fermer.
-Il est charmant.
-Il a eu une galère avec un client.
-C'est la moto de ton père ?
-Il m'a demandé de la réparer.
Là, on va s'attaquer à la peinture.
-Il l'a gardée ? On dirait que c'était hier.
-Je dois la finir. J'aurai droit à une récompense si je me dépêche.
-Je te laisse travailler.
Je t'aime.
-OK.
-Salut, mon ange.
-Maman.
-Oui ?
-Pour Alice, ne t'inquiète pas. Tout roule.
-"Tout roule" ?
...
-Ca va ?
-Bonjour.
-Tiens, salut. -On peut
retirer Dargonne de la liste des suspects.
Il était au champ avec ses ouvriers. Nonobstant...
Parmi les manifestants contre le barrage,
on est tombés sur lui.
-Nolan Varèze, le kayakiste
mort l'an dernier. -En tête de cortège.
-Salut. -Salut.
-Les recours par les anti-barrages ont été rejetés avant-hier.
-Le club de kayak est condamné. -Oui.
-On s'en est pris à Dargonne pour ça.
-Mais Dargonne est innocent. -C'est pas le seul ennemi
des kayakistes.
Parmi les sociétés
intéressées par la construction
du barrage,
y en a une dont on connaît le patron.
-Varèze ?
-Le père de Nolan ? Il a bien caché son jeu.
-D'un côté, on a Varèze père dans le clan des pro-barrages.
De l'autre côté, Nolan
dans le clan des anti-barrages. -Ca devait être tendu entre eux.
-Entre les 2, Antoine Borel, patron d'OK Kayak.
-Varèze a oublié
de nous dire que la construction du barrage pourrait lui rapporter
des centaines de milliers d'euros. -Un bon mobile pour tuer Borel.
-Exact.
-Quel est le rapport avec Nolan ?
-Vous m'avez dressé le portrait du fils parfait.
En fait, il luttait
contre la construction d'un barrage
qui pourrait vous rapporter gros. Vous pourriez m'expliquer ?
-A cet âge-là, on milite contre tout.
La région avait besoin de ce projet.
Des centaines d'emplois vont être créés.
C'est quand il s'est inscrit au kayak
qu'il est parti dans ce délire.
Borel lui avait monté la tête
avant de l'envoyer se faire tuer dans les rapides.
-Vous en vouliez déjà à Borel
avant l'accident. Vous saviez
que Nolan s'en était pris à la ferme
de Dargonne ? -Oui.
Il me l'avait dit quand on s'était engueulés.
De toute façon, je ne pouvais rien faire.
-Pourquoi ?
-D'après Nolan, il n'était pas le seul
à faire ça.
-Nolan est parti
de chez Dargonne ici.
-Passer par la rivière, c'était plus discret.
-Il devait rentrer au club, mais il s'est retrouvé dans les rapides.
-Ca va vite, j'imagine. -C'est un labyrinthe de branches
et de rochers.
Tu dois passer face au courant. -Et ça nous mène où ?
-A la berge, exactement là
où Antoine Borel a été tué.
-Le kayak de Borel aurait pu rester coincé
dans les rapides. -Oui.
...
-Bonjour.
Y a personne ? -Non, c'est repos, aujourd'hui.
La nouvelle s'est répandue pour le barrage.
Le kayak, c'est fini. -Déjà ?
-Ils assèchent les marais.
Avec toutes les espèces qui s'y trouvent, ça me rend malade.
-Tout ça pour du maïs transgénique. -Exactement.
-On est prioritaire pour bosser sur le barrage. Quel cynisme !
-L'emploi, c'est tout ce qui compte.
-Des emplois pour 1 an et après ? Tout le monde à la rue
et un écosystème détruit.
Je peux vous aider ?
-Non, je regarde.
Votre patron vous a mis ces idées dans le crâne ?
-Il nous a expliqué la situation.
-Vous vous êtes engouffrés, la tête baissée.
Nolan Varèse, le 1er. -Oui.
Il était prêt à tout
pour Antoine.
-Venez voir.
Il est à qui, ce kayak ?
-A Antoine.
-Borel n'a pas vandalisé
la ferme de Dargonne hier.
-Non, aucune trace de son ka...
-Bonjour, bonjour. -Bonjour, Marchal.
C'est quoi, ce truc ?
-L'arrière du kayak modulaire d'Antoine Borel
criblé de plombs.
-Dargonne lui a tiré dessus. -Sur le kayak, oui.
Sur lui, on sait pas.
Alors ?
Y a rien qui vous interpelle ?
-Il est vert, jaune, rouge.
-Bien.
-Y a qu'un morceau.
-Mieux. -On peut le démonter.
-Et le transporter en voiture. -Celle du meurtrier.
-Par exemple.
-Il l'aurait ramené au club. -Il a fait une erreur.
Tous les kayaks sont enchaînés entre eux et une seule personne
a la clé. -Vous avez mis
des gants ? -Non. Il faisait chaud.
-Ca vous fait rire ?
-Non.
-Non, pas vous.
-C'est pas possible.
Pourquoi Antoine aurait vandalisé sa ferme ?
-Il n'avait plus Nolan pour faire le sale boulot.
-Justement.
Depuis la mort de Nolan, mon mari était contre ce genre de méthode.
Il disait que ça ne mènerait à rien
et que ça salissait notre image.
-Son kayak était enchaîné aux autres kayaks
et vous seule avez la clé du cadenas.
Si ce n'est pas Antoine, eh bien, c'est vous.
-Pourquoi j'aurais fait ça ? -Parce que vous en aviez marre.
Les pétitions, les recours
qui n'aboutissent jamais, vous avez décidé d'agir
comme il y a 1 an. Dargonne a prévenu Antoine Borel
qui vous a attendue au débarquement des kayaks.
Le ton est monté... -Je ne comprends rien.
Hier matin, j'étais avec ma soeur avant d'aller au club.
-Mais on va vérifier.
Si ce n'est pas vous, il reste une seule personne.
Vignot, votre beau-frère. -Il n'est pas
assez bon dans les rapides.
Jamais il n'aurait tué son frère.
-D'accord.
Vous avez toujours la clé du cadenas sur vous ?
-Non, je la laisse dans mon bureau.
-Tout le monde peut y entrer ?
-Oui.
-Capitaine.
Capitaine ?
Tout va bien,
capitaine ? -Oui, super.
Pourquoi vous faites semblant de pagayer ?
-Je reproduis les gestes exacts. T'es vachement grand, toi.
C'est exactement ce qu'il me faut.
Prends ma place.
-Ah non. -Tutt, tutt.
Ton grade ? -Lieutenant.
-Et voilà.
Eh bien, assieds-toi.
-Comme ça ?
-Voilà, mais...
Non, arrondis plus.
Sois généreux dans le geste.
Va chercher l'eau.
La tête droite aussi.
Regarde devant.
La tête haute, le regard fier. Regarde loin là-bas. Les mains
plus près des pales.
-Je peux pas.
-T'as pas assez de pagaie.
T'es trop grand.
Ta taille ? -1,86 m.
-Comme Borel. Il lui fallait une pagaie de 2,25 m.
-Elle ne fait pas 2,25 m. -Elle fait 2,10 m.
Borel n'a pas pu aller à la ferme de Dargonne.
-Quelqu'un a recommencé les actes de vandalisme et Borel l'a surpris.
-Hum. -Mais qui ?
-Je sais pas. On cherche.
Dans ce meurtre,
on a éliminé la jalousie, la vengeance, la haine.
L'argent, y en avait pas. Il reste quoi ?
-L'amour.
-L'amour.
Toujours l'amour. -La soeur
de Sarah Borel a confirmé son alibi.
-Donc, un membre du club avait accès
au bureau de Sarah et savait où trouver la clé.
-Ca fait 50 suspects.
-Pourquoi le coupable serait retourné
à la ferme de Dargonne ?
-Parce que la construction du barrage a été actée.
-Non.
Il faut oublier cette piste,
la guerre pour ou contre le barrage.
Borel avait arrêté
ses actions.
Varèze n'aurait jamais attendu
l'anniversaire de la mort de son fils.
-La date anniversaire ?
-Borel a été tué jour pour jour un an après la mort de Nolan.
-Ca, c'est symbolique.
-On peut avoir accès aux fadettes
du dossier de Nolan ? -Oui. On cherche quoi ?
-Quelqu'un de proche
qu'il contactait souvent
avec qui il pouvait entretenir
une relation intime.
-Euh...
Chloé Mangin.
-Chloé Mangin.
-Elle bosse à OK Kayak.
-Oui.
L'amour.
L'amour reste le plus beau des mobiles.
-Merci.
-Qu'est-ce que je fais là ?
-Vous la reconnaissez ?
-C'est une pagaie du club.
-Elle a servi à aller à la ferme de Dargonne hier.
-Antoine a pris son kayak et une pagaie. Où est le problème ?
-Cette pagaie est adaptée à un kayakiste
de moins de 1,70 m, mais je ne vous apprends rien.
-La taille de beaucoup de membres au club.
-C'est exact.
Mais vous étiez amoureuse de Nolan.
Voilà comment ça s'est passé.
Hier matin, vous avez pris un kayak.
Dargonne a laissé un message à Borel
qui l'a écouté. Il vous a rattrapé et a compris
que vous étiez responsable de la mort de Nolan.
-C'est lui qui l'a poussé à y aller.
-Le dernier SMS
que vous avez envoyé à Nolan.
"Ce soir, objectif Dargonne.
"On va lui mettre la misère."
Antoine n'a pas supporté que vous recommenciez.
Même pour l'anniversaire de la mort
de Nolan. -Il était furieux.
Il a dit que la violence ne servait à rien.
Je lui ai répondu qu'il nous avait mis ces conneries dans la tête.
-Il avait compris que Nolan avait pris
des risques pour vous.
Vous n'avez pas accepté qu'il vous dise ça.
-Nolan...
Je l'aimais tellement.
Vous pouvez pas savoir comme il me manque.
C'est pas de ma faute s'il est mort.
Et Antoine...
Je l'ai juste poussé.
Je voulais pas le tuer.
...
-Chloé n'a jamais pu assumer sa responsabilité
dans la mort de Nolan.
Elle ne supportait pas les reproches d'Antoine.
-Les reproches de ceux qu'on respecte sont
les plus durs à accepter.
-Maintenant, Varèze va pouvoir faire son deuil.
-Oui.
Moi, j'y vais. -Tu fais
un truc ce soir ?
-Pardon ? -T'es dispo ?
-Pourquoi ?
-J'ai une surprise pour toi. Viens.
-Je peux pas résister.
-Je sais.
-C'est où ? Et les enfants, ils sont où ?
-Avec ma mère.
-Ah non !
-On a réussi à boire ce verre.
-Oui, enfin. -Oui.
Oh là là !
T'es sérieux comme un pape.
Ca se dit pas ?
-Si, "comme un pape". Bravo.
-Pour une fois. Signal de SMS.
-Attends.
Excuse-moi.
-Je t'en prie.
Quoi ?
Ca va pas ?
-Si, ça va. C'est Anaïs, en fait.
-Anaïs, ton ex ? -Hum.
Elle m'a appelé hier. -Attends.
Si tu m'invites pour parler d'elle, c'est pas une bonne approche.
-Je sais, mais...
elle est enceinte.
-Non ? C'est une super nouvelle.
Elle attendait ça. C'est chouette.
-De moi.
-Ah ?
Ah, d'accord.
OK.
Ben...
Félicitations. -Merci.
-Ben, à tes amours.
-Alors, c'est quoi ?
-Tu sais pas attendre.
T'as 8 ans. -Oui.
-OK.
Est-ce que tu reconnais ça ?
-C'était pour mes 24 ans.
On était sur la péniche de Max.
Et après, on est partis en amoureux dans le Jura.
-Oui. C'était chouette.
On aurait dû
rester bloqués dans nos 20 ans.
-Ah oui ?
L'autre soir, au bar, t'avais pas l'air...
-Bloqué ?
Ben si. Sur toi, toute la soirée. -Non,
je t'ai vu
avec une brune plutôt jolie un peu jeune.
Je peux pas.
J'en ai très envie, mais je ne peux pas.
On sait très bien les raisons pour lesquelles on s'est quittés.
-Oui, je sais.
Mais je me dis qu'on a droit à une seconde chance.
Signal. -Ah !
C'est Alice. -Tiens. Moi aussi.
Qu'est-ce qu'elle veut ?
-"COUCOU. JE PASSE LE WEEK-END AVEC MON COPAIN.
"JE VOUS APPELLE DEMAIN. BISOUS."
-Elle ne nous demande pas l'autorisation ?
-C'est pas bien.
-C'est encore une idée de ta mère. -Pas du tout.
Je comprends pas. -Je crois que c'est super clair.
-Mais non, mais ça va. T'exagères.
Elle nous appelle demain.
-C'est Alice.
-Putain, c'est ma moto.
-Ils...
-Pas de souci avec tes parents ? -T'inquiète. Je gère.
-Quoi ?
-Soler à plein temps sans bagages.
-Y a pas de quoi en prendre ombrage.
Marchal à mi-temps,
ça m'délasse.
-Je ne le crois pas.
-C'n'est qu'une moitié de carapace.
Sous les verrous, y a pas que nous.
-Y a des fous, des otages.
Dans nos maisons, pas de barreaux.
-Mais des enfantillages.
-AU BOUT DU COMPTE,
LES MEMES FISSURES.
EN FIN DE COMPTE,
ON A LES MEMES MORSURES.
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