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...
-Toc, toc ! -Tu m'as fait peur !
On ne frappe pas avant d'entrer ? -Je ne voulais pas
prendre le risque que tu sortes de ta douche en courant. Croissants !
-Un problème ?
-On devrait discuter un peu.
-Donc tu as un vrai gros problème. Je t'écoute.
-Dans 48 heures, je suis parti. Ce serait bien qu'on fasse le point
sur les enfants et sur nous. -C'est troublant,
vous ressemblez à mon ex-mari, avec un truc en plus, genre maturité,
responsabilité.
Téléphone. Ah, excusez-moi !
Oui, Erwan ?
Oui ?
OK, j'arrive.
On va devoir reprendre cette conversation plus tard,
on a un corps à l'aquarium. -Pas de souci. Ma voiture ?
-Non, prends ta voiture, tu pourras finir tes rapports
et vider ton bureau.
-Non, sérieux ?! Mais, Léa...?!
-Excuse-moi.
Bonjour.
Messieurs, dames, bonjour ! -Bonjour, commandant.
-Bonjour, Erwan. -Alain Leclerc, 40 ans,
marié, 2 enfants.
-Il travaillait ici ? -Oui,
vétérinaire. -Traces de coups ? Blessures ?
-Non. -Que s'est-il passé ?
-On a trouvé ça, juste à côté.
Regardez.
-Une dose mortelle d'anesthésiant ?
-Leclerc aurait arraché la fléchette et serait venu mourir là.
-Pas encore de rigidité,
donc il est mort depuis moins de 3 heures.
-Donc, pas avant 7 h du matin. -Allez interroger
ses collègues et trouvez le fusil
qui a tiré la fléchette, je m'occupe du directeur.
-Ca va mieux, Dr Lafarge ? -Appelez-moi Océane.
C'est mon premier poste de vétérinaire et "docteur",
je n'ai pas encore l'habitude. -Vous êtes arrivée
à quelle heure ? -7 h 30. J'avais des prélèvements
à faire avant l'ouverture.
-Le Dr Leclerc arrive tôt aussi ?
-Alain, très consciencieux, pouvait passer la nuit à l'aquarium.
-Rien remarqué ?
-Hm, hm, mais il avait peut-être prévu une euthanasie.
-En dehors de ses horaires ? -C'était son genre.
Il abrégeait sans hésiter la souffrance des animaux,
mais loin des regards. -Et sans prévenir.
-Excellent vétérinaire, mais humainement...
Je ne veux pas dire du mal, mais il avait un caractère difficile.
-Au point de lui apporter des ennuis ?
-Pas que je sache.
-Laissez-moi passer ! -Vous êtes qui ?
-Stéphane Gillain, soigneur. -C'est bon, venez !
-C'est Océane qui a trouvé le corps ?
-Oui, vous la verrez après. Vous connaissiez bien Leclerc ?
-Oui, oui, il s'occupait de moi, je suis en formation.
On passait nos journées ensemble depuis 1 an.
En arrivant, je n'y connaissais rien,
il m'apprenait tout. -Il avait des ennemis ?
-Il soignait les animaux, qui aurait pu
lui en vouloir ? -Et dans le privé ?
-Il ne se confiait pas. Il était en instance de divorce.
-Pourquoi ? -Sa femme
lui reprochait de passer trop de temps avec les animaux.
-C'était le cas ? -Quand on est passionné, oui !
-Il vous racontait beaucoup de choses.
-Il ne m'a rien dit, je les ai entendus s'engueuler.
-Elle vient souvent ? -C'était la première fois.
-Merci, vous pouvez y aller.
-Pour Leclerc, il fallait se consacrer aux animaux,
ou faire autre chose. -Au prix de son mariage ?
-J'ignore si le boulot était la raison principale de son divorce.
-Partagez vos idées, je trierai. -Alain était un franc-tireur,
un peu borné. -Une tête de mule, je vois bien,
mais quel genre ? Entêté ? De mauvaise foi ? Ingérable ?
-Il n'écoutait personne et suivait ses convictions.
-Et dans le privé ? -Pourquoi aurait-il été différent ?
-Mais vous le gardiez. -Il était brillant,
tous les aquariums d'Europe me l'auraient piqué.
-C'était comment,
avec ses collègues ? -Côté médical, il était respecté.
-Vous connaissez sa femme ? -Catherine ? Oui, je l'ai croisée.
La dernière fois,
ça s'est mal passé. -Entre elle et vous ? Pourquoi ?
-Elle m'a demandé un témoignage.
-Que reprochait-elle à son mari ? -De passer trop de temps ici,
d'être un mauvais père. Je l'ai foutue dehors.
-Elle voulait la garde exclusive de ses enfants.
-Ah ! Tu as vu, là ? -Ouais, que des animaux !
-Il était vétérinaire. Garagiste, ç'aurait été des voitures.
-Je n'ai pas de photos de fusils ou d'uniformes !
-Tiens, ses enfants. -Avec un chien, un chat
et une tortue. C'est obsessionnel, chez lui !
-La serrure a été fracturée !
-Regarde celui-ci ! Il brille comme s'il était neuf.
Il a été essuyé. -Tu as raison.
On montre ça à la Scientifique ? -Yes !
-Bravo, c'est ça ! Tu vois, quand tu veux !
-Une tôle en géo, ça m'a suffi !
Un jus ? Ca te dirait
qu'on se fasse un ciné ?
-Quoi ? Il est arrivé quelque chose à papa ?
-T'inquiète, tout va bien ! -Non, tout ne va pas bien !
Tu es gentil, c'est bizarre !
-J'aime ma petite soeur. -C'est quoi, l'affaire ?!
-Papa m'a demandé
de veiller sur toi. -Mignon.
En échange de quoi ? -10 euros de l'heure !
Tarif baby-sitting. Je me fais de la thune, tu oublies tes angoisses.
-Attends... Papa t'a tout raconté ? -Quand il sera parti,
je serai là pour toi. -A 10 euros de l'heure, j'imagine !
-Mme Leclerc,
commandant Soler, 4e message. Rappelez-moi le plus vite possible.
-Commandant ?
Aucune empreinte sur le fusil, il a été nettoyé.
-Le meurtrier
savait où trouver l'arme. -C'est un meurtre prémédité.
Les gardiens ont vérifié : aucune effraction.
-Il avait les clés du lieu. Vérifiez tous les témoignages.
La marque de l'anesthésiant ?
-J'ai le listing des fournisseurs.
-Comparez avec la pharmacie, je vais chez Mme Leclerc.
-L'agression est liée au divorce ? -C'est une piste.
-A plus tard ! -C'est parti pour les alibis.
-50 salariés.
-Quand même ! -Service animalier,
administratif, soigneurs. -J'en ai pour 10 jours !
-Ce matin, ils étaient seulement 28 !
-28, ça va !
-On échange ? Salut ! -Salut.
-Camille ? -Oui ?
-Du croustillant, sur Leclerc ? -Sans histoires, hormis le divorce.
-Donc il a un avocat ! J'aimerais lui parler.
-OK. Ah, capitaine, ça va mieux, avec Alice ?
-Je crois
que je sais ce qu'il faut faire pour que ça s'arrange.
-Contente pour vous !
Faites pareil avec votre femme !
-Ex-femme.
-Oui. -Ce serait une bonne idée,
d'inviter Léa à la patinoire ?
Elle va être étonnée. -Dites-vous
ce que vous ressentez ! -Elle, je sais :
1, "Tu n'écoutes jamais !" 2, "Ne fais pas ça !" 3, "On ne peut pas
"te faire confiance." 4, "Tu as tort."
-5, "Marchal parle trop !" Mme Leclerc n'est pas chez elle.
-Je sais. -Comment ça ?!
-Sa mère s'occupe
des enfants. -Dites-le !
On ne peut pas
vous faire confiance !
-C'était le numéro 3 ?
Oui. -Les enfants sont chez la mamie ?
-Mme Leclerc est sur son bateau. La brigade maritime la ramène au port.
-Le jour où son mari se fait tuer ?
-Je peux vous aider ? -Oui,
l'inventaire des médicaments ?
-Il n'est pas à jour.
-Pourquoi ? -Alain Leclerc.
-Il ne notait pas ce qu'il prenait. -Erreurs de stock.
-Pas de gestion des médicaments ?
-On faisait ce qu'on pouvait. Vous ne devriez pas chercher sa femme ?
-L'info circule vite !
-On en parle. -M. Gillain ?
-Oui. -J'ai besoin
de l'inventaire de la pharmacie, le plus vite possible.
-Alain est mort ?!
-Et vous vous enfuyez le même jour.
-Je partais naviguer, je le fais souvent.
-Votre portable coupé ?
-Oui, j'avais envie de penser à autre chose qu'à ce divorce.
-Vous étiez partie vers 10 h. Où étiez-vous entre 7 h et 9 h 30 ?
-Vous pensez que... ?!
-J'essaie juste de trouver les réponses.
Où étiez-vous entre 7 h et 9 h 30 ?
-J'emmenais mes enfants chez maman. -Ca vous a pris
combien de temps ? Et après ? -Pourquoi je me justifie ?
C'est mon mari, qui a été tué ! Le père de mes enfants !
-C'est peut-être là le problème. Vous souhaitiez la garde exclusive.
-Je ne peux rien vous dire.
-Nous allons continuer à la gendarmerie, suivez-moi.
-Merci.
Alain était mon client,
mais c'était d'abord un ami.
-Comment pouviez-vous être objectif ?
-C'est mon métier.
Je représentais
un père qui souffrait de ne plus voir ses enfants.
-Il aurait pu bosser un peu moins. -Ce n'était pas le genre d'Alain.
Il m'avait répondu
que son métier n'était pas facile,
que les animaux aquatiques nécessitent plus d'attention.
-On dirait que votre client ne se battait pas vraiment pour la garde.
-Si, à sa manière. Il ne voulait pas choisir entre son travail
et sa famille.
-J'en connais d'autres. C'était quoi, se battre à sa manière ?
-Alain tenait
de quoi faire basculer la juge.
-Ah ? -Il ne m'a rien dit de plus.
-Le directeur était chez lui,
à l'heure du meurtre, il est venu après.
-Encore des témoins à contrôler ? -8 employés de nuit,
je vais les appeler. Message.
-Ah ! -C'est quoi ?
-La caméra de surveillance de l'aquarium. C'était hier soir.
Tu la connais, toi ?
-Non.
-Vous êtes peut-être innocente, mais vous ne m'aidez pas beaucoup.
Donc, vous étiez hier soir
à l'aquarium, à 21 h 45, avec le père de vos enfants,
pourquoi ? -Il voulait me dire
*une chose importante.
*-A quel sujet ? -Je n'ai pas su,
il avait un problème avec un de ses requins.
C'est l'histoire de notre vie : ses fichus poissons avant nous !
-Je crois qu'il vous a dit ce qu'il avait découvert
sur vous et qu'il allait en parler au juge, comme...
une éventuelle infidélité.
Catherine,
il s'agit de la mort de votre mari, vous devez parler.
-Il s'appelle François Castagnet. -Votre mari le connaissait ?
-Non. -Il savait, pour votre liaison ?
-Oui. -Comment
l'a-t-il appris ? -La malchance.
Une connaissance m'a vue
avec François, au restaurant, et l'a raconté à Alain.
-Avec ça
contre vous, plus question de garde exclusive.
De rage, vous avez décidé de le tuer.
-Jamais je ne lui aurais fait de mal. Il faut me croire.
On frappe.
-Téléphone, commandant.
Le légiste, c'est urgent.
-Oui, Franck ?
Une erreur dans l'estimation de l'heure de la mort ? OK, j'arrive.
-Un problème ? -Je vous tiens au courant,
gardez-moi Mme Leclerc au chaud.
Leclerc était encore chaud, quand on l'a trouvé !
-L'environnement humide de l'aquarium fausse les estimations.
Et il n'est pas mort sur le coup. -Non ?
-Leclerc avait un coeur d'athlète, il a agonisé plusieurs heures.
-On doit revoir
tous les témoignages ! On a une heure précise de l'agression ?
-La fourchette la plus précise, c'est 22 h, minuit.
-Pff !
-Vous êtes préoccupée ?
-Ca change la donne !
-Rien à voir avec la rumeur ?
-Quelle rumeur ?
-Marchal et vous, de nouveau ensemble.
-N'importe quoi !
-Ah bon. -C'est Paul qui vous l'a dit ?
-Ca changerait quoi ? -Rien.
-Et donc ? -Je vous trouve un brin curieux !
Un brin ! -Je ne pense pas
que vous ayez tué votre mari. -Contrairement à votre commandant.
-Il m'arrive de ne pas être d'accord avec elle.
-Tout est contre moi ! Un amant, c'est un bon mobile !
-Votre mari vous délaissait, la vie de famille était impossible.
Ca peut être dur.
Ce qui ne colle pas,
c'est le mode opératoire. Si vous aviez dû éliminer votre mari,
vous l'auriez fait sous le coup de la colère, vous n'auriez pas
glissé une fléchette dans un fusil hypodermique.
-Pourquoi vous me dites tout ça ? -Je veux coincer le coupable,
et vite ! Votre mari
avait son caractère,
il s'accrochait avec des gens ?
-Oui, avec tout le monde !
Enfin, de là à le tuer...
-Besoin d'air ? Un peu claustro ? -J'ai relâché Catherine Leclerc.
-Tu es sérieux ? Tu n'as pas fait ça !
-Pour ne pas gâcher des heures de garde à vue.
-Elle était avec son mari, hier soir, à l'heure du meurtre !
-Ce n'est pas une preuve ! Et puis son avocat l'aurait sortie.
Ce n'est pas elle ! Elle essaie de sauver ce qui reste de sa famille.
-En empêchant un père de voir ses enfants ? La solidarité masculine
est restreinte, chez toi !
-Moi, je ne préfère pas mon boulot à mes gamins.
-On peut tout gérer ! Je fais ça depuis 10 ans et ça va !
-Ca nous a menés où,
d'après toi ?!
Tu t'es braquée sur Catherine Leclerc...
-C'est bon, dehors ! -Je suis déjà dehors.
Tu préfères
que j'aille
sur le terrain ? -Mon Dieu, que tu me soûles !
-Donc personne, ici, ne s'entendait avec Leclerc ?
-Pff... -Si, si,
ne dites pas le contraire !
-Non. -Qui lui en voulait
au point de le tuer ?
-Personne ! On laissait Alain faire son boulot ! Les vétérinaires,
parfois, étaient en désaccord. -Ca clashait ?
-Je crois.
-Vous croyez ?! Vous êtes le directeur ou... ?
-Je laisse mes vétérinaires s'arranger entre professionnels !
-Qui va pouvoir me renseigner ? -Heu... Stéphane Gillain.
-Le soigneur formé par Leclerc ? -Il s'accrochait,
même s'il se faisait rabrouer.
-Je le trouve où ?
-Vous voulez son adresse ? -Ah oui !
-Allez, venez dans mon bureau.
-Océane a relevé un truc bizarre dans l'inventaire de la pharmacie.
-Quoi ? -Il manque
des médicaments vétérinaires,
notamment toute une catégorie. -Quel genre ?
-Toxicomanogènes, des stupéfiants.
-Stéphane Gillain. -Le seul employé avec un casier.
Il a eu plusieurs condamnations
pour des petits délits. -Stupéfiants ?
-Oui,
et pas qu'une fois ! -Ca fait 2 ans qu'il se tient bien.
Une association de réinsertion lui a trouvé le poste ?
-Oui. A mon avis, il a craqué face aux médicaments
et Leclerc l'a découvert. -C'est possible.
En même temps, la seule personne qui avait un bon mobile,
qui nous a menti et qui était sur place le soir de l'agression,
c'est Catherine Leclerc.
On continue à creuser !
Quoi, Erwan ?
-Ben... -Comme le capitaine Marchal,
vous pensez qu'elle est innocente.
-Hm. -Oui.
Dites-moi...
C'est le capitaine Marchal, qui vous a formé ?
-Oui, pourquoi ? -Vous avez
une relation particulière.
A la façon Alain Leclerc, Stéphane Gillain, mentor, élève,
"O capitaine, mon capitaine !"
Vous n'avez aucune objectivité !
Vous êtes aveuglé par le grand,
le fort, le beau Marchal ! Allez, détendez-vous !
On continue de creuser !
-Je vais à la douche ! Quand je reviens, je veux du pain toasté,
mais pas grillé, un oeuf au plat, mais pas brouillé,
et du jus d'oranges, mais pressées, pas en bouteille.
Ma robe est dans le sèche-linge, il faut la repasser ! Merci !
-Ca ne va pas bien, toi ! -Tu es payé pour t'occuper de moi,
donc tu fais ce que je te demande ou adieu la monnaie !
-Un cauchemar ! C'est ça, un pur cauchemar !
Non, en fait, je ne suis pas tout à fait réveillé.
-Le fer à repasser est dans le placard !
Règle sur coton. Ne perds pas de temps !
-Et hop, tu as vu ?!
Même pas en retard ! Bonjour, ma chérie.
-Arrête de faire semblant.
Si tu t'intéressais à moi,
tu ne partirais pas. -J'ai choisi une brigade
à une heure d'ici, pour pouvoir être avec vous
le plus possible. -C'est un peu paradoxal !
-On se verra un week-end sur deux !
C'est difficile, pour toi,
de ne pas savoir ce qu'on fait sur le terrain.
Quand tu m'appelleras, je mettrai moins de 15 mn
à te rappeler. Et tous les soirs, on se parlera à 20 h précises.
Ca va, tes insomnies ?
La difficulté, c'était de travailler avec ta mère.
-C'est plus facile de payer Thomas
pour faire ton boulot de père. -Rien à voir !
C'était pour que vous vous rapprochiez.
-Tant qu'il sentira l'odeur des billets, il va se rapprocher !
Une tirelire à la place du coeur ! -Mais non !
-Je croyais que tu voulais rattraper le temps
où tu n'avais pas été là. -Oui...
-Mais tu ne veux plus
bosser avec maman.
Tu vas nous faire subir ton choix et on va encore devoir faire avec.
J'appelle ça une fuite en avant !
Tu n'assumes rien et tu es lâche, papa.
-Non, Alice... Tu ne peux pas me parler comme ça.
Je fais ce que je peux, s'il te plaît !
-Bonjour.
Je vais y avoir droit
tous les matins ? Tu veux te rendre indispensable ?
-Paix et harmonie.
-Un peu facile, pour se faire pardonner. Et ta visite d'hier ?
-J'avais une piste sur Gillain, mais je ne l'ai trouvé nulle part.
-On l'a cueilli ce matin à la première heure !
-Mon jeune disciple, Erwan, m'a prévenu.
-Tu lui files 10 euros, à lui aussi, pour les infos ?
Je ne te cache pas que Alice a moyennement apprécié.
-J'ai cru remarquer. On peut se prendre 5 mn pour en parler ?
-Là, Eric interroge Stéphane Gillain,
mais plus tard !
-A plus tard, oui.
-Je n'ai pas volé de médicaments ! -D'habitude, l'armoire est fermée.
Mais avant-hier soir,
serrure fracturée, c'était open bar ! Et vous avez tué Leclerc
dans la foulée ! -Pourquoi j'aurais fait ça ?
-Le tuer ou voler des stupéfiants ?
-Les deux ! Je pouvais me servir dans l'armoire !
-Vous participiez aux opérations ?
-Pour apprendre à devenir un bon soigneur !
-Vous participiez aussi aux interventions d'Océane Lafarge ?
Ca ne dérangeait pas le Dr Leclerc ?
-Elle disait que je bossais pour tout l'aquarium, pas que pour lui.
-Elle n'apparaît pas,
dans votre plan de formation, alors pourquoi étiez-vous à ses côtés ?
-Je ne dirai rien !
-Il réagit bizarrement, sur Océane. -Il a l'air troublé.
-Il est amoureux d'elle, ils sont ensemble ou il y a un rapport
avec notre victime. -Ou un peu tout ça en même temps,
un triangle amoureux qui finit en crime passionnel, d'après Marchal.
Je l'ai envoyé interroger Océane. -Vous l'avez remis sur le terrain !
-Quand je l'envoie quelque part, je sais où il est donc je peux gérer.
-J'ai fouillé le passé de Catherine Leclerc. Adolescente, elle était
championne de tir ! -OK.
-Te voilà ! Tu as le résultat de ses analyses de sang ?
-Pas encore ! -Pèse-le !
-3,2 kg, il a perdu 200 g. -OK, on continue de surveiller ça.
Allez, ça va aller !
Merci, Aurélie.
-Bonne journée !
Il frappe.
Bonjour ! -Bonjour.
-Vous vous en sortez, seule ? -J'essaie.
-Avec Stéphane Gillain qui est retenu à la gendarmerie...
Ici, il y a pas mal de soigneurs diplômés,
pourquoi vous bossez avec un stagiaire
comme lui ? -Parce qu'il est doué. Très doué !
-Ce n'est pas pour faire râler Alain Leclerc ?
-On n'est pas dans une cour d'école !
-Pour le rendre jaloux, si vous étiez amants.
-Il n'y avait rien entre nous !
Je voulais que Stéphane apprenne
autre chose que... -Il manque un bout à votre phrase.
Que quoi ? -On aime tous les animaux, ici,
de différentes façons. Certains ne pratiquent pas l'euthanasie !
-Et Leclerc ?
-Il piquait sans hésiter !
-Pas vous, apparemment. -Non,
j'essaie de les sauver !
-Ouais...
On appelle ça
de l'acharnement thérapeutique ? -Je voulais que Stéphane ait
les 2 points de vue,
rien de plus. -D'accord. Bon, ben merci !
-Je vous en prie. -Bonne journée !
-Merci, à vous aussi.
-Eric, tu peux te renseigner sur un petit truc en urgence ?
-Tu es sur quoi ? -Des recherches sur Océane Lafarge.
-Ca donne quoi ? -Rock'n'roll, la petite !
C'était une star, à la fac.
-Pourquoi ?
-Des idées avant-gardistes sur les soins à donner aux animaux.
Son mémoire de fin d'études portait sur la suppression des anesthésies
pour des opérations non vitales. -Sérieux ?!
-L'adrénaline
due à la douleur aide certaines espèces à guérir plus vite.
C'est de l'expérimentation.
-Tout le contraire de la vision des soins de Leclerc et de son éthique.
-Elle a 2 fois plus de décès dans ses opérations que ses collègues.
-Les analyses ? Merci. -De qui ?
-Stéphane Gillain. Et il est clean.
Il n'a pas volé les médicaments. -Il voulait les revendre ?
-Non, il n'a jamais dealé. Un truc ne colle pas.
-Mme Leclerc est en garde à vue. -Je sais.
Fusil, championne de tir.
-Hm.
-Je me pose souvent une question.
-Attends, je vois, je vois ! Genre : "Mais pourquoi
"j'ai autant de mal à respecter les consignes de mon ex-femme ?"
-Non ! -Ah non ?
-Non, ce que je ferais, si je devais te dénoncer à la hiérarchie.
-Pourquoi ?! -Pour rien !
Mais imaginons
que tu me saques injustement,
la procédure voudrait que j'en réfère au colonel.
Le lien qui nous unit m'en empêcherait.
-Bientôt, ça n'existera plus ! -Hm.
-Où veux-tu en venir ? -Alain Leclerc
n'a pas ce dilemme, avec Damiani.
Je me suis mis à sa place et je me suis dit que j'en aurais marre,
si mon directeur ne prenait jamais aucune décision.
-Hm. -Et je passerais
au niveau supérieur.
-Leclerc a écrit au Conseil de l'Ordre des vétérinaires ?
-Une lettre de 10 pages, pour dénoncer les méthodes
d'Océane Lafarge et la faire radier.
-Fier de toi ? -Un peu.
-Tu peux !
-Oui !
-Tu m'énerves !
C'est aussi pour ce genre de fulgurances,
que j'ai voulu des enfants
avec toi. -Fulgurances ?
Erwan ! -Oui ?
-Les vétérinaires de l'aquarium tiennent bien un registre
des opérations ? -Oui, on a récupéré le fichier.
-Il y a un truc que je ne comprends pas.
Dans son rapport, Leclerc détaille les opérations d'Océane.
Il aurait suffi qu'il imprime le registre !
-Il n'y a pas de rapports d'interventions.
-C'est normal ?
-Leclerc et l'administratif,
ça faisait deux. Et si Océane flirte avec l'illégalité,
elle ne laisse pas de traces. -Même les opérations courantes ?
-Le fichier a pu être effacé. Non, pas d'historique sur ce logiciel.
-Tout le personnel peut se connecter ?
-Heu... non, seulement les vétérinaires, Alain et Océane.
-Merci, Erwan !
-Faites-le passer à Camille, merci. -Léa !
-Oui, Paul ? -J'ai eu une idée.
-Ca va me plaire ! -Lève une garde à vue !
-Catherine Leclerc, 2e round ? -Non, Stéphane Gillain.
-Pourquoi ? -Il y a un truc à tenter !
Je te le ramène après, promis ! -OK, ce sera tout ?
-Oui. Ah non ! Tu peux réinterroger Catherine Leclerc ?
Mais comme témoin !
Que faisait son mari quand elle l'a vu ?
-Un café, aussi ? -On ne va pas se disputer !
-Je prends sur moi, il reste peu de temps
à bosser ensemble.
-Ce serait bien qu'on se voie ce soir,
il faut qu'on parle de l'avenir.
-De l'avenir ?
De l'avenir... D'accord...
-Marchal est parti avec Gillain ! -Non ?
-Si ! -Tu as essayé
de l'arrêter ? -Il n'a plus rien à perdre !
Ca va me retomber dessus ! -Soler est au courant.
-C'est malin ! -Oui, allô ?
OK, merci ! Le légiste veut voir Soler !
-Elle est en salle d'interrogatoire, avec Mme Leclerc.
-J'y vais. -Pourvu qu'il ne change pas
l'heure du meurtre !
-Bonjour, docteur ! -Bonjour. Léa n'est pas venue ?
-Moi aussi,
je suis contente de vous voir.
Quelque chose à me dire ? -Leclerc est mort
d'un choc anaphylactique.
-Anaphylactique ? -Une allergie
à une des molécules injectées. -C'est quel genre ?
-On les trouve dans certains sédatifs.
-Quelqu'un connaissait cette allergie ?
-Non, même pas lui.
-Il n'y avait rien de prémédité.
-Un pur homicide involontaire !
-On ne voulait pas tuer Leclerc, mais l'endormir.
-Pour quoi faire ? Qu'il ne voie pas quelque chose ?
-Ou l'empêcher de faire quelque chose.
D'après sa femme, il se préparait
pour une intervention.
-Pourquoi l'empêcher de soigner ? Le registre des opérations
a été effacé. -Quand Leclerc était à l'aquarium,
en dehors des heures
de bureau, c'était pour des euthanasies.
-On voulait l'en empêcher ?
-Damiani a-t-il lancé une procédure,
suite au décès d'un animal ? -Le directeur
qui ne sait rien ? -Bon courage !
-Merci.
-Bien sûr qu'on a une procédure,
pour les animaux qu'on perd ! Même les plus petits poissons !
-Elle consiste en quoi ? -On constate le décès de l'animal,
les services sanitaires viennent enlever le corps dans les 12 heures
et nous donnent un certificat. -12 heures ?
-On n'a ni morgue ni frigo.
-Et hier ? -Ils ne sont pas venus.
Sans ma signature,
ils ne peuvent pas partir. Je vous laisse, j'ai du travail.
-Bien sûr. Bonne journée. -Bonne journée !
Téléphone.
-Vous n'êtes pas facile à trouver !
Heureusement qu'il m'a aiguillé !
Il était sûr que vous étiez ici, je ne sais pas pourquoi.
Des visites à domicile ?
-Non, je fais des prélèvements.
Et donc, Stéphane est libre ? -Pour l'instant, oui.
Ca dépendra
de ce que vous avouez.
Je vous fais un point ! On sait qu'Alain Leclerc avait décidé
d'euthanasier un animal avant-hier soir. On va dire,
pour l'exemple, un petit manchot. Mais un autre vétérinaire, vous,
décide qu'on ne tue pas l'animal
et qu'on tente l'opération.
Oui, parce que,
si ça fonctionne, Alain, en se réveillant,
sera obligé d'admettre qu'il avait tort.
Mon histoire ne vous passionne pas.
Tant pis, je continue. Si j'ajoute, imaginons toujours, un soigneur
un peu amoureux d'une belle vétérinaire
et qui décide que, désormais, on ne tue plus aucun animal ?
On a le duo qui colle à mon histoire.
Evidemment, vous n'aviez pas calculé qu'Alain allait mourir.
-Ridicule ! -Des preuves ?
-Vous êtes soudés ! Enfin, soudés...
C'est Océane qui nous a signalé la disparition des médicaments,
ceux que vous n'avez jamais pris.
Eh ben... Et puis c'était malin, de fracturer la serrure,
pour nous orienter vers quelqu'un qui n'avait pas
la clé de l'armoire !
-Tu as voulu me faire plonger à ta place ?!
-Je n'ai pas réfléchi !
Je ne pouvais rien dire,
le manchot avait besoin d'un suivi et moi seule pouvais le faire !
Je devais envoyer les gendarmes
sur une fausse piste !
-C'est tout ce que j'étais, pour toi ?!
-Non, tu le sais bien ! Sans toi, jamais je n'aurais réussi à...
-Tais-toi !
Je veux revenir
sur ma déclaration. -Je comprends !
-Océane Lafarge
a avoué. Elle voulait empêcher Alain d'euthanasier un manchot.
Elle ignorait son allergie. Gillain sera jugé pour complicité.
-Tout ça pour leur passion des animaux !
Merci d'avoir trouvé si vite,
je vais l'expliquer
à mes enfants. -Je suis désolée.
-Je ne vous en veux pas de m'avoir accusée.
-Je n'ai pas été objective. -On ne peut pas toujours
être au top dans le travail.
J'ai demandé la garde exclusive pour qu'Alain ait un électrochoc.
-Ca n'a pas fonctionné. -Non. Il y a des personnes
qu'on ne peut pas changer.
Au revoir, commandant. -Bon courage.
-Merci.
...
-Homicide involontaire, 15 ans. -Et 8 pour Stéphane Gillain.
-Oui. Où sont Soler et Marchal ? -Ils ont rendez-vous,
pour se faire leurs adieux en privé, pot de départ à deux.
-Sympa ! -Il n'y a que Marchal
qui n'a pas remarqué le regard de Soler.
Et elle se maquille plus. -AH ?
-Vous n'avez pas vu ?
Les hommes et la subtilité !
-SOLER A PLEIN TEMPS, C'EST UN GAGE,
Y A PAS DE QUOI EN PRENDRE OMBRAGE.
MARCHAL A MI-TEMPS,
CA ME DELASSE,
CE N'EST QU'UNE MOITIE DE CARAPACE.
Il soupire.
-Ca va ? -Ca va, et toi ?
-Ouais. -Je t'ai pris un mojito.
-Merci !
-Tu voulais qu'on se parle ?
-Je m'interrogeais sur mon départ. -C'est-à-dire ?
-Partir alors que vous n'êtes là que depuis un an...
c'est lâche.
-Tu n'as pas tort.
-Oui.
-Moi aussi, je me pose des questions, depuis ta prise d'otage.
Ta mutation n'est pas encore signée.
-J'ai envie de...
Je n'ai pas envie de partir.
C'est important pour Alice
et Thomas, si je reste. -Bien sûr.
-Surtout pour Alice ! Ses résultats scolaires
sont en baisse. -Passer de 17 à 15,
ce n'est pas catastrophique ! -Non, mais c'est en baisse !
Je me dis qu'elle a besoin que je sois là, pour gérer ses insomnies.
Ca la rassurerait.
-De quoi tu parles ? Quelles insomnies ?
-Depuis la prise d'otage. -Pourquoi je n'en sais rien ?
-Pour ne pas t'inquiéter !
Tu dis toujours que je ne m'occupe pas
de la famille, eh bien je prends mes responsabilités de père,
je ne sais pas. -Je ne t'ai jamais demandé de faire
des trucs dans mon dos. La famille, comme le travail, c'est une équipe.
Il y a un père, une mère,
des enfants, on communique... -Si je te demande, je ne sais pas
me débrouiller, quand je me débrouille, je joue perso !
-L'annulation de ta mutation, il fallait m'en parler !
-Je fais quoi, là ?!
-Tu me mets devant le fait accompli, comme d'habitude.
-Je pars, ça ne va pas, je reste, ça ne va pas !
Tu voudrais quoi, en fait ?
-Je ne sais pas ce que je voudrais.
-Tu vas où ?
-Voir ma fille.
-Tu étais contente que je reste !
-C'est bien, que tu restes. Pour les enfants, c'est bien.
-Léa, sérieux ?!
Ca aussi, c'est compliqué, putain !
-AU BOUT DU COMPTE,
ON A LES MEMES FISSURES.
EN FIN DE COMPTE,
ON A LES MEMES MORSURES.
-La même armure. -La même voilure.
-MAIS PAS DU TOUT LA MEME ALLURE, CHACUN SON PAS.
SI LOIN, SI PROCHES, ILS SE TORTURENT,
ILS SE DECOCHENT LES MEMES COUPS DURS.
-Les mêmes coups bas. -AU FINAL, MEME COMBAT.
Sous-titrage MFP.
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