All language subtitles for c-est-pas-moi-c-est-lui.1980

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Original subtitles

Sous-titrage

ST' 501

Il y a un beau toutou à son papa ça ! Allez Aldo, va chercher !

Mon enfant, es-tu un garçon, es-tu une fille ? Dire que je n'en sais rien.

Mais qui que tu sois, tu te demandes sûrement ce que fout ton père dans le

désert.

Il faut que tu saches que je n'ai pas toujours été un enfant du désert.

Avant d'être arabe, ton père était nègre.

Mais ceci est une longue histoire.

Un nègre dans le cinéma, c'est quelqu'un qui écrit des films et qui ne les signe

pas. Un état humiliant que ta grand-mère supportait encore plus mal que moi.

C'est lui qui l'a écrit.

C'est mon fils.

Oh ben quoi, il n'y a pas à le cacher, c'est toi. Il n'y a pas à le crier non

plus.

Oui, c'est tout à fait toi, Insta.

Il faut le trouver.

Silence !

Mais

si, rappelle-toi, tu me l'as raconté quand j'avais ma flémite. On s'en fout,

madame.

Oui, vous avez raison.

Écoutez, écoutez.

On s'en va.

Oui, mais si je ne le dis pas, personne ne saura jamais que c'est toi qui l'as

fait.

Son nom n'est jamais écrit nulle part à ce pauvre petit.

Qui dit nègre, dit esclave.

Et mon esclavagiste à moi, c'était lui, Georges Vallier.

Ah, c'est toi. Entre.

C'est un scénario, tout de suite ? Oui. J'ai travaillé jusqu'à 4h du matin et

toute la journée. Parfait, parfait.

Dis donc, mon grand.

Les producteurs sont là.

Et bien sûr, tu préfères qu'on ne me voit pas.

C'est l'éternel problème, ça. Doit-on savoir avant ou non ? C'est la théorie

du seau d'eau.

La théorie du quoi ?

Vous allez comprendre.

Charles ? Qu'est-ce que je donnerais pour qu'il me voit au moins une fois ?

Et maintenant, supposez que vous ignoriez la présence du seau.

Qu'est-ce que tu fous là, toi ?

Première théorie, vous ignoriez la présence du seau. Doux effet de surprise

égale rire.

Deuxième version, un peu moins primaire, dirais-je. Vous connaissez l'existence

du seau. Et bien sûr, lui, il ne la connaît toujours pas.

Tenez, mon petit Charles.

Puisque vous êtes si dévoué.

Oui, oui, oui.

Vous riez d'avance de le voir arriver tout guiré.

Souriez, Charles.

Souriez.

Nous savourons ce que nous savons être l'inéluctable dénouement.

Entrez, Charles.

On vous attend.

Rire.

Et voilà, vous connaissez le dilemme maintenant. Merci, Charles, prédisposé.

Messieurs, si monsieur le permet, je crois que monsieur n'a pas fait le tour

de la question.

Oui, non, mais c'est fini, ils ont inséré.

Laissez-le parler, Vallier, on sait jamais.

Ces domestiques vous en sortent parfois d'impayables.

Je voudrais vous signaler une troisième version, plus élaborée, plus

Hitchcockienne, dans la mesure où elle fait appel au suspense.

Pardon.

Si monsieur veut bien aller à son tour dans le couloir. Comment moi ? Mais vous

êtes fou, Jean.

Bah non, vous faites pas prier, Valier.

Mais oui, le seau est vide.

Je mets le seau sur la porte.

Monsieur ne le sait pas, j'attends l'arrivée de monsieur.

Je me dis... Mais qu'est-ce que fait monsieur ? J'attends, j'attends.

Mais il en met un temps, monsieur.

Monsieur ! C'est vrai que cette version est plus inattendue. Faut que tu signes

papa, c'est très important.

C'est pas le moment.

Et encore là, vous riez moins parce que le seau est vide.

Bon alors c'est fini.

Quatrième version.

Ça change tout avec de l'eau.

Tu comprends ? J'en ai marre que tu me caches comme une maladie honteuse.

Je suis ta syphilis.

Tu me dis ça justement au moment... Au moment quoi ? Une invitation à un

cocktail que donne Aldo Barazzuti.

Je vous l'étais demandé d'y aller à ma place.

Aldo Barazzuti, tu te rends compte ? C'est l'acteur italien qui marche le

plus en ce moment.

Mais qu'est-ce que c'est ?

J'avais mis un bouchon, il a dû sauter.

Ça

y

est, elle est noyée.

Nous aussi.

Je vais aller voir.

C'est qui

ce

déjà ? Monsieur Georges Vallier.

Qui ? Monsieur Georges Vallier.

Heureusement. Qui ? Oh là là !

Alors ça, ça me fait très, très, très plaisir.

Aldo Barazzuti, mes hommages.

Quel honneur, quel honneur ! Vous savez que j'ai beaucoup d'admiration pour

vous. Pour moi ? Mais oui.

Vous permettez que je vous l'emprunte quelques instants ? Comme ça, on va

bavarder un petit peu. Essayez-vous, de l'autre côté.

Voilà, voilà.

Alors comme ça, vous savez tout sur moi.

Bien sûr.

Je suis venu à Paris depuis quelques jours et je sais beaucoup de choses sur

ce qui se passe ici.

Je sais qui est qui et surtout qui fait quoi.

Croyez-moi.

Mais alors, vous savez Valier, tout ça ? Mais je sais tout, Valier, tout ça,

je... Mais... Qu'est-ce que ça se passe ici ? Oui, c'est curieux.

Eh bien, on y va ailleurs.

Alors, est-ce que vous aimez ma maison ? Très, très bien.

Voilà.

Martin.

Non.

Eh bien... Ah, tous les deux, tous les deux.

Voilà, c'est ça. Merci.

Ça fait longtemps que je vous suis de loin.

Vous êtes la personne avec qui j'aimerais le plus faire un film ici.

Avec moi ? Mais oui, avec vous.

Pourquoi ? Vous avez l'air surpris.

Non, mais... C'est sur le canapé que... Oui, mais qu'est-ce que c'est, cette

canapé ? Qu'est-ce que c'est, cette canapé ? Non, monsieur, je m'excuse.

Monsieur ! Mais qu'est-ce que c'est, cette camelote ? Je me sors.

Ah, madame, voilà.

Votre mari est trop modeste, il est plus connu qu'il ne pense.

C'est vrai, je lui dis toujours qu'il est trop modeste. Tu es un tournevisant,

papa.

Qu'est-ce que c'est ?

Je ne

comprends

pas. On m'avait dit que...

Je suis

désolée,

mais je ne me sens pas très bien.

Justement, on se ramène dans les canapés Louis XV.

N'insiste pas.

Je suis désolée, mais nous devons partir.

Oui, vous avez raison.

Eh bien, chère madame, mes compliments.

Chers messieurs, on s'appelle demain.

Je vous dis que c'est pas valier ! Je vous

dis que c'est pas valier !

Pourquoi vous criez comme ça? C'est énervant.

Valier, c'est un petit brin.

Quelle misère.

C'est malhonnête, ça. Cet homme est un escroc.

C'est faire passer pour valier.

C'est faire passer pour valier.

Ah, qui vois-je paraître dans ce temple de l'effort physique ? J'ai parlé, c'est

important.

Mais je suis tout doué, mon grand, tout doué.

Je viens de dire que... J'arrête. Et on peut savoir ce que tu rêves ? Votre

collaboration. Ou plutôt, mon exploitation.

Parce que moi, j'en ai marre des vos vies. Des quiproquos, des histoires de

placard. Ah bon, parce que pour toi, mon oeuvre se résume à votre vie.

T'appelles ça comment, toi, l'histoire d'un type ? T

'appelles ça comment, toi, l'histoire d'un type qui couche avec le meilleur

ami de sa femme ? Et qui sait pas que la femme du type avec qui il couche, couche

avec la sienne ? T'appelles ça comment ?

Une comédie de mœurs bien troussée.

Et pas dorénavant.

Tes comédies de mœurs, tu te les écriras tout seul.

Si tu arrives.

Faut que tu signes ça, papa.

Tu vois bien que je suis occupé.

M. Barazzuti.

Ah, c'est vous.

Comment ça va?

Très bien, merci.

Eh bien, asseyez-vous, M.

Georges Vallier.

Qui, moi?

Oui, oui, asseyez-vous.

Bon.

Vous permettez que je vous appelle Georges Vallier Barazzuti.

Ça fait très cérémonieux. Et puis, quelle importance, les noms. Ce qui

compte, c'est les hommes qu'il y a dessous.

Alors, vous voulez écrire un générique pour moi. Vous avez mille fois raison.

Un film d'Aldo Barazut écrit par Georges Vallier, superbe affiche, non ? À

propos, je pensais à une chose très importante.

Moi, ce que je veux, c'est que mon auteur, il soit bien détendu, à l'aise,

et dégagé de tous les soucis.

Que diriez-vous d'aller quelque part, juste vous et moi ?

Un coin isolé, loin du téléphone, loin de tout, on sera bien.

J'ai entendu parler d'un petit hôtel en Tunisie, bien calme et bien paisible, où

l'on peut se donner au travail, une espèce de retraite monacale.

La petite peau.

Là, oui, une espèce d'orsice.

Enfin, c'est une image, parce que quand je travaille, je m'en fous du décor.

Je ne lève pas la tête au-dessus du papier, car il faut que je vous dise,

mon cher Valier, ah, voilà que je vous appelle encore Valier.

Il faut que je perce ça l'habitude, Georges. Mon cher Georges, pour moi, un

chénario, c'est le 10% d'inspiration et le 90% de transpiration.

Un petit coup de polissoire.

Je sens qu'on va bien s'entendre tous les deux. Vous avez du caractère et je

aime ça.

Mais qu'est-ce qu'elle a encore fait, la sale bête?

plus me passer des toits.

On se tait quand on est un vilain chien.

Oh non, sérieusement, Valérie, viens avec moi.

Tu sais, mon toutou, moi je suis pas libre.

Mais quelques jours sous le main, Valérie. Ici, on est toujours pressé.

Il faut tout le temps que je regarde la patte. C'est une vue de chien, tu te

rends compte, tous les deux au soleil.

On fera des grandes promenades.

Valérie, je dormirai au pied de ton lit, comme ça.

Et ta femme?

Qu'est-ce que tu vas lui dire à ta femme?

La vérité.

qui je parle avec l'auteur français numéro un, et qui peut travailler qu'au

soleil. Mais t'es sûr qu'elle viendra pas avec toi?

Elle y peut pas, la vieille.

L'asthme. Mais il est malin, mon gros toutou, quand il veut.

Oh, Valérie.

Quand tu me regardes comme ça, avec tes yeux de chien battus, moi, j'en peux

plus.

Mais tu veux lâcher ça?

Ça va pas, non, la mort du cygne à neuf mois ? Il n'y a pas d'âge pour les

cygnes.

Charlotte ! Je suis une danseuse.

Je suis faite pour être un cygne et pas une poule pondeuse.

Le cygne est mort.

Tu es content ? Baradzouti ? Ça va très bien, mais il y a un petit

problème.

Maître Raoul de Gros, ici, au tribunal de Paris. Puis-je entrer ?

Monsieur Renaud, je suis heureux de vous informer que je viens procéder à la

saisie de vos meubles.

Je vous en prie, messieurs.

Faites votre devoir.

Comme vous avez cru devoir rester sourd à mon commandement le plus impératif, je

me vois contraint aujourd'hui.

Au nom du ministère de la Justice.

Et en vertu de l'article 592 et suivant du code de procédure civile, qui stipule

formellement que... Qu'est-ce que c'est ?

La table, là. On peut pas la bouger.

Allô, allô.

De grands gaillards comme vous, voyons.

Qu'est-ce que ça veut dire ? Le fauteuil, là.

Vite.

Il est brûlé.

NON !

C'est quoi cette comédie ? Je voudrais préalablement vous entretenir de la

notion juridique qui distingue le mobilier de l'immobilier.

Le mobilier, du latin mobilis, mobile,

implique donc que la saisie mobilière est parfois de conséquence la saisie

de ce qui bouge.

Justement ça.

C'est immobile. C'est donc de l'immobilier. Du latin, immobilis.

Qui ne bouge pas.

On se reverra.

Il bouge.

Il a bougé. Là.

Je l'ai senti.

C'est quoi le problème avec Baradzouti ? C'est

-à-dire qu'il veut qu'on aille en Afrique pour écrire.

Alors tu vas partir ? Pour longtemps ? Deux, trois jours.

C'est pas long.

Puis c'est important pour ma carrière.

Du moment que je suis là pour son arrivée.

Mon plan, quoique audacieux, était simple.

J'écrivais un superbe scénario, je laissais Barazzuti pantelant devant mon

talent et mon imagination, et je lui révélais alors ma véritable identité.

Il me suffisait pour ça d'être le beau Georges Vallier quelques jours.

Tu es venu, mon petit pigeon.

Comme c'est gentil, ça.

Chère madame.

Monsieur Vallier, il faut que je vous dise quelque chose.

Ouvre ta valise, toi.

Comment, ici ? Oh là là, mon asthme.

Ouvre, je te dis. Oui, ma tourtourelle.

Vous savez, vous avez affaire à une énorme... Je le sais mieux que personne,

madame.

Mais ce que vous ne savez pas, peut-être, c'est que c'est aussi un

énorme paresseux.

Qu'est-ce que c'est que ça ?

Tu n'as pas besoin de ça pour travailler.

Mais non.

C'est le pire que la douane.

Vous savez, s'il a fait des difficultés pour travailler, téléphonez-moi.

Madame, je ne doute pas que... Oh non, non, j'insiste.

Tu ne pars pas en vacances.

Non. Et ça, c'est un stylo, ça?

Mais mon petit pigeon, si je voulais prendre des vacances, je ne partirais

pas avec monsieur Josvalier.

Et avec qui tu partirais?

Mais avec toi, ma tourtourelle.

Voilà.

Vous savez qu'est-ce que c'est les femmes. Départ à destination de Tunis,

vol Tunisair 731.

Embarquement immédiat pour... On n'en aurait pas tellement besoin. On y va

avant tout quand même pour travailler.

Valérie, amore mio.

Qu'est-ce que c'est, ça ? C'est le Titi à Valérie, ça.

Allez, dis bonjour à Aldo, Titi.

Dis-lui bonjour.

Et alors ? Il n'y a personne qui m'ouvre la porte, à moins ? Qu'est-ce que c'est,

cet hôtel ?

Le temps de se changer, on se met au travail, mon cher Aldo. Oui, oui.

Qu'est-ce que c'est chic, alors ? Ça ira

très bien.

Très bien.

Eh ben, dis donc, ils vous ont paillaté, hein, Valier ? Oh là là, mais c'est

riquiqui, ce truc.

Ben tiens, je vais le raconter à Aldo, il va bien rigoler.

C'est ce que je disais.

Qu'est-ce que ça veut dire ?

Vous n'avez quand même pas la prétention de mettre Georges Vallier dans ce study,

non ? Ah, mais il faudrait voir quand même la réception. Appelez-moi la

réception tout de suite.

Allô ? Allez-moi ça.

Non, mais...

Mon chéraldo, y asseyez-vous.

Attendez, je finis une petite séquence.

Asseyez-vous, je crois qu'on va être très bien ici pour travailler.

Si on n'est pas bien ici, je ne sais pas où on sera bien.

Voyez-vous, mon chéraldo, depuis que j'ai eu la chance de vous rencontrer,

même pendant tout le voyage, asseyez-vous, asseyez-vous.

J'ai beaucoup réfléchi à votre personnage et j'ai quelques réflexions à

vous faire avant que nous commencions à l'écrire.

Elle est superbe, cette chambre.

Hein ? Je dis qu'elle est superbe.

Euh... oui.

Oui, elle est... Ah ben, c'est-à-dire que vous savez que quand ils ont su que

j'étais valier, alors... Ah, parce qu'ils ont su que vous étiez valier ?

Euh... oui, pourquoi ? Rien.

Oui, alors je vous parlais de votre personnage et nous abordons là un point

très important.

L'entrée.

Ah, finalement.

Oh là là, elle est super cette chambre.

On le sait déjà ça. On est là pour travailler.

Oh, c'est immense, dis donc ça.

Alors, qu'est-ce qu'il a mon personnage ? Rien.

Rien.

Je veux dire, rien. Il n'a pas rien. Il est même bien. Il est même très, très

bien. Non, ce que je voudrais dire, c'est qu'il faudrait analyser les

composantes. Eh bien, dis donc, c'est Hollywood, la salle de bain.

Oui, mais... Ah oui, les composantes. Il faudrait... C'est une vraie piscine qu

'il a, le monsieur, hein, Titi ? C'est qui, la star, ici ? Oui, c'est vrai.

C'est ça que je me demande moi aussi. Qui c'est, la star, ici ? Mais c'est

vous, mon cher Aléto. C'est moi. C'est vous.

Oui, oui, j'ai compris.

Allez.

Je veux bien admettre qu'après cette matinée de travail, on se voit un peu

fatigué. Et je veux bien reconnaître que... Pardon ? Non, je le disais,

je veux bien admettre qu'on se voit un peu fatigué, mais demain, on travaille.

Mais oui, on n'est pas un jour près.

Ah,

les voilà, ces deux.

Les journalistes.

Monsieur Vallier, c'est vous que je voulais voir.

Vous n'aurez pas un interview ? Non, vous ? Bien sûr, mais bien sûr. Rendez

-vous. Je suis content de vous rencontrer.

Je voulais vous... On va s'éloigner un peu.

Ils

ont

vraiment rien à se mettre sous les dents.

C'est complet bon. Alors maintenant, on passe au fond.

Une photo avec le pied sur la chaise. Une autre maintenant, debout, avec le

pied sur la chaise.

Une autre, debout sur la chaise. Comme ça. Très bien.

Et la quatrième, alors vous reculez maintenant et vous vous mettez debout

là. Très bien. Avancez. Voilà, très bien. Les bras croisés.

Très bien. Décroisez les bras.

C'est parfait.

Très bien.

Mais ça fait rien si personne ne reconnaît mon toutou.

Basta. Arrête.

Qu'est-ce qu'il fait, cette connard, alors ? Bon, c

'est à Roger. Ils sont d'accord pour vous interviewer demain.

Vous êtes trop bon.

Dis donc, tu pourrais le remercier. Ça n'a pas dû être facile.

Personne ne te connaît ici.

Pourquoi tu fais la tête ? À tout hasard.

Vous savez à qui vous parlez ? Au grand Aldo Barazzuti.

Allez-vous galer plus loin, monsieur Barazzuti.

Qu'est-ce que c'est, cette paille de merde ? Ils ont pas de cinéma, ici.

C'est sincère.

Bon,

moi, je vais ranger la voiture.

Dépêche-toi. On n'est pas en pièce.

Oui, oui, vite, vite.

Qu'est-ce que t'as rigolé tout le temps ?

Regardez, vous voyez le monsieur là-bas, qui a une chemise bariolée avec un

bandeau. Eh bien, il y aura... il y aura un, un dinar, chacun un pour toi.

Tiens, si vous...

Elle

n'est pas là, Valérie ? Non.

Elle commençait à m'énerver, je l'ai envoyée faire un tour.

C'est dommage.

Pourquoi ?

Vous savez que vous êtes très connu ici.

Vous vous foutez de moi ? Moi, tout à l'heure, j'ai rencontré des Tunisiens

qui vous avaient reconnu. Ah oui ? Et m'ont reconnu ? Ah oui.

Un autographe, monsieur Barazouti.

Qui, moi ? Oui, monsieur.

Ça, c'est bien.

Alors, qu'est-ce que je vous avais dit ? Oui, mais un gosse, ça veut rien dire.

Un autre gosse, monsieur Boretti.

Tu as reconnu Aldo Boretti ? Bravo, bravo.

Donne-moi.

Mais qu'est-ce qu'il fait, Valéry ? Il est jamais là, Valéry ? Bien, tiens.

Voilà.

Je parie que toi aussi tu veux une autographe d'Aldo Barazzutti, hein, ma

petite canaille. Ecoutez, laisse Monsieur Barazzutti tranquille. Laissez,

laissez. Quand on est une star, il faut supporter les inconvénients, n'est-ce

pas ? Tiens, mon petit.

Champagne ! Mais c'est pour moi, ça.

Mais oui, Valérie. Alors, mon Dieu. Bon, allez.

Dès qu'on arrive au travail.

Il veut monter sur le lit à sa maîtresse.

Il sait bien qu'il ne peut pas monter sur le lit à sa maîtresse.

Non, il n'a pas le droit.

Mais qu'est-ce qu'il fait là ? Aïe ! Qu'est-ce que lui prendre à ses

albettes, hein ? Titi ! C'est vilain, hein ? T'es pas tout seul ici.

Allez.

Mets-le dans la salle de bain.

On ne peut pas être tranquille ici.

Ah non, il n'y a pas de raison.

Allez, Titi, sage, hein ? Ça y est, t'embêtes plus, maintenant.

T'es sûre ? Oui.

Salvette ! Titi, couchez ! Couchez, couchez, couchez, tu vas voir, couchez !

Et qu'est-ce qui se passe ? Ben c'est Aldo et Titi, ils se sont battus.

Comme des chiens.

Aldo et Titi ? Oui, ben moi c'est fini, je veux plus le voir, hein, ce type.

Ça vous emmerde pas si je dors ici ? Et ?

Bonjour. Ça va ? Vous travaillez bien ? Oui, oui, ça va.

Tu rentres toujours après-demain ? Oui, pourquoi ? Parce que tu risques de

trouver l'appartement un peu vide à ton tour.

Mais qu'est-ce qui se passe ? Maître Degros a trouvé un article du Code qui

permet de faire bouger l'immobilier.

Ça me gêne pas.

C'est plutôt l'électricité. Mais quoi, l'électricité ? Ben, ils l'ont coupée

aussi.

Comme le gaz.

Quoi que je m'en sors très bien avec le camping-gaz.

Finalement, c'est pour le téléphone que je me fais le plus de soucis.

Je sens qu'il tient un carré-fil.

Mais ne t'inquiète pas.

L'essentiel, c'est que tu travailles bien.

Oh, mais pour ça, ne t'inquiète pas.

Hein ? Non, je dis oui.

Qu'est-ce que c'est ? C'est rien, c'est des chacals qui aboient dans le désert.

Il s'en est plein en cette saison.

Oh, moustique ! Charlotte, Charlotte, mon âme est perclue de remords

de te savoir si loin, si seule, si enceinte. Vous n'avez pas froid aux

pieds, vous ?

Titi, il est puni.

C'est pas comme un homme, hein, Titi.

Je peux mettre mon pied là ? Là ? Ben oui, là.

Ben oui, mais là, c'est plus pareil que quand vous m'avez demandé si vous

pouviez mettre là.

Je vous emmerde, hein ? Mais alors, si vous pouviez me réchauffer les épaules,

peut-être que j'ai aussi le temps.

Oh ! Oh, la vache ! Oh ! Oh, comment ça fait mal ! Mais qu'est-ce qu'il

y a ? C'est la goutte. Ça rentre dans le pouce et paf, ça vient.

Fougoudou, fougoudou, ça lance.

La vache ! Quand je pense que dans le journal, ils disaient que Valier est un

séducteur... Séducteur, séducteur... Dans la rue...

C'est vrai, je l'ai lu aussi.

Alors, qu'est-ce qu'il attend, le roi des animaux ? Mais j'ai du mou dans les

griffes.

Mais je vais te les aiguiser, moi.

Il est fatigué, le lion, ce soir.

Bon, c'est pas fini, le safari ? Il s'en va se terrer, comme une bête blessée

dans le noir.

On respire bien ici.

Cette fois-ci, je le tenais entre quatre yeux.

Il ne pouvait plus m'échapper. Je sentais qu'une bonne journée de travail

intensif nous attendait.

Je sais que ce n'est peut-être pas votre personnage, mais... Allez, je vous en

parle. J'ai depuis longtemps un scénario en tête.

C'est l'histoire d'un prêtre ouvrier qui se trouve mêlé à un grand conflit

social. Vous avez sûrement entendu parler des problèmes de restructuration

dans les Assyries lorraines.

Bon. Je vous écoute, je vous écoute. Vous comprenez, ça fait des années que

le cinéma français est enfermé dans les placards de votre ville. J'aurais tort

de m'en plaindre, puisque j'y ai trouvé gloire et fortune.

Certes, certes.

Mais voyez-vous, je suis là de, comment dirais-je, de ces éternelles histoires

de Marie trompée, je pense.

qu'il serait temps d'aborder dans notre film les problèmes actuels. Le chômage,

la mort, l'euthanasie, toute chose qui n'exclut pas forcément la comédie d

'ailleurs. C'est, c'est.

Vous allez m'objecter que nous valons tous les deux des millions dans le

comique. C'est vrai, c'est vrai.

Alors là je crie, halte mon chéraldo ! Ne nous laissons pas enchaîner par nos

comptes dans les banques suisses.

Je sais qu'il y a paradoxe à rouler en Bentley et à parler de la crise, mais

enfin, nous savons que le cinéma peut être aussi une arme politique.

Eh oui, c'est bien vrai, ça.

Et les bras, comme ils sont assez tendus?

Oui, oui, mais tendez les jambes aussi.

Oui. Les meilleurs sujets sont ceux du quotidien.

Est-ce que je suis assez cambré, là?

Oui, mais justement, vous dandinez pas. On ne se rend pas compte que, comment

dirais-je, le dérisoire est partout.

Et les rythmes ? Ça vous ennuie pas des comtés ? Comtés ? Oui, ça m'aide.

Pourquoi pas ? Vous allez avoir le maître nageur le plus cher de Paris.

Alors allons-y. Un, deux, trois.

Un, deux, trois. Tiens, pendant que j'y suis, tendez les jambes.

Un, deux, trois.

Allons-y. Un, deux, trois. Vous pourriez donner une leçon à mon fils après ?

Non, mais il y a... Il y a... Il y a erreur. Je... Je ne suis pas... Je donne

un... Non, non, mais moi, je... Mais si, si, si, si, si.

C'est un excellent professeur. Et d'abord, moi, j'arrête ma main. Et le

professeur, il prend le petit.

Vaille, vaille, vaille.

Je vais laisser.

Un, deux, trois.

Un, deux, trois.

Allonge les bras.

Un, deux.

Trois petits cons.

Un, deux, trois.

Un, deux, trois.

Moi, je suis désolé.

Barazouti veut pas vous garder.

C'est pas à moi de le faire.

Moi, je suis ici pour travailler.

Mais moi, je dérange personne.

Si, moi, vous me dérangez. Je vais pas passer toutes mes nuits dans la

cheminée. Allez, hop.

On y va.

Aïe. Mais j'étais à l'eau.

C'est hier soir que vous auriez pu avoir fait de pêche. J'étais fatigué.

Admirez le charme de ce paysage.

Votre choix s'est porté sur cette immense palmerie.

Sans charme et sans calme.

Ne

nous affolons

pas.

Ne nous laissons pas engloutir par les problèmes.

Voici la piscine.

Ah bah oui, ah oui.

Les bengalos sont là-bas, isolés, au calme. Isolés, c'est parfait.

C'est super.

Procédons avec méthode.

Petit A, Valier, qui ne sait pas que je m'appelle Valier, ne doit pas me voir.

Petit B, Barazouti, qui ne connaît pas Valier, puisqu'il croit que c'est moi,

ne doit pas voir Valier.

Ce qui équivaut à A égale B, Valier ne doit pas voir Barazouti non plus.

C'est lumineux.

Tu vas faire dodo, le titi ? Viens faire dodo. Allez, ça y est.

Barazouti ! Ben quoi, Barazouti ? Elle était bonne ? J'ai réfléchi. L'avion, ça

peut attendre. Allez.

On va se coucher ? Vous êtes quand même spécial, Vallier, hein ? Mais vous avez

vu ma valise ? Ça va sécher.

Je vous annonce.

C'est la première fois que je fais cet effet-là à une femme.

Vite, paradis.

Faut pas rester là.

Pourquoi ? Il ne faut pas rester là, il y a le soleil. Et alors ? C'est terrible

à cette heure-ci.

Ça cogne, ça rend fou.

Ça grompe, les yeux pignent, les cloques partout.

Mais on est bien ici, on peut travailler. Non, il faut rentrer tout de

suite. Il y a des cloques partout.

Vite, ça cogne.

Vous ne comptez pas mettre votre smoking ? Mais si, c'est soir.

Vous avez vu

?

Ça ne sert à

rien. Vous avez vu le pantalon

? Il n'y a plus qu'à aller en ville.

Qu'est-ce qu'il vient encore nous emmerder, celui-là ? On peut avoir un

autographe, M.

Parasouti ? Ah, maintenant tu sais qui est Aldo Parasouti.

Voilà, il me fait très plaisir.

Tu dois un dinar, hein ? Qu'est-ce que c'est, ce dinar ? Non, non, c'est parce

que c'est le parking qui est payant. Ah bon ? Voilà.

Mais qu'est-ce qu'il a acheté qui peut vous faire rire ? C'est du miel

aphrodisiaque. C'est très bon.

C'est très bon quand t'as peur de manquer de gourdin.

Et dire qu'il y a des gens qui ont besoin de ça.

Ils sont pas comme moi.

Qu'est-ce que vous avez en smoking pour monsieur ? Je n'ai pas de smoking, mais

j'ai de jolies babouches. Je ne peux pas mettre des babouches avec un smoking.

Pourquoi pas ? Vous avez des babouches noires ? Allô maman ? Cette fois ça y

est, j'en suis sûre.

Il m'a juste dit je t'aime et paf, ça a été comme un grand coup.

Je viens juste de me réveiller.

Je ne peux pas aller au casino comme ça moi.

Pourquoi pas ? Avec un nœud papillon, c'est... Ah oui ? Au moins, comme ça,

vous n'aurez pas l'air d'un touriste.

C'est pas mal, ça. J'aime bien.

Vous en voulez un aussi, cher Georges ? Ah, je... Non.

Non, non, moi, vous savez, comme j'ai tout de suite l'air déguisé avec ça.

C'est pas mal, ça.

Cher Amélie.

Mais où est-il passé ? Valier, où êtes-vous ?

Georges ! Merde alors ! Voilà, voilà !

C'est vrai que ça me va pas mal. Très bien.

Si il pleut, ni vu ni connu, c'est par ici.

Faut rentrer, hein ? Oui. Par là.

Vous savez, mon cher Georges, il me vient une angoisse métaphysique.

Je peur de manquer de gordin ce soir.

De quoi ?

J'ai besoin de miel.

Le miel, il faut rentrer travailler.

On ne peut pas rester en ville. On va finir par se faire repérer.

Je veux dire, les gosses... Justement.

Ici, tout le monde me reconnaît, me demande l'autogramme. Alors que vous,

vous n'en savez rien.

Georges, le miel.

Des groupons, oui.

Ce soir, je vais te la faire.

Il faut pas rester ici. Faut rentrer à Paris.

Déjà ? Et on n'a même pas pu écrire une ligne.

Justement ici.

Faut pas travailler.

Je me sens perturbé.

La quête ailleurs, si votre femme nous voyait...

Les

signes, le smoking, les pronnades... C'est pas sérieux.

C'est pas sérieux.

On s'en va.

Demain, alors.

Parce que ce soir, il y aura encore plus de plus dans la brousse.

Je vais vous dire une chose.

Je vais vous dire une chose.

Mon cher... Mon cher George.

La belle brume de la piscine, c'est son anniversaire. Eh bien, ce soir, ça va

être sa fête.

On devrait commencer à parler du sujet un petit peu, peut-être, non ? Bien sûr.

Faites attention au virage, maintenant, hein ?

Mais qu'est-ce que c'est ?

Je vais parler à mon jameau.

Je préfère ça.

J'avais enfin quelques heures de travail devant moi.

C'est libre ! Merde ! Qu'est-ce que tu dirais d'une promenade sur ce grand

vaisseau du désert ? C'est terminé ! Une petite promenade jusqu'à la ville ? Pas

possible, le chaman, il est fatigué ! Qu'est-ce que ça veut dire, on peut pas

se promener, alors ? On va voir le directeur ? Bon, alors juste un petit

tour. Vous êtes gentil, Cornac.

Vous pouvez faire agenouiller ce noble animal ? Tout de suite ? Allez, couchez

! Allez, tiens, tiens ! Tiens, couche ! Allez !

Je n'en sais rien.

Bon, maintenant, il va falloir prévenir Baradzuti, sa fiancée dans les bras de

Valier. Non, pas de Valier.

Qu'est-ce que je raconte ? Valier, c'est moi.

Et ça, c'est quelle année, ça ? Non, mais tu te rends compte ? C'est

comme Marignan. Il s'en est quand même passé des choses, cette année-là.

Et qui l'a construite ? Rachid le Terrible.

Pourquoi le Terrible ? On n'a jamais su. C'est ça qui est terrible.

Il est con ou quoi ? Non, ma chérie, ne sois pas raciste.

C'est pas parce que t'es marié à un ancien barat.

C

'est

Mme Veil, celle-là ? Ah non, monsieur, nous n'avons pas de Mme Veil.

Vous êtes sûr ?

Il est accompagné d'un enfant.

Qu'est-ce que c'est beau.

Alors, quelle fraîcheur d'inspiration.

J'ai vraiment soif.

Dites, mon ami, allez chercher quelque chose de frais pour madame. C'est pas

trop. Ça, ça te mérite. J'ai fait diligence.

Allez.

Qu'est-ce que tu en penses ? C'est joli, ça. Il ne vous plaît pas trop.

Ou alors, pourquoi pas celui-ci ? Il est beau, tu ne le trouves pas ? Pour 10

dinars, vraiment.

Très raffiné, non ? Très raffiné.

Je ne suis pas très tapis, mais bon, celui-là, si tu le veux, il est à toi.

Très amusant, ça.

Et alors ?

Ça, c'est superbe. Tout à fait design. Tu as vu ?

Dites

donc, mon brave ! Ça vous ennuie pas de discuter pour nous ? Non,

non, non, venez, mon garçon, c'est par là.

C'est combien, ça ? C'est 10 dinars.

Voilà. À vous, maintenant.

Tu vas voir, toi qui les sous-estimes, ils sont très forts.

On est des enfants à côté d'eux. Allez-y, monsieur.

Ça, 10 dinars ? Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Ça, 10 dinars ? Mais j'en

crois pas mes oreilles.

10 dinars, mais qu'est-ce que tu veux ? Tu veux la peau de mon client, ça ? 10

dinars, c'est beaucoup trop cher.

Qu'est-ce que tu veux, toi, avec ton drôle d'accent ? Qu'est-ce que tu veux ?

C'est trop cher, ça.

Tu veux ma ruine ou quoi ? Tu prends le magasin, tu prends un lit avec, tu

prends tout, mais tu me donnes le prix. Je te donne le prix. Je te dis, par

exemple, 6 dinars, ça tient. 6 dinars.

Mais tout ce que tu viens, toi, faux frère, j'ai dit 8 dinars, c'est tout.

100 8 dinars, je vais te dire ça.

C'est 7 dinars ou rien.

D'accord, 7 dinars.

Et voilà le travail, 30% de réduction.

Oui, mais il est cassé.

Laisse-le faire, il sait mieux que toi. Bon, alors écoute, je vais te dire.

On va discuter tranquillement, on va pas s'énerver, on va s'asseoir. On va faire

la conversation tous les deux.

Qu'est-ce que c'est ça?

Ça, c'est 15 dinars.

Ça, 15 dinars ? Alors là, j'ai dit stop, mouillonne. Je te jure, ça va finir par

nous coûter beaucoup plus cher avec ce type-là. Non, mais tu laisses pas trop,

on n'est pas loin de s'entendre. Alors voilà, ça, tu dis 15 dinars, ça, tu dis

7 dinars. Alors moi, je préfère ça, 7 dinars, c'est bien plus original.

Mais mon petit homme, il faut savoir de quoi on parle.

Parce que je vais te présenter quelque chose.

Regarde-moi ça.

Ça, c'est fait presque tout à la main.

Mais ça aussi, c'est fait presque tout à la main. Tiens, regarde les fioritures

artistiques délicatement tourlées.

Plaît-il ? J'en sais rien.

Certes, mais as-tu admiré devant des yeux émaillés que je présente l'objet

ici présent que c'est de la polychromie ? La polychromie, ça ? C'est ça, la

polychromie ? Ça, la polychromie ? Ça, moi, c'est fragile, la polychromie. C

'est trop fragile pour le patron.

Attends, regarde.

Ah, tiens, ça ! Prenez plutôt ça, patron.

Mais ça, c'est très bien. Mais c'est quoi, ça ? C'est comme qui dirait une

trompette de berger. Très pratique pour appeler les moutons.

Mais nous n'avons pas de mouton.

Ça marche même sans mouton. Regarde.

500 millimes.

La trompette ? Non, le poivre gris. La trompette, c'est 7 dinars.

Finalement, je préfère ce plat-là. Oui, très bien. Va prendre ça.

Ça fait 7 dinars.

Plus 14.

Et vous ne vous êtes pas encore changé ? C'est vrai, vous avez l'air déguisé.

Je suis désolé, mais j'ai glissé. C'est le miel.

J'ai glissé.

On est bonnes, hein ? Aidez-moi ! Aidez-moi ! Cette femme vous appelle de

Paris, monsieur. C'est urgent.

De Paris ? C'est mon fils.

C'est lui qui l'a fait.

Je crois que c'est pour cette mousse.

Déjà ? Tu sais, ça fait neuf mois.

Tu travailles bien, au moins ? Oui, oui.

Ça, on n'arrête pas, ça. Pas trop de problèmes ? Problèmes ? Non, non, je

connais pas. Ma crèche, problème.

Allô ? Ah non, ne coupez pas ! Qui est à l'appareil ?

Ce soir, ça va cogner.

Attachez-vous aux ceintures.

C'est Aldo la classe.

Hop ! Happy birthday to you, happy birthday to you.

Monsieur Baratouti est dans sa chambre.

Oui, monsieur.

Merci.

Biguette, s'il vous plaît.

Bien merci, vous.

Mais c'est mon cornec.

Ah non, c'est pas le moment ! J'ai cru reconnaître quelqu'un.

Allez hop ! Parazouti maintenant ! Merdez-moi alors ! Il y a des choses

plus urgentes !

La dernière fois que je l'ai vu, il était dans le placard.

Dans le placard, oui, c'est ça. Vous savez que c'est mon métier, les

placards. J'en mets tous les jours des gens dans les placards qui tremblent de

peur quand on les ouvre.

Bon, vous ne l'avez pas vu.

Ce n'est pas important. J'ai compris.

Bonsoir.

Vous avez compris, vous ? Vous avez de la chance.

L'Italien, il est couché par terre dans ma chambre.

Qu'est-ce qui... C'est le miel, il faut l'emmerder.

Mais quel miel ? C'est pour le gourdin. C'est quoi le gourdin, maman ? Ça

suffit, tu vas dans ta chambre.

Est-ce que ce ne serait pas le moment de se prendre comme des bêtes ? C'est quoi

comme des bêtes ? Il est là, lui ? Je ne sais pas ce qui se passe, mais il y a un

type dans le placard. Mais qu'est-ce que vous avez tout ce soir ? Ouvre, je sais

que tu es là ! Ciel, mon mari.

Qu'est-ce que tu viens de dire, là ? Ciel, mon mari, pourquoi ? Pour rien.

Ouvre ! Bon, le placard.

D'accord.

Ah, t'es là tout le monde, comme tu vois.

Tu as entendu ce qu'elle a dit ? C'est elle mon mari.

Ah, tu dois être content.

Toi qui disais que c'est les répliques des théâtres, hein, alors ? Tu prétends

toujours que ça n'existe pas, les gens dans les placards ? Oui, mais je trouve

que c'est toujours la même chose. Car je te parie qu'il va lui dire, je sais que

tu as un amant. Je sais que tu as un amant ! C'est pas vrai, Raymond ! Il

faut reconnaître que le dialogue n'est pas théâtre.

Moi, maintenant, je lui ferai ouvrir le placard.

Vas-y, regarde ! Tout est attendu. Tu veux que je te dise ? Je m'ennuie, moi,

dans les voies de ville.

La porte.

Tu me prends pour un con ? Tu vois, même lui, il n'y croit pas. Il n'en a pas

peau. Qu'est-ce que tu fais ? Attends.

Attends, attends, attends, attends, attends ! Réveille-toi !

Tu m'as pas dit... Qu'est-ce que

tu fais, là, toi ? Ah, mais moi... Et toi ? Ah, mais moi, rien à me reprocher.

Ça fait des années que je couche avec Mme, alors quand monsieur arrive...

On ne peut rien me reprocher non plus parce que je couche avec elle aussi.

Alors quand tu arrives... On est tous les deux.

Est-ce qu'il y a... Je ne sais pas parce que je viens d'arriver.

Papa, il y en a plein les placards. Ah, ça suffit, toi.

Quant à toi,

j'avais peuplé à cause du petit.

On se retrouvera tout à l'heure.

Salope. Tu me trompes avec lui. Et je vois bien une chose.

Occupez. Quand je pense que j'étais revenu pour ton anniversaire, je ne te

laisserai plus jamais seul.

Ta conduite est honteuse.

Monsieur. Monsieur.

Je tiens à m'excuser pour tout à l'heure.

Je me présente.

Georges Vallier.

Georges qui ? Maintenant un bon dodo et demain on rentre parce qu'ici on fait

rien. Et mon beau gâteau ?

Mon beau gâteau. C'est pas le moment de penser à des gâteaux. Mais j'ai mon

petit Georges, la lumière.

Là.

Mon beau gâteau. Merde.

Je t'interdis de parler à d'autres hommes.

Tu es mienne maintenant.

C'est pas croyable l'effet que je peux lui faire à celle-là.

C

'est

sûr, maman, c'est sûr.

C'est l'homme que j'attendais.

Quand il m'a repris dans ses bras... Comme une grande lumière qui a explosé

dans ma tête.

Comme la première fois.

To me? Si, to you, stronzo.

Souffle.

Souffle.

Je viens vite, j'ai des ailes, quand c'est toi qui m'appelles, car tu es la

plus belle, ma petite Isabelle, car tu es la plus belle. Vu comment il est

gentil avec lui, c'est pas toi qui ferais ça pour moi.

Tu ne m'avais pas dit que c'était ton anniversaire.

Mon grand, ça va très bien.

Je suis content de vous voir, le grand Aldo Baratuti.

Eh bien, vous ne me présentez pas votre ami ?

Je vais tout vous dire.

Je me présente, Pierre Renaud.

Ce qu'il voulait vous dire, c'est que je suis son nègre.

Ah, son nègre.

Je demande monsieur Pierre Renaud au téléphone.

Je crois que c'est pour moi.

Excusez-moi.

C'est moi.

Je cherche à m'empoisonner, maintenant.

Qu'est-ce qui se passe

?

Rien.

Ma femme vient d'accoucher. On ne va pas en faire un drame.

La femme a couché, il veut pas en faire un drame.

Pourquoi vous vous apprêtez, vous ? C'est vrai, pourquoi tu en fais un,

Valier ? Moi, je m'en fais pas.

Moi, je m'en fous, alors.

Je m'en fous.

Ah, superbe.

Alors, c'est un garçon ou une fille ? Ah, c'est vrai, ça, j'ai oublié de lui

demander. Mais ce n'est pas vrai ! Tu ne lui as pas demandé ! Enfin, qu'est-ce

que ça peut vous foutre, Valier ? Ce n'est pas votre enfant.

De vrai, qu'est-ce que ça peut te faire, Valier ? Je

sais qu'il s'appelle Georges Valier.

Si je le trouve, je le tue.

Eh bien, monsieur Valier, vous voilà dans des beaux draps.

Eh, papa, regarde ce que j'ai trouvé sur le lit de maman.

Elle n'a pas peur, l'Italien.

George ! George ! Mon amour

!

Autographe, monsieur Parazotti. Mais oui, pourquoi pas, un autographe.

J'ai même des photos, là, dans le bagage.

Alors, vous avez reconnu le grand Aldo Parazotti ? Non, j'ai reconnu l'homme

ordinaire. Regarde, ça va pas, l'homme ! Eh, mon dinard ! Monsieur Parazotti !

Eh, mon dinard, monsieur Parazotti !

Ce soir, on s'évade.

Vous avez une idée ? Non.

D'accord.

Attention, tout le monde est prêt.

Tout le monde est bien assis.

On y va.

Voilà.

Monsieur George. Monsieur Aldo.

Voulez-vous bien me passer le son ? Certainement, monsieur Aldo. Pardon. Et

maintenant,

monsieur George. Oui, monsieur Aldo.

Vous voulez bien passer de l'autre côté.

De l'autre côté.

Regardez bien.

Et alors, maintenant, moi, regardez bien ce que je fais.

Je mets de l'essor là-dessus.

Et, ladies and gentlemen, regardez bien. Monsieur George, entrez.

Monsieur...

Deuxième version, un peu moins primaire. Monsieur Aldo, vous êtes avec moi ?

Allez-vous passer de l'autre côté, s'il vous plaît.

Et voilà ! Et de l'autre côté, moi ! Je ferme la porte et je reprends le seau.

Attendions, je mets... Non, non, non ! L'eau est trop là, chez nous.

Prends plutôt pisse de chameau, c'est mieux.

Voilà, donne-moi ça.

Ça sera moins drôle, hein ? Alors, je

mets le seau sur...

La porte ! Monsieur Aldo, tout le monde nous regarde.

Tout le monde est bien sage, mais il faut se dépêcher quand même.

Et j'attends Monsieur Aldo. J'attends, j'attends, j'attends, j'attends, j

'attends toujours Monsieur Aldo.

Mais qu'est-ce qu'il fait ? Mais qu'est-ce qu'il fait ? C'est bien long

Monsieur Aldo, je dis c'est long.

Alors les petits amis, qu'est-ce qu'il fait Monsieur Aldo ? Qu'est-ce qu'il

fait ?

Comment osez-vous ? Je suis le grand Aldo Barazzuti.

Alors voyons, le grand Aldo Barazzuti.

Votre dernier film, c'était... Bien dégagé derrière les oreilles.

Oui, monsieur.

Alors, je lis.

Navran, spectacle consternant.

35 contrées à Rome, un samedi soir.

Trincède.

Et ça, je lis... Aldo Barazotti ne fait plus rire que lui-même, un bide noir.

C'est le jour-là.

Ah oui, je vois.

Celui-là, il m'a jamais aimé, à moi.

C'est pas vrai.

Bidambou !

Vous n'étiez pas fait passer pour... Silence !

Vous, par contre, monsieur Vallier, vous m'intéressez beaucoup.

Dieu sait que je n'aime pas les vaudevilles.

Vous avez tort, mon cher.

C'est vous que je garde.

Je pense que votre nom d'auteur petit bourgeois servira à faire connaître

notre juste combat.

Quant à l'Italien, il peut partir.

Merci. Mais je ne suis pas Georges Vallier, moi ! Je suis Pierre Renaud !

Pierre Renaud ! Je n'ai jamais été... Georges ! Mais mon petit Georges !

Pierre ! Mais qu'est-ce que ça sert tout ça ? Voyons, c'est énorme.

Regardez-moi. Est-ce que je discute, moi ? C'est vrai.

Je ne vaux plus rien. Je le reconnais.

Je suis une amerde.

Donc vous, vous êtes tout.

Ils ont vu juste.

Il faut que s'incliner, chef, devant la perspicacité de ces hommes du désert.

Salut !

Ça fait un an maintenant qu'Aldo est parti.

Personne ne paye toujours la rançon de Georges Vallier.

Personnellement, ça ne m'étonne pas. Mais le chef ne veut rien entendre. Je

le crois très orgueilleux et incapable de reconnaître ses erreurs.

Et nous voilà repartis.

J'ai compris pourquoi on les appelle les nomades.

Je peux ?

Je suis libre.

Je vais enfin savoir si tu es une fille ou un garçon.

Voilà papa, les enfants.

Mon amour !

... ... ... ...

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