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Original subtitles

...

Une femme crie. -Ca vient de par là.

-Oh !

...

-Tu fais quoi, là ? -Je t'accompagne à tes travaux

d'intérêt général.

-Tu vas me foutre la honte, papa. -Ca fait partie de la punition.

Je te laisse jouer

avec tes petits camarades.

Qu'est-ce qu'il y a ?

-Blanche-Neige et son petit papa... C'est trop mignon !

-Il fait quoi, ton "petit papa" ? -Il a un garage.

-Génial ! J'ai toujours rêvé de réparer des bagnoles !

-Ah ?

-Et au lieu de ça, je suis devenu gendarme.

Allez,

soyez

sages !

Un téléphone sonne.

Oui, Léa ?

Oui, je situe.

Le temps de décoller. Oui.

-Une jeune femme

entre 20 et 30 ans. Pas de papiers.

-Des pèlerins l'ont découverte ? -Oui.

-On est sur le chemin

de Compostelle ? -Oui, le pont est un passage obligé

de la via Tolosana. -Ca, je connaissais, pour une fois.

-On est sur l'arrivée d'une étape et le Camino démarre à Arles.

-Vous avez déjà fait le pèlerinage ?

-Oui, deux fois. Vous aussi ?

-Oui, par la via Podiensis.

Il y a eu un avant et un après.

Jean, baskets... Elle n'était pas équipée pour le Camino.

Elle a une croix autour du cou.

On doit trouver son identité. Vous interrogez les voisins.

-Ca va être rapide, commandant. -Je plaisante. A tout à l'heure !

-Bonjour. -Bonjour.

Capitaine Marchal,

bonjour !

-Salut, Léa.

-Tu as une petite mine. Fatigué ? -Non, ça va.

-Tu crois que c'est un suicide ? -Non, je ne crois pas.

Il y a des petites traces de sang et des particules de peau, là.

-La victime se serait débattue ? -Oui, c'est possible.

-Que faisait-elle là au petit matin ?

Tu sais où elle aurait pu dormir ? -Il y a un gîte, plus haut.

-Comment tu sais ça ?

-Quand j'étais ado, on sautait du pont avec mes potes.

-Tu ne me l'as jamais dit.

En même temps, on ne se dit pas tout.

-Il y a un sous-entendu, là ?

-Pas du tout. Mais abstiens-toi de raconter tout ça à Thomas.

Ca pourrait

nous éviter une chute mortelle.

Ca s'est passé comment, ce matin ? -Bien. Je crois qu'il a compris.

-Super.

-Hum.

Bon.

Je vais essayer de retrouver le chemin du gîte.

-A plus tard.

-Merci. Bonne journée !

-Ca va ? -Oui, ça va.

Je suis célibataire, pas malade.

C'est pas demain que je vais me remettre en couple.

-Je demandais juste si ça allait. Il faut que je te laisse.

Je dois redescendre. -Pourquoi ?

-Un pêcheur à interroger. Il aurait vu un homme penché sur le corps

juste après la chute. -Et il est où, cet homme ?

-Le pêcheur ? -Non, l'agresseur.

-Il se serait enfui avant que les pèlerins arrivent.

-OK. -Bon, j'y vais.

-Oui, elle a dormi ici, hier.

-Vous connaissez son nom ? -Non. C'est elle qui est tombée ?

-Oui. Avait-elle des bagages,

monsieur... -Charon.

Didier Charon. Oui, un sac à dos bleu avec un motif, une fleur.

Il doit être là. J'ai tout sorti du dortoir.

-Bleu ? -Oui.

-Ca ? -Oui.

-Pas de papiers, pas de portable... C'est pas l'équipement du pèlerin.

Qu'est-ce qu'elle faisait là ? -Elle a débarqué dans la soirée.

Elle n'avait pas l'air en grande forme.

Elle n'était pas au petit déjeuner. -Bon, il n'y a rien... Merci.

Elle a parlé avec quelqu'un ? -Au dîner, elle s'est pris la tête

avec les Mayeux.

-Les Mayeux ? -C'est un couple de pèlerins.

Ils se font convoyer en bagnole. Marcher, ça leur écorche les pieds.

-Vous êtes un pur et dur, vous.

-Ces parasites ont dénaturé le pèlerinage.

-Cette prise de tête,

c'était à quel sujet ? -Je sais pas. On a fini ?

-Les Mayeux sont encore là ?

-Ils sont partis avec Pierre, mon cousin,

dans un gros 4x4

marqué "Cap Compostelle". -OK. Merci.

-OK, très bien. Merci, Marchal.

Bonjour à tous. -Bonjour.

-La victime n'avait pas de chaussures de marche.

Donc elle n'était pas en pèlerinage.

-C'est si dur que ça,

Compostelle ?

-A partir de St-Guilhem, il reste environ 800 km.

Il faut

un équipement adéquat.

Et elle n'avait pas de credencial, le "passeport" des pèlerins.

C'est ce qui nous permet de dormir dans des gîtes catholiques.

On doit le faire tamponner à chaque étape...

-D'accord.

J'ai l'identité de notre victime :

Mégane Savary, née en 1994, domiciliée à Frontignan.

-Le témoin d'Erwan est-il sûr d'avoir vu quelqu'un

toucher la victime après sa chute ?

-Oui. Pourquoi ? -Il y a peut-être des empreintes.

-Je m'en occupe.

-Mégane...

Savary.

-Excusez-moi !

Je cherche M. et Mme Mayeux. -Mme Mayeux est là.

-Merci. -De rien.

-Bonjour.

Cne Marchal. J'aimerais vous parler, à vous et à votre mari.

-Il est parti faire des photos.

-La jeune femme, au gîte, vous la connaissiez ?

-Non. Elle n'était pas méchante, mais un peu insistante.

-A quel sujet ?

-Elle nous racontait sa vie, mais on l'écoutait à peine.

-Dommage. Ca m'aurait arrangé.

-On voulait rester seuls.

Alors on lui a demandé de nous laisser.

-Jusqu'au moment où vous avez élevé la voix. Et après ?

-Elle a compris, elle nous a laissés.

Elle a sangloté une bonne partie de la nuit.

-A cause

de votre dispute ? -Je ne pense pas.

Elle répétait en boucle : "Félix, Félix..."

-"Félix" ? -Oui.

-Bon. Merci.

-Mme Mayeux,

on va y aller. -Oui.

-Donnez-moi votre sac.

-Merci. -De rien.

Faites le tour.

-Mégane Savary, étudiante en psychologie,

élève brillante, elle vivait seule... Quoi d'autre ?

-Elle était obsédée par un certain Félix.

Tu en as trouvé un

dans son entourage ? -Non. J'ai un Benoît. Son frère.

-Et au domicile de la victime ?

-Que des factures de recharges. Portable prépayé. Pas de fadettes.

-C'est pas un hasard si elle s'est mêlée aux pèlerins.

-Mais pourquoi était-elle sur le pont du Diable à l'aube ?

-Elle avait peut-être

rendez-vous avec son agresseur.

Vérifie si elle a déjà fait le chemin de Compostelle.

Quelqu'un la connaît peut-être, elle ou ce Félix.

-Les traces papillaires relevées sur les habits de Mégane

matchent avec le fichier des empreintes digitales.

Soler avait raison. Christophe Morales, détenu

à la maison d'arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone.

-Il est tombé

pour quoi ? -Braquage.

Il faisait partie d'un groupe de détenus en fin de peine

effectuant le Camino.

Ils étaient encadrés par un prêtre et des bénévoles.

-Et notre oiseau s'est envolé ?

-Le groupe revenait de St-Jean-de-Fos

et il a disparu. -L'évasion parfaite.

-Il était libérable dans un mois.

C'est stupide.

-A moins d'avoir un impératif, comme tuer Mégane.

-Waouh...

Possible.

Rires.

...

-Tu as appelé Maman ? Pas trop inquiète ?

Ca va, je déconne !

Il est relou, ton père.

-Il voulait me cramer auprès de vous. Mission accomplie.

-Normalement, les fils de gendarmes n'atterrissent jamais ici.

-Il veut que j'en bave pour pas que je recommence mes conneries.

-T'as fait quoi, comme conneries ? -J'ai piqué une caisse.

-Quoi ? -Un vieux cabriolet. 300 CV.

-T'aimes les bagnoles comme ton daron.

-Oui... Mais j'y connais que dalle. -Il ne t'a jamais appris ?

-Hé ! T'approche pas trop près de Blanche-Neige !

Papounet va te manger ! -Toi, ferme ta gueule !

-Ouh... -Oh ouais...

-Vénère.

-C'est ici que j'héberge mes pèlerins de fortune,

dont Christophe Morales.

-Vous faites souvent

des excusions de ce genre ? -J'en organise chaque année.

-Qui peut y participer ?

-Des détenus libérables et volontaires.

Il s'agit de préparer leur sortie par le vivre ensemble.

-Et l'aspect religieux. Vous n'avez pas choisi Compostelle au hasard.

-C'est avant tout une aventure spirituelle

respectueuse des convictions de chacun, croyant ou pas.

-Pour Morales, c'est un échec. -C'est incompréhensible.

Christophe souhaitait mettre toutes les chances de son côté.

-Mégane Savary, vous connaissez ?

-Bien sûr. C'est elle ce matin qui...

-Oui.

-Mon Dieu...

-Vous semblez extrêmement touché.

-Mégane était visiteuse de prison. Elle rendait visite aux détenus.

-Elle connaissait Morales ?!

-Absolument.

-Mégane Savary faisait bien partie de l'association

des Amis de Compostelle. Voilà sa credencial.

-Elle a fait le chemin de Compostelle il y a 5 ans

par la via Tolosana...

Donc elle est déjà venue

à Saint-Guilhem. -Et depuis, l'association

n'a aucune nouvelle d'elle. -OK. Merci, Erwan.

On frappe.

-Les recherches pour retrouver Morales ont fait chou blanc.

-"Chou blanc" ? -Oui. J'y retournerai demain matin.

-A mon avis, il est déjà loin. -Ca m'étonnerait.

Il y a des barrages partout.

Mégane rendait visite à Morales en prison. C'est pas un hasard

s'ils se sont retrouvés en même temps au pont du Diable.

-Pourquoi ont-ils eu besoin de se retrouver sur ce pont,

à cette heure-là ?

-Je ne sais pas.

-Sauf si la présence de Mégane avait un rapport

avec son pèlerinage d'il y a 5 ans.

-5 ans après, c'est pas un peu tiré par les cheveux ?

-Je ne sais pas.

Je dois aller chez le procureur pour l'affaire de vol à main armée.

Comme c'est le premier jour de TIG de Thomas...

-Je peux m'en occuper, moi. Par contre, je n'ai plus les...

-Oui.

Elles s'appellent "reviens". -Oui. Merci.

-Merci de m'avoir déposé.

-Attends. Tu ne vas pas me laisser déjà ?

J'ai un truc à te montrer.

-Il faut vraiment que je rentre. -Ton père te flique, c'est ça ?

-Non, pas du tout. C'est quoi, ton truc ?

-Tu veux te faire de la thune ?

-Je sais pas.

-T'as peur ? -Non, tu me prends pour qui ?

-Je te montre vite fait et si ça te branche, tu passes demain matin.

-OK.

-M. Juanito, c'est encore Léa Soler.

Je n'aimerais vraiment pas passer tout l'hiver sans chauffage.

Rappelez-moi. Merci.

Pourquoi tu speedes comme ça ?

-J'ai des choses à faire. -Lesquelles ?

-Salut. -Thomas !

Lesquelles ?

Qu'est-ce qu'il a, ton frère ?

-Je sais pas. Il a froid.

-Il part avec 45 mn d'avance aux TIG pour un truc important,

et il a l'air très enthousiaste. -Si ça se passe bien, tant mieux.

-C'est censé être une punition, pas une partie de plaisir.

-Quand ça va pas, tu t'inquiètes et quand ça va, c'est pire.

-Oh, tu sais quelque chose. -Pas du tout.

-Si. Je comprends que tu veuilles protéger ton frère,

mais là où il est, c'est pas des enfants de choeur.

-Il s'est fait un ami.

Il s'appelle Julien Garrido et il travaille dans un garage.

-Julien comment ? -Garrido.

Bonne journée, maman ! Je t'aime ! -Moi aussi, je t'aime, ma chérie !

Oh, il a oublié son sac. C'est pas possible !

Thomas, t'as pas de tête !

Un téléphone vibre.

Oh, il a oublié son portable aussi.

Des modèles de tatouages ?!

Y a combien ? Deux, trois, quatre, cinq...

(Qu'est-ce que tu as fait, mon fils, encore ?)

-Eh ben ! Quelle motivation ! -J'ai mal dormi.

La nuit, je cogite.

-Tu as une jolie collègue célibataire qui occupe tes pensées.

-Euh...

C'est très gênant, capitaine.

-Je te parle pas de moi, nigaud. Je te parle de Camille !

-Ah ! -Tu comptes te lancer quand ?

-Eh ben... On est lundi ? -Oui.

Téléphone. -Eh ben... Marchal.

Oui, capitaine ?

-Regarde tous les chemins qui mènent en bas du pont du Diable.

-Alors...

Il n'y en a qu'un de praticable qui vient de St-Jean-de-Fos.

*C'est là que Morales a disparu la veille du meurtre.

*-Pourquoi il serait retourné là ?

*-Il s'est peut-être caché... -Je crois savoir ce qu'il a fait.

-Capitaine ?

Ah ?

-M. Savary, on a besoin

d'en savoir plus sur votre soeur. -Je voyais très peu Mégane.

-Pourquoi ?

-On s'est perdus de vue.

-Ca s'est passé comment dans votre famille d'accueil ?

-Bien. On a eu de la chance.

Mais Mégane est partie le jour de ses 18 ans.

-Pour faire le chemin de Compostelle.

-Elle est partie pendant un an,

juste la veille de passer son bac.

-Et vous savez pourquoi ?

-Mégane avait besoin d'air. Elle était comme ça.

-Il faut environ 2 à 3 mois pour parcourir les 1 600 km

du chemin de Compostelle, du début jusqu'à St-Jacques.

Qu'a-t-elle fait après ? -Je ne sais pas.

Elle s'était peut-être remise avec son mec.

-Son mec ?

Un certain Félix ?

-Je ne connaissais pas

son nom.

Ca avait l'air d'être sérieux,

mais le chemin de Compostelle, elle l'a fait seule.

Il frappe à la porte.

-Que puis-je faire pour vous, mon fils ?

-Je suis un peu perdu.

-Dites-moi. -Si Christophe Morales

a pris cette route, il est passé devant la grotte de Clamouse.

-Oui. Vous croyez qu'il est caché là-bas ?

-Non, on a fouillé partout, on n'a rien trouvé. Vous voulez mon avis ?

-Si ça peut vous être utile...

-Après la mort de Mégane Savary, Morales est allé au seul endroit

où il savait qu'il serait en sécurité.

Vous voyez ce que je veux dire ? -Pas vraiment.

-D'après ce que j'ai retenu de mes cours de catéchisme,

le mensonge, même par omission, c'est pécher.

-Bon, ça suffit.

Foutez-lui la paix.

-Allez.

C'était malin de revenir vous cacher au bercail.

-Je ne comptais pas me planquer, à la base. Je m'étais paumé.

-Bien sûr. Vous vous êtes perdu, comme par hasard.

-Oui, j'ai perdu le groupe de vue.

Il commençait à faire nuit. Il y avait des falaises partout...

J'ai attendu le petit matin pour rentrer.

-Pile au moment où vous passez sous le pont, Mégane vous tombe dessus.

-Elle a été poussée.

-Là, vous ne mentez pas.

Bon, admettons. Vous avez vu

qui l'a poussée ?

-Non. Je pensais juste à Mégane.

J'ai essayé de la réanimer, mais c'était trop tard.

-Vous ne pouviez pas attendre les secours ?

-Pour qu'on m'accuse aussi sec ? Personne n'allait me croire,

à part le père Foucher. Je ne me suis pas gouré.

-Vous saviez que Mégane serait à St-Guilhem en même temps que vous ?

-Oui. Elle m'en avait parlé.

Elle était tellement heureuse de retourner dans ce gîte.

-Pourquoi ?

-Elle disait que c'est là que sa vie avait changé,

il y a 5 ans.

-Elle avait changé de vie. -Elle a rencontré Dieu.

-Non, elle avait changé de vie avant son départ.

Elle a planté son année de terminale...

Moi, quand j'ai fait le Camino

j'étais perdue, en quête de quelque chose...

-Tu y retournes quand ?

-T'es drôle... Tellement drôle.

Et si elle avait fait le Camino pour ce Félix...

-En tout cas, moi, je crois que Morales n'a pas tué Mégane.

-Intuition ? -Expérience.

Il aurait dû nier en bloc là où il a répondu cash.

A mon avis, il n'a pas eu de bol

de se trouver là à ce moment-là. -C'est énorme à ce point-là !

Pour l'instant, il reste suspect et on le garde au chaud.

-OK.

-Un truc cloche avec Didier Charon. -Le patron du gîte du Désert ?

-Admettons qu'il n'ait pas reconnu Mégane 5 ans plus tard.

Elle débarque sans avoir réservé, et il lui trouve une place.

-Peut-être

qu'elle lui a dit qui elle était. -Il faut creuser.

Pourquoi a-t-elle fait le Camino ? Ca s'est passé comment avec Thomas,

hier soir ? -Bien... Comme d'hab.

-Tu ne l'as pas trouvé blanc ?

-Il ne sort jamais.

-J'ai du mal avec son piercing.

-Je lui ai dit que tu n'aimerais pas ça. C'est moche.

On dirait un rideau de douche. -Tu me prends pour une imbécile ?

-Ma mère m'a appelé pendant une heure et demie.

-Voilà ce que j'ai trouvé dans le sac de ton fils, ce matin.

-C'est quoi ?

-Je n'ai pas eu le temps de lui demander. Il était pressé.

Rends-moi mes clés.

-Oui.

-Pose ça et ferme la porte en sortant.

-Pour ma mère, c'est vrai.

-Mégane Savary

était déjà venue ici.

-Je ne retiens pas tous les visages qui passent ici.

J'accueille tous les pèlerins.

-Et toutes ces coquilles symbolisent

les bonnes oeuvres.

-Oui, exactement, les grandes comme les petites.

-Je n'arrive pas à vous croire.

Alarme. -C'est quoi, ça ?

-C'est la triangulation du portable de Mégane Savary.

-Il s'est enfin rallumé ? -Non, il est toujours éteint.

-Et il est où ?

-Il émet depuis...

le gîte du Désert.

-Marchal est là-bas. Je le préviens.

Un téléphone bipe.

-Vous ne regardez jamais les séries policières

à la télé ? -Non.

-Si vous regardiez, vous sauriez que pour neutraliser un portable,

il faut enlever la batterie.

Sinon il continue d'émettre. -Comme celui de Mégane Savary.

-Eh ben, voilà.

Bonne pioche.

Bingo.

-Vous parliez de celui-là ? -Vous faites la collection ?

Il vient d'où ?

-Je l'ai trouvé dans le dortoir ce matin.

J'attendais que quelqu'un vienne le récupérer.

-Vous vous en êtes servi ? -Non, il était éteint.

-Regardez plus de polars. Il y a un journal d'activité

sur ce genre de téléphone. -Ah oui.

Il a été éteint hier matin, juste après le meurtre de Mégane Savary.

-Pas par moi.

-Hum, hum.

-Bon. Charon sait qu'on n'a rien de concret contre lui.

-J'étais une experte pour retrouver l'historique

dans le portable de mes enfants. -Tu les espionnais ?!

-Non. Je vérifiais qu'ils ne s'égarent pas sur Internet. Nuance.

-Tu es pire que nous avec Thomas. -On doit veiller au grain, non ?

-Oui...

-Ca y est.

Mégane a consulté le site Cap Compostelle,

l'agence du cousin de Charon.

-Elle comptait repartir en pèlerinage en 4x4 avec lui ?

-Ou bien elle voulait retrouver la trace de Pierre Burgaud.

Elle lui a posté un message

pour lui dire qu'elle aimerait bien le revoir, lui et sa femme.

-Beau boulot !

-Hum.

-On a connu Mégane il y a longtemps.

-On n'aurait jamais pu imaginer que c'était elle en bas du pont.

-Votre cousin, Didier Charon,

ne vous a rien dit ? -On ne se parle plus.

On bosse juste l'un à côté de l'autre.

-Et quand vous l'avez eue au téléphone, que vous a-t-elle dit ?

-Qu'elle allait venir.

-Elle vous a dit quand ? -Non, ça a coupé.

-Et vous, vous l'avez rencontrée il y a 5 ans ?

-Elle a débarqué au gîte. J'ai tout de suite été touchée par elle.

J'ai fini le chemin avec elle. On est devenues amies.

-Vous a-t-elle parlé

d'un certain Félix ? -Non.

-Elle était en couple avec un garçon.

Elle ne l'a pas évoqué ? -Non.

-Mégane Savary

rencontre les Burgaud

qui l'aident à se remettre de son chagrin d'amour.

-Mégane a renoncé à passer son bac à cause de cette rupture

et a entamé le Camino seule pour faire le point.

-On doit retrouver cet amoureux. Il a chamboulé son existence.

-Ni Mégane ni son compagnon

n'avaient choisi de se séparer.

C'était plutôt les "circonstances".

-Les "circonstances"... Mais quelles circonstances ?

-Mégane a quitté sa famille d'accueil le 7 juin 2013.

-Oui. -Le 6, la veille, devinez

qui est tombé pour braquage ? -Christophe Morales.

Morales serait l'ex de Mégane ? -L'ex ou l'actuel.

Ils se voyaient régulièrement en prison.

-Et donc

Morales ne se trouvait pas par hasard sur le pont du Diable.

Tenez, M. Morales. -Merci.

Je ne vous ai rien dit parce que j'avais trop honte.

Mégane, c'était un ange, et moi, je lui ai gâché la vie.

-Vous étiez très amoureux d'elle ? -Oui.

En prison, je n'ai jamais arrêté de penser à elle.

Quand elle a dit qu'elle me pardonnait, j'étais heureux.

Si seulement je n'avais pas déconné il y a 5 ans.

-Aviez-vous d'autres raisons de me cacher votre relation

avec Mégane ?

Ce n'est pas par hasard que vous avez quitté le groupe.

Vous vouliez la retrouver ?

-Ce n'est pas ce que vous croyez.

Mégane m'avait bien donné rendez-vous au pont du Diable,

mais la veille, je me suis vraiment perdu.

Si j'étais arrivé à temps...

-Admettons. Pourquoi avez-vous risqué

de mettre en danger votre libération conditionnelle ?

-Elle avait quelque chose de très important à me montrer.

Le père Foucher était d'accord pour me couvrir pendant une heure.

-Sauf qu'après votre disparition, l'alerte a été lancée.

-J'ai fait la recherche sur Julien Garrido,

le copain de Thomas. -Ah ! Merci.

-Il a pris 40 heures de TIG pour dégradation de biens publics.

Sinon il travaille dans le garage

de son père.

-D'accord, très bien.

Merci, Erwan.

Autre chose ?

-Le Cne Marchal a fait la même recherche que moi.

-Bien.

C'est très, très bien.

-Pour Morales, on fait quoi ?

-A mon avis, il est innocent.

Il ne peut pas avoir inventé une histoire aussi rocambolesque.

J'aimerais comprendre pourquoi son arrestation a autant chamboulé

la vie de Mégane.

-En tout cas, Félix n'était pas le petit ami.

-Forcément.

On doit savoir ce que Mégane voulait montrer d'aussi important

à Christophe Morales.

Mégane a disparu pendant un an. En effet, Morales ne l'a pas vue

pendant les 12 premiers mois de son incarcération.

Il faut environ...

-3 mois

pour le chemin de Compostelle. -On a donc un trou de 9 mois.

9 mois...

Mais bien sûr !

Pourquoi on n'y a pas pensé plus tôt ? 9 mois...

Bonjour, Franck. -Bonjour, Léa. Je n'ai pas terminé.

-Avez-vous pratiqué une échographie pelvienne sur Mégane ?

-Bien sûr, oui. -Et alors ?

-Je n'ai pas encore regardé. -On peut le faire ensemble ?

Et donc ?

-Il y a eu un bébé. -Quand ?

-Il y a environ 5 ans.

-Félix, l'enfant qu'elle a eu avec Christophe Morales.

Merci, Franck !

-Comment on a raté ça ?

-Il n'y a aucune déclaration de naissance à l'Etat civil.

-Elle a accouché seule chez elle ? -Ou à l'étranger.

-Il serait où, ce Félix ? -Sans doute à St-Guilhem.

C'est pour ça qu'elle est revenue, pour présenter Félix à son papa.

-Elle aurait donné le bébé

sans passer par les voies légales ?

-Ca se tient. Mégane a 18 ans, elle est enceinte...

Le père de son enfant est en prison...

-Elle part faire le chemin

pour réfléchir...

Et pour savoir quoi faire de son bébé.

-Drôle de karma.

-Carrément.

Bon. Je te laisse ? -Hum.

-On a du nouveau ?

-Oui. Tu sais combien il y a d'enfants de 5 ans, à St-Guilhem ?

-Non.

-Quatre. -D'accord.

-Et l'un d'eux est le fils des... ? -Je ne sais pas.

-Burgaud.

-Ceux de Cap Compostelle ? -Oui.

-Sauf que leur fils s'appelle Tom et qu'il est né à Bilbao.

-A l'époque, ils sont restés en Espagne après leur pèlerinage.

-Lui travaillait pour un gars qui convoyait des pèlerins.

-Vérifie avec l'hôpital de Bilbao.

-La mairie de St-Guilhem a reçu le certificat de naissance.

-C'est peut-être

un faux.

Vérifie.

-OK.

-Très bien, merci.

Didier Charon confirme que les Burgaud étaient bien au gîte.

-Ils se couvrent, en fait.

-C'est ça.

-Tu t'occupes de Pierre Burgaud ?

-Ca va pas ?!

-Et moi, de Didier Charon. -Tu t'en sors bien.

-Alors ?

-L'hôpital de Bilbao ne connaît pas d'Ophélie Burgaud.

Qui a accouché là-bas

il y a 5 ans ? -MEGANE SAVARY.

-M. Charon ! Re-bonjour !

D'accord.

Ah, viens voir !

C'était marrant, ça !

-Ca me rappelle

mon premier pèlerinage, quand j'avais 7 ans.

Il y avait des marcheurs avec des ânes.

-Ca devait être chouette.

-Que faites-vous là ?

-On essaie de démonter votre faux alibi

pour le meurtre de Mégane Savary.

-On ne sait pas si c'est vous ou votre cousin qui l'avez tuée.

-On cherche.

-J'appelle mon avocat.

-Et vous êtes accusé d'avoir fourni aux Burgaud

un faux certificat de naissance.

-Vous avez modifié

le certificat de Mégane Savary au bénéfice d'Ophélie Burgaud.

-Un graphologue pourra le confirmer.

-La légende raconte que les constructeurs du pont

avaient passé un pacte avec le diable qui n'en voulait pas.

Il pourrait prendre la première âme qui passerait dessus.

Evidemment, personne n'était prêt à un tel sacrifice.

Et ils décidèrent de faire passer un chien.

Le diable, fou de rage, tenta de détruire le pont.

Il n'y parvint pas et il se jeta dans l'eau.

D'où son nom le pont du Diable.

-Pourquoi vous me dites ça ?

-Mégane a basculé à cet endroit.

Elle s'est écrasée sur les rochers.

Je doute que le diable y soit

pour quelque chose.

L'acte de naissance de Tom est un faux.

En réalité, il s'appelle Félix

et il est l'enfant de Mégane

et de Christophe Morales.

-On avait 20 ans quand on a appris

qu'Ophélie n'aurait jamais d'enfant. Le monde s'est écroulé.

On a essayé d'admettre qu'elle ne serait jamais mère.

Mais rien ne pouvait la consoler.

-Et l'adoption ? -Notre dossier a été refusé.

Il paraît qu'on était trop jeunes,

qu'on n'avait pas assez réfléchi.

Ophélie n'avait plus d'espoir. -Et vous avez rencontré Mégane.

-Au départ, l'idée du pèlerinage, ça a été juste ça :

une démarche spirituelle pour retrouver

le courage.

Ophélie voulait s'en sortir par elle-même.

Personne ne pouvait l'aider, même pas moi.

Mégane a été comme un miracle

placé sur notre route. Elle était perdue.

Elle ne savait pas quoi faire de cet enfant qui allait naître.

-Mais vous, vous étiez là pour l'accueillir.

-Et lui donner tout notre amour.

Personne

n'était lésé dans cette histoire. Tout le monde trouvait le bonheur.

-Jusqu'au jour

où Mégane

a voulu récupérer son fils.

-Elle ne voulait pas le reprendre. -Qu'est-ce qu'elle voulait alors ?

-Elle m'a expliqué que le père de Tom allait être libéré.

Elle a demandé à ce qu'il voie son fils, une fois, pour le connaître.

-Elle vous a donné rendez-vous sur le pont du Diable.

Mais vous y êtes allé sans Félix.

Et elle a compris.

-Ophélie et moi, on était enfin heureux.

On avait un enfant.

Pour tout le monde,

Tom était notre fils.

Et ça devait rester comme ça pour toujours.

-Il ne saurait jamais la vérité ? -Non.

-Sa vie aurait été construite

sur un mensonge. -C'était moins dur que la vérité.

Mégane ne devait pas lui parler.

-Donc vous l'avez tuée.

-Je lui ai dit qu'on n'était pas d'accord.

Elle s'est accrochée à Ophélie.

J'ai pris peur. Je l'ai juste repoussée.

Elle a heurté le parapet et...

...

-Morales repart en prison ?! -J'ai fait un rapport

pour appuyer sa libération conditionnelle.

J'ai souligné sa collaboration. Il sortira dans un mois.

-Super. Il va pouvoir reconnaître officiellement Félix.

Je reconnais bien là ta grandeur d'âme.

Bon, je file.

-Au fait, Paul, tu n'as rien à me dire

sur un certain Julien Garrido ?

-Je cherche à savoir comment Thomas a eu autant d'argent.

-Et il est hors de question qu'il se fasse tatouer.

-Oui, bien sûr.

Bonne nuit.

-N'est-ce pas ?

...

-Si les travaux d'intérêt général ne vous fatiguent pas assez,

le juge peut vous en donner

un peu plus. -Tu fais la vidange ?

-On fait ça pour le plaisir. -Pour le plaisir ?!

Tu te passionnes pour la mécanique ?

-Oui. Tu devais m'apprendre ça quand j'étais petit.

Encore une promesse non tenue. -Du coup, je lui apprends

maintenant.

-C'est bien. Tu lui donnes des cours, tu le payes...

T'es un peu le père Noël.

Tom...

Ta mère a trouvé 150 euros dans ton sac.

-Papa, arrête. -Laisse, il a raison.

Thomas me file un coup de main ici. On partage ce que je gagne.

-Oui... J'imagine que tout est clean ici.

-C'est le garage de mon père.

Y a pas de lézard.

-Tom.

Puisque tu aimes avoir les mains dans le cambouis, j'ai un deal.

-Ah oui ?

-Tu retapes ma bécane

et je m'arrange pour que Maman te laisse venir ici

tous les soirs.

-Je peux te filer un coup de main. T'inquiète.

-OK.

-Deal.

-Et tu me donnes combien ?

-Trois semaines.

-La moto, c'est pour Maman ? -Non. Elle n'a pas le permis.

-Papa... -Hum ?

-Maman et toi, vous êtes coincés dans la zone grise.

-Dans la zone grise ?

-C'est pas grave, oublie.

...

-Entrez !

-Euh...

Commandant...

Je vous ai dit que je ne me mêlerais plus

de votre vie privée avec Marchal. -Oui.

C'était une sage décision.

-Mais là, franchement, vous trouvez

que c'est une bonne idée de fliquer votre fils ?

-Je m'inquiète. J'utilise les outils que je connais.

-Ca, c'est normal.

Je parle de Marchal et vous qui faites ça chacun de votre côté.

Vous devriez unir vos forces.

Vous aurez beau lutter, vous êtes bloqués ensemble, donc...

-Je ne vois pas trop de quoi vous parlez.

Paul a d'autres projets.

-Vous parlez de la nana avec qui il a flirté

l'autre soir au bar ?

Je suis sûre qu'il est rentré chez lui bien tranquillement après.

En fait...

Vous n'osez pas vous remettre ensemble.

Mais vous n'arrivez pas à ne plus être ensemble.

Pourtant, il va falloir choisir.

Vous savez que j'ai raison.

Bonsoir.

...

Sous-titrage MFP.

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