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...
...
-Oh, putain ! Oh !
...
-Sur le plateau de la Moure ?
Je préviens Camille, on vous rejoint.
Camille !
-Oui ?
-On a un corps.
-Je préviens Marchal. -Non.
-Pourquoi ? -Il a été muté.
-Ah bon ?
-Oui, ça a marché. Il quitte la brigade prochainement.
-Et ca va ?
-Camille, je viens de l'apprendre.
Il part dans l'Aveyron. On y va. -Dans l'Aveyron ?
-16 ! 17 ! 18 !
19 ! Et 20 !
C'est bon.
On a fait des progrès, là. -Oui. Si on continue comme ça
3 fois par semaine, cet été, on sera au top.
Papa, t'es avec moi ? -Oui, bien sûr.
-On dirait pas.
-Oh !
Je suis morte.
-Allez ! Dépêche-toi, feignasse !
Il faut qu'on aille au lycée. -Oui. Salut, papa !
-Bonne journée, les poulets.
-Etienne Monnier, 32 ans, guide de montagne. Il accompagnait
ces randonneurs.
-Vous n'avez rien trouvé dans sa tente, une lettre par exemple ?
-Non, juste son sac,
avec portefeuille, polaire, barre énergétique, couteau suisse.
-Interrogez les randonneurs
avec Camille. -D'accord.
-Pourquoi tu t'es pendu là, toi ?
Hein ?
Il n'y a rien, c'est le désert.
...
-Salut !
Pourquoi on ne m'appelle plus
sur les scènes
de crime ?
-Parce que vous êtes muté, Marchal. -Je ne pars que dans une semaine.
-Pour boucler vos rapports en retard, faire vos cartons,
ça ne sera pas de trop, vous savez.
Et un suicide est trop simple pour que vous exerciez vos talents.
-C'est un meurtre.
-Je ne suis pas d'humeur.
-On l'a étranglé avant de le pendre.
Regarde autour de son cou. Il n'y a pas un, mais 2 sillons.
Le 1er, médian et horizontal, vient d'une strangulation au lien.
Le 2d, haut et oblique,
est la marque de la corde avec laquelle il a été suspendu
après sa mort.
-Dont acte. C'est un meurtre.
Merci, Marchal.
-Mon commandant, je suis ravi
de participer à cette enquête.
-Si vous y tenez, capitaine.
-J'y tiens.
-Et nos enfants sont au courant
pour ta mutation ?
-Ne vous éloignez pas. On reviendra vers vous.
-D'accord. -Merci.
-Je ne comprends pas qu'il ait pu faire ça.
J'avais fait un trek avec lui au Tibet. Il était
solide, optimiste.
-On m'a dit qu'une jeune femme était là hier soir pour le dîner.
-Oui, c'était sa petite amie, Estelle.
-Elle vous a rejoints ici, au bivouac ?
-Oui, pour le dîner. -Bien. Merci.
-Merci.
-Cette fille était là hier soir et elle n'est plus là ce matin.
-M. Crosne ? Commandant Soler.
-Bonjour. -Vous avez organisé la randonnée ?
-Oui.
-Vous employiez Etienne
depuis quand ? -6 mois.
-Vous n'avez rien remarqué ? -Rien. Etienne était un bon gars.
Sérieux, volontaire. Je n'ai jamais eu de problème avec lui.
-Vous connaissez une certaine Estelle ?
-Estelle Delmas, sa fiancée.
-Elle était là hier soir.
-Ah bon ? Elle n'avait rien à faire là.
-Elle a rejoint Etienne Monnier
pour la nuit.
-D'accord. Bon, maintenant...
Je peux récupérer le groupe ?
-Je vous en prie.
-Bonne journée. -Merci.
Camille, Estelle Delmas.
Vous essayez de l'appeler.
Si elle ne répond pas, vous lancez un avis de recherche.
On doit absolument la retrouver. Merci, Camille.
-Votre fils avait-il des problèmes ?
-Non, Etienne était rangé. Il n'avait plus de problèmes.
-Il en avait eu par le passé ? On n'a trouvé aucune trace
de casier judiciaire.
-Non. Mais il y a eu des années difficiles.
Il était devenu
comme un marginal. Il a vécu dans la rue.
Il buvait à ce moment-là, beaucoup.
-C'était quand ? -Jusqu'à ses 25 ans.
-C'est la nature qui l'a sauvé.
-Mme Monnier, Estelle Delmas, votre future belle-fille,
était sur place hier soir, mais, depuis, elle est injoignable.
Où est-elle ? -Peut-être aux ruines.
-Où ?
-A la chapelle de Vendémian. Estelle est à la fac d'archéologie.
Vous ne lui dites pas
ce que je vous ai dit. Elle ignore qu'Etienne a été SDF, tout ça.
Elle s'est déjà brouillée avec sa famille à cause de lui.
-Pourquoi ?
-C'est des viticulteurs,
les Delmas, des riches.
Ils trouvaient que mon fils n'était pas assez bien pour elle.
Elle a coupé les ponts. Elle ne voulait pas inviter ses parents
au mariage.
-Allô, capitaine.
-Bonjour. Excusez-moi. Je cherche Estelle Delmas.
-Oui.
Bonjour.
-Marchal, gendarmerie nationale. J'ai quelques questions.
-Oui, bien sûr.
-Quand avez-vous vu
votre fiancé, Etienne Monnier ? -Hier soir. Pourquoi ?
-Il était quelle heure ? -Dites-moi ce qui se passe,
s'il vous plaît.
-Je suis désolé, il est décédé.
-Quoi ? Non, c'est impossible. Hier soir, il allait très bien.
-Il était quelle heure ? -Il était 22h30 ou 23h.
C'est forcément une erreur, non ?
-Non.
-J'arrive trop tôt ?
-Au bon moment. -Vous confirmez
les dires de Marchal ?
-Oui. Un meurtre déguisé en suicide.
-L'heure de la mort ? -Entre minuit et 1h du matin.
Attendez une seconde, j'ai une dernière chose à vérifier.
-Ah !
-Alors Marchal s'en va pour de bon ?
-Il semblerait, oui.
-Vous avez le droit de lui dire que sa mutation vous fait chier.
-Pardon ?
-Vous n'êtes pas obligée de faire semblant. Pas avec moi.
-Vous cherchez quoi ?
-Ca.
-Une alliance ?
-Ca y ressemble, oui.
-Une alliance féminine.
Il a pu l'avaler
tout seul ? -Non. Elle serait dans l'oesophage.
On lui a enfoncée
post mortem.
-Le meurtrier a enfoncé ça dans la gorge de sa victime.
Elle lui a fait bouffer son alliance.
-Une future mariée ne ferait pas ça.
-Il y a peut-être eu trahison, tromperie.
Ou il ne voulait plus se marier
et elle a pété les plombs. -Elle a un souci avec le mariage.
J'ai retrouvé
les bans d'un premier mariage. La cérémonie n'a jamais eu lieu.
-Intéressant. Soler veut absolument que je fasse parler cet anneau.
-Comment ça ? -Il y a un poinçon, là. Tu vois ?
-Ah oui !
-Ce poinçon atteste du nombre de carats.
Juste à côté, tu as le poinçon du joaillier qui l'a fabriqué.
-OK. Je vais perquisitionner
leur domicile. -OK.
-Je sais que c'est dur mais j'ai besoin de vous poser
quelques questions. -OK, oui.
-Pourquoi vous êtes montée au bivouac hier soir ?
-Pour rejoindre Etienne. Je vous l'ai dit, non ?
-Oui, mais je ne comprends pas.
1h30 de marche aller, 1h30 de marche retour
pour manger des saucisses au feu de bois ?
Pourquoi ne pas avoir dormi là-haut ?
Vous vous êtes disputés ?
-Pas du tout. On s'aimait. On allait se marier.
-On peut s'aimer et s'engueuler. Je connais.
Les randonneurs nous ont dit que c'était tendu entre vous.
-Je dois répondre ?
Ca ne vous regarde pas.
-Mlle Delmas, c'est une enquête criminelle, donc tout nous regarde.
Absolument tout.
-Merci.
Cadeau ! C'est l'ordinateur
d'Etienne Monnier. Il y a un code.
Comme tu es un hacker de génie,
tu peux m'aider ? Avec la Scientifique, ce sera trop long.
-Je vais voir.
Comment ça s'est passé au domicile des futurs mariés ?
-Super joli appart en centre-ville. On dirait chez toi.
Hyper bien décoré, hyper bien rangé, impeccable.
Aussi impersonnel que chez toi avec du bio plein le frigo et tout.
-Tu as quoi contre le bio ?
-Rien. C'est juste que c'est 2 fois plus cher.
-Bio ou pas bio, je t'ai déverrouillé ton ordi.
-Yes ! Tu es trop fort.
-C'est facile. Les mots de passe, c'est juste pour faire joli.
Que cherches-tu ?
-C'est le Messenger d'Etienne.
Des kilomètres de conversation
avec une certaine Katou34.
-S'il a rencontré quelqu'un 3 semaines avant le mariage,
ça a dû déplaire à Estelle.
-Comment elle aurait fait pour hisser le corps en hauteur ?
-On l'a aidée ou avec une poulie. Ca sert souvent en archéologie.
-Ca leur servira à l'interroger.
J'y vais. -OK.
-Karine Gujan, 32 ans,
visiteuse médicale,
plus connue sur Internet sous le nom de Katou34.
Ca vous parle ?
-Oui.
-Vous saviez qu'Etienne était en contact avec elle ?
-Oui. J'avais vu des messages sur son téléphone.
Je n'ai rien dit par honte d'être déjà cocue.
Mes parents avaient raison,
mais je n'ai pas voulu écouter.
-Vous avez débarqué pour vous expliquer ?
-Oui. Il fallait que ça sorte.
-Et que s'est-il passé ? -On a dîné
avec les randonneurs. Après, je lui ai parlé de cette fille.
Il a nié, ça m'a énervée, on s'est engueulés.
-Vous êtes repartie comme ça, de nuit ?
-Ma voiture était sur le parking en bas du sentier.
C'est très facile d'y aller.
-Peut-être.
Je ne comprends pas
quelle urgence vous a poussée à repartir comme ça ?
-Quelqu'un peut confirmer l'heure à laquelle vous êtes rentrée ?
-Non.
-Vos alliances de mariage étaient prêtes ?
-Oui.
-Où sont-elles ?
-Dans le tiroir de ma table de nuit.
-Non. On a perquisitionné chez vous sans les trouver.
-Je ne comprends pas.
-Cette alliance, ça vous dit quelque chose ?
-Pas spécialement. Elle a quelque chose de particulier ?
Pourquoi ? C'est quoi ?
-Oui.
-Mlle Gujan ? Lieutenant Vernet, gendarmerie nationale.
-Oui. C'est pour quoi ? -J'enquête
sur le meurtre d'Etienne Monnier. -Comment ça ?
-Il a été tué.
Vous le connaissiez bien ? -Non. Très peu.
-Vous correspondiez avec lui sur Messenger.
C'était plutôt intime. -Pas vraiment.
-Vous étiez
amants ? -Non. Etienne allait se marier.
-L'un n'empêche pas l'autre. -On était amis, c'est tout.
-Une amitié cachée à sa fiancée ? -Je ne sais pas.
-Vous étiez où cette nuit ?
-J'étais... Je n'ai pas à vous répondre. Laissez-moi
tranquille.
-Capitaine, vous allez être muté
dans une caserne en Aveyron ?
Mais vous êtes un homme de terrain. -On a quoi sur Katou34 ?
-Je suis allé la voir. Je n'avais rien de concret,
donc elle m'a envoyé bouler.
Mais je scanne sa vie privée. -On a 2 femmes jalouses.
-Estelle, la fiancée bafouée, Karine, la rivale déçue.
-Aucune d'elles n'a le profil
d'une meurtrière.
Comment une nana de ce gabarit peut hisser le corps d'un gars de 80kg ?
-Avec une poulie et des cordes. Ou alors elles étaient complices.
-Enfoncer un objet dans la gorge de sa victime, c'est trop brutal.
C'est masculin, pas féminin. -Attendez.
Karine Gujan a un petit ami, il s'appelle Sylvain Perreux.
-C'était un des randonneurs du groupe.
-Sylvain Perreux ? A compter de ce jour,
16h39, vous êtes en garde à vue
pour les investigations
sur le meurtre d'Etienne Monnier le 22 novembre 2016 à Aumelas.
Vous avez le droit à un avocat. -Non merci.
-Si vous n'en avez pas les moyens,
il vous en sera commis un d'office. -Je n'en veux pas, je vous dis.
-Pourquoi il refuse
d'être défendu ?
-Les gens ont des réactions bizarres quand on les arrête.
C'est une réaction d'orgueil. -Vous êtes un connaisseur.
Il a l'air complètement perdu.
-Oui. Il fait du camping avec l'amant de sa femme,
le type se fait dessouder,
il fait comme si de rien n'était. -Méfiez-vous des apparences.
Karine Gujan refuse de collaborer.
Vous pensez qu'elle cache quelque chose, en fait, elle le protège.
-Elle le croit coupable ?
-Probablement. Vous me la convoquez pour demain matin.
-Pourquoi ?
-Les joueurs de poker ont toujours un coup d'avance, Vernet.
Quant à lui, on le laisse mariner jusqu'à demain.
Ces cartons, ça avance ? -Qu'est-ce que vous avez tous
avec ça ?
Vous êtes pressés que je parte ?
-Sujet sensible, apparemment.
-Mais non.
Quoi ?
-Euh...
-Je vais parler
aux enfants ce soir, comme ça, tu n'auras pas à leur mentir.
-Super !
Super.
Tu me l'avais déjà dit.
Mais merci.
-Non. Qu'est-ce qu'il y a ? -Euh...
Bah rien ! Il n'y a rien.
Enfin, rien de grave.
Tu pars quand, déjà ?
-Tu vas t'emmerder
quand je serai parti. Oh là ! -Et sinon, dans combien de temps ?
-Je ne sais pas, une semaine, 10 jours.
-Il est possible que ça me fasse bizarre
de ne pas t'avoir dans les pattes. Peut-être. A demain !
-A demain ! Et je parle aux enfants ce soir.
Sans faute.
-Salut, papa ! Ca va ?
-T'étais où ?
-Le coach nous a lâchés une heure à la bourre.
-C'est quoi ?
-C'est un risotto. -J'aime pas ça.
-Mais tu en mangeras
quand même. Tu vas où ?
-A la douche. -Non, après.
Ta soeur y est depuis une heure.
Et il faut qu'elle sorte !
-Qu'est-ce qu'il y a ? -Il est grave stressé.
-Euh... Il faudrait qu'on se parle, en fait.
Dites quelque chose.
-Tu vas habiter dans une caserne à une heure d'ici ?
Ca veut dire quoi ?
-La garde partagée est finie. On retourne vivre à plein temps
chez maman. -Techniquement, oui, mais on...
-Pourquoi
ils te mutent maintenant ? -On passera des week-ends ensemble.
-C'est toi qui as demandé
ta mutation ?
-Oui.
Attends, Tom !
Non, non, Alice. Laisse-moi t'expliquer, s'il te plaît.
-Pourquoi t'as demandé ta mutation, papa ?
-Non, ce n'est pas ça.
Votre mère et moi, on a un caractère vachement fort.
J'étais persuadé qu'on n'arriverait pas à bosser ensemble.
-Oui, mais puisque ça se passe bien...
-Oui, ça se passe relativement bien maintenant.
-Alors pourquoi tu pars ?
-Mais parce que...
Je n'aurais pas dû avoir cette mutation, normalement.
-Pourquoi tu ne l'as pas refusée ?
-Alice, c'est compliqué.
-Tu ne veux pas dire à maman que tu es content de bosser avec elle ?
-Mais non.
-Ah !
Ton risotto brûle.
-Quoi ?
Merde ! Putain !
-Ne culpabilise pas. Quand je leur ai dit qu'on déménageait,
ils m'ont fait la gueule pendant 3 jours.
-Quand même ! 3 jours !
-Je dis ça pour ne pas te mettre la pression.
Mais, à mon avis, pour toi, ça va être beaucoup plus long.
Au moins jusqu'à ce que tu partes.
-Je pensais qu'ils m'aideraient à faire les cartons.
Au moins, je te fais rire. C'est déjà ça.
-Je ne ris pas, Paul, je souris.
*Une caserne dans l'Aveyron ? C'est improbable.
-Je sais m'adapter.
-Je ne suis pas aussi sûre que toi.
-Merci de ton appel.
A demain !
-Oui. A demain, Paul.
*Bonne nuit. -Léa ?
*-Qu'est-ce que je fais là ? Vous me dites ?
*-Quels sont vos rapports
avec Sylvain Perreux ? -C'est mon compagnon.
-Il est en garde à vue ici. -Ce n'est pas vrai !
-Il faisait partie des randonneurs
qui accompagnaient Etienne quand il a été tué. Vous le saviez ?
Vous aviez une histoire avec Etienne ?
Et Sylvain l'a découvert ? -Non. Il ne se passait rien.
Mais Sylvain est très jaloux. Ca le rend fou.
Il s'était imaginé qu'Etienne
*était mon amant. Il m'a fait une scène.
Quand votre collègue m'a dit qu'Etienne avait été assassiné,
j'ai préféré me taire.
-Il se passait quoi avec Etienne ? -J'ai un problème avec l'alcool.
*Je suis allée dans une asso' qui nous aide.
Et je m'en suis sortie. Depuis, je vais très bien.
Mais j'ai un peu reperdu pied et je suis retournée aux réunions.
Etienne était mon parrain. Voilà.
-Il vous aidait avec votre addiction à l'alcool, car il était
un ancien alcoolique. Il s'en était sorti ?
-Oui, il était sobre depuis 3 ans. -Pourquoi
ne pas en avoir parlé
à votre compagnon ?
-Sylvain pensait que ce problème
était résolu. Je ne voulais pas lui en parler.
Et il n'aurait jamais accepté qu'un homme soit mon parrain.
Vous croyez que c'est lui qui a fait ça ?
-Je n'ai rien à dire.
-Mais moi, si.
Etienne Monnier n'était pas l'amant de Karine.
Il était son parrain
aux Alcooliques Anonymes.
Elle se confiait à lui
pour ne pas replonger. -Quel con !
-Elle achète du pain et vous êtes jaloux
du boulanger ? -Ca me pourrit la vie.
Je pourris la sienne.
-C'est une maladie. Et une maladie,
ça se soigne.
Pourquoi vous n'avez rien dit, hier ?
Pourquoi vous refusez
d'avoir un avocat ? Vous connaissez la peine que vous encourez ?
-D'où je viens, on ne parle pas aux flics.
-Oui, j'ai vu ça. Un oncle en cavale,
un frère tombé pour braquage.
J'ai un cousin douanier
et un ex-beau-père commandant de gendarmerie,
alors je comprends.
-OK.
Ils sont tous allés se coucher
après le départ de sa copine et je suis allé le voir.
Je lui ai tout balancé. Il m'a juré qu'il n'y avait rien avec Karine.
Après, il a reçu un coup de fil, il s'est éloigné, je ne l'ai pas revu.
-Il était quelle heure ?
-Je ne sais pas, 22h30 ou 23h.
C'est son patron qui l'appelait. Il lui a parlé
de la rando, du bivouac, tout ça. -Oui.
-Vous ne me croyez pas ?
-Si. Ca correspond aux déclarations de M. Crosne
et à l'historique du téléphone de la victime.
-Alors ?
-Ca ne prouve rien
pour le meurtre.
-Le bijoutier a reconnu son poinçon.
-T'as un nom ?
-C'est l'alliance féminine prévue pour leur mariage.
Estelle a récupéré l'écrin avec les 2 alliances la semaine dernière.
-On sort la jeune mariée par la porte, elle rentre par la fenêtre.
*-Mlle Delmas, vous n'avez vraiment pas de chance.
Il y a 5 ans, votre fiancé vous plante devant l'autel.
-Mais ça n'a rien à voir.
-3 semaines avant le mariage, vous apprenez qu'il vous trompe.
Vous aviez tout quitté pour lui.
Vous étiez humiliée et furieuse. Vous avez un mobile très solide
et, malheureusement pour vous, à l'heure du crime, pas d'alibi.
-Je n'ai pas tué Etienne.
-Votre alliance
était dans la gorge d'Etienne. -C'est monstrueux.
-Oui, c'est monstrueux.
-Qui a fait ça ?
-A part vous, on ne voit pas. Surtout que vous nous mentez.
On n'a pas retrouvé l'écrin des alliances.
Vous les aviez sur vous ce soir-là. -Je lui ai jeté l'écrin au visage.
Je lui ai dit des horreurs, que je ne voulais plus jamais
le voir.
Et je ne l'ai plus jamais vu. Vous comprenez ?
*-Bon, écoutez-moi.
La jeune femme avec qui Etienne échangeait ces messages, Karine,
il ne s'est rien passé
entre eux. -Comment ça ?
-Etienne travaillait pour une association
de lutte contre les dépendances, il l'aidait à s'en sortir.
Lui-même était
un ancien alcoolique. Il vous l'a pas dit ?
-Non.
-Bon.
On est au point mort.
-Aucun élément concret, pas de mobile, on doit tous les relâcher.
-ON VA TOUT REPRENDRE... -Depuis le début.
Tu le connais ?
-Oui, c'est le patron
de Monnier.
Eco Loisirs.
Le type des randonnées.
-Le patron d'Etienne ? Vous l'avez
interrogé ?
-Non, on n'avait pas le temps. Evidemment qu'on l'a interrogé.
-Il y a un truc bizarre.
-Quoi ?
-Ce M. Crosne est venu ici pendant des mois, tous les jours,
traîner son désespoir.
Sa fille
avait été assassinée.
-Vas-y, raconte.
-On l'a retrouvée étranglée dans un petit bois.
Le tueur n'a pas été retrouvé.
-C'était quand ?
-Il y a quelques années. Ludivine Crosne.
Elle avait 21 ans, à l'époque.
-Attends, Paul !
Le dernier coup de fil de la victime a été pour son patron.
Crosne nous a dit que c'était
pour faire le point sur la rando. -Ils se sont peut-être vus.
*-Oui ?
-Vous pouvez vérifier quelque chose
dans les archives ?
Surtout, soyez discret.
*-OK. J'y vais.
-L'affaire Ludivine Crosne.
Novembre 2012,
il y a 4 ans.
*-Euh... Il y a 4 ans, c'est ça.
-Vérifiez s'il y a des occurrences du nom Etienne Monnier.
*-Oui.
*-Oui, en effet.
*Je me souviens bien.
*Témoin. Excellent danseur.
-Alors ?
-Il a bien été cité comme témoin. Monnier se trouvait
dans la boîte de nuit ce soir-là.
-Merde !
-Tu crois que ça peut-être une... -Coïncidence ? Non, impossible.
-Et... -Que fait-on ?
-Je ne peux pas le mettre en garde à vue, on n'a rien, Paul.
-Et merde !
Mlle Delmas, vous connaissez bien M. Crosne,
le patron d'Etienne ? -Un peu, pas plus que ça.
-Comment ils se sont connus ?
-C'est une jolie histoire. Ca a débuté par un accident de voiture.
Enfin, M. Crosne nous a juste embouti l'arrière.
Ils ont dû s'entendre pour les réparations et ils ont sympathisé.
-Et le travail ?
-Etienne cherchait un job et M. Crosne cherchait un guide.
Il l'a embauché. Etienne
le considérait comme un père.
Pourquoi vous me demandez ça ?
-Estelle ?
Je vous présente
toutes mes condoléances. J'étais une amie d'Etienne.
Je voulais vous dire...
Il était formidable.
Il m'a énormément aidée. Je voulais que vous le sachiez.
-Vous êtes Karine ?
-Oui. Etienne m'avait montré beaucoup de photos de vous deux.
Il me parlait tout le temps de vous.
Il était fier de vous épouser.
-Pourquoi il ne m'a pas parlé de son passé, de l'alcool ?
J'aurais compris Il ne m'a pas fait confiance.
-Ca n'a rien à voir avec ça. Il vous faisait confiance.
Il avait juste peur
de vous décevoir.
-Alice, on ne sait jamais quand on aura sa mutation
et on ne l'a jamais au bon moment. -Oui, mais il peut la refuser.
-C'est plus délicat.
-Mais non ! Pourquoi tu ne lui en parles pas, toi ?
-Tu connais ton père, il déteste qu'on décide à sa place.
Je pense qu'il vaut mieux que je ne m'en mêle pas, ma chérie.
-C'est vraiment n'importe quoi.
-C'est pas simple, c'est sûr.
Bonjour, Thomas !
Que fais-tu là ?
-Je reviens ici vu que papa se casse.
Je peux rester habiter ici
ou il faut que j'aille dormir dans la rue ?
-Je vais réfléchir.
En parlant du loup...
Oui, Paul.
-Tu sais comment Crosne a rencontré Etienne ?
*-Non, mais tu vas me le dire. -Il a embouti sa voiture
*par hasard.
-Il faut éplucher le dossier Ludivine Crosne.
-Mmm. *-Je te rejoins.
J'ai 2-3 petites choses à gérer et j'arrive.
Ton père est au courant ?
-On mange quoi ?
-Thomas, je...
Je veux que tu en parles à ton père.
-Il m'en a parlé, lui ?
Il part dans une semaine et il me prévient maintenant.
-Ne me prends pas à partie. -Oui, tu es innocente.
Tu n'as rien fait.
Tu es son boss.
S'il a demandé sa mutation, c'est que ça doit pas être super cool
de travailler pour toi.
-Il part, car tu lui pourris la vie
au boulot.
-En fait, tout est de ma faute ?
-C'est forcément de ta faute si notre famille
est dysfonctionnelle.
-"C'est de ta faute si notre famille est dysfonctionnelle."
C'est énorme.
-Qu'est-ce qu'on mange ?
-J'ai mis un peu de temps, mais... Thomas est à la maison.
-OK. Si tu as faim, il y a de la pizza. J'ai pris ta préférée,
saumon fumé sur fond de crème.
-Non ? -Bah si !
-Alors ? C'est elle ?
-Ludivine Crosne, décédée il y a 4 ans, presque pile.
-Tu étais
sur l'affaire ? -Non.
Trop gros pour moi, à l'époque, trop médiatique.
Le commandant a géré ça.
-Je t'écoute.
-Elle a disparu près d'une départementale
après une sortie de boîte.
A 2h46, elle tombe en panne de voiture.
Elle appelle son père pour qu'il vienne la dépanner.
On la retrouve le lendemain, étranglée.
-Elle a eu son père ? -Non.
Il était en randonnée dans le Larzac,
hors réseau.
-Crosne gère sa boîte seul pendant 20 ans et, comme par hasard,
il y a 6 mois, il embauche Etienne.
-Qui figure dans le dossier en tant que simple témoin
et qui était en boîte de nuit avec Ludivine.
Léa ?
On cherche quoi, exactement ?
-Tu es perdu ?
-Oui.
J'ai besoin de toi.
-Et tu veux commencer par quoi ?
-Par le début.
-Antoine !
Je vais me coucher.
-J'arrive !
-Donc le petit ami de Ludivine était présent au moment du meurtre.
-Maxime Rouvier.
Il est rentré seul. -Ils se sont disputés.
-Oui. C'est ce qu'il a déclaré.
-Accident de voiture sans gravité. Mais Ludivine se retrouve seule
en pleine nuit. -Face à son meurtrier.
-Etienne Monnier a déclaré qu'il était sur le parking
et qu'il avait vu Ludivine partir seule en voiture.
-Sans son témoignage, Maxime Rouvier est le suspect numéro un.
-Or, Etienne était alors un marginal à la dérive,
une très mauvaise fréquentation pour Maxime.
-Crosne a dû penser qu'ils étaient complices.
-Il décide de se venger et il commence par Etienne.
-Maxime Rouvier est le prochain sur la liste.
Il faut appeler le procureur et foncer chez Crosne. Il est
quelle heure ?
-6h30. -Il est trop tôt.
-J'amène Alice et Thomas
au lycée, je dois leur parler.
Je m'y suis mal pris pour leur annoncer
la mutation. -Bien sûr.
-Je vous emmène ? -Non merci.
-OK. Mais bonjour, quand même.
-Ne nous la fais pas à l'envers en étant sympa.
-Pas du tout. Je voudrais qu'on discute. Je dois vous expliquer.
-Que tu t'en fous de nous ?
On a compris tout seuls.
-Alice, ne parle pas comme ça. Je vous aime.
-Ah bon ? T'as une curieuse façon
de nous le montrer.
-Thomas ? -Tu savais
que tu allais partir, c'est pour ça que tu m'as proposé
d'habiter chez toi. -Pas du tout.
-Tu critiquais maman,
mais toi aussi, tu penses qu'à toi.
Bonne journée.
-Oui.
-Allez vérifier s'il y a une porte derrière.
-Bonjour.
-Gendarmerie. M. Crosne est là ? -Non.
-Où est-il ? -Pourquoi ?
-On doit vérifier
qu'il n'est pas là. -Entrez.
Expliquez-moi.
-Il est suspecté du meurtre
d'Etienne Monnier. -Impossible.
-Personne. -Suivez-nous
à la gendarmerie.
*-Je n'y crois pas. Antoine n'a pas pu faire ça.
Moi qui croyais qu'on avait dépassé tout ça.
-Comment ça ?
-Le jour de l'enterrement de Ludivine,
Antoine lui a juré qu'il retrouverait son assassin.
Et puis c'est devenu une obsession. Toute sa vie tournait autour de ça.
-Il a engagé un détective ?
-Non. Il a enquêté tout seul.
Pendant tout ce temps,
je l'ai soutenu à bout de bras.
-Et depuis 6 mois, depuis qu'Etienne travaille avec lui ?
-Je ne comprends pas.
Antoine allait beaucoup mieux. J'ai même cru que c'était fini,
qu'on allait tourner la page. -Non.
Il avait trouvé ses coupables et il préparait sa vengeance.
Je suis désolé.
-Alors ?
-Soler est au taquet. Crosne a vidé ses comptes, presque 10 000 euros.
-Erwan est chez Eco Loisirs, c'est fermé. Tout est annulé.
-Et sa femme ?
-Il lui ment. Soler a déclenché le plan Milan.
Il y a des barrages sur les routes. -Il doit être dans la montagne.
-On a prévu une protection sur Maxime Rouvier ?
-Marchal le cherche.
-Bonjour. -Capitaine Marchal.
Je cherche Maxime Rouvier. -Il est sur un dépannage
depuis 30 minutes.
-C'est très urgent.
-Je l'appelle ? -Voilà.
Merci.
-C'est la messagerie. Je laisse un message ?
-Non. Vous avez
le dernier numéro appelé ? -Oui.
-Merci.
*-Bonjour. Antoine Crosne, randonnées Eco Loisirs.
*Laissez un message. -Merde !
Vous avez
l'adresse ? -Oui.
-Merci beaucoup. Merci.
Son téléphone sonne.
Léa, Crosne a contacté le garage Rouvier
en prétextant une panne. *-Où ?
-Entre la D49 et la D12. J'y suis. *-On te rejoint.
-OK. *-Paul, tu nous attends.
-Crosne !
Crosne, arrêtez !
Crosne !
Oh ! Ah !
Il tousse.
Ah !
Ah !
Ah !
Ah !
...
Un téléphone sonne.
...
Sous-titrage MFP.
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