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Original subtitles

...

Un téléphone sonne.

...

-Juliette !

Non !

...

-Alice, dépêche-toi, on va être en retard.

-J'ai encore oublié un truc.

-Maman, ce soir, je ne suis pas là. -Ah oui ? Tu es où ?

-Au concert des Blue Parrots avec papa.

-C'est bien, une soirée entre mecs.

-Ils ne font presque pas de dates en Europe.

Leur dernier concert ici, c'était il y a 2 ans.

-Mon chéri, tu es trop mignon.

-Ils étaient connus, il y a 2 ans ? -Mais...

-C'est bon ! On y va ! Son téléphone sonne.

Oui, Paul ? *-Salut.

-C'est papa ? Dis-lui qu'il faut qu'il soit en avance !

-Je t'écoute, Paul.

-On a retrouvé un corps

dans une manade. Un élevage de taureaux.

Pour que tu ne sois pas perdue, un troupeau s'appelle une manade.

Les cow-boys, c'est les gardians, et l'enclos, le bouvaou.

*-Fais-moi des fiches, j'arrive. -OK, ça marche. A tout de suite.

-Capitaine. -Salut.

Salut.

Le crâne a été fracassé. Des ecchymoses, des griffures.

Tu vois sa position ?

Bras et jambes tendus.

-Ouais, et donc ?

-C'est la position d'un corps qui a été déplacé.

Tiens, regarde. Là...

Et là.

C'est les traces.

Là, il y a un éboulis. Il est passé par là.

Regarde, ça suit. -Ouais.

-Et les traces continuent. -Dans l'enclos des taureaux.

Je n'y vais pas. -Moi non plus.

On va attendre le commandant Soler.

-Ouais. -Allez !

-Vous travaillez ici à l'année ? -Je suis le bayle.

Je m'occupe des chevaux. Marius est raseteur.

-Vous connaissiez Juliette ?

-Oui, depuis que je travaille ici. C'était la fille de mon patron.

-Et vous, vous la connaissiez bien ?

-Non, pas vraiment.

Comme ça, quoi. Vite fait. Ca fait un choc.

-Elle travaillait ici ? -Non, elle était éducatrice.

-Elle avait un petit ami ? -Ca, on ne sait pas.

On n'était pas proches d'elle. -Ah bon ?

Vous passez du temps ici. Une manade, c'est une famille.

-Daurier, son père...

-Oui ?

-Il la tenait super serrée. -Pire qu'un mari jaloux.

-Gadjo est malade !

-Gadjo ? -Notre meilleur taureau.

Ce n'est pas normal.

-Puisque je te le dis ! Viens ! -Excusez-nous, une urgence.

-Elle était si jeune et si jolie.

-Je ne m'y ferai jamais.

-Je sais. On se reprend ? -Ouais.

-Vous pouvez y aller.

Qu'est-ce que c'est ?

-Son assassin lui a fait un cadeau. Un rendez-vous qui a mal tourné.

-Elle portait un jogging. -Ce n'est pas un rencard.

-Ou alors avec son ex !

-On a trouvé des traces de pneus. -Marchal, vous vous en occupez ?

-Tiens. Ca te fera du bien.

Ne reste pas comme ça. Ca ne la ramènera pas.

-Bonjour. Commandant Soler. Toutes mes condoléances.

Je sais que ce n'est pas le moment mais j'aurais quelques questions.

Vous êtes ? -Didier Hamel.

-Mon voisin. Mon meilleur ami.

-Jean et moi, on se connaît depuis toujours.

Tout le monde adorait Juliette.

-Elle avait un petit ami ? -Ce n'est pas le genre de ma fille.

-A son âge, ce serait normal.

-Je l'aurais su. Ma fille ne me cachait rien.

-Elle vivait sur la manade, c'est bien ça ?

-Je lui avais aménagé un studio pour qu'elle soit indépendante.

Juliette était la meilleure fille qu'un père puisse avoir.

-Commandant, on vient d'arriver. On vous tient au courant.

-Tout le monde est d'accord :

Juliette était charmante. Un rayon de soleil. La fille parfaite.

-Ce n'était pas la reine du ménage !

Ca ne va pas.

-Quoi ?

-C'est sinistre, ici ! Il n'y a pas de vie.

Quelques vieux vêtements. Même pas de brosse à dents.

-Périmés. Elle n'habitait plus ici.

-Personne n'a remarqué que Juliette ne vivait plus sur la manade.

-Elle voulait rester discrète.

-Elle allait chez son petit ami en cachette.

-Jean Daurier ne voulait pas voir sa fille grandir.

-Un voisin a aperçu un gros 4x4 blanc.

La PTS a relevé les traces de pneus.

Je veux les résultats rapidement.

-OK. -Fouillez la vie de Juliette.

Son père ne sait peut-être pas tout. Merci, Camille.

Oui, Paul.

Juliette ne vivait plus ici. On va retourner voir Daurier.

-OK, Léa. J'arrive.

-Qu'est-ce qui se passe ? -On vient de trouver un corps.

-Qui est-ce ? -Juliette Daurier.

-Ce n'est pas possible ! Juliette ? -Pardon, mais vous êtes ?

-Brigitte Hamel. Je m'occupe de l'intendance de la manade.

-Vous étiez proche de Juliette ?

-Comme une grande soeur, depuis la mort de sa mère.

Elle avait 16 ans, à l'époque. Elle avait besoin de se confier.

-Pourquoi ? Elle avait des problèmes ?

-Jean a son caractère. Ce n'était pas facile pour elle.

-Elle se confiait à vous ? -Sur quoi ?

-Elle aurait pu vous dire où elle habitait vraiment.

Allez, Mme Hamel, suivez-moi.

-C'est quoi ces conneries ? -Votre fille ne vivait plus ici.

-D'où vous sortez ça ?

-Elle s'était confiée à Mme Hamel. Elle avait déménagé en cachette.

-Vous êtes dingues ! -Vous n'auriez pas trop apprécié

qu'elle fasse ça dans votre dos. Ca aurait pu vous rendre fou, non ?

-Elle insinue quoi, la gendarmette ?

Que j'ai tué ma fille ?

-La gendarmette, je ne suis pas sûr.

-Commandant de gendarmerie. Et j'enquête sur ce meurtre.

L'autopsie

va situer le décès de Juliette à un horaire précis.

Il faudra vous justifier.

-Vous pensez que j'ai tué ma fille ?

-Je ne pense rien, moi, monsieur.

Est-ce que cet objet appartenait à votre fille ?

-Je n'en sais rien.

-Il est à vous ?

Vous avez quelque chose à nous dire, Mme Hamel ?

-Brigitte.

-Il est à moi, ce porte-clés.

-On te tient au courant.

-Au courant de quoi ? C'est des conneries !

-Elle vient d'avouer.

-Jean... -Fous-moi la paix.

-Laissez-le, il a besoin d'air.

Son téléphone sonne.

-Oui, mon chéri ?

Maman ne va pas rentrer tard.

Tu ne t'inquiètes pas, d'accord ? Je viens te voir dans 5 mn.

-Votre fils ?

-Comment lui annoncer que sa mère s'est accusée de meurtre ?

Que Juliette est morte ? Il ne va pas supporter.

-Il était proche d'elle ? -Ben est autiste.

Il est suivi dans un centre. Juliette s'occupait de lui, là-bas.

*-Juliette faisait des reproches à Ben.

*-Vous avez tué Juliette pour des reproches à votre fils ?

-Elle l'a giflé.

-Vous êtes allée vous expliquer avec elle.

-Elle a refusé de s'excuser. -Vous vous êtes énervée.

Et qu'est-ce qui s'est passé, ensuite ?

-Je ne me souviens plus.

J'ai vu rouge. Quand j'ai repris mes esprits, elle était morte.

-Et le porte-clés ?

-Il était à ma ceinture. Elle a dû l'agripper.

-Vous étiez habillée comment ? -Je ne m'en souviens plus.

Si, un legging et un tee-shirt. -Qu'en avez-vous fait ?

-Je les ai brûlés pour effacer les traces.

-Vous les avez brûlés, d'accord.

Dernière question, Mme Hamel.

Comment avez-vous accroché un porte-clés à une ceinture

si vous n'aviez qu'un legging et un tee-shirt ?

-Ca se passe bien ?

On a des photos d'empreintes de pneus à examiner.

-Retrouver la bagnole, c'est impossible.

-Mais si, c'est possible ! Haut les coeurs !

Le 4x4 avait des pneus Sahara et ils sont quasiment neufs.

Ca va nous faciliter la tâche. -Génial. Ca va tout de suite mieux.

-Juliette n'a pas déjeuné, ce matin.

Juliette n'a pas déjeuné, ce matin.

Juliette n'a pas déjeuné, ce matin.

-Tu as vu Juliette, ce matin ?

-Juliette n'a pas déjeuné, ce matin.

-Et ta maman, tu l'as vue ?

-Tu as mangé quoi au petit déjeuner ?

-Heu...

-C'est l'une de ses obsessions.

-Il a raison. C'est le repas le plus important.

Du pain, du fromage, un jus d'orange, du café. Et toi ?

-Des croissants et du chocolat. -Bien.

-A table.

-Juliette n'a pas déjeuné ?

-Elle ne se réveillait pas.

...

-Qu'est-ce que vous cherchez ?

Vous avez le droit de faire ça ?

-Vous savez comme moi que votre femme ment.

Pour protéger votre fils.

-D'après l'état du corps,

la coagulation et l'analyse de la blessure,

elle est morte entre 4h et 5h du matin.

C'est la blessure à la tête qui l'a tuée.

-Et la marque sur la joue ? -Vous l'avez vue ? Vous m'épatez.

C'est ténu. Une gifle ou quelque chose comme ça.

Un coup ante-mortem.

L'affaire est bouclée. Vous avez eu des aveux, non ?

-Elle ment. Il n'y a rien qui tient.

-Le corps a bien été déplacé.

J'ai trouvé des traces sous les aisselles.

Le crâne est fracturé. Ca peut être accidentel.

-Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?

-J'ai retrouvé des fragments de métal dans la plaie.

Une espèce d'alliage de fer. Un objet rouillé ou ancien.

-Je pense comme vous. Je pense que c'est une chute.

-J'adore quand vous pensez comme moi.

-Allô, Erwan ?

Essayez de trouver un objet rouillé.

-Oui, commandant. *-Suivez les traces au sol.

*Trouvez l'endroit du meurtre. -A vos ordre.

...

Commandant Soler ?

J'ai trouvé l'endroit où elle a été tuée.

-J'emmène Ben. Je vous laisse avec mes collègues.

-Il est fragile. Il risque de faire une crise.

-Tout va bien se passer.

-J'aimerais mieux aller au stade. Il y a un match.

-Je vais te présenter Camille.

-Elle aime le rugby ? -Je suis sûr que oui.

-Tout ça, c'est de ma faute.

-Pourquoi vous dites ça ?

-Je les ai abandonnés.

-Vous habitez à la manade avec votre femme ?

-Ca fait peu de temps que je suis revenu.

-C'est à cause de Ben que vous êtes parti ?

Ca ne doit pas être simple à gérer. -Vous n'avez pas idée.

-Alors vous avez laissé sa mère porter ça toute seule,

comme dans 80 % des cas avec un enfant autiste.

Classique.

-Je m'en veux tous les jours, mais ça ne répare pas.

-Le tee-shirt de Ben est au labo ? -Frank s'en occupe.

-Ca va ?

-Je suis persuadé que ce n'est pas Ben.

Ils se connaissent depuis toujours. Elle était éducatrice pour lui.

-C'est quoi ton hypothèse ? Il a découvert le corps ?

-C'est possible. Il dit qu'elle dormait.

Ca n'explique pas le porte-clés.

-On en saura plus après l'interrogatoire. Son psy va venir.

-C'est une erreur.

Ce serait contre-productif.

-Nous avons des procédures à suivre,

quelles que soient les situations.

Je préfère te prévenir, on fait à ma manière.

-OK. -Super.

Pour le concert,

comment tu as eu les places ? Ca fait 6 mois que c'est complet.

-Merde ! J'ai zappé un truc. -Les places ?

Ca fait des semaines que Thomas me dit :

"Je vais voir mon 1er concert avec papa !"

-J'ai une copine au Rockstore. -C'est à l'Arena.

-Ah oui ? Ca risque d'être plus compliqué.

-C'est toi qui l'annonces à Thomas. Tu te démerdes.

Tu te démerdes.

-Vous êtes libre, Mme Hamel. -Comment ça ?

-Nous avons trouvé un tee-shirt de Ben maculé du sang de Juliette.

-Mon Ben ne pourrait jamais tuer personne !

-Vous nous avez menti pour protéger Ben

alors qu'il est innocent ?

-C'est le coupable idéal.

Tout le monde le voit comme un monstre, depuis toujours.

-Laissez-nous faire notre travail. Nous ne voulons pas accuser Ben,

nous cherchons juste à comprendre ce qui s'est réellement passé.

-Le psy de Ben vous attend. -Vernet va vous raccompagner.

Merci, Eric. -Je peux voir mon fils ?

-En garde à vue, seuls un avocat ou un médecin peuvent le voir.

-Docteur, bonjour.

Merci d'être venu. Votre présence va rassurer Ben.

-J'ai de la peine à croire que Juliette ait pu être violente.

-Ben aurait pu l'être ? Un autiste pourrait être violent ?

-Il y a autant d'autismes que d'autistes.

Un autiste de haut niveau ne sourit pas naturellement.

C'est un apprentissage qu'il met en pratique,

pas forcément au moment adéquat.

-Mais pas Ben.

-L'autisme de Ben est plus classique.

Il a eu de la chance de rencontrer Juliette.

-Pourquoi ?

-Elle l'a amené à s'ouvrir à ce qui l'entoure.

Un autiste se désintéresse d'un univers qu'il ne comprend pas.

-C'est-à-dire ?

-Sans cette rencontre, l'autiste reste dans son enfermement.

Quant à la violence, oui, il peut y avoir des accès.

-Ben en a déjà eu ?

-Ca peut arriver quand il se sent frustré

ou acculé à faire quelque chose.

-Je vous demande une petite seconde.

Marchal ?

Marchal !

Vous n'auriez pas vu Marchal ? -Heu...

-Il est parti avec Ben ? -Oui.

Avec votre permission, non ?

-Non, sans sa permission. -On parie ?

-Paul, c'est Léa.

Reviens à la gendarmerie avec Ben.

On ne sait pas comment il peut réagir. Merci.

-Il a dit que ça le détendrait.

-Le détendre ? Ouais, bien sûr.

Camille, vous vous occupez du psy ?

Son téléphone sonne.

-Tu ne réponds toujours pas ?

-Je sais ce qu'elle va me dire.

Un jour, j'ai mangé un sorbet d'huître.

C'est dégueulasse !

-C'était une blague ?

-Non, je te jure. -L'huître est femelle et mâle.

Elle est hermaphrodite cyclique. Elle libère des gamètes dans l'eau.

C'est les huîtres laiteuses.

Je n'aime pas les huîtres laiteuses.

-Ouais, moi non plus.

Ben, j'ai retrouvé ton porte-clés.

-Merci.

-Tu l'as placé dans la main de Juliette ?

-Oui, elle l'aime bien et moi, j'aime bien Juliette.

Je l'ai mis dans sa main pour lui dire que j'étais venu la voir.

-Parfois, on se met en colère contre ceux qu'on aime bien.

Ca m'est arrivé plusieurs fois.

Et toi ?

-La colère est un sentiment normal. -Tu lui as fait du mal ?

Tu as vu quelqu'un qui aurait pu lui en faire ?

-Pourquoi tu ne veux pas de moi ?

Pourquoi tu ne veux pas de moi ? -Ben, tout va bien.

Qui lui disait ça ? -Pourquoi tu ne veux pas de moi ?

Pourquoi tu ne veux pas de moi ?

-Je suis d'accord, mais il fallait voir ça avec Pavard.

Paul ! Je vous rappelle en fin de journée.

Où est Ben ? -Avec Eric. Tout va bien.

-Tout va bien ?

Tu te fous de moi ?

-Ca va ! Je l'ai amené à la maison pour manger une glace.

-Je n'ai pas besoin d'un pétard ambulant !

-Un pétard ambulant ? Pas mal !

-Rends-le-moi. -De quoi ?

-Le porte-clés. Je sais que tu l'as pris dans les scellés.

-Ce porte-clés.

-Parce que tu l'as fait !

Tu es un grand malade !

Ce sont des scellés, Paul. Tu risques la mise à pied pour ça.

Je n'y arrive plus.

Tu joues les francs-tireurs,

tu ne respectes pas les procédures.

Je passe pour qui, moi ?

-Pour quelqu'un qui obtient des résultats.

Ben a été témoin de l'agression.

Il y a eu une dispute, comme on le pensait.

Juliette a été tuée par un amoureux ou un ex.

-C'est Ben qui te l'a dit ? -Ouais, à sa façon.

-"A sa façon" ! Je n'ai rien pour le procureur !

Tu m'énerves, Paul ! Franchement, tu m'énerves !

-Bon, j'y vais, moi. -Va gambader dans les champs

et faire des vices de procédure.

Ah tiens, au fait !

Les places de concert, tu en as ? -Non, c'est complet.

Je ne sais pas d'où il sort, ce groupe.

-Les Blue Parrots. -Tu connais ?

-Donc tu n'as pas de places ? -Ben...

-Ce n'est pas moi qui lui annonce. -Je ne te demande pas ça.

-Parfait, alors.

-Mais ce serait plus simple.

Ah non, même mieux !

Tu pourrais lui interdire d'y aller.

-C'est pathétique.

-Ouais, ce n'est pas faux.

-La porte !

Je n'y arrive plus. Je n'y arrive pas.

-Tu n'as pas des listes de fournisseurs de pneus à vérifier ?

-J'ai fini la moitié de la pile. Je sature.

Je finirai demain. Tu en es où, toi ?

-Juliette commandait souvent dans un restaurant japonais.

-Ca fait loin pour livrer à domicile. Sa manade est à 40 km.

-On va savoir où Juliette passait ses nuits.

-Qu'est-ce qu'il fout ? -Je ne sais pas.

-Salut ! -Ah, papa !

Dépêche-toi, on y va ! -Je n'ai pas eu de places.

-Quoi ? -On va aller voir autre chose.

-Comment ça ? -J'en étais sûre.

-Quoi ? -Tu es prévisible.

-Ce n'est pas grave. Des groupes, il y en a plein.

-Tu m'as menti.

-Non, je me suis trompé.

-Tu ne t'es pas trompé, c'est juste que tu t'en fous !

C'est ce groupe que je voulais aller voir !

-Je croyais que tu voulais qu'on aille écouter du rock,

quel que soit le groupe.

-Ce n'est pas du rock. -C'est de l'électro.

-Allez, Tom, viens.

-Je ne pensais pas que tu ferais ça.

-Alice...

-Ah, c'est toi. Salut. J'espérais tomber sur Léa.

-Tu es au courant que c'est mon ex et la mère de mes enfants ?

Aie un minimum de savoir-vivre et arrête de la draguer comme ça !

-OK.

-Tu as avancé ? -Ouais.

Le coup au visage a été porté avec le revers de la main.

-Ca veut dire que celui qui a fait ça est droitier.

-Exactement. -Droitier.

-On s'est relayés toute la nuit pour rester avec lui.

Il n'a pas décroché un mot. -Merci, Camille. Je m'en occupe.

Salut, Ben.

-Salut.

-Tu ne me demandes pas ce que j'ai mangé ce matin ?

J'ai ramené un pot de confiture de la maison.

Je n'arrive pas à l'ouvrir.

Tu pourrais m'aider, s'il te plaît ?

Merci.

Ce n'est pas lui, le coupable. -Pourquoi ?

-Il est gaucher. -Il est gaucher, donc innocent ?

-Vous pensez qu'on va réussir

à faire dire à Ben qui il a vu ? -Passer la nuit ici,

ça l'a fait se replier sur lui-même.

-Pardon, nous n'allons pas manger des glaces avec les suspects.

On est mauvais !

-Au moins, je ramène des infos.

-C'est toujours comme ça, entre vous ?

-Si Ben a vu l'assassin de Juliette,

il est plus en sécurité ici. -Oui.

-Qu'est-ce qu'on a d'autre ? Les pneus.

-Chou blanc pour le moment.

Erwan ratisse les concessionnaires. On a trouvé le secret de Juliette.

-On vous écoute.

-Elle se faisait livrer des sushis à Montpellier.

-Chez qui ? -Chez elle.

En revanche, l'appart est loué au nom de Cécile Morin.

-Cécile Morin ? Elle travaille à la manade.

Elle a dit qu'elle connaissait à peine Juliette.

Son téléphone sonne.

-C'est papa. Je réponds ? -Non, il me soûle.

-C'est juste un concert.

-Non, c'est le concert que j'attendais depuis des mois.

...

-Café ?

Café ? -Yes !

-Tu es con ou quoi ? -Regarde !

Un garagiste a monté des pneus Sahara sur un 4x4 blanc.

Il appartient à Morelli,

l'autre gros manadier du coin. -Je préviens Soler.

-Juliette m'a demandé de lui sous-louer l'appart.

Je n'ai pas pu refuser.

-Pourquoi vous n'avez rien dit ? -Daurier, avec elle, il est cinglé.

S'il l'apprend, il me vire !

-Nous avons retrouvé des cartes postales signées Roméo.

Roméo, Juliette... Vous savez qui ça peut être ?

-Elle avait un mec mais je ne sais pas qui c'est.

-Je suis sûre du contraire.

-Elle m'a juste dit que si son père savait qui c'était, il serait fou.

-Morelli, ça vous parle ? -C'est notre principal concurrent.

-Concurrent en quoi ?

-Morelli et Daurier se tirent la bourre avec leurs taureaux.

-Vous pourriez m'expliquer ?

-Le championnat se passe dans les arènes.

Il faut enlever la cocarde du taureau.

-C'est une histoire de renommée ? -Et d'argent.

Daurier est le meilleur.

On le paie 3 000 euros, 6 à 7 fois dans la saison.

-On n'est pas loin des 20 000 euros.

-Tu ne veux vraiment plus me parler ?

-Tu as mangé quoi au petit déjeuner ?

Tu as bu du café ? Tu aimes le café.

-J'aime le café et les croissants. -Mais pas les glaces à l'huître.

-Non.

-Tu es triste ?

-Ouais, je suis triste.

Je me suis disputé avec mon fils. -C'était de ta faute. Ta faute.

Juliette aussi, elle s'est disputée.

-C'était hier ou avant ? Non, ce n'était pas hier.

Hier, Juliette était seule quand tu l'as vue dormir par terre.

C'est à un autre moment que tu l'as entendue se disputer.

Il lui a dit : "Pourquoi tu ne veux pas être avec moi ?"

Aide-moi, Ben. C'était quand ?

-Il faisait nuit. Je n'arrivais pas à dormir.

Je me promenais dehors. Je ne dois pas me promener seul.

-Tu as vu avec qui elle était ? C'est très important pour moi.

-Tu m'aimes bien, Paul ?

-Ouais. Je t'aime beaucoup, Ben.

Je te ferai un dessin, un jour. J'aime bien dessiner.

Surtout les visages. J'aime bien dessiner les visages.

...

-Alors le voilà,

Gadjo, votre champion. -Un cocardier de ce talent,

c'est rare d'en produire un !

Ca fait quelque chose de voir son taureau dans l'arène.

-Quels sont vos rapports avec Morelli ?

-On ne se fréquente pas.

-Vous vous êtes disputés, dimanche dernier, aux arènes.

-Les disputes entre manadiers, c'est tous les dimanches.

-Il vous a accusé de payer ses gens pour ne pas travailler son taureau.

-C'est des conneries. Qui vous a raconté ça ?

-Mal entraîné, son taureau ne pouvait pas gagner.

-Et le rapport avec le meurtre de ma fille ?

-Pourriez-vous rapporter rapidement un échantillon de l'urine de Gadjo

à la gendarmerie ?

-Vous pensez que Morelli a voulu tuer mon taureau ?

Et ma fille, qui l'a tuée ?

-Je cherche, M. Daurier. Et qui cherche trouve.

-Trouvez vite.

-Erwan, allez me chercher Morelli. Je suis curieuse de l'entendre.

Merci.

Hou là ! C'est quoi cette tête ?

-Il y a des jours, j'en ai marre de ce métier.

-D'accord.

-Ben m'a dit qui était Roméo.

...

-C'est ma pire erreur.

-Votre relation avec Juliette ou nous mentir ?

-Les 2. Je ne suis pas parti de chez moi pour rien.

Ca s'est fait comme ça, après.

Tout était devenu difficile, à la maison.

-Vous avez joué l'insouciance. Une maîtresse, une nouvelle vie.

-J'ai déconné. J'ai tout arrêté pour revenir auprès de ma femme.

-C'était quand ? -J'ai rompu il y a un mois.

Juliette ne voulait pas croire que ça se termine comme ça.

Elle me relançait tout le temps.

-"Pourquoi tu ne veux pas de moi ?"

Cette phrase, c'est Juliette qui l'a prononcée ?

-Ouais.

C'était devant le mas.

Il était tard. Brigitte était sortie.

J'ignorais que Ben était là.

C'est ça le plus dur.

Il a découvert ce que j'ai fait.

-Le plus dur pour qui ?

Pour Ben, pour votre femme, Pour Juliette ou pour son père ?

-Je ne l'ai pas tuée !

-Que faisiez-vous à 4h du matin ? -J'ai dormi chez moi.

-Ce n'est pas un alibi valable.

A compter de ce jour,

vous êtes placé en garde à vue pour le meurtre de Juliette.

Il est à vous.

-Alors, ça donne quoi ? -Il dit qu'il est innocent.

On va le laisser réfléchir.

Des nouvelles d'Erwan ? -Non, il est où ?

-Chez Morelli, le propriétaire du 4x4 blanc.

Tu t'es encore bloqué le cou ? -Comme à chaque fois.

Je t'offre un café ? -C'est gratuit, Paul.

-Tu sais, Thomas ne veut plus me parler.

-Il m'a dit ça. -Pour un concert !

-C'est le concert qu'il attendait depuis des mois.

-Tu peux lui parler ? -Non.

-Allez, raisonne-le !

Quand il dit que tu es chiante, je le raisonne.

-Ah ouais ? -Ouais.

Je lui dis que c'est ton caractère. -C'est ce que je lui ai dit !

Ca va ! Je le connais, mon fils. -Notre fils.

-Tu sais quoi ? 6 mois, grand max. Son téléphone sonne.

-Ouais ? Allô, Erwan ?

-Capitaine Marchal. Oui. Oui, je suis chez Morelli.

Vous avez une formation de négociateur, c'est ça ?

Super. Vous pouvez venir m'aider ? Oui, c'est assez urgent.

Je vous attends. Non, je ne bouge pas.

-On a les analyses d'urine du taureau.

Chargé comme il l'était,

c'est un miracle qu'il soit encore debout.

-Juliette recevait des cartes avec juste la signature "Roméo".

-Pour draguer, je préfère une jolie photo.

-Tu fais dans la dentelle, toi. C'est bizarre, ces cartes !

Les arènes, la Maison Carrée...

Que des cartes de Nîmes. -D'après les cachets,

Hamel n'était pas encore son amant. -Hamel n'est pas le bon Roméo ?

-Les plans de ce genre, c'est le kif du commandant Soler.

-Elle ne répondait pas. -Vos gueules !

-Qu'est-ce que vous espérez, M. Daurier ?

-Qu'il avoue ! Il n'y a que lui qui peut vouloir ça !

-Vouloir quoi ?

-Me faire du mal.

Empoisonner mon taureau et tuer ma fille.

-Il est dingue ! -Il avouera, mais de façon légale.

-Il va prendre quoi ? 10 ans ? J'ai perdu ma fille pour toujours.

-Mais Jean !

Je te jure que je n'y suis pour rien.

-Enfoiré, tu vas crever !

-Juliette n'aurait pas voulu ça.

Elle n'aurait pas voulu que vous deveniez un assassin.

On va trouver qui a tué votre fille mais il faut nous laisser faire.

Allez.

Voilà.

Erwan ?

-Je n'ai pas bougé de la nuit.

Vous pouvez vérifier.

-Alors qui était au volant de votre voiture chez les Daurier ?

(Excusez-moi, je n'ai pas entendu.)

-Marius Garcia.

-Le raseteur ?

C'est à lui que vous avez demandé d'empoisonner Gadjo, le taureau ?

-Mon taureau était meilleur que Gadjo. Il devait gagner.

-Daurier a payé les raseteurs pour ne pas le travailler.

-J'ai perdu beaucoup d'argent.

Gadjo mort, le problème était réglé.

-Qu'avez-vous promis à Marius ?

-500 euros. Il avait un compte à régler avec la famille Daurier.

-Ah oui ? -Il était amoureux de la petite.

Daurier a pété un câble quand il les a vus ensemble.

-M. Garcia ?

Vous avez changé de véhicule ?

-Pourquoi vous me demandez ça ? -Vous ne circuliez pas en 4x4 ?

On a quelques questions à vous poser.

-Vous avez 24 ans. Vous êtes champion de course camarguaise.

Vous attrapez, au péril de votre vie,

des cocardes placées entre les cornes des taureaux.

Ce doit être une sacré dose d'adrénaline !

-Je suis ici pour quoi ?

-Morelli vous a payé pour droguer Gadjo,

*le taureau des Daurier. *-Pourquoi vous le croyez ?

*Parce qu'il est riche ?

*-Vous auriez une affaire à régler avec les Daurier. C'est quoi ?

Vous vivez à Nîmes, c'est ça ?

Vous ne seriez pas l'expéditeur des cartes que recevait Juliette,

signées "Roméo" ?

Garder le silence ne vous servira pas.

Il y a vos empreintes sur ces cartes.

-OK. On était ensemble mais on se cachait.

*Son vieux ne voulait pas. C'est pour ça que je n'ai rien dit.

Je ne voulais pas qu'il l'apprenne.

Il ne voulait pas de vous.

Vous n'étiez pas assez bien ? Le petit gars des tours de Nîmes,

ancien voyou.

Pas très juste, tout ça.

-Les mecs comme moi, c'est bon pour se faire encorner,

pas pour épouser la fille du patron.

-Dans les histoires, l'amour est plus fort que tout,

mais pas cette fois.

Juliette vous a quitté pour un autre.

Qu'est-ce qui t'a pris, Marius ?

Tu lui as fracassé le crâne !

-Je ne l'ai pas frappée. -Elle avait le crâne fracassé.

-Non.

C'était...

C'était une gifle, c'est tout.

J'étais à bout. Elle me rendait dingue.

C'était une gifle.

*C'était juste une gifle. *-C'était un accident, c'est ça ?

Marius, il va falloir me dire exactement ce qui s'est passé.

-J'étais dans l'enclos, avec Gadjo.

Je me retourne et je la vois.

Elle était là.

*La tête qu'elle a fait, quand elle a vu la seringue !

*-Elle a dû se sentir trahie.

-Tout ça, c'est de sa faute.

Si on était restés ensemble, je n'aurais jamais fait ça.

Parce que moi...

Moi, je l'aimais, Juliette.

Vous savez ce qu'elle m'a dit ?

Elle m'a dit que son père avait raison.

Que je n'étais qu'une racaille.

-Et la gifle est partie.

-Merci pour tout, capitaine. -Il n'y a pas de quoi.

-Je t'ai fait un dessin. J'aime bien dessiner.

-Merci, Ben !

-Pour ton fils, dis-lui pardon.

Dis-lui pardon.

...

-Qu'est-ce que tu veux ?

-Je venais m'excuser.

Je suis désolé.

J'ai été égoïste.

J'avais très envie qu'on aille à un concert ensemble,

comme quand j'étais gamin.

Je n'ai pensé qu'à moi. J'ai ignoré ce que toi, tu voulais.

C'est nul. Je suis nul. Je te demande pardon.

-C'est bon, on va y aller, à ton concert de vieux.

Ca me fait plaisir.

Sous-titrage MFP.

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