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...
-Je vous ai appelé
tout de suite. -Hier soir,
vous n'avez rien remarqué ?
-Je termine à 22 h. Ils ont eu toute la nuit.
-On va devoir fermer pour traiter les bassins. Merde.
-Seuls les bassins 3 et 4 ont été touchés.
Je vais en profiter pour faire une ronde.
Putain. -Quoi ?
...
-Tu finis à quelle heure, ce soir ? -17 h 45.
J'ai DS de maths. Je n'ai pas révisé.
-Coucou !
C'était ouvert. Je me suis permis.
Sac de basket.
Ca pourrait être utile.
-Merci, maman.
-Salut. -Bonjour.
-Tu as bien révisé ? -Oui.
Oui. -Tu ne mens pas ?
-Non. -Ouais.
Votre père a préparé tout ça ?
-Oui.
Il est incroyable.
Vous avez de la chance. -Vous êtes Elodie ?
-Oui. -Léa.
-Enchantée.
Vous avez raté Paul. Je vous sers quelque chose ?
Thé ? Café ? J'ai fait des muffins. -Ils sont excellents.
-Ils ont l'air bons. -Allez.
Je vais faire mon sac.
-C'est adorable de la part de Paul
de m'accueillir. -Oui.
-C'est temporaire.
Mais quand même. Je suis...
ravie de te rencontrer.
Paul m'a beaucoup parlé de toi.
-Vraiment ?
-J'y vais.
-Paul est heureux
d'avoir les enfants.
-Elodie est écrivain. Le plus beau métier du monde.
-Ma douce,
ce n'est pas grand-chose.
-Quand même.
-Félicitations. Sonnerie.
Excusez-moi.
...
C'est le boulot.
Oui, Camille ?
J'arrive tout de suite.
J'y vais. Ravie de vous avoir rencontrée.
-Pareil. -A bientôt.
Sûrement. Peut-être. -Oui.
-Maman,
tu nous déposes ? -Oui.
-Bisous. -Bisous.
-Thomas !
Maman nous dépose. Dépêche-toi.
-Elodie est super cool.
-C'est le mot que je cherchais. C'est nouveau, cette robe ?
-Oui. Elodie me l'a offerte. Elle est cool, non ?
-Oui, elle est cool, ma douce.
-Tu me fais une crise de jalousie ?
-Mais pas du tout.
Elle a l'air...
sympathique. -Oui.
Elle est toujours positive.
Malgré les difficultés. Elle déménage. Elle est enceinte.
-"En" quoi ? Enceinte de qui ?
-Le principal, c'est qu'elle soit cool.
-Oui. Si tu le dis.
-Oh ça va...
-Je vous cherchais.
-Colonel. -Vous avez 2 minutes ?
-J'allais rejoindre le commandant Soler.
-Au sujet du commandant Soler, mettez de l'eau dans votre vin.
-C'est-à-dire ?
-Ca commence à jaser. Vous n'avez pas les mêmes méthodes.
Vous êtes explosif. Il va falloir gérer ça.
Votre demande de mutation va être compliquée.
-Dans quel sens ? Long ?
-Vous connaissez l'administration.
Je comprends votre situation. Prenez sur vous.
-Bien sûr. La brigade avant tout.
-Exactement. Bravo, Marchal.
-Colonel.
-Bonjour.
Vernet, Camille. -Commandant.
-Bonjour. -Bonjour.
-Alors. Qu'est-ce qu'on a, Camille ?
-Gaspard Poujenc, 22 ans, étudiant.
-Qui l'a trouvé ?
-Le directeur de la station et le vigile, ce matin,
venus constater ça.
-OK.
On a une belle plaie.
Ses vêtements sont mouillés.
-Son portable aussi.
-Ah...
Sacrés hématomes. -Le tueur aurait sorti le corps ?
-Ou il a réussi
à se traîner hors de l'eau. -Marchal.
Pas trop tôt.
-De la fluorescéine.
-De la quoi ? -Fluo... re... scéine.
Quand j'étais gamin, on versait de ce colorant dans les fontaines.
-Une blague qui a mal tourné ?
-Ca m'étonnerait.
-Ou un acte d'opposition.
-Elle n'a pas bonne presse. On l'accuse de polluer l'étang.
-On doit interroger le directeur, le vigile.
-OK. -Comme vous êtes là, vous gérerez
le transport du corps.
-Pourquoi moi ?
-Je ne sais pas. J'ai envie. -Allez.
Bon, ben. Je ne sais pas. Faites comme d'hab'.
-Qu'est-ce qui s'est passé ?
-J'étais avec le directeur.
Je voulais lui montrer les bassins. On est tombés sur...
-Sur G. Poujenc. Vous le connaissiez ?
-Je ne crois pas. -Qu'est-ce qu'il faisait là ?
-Aucune idée. Lors de ma ronde, tout était normal.
-Vous avez déjà eu ce genre de problème ?
-On a eu des dégradations et des manifestations.
-Pourquoi ? -Les bassins pollueraient l'étang.
-Qui dit ça ? -Des voisins.
Ou des écolos énervés.
Mon directeur porte plainte
à chaque fois. -OK. Je vous remercie.
-Si on n'avait pas coupé les ponts, il serait peut-être en vie.
-Que s'est-il passé ?
-Juste avant de passer sa thèse en biologie,
il a tout abandonné pour devenir... ostréiculteur.
-Pourquoi est-ce qu'il a décidé de changer de voie brusquement ?
-Mon père était ostréiculteur.
Il a légué à Gaspard une cabane.
-Gaspard adorait son grand-père.
Il a tout arrêté pour cette vie-là.
-C'est-à-dire ? -Trimer tous les jours
à se casser le dos pour une misère. C'est ça, ostréiculteur.
-Il a repris la concession de son grand-père ?
-Non. -On n'en voulait surtout pas.
-J'ai toujours vu mon père
se casser le cul pour ses huîtres.
Je ne voulais pas de cet avenir pour mon fils.
J'ai vendu la concession.
-Mais Gaspard s'est fait embaucher là-bas.
-Alors qu'on était contre.
Et maintenant, il est mort.
-Je suis désolée.
...
-Wouah ! Trop mignon, comme endroit.
Sympa, la cabane du grand-père. -Il faut aimer le côté spartiate.
-Tu n'as aucune poésie.
-Oh les filles. Des fleurs, un bateau et vous êtes charmées.
-Hou là.
Pas si charmant.
...
Il a vachement de bouquins.
-Il a des résultats biologiques récents.
Il y a des prélèvements de la semaine dernière
et des semaines précédentes,
tous effectués dans le bassin 4.
-Au moins, on sait ce qu'il faisait cette nuit.
-Qu'est-ce qu'il cherchait ?
-Il avait des enfants
ou des neveux ? -Non. Pas d'enfants. Pourquoi ?
-Regarde. Ecriture, orthographe,
un cahier de lecture.
-Embarque le tout. On verra ça avec Soler.
-Bonjour, Franck. -Commandant Soler.
-Alors ?
-Notre ami est mort entre 22 h et minuit. Le coup à la tête
a causé la mort. -L'arme du crime ?
-Un objet contondant. Mais la blessure
est en forme d'étoile.
Il a des hématomes. Je penche pour des mains d'homme.
-Une bagarre ? -Non. Ca a eu lieu après.
La coloration des bleus n'est pas la même.
On s'est acharné sur lui post-mortem.
-Il était trempé.
On l'aurait jeté dans l'eau. Il serait remonté sur la berge ?
-Ou il a tenté de s'enfuir en plongeant dans l'eau.
-Ils se sont acharnés.
-Hm.
-Merci, Franck. -De rien.
...
-Je cherche Fred Rousset.
-Elle est là.
-Merci.
Madame Rousset ?
-Venez.
-Paul Marchal. Gendarmerie nationale. J'ai des questions.
-Sur Gaspard ? -Déjà au courant ?
-Tout se sait. -Vous le connaissiez depuis quand ?
-Depuis tout petit. Gaspard venait passer ses vacances ici.
Quand j'ai racheté l'exploitation,
il est venu me demander du boulot. Je ne pouvais pas refuser.
-Ca se passait bien ?
-Très bien.
Gaspard, c'était un mec super. Sensible.
Idéaliste.
C'était un amoureux de l'étang. Passez-moi les poubelles.
-Ca ? -Oui.
-Et il faisait quoi, à la station de lagunage ?
-C'était pour ses études.
-"Ses études" ?
-Oui. Il étudiait la "malaïgue".
-Pardon ?
-La "malaïgue".
-C'est quoi ?
-"Mauvaise eau" en occitan. Ca tue les huîtres.
Elles sont invendables.
Quand ça arrive, c'est une vraie catastrophe.
-C'est quoi, le lien avec la station ?
-Pour lui, elle contribuait à la "malaïgue".
-Sa cabane a été vandalisée. On a retrouvé des graffitis.
On lui en voulait ?
-Ses recherches déplaisaient.
Sandra, viens.
C'est ma fille.
Voici le capitaine Marchal.
Il enquête sur la mort de Gaspard.
-Bonjour. -Bonjour.
-Je mets ça où ?
-Là. C'est très bien. -OK.
-Elle est sous le choc.
Comme nous tous. -Je comprends.
Bonne journée.
-Lieutenant Lebellec. -J'ai déjà répondu à vos collègues.
-Je sais.
La victime effectuait des prélèvements ici.
-Je n'ai pas autorisé ça.
-La station aurait un lien avec la pollution de l'étang.
-Vous savez ce qui cause la "malaïgue" ?
Les inondations, la chaleur.
Mais les ostréiculteurs nous accusent.
-Regardez les prélèvements de Gaspard Poujenc.
Vous pouvez me dire ce qu'il cherchait ? Là.
-OK. Bon.
Les taux de bactéries sur le bassin 4 sont importants.
Ca peut arriver.
-Les taux sont anormalement élevés depuis des semaines.
-Ca peut être la chaleur. Je suis sûr qu'il y a une explication.
-Votre station a un problème. Gaspard l'avait compris.
Regardez ce qu'il avait trouvé et l'impact que ça aurait pu avoir.
-Les résultats de Gaspard auraient nui à la station.
-Elle aurait dû fermer.
-D'où les menaces de mort.
Qui était à la station entre 22 h et minuit ?
-Le vigile.
Il a fini sa ronde à 22 h.
-Qui est-ce ?
-Jean-François Dumont.
55 ans. Ostréiculteur. Il a fait faillite.
-Ca explique pourquoi il a pris ce poste de vigile.
-Il a un petit casier.
-Fais voir ça. Rien de bien grave.
Sortie de bar qui dégénère.
-La dernière date d'une semaine.
-Regardez qui était là aussi : Gaspard Poujenc.
-Ils se connaissaient. -Il travaillait
là où Gaspard enquêtait.
-Vous allez le chercher. Marchal va s'en occuper.
-C'est vrai que je le connaissais. J'ai eu peur.
J'ai paniqué.
Vous croyez quoi ?
-Je ne crois rien, moi. Expliquez-moi.
-J'ai eu peur que vous me colliez ça sur le dos.
-C'était à quel sujet ?
Vous êtes suspecté de meurtre.
-Si je vous le dis, je perds mon boulot. J'ai des gosses.
-Si vous ne parlez pas, vous perdrez plus que votre boulot.
-D'après les schémas, on a un problème entre les bassins.
Ca viendrait
du plan d'inclinaison. -Traduction ?
-Mauvaise inclinaison égale mauvaise étanchéité.
Mon Dieu.
-Qu'est-ce qui se passe ?
-Le petit avait raison.
On a refait les bassins il y a peu.
L'entreprise qui est intervenue a dû faire une erreur.
J'aurais dû fermer la station.
J'étais tellement sûr que tout était conforme.
Le gamin a voulu me prévenir.
Il m'a envoyé les courriers.
Je n'ai pas voulu le croire.
-Expliquez-moi cette engueulade avec Gaspard.
-C'est moi qui le faisais rentrer la nuit.
Parce qu'il m'apprenait...
à lire et à écrire.
-Les manuels scolaires chez Gaspard,
c'était pour vous ?
-Je n'ai jamais trop su lire et écrire.
Je voulais apprendre.
-Mais Gaspard
ne vous a pas tout dit.
Pendant qu'il vous apprenait à lire,
il faisait des prélèvements.
Quand vous l'avez compris, vous avez pété les plombs.
-J'étais en rogne.
-Vous lui avez interdit de revenir à la station.
Quand vous l'avez surpris, vous avez vu rouge.
-Jamais je n'aurais touché un cheveu de la tête du gamin.
C'est moi qui l'ai fait rentrer la nuit dernière.
-Au risque
de perdre votre boulot ? -J'ai pris ce boulot par dépit.
Ma vie, c'est l'étang. Pas la station.
Chez nous,
on est ostréiculteur de père en fils.
On en chie.
C'est comme ça. Il l'avait compris.
Il voulait nous aider.
Quand on s'est engueulés, il m'a expliqué.
Je ne lui ai pas interdit de le faire.
J'allais même l'aider.
A cause de la "malaïgue", je n'ai pas pu vendre mes huîtres.
J'ai dû abandonner ma concession.
-Vous l'avez quitté quand ?
-22 h.
-Paul !
Alors, Jeff Dumont ?
Coupable ? Pas coupable ? -Non.
Ce n'est pas lui. C'est un chouette type.
-La fameuse intuition du capitaine Marchal.
Tu as oublié l'anniversaire d'Alice ?
-Non.
-Qu'est-ce que tu lui as pris ?
-Un collier. Pour accrocher les portables.
C'est à la mode.
-D'accord. Ca serait sympa, un resto tous les 4, ce soir.
-Ah ouais. Super.
-Viens avec Elodie.
Je suis passée chez toi. Thomas avait oublié ses affaires de sport.
-Tu as rencontré Elodie.
-Enfin. Depuis le temps que j'en entendais parler.
Elle est très... jolie. -Ah ben, ouais.
-Un poil prétentieuse. Un peu mal à l'aise.
-Tu es jalouse ?
-"Jalouse" ?
Non. Pas du tout.
Mais elle attend que tu changes d'avis.
-C'est une amie. Elle n'attend pas que je change d'avis.
-Ah si, Paul.
Je suis flic et femme du surcroît.
Ca a duré longtemps ?
-Non. 2 ans et demi.
-Quand même.
-On savait dès le début que ça n'irait pas bien loin.
Il y avait... -Paul.
En fait, je préfère ne pas savoir.
C'est ta vie. Moi, j'ai la mienne.
-OK.
-Pour Marchal, Jeff Dumont est innocent.
Et l'arme du crime ?
-Un objet en forme d'étoile, franchement...
D'après les données du portable
de Gaspard, il avait une petite amie.
-Ses parents n'en ont pas parlé. Vous avez un nom ?
-Non. Il utilisait une carte prépayée.
-On devrait les interdire à la vente.
-L'amoureuse
ou l'amoureux ne s'est pas manifesté après sa mort.
-Une piste à creuser.
Erwan, quoi de neuf ?
-Les études de Gaspard montrent les dysfonctionnements
et les solutions.
-Comment ça ?
-Le problème vient de l'entreprise de BTP. Tout est réglé.
-Ca change la donne.
Pourquoi saboter les bassins s'il avait une solution ?
-Quelqu'un d'autre était impliqué.
-Bon travail. Bon. On creuse.
Mails, comptes en banque, fadettes.
C'est maman. Joyeux anniversaire.
Il y a 15 ans, à 14 h 45, je venais de mettre au monde
*le plus beau bébé.
-Je sais que tu tiens à me souhaiter mon anniversaire
*à l'heure à laquelle je suis née. -Oui. Je t'aime.
-Bisous. *-Bisous.
-A ce soir. *-OK.
15 ans. Wouah.
-On va au restaurant, ce soir. -C'est cool.
Tu as de la chance qu'ils s'entendent aussi bien.
-J'aurais préféré voir
mon copain. -Tu ne l'as pas dit ?
-Adrien, c'est le sujet tabou.
-Pourquoi ? -Elle me gave.
Elle me dit : "Fais attention. Protège-toi."
Ca te fait rire,
mais elle craint le pire.
-Elle a du mal à te voir grandir. -Oui.
Elle me considère
comme une gamine.
Je n'ai pas de message d'Adrien.
-Sois patiente.
-Ouais.
-Vous venez nous aider ?
-Pas ce coup-ci. Vous étiez très proche de Gaspard.
C'est vous qui l'avez présenté à Jeff Dumont.
-Oui. Il voulait protéger l'étang.
-Vous saviez qu'il avait une liaison ?
-Non.
-Une liaison cachée.
Pourquoi ? Parce que la femme était mariée ? Ou fraîchement divorcée ?
C'était vous ?
-Oui. C'était moi.
Vous vous dites qu'une femme de 40 ans avec un gamin de 22,
c'est n'importe quoi.
Mais c'était une belle histoire.
On partageait l'amour d'ici. Et plein d'autres choses.
-Alors, pourquoi le cacher ? -Parce que je ne suis pas divorcée.
Mon mari n'est pas un homme facile. Il ne supporte pas mon départ.
Alors, pour un jeune,
ça aurait été le coup de grâce. -Où je peux le trouver ?
-Il devrait revenir d'ici 1 heure. Pourquoi vous voulez le voir ?
Il n'a rien à voir là-dedans. -Laissez-moi en juger.
-Marchal veut un topo sur Max Rousset. Gaspard voyait sa femme.
-Ca lui donne une raison de lui en vouloir.
-Il est super actif chez les ostréiculteurs.
Là, il y a Gaspard.
"Max Rousset, président des ostréiculteurs en colère."
Ca doit être lui. Tu peux me ressortir
les photos des graffitis ?
-Tiens. Pourquoi tu les veux ?
-On dirait la même écriture, non ? -Fais voir. Ah ouais.
C'est lui qui aurait tagué la cabane. Bien joué.
-Merci.
...
-Max Rousset ? Gendarmerie nationale.
...
-Arrêtez !
-Pourquoi je suis là ?
-Parlez-moi un peu de Gaspard Poujenc.
-C'était un employé de ma femme. Je le connaissais peu.
-Mais vous l'avez menacé.
Bon. Nous allons arrêter ce petit jeu.
Les menaces sur la cabane de Gaspard, c'est vous.
On reconnaît votre écriture.
-C'est moi. Mais je ne l'ai pas tué.
Même si j'en ai eu envie.
Il s'est tapé ma femme.
-Comment l'avez-vous su ?
-Une personne bien intentionnée m'avait informé.
Vous imaginez ? Ma femme est devenue une... Une cougar.
-Il y a plus grave. -Quand je l'ai appris à ma fille...
-Pourquoi lui avoir dit ?
-Cette pourriture était en train de détruire notre famille.
-Que faisiez-vous le soir du meurtre ?
-Ce n'est pas 3 graffitis qui vont m'envoyer en prison.
-Vous êtes sûr ?
-Je connais la loi. -Bien.
A compter de ce jour, 17 h 30, vous êtes passé en garde à vue.
Cette nuit au calme vous portera conseil.
Vous l'embarquez ?
Un petit dessert ?
Choucroute ? Cassoulet ?
-Ouais. -OK.
-D'accord.
-C'est un bonheur de les avoir à table. Si j'avais su,
je t'aurais invitée en tête à tête.
-En même temps, ils sont là avec nous. Physiquement.
-Ouais. -J'ai raté un truc avec eux.
-L'interrogatoire de Max Rousset a donné quoi ?
-Il n'a pas donné d'alibi.
-Il n'en a peut-être pas.
-Tout se passe bien ? -Nickel. Super. Et toi ?
Les affaires ?
-30 couverts de moins que l'an passé. Vu ce qui se passe
à l'étang, entre les écolos qui manifestent contre la station,
la mort du gamin et les vols d'huîtres... Hier.
-"Hier" quand ? -Pendant la nuit. Je n'ai plus
un ostréiculteur au bar.
Enfin. Bonne continuation. -MERCI.
-Si on se plantait ? -Comment ça ?
-Si la mort de Gaspard était liée au vol des huîtres ?
-Et la coloration des bassins ?
-Je préfère vérifier. -Ouais.
-Je vais passer un coup de fil. OK ?
Vous êtes chiants.
C'est...
-Tu vas où ?
Téléphoner.
-Camille, c'est Léa.
Il y aurait des vols d'huîtres.
Bip.
-C'est ton mec ?
-T'occupe. Rends-moi
mon téléphone !
Rends-le-moi !
Thomas ! Qu'est-ce qu'il y a ?
-Je suis désolé.
-Ma beauté.
Le monde vient de s'écrouler.
J'imagine combien tu as mal.
Je te jure que ça va passer.
-Par SMS, maman. Il m'a larguée par SMS.
-Ce garçon ne te méritait pas.
Se cacher derrière un téléphone, c'est lâche.
C'est ça que je ne comprends pas
avec votre génération.
-Je ne tomberai plus jamais amoureuse.
-Ne dis pas ça. -Si.
-Je te jure que tu retomberas amoureuse. Et d'un mec bien.
-Elles sont où ? -Là-bas.
-Qu'est-ce qui se passe ?
-Alice s'est fait plaquer. -Non.
Pour son anniversaire ?
Il est con, lui, ou quoi ?
Ben...
-On est devant chez Neness.
Gaspard pourrait être le voleur ? -Non.
Il était du côté des ostréiculteurs.
Il n'aurait pas braqué des huîtres.
-Fred Rousset aurait pu vouloir l'aider.
-C'est un peu gros, leur différence d'âge.
-On s'en fout, de l'âge.
Ce qui compte, c'est l'amour. -Là.
Tu peux zoomer ?
-"HM 592 DB".
A qui il appartient ?
Yes. Soler va adorer.
-Ce n'est pas possible.
Elle soupire.
-Ca va ?
-Oui. Super.
En fait, non.
-Hm. -J'ai téléphoné
à Alice. Elle ne rappelle pas. Elle ne répond pas.
-Elodie s'occupe d'elle.
-Génial. Super. Si une inconnue s'occupe d'elle, on est sauvés.
-Ca te gêne qu'elle lui parle ?
-Non. Pas du tout.
Mais Alice est ma fille
et... j'aimerais bien
pouvoir l'aider. Un 1er chagrin, c'est dévastateur.
-Tu parles de notre rupture ?
-Pardon ?
-Non. Rien. Laisse.
-Il y a eu un avant toi, et un après toi.
Hein ? Quoi ? Pourquoi tu prends ton petit air, là ?
Tu m'énerves, quand tu prends cet air.
-Lequel ? -Ca.
Exactement celui-ci.
-Tu sais qu'on s'est...
-Chut.
-Quand elle aura amorti le choc, elle reviendra vers toi.
Ce n'est plus un bébé.
Elle grandit.
Allez.
C'est comme ça.
-Mademoiselle ? Attendez ! Vous ne pouvez pas rentrer.
-Je dois parler à M. Marchal. -Vous êtes qui ?
-Sandra Rousset.
-Capitaine ?
Mademoiselle souhaite vous parler. -OK. Je m'en occupe. Merci.
Que puis-je pour toi ?
-Mon père n'a rien fait !
-On va aller en parler.
-Laissez-le partir. -Du calme.
-J'étais avec lui, cette nuit-là. -Assieds-toi.
-Monsieur Rousset.
Est-ce que la nuit vous a porté conseil ?
Que faisiez-vous le soir du meurtre de Gaspard Poujenc ?
Vous préférez être inculpé
pour meurtre ? -Quoi ?
-A l'heure de la mort de Gaspard, vous voliez des huîtres.
Voici votre véhicule.
Vous avez été filmé à 23 h 12 devant chez Neness.
Il venait d'installer une caméra.
On a perdu du temps.
-Pas eu le choix.
-Comment un ostréiculteur se retrouve à voler des huîtres ?
-Mon exploitation survit.
Je manquais de stock.
Je ne peux pas me permettre que mes clients aillent voir ailleurs.
-Vous ne vouliez pas que ça se sache.
La situation est un peu inconfortable.
-Tu t'entends bien avec tes parents ?
-Ouais. Pourquoi ?
-Ca ne doit pas être évident,
la relation entre ta mère et Gaspard.
-Mes parents s'aiment encore.
C'est juste... un passage compliqué.
-On sait que tu étais au courant.
Quels étaient tes rapports avec Gaspard ?
-Il a détruit ma famille.
-D'accord. Tu le détestais. Au point de vouloir sa mort ?
-Vous êtes dingue ? Vous croyez que j'ai un rapport avec sa mort ?
J'étais avec mon père.
-On sait que non.
Je pensais que tu venais lui fournir un alibi,
mais c'est pour toi que tu le fais.
-Je peux vous voir ?
-Ouais.
Je reviens.
-Qui est-ce ?
-Sandra Rousset.
-Tu interroges une mineure sans représentant.
-Son père est là.
-Il a un alibi.
-Tu peux attendre en salle vidéo ?
-2 minutes.
-Sandra, tu viens avec moi. On va voir ton père. Tout droit.
Entre.
-Sandra ?
-Je leur ai dit que ce n'était pas toi.
-Tout ira bien.
-Sandra, assieds-toi.
-Qu'est-ce qu'elle fait là ?
-J'ai un truc à vérifier.
Donne tes mains.
-Qu'est-ce que ça veut dire ?
-Bien joué. *-Tu ne le sais pas,
*mais la fluorescéine,
ça part difficilement.
-Mais... -Tu étais avec Gaspard
la nuit du meurtre.
-Tu ne dis plus rien à partir de maintenant.
-Ouais. Il est très fort.
-Mais ? -Elle ne l'a pas tué.
Les hématomes étaient causés par des mains d'homme.
-Elle n'était pas seule. Elle protège quelqu'un.
-Pas son père. Elle n'a pas de frère.
Elle a un petit ami ?
Qu'est-ce que vous faites ?
-Les gamins exposent leur vie
sur Internet. -Vous ne trouvez pas ça bizarre ?
-Non. Ce n'est pas votre truc, les réseaux sociaux ?
-Non. Pas du tout. -Sandra n'échappe pas à la règle.
Elle sort avec Vincent Thibault. -D'accord.
C'est l'apprenti de Fred Rousset.
-Elle le protègerait ?
-Allez le chercher et convoquez la mère de Sandra.
-Dans quoi tu as entraîné ma fille ? Réponds !
-Je n'ai rien fait.
-Ca va. Calmez-vous. -Venez avec moi.
-Il doit y avoir une explication.
Qu'est-ce que tu faisais à la station ?
-Ma chérie, parle-nous.
-Vous vouliez faire une blague ? Gaspard vous a surpris ?
-Ca ne s'est pas passé comme ça.
-Alors, raconte-moi.
-Sandra et vous êtes ensemble depuis 2 ans ?
Depuis que vous avez commencé à travailler.
2 ans, ce n'est pas rien.
-C'est vrai. Ca prouve quoi ?
-Vous étiez ensemble, cette nuit-là.
Il doit rester des résidus de colorant sous vos ongles.
-En versant la fluorescéine, on voulait juste secouer l'opinion.
Le lagunage est une saloperie.
-Qu'est-ce qui s'est passé ?
-Ca aurait dû être simple.
-Je suis tombée sur Gaspard.
Qu'est-ce qu'il foutait là ? -Qu'est-ce qui s'est passé ?
-Il a voulu m'empêcher de verser le colorant.
Genre sérieux, quoi. -Ce n'était pas ça.
-Comment tu le sais ?
Tout ce qui t'intéressait, c'était de te taper un jeune.
-Tu n'as rien compris.
-Vous vous êtes engueulés. -Oui.
Je l'ai planté là pour aller verser le colorant dans le bassin 4.
Je ne l'ai pas revu.
-Il était où, ton petit ami ?
-Il aurait dû être au bassin 3. On s'était partagé le boulot.
-Il n'y était pas.
-Non.
-J'ai entendu des cris.
Sandra se disputait avec quelqu'un.
J'ai tracé, mais j'étais loin.
Le temps que j'arrive...
-Oui ?
-Sandra avait disparu.
J'ai regardé tout autour. Il faisait nuit noire.
Soudain,
j'ai vu le corps de Gaspard.
Il flottait dans l'eau.
J'ai réussi à le tirer sur la terre ferme pour le réanimer,
mais... il était mort.
-A votre avis, comment les choses se sont déroulées ?
-J'imagine que Sandra a dû le frapper et il est tombé à l'eau.
Je n'en sais rien.
On ne s'est pas parlé depuis cette nuit-là.
-Je suis revenue après avoir versé
le colorant dans l'eau. Je les ai vus de loin.
Vincent était penché sur le corps de Gaspard.
Il le frappait.
-Qu'est-ce qui s'est passé ?
-Ils ont dû s'engueuler.
Vincent était super proche de mes parents.
Ca a dû dégénérer.
-Et tu n'as rien dit ?
-Parce que je l'aime.
Je l'aime.
-Selon Sandra, Vincent l'a tué.
Elle est partie.
Quand elle est revenue, elle a vu Vincent frapper Gaspard.
-Selon Vincent, c'est Sandra. Il les a entendus hurler.
Il a trouvé le corps de Gaspard dans l'eau.
Il l'a sorti de l'eau. Il a tenté de le réanimer.
-Tu le crois ?
-Il a l'air sincère. Et toi ? -Elle était bouleversée.
-L'un des deux ment.
-Ou les deux sont complices.
-En rejouant la scène, on arrivera à démêler le vrai du faux.
-Vous êtes Sandra. Je suis Gaspard.
Vous venez de me hurler dessus. Vous êtes en colère.
Vous allez verser du colorant dans ce bassin.
-Pardon ?
-Vous allez verser du colorant
dans ce bassin. -OK.
-On a hurlé.
Vous me rejoignez
par ce côté-là.
-Donc.
-Vincent a dû mettre plus longtemps.
Il faisait nuit noire.
-Il aura pris du temps.
-Vous trouvez le corps là.
-Je le tire sur la berge. J'essaie de le réanimer.
-J'ai versé le colorant.
-On se rejoint par là. -OK.
-D'après Sandra,
ils se seraient engueulés là et non là où on a trouvé le corps.
-Et si le corps avait dérivé ? Il y a pas mal de mouvement.
L'eau passe de l'un à l'autre.
-Erwan, faites attention.
-Ca voudrait dire que Sandra l'a tué.
Elle le frappe. Gaspard tombe. Son corps dérive.
Vincent le trouve, le sort de l'eau.
-Qu'est-ce que c'est que ça ?
-On dirait une vanne d'arrêt en forme d'étoile.
-2e hypothèse : Gaspard essaie de rattraper Sandra.
Il tombe à l'eau.
-Sa tête heurte la vanne. -Il meurt.
-Sandra aurait pu venir l'aider.
-Les machines
tournent la nuit.
-Elles ont couvert le bruit de la chute.
Ce serait juste un accident ?
-Ca correspond exactement.
On aurait pu la chercher longtemps, l'arme du crime.
-Et pour les hématomes ?
-C'est peut-être
une tentative désespérée de réanimer la victime.
-On a failli se planter.
-Oui. Et envoyer des gamins en prison.
Pourquoi ils n'ont rien dit ?
-Par amour.
-Comment ça ?
-Chacun a voulu protéger l'autre.
Ils ne se sont pas parlé depuis. Chacun s'est inventé
son histoire.
Merci.
-Que va-t-il se passer ?
-Ils peuvent être inculpés pour non-assistance à personne en danger
et pour non-dénonciation de crime.
-Ils vont aller en prison ? -Je ne pense pas.
Sandra est mineure et Vincent a tenté de réanimer Gaspard.
-Si j'avais pu...
-Non. C'est un accident tragique. Ca arrive tous les jours.
-Merci, capitaine.
-Coucou, maman. -Mes amours.
-Ca va ? -Et toi ?
-Oui. -Salut, mon amour.
On mange dans un quart d'heure. -OK, MAMAN.
-Ca s'est bien passé ? -Super.
-On t'attend ?
-Non.
-Tu es pressé ?
-Non.
-Ca me soûle. J'en ai marre de me poser des questions.
-Quoi ?
-Elodie. -Quoi ?
-Tu sais ce que je veux dire. -Non.
-Tu es le père ?
-De son gamin ?
-Non. De son chien. Evidemment, de son gamin.
-Non. Ca t'ennuierait ?
-Non. Mais je pensais à nos enfants.
-Non. Elodie, c'est une ex. Elle est partie refaire sa vie.
Pour te répondre,
ce n'est pas moi le père. Elle a fait un bébé toute seule.
-Ah !
C'est top.
-Qu'est-ce que tu t'es imaginée ?
-Comme ton instinct paternel s'est réveillé,
tu pourrais nous en faire un ou deux.
-Ca ne va pas ? A mon âge ? Tu me vois replonger dans les bib ?
Merci.
Nos ados sont très bien.
-Sors de ma chambre ou je t'emplâtre !
-OU PAS.
Sous-titrage MFP.
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