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...
...
-On marche dans les pas de Nostradamus.
Il a étudié ici en 1529.
Quand j'étudiais ici, ce lieu me faisait rêver.
Tu ressens l'histoire qui nous entoure ?
Erwan ?
-Oui, oui. C'est un peu flippant, quand même.
-Non. Tu réalises pas la chance qu'on a de voir tout ça ?
-Oui.
Un homme crie.
-A l'aide !
...
Ca brûle !
-A l'aide ! Au secours !
Professeur !
Professeur ! Au secours !
-Merde. Fenucci.
Erwan, ferme la porte.
-Quoi ?
-Ferme la porte.
-Que se passe-t-il ?
-La sensation de feu,
les traces
aux doigts... Les symptômes de la peste.
...
-Salut.
-Hmm...
-C'est quoi, ça ? -C'est ma liste.
-"Saut en parachute, stage de plongée, parcours de vias ferrata."
-C'est pour mon anniversaire, pour donner des idées à papa.
-Comme pour le père Noël. -T'es mal placée pour critiquer.
Qui a demandé un stage d'équitation, l'an dernier ?
-C'est pas comparable.
-De toute façon, pour ce que je vais avoir...
Regarde ce qu'il y a marqué derrière.
-"Passe ton bac d'abord et on en reparlera." Ah ouais...
Dur.
-Oui. Tu as les cours de guitare, et moi, je dois bosser.
Papa bûchait pas autant à mon âge. -Il ne veut pas que tu galères.
-A chaque fois, je me fais avoir. J'ai envie de me tirer d'ici.
-Bonjour, mes amours.
Croissants, pains au chocolat, chouquettes et brioches.
Alors, on n'est pas bien, là ? Un petit dimanche en famille.
Un portable sonne.
...
C'est maman.
Oui, Léa ?
Non. On allait prendre le petit-déj.
Tu t'ennuies ? Tu aimerais nous rejoindre ?
-Franck et Erwan sont en quarantaine à la fac.
Il y a un mort, c'est la peste.
Viens à la gendarmerie.
*OK ? -OK. Tu fais attention à toi.
-OK. Merci.
Excusez-moi. Bonjour, Stéphane.
-Vous faites quoi ?
-Commandant Soler. J'ai 2 hommes dedans.
-Ca change rien.
On attend l'unité bactériologique.
-Merde. -Ils sont bloqués,
et on peut rien faire ?
-Faut savoir comment il a été contaminé.
La peste,
ça s'attrape plus !
-Faux. Y a des foyers à Madagascar et ailleurs.
-Ah bon ?
Camille, cherche si la victime
a voyagé récemment.
Je dresse une liste des labos. Sophie, fais un topo sur Fenucci.
-T'es devenu mon supérieur ?
-Mais la commandant m'a confié l'enquête. J'y peux rien.
-T'inquiète pas, tout ira bien pour Erwan.
-Et pour Franck.
-Oui, aussi.
-Pourquoi je m'en ferais que pour Erwan ?
-Tu aimes bien
ton partenaire. -Comme un frère. Et j'ai un mec.
-OK, Marchal. On se tient au courant.
C'est qui la dame en noir ? -Elle travaille ici.
-Merci.
Bonjour. Vous travaillez ici ?
-Oui. Je suis la doyenne de l'université. Fabienne Charlemont.
Vous étiez proche de la victime ?
-Un ami depuis 30 ans. Un homme incroyable.
Un chercheur en pharmacologie. -Lui connaissiez-vous des ennemis ?
-Vous ne pensez pas... -On ne ferme aucune piste.
-Marcel Girard vous renseignera. C'est le conservateur
du droguier.
-Où est-il ? -Il est au jardin,
le dimanche.
-Merci. Excusez-moi.
Franck, comment ça va ? Erwan tient le coup ?
OK.
Franck, ne quittez pas.
Le médecin légiste est à l'intérieur.
Il pourrait faire des prélèvements
pour l'unité bactériologique. -Bonne idée. J'envoie quelqu'un.
-On vous envoie quelqu'un.
-Si c'est la peste,
faut faire les prélèvements sur Fenucci et sur nous.
Benjamin, vous avez des seringues ? -Tu trouves pas qu'il fait chaud ?
On est peut-être infectés ? -Pas de panique.
-Camille me trouve hypochondriaque. -Bonne idée, pense à Camille.
-Mes doigts noircissent.
-Capitaine...
Fenucci n'a pas bougé depuis plus d'un an dans les zones à risque.
-Ca nous laisse l'environnement
ou l'empoisonnement.
Le bacille est conservé en France dans des labos
qui n'ont pas subi de vols. -OK.
Je continue à chercher.
-Le colonel veut vous parler. Les journalistes aussi.
Forcément, la peste... -Merci.
On a quoi
sur la victime ?
-C'était un homme sans histoire.
-Continue.
-Oui.
-Je vais vérifier si la fac conserve le bacille
à des fins de recherche. -N'oublie pas
le colonel et les journaleux. -Oui.
-C'est tout ce que j'ai trouvé.
-Ca ira. Merci.
-C'est quoi, ça ?
-C'est la calebasse du professeur.
-Faut l'analyser.
On ignore comment il a attrapé la peste.
-Il buvait son maté
à longueur de journée ? -Toujours.
Il le préparait, dans la salle des profs.
-Erwan, à ton tour.
-T'as déjà piqué un vivant ?
-Y a un début à tout.
-Bonjour, Monsieur.
-Le bacille de la peste,
ici, sûrement pas. -En attendant,
Fenucci l'a attrapé quelque part. Réfléchissez.
Avez-vous conservé quelque chose
qui aurait pu le tuer ?
-On a 15 000 échantillons qui datent parfois du Moyen Age.
L'ergot de seigle.
-Pardon ? -C'est un champignon du seigle.
-Un champignon ?
-Ils ont été prélevés lors de la dernière épidémie de peste.
Pour le manipuler, il faut s'y connaître.
-Où rangeait-il ces échantillons ? -Dans les armoires anciennes.
-Merci.
Allô, Erwan... dans les armoires anciennes.
-Armoires anciennes.
Famille 209.
Claviceps purpurea.
-J'ai trouvé.
Il est vide.
-Ca veut dire quoi ? -Qu'on a peut-être l'arme du crime.
-Si le virus a été exclu de cet ergot, il est pas contagieux.
-Dans son domaine, Fenucci était un crac.
Je t'envoie le lien.
T'as vu les publications qui lui sont consacrées ?
-Oui. -J'aurais rêvé de le rencontrer.
Qu'est-ce qu'il aurait pu m'apprendre sur les plantes !
-On a reçu les résultats d'analyse de la victime ?
-Pas encore.
-Que font-ils ? C'est urgent.
-Ca va venir.
Arrête de t'inquiéter.
3 pulvérisations apaisent l'esprit.
On frappe.
-Où est Erwan ? -Là-bas.
-C'est au fond.
-On a les résultats, vous êtes libres.
-C'est quoi ? -La peste de feu.
-Elle a fait des millions de morts. -Putain, je le savais !
-Seul Fenucci a été contaminé.
-Si on meurt...
-Elle est pas contagieuse.
-Comment Fenucci l'a attrapée ? -Le maté contenait le bacille.
-Un meurtre ?
-Oui. Le temps de digestion du poison ?
-1 à 5 heures. Donc il a été empoisonné
ce matin.
-Ca va ? -Oui.
-Je vais vous ramener. -Oui. Je veux bien.
-Vous ramenez le corps à l'IML ? -Bien sûr.
-On est perdus sans vous.
Sans vouloir être trop indiscrète,
que faisiez-vous ici ?
-Je faisais découvrir le musée de l'anatomie à Erwan.
-C'est bien, mais y a des maladies.
Quoi ? Il y en a qui visitent les catacombes le week-end !
Chacun son truc.
-Hmm...
-On peut y aller ? J'aimerais bien me décontaminer.
-On fait un point demain.
-OK. -Allez, Erwan.
-Coucou. -Coucou.
12 minutes 26 secondes de retard. -Pardon.
J'ai eu une journée de fou. Mais pourquoi je me justifie ?
Je te donne des cours de guitare gratuitement.
-Ca va.
On y va ? -Oui.
On va bosser...
Euh... l'accord en mi mineur.
-Hmm...
...
-Ca va, maman, en ce moment ?
-Oui.
-Elle sort un peu ? Elle voit du monde ?
-Hmm...
Elle prend du temps pour elle. -Bien sûr.
Ce serait même vachement bien si elle rencontrait quelqu'un.
A moins que ce soit fait. -Hmm...
Je l'ai eu, mon accord. -Oui, carrément. C'est bien.
Donne-moi 2 mn.
Je vais à la salle de bains prendre de l'aspirine.
-Il n'y a qu'une brosse à dents
dans le verre de maman. -Tu me prends
pour qui ? -Et Marc Perel, c'est le plombier.
Fuite d'eau. Si tu peux jeter un oeil,
ça ferait plaisir à maman. -Oui...
-Coucou.
J'ai eu une idée de folie.
Thomas rote.
Je vais demander à papa
de m'accompagner
pour mon saut en parachute. -Ah oui ?
Tant que tu y es, prends mes céréales,
ou mes reins. -Tu es bête.
S'il dit oui,
je te laisse ma place, comme ça, t'auras eu ton cadeau.
Il est bien, mon plan ? -C'est comme maman
pour le site de rencontre. -Quel rapport ?
-Ne fais pas tout à la place des autres,
et on se sent nuls.
Mais merci, j'ai pas besoin de ta pitié.
-OK.
Bonne journée.
-Erwan ?
Ca va ?
-Ca va.
-Cool.
-Eh bien, dis donc,
c'était tendu, ici.
Ca va ? -Oui. Je me suis bien astiqué.
-T'aurais dû utiliser l'huile de tea tree pour désinfecter.
-Oui... -Il n'y avait pas
d'infection, hein ?
-Bref...
Du nouveau sur notre victime ? -Relevés de compte nickel.
On t'a laissé ses e-mails à vérifier.
On part
perquisitionner chez lui. -Ces e-mails sont tous en espagnol.
-Et en portugais.
Bienvenue !
-Bonjour.
-Bonjour. -Capitaine Marchal.
Je...
Vous gardez les fauves ?
-Je suis la secrétaire
de la doyenne et je m'occupe des affaires
de M. Fenucci. -Il passait beaucoup de temps ici ?
-De 7 h à 19 h, 7 jours sur 7.
-Ah oui.
Donc il vivait ici.
Il avait 3 rendez-vous hier matin.
"Marie van der Noote, Thibault Vandel,
"Benjamin Duteil."
C'est qui ? -Des étudiants qu'il suivait.
-Même le dimanche ?
M. Fenucci ne désignait qu'un élu. -"Un élu" ? Carrément ?
Quelle était
la destinée de cet élu ? -1 mois en Amazonie avec M. Fenucci
pour collecter des plantes. -C'est une récompense, ça ?
-L'élu devenait le chargé de TD et avait accès aux programmes
de recherche internationale. -OK.
Vous dites qu'il partait tous les soirs à 19 h ?
-Oui. Il était réglé comme du papier à musique.
Le téléphone sonne. -Excusez-moi.
-Pourtant, je vois qu'il avait 2 rendez-vous
2 soirs par semaine, à 21 h.
"AD", ça vous dit quelque chose ? -Non. Désolée.
-OK. Merci.
...
-Voyons ce qu'on trouve sur ce mystérieux AD.
*-Où "mystérieuse". -Oui.
Ah... parce que tu penses que Fenucci avait une liaison ?
-Ce serait pas la première fois qu'un prof séduit une élève.
*-C'est vrai.
Seuls ses 3 étudiants étaient avec lui
quand on a versé du poison dans son maté.
-Non. Seulement 2. Marie van der Noote n'a pas badgé.
C'est peut-être elle le rendez-vous 2 soirs par semaine, à 21 h.
*-Bon, je convoque
*les 3 pour tirer ça au clair. -A plus tard.
On frappe.
-Ca va ?
-C'est une sacrée page qui vient de se tourner, mais ça va.
-J'imagine.
Et...
On en sait un peu plus ? -Non. Peut-être sur le meurtrier.
Cet ergot de seigle, c'est pas une arme courante.
-C'est clair.
Le suspect savait où trouver l'échantillon,
il savait qu'il serait soluble
et qu'il ne dégagerait pas d'arrière-goût.
-Cette personne ne savait pas
que l'ergot est irritant. -Le coupable devrait être marqué ?
-Ou alors il a obtenu un traitement.
-Il a pu se protéger
avec des gants ? -Effectivement.
Pour ses étudiants, Fenucci était soit Dieu, soit le Diable.
-C'est-à-dire ?
-Il a déjà fusillé la thèse et la carrière de certains étudiants.
-La vengeance reste un bon mobile.
On sait qui chercher : un prof, un étudiant.
-Il y a des traces sur sa veste.
On dirait du salpêtre.
-Et ? -C'est pas du tout
le style de Fenucci, toujours nickel, tiré à 4 épingles.
-OK. Merci.
Bon courage, Franck. -Merci.
Léa !
-Oui ? -Merci
de vous être inquiétée
pour moi. -C'est normal.
-On comprend pourquoi il passait son temps à la fac.
Son lieu de vie était... -Pas feng shui.
-Une cellule de moine.
En plus triste. -D'accord.
-Mais on a trouvé quelque chose.
-"Malgré d'excellents résultats,
"vous ne pourrez pas m'accompagner en Amazonie."
-Y a pas de destinataire.
-Ca doit être un des 3 étudiants. Donc Fenucci aurait changé d'élu.
-Un étudiant furieux aurait plutôt tué l'élu.
-La fureur n'est pas logique.
-Pour les initiales AD, on n'a rien trouvé dans son entourage.
-Répartissez-vous les interrogatoires des étudiants
avec Marchal. -D'accord.
Vous en êtes où
de votre site
de rencontre ?
-Capitaine, j'ai l'impression que vous envahissez
mon espace personnel, et c'est déroutant.
-OK. Je cherche juste à vous connaître. C'est tout.
-C'est gentil, mais je crois que je n'ai pas besoin de coach.
Et puis...
J'ai pas le temps, entre les enfants, le boulot, tout ça.
-Les enquêtes, les enfants, vous en aurez toujours.
Je dis ça...
-La porte, capitaine. -Oui.
-Merci.
-Je le respectais énormément.
Le voir mourir comme ça, sous mes yeux...
-C'était un honneur de l'avoir comme directeur de thèse.
-Il y a de la compétition chez les scientifiques.
-Son voyage en Amazonie...
Comme s'il récoltait des plantes dans la jungle !
-C'était sa manière à lui de nous tester,
comme nous faire venir le vendredi, à 18 h.
-Il n'avait pas de vie, donc pourquoi on en aurait une ?
-Sa vie, c'était la recherche. Il n'avait que ce mot à la bouche.
Et résultat...
-"AD" ?
Non, ça ne me dit rien. Qu'est-ce que c'est ?
-Quelqu'un que Fenucci rencontrait les mardis et les jeudis soirs.
-Le soir, je suis au sport.
-Qui était pressenti pour être le prochain chargé de TD ?
-Marie.
-C'était la meilleure ?
-Non, non... mais ça ne m'étonnerait pas qu'elle et lui...
Vous voyez ce que je veux dire ?
-Ca expliquerait ses notes.
-OK.
-Non. Je ne couchais pas avec le Pr Fenucci.
Pas mon genre.
-AD, c'est pas vous ?
-Non.
-Pourquoi ne pas avoir badgé à la fac, hier ?
-Le professeur avait annulé, donc j'ai dormi.
J'en ai profité.
-Il vous a prévenue quand ? -La veille, à la fin du cours.
-Qui allait partir en Amazonie ? -Benjamin, le chouchou.
-Vous n'avez rien remarqué de différent chez Fenucci, hier ?
-Peut-être. Il est arrivé en retard, tout débraillé.
C'était pas son genre.
La tête ailleurs, jusqu'au moment...
-Qui allait être
le prochain chargé de TD ?
-Thibault, même si, franchement, c'est super abuser.
-Pourquoi ?
-Parce qu'il pompe les résultats de ses recherches.
-Fenucci rencontrait le lundi et le jeudi un certain AD.
Ca vous dit quelque chose ?
-Non.
-Aucun des étudiants n'a de marques sur les mains.
Vérifiez si l'un d'eux a consulté un médecin depuis hier.
-Benjamin est le pire menteur que j'aie jamais vu.
-AD peut être une chose en rapport
avec ce que faisait Fenucci.
"A" comme Amazonie.
Et "Départ".
-Pour quand était prévu ce voyage ? -Euh... août, je crois.
Oui. C'est ça.
-C'est bientôt.
-Le vol,
ça se réserve
à l'avance, enfin, sauf quand on oublie de réserver, bien sûr.
-Je l'ai.
Fenucci est enregistré
sur le vol du 3 août.
Et Thibault Vandel.
-De quand date
la réservation ? -Il y a une semaine.
Un billet a été annulé au nom de Benjamin Duteil.
-Pourquoi Fenucci avait décidé de ne plus vous emmener en Amazonie ?
-J'étais pas au courant.
-C'est bien, ça.
C'est marrant, on voit tout de suite quand vous mentez ou pas.
-Je vous ai pas menti.
-Restez dans le domaine de la science,
car une carrière dans le poker ne vous irait pas.
Allez, Benji ! AD, c'est qui ?
C'est qui ?
-Article Doyenne.
-Fenucci écrivait sur elle ? -Je l'aidais à rédiger
un article qui allait paraître. Un truc très chaud.
-Chaud comment ?
-Charlemont, la doyenne,
elle entretient des rapports privilégiés avec certains labos,
généreux donateurs à qui elle accorde des faveurs en échange.
-Vous aidiez Fenucci ?
-Il était très connu dans le domaine de la recherche.
J'enquêtais pour lui et il voulait tout balancer.
-Fenucci étant mort, si la doyenne l'apprend, vous ramassez pour deux.
-Je me ferai virer de la fac, et je ne trouverai pas de boulot.
Charlemont a le bras long. -Il faut la liste des labos
qui vous intéressaient.
Pourquoi Fenucci vous avait-il remplacé par Thibault ?
-Le professeur a changé ma vie. C'était un type extraordinaire.
Je ne serai pas devenu chargé de TD mais il ne m'aurait pas abandonné.
J'en suis sûr.
...
-Hop ! Merci, Mathieu.
-Ce n'est pas Benjamin notre coupable.
-Preuve ou intuition ? -Intuition.
-Les intuitions ne sont pas recevables par le tribunal.
Tu as raison, j'ai eu Franck au téléphone.
Fenucci a ingéré le poison 1 h ou 2 h avant son décès.
-Benjamin n'était pas arrivé à la fac.
-Thibault n'avait pas de mobile puisqu'il allait avoir le poste.
-Il reste la doyenne.
Mobile en or et elle a toutes les clés de la fac.
-C'est pas elle.
-Intuition ?
On a vu plus dingo.
-"Dingo" ? C'est possible.
-Il faut l'interroger.
-Je vais m'en occuper.
-T'es plus diplomate
que moi. -Ben, oui.
-Léa, je sais que ce n'est pas le moment,
mais il faudrait qu'on parle des dangers du Net.
Les sites de rencontre,
c'est peuplé de cinglés.
-Tu t'inquiètes pour les enfants ? Je les ai sensibilisés
sur le sujet depuis longtemps. Tout va bien.
Pas de stress.
-Je suis rassuré.
-Commandant.
Les e-mails de Fenucci indiquent qu'il a écrit à l'administration
pour demander de renforcer la sécurité de la fac.
-Il se sentait menacé.
-Il avait raison. -Informez Camille et Marchal.
Creusez sur la doyenne et ses liens avec les labos.
Et soyez discrète.
-Fenucci ne se sentait pas menacé, mais il était obsédé par les vols.
-Quels vols ?
-De tout. Et ça dure depuis des semaines.
Des échantillons, du matériel, et même ici, des plantes.
-Y a un marché pour revendre ça ? -C'est possible.
On a du matériel de pointe et des matières premières chères.
-Si Fenucci savait qui volait... -Ca lui aurait été fatal.
Qu'est-ce que le voleur pouvait faire avec ces échantillons ?
-Aucune idée. J'ignore tout ce qui a disparu.
-Ah...
C'est le moment de faire un inventaire.
Merci. -Très bien.
Quelqu'un entre.
-Toc toc toc !
-Commandant.
-Colonel.
-Vous enquêtez sur Charlemont ?
-Oui. Les nouvelles vont vite. -J'ai des yeux et des oreilles.
-Je veux juste un témoignage, une enquête de routine, en fait.
-Vous allez l'oublier.
Elle n'est pas mêlée au meurtre.
C'est clair ?
-Transparent.
Sophie, je veux tout savoir sur la doyenne,
le plus rapidement possible. Merci, Sophie.
On frappe.
-Entrez.
Je peux vous aider, capitaine ? -Oui.
Expliquez-moi pourquoi vous ne m'avez pas dit
que M. Fenucci harcelait la doyenne pour avoir des caméras.
-On m'a demandé de taire cette information.
Les vols,
c'est mauvais pour l'image de la fac.
-"On", c'est Charlemont ?
-Oui.
-Voilà. Vous n'avez rien à craindre.
J'ai trouvé tout seul. On peut tout se dire.
-J'imagine. -Alors,
je n'ai rien trouvé ici.
Fenucci,
il prenait des notes.
-Je l'avais enlevée
avant votre passage ici.
-Ca restera entre nous.
-Capitaine, j'ai la liste de tout ce qui a été volé ici.
-Ah oui...
Dis-moi,
tu aurais pris le risque de sortir ce que tu piquais à chaque fois ?
-J'aurais tout caché sur place
et attendu le meilleur moment pour les récupérer.
-Fenucci voulait des caméras pour surveiller le voleur, mais aussi
sa cachette.
Notre Sherlock Holmes avait prévu des caméras vers les labos.
-C'est là qu'est le matériel le plus cher.
-Et là, il y a la salle de dissection.
-Y a rien à piquer, là-bas.
-Je vais continuer de farfouiller.
-OK. Bon courage.
-J'ai déterminé la composition des champignons
retrouvés sur la veste. Il s'agit de poussière
de Phellinus cryptarum.
-On récapitule. Fenucci est arrivé à la fac à 7 h 30.
Il n'en est plus ressorti.
A-t-il pu salir sa veste avant d'arriver ?
-Il supportait pas
la moindre négligence. -C'est vrai. Toujours impeccable.
Où a-t-il pu entrer en contact avec ce champignon ?
Les phellinus adorent l'humidité, la chaleur.
Ca manque pas à la fac.
-Paul y est, on l'appelle et vous le guidez.
-Ce serait mieux si j'étais là-bas.
-D'accord. Vous ne faites pas confiance au capitaine Marchal ?
-Si, mais je veux y aller. Si je suis ici, c'est grâce à Fenucci.
Je lui dois bien ça. -OK.
-Quelque chose matche entre la doyenne
et les labos : Patrice Vandel.
-Bonjour.
-Patrice Vandel,
comme Thibault Vandel ?
-Son père, patron d'un labo pharmaceutique,
mécène de la fac.
-Il a obtenu le poste grâce à l'argent de papa.
-Son labo est sur la liste que Fenucci dévoile dans l'article.
-Merci, Sophie.
Bon, on va aller à la fac, j'ai quelqu'un à voir là-bas.
Je vous attends. -J'arrive tout de suite.
-Mme Charlemont !
-Bonjour. Commandant Soler, je suis pressée.
-J'irai donc à l'essentiel.
Comment avez-vous réagi
en apprenant que Fenucci allait ruiner votre carrière ?
-Comment ça ?
-Vous aviez des liens privilégiés avec des laboratoires,
surtout celui du père de Thibault. -Nous devons garder notre rang.
J'ai besoin de l'Etat, mais surtout des mécènes.
C'est légal.
-D'un point de vue éthique, c'est discutable de privilégier un élève
grâce à l'argent de son père. -J'ai imposé Thibault. Et alors ?
-M. Fenucci allait vous dénoncer. Il se fichait de votre carrière.
-Il était intègre. Je ne l'aurais pas tué pour ça.
Le matin de sa mort,
je discutais avec Patrice Vandel de mon avenir dans sa société.
Le poste de doyenne,
il n'est pas éternel. -Nous vérifierons tout ça.
-Ne vous gênez pas. -Je voulais jouer
de vos relations
pour me faire remonter les bretelles.
-Ils vous ont dit de prendre des pincettes avec moi ?
-C'était plus catégorique que ça.
C'était, je cite : "Oubliez-la."
-Vous n'avez pas obéi et vous avez bien fait.
J'aimais beaucoup Jean-François.
Trouvez son meurtrier.
C'est ce qui compte.
...
-Que fais-tu là ? -Je viens t'aider.
-Non merci. Laisse-moi enquêter tranquille.
-Je connais bien ces couloirs.
J'ai fait le con ici, quand j'étais étudiant.
-Genre venir sans cravate ?
-Si ces murs parlaient, tu saurais combien de filles j'ai amenées ici.
-Vivantes ? -Ces salles ne sont plus utilisées.
-Pourquoi ça serait par là ? -Je crois
que c'est là que le phellinus prolifère.
-C'est comme ça
que t'attirais les filles ?
Fenucci avait demandé qu'on place une caméra ici
et une autre là-bas.
Et en face, on a quoi ? Un mur.
-Il paraît qu'il y a des salles qui ne sont sur aucun plan.
On dit que jadis, des étudiants avaient créé des salles secrètes
pour effectuer les expériences interdites.
Encore une légende de la fac.
Paul frappe contre le mur.
...
-Viens m'aider. -Quoi ?
-Bingo !
...
-Merde.
Un labo clandestin, et avec tout ce qui a été volé à la fac.
-OK. Maintenant, reste à savoir à quoi servait ce labo.
Allez.
-On dirait un protocole
de traitement.
C'est remarquable.
Celui qui a fait ça est un génie. -Un génie qui a tué Fenucci.
La maladie de San Bernardo,
ça te dit quelque chose ?
-Une maladie neurodégénérative.
Si c'est un traitement pour la maladie, c'est révolutionnaire.
-Toc toc... -Pardon.
L'alibi de la doyenne est confirmé, donc on repart à zéro, commandant.
-On est passés à côté de quelque chose ou de quelqu'un.
Il faut creuser une autre piste.
-Vous jouez de la guitare ?
-Non. C'est tombé de mon sac. C'est ma fille.
-Elle joue ? C'est important l'oreille musicale.
-Je suis pas sûre
pour l'oreille musicale,
vu le sens du rythme de Marchal. Mais un miracle peut arriver.
-Les cours ont lieu chez vous ?
-Oui. C'est plus pratique. Ils s'organisent entre eux.
-Il a les clés de votre maison ?
-Evidemment.
Si les enfants perdent les clés... -Je comprends pourquoi c'est dur
de redémarrer une histoire
avec un autre homme. -Je vois pas le rapport, en fait.
-Votre ex peut débarquer n'importe quand chez vous,
dans votre intimité. -Mais non.
Il ne débarque pas n'importe quand dans mon intimité.
-Ah... tout va bien.
Voilà pourquoi les couples divorcés ont les clés de leur ex.
Sonnerie. -Excusez-moi.
-Oui.
-Commandant Soler.
-Il s'agirait de la formule pour un antidouleur
destiné à la maladie de San Bernardo.
*-Qui a pu créer ça ? -Difficile à dire.
Faudrait trouver à qui c'était destiné.
*-Appelez les hôpitaux
*et on va trouver. -Oui.
-On a 2 patients atteints de la maladie de San Bernardo.
Miroslav Jenic.
Et Charline Dubois. -Je prends Miroslav.
-Je passe à ça de la peste et je dois approcher
une autre maladie mortelle ? -On va à l'hôpital.
Y aura des médecins partout.
-5 % des hospitalisés
chopent
une maladie nosocomiale.
-Elle est en coma artificiel.
Depuis 2 jours, elle souffre beaucoup.
-Que s'est-il passé ?
-On ne sait pas.
Son cas est incompréhensible. -Pourquoi ça ?
-Il y a quelques semaines, elle allait mieux. Elle s'asseyait.
Un miracle. -Quelqu'un est-il venu la voir ?
-Il y a 3 jours, un professeur l'a interrogée.
-Un professeur ?
Attendez.
C'était lui ? -Oui. Il voulait savoir
quel était son traitement. Celui-ci n'a pas changé depuis des années.
-Charline Dubois recevait d'autres visites ?
-Oui. Sa soeur.
-Vous aviez tout pour pouvoir aider votre soeur.
Tout le monde aurait fait pareil.
-Sa souffrance.
Je ne supporte plus sa souffrance.
On avait 18 ans, la vie
devant nous.
Charline a commencé à avoir mal aux jambes.
On a pensé que c'était parce qu'on avait trop sauté
du haut des rochers. Ensuite elle a eu tellement mal,
tout le temps.
-Il n'y avait aucun traitement efficace, excepté le vôtre.
Le problème est que le Pr Fenucci allait vous dénoncer.
-J'ignore de quoi vous parlez.
-On n'a rien contre Marie van der Noote et elle le sait.
Elle admet avoir monté le labo,
mais ça prouve rien pour le meurtre.
-Qu'est-ce que tu as ?
T'as croisé le choléra au coin de la rue ?
-Ces huiles essentielles,
c'est pour la prévention. -C'est bien. C'est très important.
-C'est de la paranoïa.
-C'est bien, ça. -On m'a dit que c'était bien.
-Marie n'a pas de marques sur les mains. Donc elle s'est soignée.
-Aucun médecin n'a eu de cas de peste de feu.
-Et les vétos ? -Quoi ?
-Cette peste affecte les animaux. s'ils ingèrent des épis infectés...
-Tu pouvais pas le dire avant ? Oh là là !
-Ben, quoi ? C'est sur Internet.
-La clinique des Prés Carrés.
Vous leur avez dit
que votre chien avait mangé des épis de blé infectés.
Vous n'avez pas de chien.
Une prise de sang confirmera que vous avez bien pris le traitement.
Ca prouve qu'il n'y a pas eu préméditation,
car vous auriez pensé à mettre des gants pour vous protéger les mains.
-J'ai eu peur.
-Racontez-moi ce qui s'est passé.
-J'ai essayé de convaincre le professeur de me laisser continuer.
Il avait été impressionné par le résultat de mes recherches.
Il était même enthousiaste. -Il y avait de quoi.
Mais pourquoi l'avoir tué, alors ? -Parce qu'il ne concevait pas
la poursuite de mes recherches hors protocole officiel.
Ca veut dire quoi ?
-Attendre des semaines avant d'être autorisée à reprendre la recherche.
-Sauf que sans traitement, Charline mourra dans 6 mois.
Elle souffre tellement.
-Vous avez quand même tué quelqu'un.
-J'étais coincée.
J'ai paniqué.
Soit je le laissais faire
et Charline mourait, soit je...
Vous auriez fait quoi, vous, à ma place ?
-Honnêtement ?
J'espère ne jamais avoir à répondre à ce genre de question.
Je suis désolée
pour votre soeur, pour vous.
-Je veux une faveur. -Je vous écoute.
-Laissez-moi la revoir une dernière fois.
...
...
On frappe.
-Coucou ! -Paul, quand on arrive, on sonne !
C'est pas un moulin !
-J'ai frappé.
-Tu n'as pas sonné.
-Je viens prendre
les partitions d'Alice.
-Elles sont là-bas.
-Ca va ? -Oui.
On arrête une meurtrière, c'est super.
Mais on laisse mourir une jeune fille à l'hôpital.
Je me demande
où se situe la justice.
-La doyenne a passé un accord
avec les laboratoires Vandel.
Elle leur a fourni les recherches de Marie, et en échange,
ils font le traitement pour Charline.
-Sérieux ?
-C'est bien.
Pour les cours de guitare...
-Alice a changé d'avis ?
-Non. Au contraire, ça lui plaît.
On a parlé de toi.
Alice apprécie que tu puisses avoir un nouvel homme dans ta vie.
-Tu parles de ça avec les enfants ?
C'est bizarre, non ?
-Non. C'est sain.
C'est plutôt bien, de pouvoir parler de tout librement.
-Oui... en toute honnêteté, sans curiosité mal placée.
-"Honnêteté", c'est le mot.
Pas de cachotterie. -Hmm... bien sûr.
-Alors, t'as un mec ?
Oui, t'as quelqu'un, alors.
C'est bien... C'est vachement bien. C'est super.
Je le connais ?
Il a quel âge ? Il fait quoi ?
Il habite ici ? -Pardon. Je crois m'entendre
quand je questionne Alice.
-Ah...
-J'ai personne, Paul.
-Bon...
-Mais ça te regarde pas.
Ca fait plus de 10 ans
qu'on est divorcés. Tu es libre,
je suis libre.
Et d'ailleurs,
si on veut pouvoir avancer, toi comme moi,
il faut trouver la bonne distance.
Et ce n'est pas sain que tu aies les clés de chez moi.
Tu devrais me les rendre.
-Ben...
Sous-titrage MFP.
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