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...
-Monsieur ?...
Monsieur ?
*-Papa ?...
*Papa ?...
*Allô ?
*Papa !
*Allô ?... Papa, tu m'entends ?
...
...
-Otez le câble.
-Bonjour, commandant. -Bonjour, Erwan. Que fait-on ici ?
-La victime est en transfert pour l'hôpital,
son pronostic vital est engagé et il s'agit d'un accident suspect.
Le téléphone de la victime a été éjecté et il a été retrouvé là,
mais la force du choc aurait dû le projeter plutôt par là.
Quelqu'un a donc pris le téléphone et l'a jeté au mauvais endroit.
-Dans quel but ? -Pour qu'il n'appelle pas
les secours. -OK.
Et Marchal ? -Il était là y a 5 mn.
Téléphone.
-Oui, allô ?...
Oui, c'est moi.
M. le proviseur, bonjour.
Oui. Pour Thomas, j'imagine...
J'en parle à sa maman et je vous rappelle pour prendre rendez-vous.
Bonjour.
Léa !
-Bonjour, Marchal. -Le proviseur a appelé pour Thomas.
-Il a eu un accident ? -Non. Il ne travaille pas assez.
-Oh, Paul...
-OK. Qu'est-ce qu'on a ? -Un gros véhicule l'a percuté
par l'arrière. Il freine. Gros coup sur le pare-chocs, il prend
le talus et il a fini en tonneau.
-Il y a des traces de freinage d'urgence un peu plus haut.
-C'EST UNE TENTATIVE DE MEURTRE...
-C'est un meurtre, il vient de mourir.
-On appelle la Scientifique.
-C'est qui ?
-Patrick Ruiz, 45 ans, propriétaire du Moulin
d'Amélie. -De la famille ?
-Un fils : Nicolas,
23 ans.
-On y va.
...
-Bonjour, commandant.
-Bonjour. Commandant Soler et lieutenant Lebellec.
-Xavier Blanchard, le gérant... C'est terrible ce qui est arrivé.
-Ce n'est pas un accident, mais un meurtre.
-Un meurtre ? -Oui.
-Il aurait quand même pas fait ça.
-Qui ça ?
-Un voisin, un fou furieux, qui a annexé certaines de nos parcelles.
-Son nom ? -Henri Fontaine. On subit
depuis des mois des actes de malveillance.
-Lesquels ? -Des produits toxiques
déversés au pied des arbres et un chien a été empoisonné récemment.
Mais aller jusque-là... -Où on peut le trouver ?
-A 5 km d'ici, ferme du Terrail. -Vous y allez ?
-Je viens. -Où est Nicolas Ruiz ?
-Dans le bureau, avec Johanne. -Johanne ?
-Johanne Marquay, responsable de la production.
-Par là ?
Merci.
-Ce matin, on riait en prenant
notre petit déjeuner...
-Mon Dieu, c'est horrible.
-Une voiture semble l'avoir poussé hors de la route.
-M. Ruiz n'avait pas
que des amis ici :
notre huile a obtenu le label AOC,
pas nos concurrents.
Et M. Ruiz n'était pas du cru...
-Cette terre appartenait à la famille
de ma mère, les Lacassagne. Mon père
a tout relancé
après des décennies à l'abandon. -C'était y a combien de temps ?
-7 ans, quand on a appris la maladie de ma mère...
Elle avait une tumeur cérébrale, elle était condamnée.
Mon père a quitté son job pour qu'elle vive
son rêve. D'où le nom
de "Moulin d'Amélie" : c'était le prénom de ma mère.
-Elle rêvait d'une oliveraie ? -Oui. Au moins,
elle aura pu goûter à notre 1re récolte.
...
Coup de feu.
-M. Fontaine, gendarmerie...
-Vous tirez sur la gendarmerie !
-Qu'il parte ! -A couvert.
On y va...
Vous aggravez votre cas !
-J'en ai rien à foutre, j'ai rien à perdre !
-Ca m'étonnerait ! -Patrick Ruiz a été tué.
-Quoi ?...
-Vous êtes en état d'arrestation.
Allez, on y va.
-Il faisait rien de ses terres et il ne voulait pas me les louer.
C'était à sa femme.
Moi, j'en avais besoin pour mes bêtes.
-Et vous les avez annexées purement et simplement.
-Elles étaient en friche, j'ai fait qu'emprunter la parcelle.
J'en ai le droit. -Pas du tout.
M. Ruiz vous a intenté une action en justice qui a duré 4 ans.
Le jugement est tombé récemment, lui donnant raison : vous devez
libérer le terrain. Depuis, comme par hasard, au domaine,
ça ne s'arrête pas : chien empoisonné, fumier déversé,
arbres crevés et ce matin, l'accident mortel de M. Ruiz.
-J'ai vu les pompiers, mais je savais pas ce que c'était.
-Vous vouliez lui faire peur ou vraiment le tuer ?
-Je vous dis que j'ai rien fait.
-On a utilisé un véhicule lourd et puissant. Vous avez quoi
comme voiture ?
-Une Twingo ! -Mais pour votre activité,
vous avez forcément
un autre véhicule... Vous taire
ne vous mènera pas bien loin. On perquisitionne chez vous.
Vous étiez où ce matin, entre 9 h et 10 h ?
-Au marché. -Quelqu'un peut en témoigner ?
-J'ai rencontré 10 personnes, je peux donner les noms.
-On va vérifier ça. En attendant, vous restez chez nous.
-Faites ce que vous voulez. Ruiz,
c'était un escroc. Son label, du pipeau ! Et son huile d'olive,
*elle était trafiquée.
-C'est-à-dire ? -C'est une huile d'olive de luxe,
vendue dans des épiceries fines, mais Ruiz a pu tricher pour obtenir
l'AOC. -Mais comment ?
-A vous de me le dire.
Voyez ça avec Eric et contactez la répression des fraudes.
-Léa ! Vernet n'a trouvé que la Twingo chez Fontaine.
Aucune autre carte grise n'est à son nom.
Il faut vérifier son alibi. -On va s'en occuper.
-OK. -Paul, je peux te voir un instant ?
Le proviseur a appelé ?
-Les résultats de Thomas sont en baisse.
-J'arrête pas te le dire. -Il tire la sonnette d'alarme.
-Là, on est convoqués, c'est une sirène d'alarme.
-Tu dramatises.
-Que comptes-tu faire ? -On va lui dire de se reprendre.
-Si on n'est pas derrière lui, il ne fait rien.
-Il a 16 ans et il s'intéresse à plein de trucs.
C'est plutôt sain.
Il a des potes, il est sportif,
il vit. Il est pas le 1er...
-Y a de la marge avant qu'il le soit !
-C'est l'école de la vie... -OK, ça me saoule !
-Selon son GPS, Patrick Ruiz est allé
à la prison des Baumettes
récupérer José Donato qui a purgé une peine
pour homicide.
-Mon père est allé chercher José à la prison.
C'était un ami. -José Donato, votre voisin ?
-On pressait notre huile chez lui.
-Il a fait quoi ?
-Il a été impliqué dans un accident et il était en état d'ébriété.
-Des victimes ?
-Oui.
Une jeune femme qui est morte.
-Il devait être proche de votre père pour qu'il aille le chercher.
-José a accepté de presser à crédit
le temps que mon père s'installe.
-Et ça, ça s'oublie pas.
-Non, ça s'oublie pas.
-José Donato, 6 ans ferme, homicide involontaire.
Il a fauché Nathalie Vidal, 30 ans,
enceinte de 3 mois.
-Quelle horreur... -Il avait
2,4 g d'alcool dans le sang et son permis avait été suspendu.
Le juge l'a pas loupé.
-C'était il y a 4 ans. -Il est sorti pour bonne conduite.
-Et une semaine plus tard, son ami meurt dans un accident. Je vais
aller voir ce M. Donato. -La Scientifique a relevé
des empreintes de pneus un peu plus bas.
Le meurtrier a dû s'arrêter là après l'accident.
-Et alors ? -Ce sont des pneus rares,
typiques des pick-up américains.
-Retrouvez ce véhicule, c'est l'arme du crime. Merci.
-Du nouveau ? -Henri Fontaine prétend
que votre label AOC est usurpé. -Vous n'allez pas croire ce type ?
Il est fou et dangereux.
-Votre opinion ? -C'est diffamatoire.
Xavier et moi, on contrôle tout, de la plantation à la récolte.
-Blanchard est ici depuis quand ? -Il a commencé bien avant moi,
comme simple cueilleur. Il a conseillé à M. Ruiz
de se battre pour avoir une huile AOC,
haut de gamme. -C'est ça qui a sauvé le domaine.
-Le parcours des olives est local, de la cueillette au pressage.
-Qui supervise le pressage ? -Moi, parfois,
mais tout est très contrôlé.
M. Ruiz était l'honnêteté même. -Oui, on vérifiera ça.
-Après quelques mois d'existence, la société de M. Ruiz
a frôlé le dépôt de bilan.
-Il s'est redressé grâce à quoi ? -L'AOC. Les ventes ont explosé.
-La répression des fraudes enquête suite à une dénonciation anonyme.
-Le voisin au fusil !
-Si y a trafic, y a peut-être un mobile
de meurtre. -Je demande à Camille de rapporter
la comptabilité du domaine. On verra s'il y a eu fraude.
-Les gars, on ramène la comptabilité à la gendarmerie.
-Qu'y a-t-il ? -Commission rogatoire
du juge. J'ai besoin de la comptabilité.
-Pourquoi ? -Dans le cadre de l'enquête
sur l'homicide de M. Ruiz.
...
-M. Donato ? Commandant Soler, gendarmerie nationale.
Bonjour, monsieur. -Madame !
-Vous connaissez Patrick Ruiz ?
-Bien sûr. -Il est mort ce matin
dans un accident.
-C'est pas vrai... -Désolée.
Vous avez un véhicule ?
-Je n'ai plus de permis, je n'ai plus de voiture.
-Depuis votre accident ? -Vous savez tout, on dirait.
-En effet.
-Ma femme m'a quitté, ma fille ne veut plus me voir,
je n'ai jamais vu mon petit-fils. Je ne bois plus et ne conduis plus.
Téléphone. -Excusez-moi.
Oui, Camille...
D'accord.
Je lui pose la question... M. Fontaine a une parcelle
qui lui appartient ici ?
-Oui. Je l'utilise. En échange, je lui prête mon hangar.
-Allons voir.
...
Envoyez
une équipe au moulin.
-Vous prenez toujours les mêmes cueilleurs ?
-Oui. Il faut de l'expérience.
-Et vous les hébergez.
-C'est pas comme ça partout. C'est M. Ruiz
qui voulait ça... Téléphone.
-Excusez-moi. -Allez-y.
-Oui, Léa ?...
Oui, OK...
Je te rejoins tout à l'heure.
-C'est impossible ! -Pourquoi ?
-Comprends-moi. -Obéis !
-Tu as tort...
-Excusez-moi.
Capitaine Marchal ! -On peut vous aider ?
-Patrick Ruiz s'entendait bien avec Donato, le proprio du moulin ?
-Des amis. Il allait le voir aux Baumettes.
-Rien à signaler de particulier ?
-Non.
-Selon vos cueilleurs, Donato est revenu depuis peu
et il s'est déjà frité avec Ruiz.
-C'est vrai. Vous savez, Donato a son caractère.
-Il semblait
s'être remis
à boire.
-Elle est bizarre, ta compta.
-Une boîte à souvenirs embarquée par inadvertance.
Voici Nicolas quand il était petit.
Trop mignon.
Il y a une branche d'olivier.
-Il a voulu réaliser son rêve de voir l'oliveraie avant de mourir.
-C'est tellement beau de s'aimer comme ça.
-Oui. Le volume de production de l'exploitation est trop élevé
pour une oliveraie de cette taille-là. C'est impossible.
-Les Ruiz vendent plus que ce qu'ils produisent ?
-Oui. Ils mélangent leurs propres olives
avec d'autres stocks espagnols, moins chers.
-Une arnaque qui rapporte gros. -Trouvons où va l'argent.
-Le voisin avait donc raison.
-La Scientifique est chez lui.
C'est peut-être son véhicule qui a percuté la voiture de Ruiz.
-C'est le véhicule qu'on cherchait. La Scientifique finit les relevés.
-Lui, c'est qui ?
-José Donato, celui des Baumettes. -M. Donato,
je peux vous parler ?
-Bonjour. -Capitaine Marchal.
Vous avez eu un gros conflit avec la victime.
-Mais Patrick était mon ami.
Vous vous trompez de coupable. -Non. N'importe qui pouvait
prendre ce véhicule
car il démarre sans clé.
Le moteur démarre.
Un pote a le même !
Le voisin
a croisé
tout le village au marché.
-Quelqu'un a pu emprunter son véhicule.
-Où étiez-vous entre 9 et 10 h ?
Quelle était la nature
de votre relation avec M. Ruiz ? -C'était mon seul ami.
-Lundi soir, vous avez débarqué
au domaine. Pourquoi ?... Vous étiez en colère,
vous devez vous rappeler.
Vous réfléchissez ! Ca veut dire
que vous cherchez à raconter
une histoire.
Le Moulin d'Amélie s'est servi de votre pressoir pour frauder
sa production. -J'ai rien fait !
-Vous étiez complice.
-Ils ont fait ça derrière mon dos. Je tiens pas à retourner en prison.
-Calmez-vous,
j'ai pas dit ça.
-Je suis désolé, je...
Depuis l'accident, c'est dur pour moi...
-Il y a 4 ans.
-Elle s'appelait Nathalie Vidal.
Et je l'ai tuée. C'est comme ça qu'il faut dire, non ?
Quand vous prenez une vie, la mort
devient palpable, réelle...
Dans les cauchemars, chaque nuit, c'est terrifiant.
-Vous ne saviez pas que votre père et M. Donato
s'étaient violemment disputés.
-Mon père était secret. Il m'avait caché que ma mère était condamnée.
-Sans doute pour vous protéger. Mais concernant Donato...
-Pour me protéger aussi.
-D'après ce rapport, votre huile d'olive
ne mérite pas son AOC car elle serait coupée
avec des olives venues d'ailleurs. -D'où vous sortez ça ?
-On a fait analyser
vos produits. -Mon père n'aurait
jamais triché ! -Les faits sont avérés.
-Ou alors, si... Enfin...
L'exploitation marchait mal
et ma mère était très malade.
Il n'aurait pas supporté qu'elle meure en voyant cet échec.
Il a peut-être voulu sauver le domaine.
-M. Donato, vous avez été
un prisonnier modèle. -Oui.
J'ai fait ça pour mon petit-fils. J'espère être un bon grand-père,
n'ayant pas été un bon père.
-Vous parlez de l'alcool ? -Oui.
Un jour, en prison, j'ai reçu un faire-part de naissance.
Ca fait quelque chose d'avoir un petit-fils. J'espère le rencontrer
bientôt.
-Votre moulin a servi à écouler des olives espagnoles.
-Henri Fontaine m'en a parlé. Patrick m'a dit que c'était un fou,
mais ça m'a titillé.
-Comment vous avez compris ? -En goûtant.
J'ai pressé 10 kg de la cueillette
et j'ai comparé à l'huile des bouteilles. C'est flagrant.
-La brigade de répression des fraudes le sachant, vous risquiez
une nouvelle mise en examen. Je comprends que ça a dû
vous mettre en rage.
-J'ai gueulé sur Patrick, mais il savait rien.
-Concernant la fraude ? -Non. Je l'ai emmené
au moulin et je lui ai fait goûter les 2 huiles.
-Et il a compris. -Bien sûr.
On ne les entend pas.
-Ces olives... -Johanne Marquay ?
-Oui ? -Gendarmerie nationale.
J'ai quelques questions.
-Vous étiez où
entre 9 et 10 h ? -Je livrais.
-Mlle Marquay était en rendez-vous. -Vous étiez sur la route, seuls.
Venez avec moi. -Bien sûr.
-J'ai 2 suspects à interroger
demain. En attendant, repos,
au calme, seule chez moi...
Non, ils sont chez leur père.
O joies de la garde partagée !
Je vais me blottir dans le canapé pour regarder ma série préférée
ou alors...
-Oh, y a ma mère...
-Je te rappelle,
j'ai un souci.
C'est pas la semaine de papa ?
-Si, mais y a un match de foot, ses potes, des bières au frigo...
Je peux pas y rester. -C'est pas le deal, Alice.
-Imagine chips, saucisson et Manu et Olivier qui font que ricaner...
-Impossible...
Waouh !
"Sushis party" ?
-C'est cool ! Merci, maman.
-Je m'en occupe. Voilà.
-Patrick Ruiz ne s'occupait que du marketing. Tout le reste,
il déléguait. -Oui. Il venait
du marketing. C'est la famille de sa femme qui avait ce domaine.
-Vous et Xavier Blanchard, vous gérez
tout le reste. -Oui.
-Commandes, gestion, comptabilité.
La comptabilité présente des anomalies, comme la production
d'huile d'olive. Mlle Marquay, vous avez mis en place
un petit système très au point :
multiplier les bénéfices
en gonflant les volumes avec des olives bas de gamme et détourner
l'excédent à votre profit. -Xavier a le pouvoir de signature.
Le système des olives d'Espagne était
déjà en place à mon arrivée.
-Votre signature ?
-Ouais. Johanne l'imitait,
j'avais confiance en elle. -Elle gérait les comptes ?
-Oui. Elle en avait la compétence. -Sans avoir la signature ?
-On l'aurait fait un jour ou l'autre.
-Des centaines de milliers d'euros ont été détournés.
-Je n'aurais jamais imaginé ça.
-Ne nous prenez pas pour des idiots,
on épluche tout. -On a utilisé
ce subterfuge pour se remettre à flots, puis Patrick a remis
tout d'équerre ensuite.
-Vous ignorez tout de cette fraude.
-J'ai compris que c'était Johanne quand Donato
est venu gueuler,
mais je ne voulais pas porter préjudice à l'exploitation.
-Les employés qui bernent leur patron,
un grand classique !
-Ils vivent ensemble ?
-Officiellement, ils sont célibataires.
-Prévenu par Donato, Ruiz risquait de porter plainte...
-Une raison
pour l'éliminer !
*-C'est moi
qui ai fait la renommée de ce domaine. L'AOC, les marchés
renommés... Et Ruiz, lui, il voyageait !
J'ai pas hérité, moi.
Par contre, les olives, je suis née dedans.
Mon grand-père était cueilleur.
Pour monter ma propre exploitation,
j'avais peu de façons de faire. -Patrick Ruiz allait vous virer
pour ce trafic d'olives et le reste. Pour garder votre place
en or, vous décidez de le tuer. -Je n'aurais
jamais fait ça.
-L'analyse graphologique prouvera que vous avez imité la signature.
Les juges adorent ça !
-Vous ne rajouterez pas le meurtre. -Ah bon ? Pourquoi ça ?
-Pour Patrick Ruiz, c'était la signature
de Blanchard.
-Vous êtes le responsable :
c'est à vous que Ruiz a dû s'en prendre.
-Il m'a convoqué dans son bureau,
c'était la veille de sa mort.
J'ai tout de suite senti que c'était grave.
-Continuez. -Il se battait
avec son fils, j'ai dû les séparer.
-Pourquoi ils se battaient ? -Je l'ignore. Ca n'arrivait jamais.
Ruiz a enfermé son fils dans le bureau,
à clé. Il frappait dans la porte. -Pourquoi ne nous avoir rien dit ?
-C'était une conversation privée.
Il n'a pas pu tuer
*son propre père !
-Nicolas a un alibi ? -En béton : il a fait de la moto
avec quelques amis.
-Il ne nous a pas parlé de ce conflit.
-Blanchard non plus.
-Quelque chose nous échappe.
Pour le pick-up ?
-Aucune empreinte. Il n'y a que l'ADN de Fontaine qui a un alibi.
-Le meurtrier a mis des gants et veillé
à ne laisser aucune trace... Téléphone.
-Lebellec !
Une seconde... Donato est là, il veut vous parler.
-Oui ?... Très bien, je vais le recevoir.
-Commandant, M. Donato. -Bonjour.
-Bonjour. -Je vous en prie, asseyez-vous.
-Depuis le meurtre, j'ai un doute et ça ne sort pas.
-Je vous écoute. -Je repense à mon accident,
je conduis, je dépasse cette femme sans la renverser,
je la dépasse, je continue et elle est toujours vivante.
-Vous le savez,
je ne suis pas psy... De quoi vous vous rappelez ?
-Je suis monté en voiture en sortant du bar, j'étais ivre...
-Ensuite ? -Je me suis réveillé,
la voiture était dans un arbre et entre les 2, le trou noir.
-C'est un black-out.
Pourquoi vous avez avoué ? -On m'a demandé si j'avais percuté
cette jeune femme, ça m'a paru évident,
c'était un signe.
Je voulais qu'on m'arrête.
Tout seul, je pouvais pas.
-Vous avez pas vu Camille ? -Non.
-Bruno,
quand vous verrez Camille, remettez-lui ça... Paul !
Je peux te voir une minute ? -Pardon.
-Alice a débarqué chez moi hier soir.
-Bonne soirée entre filles ? -Et si j'avais pas
été seule ? -Ah oui...
Mais c'était pas le cas. Ca va ?
-Non, ils sont fourrés chez moi.
-Toi, t'appelles pour avoir des nouvelles.
-Pas du tout.
Je m'y suis habituée, j'adore être seule ! J'ai besoin
de me retrouver en tête-à-tête avec moi-même.
-Je viens pour un tête-à-tête avec toi.
-Tu m'énerves,
Paul ! -Je rigolais.
-Soler ressort le dossier Donato. -J'ignore pourquoi.
-J'ai un truc à vérifier. Vous avez le rapport ?
-Et la carte. -Merci.
C'est très intéressant. La vitesse de l'impact
sur la victime a été estimée à 80 km/h minimum.
Or l'accident a eu lieu sur la D7 entre Roussin et Saint-Bartot.
Regardez...
La route est en lacets.
La pente est abrupte, M. Donato rentrait chez lui.
Il montait...
-Oui.
-J'ai du mal à vous suivre. -Et la voiture de Donato...
Vernet, votre voiture fait combien de chevaux ?
-75. -Vous allez me tester
quelque chose.
-Je suis là où Nathalie Vidal
a été renversée.
-Pied au plancher,
je suis arrivé à 60 km/h. -Pour un impact à 80 km/h.
-Donato ne l'a pas tuée.
-Le véhicule qui l'a percutée venait d'en haut. J'appelle Soler.
-Je retourne à la gendarmerie. -Commandant, vous aviez raison.
-Les collègues ont rien vu ? -Le coupable s'est désigné,
c'était réglé. -C'est gros.
-Ils avaient confisqué ses clés de voiture
à plusieurs reprises. C'était dans la suite logique des choses.
-Telle que je te connais...
Je te connais un peu. Tu te dis : qui est le vrai coupable,
qui a tué la jeune femme ?
-Et si c'était Patrick Ruiz ?
On a un mobile. -Tu mourras par là où tu as péché ?
-Exactement. -Pourquoi maintenant ?
-Donato vient de sortir de prison. -Attends...
Selon toi, Ruiz aurait laissé son ami Donato
payer à sa place ? -C'est ça,
la nature humaine.
-Il faut chercher du côté des proches de la victime...
-De Nathalie Vidal. -Et trouver celui qui s'est vengé
4 ans après.
-Tu as fini
tes devoirs ?
-Oui. -Ton père t'a parlé du lycée ?
-Oui. -Le proviseur nous a convoqués.
Thomas, regarde-moi
quand je te parle,
s'il te plaît... Merci. Ton père t'a parlé. Ca a entraîné
ce sursaut qu'on attend depuis des semaines ? Il t'a dit quoi ?
-Que je m'en rendrais compte. -T'es bon pour le redoublement, là.
-Le redoublement, ça n'existe plus.
-Thomas... Si tu fous rien,
tu vas devoir subir ta vie.
Les autres choisiront pour toi. -C'est bon, t'as fini ?
-Non !
Tu joues à l'adolescent rebelle. Tu vois combien tu es ridicule ?
T'es en train de planter ton avenir !
Quand tu seras au chômage,
tu auras des followers ? Sans diplôme,
sans avenir, sans rien, merde !
-Papa a raison : tu dramatises tout.
-Donne-moi
ta tablette... Désormais, fini les écrans,
tu bosses. Donne-moi ton portable.
-Non, pas ça. -Tu me donnes ce portable.
-T'es tarée !
-Je peux encore t'en coller une !
-Ooooom...
-S'il te plaît, n'en rajoute pas.
-Entre toi qui gueules et papa qui prône la conciliation,
il faudrait trouver un chemin d'entente,
une voie médiane, la voie du Tao.
-Merci, ça m'aide beaucoup.
-Celle-ci est verte,
plus fruitée. Vous sentez ?
-C'est incroyable. J'adore. -Je me sens
le coeur léger. Ce que vous m'avez dit, ça m'a libéré.
-Vous allez demander une révision du procès ?
-Non, ce qui est fait est fait. Je vais essayer d'appeler ma fille.
-Vous allez rencontrer
votre petit-fils. -Oui, j'espère.
-Vous avez vu la famille
de Nathalie Vidal ? -Oui.
-Elle était enceinte. Son compagnon était là ?
-Il était là, oui.
-Son nom ? -Patrick l'a embauché au domaine :
Blanchard, le gérant.
-Xavier Blanchard ? -Oui.
-Par là...
-Suivez-nous.
Non, pas courir...
-Oooooh !
Allez, on y va.
4 ans... C'est long, 4 ans.
Comment on fait pour survivre après un tel drame ?
-Quand j'ai appris que Nathalie était morte
avec notre enfant dans le ventre ? Je revis chaque jour ce cauchemar.
-Comment vous avez su que Donato était
innocent ? -Quoi ?
-On a trouvé vos cheveux dans le pick-up.
-Vous vous trompez.
-Un coup de bluff
pour rien ! -L'autre est joueur aussi.
-Revoyez le dossier avec Erwan, il faut arriver à le coincer.
M. Blanchard, que nous cachez-vous ?
-J'ai tous les éléments. La facture du garagiste : Patrick Ruiz
a fait réparer sa carrosserie
une semaine après l'accident de Nathalie Vidal.
-Sa carrosserie prouve sa culpabilité
et il attend une semaine pour la réparer ?
-Il a attendu l'inculpation de Donato.
-Y a pas que ça.
-Il devait peut-être se déplacer,
il avait besoin de sa voiture...
-C'est l'ordinateur de Ruiz ? -Oui.
-Je regarde s'il y a un agenda.
Voyons si je peux remonter jusque-là.
Ah non, merde... -Quoi ?
-Il était au salon du bio à Paris et il y est allé en train.
-Son comportement a dû changer.
Des insomnies, de la nervosité... -Mon père
n'a tué personne !
Téléphone. -Excusez-moi.
Erwan ? -Le soir de l'accident,
Patrick Ruiz était à Paris.
-Qui conduisait alors ?
Je vous écoute,
Nicolas.
-Je voulais juste essayer sa voiture.
Je savais pas conduire, j'ai perdu
le contrôle.
Mon père m'a protégé, il voulait pas que ma vie soit foutue.
Ma mère venait de mourir.
L'idée que j'aille en prison lui était insupportable.
Il nous perdait tous les 2.
-En laissant un innocent
payer à votre place...
L'aveu que vous venez de me faire va avoir des conséquences.
-Je sais, oui.
Je ne veux plus
mentir. -Vous vous étiez engueulés
avec votre père. C'était à ce sujet ?
-Oui.
Je n'en pouvais plus, je voulais tout dire à Donato,
mais mon père a refusé.
Alors on s'est battus... C'est Xavier qui nous a séparés.
-Xavier Blanchard ? Il a tout entendu alors...
-Il nous a demandé si tout allait bien,
mon père lui a dit de foutre le camp.
-Nicolas, je...
José Donato est dans nos locaux.
Allez le voir.
-Je peux pas.
J'oserai pas le regarder.
-Vous allez lui dire la vérité.
Vous comptiez le faire, il n'est jamais trop tard pour ça.
-Merci... Je sais comment vous avez compris :
vous avez entendu les Ruiz s'engueuler,
mais vous n'avez pas tout bien compris.
Patrick Ruiz était à Paris.
C'est son fils Nicolas, de 17 ans, qui conduisait.
Il a perdu le contrôle et il a percuté Nathalie, votre fiancée.
Vous vous êtes trompé de Ruiz.
-Je comprenais pourquoi il était si sympa avec moi.
-C'était Nicolas,
le coupable.
-Les Ruiz ont tué la femme de ma vie
et notre enfant... Ils allaient jamais payer ?
Vous pouvez imaginer ça ?
Je ne pouvais pas
le supporter.
Le fond musical couvre les voix.
...
On ne les entend pas.
...
-Salut.
-Dis bonsoir à ton père, s'il te plaît.
-Bonsoir.
-Waouh...
J'ai tout essayé, je crois, mais là,
je ne sais plus comment le prendre. Je ne fais que lui crier dessus.
-Plus tu lui serres la vis, moins il bosse.
-Il veut venir vivre chez toi.
-Ah bon ?... Y a qu'à accepter si c'est ça qu'il veut.
-Tout y est facile :
les soirées rugby, les pizzas. On mange
et on se lave quand on veut.
Et surtout, y a pas maman pour vérifier les devoirs.
-Tu peux me faire confiance un peu ou pas du tout ?
J'ai élevé les enfants
sans aucune règle, sans rien ?
-"Je" les ai élevés.
-Prends du recul, ça vous fera du bien à tous les 2.
T'avais pas envie de te retrouver toute seule, avec toi-même ?
Voilà, profite.
-Si tout le monde est d'accord...
-Tu veux qu'on se regarde un match et qu'on commande des pizzas ?
-Et on boit des bières ? -Allez !
-Bonne soirée, Paul. Salut, Thomas !
-Thomas, j'espère que les devoirs sont faits !
Sous-titrage MFP
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