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...
Le chien gémit.
Il aboie.
...
-Indie ! Indie !
...
...
-Ah !
Tes ballerines.
-C'est pas possible.
-C'est quoi ?
La vache !
D'où tu sors ça ? -Je l'aime bien.
Je l'ai prise dans ce que maman voulait jeter.
-Sérieux ?
Non... C'est collector.
Ca va pas ?
C'est quoi cet air maussade ?
C'est à cause de ces souvenirs ?
Elle voulait
jeter quoi d'autre ? -Des photos de vous,
des souvenirs de Lyon.
-Ca rend mélancolique.
-La mélancolie est le bonheur
d'être triste. -Joli.
-Victor Hugo. -Ah, je peux pas lutter !
Oh...
-Tu me la rends ?
Ca me rappelle les 10 ans
sans toi.
-Ma puce, qu'est-ce que je peux faire pour rattraper le temps ?
-De la danse classique avec moi ! -Non, sérieusement !
Du surf ? Du tennis ? -Tu le fais déjà avec Tom !
-Ca n'empêche rien.
De la guitare ! Je te donne des cours de guitare ! J'étais bon !
Et j'avais le look !
-Je vous laisse.
Bonjour, Cdt. -Bonjour.
Bonjour Camille. On a quoi ?
-Aurélie Gasquet, 45 ans, frappée à la tête avec une serpe à bec.
-Quoi ? -Une serpe à bec.
Instrument tranchant sur manche en bois pour tailler la vigne au 19e.
-Oui, évidemment ! -Tenez.
-Merci.
Ceci.
-D'accord. -Ce sont les Escapades viticoles.
Aurélie organisait ces journées pour l'office de tourisme.
-Où est le corps ?
L'assassin l'a frappée avec la 1re chose qu'il a trouvée.
Il l'a décrochée.
Après, il a eu peur et a voulu déplacer le corps.
-En le poussant là. Donc c'était pas prémédité.
-Voilà. -Madame !
-Laissez-moi ! -Restez là-bas !
-Tenez.
-C'est mon amie ! -Je m'en occupe, je vous remercie.
Bonjour, madame.
Commandant Soler.
-La grêle a fait ça ? -Oui, il y a 2 mois.
1 an de travail foutu.
-Tout le monde connaissait la victime ?
-Elle voulait que le Pic St-Loup soit classé AOC.
-Elle a réussi ? -En 2017.
-A part ça, un mari, des enfants ?
-Pas d'enfants, en couple avec Christophe Leprest, oenologue.
Introuvable.
-OK. Et l'autre problème ?
-Le dernier numéro qu'elle a appelé est celui d'un Baptiste. 7 fois.
Il répond pas. -J'appelle Sophie.
Oui, j'ai besoin que tu localises 2 portables.
Celui de Christophe Leprest et celui d'un certain Baptiste.
-M. Leprest est là. Il est venu quand il a eu le message.
Son portable ne passait pas. -T'en dis quoi ?
-Il se demande ce qu'il fait là. J'ignore s'il feint.
-OK. Erwan t'envoie le 2e numéro.
-OK.
-Dites-moi ce qui se passe. -Venez avec moi.
-Aurélie a été mariée à mon frère pendant 18 ans.
Ils ont divorcé il y a 2 ans
mais on est restées amies.
-Pourquoi ont-ils divorcé ?
-Elle est tombée amoureuse de leur oenologue.
-Christophe Leprest ? -Oui.
-Mais mon frère est passé à autre chose depuis.
-Ils sont restés en bons termes ?
-Mon frère ne leur parlait plus.
Aurélie a porté le domaine
pendant 18 ans avec lui. Baptiste a eu du mal à accepter la séparation.
-Baptiste, c'est votre frère ? -Oui.
-Elle a essayé de le joindre 7 fois.
-Pourquoi ? -Je sais pas, ça semblait urgent.
Quand avez-vous vu votre frère ?
-Hier. Je l'ai appelé ce matin.
J'ai eu sa messagerie.
-Vous étiez fiancés depuis quand ?
-Moins d'un mois. -Après 2 ans ensemble ?
Pourquoi ?
Vous aviez peur de la réaction de Baptiste ?
-Peur, non.
C'est plutôt de la pudeur, de la gêne.
-Comment il a réagi ?
-Je ne sais pas. Ca n'a pas dû l'enchanter.
-Pas l'enchanter
au point de perdre la tête ? -Ils ont vécu 18 ans ensemble.
Il ne l'aurait jamais tuée.
-Du nouveau sur la triangulation du portable de l'ex-mari ?
-Pas encore mais on ne peut pas l'appeler l'ex-mari.
-Comment ça ? Ca veut dire quoi ?
Leur divorce n'a pas été prononcé ?
-Si, il y a 2 ans.
Mais ils se sont remariés il y a 1 mois.
-Comment Aurélie Gasquet a pu se remarier avec Baptiste Privat
et se fiancer, le même mois, avec Christophe Leprest ?
-Elle aimait les 2
et s'est enfoncée dans le mensonge. -Non, une femme, ça tranche !
-D'accord.
Alors quoi ? Elle a choisi Christophe, et Baptiste l'a tuée ?
-Ou elle retrouve son ex
et le fiancé les tue.
On frappe. Oui ?
-RAS chez elle. Elle vivait bien avec M. Leprest.
Et on a trouvé ça dans son bureau.
-Son livret de famille.
Avec le remariage ?
-Oui. -Le mobile du siècle pour Leprest.
-On le réinterroge.
-Je vais chercher Baptiste Privat. -Marchal ! Et Leprest ?
-Baptiste Privat peut aussi être le tueur.
Victime ou coupable, c'est la priorité !
-Mon Dieu qu'il m'énerve !
Pour se remarier avec son ex, faut avoir un pète au casque.
Non ? -Je sais pas.
...
-Impossible.
Vous êtes sûr ?
-Oui. Avant de vous annoncer ça, on a pris nos précautions.
Je ne sais pas comment je réagirais
à votre place. -J'ai pas tué Aurélie.
Si j'avais pété un câble, je m'en serais plutôt pris à Baptiste !
-On peut en parler parce qu'on le cherche.
-Ni dans la maison ni dans le bureau. Il peut être où ?
-Il ne reste plus que le chai. Allons-y.
-Baptiste vous a engagée quand il s'est séparé de M. Leprest ?
-Oui. C'est rare un domaine qui embauche à plein-temps.
-Pas trop dur de prendre la suite ? -J'avais pas le droit à l'erreur.
Baptiste et Christophe ont créé ce vin.
-Et Aurélie s'en est servie pour créer l'AOC.
Vous vendez mieux depuis l'AOC ? -On n'a rien à cacher.
L'AOC aide à vendre mais ne protège pas de la grêle.
-Vous avez été très touchés ? -La moitié des vignes.
Il répond pas.
-Vous savez qu'Aurélie et Baptiste se sont remariés ?
-Comment ça ?
-Apparemment, non. Vous avez vu Aurélie, récemment ?
-Une fois le mois dernier, un soir assez tard.
-Ca vous a pas étonnée ? -Je pensais
qu'ils préparaient les Escapades. -On a tous quelque chose à cacher.
-Aurélie a choisi les vignobles qui accueillaient les Escapades ?
-Oui, avec le comité.
-Ca vous a pas étonné qu'elle choisisse
celui de Baptiste Privat ? -Non, ça avait du sens.
-Quel sens ?
-L'idée de l'AOC Pic Saint-Loup, on l'a eue tous les 3,
il y a des années. Tout le monde le sait.
-Tout le monde est ami avec tout le monde ici. Surtout avec Aurélie.
-Non. Non.
Tout le monde ne l'aimait pas. -Vous avez des noms ?
-C'est simple. Tous ceux qui font du mauvais vin.
-Développez. -Ne pas être dans l'AOC
a fait chuter d'un coup la valeur de leurs vignobles.
-Sa fiancée s'est mariée dans son dos. L'AOC, ça fait pas le poids.
Un bip.
-C'est mon appli météo.
Vous creusez sur les vignobles hors de l'AOC.
-Et le livret de famille ? -Non.
Avec un tel secret, n'importe quel salopard pouvait la faire chanter.
-Baptiste ?
Il dort parfois ici pour surveiller la température du vin.
Baptiste ?
Baptiste ?
Baptiste ?
-Excusez-moi, Mme Mazidi.
Les couleurs, ce sont les cépages ? -Oui. Et ce qui est rayé,
les zones détruites par la grêle. Je sais pas si j'aurai du travail
jusqu'à la fin de l'année.
-Pourquoi distinguer les cépages ? -Un vin est fait
de plusieurs types de raisins.
-Ah bon ? C'est fréquent ? -Oui. A part le bourgogne,
tous les vins sont des assemblages.
Nous, on utilise grenache et syrah. -D'accord.
Le domaine du voisin est aussi rayé.
Pourquoi ? -C'est celui de Jérôme Candol.
Victor, le fils de Baptiste, est marié avec sa fille.
Ils ont été encore plus touchés que nous.
Une sonnerie.
C'est celui de Baptiste.
...
-Il le laisse souvent ? -Jamais.
-Je comprends pas que Soler ait lancé si vite un avis de recherche.
-C'est Marchal qui a demandé. -T'as accepté sans vérifier ?
-J'obéis aux ordres.
Après, ils s'arrangent entre eux.
En tout cas, j'en peux plus du Cne Faux-cul.
Une sonnerie.
Ah, tiens.
Cne Vannier.
-Vous êtes où ? *-On cherche Baptiste Privat.
-J'ai pas vu passer
*l'ordre de mission.
OK, je vois de qui ça vient.
Et mes recherches
*sur les déplacements ? -Baptiste n'a été vu nulle part.
-Aurélie a fait le tour des stands.
-Bon. Bonne battue. Et soyez sages !
-"Soyez sages" ?
-Ca va, elle est maternelle ! -Pourquoi tu la défends ?
-Non, Paul, un avis de recherche, c'est pour un fugitif.
Là, on n'a rien.
*-Moi, je cherche un 2e suspect.
Quand on n'est pas d'accord, l'enquête est plus efficace.
T'as remarqué ? Je ping, tu pong...
-Oui, je dirai au colonel qu'on est en pleine partie de ping-pong.
Tu penses quoi de tout ça ?
-Que Privat a autant de chances d'être coupable que Leprest.
Et toi ?
-J'ai l'impression qu'on rate quelque chose.
Des fiançailles, deux mariages. C'est pas logique.
Sur les photos, elle semble amoureuse de Leprest.
-Comme toi à la fin de notre union alors que tu allais me quitter.
-J'étais amoureuse de toi et... Je vous rappelle Cne.
-Ben, au revoir.
-Vous ne frappez jamais.
-Ah oui, désolée.
J'ai trouvé les témoins du remariage d'Aurélie Gasquet.
-Et alors ? -Ils les ont pris dans la rue.
-D'accord. D'accord...
Donc juste après leur mariage,
Baptiste Privat accepte que sa femme, Aurélie Gasquet,
retrouve Christophe Leprest.
C'est quoi,
cette embrouille ?
Voilà...
Et les vignerons exclus de l'AOC ?
-Un comité d'experts qui déguste à l'aveugle
et se prononce ensuite. -Donc pas de lien avec Aurélie.
Une sonnerie. Pardon.
Décidemment.
Oui, capitaine.
-Là, tu devrais aimer.
*-D'accord, je t'écoute. -L'avis de recherche était inutile.
Baptiste Privat est là.
-Bonjour, Dr.
-Bonjour. Cne Vannier, j'imagine.
-Mes collègues m'ont décrite ? "Grande, sexy, femme fatale."
-Plutôt : "C'est l'oeil du colonel.
"Fais gaffe." -OK.
Et pour nos victimes ? -Choc par objet contondant.
Multiples lésions sur l'arrière du crâne. Fracture irréversible.
-Pour faire simple ? -Elle a perdu connaissance
au 1er choc mais c'est sa chute qui a causé sa mort.
-Vers quelle heure ? -Entre 7h30 et 8h30.
-Et Baptiste Privat ?
-Aucune trace de violence. On l'a pas forcé.
-Un vrai suicide.
-Oui mais il était condamné. Cancer du pancréas.
-Ah...
Il aurait eu la force de pousser sa femme ?
-La force, oui. Pas le temps.
Il est décédé avant Aurélie.
-Ah...
-On s'est plantés.
Il n'a ni tué ni été tué. -Maladie, suicide.
Baptiste et Aurélie ne se sont pas remariés pour vieillir ensemble.
Un bip.
-Tu souris !
Pourquoi ? -Je souris pas.
-Si, tu plisses les yeux.
-Je plisse pas. Enfin si, parce que c'est écrit petit.
J'y vois de moins en moins.
-Non, quand tu... -OK, ça va.
Si Baptiste a préparé sa mort, il a préparé...
-UN TESTAMENT. -On s'en occupe.
-OK.
-Tu vas où ?
-Je vais annoncer la mort de Baptiste Privat à son fils.
-OK.
Léa ? -Oui, Paul ?
-Le beau-père de Victor n'a pas été retenu pour l'AOC.
-D'accord. Super. -Elle est coincée.
-Oui, je... -Pareil.
-Merci, Paul.
-Ca va, toi, sinon ?
Avec...
-David. -David, oui.
-Oui. -Il repart quand ?
-Dimanche midi. -Déjà ?
-Il enchaîne 4 vols. -C'est dur comme métier.
-De quoi ? -Steward.
C'est dur comme métier pour construire une relation.
T'as pas peur ? -Au contraire. Ca me va très bien.
Etre collée avec quelqu'un, quel enfer !
J'ai besoin d'air, d'espace ! -Moi, c'est pareil.
Il sonne.
-Vous saviez pour sa maladie ? -Oui.
-A qui il comptait léguer le domaine ?
Il était proche de son fils ?
-Proche... Non.
En temps normal, il venait 1 dimanche sur 2 avec sa femme
et repartait après le café.
-En temps normal ?
-Depuis 2 mois,
ils ne se voyaient plus.
-Au moment où il a appris sa maladie.
Pourquoi couper les ponts à ce moment-là ?
-Camille.
Le testament.
Il partageait le domaine en 3.
La moitié pour son fils, 1 quart pour Aurélie, 1 quart pour Leprest.
-Il était pas rancunier. -Et l'usufruit du domaine
revenait à sa femme. -Il a mis son fils sur la touche.
-Pour qu'il récupère le domaine,
il fallait qu'Aurélie meure.
-Mon père nous prête cette annexe
en attendant qu'on ait plus de moyens.
-Je vous en prie.
Bonjour, Victor. Cdt Soler. -Bonjour.
-Il me lègue un quart de ses terres ?
-Vous avez travaillé ensemble.
Il avait de l'estime pour vous.
-Pourquoi elle ne m'a rien dit ? -Vous étiez peut-être jaloux.
Elle craignait votre réaction. -J'aurais pu la protéger
si elle m'en avait parlé.
-Vous savez pourquoi Baptiste et Victor ne se parlaient plus ?
-Victor a toujours voulu partir. Petit, il parlait de l'Amérique.
-Baptiste ne le comprenait pas. -Non.
Son domaine, ses vignes, c'était toute sa vie.
Ne pas transmettre sa passion,
c'est dur. -Aurélie en pensait quoi ?
-C'était pas la mère de Victor. C'était pas toujours facile.
-Ils s'entendaient bien ?
-Elle l'aimait beaucoup, le défendait souvent.
-Mais elle se remarie pour que Victor n'ait pas tout le domaine.
-Peut-être pour apaiser Baptiste.
On ne reste pas 18 ans avec quelqu'un
sans garder de l'affection. -Elle se serait remariée
pour sauver le domaine ?
-Ca lui ressemble, en tout cas.
-L'héritage,
j'étais pas au courant.
Je savais que j'étais une déception mais pas à ce point.
-Quand il vous a parlé de sa maladie, il y a 2 mois,
il vous a proposé
de reprendre le flambeau ? -Oui.
-Ca vous intéressait ?
-Non.
-Comment il a pris la chose ?
-Il a hurlé qu'on n'aurait rien,
qu'il ne nourrirait pas
des saltimbanques.
-On s'est inscrits comme bénévoles aux Escapades pour lui montrer
que même si on a des rêves,
on comprend le sien. -Vous connaissez New York ?
-J'y ai été jeune fille au pair 6 mois quand j'étais étudiante.
-On va aller y vivre.
On montera une boîte de graphisme. -C'est un beau projet.
Il doit falloir plein d'argent. -Oui. Du coup, on est encore ici.
Mon père aussi est vigneron.
C'est une vie de sacrifices que la grêle peut détruire en quelques mn.
-Votre père ? -Oui.
-M. Candol.
M. Candol !
-Papa !
-Bougez plus.
Arrêtez ou je tire !
Bougez plus.
-Désolé.
C'était un réflexe.
-Vous m'expliquerez ce réflexe à la gendarmerie.
-Je vous ai pris pour le fisc.
N'importe qui aurait fait pareil.
-N'importe qui ayant quelque chose à se reprocher.
Bon, j'ai compris.
On va vous garder encore un peu.
...
-Alors ? -Des cendres et de l'eau.
Il brûlait sa compta. -Il y a autre chose.
T'as pas peur pour ta TVA en voyant la police.
-Il avait peur de quoi ? -En tout cas, pas du fisc.
La carte.
Il y a la même au domaine Privat. -Ah oui ?
-Et si Aurélie et votre père ne se méfiaient pas de vous ?
-Comment ça ?
-Votre père et Aurélie sont morts, le domaine vous appartient.
Que comptez-vous en faire ? -Je sais pas, j'y ai pas pensé.
-Les gamins auraient jamais géré le domaine. A quoi pensait Baptiste ?
-A transmettre son patrimoine.
Vous auriez fait pareil. -Non.
Ma fille a plein de qualités mais diriger une exploitation,
c'est pas dans la liste. -Je peux entendre cet argument.
Mais si ça vous arrivait, que feriez-vous de votre domaine ?
-Je le laisserais
à un autre vigneron.
-Vous confiez le domaine
à votre beau-père et vous partez à l'étranger. Le plan parfait !
-Non. Mon père le détestait. -On est d'accord.
C'est de Jérôme Candol que votre père voulait protéger l'héritage.
Baptiste Privat et Jérôme Candol sont en guerre depuis 20 ans.
A l'époque, ils ont 2 parcelles côte à côte.
Mais ils font des paris opposés.
Baptiste embauche M. Leprest pour créer un vin de qualité
et Jérôme... -Fait du vin de table.
Grande quantité,
rendement immédiat. -Oui. Une production classique.
Ca lui retombe dessus quand il demande l'appellation AOC.
-Pourquoi il détestait Baptiste ? Par jalousie ?
-Peut-être. L'AOC n'a rien arrangé. Ses prix se sont effondrés.
Ca tient la route.
T'as l'heure ?
L'heure ? -Bientôt 20h.
-Oups !
-T'as un truc de prévu ? -Oui... Mon cours de yoga du jeudi.
Bon, on garde M. Candol. Et on réinterroge Fanny et Victor.
-3 suspects potentiels. -Oui.
-4, en fait. Regardez.
M. Candol avait un accord avec l'oenologue Samira Mazidi.
A la mort de Baptiste, elle devenait maître de chai
des 2 domaines réunifiés.
...
-C'est la guitare de papa. Il va te tuer !
-Il me l'a apportée pour me donner des cours.
-Il devait m'apprendre. -Quand ?
-Au collège. Mais il pouvait pas, on se voyait jamais.
-Il s'est dit que la musique, c'était mon truc.
-Impossible.
Flûte, djembé... -La world music
ouvre sur les cultures du monde. -Il m'emmène aux concerts.
-Va petit-déjeuner et laisse-moi bosser.
-Je gardais un lecteur CD pour les compiles qu'il a faites pour maman.
-Il en a eu marre de ton univers musical dépassé.
-Quand il verra le tien, il va te filer des maracas !
-Ferme, j'ai pas faim.
-Déjà là ?
Je pensais être la 1re. -Bonjour, Cne.
-Vous avez pu désactiver l'appli météo ?
-Parlez sans détour !
-Les sites de rencontre, je peux pas. Mais vous avez raison.
Le plus dur, c'est de se lancer.
-Vous parlez comme à une fillette
qui apprend à nager. -C'est se jeter à l'eau,
une rencontre, non ?
-Je fais tout ça
surtout pour montrer aux enfants que je suis normale,
que je peux refaire ma vie et qu'ils s'inquiètent pas.
-Je comprends.
Montrer que la vie peut être simple, que tout ira bien pour eux.
-C'est ça.
Dites-moi,
vous voulez interroger Samira Mazidi ?
Le Cne Marchal est en retard.
-A vos ordres.
Votre patron se savait condamné et vous l'avez trahi avec M. Candol.
-J'ai trahi personne.
A la mort de Baptiste, le domaine revenait à Victor.
Il l'aurait confié à son beau-père. -Qui se serait refait
une santé financière. Ca rime !
-Jérôme voulait racheter ses erreurs et produire un grand vin.
Je voulais juste l'aider.
-La mort d'Aurélie Gasquet profitait à 4 personnes.
-Fanny et Victor. -Samira Mazidi
pour devenir maître de chai. -Et Jérôme Candol.
-OK. Camille, tu t'occupes du vigneron, et moi de l'oenologue.
-Ah...
-Euh, en fait, le Cne Vannier interroge déjà Samira Mazidi.
Vous étiez un peu en retard donc...
-Et alors ?
Depuis quand ça gêne ? -Depuis qu'il y a un autre Cne.
Elle arrive 1h avant tout le monde.
-Bon. Qu'est-ce que Jérôme voulait cacher en brûlant sa carte ?
-Il y en a 2.
-Quoi ? -Les cartes sont différentes.
-Oui, il a raison.
Cette zone n'est pas rayée sur l'autre.
Et voilà ! Quand on cherche, on trouve !
Il faut plusieurs cépages pour faire un vin. J'ai bon, là ?
Là, ce sont les vignes de syrah de Jérôme Candol.
Détruites par la grêle.
Ah tiens...
Il allait faire comment ? -Sans doute en acheter ailleurs.
-Sans doute. D'ailleurs, ses cuves sont pleines. De syrah.
-Je vois pas où est le problème. -Sa compta a brûlé.
On a contacté la banque. Il n'a jamais acheté de vin.
Ca, épargné par la grêle, c'est quoi ?
-Les vignes de syrah des Privat.
-Donc vous en avez en excédent.
-Et il est chez Candol.
-Affirmatif, mon Cne. Et Mlle Mazidi a signé
le bon de transport.
Vous avez ainsi persuadé Jérôme de vous embaucher.
Imaginons. Aurélie découvre que vous avez piqué 600 hectolitres...
-J'ai rien volé !
Baptiste voulait pas le laisser dans la merde.
Il m'a dit de le faire.
-Vous croyez que je me suis pas senti misérable ?
On me refuse l'AOC.
Après, la grêle me prend tout. -Donc vous avez accepté sa syrah.
-Oui. C'était pas son idée.
-C'était l'idée de qui ? D'Aurélie ?
-Pour elle, ça voulait dire quelque chose
la solidarité entre vignerons.
-Pourquoi l'avoir caché ?
-La syrah, on l'a transférée en douce.
Sans facture. -C'est souvent le cas ?
-Je voulais pas qu'on fouille dans ma compta. J'ai assez de problèmes.
-Où étiez-vous à l'heure du meurtre ?
-Chez moi.
Je réceptionnais la syrah.
-Bon. Le transporteur a confirmé l'alibi de Jérôme Candol.
-Intéressant, ton numéro, tout à l'heure.
Mais la prochaine fois, préviens Sophie.
-Oh non. On peut déjà plus arriver en retard...
-On progresse.
Il ne manquerait plus qu'il y ait des consignes, un règlement...
Comme une gendarmerie. -Léa...
J'ai découvert un petit resto bio. On pourrait y aller ce soir.
-Un resto bio ?
Toi et moi ? -Oui.
-C'est pas ce soir, ton 1er cours de guitare avec Alice.
C'est cool comme idée. -Oui...
C'est une photo que tu allais jeter qui m'a fait penser aux cours.
On devrait jamais jeter les souvenirs. Ils rendent heureux.
-D'accord.
-Et toi ? Qu'est-ce que tu ressens
quand tu retrouves
une photo de nous ? -Euh... Un sentiment de liberté
qui me paraissait normal à l'époque et que j'ai du mal à retrouver.
Il faut que j'y aille, un prévenu m'attend.
Un bip.
-Ah ! Léa ?
-J'ai oublié...
mon portable.
-Salut Thomas. -Salut. Tu sais où est mon père ?
-Non mais je vais appeler. -OK.
-C'est l'accueil. Il y a Thomas pour Marchal.
Oui.
Assieds-toi.
-Thomas ?
Ca va ?
-Oui ! Il est pas là, papa ?
-Il est occupé. Qu'est-ce que tu veux ?
-Rien.
Je voulais aller acheter mes baskets avec lui.
-Je peux venir. -Non, t'inquiète.
-J'ai mauvais goût ? -Non mais t'as jamais le temps.
-Le temps, ça se prend.
-OK. Là, maintenant, tu peux ? -Quand, maintenant, là ? Non.
Je dois appeler le juge... -OK, c'est pas grave. A ce soir.
-Thomas !
Viens t'asseoir 2 secondes.
Euh...
Ce matin, on parlait avec une collègue
des nouvelles technologies et du haut débit.
-T'es sûre que ça va ?
-Oui, ça va très bien. Justement...
Ce que je veux dire...
J'ai pas l'air mais je suis une femme moderne... et libre.
Super libre.
-Tu nous as entendus, avec Alice ? -Non, pas du tout.
Vous parliez de quoi ? -De rien.
A plus, maman. -Thomas, Thomas !
En fait, je voulais te dire... Je t'aime !
Oui, je t'aime.
Je veux pas que tu t'inquiètes pour moi, je vais très bien.
-C'est cool. Super cool...
A plus, maman.
-You were in business with him.
OK. So you never met him.
OK. All right. Only by phone.
-D'accord, je vous remercie. Au revoir.
Victor était avec des bénévoles jusqu'à 9h.
-Bon. C'est pas notre coupable.
-Eh oui.
-Sophie.
Désolé pour tout à l'heure. J'ai agi dans l'urgence.
-Pas de souci, ta réputation n'est plus à faire.
J'ai le relevé d'appels de Jérôme Candol.
Il était en contact avec un avocat américain qui veut investir.
-Il voulait vendre ? -Pas juste son domaine et pas seul.
-Il était associé avec Victor, le fils de Baptiste Privat
pour vendre les 2 domaines. -Jérôme Candol a un alibi.
-On retrouve le numéro de l'avocat dans un autre relevé.
Sabine Privat.
La soeur de Baptiste.
Heureusement que quelqu'un a pensé à comparer les fadettes.
-Pourquoi ne pas avoir parlé de l'avocat ?
-En tant que caviste,
je suis souvent consultée pour donner mon avis sur les vins.
-Il vous a appelée ?
-Il voulait mon avis sur les vins Privat et Candol.
-Victor voulait trahir
son père. -J'en ai pas fermé l'oeil.
Je savais pas
si je devais prévenir Baptiste. -Vous avez pensé qu'il le méritait.
-Je pensais qu'il allait se mettre en colère, comme d'habitude.
Mais ça l'a abattu.
-Et vous croyez qu'il s'est suicidé
à cause de vous ? -Parce qu'il y a autre chose.
Quand j'ai vu mon frère,
j'ai eu un pressentiment alors je suis allée voir Aurélie.
-Elle a cru à la vente ? -Non.
Elle ne croyait pas à cette trahison.
-Et ? -Elle est partie
dire à Victor de parler à son père. -Vous pensez qu'il a tué Aurélie ?
Il est innocent. Vous l'avez protégé pour rien.
Victor n'était pas au courant. L'avocat traitait avec Candol.
On a vérifié.
*Aurélie avait compris ce que Baptiste allait à faire.
*Elle voulait demander à Victor
de rassurer son père.
-Et l'empêcher de passer à l'acte. Merci, Marchal. A plus tard.
-Elle a été tuée avant de voir Victor.
-Le plus triste, c'est que Baptiste était déjà mort.
-Erwan ? Un de nos suspects se trouvait-il
entre le stand de la victime et celui de Victor ?
-Oui.
Fanny Candol.
-Fanny Candol.
-Pourquoi elle aurait tué Aurélie Gasquet ?
-Nous avons retrouvé
la famille chez qui vous étiez jeune fille au pair.
-Et le père est aussi l'avocat qui voulait racheter le vignoble.
-Vous l'avez mis en relation
avec votre père pour qu'il organise la vente des domaines.
-Mon père était sincère. Il voulait faire du bon vin.
-Après la grêle, il a préféré tout revendre que reconstruire.
-Mais vous n'aviez pas prévu
que l'avocat allait contacter Sabine Privat pour connaître
la valeur des 2 domaines.
-Aurélie cherchait Victor
pour qu'il dise à Baptiste qu'il ne l'avait pas trahi.
Mais elle est tombée sur vous.
-Je savais pas qu'Aurélie s'était remariée avec Baptiste,
qu'elle pourrait bloquer la vente. Pourquoi je l'aurais tuée ?
-Vous ne l'avez pas tuée pour l'argent mais pour Victor.
S'il découvrait que son père s'était suicidé à cause de vous,
il ne vous aurait pas pardonnée.
Face à Aurélie, vous avez fait l'erreur
de ne pas nier que vous connaissiez ce projet.
-Je veux un avocat. -Vous avez aidé votre père
à spéculer sur la mort de Baptiste Privat, le père de votre mari.
Et Aurélie allait tout raconter. -Je voulais discuter.
-Avec une serpe ? -J'ai paniqué !
-Vous l'avez poussée dans le fossé. -Elle allait tout dire à Victor !
Il devait pas savoir !
Mon père a tout perdu. Si je l'avais pas aidé,
il se serait pendu.
Je voulais juste l'aider.
Je voulais le libérer du Pic Saint-Loup.
...
-Vous allez faire quoi ? -Partir à New York.
Je renoncerai pas. -Et vendre le domaine ?
-Non, jamais.
Christophe et Samira s'en occuperont.
Ils sauront honorer la mémoire de mon père et Aurélie.
-Au revoir. -Au revoir.
-Oui, papa. Je suis chez maman.
Qu'est-ce que tu fous ? On avait crossfit !
-Non, il a guitare avec moi. -Il me plante, et pour toi.
-Il nous plante tous les 2. -Sans prévenir.
-T'as écouté ta messagerie ? -C'est pour les vieux.
-Tu viens de laisser un message. -Oui, je m'adapte.
-Oui, M. Retard,
on avait guitare tous les deux. Je t'attends. A tout' !
-Salut, maman. J'ai cru comprendre
*que ta journée avait été tendue
*alors je me disais qu'on pouvait passer au burger tous les deux.
*Appelle-moi. Bisou.
...
-Allez, Léa, on y va.
Bonsoir, monsieur... Et après, on se raconte quoi ?
Sous-titrage MFP.
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