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...
-Ah... Putain !
Légers cris de lutte.
...
Tu vas voir.
Putain...
...
-Maman. La machine à laver est encore en panne ?
-Non. Pourquoi ?
-J'ai plus rien de propre.
-Je fais ça dimanche.
-On est lundi.
-Depuis que papa
a failli mourir, elle est à la rue. -Alice,
je t'entends. -Mais tu m'écoutes pas.
Vous allez changer de travail ?
-Quoi ? Pourquoi ça ?
-Qu'on ait des parents
normaux, qui risquent pas leur vie.
-Et qu'ils deviennent épiciers ? Non merci.
-T'aimes pas les épiciers ?
-Non, mais on m'adore depuis que papa est un héros.
-Un héros ? Redescends un peu, mon chéri.
-Je cuisine encore
ce soir ?
-Non, ce soir, c'est la fête.
Tiens,
mon chéri... -20 euros ?
Ca va être la disette. -Ca va, ça fait 10 euros chacun.
-Maman, je sais diviser par 2.
Un téléphone portable sonne.
...
-Oui, Camille ?
OK.
J'y vais. Merci.
Bonne journée,
les amours.
-On va tâcher de se faire
plaisir avec ça.
-Bonjour, répondeur
de papa. C'est Alice.
Je voulais savoir si tout allait bien.
Rappelle-moi.
Bisous.
-Promis, je te redemanderai plus.
-Vraiment ? -Vraiment.
-Alors, pour la 4e fois, je te dis que Soler et Marchal
se sont embrassés. -Mais t'es le seul
à l'avoir vu.
Ils se sont remis ensemble ? -Oui, et Marchal en a oublié
qu'il a été pris en otage.
-Tu déconnes ? -Ben oui.
Qu'est-ce que j'en sais ? Et puis, il quitte la brigade, non ?
-Il nous le dira peut-être.
-Pour le baiser, j'ai rien dit. -Je suis une tombe.
Un téléphone portable sonne.
*-Camille, vous êtes où ? -On arrive, commandant.
On va encore se faire engueuler. -Toi et tes questions aussi...
Bonjour.
-Commandant.
-Ni papiers, ni téléphone. Le courant viendrait du large.
Je vérifie
si la maritime
a signalé un naufrage.
-Les extrémités
cyanosées confirmeraient la noyade.
Non ? -L'asphyxie du moins.
Jointures
abîmées.
Elle a des cales.
Elle faisait des travaux manuels.
-Elle pêchait en mer et a été déclarée
disparue au Grau-du-Roi ce matin.
Elle s'appelle Marianne Pellat. Erwan cherche le mari.
-OK. Vernet, vous terminez ici et transférez le corps à l'IML.
Camille, on va au Grau-du-Roi.
Paul, tu devais reprendre le service.
T'es où ? Tu me rappelles ?
Merci.
Camille, vous savez où est Marchal ?
-Aucune idée, commandant.
Un téléphone portable sonne.
...
-Ah... Excusez-moi.
*-Allô, coucou. Tu veux du feu ?
-Vous êtes où, Marchal ? *-Ah, si près.
Et pourtant, si loin.
-OK. Mais sinon ?
Ca va votre bras ? *-Oui, c'est rien, Léa.
Bon, le tennis, c'est mort, mais j'y joue pas.
Mais pour le boulot, je suis au top.
-Le docteur est d'accord ?
-Toi, tu es
*trop venue me voir à l'hôpital.
-Je suis venue 1 jour sur 2 et ça suffisait largement.
-Je suis surveillé de près, je sens.
-J'ai le droit de m'inquiéter ? *-Bon, vous montez
pour l'apéro ? La vue, ici, est sublime.
Sonnerie -Excusez-moi.
Oui, Erwan ? *-Ah, je descends
alors. J'arrive.
On devrait plutôt y aller discrètement.
-Respectons la procédure. -OK.
-Bonjour, monsieur.
-Bonjour. Je cherche le délégué syndical.
Ah, OK. Merci.
Sur un port, il y a
une hiérarchie à respecter.
-Ah oui ? Un peu comme dans une gendarmerie ?
Et les gens ici
respectent ça sans rien dire ? C'est un bonheur, ça.
-Vous venez
encore nous emmerder pour ces thons rouges ?
-Bonjour. Cdt Soler. Capitaine Marchal.
Lt Barbier.
-Nous, on travaille pas dans le poisson,
mais dans l'humain, mort en général.
Nom et prénom.
-Christophe Gaillard. De quel mort
vous parlez ?
Marianne... Son bateau est pas rentré depuis ce matin.
On se doutait bien
qu'il s'était passé quelque chose.
-Qui a signalé sa disparition ?
-Son père, Albert Lopez.
-Il est où ? -Au bout de la digue.
Il scrute le retour de sa fille.
-Merci, M. Gaillard. -A votre service.
-Merci. -Je vais à l'IML.
Tant qu'on n'en sait pas plus,
on y va tout en douceur. -D'accord. Comme d'hab'.
Camille.
Camille.
Renseigne-toi sur cette histoire de thons rouges.
-OK. -OK, merci.
M. Lopez. Bonjour.
Capitaine Marchal.
-Elle rentrera pas, c'est ça ?
-Je suis désolé.
-Marianne, c'était la 4e génération de pêcheurs chez nous.
Je lui ai offert mon bateau.
-Vous deviez être fier de son choix.
-Oui et non.
Au fond, je voulais pas qu'elle fasse marin.
Trop dangereux.
Elle aurait dû finir ses études.
-Je comprends. J'aimerais pas que ma fille devienne gendarme.
-Elle avait ça en elle. Elle connaissait la mer par coeur.
Que s'est-il passé ?
-On cherche. On cherche.
Vous voulez
que... je vous aide à annoncer son décès au reste de la famille ?
-Il y avait
que nous deux... Ma femme est morte quand Marianne avait 15 ans.
Ah, il y a son mari.
-Quelqu'un est allé
le prévenir. -Prenez soin de votre fille.
On a pas de seconde chance.
-C'est un homicide.
-Les causes de la mort ? -Noyade.
Os hyoïde fracturé. Il y a eu strangulation.
Et le dos était marqué. -On lui a tenu la tête sous l'eau.
-Oui. Et il y a plus intéressant.
On l'a noyée, mais pas dans la mer.
L'eau dans ses poumons a une salinité de seulement
14g par litre.
-Ce serait un étang ? -Ou un bras de mer.
-On pourra savoir ?
-Pas facile, mais on fera le maximum.
-Je crois en vous.
-Sinon, Marchal est de retour ?
-Il paraît. Je vous tiens au courant ?
-Vous pêchez, vous aussi ?
-Avant le restaurant.
J'ai eu un accident. Marianne a continué sans moi.
On avait besoin de 2 salaires.
-Chez moi, en Bretagne, une femme est difficilement acceptée en mer.
Et ici ? -Marianne a grandi sur le port.
Tout le monde l'appréciait.
Pourquoi elle est sortie en mer hier soir ? La pêche de nuit
est terminée.
-Elle a reçu un appel vers 10h. Un problème avec le bateau.
-Un appel de qui ?
-Je sais pas, j'étais occupé.
Elle est partie de suite.
Elle était encore au téléphone... Son bateau, c'était tout pour elle.
-Vous l'avez pas rappelée ?
-Si, plus tard. Elle a pas répondu.
-Et ce matin, ne la voyant pas... ? -Je l'ai crue chez son père.
Il habite près du port.
En l'appelant, j'ai compris.
-Vous avez pas cherché à savoir
qui l'avez appelée ? -Non.
On n'a jamais eu d'histoires... Je pouvais me douter de rien.
-Camille, c'est pas ça, ton histoire ?
-"300kg de thons rouges retrouvés dans l'étang de Médard."
C'est ça. Des braconniers.
-C'était pas une cargaison perdue ? -Non, les thons étaient pas bagués.
-300kg, ça fait presque 6 000E.
Le meurtre de Marianne serait lié au braconnage ?
-Parlons-en à Soler. -Elle voit le proc.
-Vois ça avec Marchal alors. Moi, je m'occupe des appels.
-J'allais prendre mon café, là. -Mais tu as un cerveau,
tu peux faire les deux.
-Un meurtre pour un braconnage, exagérons pas.
Bon, j'appelle le père. Il sait peut-être des trucs.
-Et interrogez aussi son frère.
-Elle avait un frère ?
-Dans l'état civil, il y a un fils aîné qui s'appelle Nicolas.
-Renseigne-toi sur lui.
Bye.
-Les gars
ont été super... Ma seule famille qui me reste est sur ce port.
-Ah ? Et votre fils, il n'habite plus
la région ? Vous n'avez plus de nouvelles.
-Il est mort pour moi.
J'ai tout essayé avec ce gosse.
-Il pêchait avec vous ?
-Oui, mais... entre deux campagnes de pêche,
l'oisiveté s'installe, et c'est pas bon pour les jeunes.
-Non ?
-L'ennui appelle les conneries. -Du genre ?
-Plus personne voulait de lui.
Seul Daniel, mon gendre, continuait à le prendre, pour Marianne.
-Pourquoi vous vous êtes
fâchés ?
-Un matin, il est venu pêcher dans un état lamentable.
-OK, il avait bu.
-Ou pire. Il prenait n'importe quoi.
Il a fait
une fausse manoeuvre et mon gendre s'est retrouvé la jambe en miettes.
C'était il y a 10 ans. -Ce serait le moment de lui parler.
-Marianne est bien censée avoir reçu un appel à 22h ?
-Oui, juste avant de partir du restaurant.
Pourquoi ?
-Elle n'a reçu qu'un appel hier soir, celui de son mari à minuit.
Donc, Marianne
lui a menti.
-Ou il nous mène en bateau.
-Ca va ?
-Salut, salut.
Il frappe.
-Vous m'avez fait
appeler ? -Oui.
Tu désinfectes bien ?
-Tu m'as convoqué pour ça ?
-Non. Non, non.
Alors, voilà, je... je viens de recevoir un mail du colonel.
-Aïe, ça, c'est jamais bon.
-Et tu es interdit de terrain.
-Voilà. C'est jamais bon.
-Avec ce qu'il s'est passé, c'est bien d'y aller mollo.
-Attends.
-On dirait Thomas... Enfin, bref, tu restes au bureau.
-Léa, ça va, j'en ai vu d'autres.
-Ah oui ? T'as failli crever quand même.
Et tu peux être très utile
à la brigade.
Ca vient d'en haut. On obéit.
Et aide-moi, Paul. Sinon quoi ?
Tu vas me virer ? Tu peux pas, je suis muté.
Je peux pas changer.
Et je veux pas.
-La porte.
-Courage, plus qu'un mois
à tenir.
-Je savais qu'il réagirait comme ça.
Je te connais par coeur.
-Eric, tu as quoi sur le frère ?
-Alors, c'est plutôt un habitué de la maison,
ce Nicolas Lopez.
Vol de voiture, petits trafics, bagarres.
Il a même fait de la prison. -Dis-moi qu'il est dans la région.
-Il est dans la région.
Il vivrait à Sète vers la Pointe-Courte.
-Bien joué.
Erwan enquête sur les braconniers ?
-Oui, à la brigade
maritime. -OK.
-Vous partez ? Le commandant a dit que vous deviez arrêter le terrain.
-Oui. Non, mais ça finit ce soir. C'est vu avec elle.
Si tu as un doute,
demande-lui, je t'en voudrai pas.
Un téléphone portable sonne.
-Oui, commandant ? *-Du nouveau ?
-Pour la maritime, ce thon rouge dans l'étang reste un mystère.
-Et Marianne pêchait dans cet étang ?
*-Oui, c'est bien ça.
-Donc, elle aurait croisé des braconniers
qui auraient décidé de la faire taire.
-Possible. Autre chose, ce jour-là, un hélicoptère a repéré Marianne
à 12 000 miles des côtes.
*-Et alors ? -Son permis l'autorisait pas
à pêcher au-delà des 5 000.
-Que faisait-elle au large alors ? *-On l'ignore.
Elle a jamais répondu aux appels de la brigade maritime.
Du coup, elle a reçu un PV hier matin.
-Le jour même de sa mort. Et son bateau ?
-On l'a toujours pas retrouvé.
-OK. Merci, Erwan. *-Je vous en prie.
-Commandant, on s'est intéressés
aux coups de fil du mari.
-Il a dit ne pas avoir réussi à la joindre.
-Mais l'appel a duré 13s.
-Un message ?
-Ecoutez.
*-Marianne, t'es où ?
T'es encore avec lui,
j'en suis sûr.
-D'accord.
Vous l'interrogez à nouveau ? Merci.
Tonalité d'appel.
Un téléphone portable sonne.
-Oui, mon commandant ?
-Paul, tu serais pas sur une piste sans m'en avoir parlé ?
Et ne me mens pas.
-Ah, là, fâcheux dilemme.
Soit je te dis ce que tu veux entendre,
soit je te dis la vérité.
-S'il te plaît. *-Je veux interroger
le frère de...
-Allô ? Il le fait exprès, là.
-Plus de batterie. Elle va jamais me croire.
Excusez-moi.
Je cherche Nicolas Lopez. -Oui,
il habite à côté de chez moi. Je vous emmène.
-C'est cool.
-Que se passe-t-il ?
-Votre femme a bien répondu à son téléphone hier soir à 22h ?
-Vers 22h, oui.
-Le problème, c'est qu'à 22h, on relève aucune trace d'appel
sur son portable. -Elle m'a menti.
-Oui. Mais vous l'aviez deviné.
*-Marianne, t'es où ?
T'es encore avec lui, j'en suis sûr.
Ca fait des semaines que tu me prends pour un con.
Ca suffit.
-Des semaines.
Cocu depuis quand ?
-C'est pas ça, elle m'a jamais trompé.
-Vous parliez
de qui alors ?
-De son frère.
*Nicolas.
Le coup du bateau, c'était pour le voir.
-Pourquoi
se cacher ? -Ce petit con a gâché ma vie.
La famille l'avait banni.
D'ailleurs, pourquoi toutes ces questions ?
Mon beau-père a parlé à votre collègue.
-C'est quoi, cette histoire
de frère ? -Marchal vous a rien dit ?
-Non. -Il vous a fait une Marchal.
-C'est très drôle, ça. Et sinon, il est où ?
-Aucune idée. -Je peux vous rétrograder, Vernet.
Il est où ? -Si je le dis, je serai promu ?
-Vous avez fumé ?
-J'y vais.
-Vernet, où est Marchal ?
Il m'énerve... Mon Dieu, qu'il m'énerve.
-C'était ma grande soeur. Elle m'a toujours protégé.
On essayait de renouer. -Mais elle le cachait à son mari.
-J'ai fait des conneries. Mais c'est fini.
Elle m'aidait pour mon projet. -Quel projet ?
-Je vais devenir guide de pêche... Je connais tous les coins.
Avec les Parisiens, ça paye bien... -Mais vous vous êtes engueulés.
Eh oui, les murs ont des oreilles.
Le voisin vous a entendus.
-A cause de son mari. Il cherchait à ce qu'on arrête de se voir.
*-Non, je suis pas
avec ton père.
-J'ai essayé de le joindre, il répond pas.
*-Ca, c'est un classique avec lui. Je peux faire quoi pour toi ?
-Rien, c'est bon. *-Il finira bien
par rappeler.
-Sérieux, j'ai plus une fringue de propre.
Et toi, tu veux quoi à papa ?
-Rien. Juste lui parler.
-Je fais quoi, moi ? -Ben,
apprends à faire une lessive.
Bon, un indice.
Trie les vêtements par leurs étiquettes.
-Rien de plus ?
-Ben non.
-Si j'avais su...
Oh...
-Paul, si tu me rappelles pas dans la demi-heure,
je te fais interpeller.
-On a retrouvé le bateau. -Où ça ?
-A 2 miles de la côte au fond
de l'eau. -Qui s'en charge ?
-La maritime. Et ils ont trouvé un système d'élingues
sous la coque.
-Et pour le profane, ça veut dire quoi ?
-C'est des sangles qu'utilisent les contrebandiers
pour transporter des marchandises.
En cas de contrôle, la cargaison
est envoyée au fond de l'eau.
-Marianne Pellat braconnait ?
-Jamais je lui aurais fait de mal. Et hier soir, je bossais.
-J'ai rien demandé.
-Je sais comment c'est avec les flics, j'ai l'habitude.
-J'ai un appel
pour vous.
Le Cdt Soler. Je sais pas comment elle a eu
mon numéro. -Dans le bottin.
C'est ma supérieure. Enfin, c'est surtout mon ex-femme.
-Ah non, ton ex-femme, mais surtout ta supérieure.
-Oui, si tu veux.
-Pardon ? Bref, tu es toujours
*sous mes ordres et j'aimerais que tu répondes à mes appels.
-C'est un problème
*d'alternateur.
Il faudrait la changer, cette bagnole.
*Ben oui, plus de batterie.
En vrai. Par contre, je suis sur un truc, là.
-Avec le frère de la victime ?
Alors, ça peut t'intéresser, on a retrouvé le bateau
de Marianne Pellat.
-Il fallait pas appeler la dépanneuse de suite.
-Bien sûr, Paul.
Et donc, ce bateau servait certainement
à faire de la contrebande.
*Son frère sait peut-être quelque chose. Donc, mieux vaut
le faire passer par la case gendarmerie
plutôt que de se la jouer en solo. Hein, Paul ?
*Au fait, la dépanneuse arrive. -La mécanique et les femmes,
c'est... Enfin,
surtout mon ex.
-Paul, tu le ramènes ici.
-OK. Bisous.
On a beau être séparés,
au moindre
souci... Non.
Stop !
Plainte.
...
Ah, putain.
Oh, merde.
-Merci.
-Là, tu vas pas me croire.
-Je t'ai dit que tu n'étais pas prêt à retourner sur le terrain.
-Non, ça a rien à voir.
-Il t'a échappé.
-Tu m'aurais pas appelé, je le ramenais.
-Sans mon appel, tu n'avais aucune raison
de l'amener ici.
-Heu, le labo va s'occuper du GPS du bateau.
-Bien.
-Je dérange, là. -Non,
Erwan. On a du nouveau
sur le système d'élingues ? -Non. On n'a pas encore
vu le père.
-Le thon rouge, ça pourrait être elle.
-Oui, la zone
était dans son plan de pêche.
Et ça expliquerait
qu'elle pêchait au grand large. -Et tout ça
au moment où elle renoue avec Nicolas.
Ah, s'il était là...
Vous envoyez un avis de recherche,
Erwan. Merci.
-OK.
-Je vais voir
le père, Albert.
Il peut nous aider à le retrouver.
-Si tard ? Evitons de rajouter
des vices de procédure
sur cet énorme marasme.
C'est fatigant, Paul. Vraiment fatigant.
Alors, tu y vas demain.
Et moi, j'irai voir le mari.
Si elle trafiquait, il pouvait pas
ne pas savoir.
Hein ? Allez, une soupe
et au lit. -Hein ? Ah oui.
-Et la porte ?
Allô, Camille ? C'est Soler. Vous aviez rien de prévu ce soir ?
Il faudrait éplucher les comptes bancaires de Daniel Pellat.
Ben, pour demain.
Merci beaucoup, Camille.
-Eric, t'es sûr de ce que tu as vu ?
Parce que là, c'est tendu entre Soler
et Marchal.
-Camille t'en a parlé ? -Non, Arthur.
-Arthur ? Donc, tout le monde sait. -On est une grande famille.
-Bon, c'est plutôt une bonne nouvelle.
-Pour eux, je sais pas, mais pour nous, c'est vrai que...
-Oui, il y a des fois... -Oui.
-BREF...
Il faut perquisitionner chez le frère.
Pile ou face ? -Face.
Normal.
Allez. -A plus.
-Papa, c'est moi. Le frigo est vide.
Et maman a pas fait les courses. Tu me rappelles ?
-Nicolas Lopez habitait ici
depuis longtemps ?
-Ca faisait des mois. Je savais qu'il me créerait des soucis.
Il est louche. -Intuitif ?
C'est bien. Et à part le délit de sale gueule, pourquoi dire ça ?
-Il avait 6 mois de loyer en retard.
Ben, la dernière fois, il a tout payé
d'un coup. -Et d'où vient l'argent ?
-Je l'ignore. Mais il était là avec la fille d'hier soir.
-Marianne, sa soeur ?
-Oui. -Sûr ?
-Oui, oui.
-Bonsoir. -Salut, Alice.
-Papa est là ? -Heu, non, je suis toute seule.
-Ah. Je voulais dîner avec lui. J'ai apporté des sandwichs.
Mais il est injoignable. -Ben, je l'appelle.
Il doit plus avoir de batterie.
Tu voulais lui dire quelque chose ?
-Je voulais lui parler, parce que c'est mon père.
J'ai pas à me justifier.
-OK. -Tu lui diras de me rappeler
quand tu le verras ? -Oui.
-Ah... Heu, tu lui donneras les sandwichs, du coup.
-Mais bien sûr, commandant Soler junior.
-Tu trouves pas maman bizarre ?
Voire même,
depuis la prise d'otage.
Hein ? Tu trouves pas ?
Franchement. Oh... Même toi, t'es pas dans ton état normal.
D'habitude, tu m'aurais sorti ta psychologie féminine à 2 balles.
Oh, il y a quelqu'un ?
-C'est bon, Thomas.
-Il se passe un truc dans cette maison.
N'importe quoi.
-Thomas, tu as fait quoi ?
-J'ai trié par étiquettes. -Ca m'étonnerait.
-Ah si, c'est les mêmes marques partout.
-T'as trié par marques ?
-En fonction des étiquettes,
comme tu m'as dit.
Ben quoi ?
-Bonjour. Camille, la pêche a été bonne ?
Sans mauvais jeu de mots.
-Miraculeuse. Des petites sommes sont versées régulièrement
sur le compte des Pellat.
Rien de très probant.
-C'est devenu miraculeux quand tu t'es mise à gratter.
Non ? -Si.
Ils ont contracté des prêts et le restau est hypothéqué.
-Et les trafics peuvent aider à rembourser.
Bien joué. Préviens
la commandante.
-Capitaine. Alice a déposé ça hier soir pour vous.
-C'est quoi ?
Super... Un peu rassis, mais c'est l'intention qui compte.
Elle arrête pas de m'inonder de textos super bizarres
depuis que j'ai repris. -Normal.
Elle a besoin d'être rassurée.
Par vous. -Elle sait,
je lui ai dit, qu'il y a plus de morts sur la route
que chez les gendarmes. Que dire de plus ?
-Elle a besoin d'écoute.
Soyez disponible pour elle. Ca aidera.
-OK.
Bon. Merci.
-Bon courage. -Ouais.
Bonjour.
C'est à vous ? -Oui.
Je le retape.
Je l'avais acheté pour Nicolas à l'époque.
Pour qu'il se lance.
-J'ai un garçon et une fille moi aussi.
Je me dis parfois qu'ils sont d'une autre planète.
-Quand il était petit, on s'adorait.
On pêchait ensemble.
Puis quand ma femme est morte... -Vous aviez du mal à communiquer
avec Nicolas et il a commencé ses conneries.
-A traîner avec ce Fabien.
-Oui, il suffit parfois d'une seule mauvaise personne.
-En plus, ce Fabien a fini par se ranger. Nicolas, lui...
-Ce Fabien a un nom ? -Gaillard.
-Gaillard ? Comme le délégué syndical
du port ? -Oui.
Christophe est veuf lui aussi.
Mais lui a réussi à faire rentrer
son gamin dans le rang.
-Votre fils peut peut-être nous aider.
Vos enfants se revoyaient.
-J'ai pas menti.
-Non. -Je voyais plus
Nicolas... Pourquoi ma fille m'a pas dit qu'elle lui reparlait ?
-Je crois qu'elle vous cachait pas mal de choses.
Notamment
le système d'élingues fixé sous son bateau.
-Bonjour, M. Pellat. -Bonjour.
Du nouveau ?
-Oui, on avance.
Parlez-moi
de vos problèmes financiers,
des embrouilles dans lesquelles trempait votre femme.
-C'est compliqué, vous savez... -J'imagine.
Ce restau est un gouffre.
Et la pêche, c'est pas mieux... Les revenus, ça fluctue.
Et les charges
continuent d'augmenter.
-Et vous vous êtes dit que braconner du thon rouge
pourrait vous aider.
-Ca va pas ? Pourquoi pas du trafic de drogue non plus ?
-J'y avais pas pensé. C'était quoi, votre solution,
alors ? -Juste un peu de black.
On vendait des poissons sans les déclarer, c'est tout.
-Ca reste du braconnage. -C'était ça
ou crever de faim.
On l'aurait pas tuée
à cause de cette histoire.
Ca allait pas chercher bien loin...
-A qui vous vendiez le poisson ?
-A un mareyeur du port.
-Camille, trouve-moi tout ce que tu peux
sur Fabien Gaillard.
-Je cherche déjà pour le Cdt Soler. -C'est elle ?
-Oui... -Les grands esprits se rencontrent.
-Mais il y en a un qui est beaucoup plus rapide que l'autre.
*Fabien Gaillard, tu as quelque chose de concret ?
-Non, pas encore.
-Un point pour moi. C'est lui qui achetait au black
le poisson de Marianne.
-Ah, OK, OK.
*-Camille, aidez-le, là, je le sens en panique.
Vous avez rien à rajouter ? -Non.
Juste quelques erreurs de jeunesse. *-OK.
Bon, Marchal, je vous laisse
*l'interroger. -Oui.
Et j'envoie les lieutenants l'interpeller.
-Vous comprenez vite quand vous voulez.
-Bon courage. -Oui, ciao.
Allô ?
*Allô ?
-C'est le même bateau que Marianne, non ?
-Oui, c'est ça. -Un chalutier.
-Non, ça, c'est un fileyeur. -Et un mareyeur,
c'est plus petit ?
-Non, un mareyeur, c'est un métier.
C'est un vendeur de poissons.
-Tu en sais des choses. -Je m'appelle Lebellec.
Toute ma famille est plus ou moins liée à la pêche.
-Sauf toi. -Oui, sauf moi.
-Tiens, le voilà. M. Gaillard ?
Bonjour.
Gendarmerie.
-Papa, j'ai vraiment besoin de te parler.
Je rigole pas. Rappelle-moi.
-Eh ben.
A peine sorti du lycée, bim, 10 ans d'interdiction de pêche
pour braconnage.
-C'était il y a longtemps. Je vais reprendre la pêche.
-C'est bien. A condition de pas repasser devant le juge.
-Pourquoi ? Je me tiens tranquille. -Et tu as jamais acheté
de poisson au black à Marianne ? -Non, jamais.
-J'ai rien à voir
avec ça. -Ni avec Nicolas Lopez ?
-Nicolas, c'est un paumé.
Un vrai boulet. Je l'ai pas vu depuis longtemps.
-Ouais...
Tu sais ce que disent les innocents ici ?
-Qu'ils ont rien fait.
Comme moi. -Non.
Ils demandent tous : "Mais pourquoi je suis là ?"
Et toi, rien. T'es même pas surpris.
-Pourquoi m'embrouiller ? -Tu le fais tout seul.
Bon, ça suffit. 13h08, garde à vue.
Tu as droit à un médecin,
un avocat... un coup de fil à la famille.
Et te prive pas, c'est moi
qui régale.
-Fabien Gaillard a pas d'alibi.
-Ce serait quoi, son mobile ? -Il en voulait à Marianne
pour le thon. -Le mari ment pas.
Leur trafic portait sur quelques centaines d'euros,
pas plus. -Et reste Nicolas Lopez.
Vibration. Excuse-moi.
...
-Quand on parle du loup... On l'a retrouvé à moitié mort.
-Alors, docteur ?
-On lui a injecté une dose quasi létale de morphine.
-"On" ?
Il s'est pas piqué lui-même ? -Non.
Vu la plaie, l'injection a été faite alors qu'il était
inconscient. -C'est récent ?
-Oui. On l'a retrouvé à temps. Il y a 2h, je dirais.
Environ. -Il peut parler ?
-Oui, d'ici quelques minutes. -OK. Je vais attendre.
Merci, docteur.
Alors quoi ? La culpabilité t'aurait fait replonger ?
Non, je crois pas.
-On a le tracé GPS du bateau de Marianne.
Regardez.
-Et donc ?
-Erwan va nous expliquer tout ça.
-Le jour où le bateau
était à 12 miles
des côtes, il a fait un crochet
par le port de Sète.
Là-bas, il y avait une webcam météo.
Et je crois
qu'on peut pas se tromper.
-C'est Nicolas qui avait pris
le bateau.
-Marianne
savait qu'il l'utilisait ? -Oui,
ça s'emprunte pas comme ça.
-Mais elle ignorait son trafic.
Et quand elle a reçu le PV, elle a tout compris,
d'où leur engueulade.
Bravo, Erwan.
Un téléphone sonne. Pardon.
Soler, j'écoute.
D'accord. OK, merci.
M. Gaillard
est là. Allez-y.
Entre pêcheurs, vous allez
vous comprendre.
Je l'ai vexé ?
-Non.
-M. Gaillard. -Mon fils est en garde à vue ?
-Juste pour vérification.
Par contre, il ne déclarait pas toujours le poisson
qu'il négociait. -Il comparaît pour du black ?
-Non, on cherche à comprendre son lien avec le frère de Marianne,
Nicolas. -Nicolas ?
Mais ils ne se voient plus.
-Oui. Mais on attend la confirmation
de Nicolas.
On l'a retrouvé blessé... -Je peux voir mon fils ?
-Non, pas pendant la garde à vue. Je vous tiens au courant ?
Camille, Christophe Gaillard a été très surpris en apprenant
que Nicolas était encore en vie. Il nous cache un truc
pour protéger son fils. -OK. Réfléchissons.
Heu... Pourquoi Fabien aurait tenté de tuer son ancien pote ?
-S'il est lié au meurtre,
pour le faire taire. -Oui.
Où il aurait eu la morphine ?
-Dans un kit médical de chalutier.
Celui
de son père ? -L'eau
dans les poumons de Marianne provient de l'étang du Ponant.
-L'étang du Ponant.
Entre Le Grau-du-Roi et La Grande-Motte.
-Le courant a emporté son corps jusqu'à la plage à côté.
Et l'assassin a pu retourner au port voler le fileyeur.
-Mh. Donc, elle aurait bien été tuée ici.
C'est quoi, ça ?
-Il y a 2 mois...
Fabien a appris que Marianne me prêtait son bateau.
Il m'a proposé de faire la mule pour des trafiquants de thon.
J'ai accepté.
Uniquement pour aider ma soeur... -Comment ça ?
-Je lui donnais tout l'argent... Pour qu'elle paye ses dettes.
-La semaine dernière, on vous a repéré au large.
Vous transportiez les 300kg de thon.
-J'ai paniqué.
J'ai jeté toute la cargaison.
Fabien était furieux.
Il allait perdre son plus gros client.
Il a dit que je le paierai cher.
-Et vous avez pensé
qu'il s'était vengé sur Marianne. -Oui.
Hier soir, je suis allé chez lui.
Mais c'est pas lui qui m'a ouvert.
-Regardez, un ensemble
de pontons pour les bateaux
de loisir.
J'ai vérifié, il y a une concession au nom de Gaillard.
-Fabien ?
-Non. De son père, Christophe.
-Marianne a vu son frère
avec le PV, puis est allée demander des comptes à Fabien.
Et là, vous avez tout entendu.
Et tout compris.
-Ce petit con était mouillé dans un trafic de thons.
Je pensais que c'était fini, tout ça.
J'allais tout lui laisser, le chalutier, l'équipage, tout.
Ma réputation bâtie pendant 20 ans. Il allait me remplacer au conseil
syndical.
-Et pour ça, vous avez tué
Marianne Pellat ?
-Je voulais pas la tuer... Elle allait dénoncer Fabien.
J'ai voulu protéger mon fils.
Mais elle voulait pas se taire.
Elle voulait pas se taire.
-Il ira en prison ?
-Peut-être. Mais pas longtemps. Et vous l'attendrez.
-Merci. Merci pour tout. -Oui.
-Papa.
Je te demande pardon.
Nicolas pleure.
...
-Une affaire rondement menée.
Bravo à vous tous.
Et Paul, ravi
que vous vous soyez remis si vite.
-Merci, mon colonel.
-Inutile donc de retarder votre mutation.
Si vous voulez toujours partir,
Ce sera à la fin de la semaine.
Il faudra signer les papiers... Voilà une bonne nouvelle.
Vous serez enfin débarrassée.
-Content ?
Légère plainte.
-Ca va ? -Ah !
Il souffle.
Sérieux !
Ca guérira jamais.
Coucou, ma chérie... J'ai ramené ça pour vous.
Apparemment, tu as envie de sandwichs.
Bon, 12 appels, 5 textos,
mon petit doigt me dit que tu veux me parler.
-Non.
C'est juste que...
je savais pas si...
tu pouvais me déposer à mon stage
de danse.
-Alice, ma chérie... qu'est-ce qu'il y a ?
-Depuis la... la...
ce qui t'est arrivé. -La prise d'otage.
Aie pas peur
de le dire... -Depuis, j'ai des angoisses.
J'ai peur que ça recommence
et que t'aies pas autant de chance.
Alors, j'ai paniqué quand t'as pas répondu.
J'ai eu peur que... C'est pour ça que je suis passée à la brigade.
Je suis désolée, papa.
J'arrive pas à le contrôler. Ca me fait une boule au ventre.
Je pense qu'à ça.
-Alice, ma chérie... -Pendant la prise d'otage,
j'ai cru que je t'avais perdu.
Quand tu seras parti, ce sera pire.
Ici, au moins, je peux passer te voir.
Et une semaine sur 2, le soir, je sais que tu rentres à la maison,
que tout va bien.
Je sais pas comment je vais faire.
-Hé, ça va aller. OK ?
Viens.
Sous-titrage MFP.
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