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C'est parti !
Sous-titrage FR ?
Salut Lucette ! Salut Armand ! Bonjour Francesca !
C'est la petite fille ? Oui, c'est la petite fille.
Délibéré au 27.
Oh non, plutôt le 4.
Oui ? Sicalone, Francisca Sicalone, je représente ma grand-mère, madame
Ardilou. Est-ce que notre affaire a été appelée ? En quelques minutes, on va
vous appeler. Allez vous asseoir.
Mon mari a été trop gentil toutes ces années avec ses locataires véloïdes 38.
Sa madame Fanaigard, je ne me suis pourtant pas privé de lui dire, ça me
rendait malade. Il répétait tout le temps, dans un immeuble, il faut tout,
des riches, des pauvres, des commerçants, des artistes. C'est comme
ça que vit bien un immeuble. Tes époux ravendus, vous me donnez envie de
mordre.
Affaire Fanaigard, potard 10-12.
Je dis ça vit bien un immeuble quand les loyers sont élevés et payés
régulièrement.
Vous dites ? Nous évoquions cette fichue loi de 48, tout cet enchevêtrement de
textes contradictoires.
Une chatte n'y retrouverait pas ses petits. Mais tous ces privilèges
scandaleux accordés aux locataires, ce sont toujours les malheureux
propriétaires qui comptent.
Votre avocat n'est pas là ? Non.
Non. Et votre non plus ? Il n'est pas encore là, je ne comprends pas.
Renvoi à quinzaine.
Affaire Nana-Ranche.
Je suis absolument désolé pour ce retard, mais j'ai été pris dans des
encombrements inextricables. Vous êtes payé pour être à l'heure.
Et cher.
Excuse-moi.
Allô, Francesca ? Comment ça s'est passé ? Comment ça s'est passé ? Je peux pas t
'en parler au téléphone.
Je vais pas se prendre, on va chez l'avocat.
Ah, mais je vais pas pouvoir... La barbara stanoïque pourrait dire, c'est
clair.
Non, elle peut pas dire, c'est clair, une jeune fille vivant au 19ème siècle
dans Montana peut pas parler comme une lofteuse.
C'est clair, mais bon, on est en train de relooker la chaîne et il faut que ça
fasse plus moderne, c'est tout.
Pour le relookage, tu as des décors fluos et les présentatrices bimba.
Bimbo ? Bimba.
Bimbo, c'est pour les mecs.
Bimba, c'est pour les filles. C'est clair.
Et puis pour le relookage, ça concerne pas les dialogues et les sous-titres.
C'est clair.
Fertile est à nous maintenant.
Cette vallée, toute la vallée a un air de fête. Elle est heureuse de nous voir.
Toute la vallée a un air de fête.
Elle est heureuse de nous voir.
Et nous d'y être.
Mais qu'est-ce qui te tracassait ? On s'est à peine arrêtés depuis trois
jours. On fera de la concession 77, le plus joli ranch de toute la région.
Et on mangera tous les jours des steaks épais comme ça. C'est clair.
On gagnera une fortune.
Elle peut pas dire c'est clair.
Ouais, c'est bizarre.
Tu vois, les acteurs le sentent, ça.
Ouais, non, non, vous avez raison.
Ça passe pas. Voilà, elle peut dire, tu as raison.
Tu as raison, d'accord.
Continuez un peu.
Et voilà, on touche presque au but.
Tu peux vraiment être fière de toi. Tu nous as amenés jusqu'ici. Sept mois de
voyage. Renvoie quinzaine.
Francesca, pourquoi tu m'as demandé de venir, puisque Martin est là ? Je dois
filer, Adrien.
J'ai une projection.
Toute une équipe qui m'attend.
Il est marrant ton rouge à lèvres.
Pour me protéger.
De quoi ? Une intempérie.
Oui, une intempérie.
Bon, débrouillez-vous bien.
Voilà.
Regardez-le, il fuit ! L'acheter chez Martin, c'est un parfois touché de... Il
n'est pas fait pour les affrontements.
C'est peut-être aussi pour ça que je l'aime.
Bon, allez, on y va. Dépêche-toi. Allez.
Vous savez que je vous en veux beaucoup.
Pardon ? Je vous en veux parce que nous allons perdre.
Et je n'aime pas perdre, M. Cigalone.
Expliquez à votre femme que le monde est en train de changer.
Ce n'est pas ma femme.
Alors expliquez à votre fille.
Madame n'est pas ma fille, c'est ma logeuse.
Je ne suis pas son père ni M. Cigalone.
Adrien Jacques Eglantier, producteur, réalisateur, théoricien, chef d'école,
homme des planches, continuateur de Jean Vigo, de Jean... C'était pas le moment,
Adrien.
Maître, à part ne pas venir aux audiences, comptez-vous faire pour que
nous restions dans cet appartement ? Pourquoi ? Vous pensez rester ? Vous ne
gagnerez pas.
Ces loyers de 48, c'est un véritable scandale.
Je ne suis pas du tout de votre avis. Vous avez un avis de locataire. Les
immeubles ne sont pas faits pour les locataires.
Et cette loi de 48 est contraire à toutes les lois du marché. Je dirais
même qu'elle est contraire au... aux principes de propriété.
Il faut vous mettre dans la tête que le monde a changé.
Vous avez de l'instruction, monsieur Rosier.
Eglantier.
Eglantier, si vous voulez.
L'heure est à la gestion et à l'économie. Il faut vivre avec votre
temps, madame Sigalol.
Vous devez certainement vous demander ce qu'on fait ici.
Oui, franchement, oui.
Vous êtes la plus petite affaire du cabinet et nous allons sans doute nous
ridiculiser. Bien, c'est très simple. On s'en va.
Harry va venir.
Je vous en prie, je vous rends votre liberté.
Je vais vous dire une chose, maître.
Malgré votre cravate et votre pochette assortie, vous manquez cruellement d
'élégance.
Quand des avocats sont puants, ils sont vraiment puants.
D'accord, en attendant, on est mal barrés.
Je ne sais pas comment vous vous débrouillez, vous autres, les cigalades.
Vous vous mettez toujours dans des situations impossibles.
C'est très désagréable.
Vous devriez penser un peu à ceux qui vivent chez vous, non ? Attention,
attention ! Vous me savez pas, non ? Ma portière de bœuf ! Faut pas faire
attention, t'êtes de là ! Qu'est-ce qui vous prend, madame ? T'es vraiment
aminable, hein ? Je t'ai vu dans ton petit costume ! Vous, vous devriez vous
mettre sous le Prozac ! Toi, j'espère que t'es cocu, parce que franchement, tu
le mérites ! Qu'est-ce qui lui a pris ? Vous avez l'air raisonnable, monsieur...
Est-ce qu'on t'interdit, connard ? Va te faire foutre ! Espèce de con ! Casse-toi
! Allez, recule ! Bonjour, tout le monde. Allez, dégage ! Salut,
Adrien, dis donc. Elle a mangé du crocodile, la patronne.
Bon, le musicien, pardon.
Toujours aussi causant. Qu'est-ce que tu veux boire ? Donne-moi une petite
salerce, Armand.
S'il vous plaît,
mon quatrain.
Un comptable automobiliste failli renverser Francesca.
Des jurons, elle le lança à une liste. C'est le camionneur qui les dégustasse.
C'est consternant. Attention, attention, ça se met en musique.
C'est vraiment bien. Ça vient d'où ? Ville de Paris.
On vient toujours chez toi dimanche au samba. Oui, on fait le pilipili.
Ça va ma puce ? Ça va toi ? Oui.
Fais-t-il boire ? Oui, mais est-ce qu'elle peut dormir à la maison ? Vous
demandez à tes parents ? Oui. Bon d'accord.
On va faire le bain.
Qu'est-ce que tu joues ? Oh, ça va pas du tout, toi ? Mais oui, ça va.
Non, je vois bien, t'as l'air contrariée.
Mais qu'est-ce qui va pas ? Mais rien ! Je veux pas que ma grande sœur soit
triste.
Ça va très bien, je te dis.
Bon, allez, allez, tout va bien.
Mais qu'est-ce qu'elle fait ? Non, non, non, Joséphine ! C'est le salon ! Qu'est
-ce que vous faites là, toutes ? Mais c'est le salon, Joséphine ! Ah bon ?
Vous me croyez ? Bon, Joséphine, faites pas semblant de pas savoir.
Joséphine ! Les toilettes ? Les toilettes, c'est là.
Ce n'est rien.
J'en ai assez de faire toujours ce genre de rêve. Je n'ai quand même plus l'âge d
'aller à l'école et de me faire taper sur les doigts.
Il doit y avoir quelque chose qui me tracasse, oui, quoi.
Martin ? Il est déjà devant sa bécane.
Martin, j'ai l'impression que c'est la première fois que je le vois de dos.
Vu de face, un homme est toujours en représentation.
C'est le dos qui parle et qui dit la vérité.
Martin, ça se voit tout de suite, c'est un dos frivole.
Fragile, qui peut rien porter de très lourd.
Au fond, je le connais pas, Martin.
Qu'est-ce qu'il pense ? Qu'est-ce qu'il fait quand je le vois pas ? Est-ce qu'il
m'aime ? Il sait sans doute pas lui-même.
Bonjour, papa.
T'es déjà debout ?
T'as travaillé toute la nuit ? Presque.
Bonjour maman.
Bonjour ma chérie.
Je te fais un gros dodo ? Oui.
Tu sens le bon, tu sens le savon.
Tu vas où ? Tu le sais bien.
Je pars pour Florence tout à l'heure, je prends de l'air.
Quoi ? L'hommage à Zavatini, la scénariste de Dessica.
Je croyais que tu voulais plus y aller.
Les héros de Dessica te déprimaient parce que t'avais l'impression de trop
leur ressembler.
Ce qui n'est pas faux, d'ailleurs. J'ai pas réussi à me dégager. Tu pourrais pas
en recoudre ma doublure, là, avant que je parte ? T'as pris ton petit déjeuner
? Non. Allez, hop.
Vas-y, va dans la cuisine, je te retrouve.
Qu'est-ce qui nous unit, Martin et moi ? Ce qui nous unit, ce sont
les autres.
Ma sœur.
Presque ma fille, puisque nous l'avons adoptée.
Ma sœur Victoria, mon orpheline.
Il a toujours eu du mal à se lever, toujours entouré de ses copines.
Ce qui nous unit, c'est bien sûr notre fille.
Et la grand-mère qui perd un peu la boule.
Adrien. Alors lui, c'est pas un lien, c'est une chaîne.
Il nous voit que sa pellicule, en fait, c'est lui-même qui le regarde dans sa
pellicule.
Quel phénomène c'est Adrien.
Il est à l'âge de la tisane, mais il vit toujours à l'âge du champagne.
Elle m'aide à ranger mes bobines.
Oui, on vous a entendu ranger toute la nuit.
Oui. Ce qui nous unit, c'est tout simplement que nous vivons ensemble.
C'est donc cet appartement.
Ils vont, ils viennent, certains s'incrustent. C'est comme Adrien qui
devait rester deux ou trois semaines et qui est là avec ses bobines, sa table de
montage et ses cartons depuis plus de cinq ans.
C'est donc cet appartement qui nous rassemble.
C'est drôle.
Toutes tes petites amies, elles se ressemblent. Elles sont toutes un peu
fofolles et plus jeunes que toi.
À mon âge, tout le monde est plus jeune que moi.
J'aimais bien la dernière.
Comment elle s'appelait déjà ? Mrs.
Luffy. Ah oui, c'était le modèle.
Non mais celle-là, elle était différente. C'était Coco.
Elle était sympa, Coco.
Isabelle, tu me récites ta poésie ? C'est loin du mur, amour.
C'est loin du mur, amour.
Petite fille qui récite un poème. Ça me donne envie de retourner à l'école.
Là-bas, c'est Marion.
Bonjour. Bonjour.
J'ai très faim. Tu me donnes du café ? Non, c'est ma cafetière, ça. Il y en a
une sur la table.
Ah bah, t'es galant, là-devant. Je vais prendre une pomme.
J'y vais.
C'est mon café.
Au revoir, papa.
Au revoir.
A bientôt.
Tu crois que c'est le bon moment, Martin, avec tous ces emmerdements ? Ne
t'inquiète pas. Ne vous inquiétez pas, il se passera rien. Moi, je pars pour
Florence, l'esprit tranquille.
A bientôt.
Martin ! Oui ? Hop, ta doublure, tu te la recous toi-même.
Je récite ou pas ma récitation ? Il est formidable cet appartement, il est
chaud, on y est bien, mais c'est difficile de s'en arracher. Lorsque je
le quitte, j'ai l'impression de déserter.
Mais si je déserte, c'est que je fais une guerre, mais laquelle ? C'est que je
recherche la paix, et où la trouver mieux qu'à Florence, comme chaque année,
enfin seule, face à l'Arnaud, en train de refaire mon petit tricot.
Vous voulez que je vous aide ? Ah, volontiers.
Enchantée, Véronique Printemps. Berta Cigalone.
Donnez-moi ça.
Alors, qu'est-ce que vous faites à Florence ? Je participe au festival sur
Zabatini, le scénariste de Cica.
Oui, oui, oui, je vous ai vu à l'hôtel Serviti. Oui, on est tous descendus là
-bas, oui.
Vous êtes critique.
Oh, je fais plein de choses. D'ailleurs, je ferais mieux d'en faire une seule.
Je suis un peu professeur, un peu critique, un peu scénariste. Je fais des
doublages aussi.
J'adore les gens qui se fixent pas.
Ah oui ? Personne.
Je me plaisais.
Mais vous perdez pas de temps, vous. Pourquoi en perdre ? Vous êtes pas du
tout mon genre.
Moi ça tombe bien, je ne supporte pas les hommes qui se jettent sur moi.
Je n'aime que les hommes blasés, les proies difficiles.
Véronique, vous êtes tout à fait charmante, mais je crois pas que... Et
puis, oulala, il faut que je repasse par l'hôtel. Mais moi aussi je dois y aller.
Pardon, non.
Prenons un taxi ensemble ?
Dépêchez-vous ! C'est excitant, un homme qui me
résiste.
Qu'est-ce qu'il y a ? Vous êtes homosexuel ? Non, pas du tout. Je suis
très, très, vraiment très... Je suis tellement hétérosexuel que je ne veux
pas tromper ma femme.
Elle n'est pas là. Vous croyez ça ? Vous croyez ça ? C'est si rare que quelqu'un
me fasse cet effet-là. Ah oui ?
Vous savez, Martin, le meilleur moment de l'amour, c'est le taxi.
Ah, oui ? Véronique, il faut que je vous dise... J'ai l'air très con, là. Je ne
sais pas pourquoi je fais ma rosière.
Enfin, si, j'ai peur que Francesca la prenne. Ça doit être ça, la fidélité. La
fidélité, c'est la trouille.
Ou alors la peur des complications.
Non, plutôt la trouille.
Bon,
Véronique, c'était très agréable. Merci.
Voilà.
Merci, mademoiselle. Bon séjour.
J'ai des amis. Restez là.
Martin ! La verità ! La verità ! César Zavattini, je te présente Roberto.
Oh, mais c'est le petit frère de Moriti, ça. Le neveu. Le neveu. Le neveu. Martin
! Tu es là.
La dernière fois, c'était pour le match à Matarazzo. Appelle le chargé du
critique sur la birichina di papa.
Allô, Gano ? Oui.
Il discorso de la birichina di papa.
Il discorso de la birichina di papa.
Papa.
Madame Sigaloni, vous avez droit à un découvert de 1200
euros.
Vous en êtes à 1642 euros et
50 centimes d'euros.
Mais c'est pas sérieux.
Vous m'avez promis d'arranger tout ça, aujourd'hui. Je suis désolée, mon mari
est en déplacement en ce moment et...
Puis j'ai plein de charges et j'ai pas de travail.
C'est compliqué.
Allô ? Oui, Martin.
Justement, c'est lui.
Mais non, j'ai pas oublié d'aller à la banque. Figure-toi que j'y suis,
justement. Bon, écoute, je te laisse.
Je vois que vous êtes bien seule face à vos responsabilités.
C'est le cas, malheureusement, de beaucoup de femmes aujourd'hui.
Alors, qu'allons-nous faire pour arranger vos affaires ? Je crois que j
'ai une solution.
Laquelle ? Il faudrait que les gens cessent d'être bancarisés.
Cesse d'être bancarisés ? Oui, bancarisés.
Que voulez-vous dire ? Qu'on ne soit plus obligé de passer par une banque
pour toucher son argent.
Il faudrait qu'on puisse toucher...
En espèces ou en chèques endossables, comme ça s'est fait pendant très
longtemps. On prétend se traquer le blanchiment de l'argent. Les banques et
le gouvernement ont pris en otage les petites gens, les petits revenus, les
salaires. Nous ne naissons pas seulement libres et égaux en droit. Pour eux, nous
naissons surtout bancarisés.
Bancarisés ! Ce qui est parfaitement inefficace, puisque ceux qui veulent
blanchir l'argent sale ont depuis longtemps fondé leurs propres banques.
Et nous devons subir le sadisme des tyrannes de succursales bancaires dès la
première semaine du mois.
Libres !
Vous avez d'autres idées comme ça ? Oui.
J'ai tout ça.
On gratte ? J'ai compris, j'ai affaire à une joueuse.
Le jeu est un fléau social, madame.
Je connais bien le problème. Je préside une association pour l'interdiction des
jeux de hasard.
Je suis pour l'abolition du hasard dans la vie sociale.
Notamment,
Dans le mariage, c'est au pouvoir public d'apparier les couples.
Il y aurait moins de séparation, moins de solitude, moins de drame, donc moins
de découvertes bancaires.
Je peux vous aider à vous débarrasser de ce vice.
Lorsque vous aurez une tentation, appelez-moi.
Je ne voulais pas qu'on vérifie les jeux.
Ils m'ont mis dans le même hôtel que l'an dernier.
Non, ça, Aldo, il m'a vraiment soigné.
Bon, je termine mon texte. Je crois que ça va être pas mal.
Oui, oui.
Ne te raccroche pas, il y a des gens qui viennent.
Je te laisse parce que c'est les gens du festival.
Mais Véronique ! Que je vous explique bien, ça va vous paraître rétrograde au
vieux jeu, mais si vous pensez à une fuite, on va laisser.
Bon, il faut qu'on soit très clair. En fait, vous êtes tout à fait mon type,
mais... Je sais. Je ne veux pas tromper ma femme.
Mais alors ce sera one shot ! Hein ? Quoi ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça
veut dire qu'il s'agira d'une aventure ce lendemain ! Et que vous tomberez pas
dans les pieds. Je te double vie avec son cortège de mensonges et des trappes
furtives, c'est bien ça qui vous fait peur ? Oui, oui.
Non mais ce qui me fait peur aussi, c'est votre charabia, votre truc en
anglais, moi j'ai jamais entendu ça. Mais puisque ça veut dire qu'on se
reverra pas et je vous laisserai tranquille.
Comment vous appelez ça déjà ? One shot.
Je vais vous montrer ce que c'est.
Viens ! Dépêche-toi ! Tu veux mon ordinateur ? J'ai envie ! Juste le
discours ! Viens ! J'adore ton corps ! T'as une peau de bébé !
Dépêche-toi ! Montre-moi la bête ! Dépêche-toi ! Oh oui ! Il est là !
Tout ces mots, cette volubilité ! Ça me
distrait ! Je sais pas si je vais pouvoir être à mon appel ! Ça m'excite !
Je vous écoute, il y a certains mots qui me bloquent.
Eh ben, tais-toi alors ! C'est parti ! Allez
! C'est ça ! Ça sonne ? Mais non ! Martin ! Il y a une sonnette. Il faut
ouvrir.
Monsieur Sigallon, le sac du festival.
Ah, je l'ai déjà eu, le sac du festival. Le sac du sponsor.
Les produits.
S'il vous plaît.
Vous
finissez
de vous faire bon.
On vous attend. Il y aura plein de monde. A tout à l'heure. Au revoir.
Merci. Au revoir.
Renombre. Avec tout ça, je ne sais plus où on en était.
Je vais vous rafraîchir un mémoire.
Allez, laisse-toi aller. Je vais te faire quelque chose.
Quoi ?
Bah laisse, tu vas voir.
Non, je veux savoir d'abord.
Tu me fais confiance, hein ? Non.
Tu me fais pas confiance ? Je veux savoir d'abord.
Je t'ai dit que ça va te plaire.
Et confiance.
Oh, non !
Allô,
Martin, c'est moi ! Ne parle pas si fort, je t'entends pas. Je te l'avais
dit, je savais qu'il allait nous arriver quelque chose. T'étais au courant,
pourquoi tu nous as pas prévenu ? Là, c'est la chambre des enfants.
T'étais au courant, quand même. Qu'est-ce que je fais, moi, avec Lucier
? Qu'est-ce que je lui dis ? De quel Lucier il s'agit ? Je sais pas, c'est
Lucier de la Cofico.
Je suis toute seule, qu'est-ce que je fais ? Cofico, c'est quoi ?
J'en sais rien, moi. Ça doit être un crédit que tu as pris.
Ah oui, non, ne t'affole pas. De toute façon, je suis complètement contre ce
style de crédit. C'est du vol.
Mais fallait pas le prendre ! Dis bien à l'huissier que rien n'est à moi.
Et tu leur dis aussi que nous ne sommes pas mariés. T'entends ? On n'est pas
mariés. Tu me fais tout cirque alors que t'es même pas mariée ? On a des
factures, des preuves ? Oui, oui, je sais. Je connais très bien M.
Cigarone.
Dis-lui que vous connaissez.
Aïe !
Non, rien.
Passe-le-moi.
Il est au bout du fil, il voudrait vous parler.
Oui ? Maître Blavache.
Oui, il paraît qu'on se connaît ? Parfaitement, monsieur Sigallon.
Ça m'étonnerait. Mais si, monsieur Sigallon, souvenez-vous. Le 6 février, à
16h44, au troisième étage de votre immeuble, vous faisiez barrage de votre
corps sous prétexte que moi et le commissaire nous faisions peur à un
petit enfant de 9 ans. C'est ça, monsieur Sigallon ?
Vous savez qu'un huissier n'a pas le droit de se venger.
Vous êtes l'esclave de la loi.
La loi ne se venge pas. Vous m'avez compris, hein ? Vous m'avez compris ?
Vous me passez, ma femme.
Oui, c'est ça, c'est ça, monsieur Sigallon.
Oui.
Bon, ne t'inquiète pas, je lui ai parlé, ça devrait s'arranger.
Non mais comment ça ? Je m'inquiète pas, excuse-moi, mais je m'inquiète quand
même.
Feur.
J'ai un type qui se comporte chez moi comme un goujon et je devrais pas m
'inquiéter. Calme-toi.
N'envenime pas la situation.
Non, mais qu'est-ce qu'il fait celui-là ? D'ailleurs, c'est inutile ce que vous
faites. Tout ce qui est ici appartient à ma grand-mère.
Nous habitons chez elle.
C'est madame ? Non, ma grand-mère paternelle. La mère de mon père.
Oh là là ! Martin, je te rappelle !
Véronique, il va falloir que j'y aille.
Attends ! Martin ! Oui ? Je suis enfermée ! Je suis enfermée ! Comment ça
? Oui, par la pression sur l'ostrophobe ! Ah, non mais... Vous avez tourné le
bouton ? Mais bien sûr, j'ai tourné ! Mettez du savon dans la serrure ! Mais c
'est stupide comme idée, ça va pas marcher ! C'est la seule que j'ai, moi !
C'est quelque chose ! Non, mais sérieusement, je vais chercher quelqu'un
!
Je voulais parler avec la réception.
Oui, un responsable du festival.
Il y en a plus ? Qu'est-ce qu'il y a ? Nous sommes là.
Quelqu'un arrive.
Chut ! Voilà, ça y est.
Oui, je rentre, c'est à quoi ? Elle vient d'arriver, elle est en train de me
montrer des factures.
C'est quoi, ces cris ? Ces cris ? Je suis en projection, le film a commencé,
je te rappelle tout à l'heure.
Ah, Martin ! Attention à mon costume, je suis sur scène dans cinq minutes.
Je pense
que
c'était la bonne méthode. Il n'y en avait pas d'autre, on verra bien.
On est pourtant bien avec les cigalones. Hop, allez.
Ah, faut-il que je les aime pour habiter chez eux depuis si longtemps.
Voilà, Victoria, ses petites copines, ma grand-mère, toc-toc, et les deux autres
au milieu de tout ça.
Joue les gâteaux.
Je joue trop piqué, les voies ne sont pas assez équilibrées.
Il fait des progrès, hein ? Ah, la fille.
Ah,
grand frère, grand frère, grand frère.
Maintenant, je vous présente mes amis.
Adrien, Sylvester, Francesca.
C'est eux ? Et qui ? Les Gaulois qui ne savent pas se débrouiller dans le maquis
de la loi.
Figure-toi qu'ils n'ont même pas pensé à planquer leurs meubles.
Ça va.
Vous habitez où ?
Dans le septième.
Septième ? Les huissiers font ce qu'ils veulent dans le septième.
Ils se risqueraient pas jusqu'à Sergi.
Ils seraient repérés par les guetteurs.
Par les quoi ? Les guetteurs. Ah, les guetteurs. Même s'ils arrivaient jusqu
'ici, les meubles seraient déjà planqués chez les voisins.
Et toi, ma fille, qui t'embête ?
Si vous saviez, beaucoup de monde.
Nous, on est protégés par maman Oussamba.
On va aller installer dans ton appartement un système de protection.
Africain. Très, très africain.
Non, non, non. Il y a Oussamba qui doit me présenter, votre amie avocate. Je te
présente aux esprits.
Tu y crois, toi ? Vos hommes politiques ont bien leurs astrologues.
Les sorciers n'ont pas plus de pouvoir que les vôtres, mais ce sont les nôtres.
Et maintenant, Martin Sigalon, notre grand ami, va nous parler du grand
scénariste et écrivain italien Cesare Zavattini, celui qui criait dans les
rues « Homo beniforas ». Ce qui veut dire, pour ceux qui ont oublié leur
latin, « Homme, lève-toi ».
C'est à toi, mon cher Martin. Merci.
Merci à toi.
Dans les scénarios de Zabatini, une phrase revient souvent.
Il y a une route et nous voyons un personnage très petit, mais il est très
loin et nous ne pouvons pas très bien le voir ni savoir de qui il s'agit.
Cependant, nous savons qu'il s'approche et que nous le verrons mieux.
Nous ne savons pas s'il fera partie de notre histoire, mais à première vue,
nous pensons que oui.
Voilà, c'est un peu ça la conception d'un film. C'est comme dans la vie.
On rencontre des gens.
Elle ressemblait... Elle ressemblait à une cathédrale et à une chienne.
Et on ne sait pas s'ils vont nous accompagner jusqu'au bout de l'histoire
ou s'ils vont nous quitter avant.
De guerre, ma fille.
Non mais c'est pas possible, ça.
Armand, c'est pas possible.
Pourquoi vous vendez ? C'est qui vos acheteurs ? C'est quoi, c'est une banque
? C'est un fleuriste ?
Tu pourrais répondre quand même, Armand. C'est quoi, c'est une banque ? Oh non,
pas encore une banque.
On peut rien dire tant que c'est pas signé.
C'est pas un bistrot. Les brasseurs veulent pas racheter.
Ils s'attendent à un prix d'Auvergnat, pas à un prix d'Aveyronet.
C'est quoi un prix d'Aveyronet ? C'est le double.
On va aller, c'est le bistrot de tartier tout de même.
Dans 10 secondes, il y a TGV qui passe.
10 !
Paul,
ça s'est passé comment cette fois, cette audition ? Ils ont donné le rôle à
Métral. Qu'est-ce que ça peut être faux ? Tu disais que ça n'était pas un rôle.
J'en aurais fait quelque chose, moi.
Est-ce que je peux vous lire ? Un Alexandrin qui m'est venu.
Vous voulez banquier le temps des cerises ? Gare, la Véronée veille.
Faudra tripler la mise.
Oh, très bien. Très bien.
Il y a le bon nombre de pieds.
Malherbe voulait aussi des rimes pour l'œil.
Cerise qui s'y prend un S ne peut pas rimer avec mise qui n'en prend pas.
Ce sont des règles sévères, mais utiles.
Francophonie contente.
Polop ! Martin ! On est là ! Hé, Martin ! Bonjour, Arnaud.
Bonjour, Lissette.
Bonjour, Martin.
Salut, Martin. Tu vas faire un bon voyage ? Oui.
Je suis mort.
As-tu bien pensé à prendre un rendez-vous avec mon avocate ? Oui,
demain, 10h. Tu viendras ? Demain, 10h ? Non, je peux pas.
Non, mais c'est pas grave. C'est pas plus mal que je sois seule.
Sois prudente, quand même.
Je la connais, votre propriétaire. C'est une avéronniste comme moi. Une narniasse
sous. D'ailleurs, son petit nom, c'est Adrienne.
Adrienne. Tiens, tiens.
Ils peuvent nous foutre dehors à tout moment. Qu'est-ce qu'on peut faire ? T
'as pas failli être expulsé, toi aussi ? Oui, mais moi, c'est pas pareil.
Nous, on s'en tire parce qu'on est solidaires.
En plus, nous, on est locataires de logements sociaux.
On est défendus par nos associations.
Vous, votre sang n'intéresse personne.
Vous êtes locataires comme nous autres ? Votre problème, c'est que vous n'êtes
pas assez pauvres. On va pas tarder à le devenir.
Certains des films n'ont pas marché.
Ni ceux d'avant.
Moi, je pensais qu'habiter chez les autres, c'était la meilleure façon de ne
pas se faire expulser. Je m'aperçois que c'est pire.
Avant, je déménageais à la cloche de bois, je trouvais toujours un ami pour m
'héberger. Maintenant, ça fait six ans que j'habite avec vous. Le monde entier
sait que j'habite avec vous. De toute façon, j'ai accumulé trop de choses ici
pour qu'il soit question d'un déménagement.
Pour moi, ça tombe vraiment très mal.
Pourquoi pour toi, puisque pour nous ? Vous savez très bien que je reprends la
production de mon film.
Ah bon ? Non, tu peux pas nous attendre pour mes films. Mais c'est merveilleux,
c'est formidable.
Pourquoi tu nous l'as pas dit plus tôt ? C'est une très bonne nouvelle.
Un film qui est resté aussi longtemps dans les limbes va enfin revoir le jour.
On a l'impression de toucher du doigt le processus complexe de la création.
Faut pas exagérer tout de même. C'est une œuvre d'horreur et je veux des
nouilles.
Francisca, qu'est-ce que je peux faire ? Tiens, prends ça.
Votre autre problème, c'est que vous êtes un cas isolé.
Tu n'es pas franc-maçon toi, Martin ? Non.
Demain, ça peut aider.
Je te ferai bien entrer dans ma loge. C'est la loge Epaminondas.
Mais elle est à Libreville.
C'est un peu loin.
On s'en bat à les piments ? Oui.
Corset pour tout le monde ? Tout le monde, al dente. Ça va, temps passe.
C'est quoi ton film, Adrien ? Une fantaisie ayant pour cadre l'histoire du
musical à Paris. Il manque les scènes chantées, on les tourne ici.
On peut ranger dedans ? Oui, bien sûr. Et nos chansons, on pourra les mettre ?
Bah, on verra.
C'est trop bien ! Non, c'est pas trop bien, c'est très bien. Vous mettez des
trop partout. Trop, trop, trop, trop, trop.
Bon, arrêtez les filles.
Vous oubliez une chose, c'est qu'on risque d'être foutus dehors. Oui, oui.
Pas tout de suite, tout de suite.
Le rituel. Bon, on va pas se laisser abattre. Allez, le rituel, Adrien.
Je n
'ai
pas sommeil.
Les voyages, ça m'a toujours énervé.
J'ai tellement parlé que j'ai encore l'écho de ma voix dans tout le corps.
Qu'est-ce qu'on regarde pour le film ? Je n'ai pas envie de regarder de film.
Je n'ai pas l'esprit à ça.
Toi, évidemment, tu t'en fous. Tu vas à Florence et tu reviens. C'est moi qui me
tape tous les emmerdes.
Allez, ne pense plus à ça.
Pourquoi ? Tu y as déjà pensé ? Les huissiers qui vont revenir, tu y penses
? Il ne reviendra pas. On n'est pas son principal souci. Le temps va passer, il
va oublier.
Tu crois ça ? Toi, il te suffit d'oublier les gens pour croire qu'ils t
'oublient.
Les huissiers, ils n'oublient jamais personne.
C'est leur métier.
Laissons tomber les huissiers et ils nous laisseront tomber.
Il faut décourager l'ennemi. Il n'y a pas un problème que l'inaction ne
finisse par résoudre, croisons mon expérience.
Ton expérience ? Mais qu'est-ce qu'il faut pas entendre ? Ils ont laissé faire
il y a longtemps qu'on sera à la rue.
Allez, attends. On va regarder ça.
Stars in my Crown, Jacques Tourneur, ça va être remonté le moral.
Ça se passe dans un village où tous les gens sont méchants, où tout va mal, et
puis tout d'un coup ça s'arrange comme par miracle.
Même les mecs du Ku Klux Klan finissent par être gentils. C'est pas un huissier
qui va nous faire peur, non ? La vie, c'est pas un film de Jacques Tourneur.
Bon.
Alors, Minnelli.
Brigadoon, le triomphe de l'imaginaire, un bonheur que la réalité ne peut nous
offrir. Ça va te faire oublier tous tes soucis.
On est en plein merveilleux.
Ça se passe aussi dans un village, mais un village qui n'existe plus sur aucune
carte.
Arrête ton cirque.
Je crois que j'ai une solution.
Quoi, pour l'huissier ? Non, pour mon moral.
Mais pour ça, il faudrait que tu poses tes cassettes et que tu enlèves ton
pantalon de pyjama.
Aïe ! Aïe ! Qu'est-ce que c'est ? Oh ! Je t'ai cassé dans le dos ! C
'est le tour de...
Bonjour
! Ça va ? Oui ! Non, non,
non, non, non, non, non, non, non, non, non ! Je le croquette ! Je le cracote !
Oh, c'est pas vrai ! Bonjour croquette ! Bonjour fricotte ! On peut pas se raser
comme tout le monde ? Raser ? C'est quoi cette phobie du poil ? C'est pas une
phobie ! C'est comme une mutilation, comme une excision ! Comme les p'tits
bandés des chinoises ! J'ai personne qui a le poil sur les bras, c'est moche !
Explique-moi pourquoi c'est moche ? Euh, je sais pas moi, parce que c'est pas
lisse ! Ah voilà, c'est pas lisse ! Parce que les femmes ça doit être lisse
! Non mais quand même se raser ou s'épiler c'est mieux pour la plage !
Non, c'est pas mieux pour la plage.
Tu sais ce que ça veut dire ? Non, mais tu vas me le dire.
Ben, c'est simplement la haine du corps féminin.
On dit que je ne vais même pas être avec les femmes nues. Il y avait plein de
femmes nues dans les tabous, il n'y a pas un truc complet. Tu sais pourquoi on
les a tolérées ? Parce que c'était des femmes sans poils, des familles, des
femmes enfantes.
On en est restées là.
On est d'accord pour les peintures, mais les statues, elles n'ont pas de poils.
Tu veux être une statue ? Et puis les poils, ça retient la transpiration.
Je ne vois pas pourquoi il y aurait des mecs qui auraient le droit de tuer.
Mais c'est pas pareil.
Comment ça c'est pas pareil ? Mais sans.
Sans ! Fais quoi toi ? Bah c'est pareil.
Mais arrête de me dire ça.
Ça n'a rien à voir.
En tout cas...
Très
bien ! Avec ! Je n'ai pas besoin
d'avocat.
Je nique les avocats, je nique la justice, je nique la police, je nique la
France. Écoute-moi, sœur, tu niques qui tu veux, mais moi je suis là pour te
défendre et j'ai pas de temps à perdre. Alors tu me laisses faire mon boulot, ok
? Mais j'ai pas besoin qu'on me défendre, je vais m'engager dans l
'Qaeda.
Allô ? Oui ? I told you no.
Qu'est-ce que c'est ? C'est le mec qui te nique.
Que tu fais comme études, sœur ? T'es dans quel collège ? Je vais dans aucun
collège, nique le collège.
Alors Alkaïda, ils ne voudront pas de toi non plus.
Ils ne prennent que les bas de puces suites, les techniciens de haut niveau
et les biologistes très pointus. Ah bon ? Et oui, c'est comme ça.
Rien ne remplace ce travail.
Bon, écoute-moi, sœur, je dois y aller.
On se retrouve dans 15 jours et sois à l'heure.
Bonjour, ça va ? Bonjour, cousine.
Elle n'est pas là, ton amie ? Je ne comprends pas, elle devrait être là.
Ah tiens, là, voilà.
Je suis désolée, excuse-moi.
Voilà, Aïssa, la fleur.
Bonjour, ça ne me dérange pas, j'ai des choses à faire dans le quartier, mais
par contre, on y va, parce que moi je suis pressée. Bon, moi je vous laisse,
on m'attend au ministère.
Alors, Oussama m'a dit que votre appartement bénéficiait d'un loyer de
48. Vous avez le bail ? Oui, le voilà.
Le bail est au nom de ma grand-mère Marie-Antoinette Ardilou. On habite dans
cet appartement depuis toujours. On paye un loyer qu'on peut considérer comme
faible.
Faible comment ? Vraiment faible.
Mais j'imagine que votre grand-mère n'habite pas toute seule.
Oui, il peut.
Enfin, depuis deux ans, elle habite plus souvent là. Il y a toujours sa chambre,
mais il y a mon autre grand-mère dedans. Puis il y a aussi un vieil ami artiste.
Et puis il y a ma petite sœur dont j'ai la tutelle.
Et puis il y a sa copine dont les parents sont en chemin. Le divorce, elle
est mieux chez nous.
Puis il y a ma fille.
Enfin, à nous.
320 mètres carrés.
Ah oui, je comprends mieux.
Parce que ça vous laisse suffisamment de place.
Et vous habitez donc tous ensemble ? Oui, il y a aussi les copines de ma
fille et puis les maîtresses de notre amie. Vous allez voir à peu près 18 clés
qui se baladent. Je ne sais jamais qui rentre. C'est un refuge.
C'est un phalanstère.
C'est pour ça que j'y tiens. Quelle est la catégorie de l'appartement, vous
savez ? De A, de B, de C ? De C.
Vous y connaissez ? J'ai fait deux endroits.
Pourquoi vous avez arrêté ? Je ne voulais rien avoir à faire avec la
justice, je n'étais pas faite pour ça.
Vous vous trompez.
Vous savez, tout citoyen paisible est un plaideur qui s'ignore.
Et le rôle de l'avocat, justement, c'est de le révéler. C'est de l'aider à s
'exprimer, et voire même, à la limite, qu'il puisse se passer de nous lors des
procédures.
Il faut le pousser à prendre conscience qu'il est nécessairement victime d'une
injustice, et ça, quelle qu'elle soit.
Il est en bon état, votre appartement ? Non, pas vraiment. L'immeuble n'est pas
très bien entretenu. La propriétaire est une femme très riche et très avare. Vous
savez, c'est leur métier de trouver des torts locataires de 48.
Mais notre métier, c'est de rentrer dans l'art.
Mais attention, ils peuvent très bien envoyer des huissiers pour vérifier que
le titulaire du bail habite toujours là.
Et les huissiers sont des malades. Ils peuvent très bien s'introduire chez vous
et essayer de vous intimider.
Rien n'arrête ces gens-là.
Je ne vois pas comment vous allez pouvoir vous en sortir, à moins d'un
miracle.
Jean a réussi à obtenir un rendez-vous avec la fromagère.
Excuse-moi. Bon, salut.
Allô ? Oh, Véronique, tu es où ? Toujours à Florence ?
Et tu fais quoi ? Ah bon ? Son métier, c'était le design de la
chaussure. Elle faisait une étude sur les formes conservées au musée
Ferragamo, le plus grand chausseur de tous les temps.
Aussi, quand elle se mit à évoquer les formes de Marilyn, les embauchoirs de
Marlène, le pied romantique d'Audrey Hepburn, j'ai su que je ne résisterais
pas à l'envie de la revoir.
Je crois qu'on va se passer d'avocat. Je vais défendre notre dossier moi-même
devant le tribunal.
Ça n'a pas marché avec les copines d'Oussamba.
On va pas s'en déter encore plus.
Avec un bon dossier, moi aussi l'approprier, je peux en faire du
hachis. Non, mais... Non, t'es beaucoup trop gentil pour ça.
J'ai fait deux endroits, Martin.
Et j'ai même libéré un zèbre.
Je vois pas le rapport.
Ben y en a un.
Elle a voulu la guerre, elle l'aura.
La guerre est juste pour celui qui en a besoin. Et on en a besoin.
Je fais la guerre.
Tu réponds pas ?
Mais t'as raison.
Stratégie de rupture, ça peut marcher.
Nous, on vit en communauté.
Et l'âme de la communauté, c'est l'amour.
Les falingards, eux, vivent en société. Et l'âme de la société, c'est la loi. C
'est ça que tu vas réussir à mettre dans la tête de la juge.
Tu me dois vraiment dire ça à la juge ? Mais bien sûr ! C'est un vieux truc dans
Rossellini.
C'est pas rien, Rossellini.
Ça ? Oui.
C'est bien ? Oui.
Non, franchement, les filles, en plus, il faut qu'on range la cuisine parce que
Francesca, elle m'a trop embêtée.
Patate pour le père ! Travaille bien.
Tu sauras trouver la faille, Francesca.
Seules les tortues savent se mordre.
Merci.
C'est le chorégraphe.
Je te laisse, je vais ouvrir le magasin. Tu connais le chemin ? Oui.
Bonjour, monsieur Cigalone. Bonjour, madame... C'est la danseuse. Je te
rappelle. C'est la fromagère dans la rue.
Oui. Madame Mimrette ? Oui.
Si belle pour moi, les seules femmes vraiment désirables sont les femmes qui
trônent derrière des morceaux de victuailles.
Toute nourriture confondue ? Toute.
Qu'est-ce que c'est que ça, Adrien ? C'est une meule de comté que j'ai bien
méritée. Je vais la planquer, parce que je ne sais pas comment.
Non, pas du tout, c'est un cadeau.
Allez, hop !
À faire pas d'un gars comme Mardi Luz.
Vous pouvez vous décaler sur la gauche, s'il vous plaît.
Votre avocat n'est pas là ? Madame la Présidente, j'assure moi-même notre
défense. C'est votre droit.
Mais je vois que vous vous présentez seule à nouveau.
Je m'étonne que Mme Mardi Luz, l'avocataire en titre de votre
appartement, ne soit pas présente. C'est la grand-mère fantôme.
C'est elle et non vous qui est titulaire du bail sous la loi de 1948.
Ma grand-mère, enfin je veux dire Mme Marie-Antoinette Ardilouz, eh bien...
Pardon ? Mme Ardilouz relève d'une maladie sérieuse.
Elle est actuellement en convalescence sur le conseil de ses médecins. D
'ailleurs, je vous rappelle que c'est une vieille dame dont la santé a
toujours été un petit peu fragile.
Ça fait 50 ans que Mme Ardilouz agonise, Mme la Présidente.
Pourquoi Mme Falangar veut-elle récupérer cet appartement ?
Ce n'est pas pour se loger ou loger sa famille.
Non, c'est pour le relouer à un taux prohibitif. À un taux d'aujourd'hui ?
Justement, qu'est-ce qu'un loyer d'aujourd'hui ? C'est un loyer
exagérément élevé qui répond à la spéculation immobilière. C'est très
grave pour tout le monde. C'est très grave pour Paris, Madame la Présidente.
Qui a fait la réputation de Paris ? Ce sont les peintres, les sculpteurs, les
écrivains fauchés du monde entier qui trouvaient refuge dans des quartiers aux
loyers accueillants comme Montmartre, Montparnasse ou Saint-Germain-des-Prés.
Moi, les écrivains de Saint-Germain-des-Prés, j'en chie un.
Tous les matins. Attention à la bambuse.
Ça, c'est un jugement littéraire.
Mais les temps ont changé, Madame Cigallone. Saint-Germain-des-Prés est
devenu le quartier de la mode, du design.
Et des boutiques de luxe.
Exactement. C'est bien ce que je dis.
C'est parce qu'ils ne pouvaient plus payer leur loyer que les librairies, les
cinémas et les théâtres ont disparu du quartier et ont été remplacés par des
boutiques de fringues. Il faut bien bâtir ceux qui sont nus.
J'imaginerais que c'était des œuvres de charité.
Nous nous écartons du débat.
Est-ce que les loyers de cet appartement ont toujours été régulièrement payés ?
Toujours, madame la présidente.
Mais aurions-nous pu le faire si madame Falingard avait quintuplé ses loyers
comme elle le souhaite ? Et voilà, ça recommence. Vous vous rendez compte que
cette propriétaire considérable possède en plus de cet appartement... Alors là,
elle m'a surpris, la petite Francesca. Elle avait vraiment travaillé son
dossier. Elle s'est mise à énumérer par cœur les propriétés de la Falingard,
depuis la villa de Ramatiel jusqu'au chalet de Chamrousse, en passant par les
fermettes du Perche, le domaine de Toscane, les appartements de Labo, la
chasse de Sologne.
Sans oublier les chambres de bonnes louées à prix d'or à des étudiants
fauchés. 540 euros par mois la chambre, vous rendez compte madame la présidente
? 540 euros par mois ! J'arrive ! Je suis là.
Ah mon dieu ! Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce que j'ai eu peur ? Ça fait
longtemps que je sonne, j'ai cru que vous étiez mort.
Mais pourquoi ? J'ai pensé à une intoxication.
Par le gaz carbonique. On a le chauffage central, on se chauffe pas au bras zéro.
Ah, tant mieux ! Alors, le tribunal, ça s'est passé comment ? J'ai mon reporté.
On est tranquille, là ? Aucun jour.
C'est pas terrible. Moi, Marcel nous donne un répit, je vais commencer mes
répétitions tout de suite.
C'est quoi, cette histoire de tribunal ? Vous allez pas aller en prison, quand
même ? Mais qu'est-ce qui t'arrive encore, Annette ? Qu'est-ce qu'elle a ?
Elle a qu'elle est comme ça.
Voilà, c'est ma petite sœur, elle voit tout en noir et ça date pas d'hier.
Quand quelqu'un dort, c'est qu'il va mourir.
S'il y a un petit bruit la nuit dans la maison, c'est un voleur, un fantôme ou
un saucissonneur.
Et si tout le monde est content, c'est qu'un tel bonheur est impossible et qu
'un malheur va bientôt arriver.
Annette, la prochaine fois, avant de s'absenter, on mettra un mot sur la
porte. Nous ne sommes pas morts.
Regarde ce qu'il m'a écrit. Qui ? Herman.
Il est parti, il m'a laissé ça. Dites-moi ce que vous en pensez.
Tu resteras toujours la première dans mon cœur et la dernière que j'aurais dû
rencontrer, Herman.
Qu'est-ce qu'il a voulu dire ? Oui, c'est pas très clair. C'est compliqué
comme toutes les choses qui touchent à l'amour.
C'est simple.
Il veut se débarrasser de moi.
Il me prend pour une champouineuse.
Je suis pas une champouineuse. Bien sûr que non. Vous êtes un peu déprimée.
J'ai envie de mourir. C'est bien.
Je sais pas ce que je fais sur Terre.
Très bien.
De toute façon, j'ai toujours fait le malheur de tout le monde. Très, très
bien ça. Qu'est-ce qui te prend, Drian ? Francesca, tu ne comprends rien. Tu vois
bien qu'elle a besoin de s'extérioriser, de faire parler son chagrin.
Verbaliser, mon petit, verbaliser, c'est excellent.
Anna était de retour.
Qu'est-ce qu'il fait, Herman ? Il tourne des sujets historiques pour Arte.
Ah, il est allemand.
Il vit à Munich, mais il a l'accent espagnol.
Comment un natif de Munich peut-il attraper l'accent espagnol ? Il est né
en Lande.
Évidemment. Loisette de crème... En ce moment, il prépare un sujet sur un
cimetière mirovingien dont les squelettes portent des traces d'atroces
tortures.
Il a déjà tourné la famine en Ukraine, les mouroirs roumains, la transformation
de la mer Caspiale en égout, l'alcoolisme chez les Inuits, le trafic
d'organes dans les favelas. Et bien sûr, l'extermination des espèces protégées.
Oui, bien sûr, c'est pour Arte.
Et vous n'aimez pas son travail ? Ah, si.
Si. Au contraire.
Mais alors, qu'est-ce qu'il vous reproche ? Mes idées noires. Il dit que
j'ai trop d'idées noires.
Ah ! Qu'est-ce qui se passe ? Vous l'amenez ? Vous êtes surtout très
sensible, Annette, et me semble-t-il angoissé.
Il n'y a jamais rien de tel pour vous détendre, pour vous rassurer dans votre
relation ? Si.
Il m'a amenée à Brindisi, par l'arrivée d'un cargo de clandestins albanais.
Un sujet superbe.
Superbe.
J'étais si heureuse que j'avais envie de mourir.
Ça l'a fait fuir.
Il faut oublier Herman, Annette. Ça n'était pas quelqu'un pour vous.
Oh non, pas déjà.
Papa, raconte-moi l'histoire que tu m'as pas racontée hier.
La quoi, laquelle ? Pas la même.
T'étais une fois une fée, un merlin, un chanteur, une fille de roche... T'es
encore au lit.
Angela, est-ce que tu peux me prêter ton pull rouge ? Oui.
D'accord.
Vous êtes tous là, je vous cherchais.
Il fait beau aujourd'hui.
On aurait dû faire le tour du monde.
Adrien, il y a quelqu'un pour toi.
Il est là.
Oui, j'arrive.
On a quoi alors ? Contre-basse, piano, guitare et barléon. On peut avoir un
violon ? Toujours pas payé. Bien sûr.
Je ne sais pas le prix des choses, ce n'est peut-être pas plus mal. C'est dans
le film ça ? Comment ? C'est dans le film ? C'est des choses légères en fait.
Pas des choses qui blessent.
Venez,
je vais vous montrer ce qu'on a déjà tourné.
Moins fort les peintades, on a du travail !
Regarde. L'occupation doit être réelle, effective et suffisamment continue.
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que grand-mère est maintenue dans les liens
en tant qu'occupante de bonne foi.
Il faut qu'elle réintègre l'appartement, qu'elle vive un petit peu plus avec
nous. Il faut pas de sous-location.
Il faut pas de sous-location.
Ben non.
Bon, ça veut dire on reste.
Bravo.
Ben moi ça me concerne pas, je ne paye rien.
Adrien, on le sait.
Ça veut dire aussi pas d'utilisation professionnelle. De toute façon, je suis
un artisan, je ne suis pas un professionnel. Moi, je suis au-dessus de
ça. Je peux terminer mon film.
Alors, les filles, la chorégraphe, c'est... Alors, Paul, ce rôle, quoi de
neuf ? Pareil, la conspiration des médiocres, ils se cooptent, ils se
reconnaissent et ils vous laissent sur le pavé.
Ça vous intéresserait d'avoir un rôle dans mon prochain film ? Ça dépend.
Ça dépend, ça dépend.
Il y a combien de lignes ?
Je ne sais pas le temps des choses, ce n'est peut-être pas plus mal.
Quand on connaît le prix des roses, on met le côté des pétales.
Je ne sais pas le temps des choses, ce n'est peut-être pas plus mal.
Quand on connaît le temps des roses, on met la mort dans chaque pétale.
Je n'ai pas tout, mais il y a des choses, ce n'est peut-être pas plus mal.
Quand on connaît le prix des roses, il y a plus d'épines que de pétales.
Attends. J'ai un cadeau pour toi.
C'est trop, je l'aime pas.
Tu l'as bien mérité.
Martin !
Martin, je te présente Amandine, maraîchère, mon amie Martin. Salut l
'amie Martin, enchantée.
Faut que je me sauve.
Faut que je me sauve.
Bye bye.
Ciao, ciao.
Encore un. Je vais boire mon petit cadeau.
Allô ? Ça va être très difficile, j'ai beaucoup de travail au doublage en ce
moment.
Je suis sur un bateau avec des comédiens.
C'est pas très pratique.
Tu me rappelles ? Oui, oui, je te rappelle.
Je vous mets ça où ? Dans le fond, là.
Allez-y, monsieur.
Léon, il y a bien tous les panneaux.
Mais qu'est-ce que vous faites ? C'est quoi, ça ? C'est les décors.
Vous pouvez aider les filles.
Allez-y, dans le fond.
Voilà.
C'est pas celle-là ? Ah !
Non, ce n'est pas celle-là. Il n'y a pas les rubans rouges.
Oh, un abruti.
J'en ai oublié une. Oui, mais c'est très embêtant, ça. C'était la panière qui
comptait les robes de Frédéric.
Alors, le moulin rouge, le moulin de la galette, sans danseuse, il manque
quelque chose.
Martin, c'est stupide, mais ne quittez pas par la pensée.
Je vous vois même partout.
Dès que vous êtes sur Paris, appelons-nous.
Très bien.
Je t'ai qui ? Mon numéro masqué.
Annette, qu'est-ce que vous pouvez me chanter ? Une petite chanson... Oui ? De
folklorcerbe. Bon, alors allez-y, je vais vous suivre.
D'accord.
Qu'est-ce qui se passe ici ?
Ça me rappelle mon voyage à Brindisi avec Armand.
Adrien, je sais que tu préfères les amateurs aux acteurs professionnels,
mais je me demandais si c'était une bonne idée d'engager ma sœur, lui
confier quoi que ce soit, surtout dans cet état.
Comment tu peux dire ça, Martin, avec ce qui m'arrive en ce moment ? Mais c'est
pas mon frère, putain, chien ! Ça fait mal ! Calmez-vous, je reviens.
Tu m'héberges depuis 4 ou 5 ans. Oui.
J'ai mon bureau, ma table de montage.
J'amène mes petites amies.
Le gîte, le couvert, on est bien d'accord.
Je tourne chez vous, je vous envahis.
Je supporte votre désordre.
Je dois subir la visite du chien prêt à tout saisir. Mais tout ça, vous serez
parfaitement égal.
Je t'en voudrais à mort.
Et ce sera une cassure définitive entre nous, qui pourrait même provoquer mon
départ, si tu interviens encore une fois, une seule fois,
dans ma mise en scène.
Oh ma panière ! Ma chère panière ! Venez Léon !
Voilà, c'est celle-là. Voilà, voilà.
Parfait. Voilà, mesdemoiselles, venez choisir vos costumes, prenez ce qui vous
va.
Zaza, Clara, Camilla, Capsula, Barbara, allez.
Pas ça, pas ça, pas ça. Laissez ça, voilà.
Bon, alors...
Voilà,
c'est mieux.
Je vous préviens.
Sur un tournage, je suis comme Louis XIV à Versailles.
Il est devenu très sévère. Il le faut.
Qu'est-ce que vous faites là, j'ai fini.
Paul ? Voilà.
On peut y aller, Paul ? Pas de problème.
Musique ? Allons-y.
Quand on voit passer le grand Prosper sur la place Pigalle, avec son beau
petit chapeau vert et sa marche d'ingale, à son air, à la barre,
et sa démarche en canard, au poète
Pachelier, pour deviner son métier, Prosper ! Je ne sais pas,
on va croire qu'il chante faux.
Il a perdu l'air.
Vous avez changé d'air.
C'est-à-dire que quand je suis dedans, j'entends plus la musique.
J'ai plus qu'un son et c'est le mien.
Vous avez chanté déjà ? Oui.
Dans mon valise, surtout.
Dans les yourtes.
Bon, alors continuez comme ça.
C'est le début, mais après je peux affiner.
Faites-le avec revenu, hein. Musique ?
C'est le chéri de ces dames.
Prospère, yop, la boum ! C'est le roi du macadam.
Je suis pas petit, là.
Vous pouvez simplement faire prospère, yop, la boum, pour monter le
pantalon d'un geste sec. Vous ne faites rien, ni avec les jambes, ni avec les
épaules.
Musique.
Prospère, yop, la boum ! La boum c'est le shéril, c'est l'âme.
Prospère, la boum, le roi du macadam.
Qu'est-ce que vous faites là, Annette ? Je viens jouer la pireuse.
J'aimais bien ce basse-tringue, mais je ne supportais pas le bruit.
Véronique était rentrée.
C'était une trop bonne occasion de céder à la tentation de la revoir.
C'est long.
Il faudrait que ça aille vite, ce serait le plaisir.
Moi, monsieur Adrien, si vous n'avez plus besoin de moi, je m'en vais me
rentrer. J'aime pas trop que ça n'a rien fait. Vous allez percher.
Qu'est-ce que c'est ? Prenez ça, voilà.
Comme ça.
Quand ça tournera, vous la tiendrez.
Comme ça. Comme ça.
Comme ça.
C'est pas sorti. Les filles, allez, vous êtes échauffées, maintenant, levez-vous.
Levez-vous, levez-vous, levez-vous.
Voilà.
Allez, on va répéter. Vous allez partir des coulisses. Tiens, toi, là.
Voilà.
Les coulisses, oui. Mais c'est ça, les coulisses. Toi, là.
Là. Voilà.
Voilà.
Allez.
Qu'est-ce que vous faites là, Léon ? Je perche.
Non, mais c'est pas moi.
On va gagner votre place. On fera ça quand ça tournera.
Voilà. Allez, répétition.
Musique. Un, deux.
Et alors ? Et alors ? Adrien, je vous assure qu'on n'a pas assez de place.
Ils peuvent le faire en bas, devant le décor.
Bon, repartez du fond du couloir, les filles. Allez, au galop !
Retournez à votre place, voilà.
Je vais faire le clap.
Sortez du champ.
Sortez du champ. Tout le monde dehors, dehors, dehors.
Allons-y.
Ensemble.
Allons-y.
Moteur. Ça tourne.
Annonce. Annonce.
Paris-Chantilly, 66 sur 16.
Deuxième.
Musique. Un, deux, trois, quatre.
Pourquoi tu restes accroupi ? Le grand écart, c'est pas accroupi.
Alors, on recommence.
Place de départ.
Allez, place de départ.
Moteur.
Annonce. Annonce.
Paris-Chantilly, 66 sur 16, 3e.
Mais qu'est-ce que c'est que c'est Pékin ? Sortez-nous ça ! Musique. 1, 2, 3, 4,
5, 6, 7, 8.
Merci.
Donnez-moi ma petite caméra, je vais me faire un petit plaisir.
Je vais faire les plans de coupe. Merci, mademoiselle. C'est très bien.
Voilà.
Allez, en place.
En place, ici.
Tu vois qu'on se retrouve, ma vieille branche.
Allez, musique.
Allons-y, moteur. Ça tourne.
Annonce, Annette.
Paris-Chantilly, 68 sur 3, première.
J'étais point enclenché. Là, vous y êtes, Léon ? Là, c'est bon. Deuxième
tape, deuxième tape.
Paris-Chantilly, 68 sur 3, première.
Des filles déchaînées, hein ? Allez, musique.
3, 4, 3, 2,
1.
Mais qu'est-ce que c'est que ce con dans le champ ? Maître Blavache, huissier.
Je viens ici avec monsieur le commissaire pour procéder à l'enlèvement
du mobilier des objets saisi par moi-même pour le camp de la Cofico chez
monsieur Sigallon. Vous n'êtes pas chez monsieur Sigallon, vous êtes chez Marie
-Antoinette Ardilou. Je sais, je sais. Vous avez les factures ? Vous êtes un
comique, vous.
C'est pas ce qu'on me dit d'habitude.
Et vous-même, monsieur, vous êtes... Je suis un ami de la famille, monsieur,
hébergé gracieusement par la grand-mère de madame. Je vous l'ai déjà dit. Et
toutes ces personnes sont aussi des amis de la famille hébergés gracieusement par
la grand-mère de madame.
Vous voyez, commissaire, cet immeuble n'est pas habité pour joie, c'est bon.
Alors, procédons à l'enlèvement.
Nous avons bien là-bas un piano.
Vous oubliez que c'est notre instrument de travail.
On ne saisit pas un instrument de travail.
C'est ça, vous allez m'apprendre mon métier.
Et puis un ordinateur, et autrement j'ai deux fauteuils et une table basse. Nous
allons les retrouver.
Commençons par cet ordinateur. Mais attendez, mais qu'est-ce qu'ils font
avec mon ordinateur ? Qu'est-ce qu'ils font avec mon ordinateur là ? Non, vous
me rendez ça ! On va te casser la gueule ! Vous laissez faire notre métier ! C
'est bon, arrêtez ! S'il vous plaît ! Ecoute, vous allez me rendre ça tout de
suite !
Il y a des moments où je me demande si on est dans mon
rêve ou dans la réalité.
Tu nous fais courir. Le jugement indique bien non-utilisation à des fins
professionnelles. Je pouvais pas savoir. Et toi, tu transformes l'appartement en
studio. Rien que ça. Alors écoute, les caméramans riche chevalier et les danses
dans un cocon, terminé ! D'accord.
D'accord, j'arrête.
L'heure de la poésie n'est pas celle de l'immobilier de rapport.
Alors, il n'y a plus de film, plus de chanson, plus rien ?
...
Francesca est punie ! Francesca est punie ! Francesca est
punie ! Francesca est punie !
Récite ta poésie. J'attends d'être grande personne.
Rien ne me presse. Tout vient à point.
Et quand j'entends l'heure qui sonne... Elle me dit... Elle me dit... Elle me
dit... Elle me dit... Francesca ! Francesca !
Francesca ! C'est bien simple, je n'arrête pas.
Vous faites ça où le matin, si tôt ?
D'autant la fourgonnette au milieu des cajons.
Allons au Rapide Hôtel, juste derrière Saint-Séverin, l'ancien latinien.
Ah oui, oui.
Oui, je l'admets, je l'admets.
Oui, allô Véronique, c'est Martin, c'est moi.
Bon, j'ai un moment cet après-midi, on pourrait se retrouver à 15h au Rapide
Hôtel, c'est juste derrière Saint-Séverin, c'est un hôtel très bien.
Il y a des stores rouges et un grand aquarium dans l'entrée, d'accord ?
Je ne t'entends pas, dis quelque chose.
Mais là, je ne sais pas trop quoi te dire, Martin.
Elle va regranger au nez.
Je me suis trompé de numéro, je viens de faire le numéro de Francesca.
Il y a des moments où je me demande pourquoi les gens trouvent si
insupportable l'idée d'être mort.
Oh, le con.
Le con !
Si tu le rappelles tout de suite, tu lui dis que tu lui as fait une
blague. Vas-y, tu rigoles.
Et surtout, ne te prends pas de votre coupable.
Fais-le, toi.
Je ne veux pas te mêler à cette histoire.
Adrien ! Adrien ! Non, non !
C'est fini, j'ai perdu Francesca.
Et je n'ai pas vu comment elle s'appelle.
Ah oui, Véronique.
Je me suis brouillé avec les deux.
Bravo Martin, finement joué.
Mais qu'est-ce qui m'a pris de me laisser draguer par cette folle ? J'ai
toujours été un toutou, je viens quand on me siffle.
Francesca ne me pardonnera jamais, je la connais.
Qu'est-ce que je vais devenir ? Qui est-ce qui va s'occuper du banquier, du
loyer ?
Moi, je ne sais pas remplir les papiers, je ne sais rien foutre. En plus, je suis
égoïste, je ne pense qu'à moi.
Je suis pire qu'Adrien.
Lui, il a une stratégie.
Il sait où il va.
Tu n'as donc pas de mémoire ? Aucune ? Je vous ai menti une fois, je ne peux
mentir encore.
Ce n'est donc du mensonge. Tout est beau discours.
On va faire la suite.
Monsieur Lugal, emmenez-le là-haut et enfermez-les ensemble.
Ensemble ?
Vous êtes généreuse. Je veux encourager un amour si sincère. Le seul que j'ai
connu n'était que mensonge.
Tu vois, mon cher amour, j'ai voulu que vous ayez, toi et ta femme, une nouvelle
lune de miel.
Elle ne sera pas très longue.
Les meilleures choses de la vie sont courtes et douces.
Comme les quelques jours que nous connûmes.
Je vous demande une grâce.
Mais il est trop tard.
Beaucoup trop tard.
Alors, tuez-nous. Qu'on en finisse tout de suite.
Oh non.
Je veux que tu vois ta bien-aimée se boursoufler au soleil, sa langue noircir
et se racornir, son regard changer jusqu'à ce qu'il ne reflète plus qu'une
lueur de folie, qu'elle se tranche les veines pour se désaltérer avec son
propre sang. Vous seul pouviez être capable d'une telle ignominie.
Les hommes qui ont partagé votre vie, civils soient-ils, même Barbe Noire ne
se montrerait pas si abjecte.
Je suis le capitaine Providence.
Traitez-nous au moins comme Barbe Noire le ferait.
Tuez-nous d'une balle.
Vous aimez jouer à l'homme, agissez en homme.
Mais je suis une femme.
Comme tu te plais tellement à me le rappeler, qu'il fallait y penser lorsque
tu m'as dupé.
En te laissant ici, je suis persuadée que ta dernière pensée sera pour moi.
Tu pleures ? Ça t'a ému, là ?
On va en faire une autre.
Il y avait peut-être un peu trop d'émotion.
Madame Sigallon, bonjour madame.
Bonjour monsieur. Bonjour madame. J'en ai pour deux minutes, je reviens tout de
suite. Vous m'attendez dans la salle de classe s'il vous plaît ? A tout de
suite, merci.
Je pense qu'elle a dû l'oublier.
Je vais vous montrer où c'est, c'est là.
Il y a des jours on est tellement déçus qu'on risque de faire rembourser sa
propre vie.
C'est pas si grave.
J'ai croisé cette fille à Florence, ça n'a aucune importance.
Florence ?
Je pense que monsieur voulait en plus que je recousse sa douleur de veste.
Florence, je sais pas ce qui m'a pris. J'étais seul.
T'as l'impression que t'étais fâché contre moi, y a cette fille qui me saute
dessus.
Je voulais pas.
Je pensais qu'à toi.
Qu'est-ce que tu penses à moi quand tu baisses tes poufs ? Je me suis fait
envoûter, ça arrive.
Oh, il a été envoûté.
Non mais écoutez-moi ça, non mais je rêve. C'est tout ce que tu trouves à
dire, pauvre mec minable, qui n'a aucune imagination.
Je me demande à quoi se sert...
Tous ces films que tu vois et tous ces bouquins que tu lis à longueur de
journée auxquels tu comprends rien, crétin ! T'as aucune importance au sujet
de la vie, je n'aime que toi. Ouais, alors explique-moi ce qu'on fait si tu
lis d'or à plus d'automne. Elle m'a fait un chantage, elle m'a forcé. Ah, ça fait
plaisir de voir des parents comme vous, je vous assure. Vraiment, il est pas un
peu exagère.
Enfin, on voit bien qu'Isabelle vit dans une famille harmonieuse et unie.
La vie de famille, c'est très important pour l'équilibre des élèves.
Venez. Qu'est-ce que tu te dis ? L'école ne peut pas tout faire.
Les enfants ont besoin de repères. Le seul employé heureux peut leur donner...
Zadboy !
Viens, on quitte la chambre des tortures.
Sauf qu'il peut.
Elle a l'air en colère, ça va sûrement me retomber dessus.
Qu'est-ce qui m'a pris de parler de cet hôtel à Martin ? Tout ça pour faire le
malin. Francesca va croire que je suis son mauvais génie.
C'est souvent comme ça avec les femmes.
Elles pensent toujours que leur mec est victime de ses fréquentations.
C'est leur manière réelle de pardonner.
Tu accompagneras Isabelle à son cours de dessin.
J'ai quelque chose à faire ce soir. Ah oui.
Tu prendras des McDo pour tout le monde. Tiens. Les McDo me donnent de l'acidité.
Tu ferais pas plutôt une purée avec les saucisses qui restent dans le frigo ?
Mais pour qui vous me prenez tout ce temps que vous êtes ? J'en ai marre de
ce type qui passe mon temps à ne rien foutre, à jamais finir ses films nuls, à
ramener à la maison des pétasses stupides.
Marre de ce piqué qui chante comme une casserole.
Marre de toi, Martin, ce que tu as fait à Florence. Et petit, petit, petit, je
te pardonnerai jamais de m'avoir laissée seule aux prises avec un huissier. Tu
veux que je te dise ? Tu es bête.
Arrête d'en suer bête, c'est ce qui me gêne le plus chez toi. Je sais pas
comment elle s'appelle déjà.
Comment tu m'appelles ? Je te dis pas.
Ah oui, Véronique.
Voilà ce que je suis.
Un pantin, un clown.
Je me suis fait bousculer par des huissiers, engueulé par des juges. J'ai
tout fait pour vous conserver un toit sur la tête.
Mais oui, mais moi aussi. Mais si vous croyez que je vais continuer, vous
pouvez vous foutre de moi dans l'oeil.
Je me tire.
Vous débrouillez tout seul, je m'en vais.
Bon,
Victoria, je t'occupe de la... Si je
faisais tout simplement des spaghettis au lardon.
Ce n'est qu'une malheureuse petite mésaventure.
Retiens bien ça de ta grand-mère.
Les maris ne sont que des animaux de compagnie.
Alors pourquoi les mettre dehors ? Où irait-elle, ces pauvres petites bêtes ?
C'est ce que j'ai dit souvent à ton grand-père.
Et ça ne faisait rien.
Pourquoi tu ne prendrais pas un amant ?
Je suis d'une génération moins audacieuse que la tienne, et puis je
suis comme la princesse de Clèves.
Je renonce à l'aventure, non pas par fidélité ou par devoir, mais pour
préserver ma paix intérieure.
Ah, mais alors vous, les jeunes, vous n'avez pas de sang dans les veines.
La vraie fidélité, c'est la fidélité du cœur.
Tu sais toujours faire la compote de pommes ? Celle que tu m'as apprise, oui.
La compote de pommes, c'est très bon pour les différents conjugaux.
Ça change les idées.
Ça rafraîchit, ça calme.
Tu sais que c'est la compote de pommes qui a sauvé mon mariage avec ton grand
-père.
Sacré phénomène, celui-là.
Autre chose que Martin.
Sans la compote de pommes, tu ne serais pas là.
Bon, allez, Isabelle, Agathe, on y va, vite.
Mettez vite vos cartables, c'est bon.
Voilà, allez.
Oui, vite, on est pressés, les filles.
Bonne journée, Isabelle.
Dessine bien.
Adrien ? Quoi ? Et si elle revenait jamais ? Mais non, elle est partie, c
'est qu'elle va revenir.
Je vais lui laisser un texto pour lui dire qu'on s'inquiète.
Non, non, pas tout de suite. Faut jamais déranger une femme quand elle savoure sa
colère.
Faudrait mieux que tu lui écrives.
Qu'est-ce que tu veux que je lui raconte ? Attends, je reviens.
Tiens, ça c'est une lettre que j'ai écrite à une Suédoise avec laquelle j'ai
vécu un an. Elle était repartie chez sa mère à Malmö. Tu gardes les doutes de
tes lettres ? Oui, écoute.
Un seul lettre vous manque et tout en est peuplé. Tout est dépeuplé. Bon, ça c
'est ma version.
Tu as autre chose ? Tiens, ça, ça pourrait peut-être servir.
Celle-là, je l'avais envoyée à une chinoise très jalouse. Bien sûr, il peut
m'arriver d'approcher une autre femme, mais au dernier moment, ton image me
submerge. et une force irrésistible me ramène vers toi.
Ridicule. Francesca, elle te montre de rire. C'est grotesque.
C'est exactement ce que m'écrivait Armand.
J'avais beau l'aimer, je trouvais ça grotesque.
Tu vois ? Même Annette n'y croit pas. J'y vais.
Bonjour, madame.
Bonjour, mademoiselle. Vous êtes nouvelle, vous ? Oui, madame. J'ai un
recommandé pour vous.
C'est qui ? C'est un recommandé. Qu'est-ce que je fais ? Bon, eh ben,
essayez-la.
Merci beaucoup.
Merci. Ça, c'est pour vous.
Bonne journée.
Voilà. Merci.
C'est une montre recommandée pour Marie-Antoinette.
C'est sûrement la convocation au séminaire.
Et on n'a toujours pas de grand-mère.
Oh, mon Seigneur.
J'ai pas besoin de ça, moi je marche très bien.
Je sais même danser, j'ai dansé dans ton film.
J'étais épouvanté, je commençais à me demander si c'était vraiment une bonne
idée qu'Adrien avait eue d'essayer de faire passer Joséphine, qui devenait de
plus en plus gâteuse pour Marie-Antoinette.
Madame Falingard la regardait fixement, j'étais sûr qu'elle l'avait reconnue.
On est dans la merde, elle l'a reconnue.
Je suis Joséphine et je vaux des vins.
Qu'est-ce que c'est que faire diversion ? Vous vous appelez Adrien et moi,
Adrien, nous étions faits pour nous rencontrer.
Madame, si votre cœur est aussi dur que vos fesses, nous sommes perdus.
Non, non, non ! Elle a adoré, adoré, adoré.
Ça va pas, mon petit ? Pourquoi tu fais ça ? Je ne sais pas, c'est ce qui m'est
venu, je n'ai pas pu résister.
Alors qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Je vais tomber au pied de la présidente,
faire mon mea culpa, lui dire que tout ça est de ma faute. Avec David Boss qui
préside, ça va pas être facile.
Elle vous écoutera pas. Moi, elle m'écoutera.
Moi, elle m'écoutera.
Mais non, madame la présidente, il ne s'agissait pas d'une utilisation
professionnelle de l'appartement, mais d'une petite réunion entre amis pour
mettre au point une soirée d'anniversaire. Enfin, tout de même,
vous disposiez de caméras, de matériel professionnel, comme on le voit sur les
clichés présentés par madame Falinga. Ce sont des clichés de trompeurs ! Qui sont
-ils vraiment, ceux que vous hébergeons ? Un cinéaste qui se bat le dos au mur
contre des puissances d'argent ? De grands enfants emprunts en mal de vivre
et aux difficultés de notre société ? Des grands-mères à qui nous évitons l
'hôpital ou la maison de retraite ? Je suis l'entourant ! Je dois dire que
Francesca nous étonna encore plus que d'habitude.
Dans cette situation limite, elle obtint de reporter notre expulsion jusqu'à l
'hiver, c'est-à-dire jusqu'au printemps.
Voilà,
tu seras très bien ici.
Je t'ai préparé un matelas.
L'avantage des grands appartements, c'est qu'on peut se quitter sans s
'épargner.
C'est pas la pièce la plus gaie de l'appartement.
C'est plutôt heureux qu'on n'habite pas dans un 3 pièces, sinon tu coucherais
dehors.
Tu veux que je te bande ? Oh, c'est malin, ça.
Bon, ben, je te laisse.
Et la vie reprit.
Mama Usamba et le clan Falingar se livrèrent à une grande offensive de
sorcellerie. Le temps des cerises ne fut plus mis en vente.
Armand et Lucette, pour qui une confidence était encore plus
impardonnable qu'une erreur de caisse, nous livrèrent leurs grands secrets.
Vous savez, Armand et moi, on est surtout restés ensemble à cause du
bistrot. Chez les Auvergnats, c'est ce qui ressemble le plus à l'amour.
Tu réponds pas.
Allô ? C'est une erreur, madame. C'est une erreur, là. C'est elle ?
Allô ? Oui, bonjour.
Francesca Sigallone.
Vous êtes Véronique ? Ce serait bien qu'on se parle.
Le rival, c'est une femme qu'on a envie d'étrangler, mais je n'ai pas envie d
'étrangler cette femme, donc ce n'est pas ma rivale.
Ce qui veut dire que Martin ne m'a pas trompée, mais l'intention y était. L
'adultère, c'est comme les cadeaux, c'est l'intention qui compte.
Vous êtes vraiment attachée à Martin ou vous faites ça pour passer le temps ? Il
est charmant, Martin.
Oui, je sais. C'est pour ça que je l'ai épousée. Il est charmant et inutile.
C'est ça, un mariage d'amour. Épouser quelqu'un qui ne vous sera d'aucune
utilité. Vous avez raison.
Les hommes ne résistent pas au temps, ils le rétrécissent.
On va se marier selon des critères rationnels, définis par des
spécialistes.
En ce qui concerne Martin, vous supportez ces mensonges ? Qu'en pense
-tu, Martin ? J'ai bien réfléchi.
Je crois que je peux tolérer le mensonge, mais il y a quelque chose qui
me gêne chez lui. Moi, je vais vous dire ce qui vous gêne chez lui. En tout cas,
ce que moi, je ne supporterais pas chez Martin, c'est que ce n'est pas un
menteur heureux, c'est un menteur coupable.
Non seulement il ment, mais il est malheureux de mentir.
Et il nous en veut lorsque l'on fait semblant de croire à ses mensonges.
C'est bizarre, non ?
Non, pas vraiment, si on y réfléchit bien. Martin considère que si l'on croit
à ses mensonges, c'est qu'on n'aime pas assez, qu'on ne s'intéresse pas assez à
lui. Alors il veut qu'on le croit et il nous en veut de le croire.
C'est insoluble.
En réalité, il regrette sa maman.
Seule sa maman savait toujours quand il mentait. Beaucoup d'hommes sont ainsi. N
'est-ce pas, Martin ? Des séances comme celle-ci, elles m'en firent sur lire des
dizaines, jusqu'à ce que Véronique consente enfin à disparaître.
Vraiment, j'en ai pris plein la gueule. Elles se sont amusées comme des folles.
Elles avaient appelé cela le ping-pong de Martin.
Il est très fatigué parce qu'il a beaucoup travaillé.
Il est dans un endroit où il peut dormir.
Parce qu'il n'y a pas de bruit.
Il part avec nous ? Nous le verrons demain.
Nous verrons demain.
Mais est-ce qu'il sera vraiment avec nous ? Martin est quelqu'un qui se pose,
qui s'envole, qui revient et repart. Il est volage parce que c'est un oiseau.
J'ai cousé un oiseau et je ne suis pas une cage.
Demain, nous serons au bord de la mer. Nous avons assez joué les sentinelles.
Laissons faire, on verra bien.
Commandement de quitter les lieux.
La demande de Mme Charlotte Feringard, destinée à Mme Ardilouz. Nous vous
faisons commandement de quitter.
de libérer de toute personne et de tout bien les lieux dans un délai de
deux mois.
Deux mois.
Pas mal.
Le commandant de quitter les lieux, plus tard dans un délai de deux mois.
Prends-moi.
Prends-moi tout de suite.
Salaud qui me sait.
Tu veux encore ? Ah oui, encore.
Oui.
Encore ? Oui, encore.
Mais à une condition.
À laquelle ? À quelle condition ? Salope !
Tu vas le leur signer, ce bail dérogatoire de huit ans.
Tu vas le leur signer. Tu vas le leur signer. Oui, oui, oui.
Tout ce que tu voudras.
Huit ans.
Huit ans.
Huit ans.
Huit ans.
Huit ans. Et pas une année de moins.
Je profite.
Encore une fois.
Encore. Aucun problème.
Mais ce sera une année de plus.
C'est ce que tu voudras.
Neuf ans, un de plus ! C'est un miracle ? Non, c'est un caprice.
Le caprice d'une femme, le caprice du sort.
Le sort est encore plus inconstant qu'une femme.
Voilà, nous avons un sursis.
Il est encore plus faible que les sursis accordés par les tribunaux.
Il ne tient qu'à Mme Falingard.
Il ne durera que ce que durera sous le cou pour Adrien.
Et il n'est pas prêt de finir, ça je vous rassure tout de suite.
Allez, vous la posez la nappe ? Allez, allez, allez, allez.
Voilà, tenez, je vous laisse le vin, vous allez l'ouvrir.
Adrien, la mer, ça me rend heureuse et triste. Oui, mais à moi, ça me donne
faim. Bon, allez, on va préparer les sardines. C'est toi qui les prépares ?
Oui, c'est moi qui prépare les sardines.
Oui, écoutez, la bonne cuisine, ça ne se fait pas en 10 secondes. Je suis
méticuleux. C'est une notion qui vous échappe.
Ce qui m'amuse maintenant, c'est de faire la sourde.
Je vais répéter les gens, surtout les compliments.
J'ai faim !
On a faim.
C'est long.
Si on allait se noyer au large, comme craint blanc.
Si on se coupait les tendons et... Annette, ne recommence pas ! Victoria !
Quand je suis amoureuse, j'ai envie de mourir ! On en était où, déjà ? Caprice
des femmes.
Si vous êtes encore inquiets, je peux entrer dans les détails.
Disons que nous sommes entre les mains du hasard.
Profitons de ce moment de répit qui nous permet de rester ensemble.
Vivons sans soucis, c'est le souci qui attire le malheur.
Oh, la belle odeur !
Sardines ! Sardines, les sardines ! Attention, c'est extrêmement chaud,
mais c'est délicieux.
En 1948, dans l'ivresse de la liberté retrouvée, le Parlement français vota la
seule loi juste qui ait jamais connu la jungle de l'immobilier. Elle est restée
dans l'histoire comme la loi de 48.
En plafonnant les loyers des appartements anciens, elle permit la
réunion des familles, l'hébergement des amis nécessiteux ou en bonne fortune,
bref, l'hospitalité.
Même les pauvres pouvaient se payer le luxe de l'espace, une situation que les
spéculateurs ne pouvaient pas supporter bien longtemps.
C'était l'histoire d'un petit groupe qui vivait dans l'insouciance et qui avait
oublié que l'argent cherche toujours à reprendre ses droits.
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