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Zulu
...
"Paris" (Edith Piaf)
...
Musique du man�ge et cris d'enfants
...
...
Madame...
Salut, Raymond.
Weismann. Qu'est-ce que tu fais l� ?
On va � l'�cole ensemble ?
A cause de l'�toile, c'est �a ?
Qu'est-ce que �a change?
On est juifs, non ?
Et fiers de l'�tre !
Allez viens.
V'l� aut'chose !
Des p'tits qu'avaient l'air bien.
Maintenant,
on pourra plus les confondre !
Mar�chal
Nous voil� !
Devant toi, le sauveur de la France
Nous jurons, nous, tes gars
De servir et de suivre tes pas
T'aurais pu m'attendre.
Ma m�re a voulu nous accompagner, mon frangin et moi.
Tu nous as redonn� l'esp�rance
La Patrie rena�tra !
Mar�chal, Mar�chal, nous voil� !
Le premier qui mentionne
cette foutue �toile,
mon pied au cul ! Clair ?
Oui, m'sieur !
En classe, 2 par 2.
En silence, s'il vous pla�t !
Allons-y, messieurs.
- Lorsque la chirurgie est impuissante
pour ces poilus,
une proth�se de visage peut �tre ajust�e.
Cette technique...
Debout, mesdemoiselles.
Vous pouvez vous asseoir.
Vous avez peut-�tre entendu dire que les Juifs
ont les oreilles pointues, le nez crochu, le teint cireux...
Lumi�re, s'il vous plait.
Vous pouvez le constater, vos camarades sont comme vous.
Vous aiderez Esther et Sarah
� s'enfuir par la cour si les Allemands se pr�sentent.
Je compte sur vous.
Merci, mesdemoiselles.
100000, Mar�chal.
Combien, dites-vous ?
100000 Juifs. Etrangers, pour la plupart.
Tout de m�me. Consid�rable.
Combien d'Isra�lites dans nos camps ?
10000. L'avantage: ces Juifs-l� sont tous �trangers.
Si les Allemands reprennent leurs "d�chets",
j'y vois aucun inconv�nient.
Moi non plus.
Mais...
10000, �a ne fait pas le compte.
Proposez-les quand m�me.
C'est fait.
L'ennui c'est qu'� Paris,
la moiti� des Isra�lites sont fran�ais.
Sans parler des milliers d'enfants n�s ici.
Ils n'en veulent pas.
Ils n'en veulent pas ?
Pas pour l'instant.
Que sommes-nous cens�s en faire ?
Bonjour, Violette. Bonjour, les enfants.
Tu viens, Simon ? Ouais.
A la radio, Andr� Claveau chante.
Bonsoir, Tati ! Tiens, v'l� les terreurs !
Touche pas � �a.
- T'inqui�te !
Bonsoir, lda.
Bonsoir, Capitaine.
Bonsoir.
�a va, mon petit loup ?
Bonsoir, m'man ! T'es encore en sueur.
Regarde.
Encore le bon point !
T'as rien oubli�, Simon ?
Je peux aller avec lui, maman ?
Rentre pas tard. Y a �cole.
Merci. T'as encore beaucoup les devoirs.
Bonsoir, papa. Et mon tabac ?
T'inqui�te.
*-C'�tait Andr� Claveau.
Place aux courses.
A Auteuil, se disputait le Prix des Princes.
Le gagnant fut lsaac.
Nom du cheval, pas du jockey.
Depuis qu'il porte l'�toile jaune,
nous r�alisons que le Juif est partout.
Surtout au travail.
*-A Montmartre, j'ai crois� 268 �toiles.
La France, victime de sa g�n�rosit�, s'�tait enjuiv�e.
Sura parle en yiddish.
Sura !
Traduction ?
Va mourir avec un oignon dans le cul.
C'est la troisi�me fois cette semaine.
Oh �a va ! On a un boulot pour toi.
C'est quoi ? Parce que la derni�re fois...
Quand un vicomte rencontre un autre vicomte
Qu'est-ce qu'ils se racontent ? Des histoires de vicomtes
Quand une marquise rencontre une autre marquise
Qu'est-ce qu'elles se disent ? Des histoires de marquises
Chacun sur terre
Se fout, se fout...
Elle crie. Was ist los ?
Nono, on se tire !
- Des petits juifs.
Attendez-moi, les gars ! Soyez pas vaches !
Demain, les quartiers rupins.
C'est quoi ?
Les riches.
�a fume pas les cigarettes jusqu'au bout.
On verra la tour Eiffel.
Fais voir.
C'est l'expo, "Le Juif et la France".
Des conneries !
C'est m�me pas scientifique.
Vu ton profil...
Quoi ?
Y aurait d�bat.
C'est malin, �a.
C'est quoi qui chlinguait, au bistrot ?
Leur choucroute. C'est bourr� de porc.
Beurk !
Ils mangent pas kosher ?
II fait tout noir l�-dedans !
Maman, on va mourir �touff�s.
Je suis en retard.
C'est pour qui ?
Les Traube.
Ils en ont,
des belles choses. Regarde, la chemise de Ren�e. H� !
Enl�ve tes mains de l�.
Ils jouent Titanic.
Hitler pense que le Titanic a coul� � cause de nous.
Ah bon ?
"Iceberg. Encore un Juif !"
Vous pouvez rire de �a ?
Lis-moi Autant en emporte le vent au lieu de r�ler, Rachel.
Tu vas encore pleurer. C'est pas pour de vrai.
Heil, Hitler !
Il imite Hitler.
J'ai la grosse t�te et je n'aime pas les Juifs.
Leur rire va leur passer, � tous !
Et avec cette proph�tie, j'aurai le dernier mot.
Ce peuple sera supprim� de la surface de la terre.
D�cim� et �radiqu� !
Sieg Heil.
Hymne national allemand
...
Nous devons nous h�ter, Himmler,
avant que la communaut� internationale ne r�agisse.
Avez-vous lu Sun Tzu ?
"L'Art de la guerre"...
Rappelez-moi de vous l'offrir.
Tout se d�roule comme je l'ai �crit dans Mein Kampf.
Page 771, mein F�hrer.
Il faut toujours me prendre au mot.
D'abord chez M. Jacques.
C'est fait.
Les miches...
Allez, ouste !
C'est pas un cirque mais un commerce.
Pourquoi elle veut pas de Juifs ? Elle aime que les "bons aryens" !
C'est quoi �a ? Allez, filez !
Merci, m'sieur ! Des cr�pes, chouette !
Hop, hop, hop !
- Simon !
Bonjour, mon P�re !
Bonjour, mes enfants.
Les nazis et les collabos
r�alisent pas un truc.
- Pourquoi tu l'appelles
"mon P�re" ?
Quel truc ?
Leur Christ �tait juif.
Sans blague ? Un genre de rabbin.
Ils le savent pas ?
Pourquoi tu l'appelles "mon P�re" ?
S'il revenait leur Christ, il la porterait l'�toile.
Oh, la vache !
N'emp�che que c'est pas ton p�re, le monsieur en noir.
C'est trop pr�cipit�.
Vous nous aviez promis tous vos Juifs.
Je n'ai rien promis.
Qu'est-ce qui vous prend, Bousquet ?
J'ai dit que j'allais en r�f�rer � ma hi�rarchie.
Vous �tiez enthousiaste. Vous n'allez pas mollir.
Faut-il faire revenir des troupes
pour faire le travail ?
Vous ne pourriez pas.
Vous envisagez de refuser ?
Je n'ai pas dit �a.
100000 Juifs, c'est trop.
20000, pas assez.
Le F�hrer ne comprendrait pas que vous nous refusiez votre concours.
Il le verrait comme une provocation.
Une insulte.
Regarde.
Tu le fais tomber comme �a.
Faut pas que t'en mettes partout.
Sura, t'aurais pas vu le papier � rouler ?
Non, c'est pas le tabac.
C'est les solvants.
Mon papier.
Le buffet.
Dans le tiroir.
A droite.
Le deuxi�me.
Tu sais pas qui les a fum�es. Si c'est un tuberculeux ?
Pas de danger. Je les ai piqu�es � des Allemands.
Des armoires � glace !
Ils p�tent de sant� !
Que le chol�ra les emporte !
- Je peux r�p�ter, maman ?
L'audition, c'est lundi. Je peux commencer ?
Je crois pas que Shabbat est sorti.
Une...
deux, trois. Trois �toiles, Sura.
Shabbat est sorti.
Tu me crois pas ?
Non.
Jo... Viens par ici.
C'est vrai.
Va mettre tes chaussons.
Mes cinq �coles de police.
Je vous vois venir.
Notre gouvernement veut reprendre la main.
Il nous faut de nouvelles �coles
et la fin de la Police parall�le
aux questions juives.
Darquier va �tre content.
Miliciens exemplaires.
Des voyous.
- Ils font le sale boulot.
Ils n'ont pas le fichier juif. Nous l'avons.
Valse de Chopin
Tu pourrais pas changer de disque ?
Moi j'aime bien, Chopin.
Il �tait juif, non ?
Sura, tous les g�nies sont pas juifs.
...
Tu vas voir, toi ! Jo !
Arr�te.
Alors, disons ceci.
Nous organisons tout.
Vous r�tablissez notre autorit� polici�re.
- Si tout se passe
comme pr�vu, le F�hrer vous entendra.
...
Vanda Lesniak.
Sarah Landeau.
Annette Monod.
Lucienne Dufresnes.
Non !
Les gar�ons les sifflent.
Au revoir !
Bonnes vacances !
Bonnes vacances ! Au revoir.
C'est mon prix d'excellence.
C'est magnifique.
Qu'est-ce que t'as ?
Viens, on rentre.
On te paiera des cours avec Grunstein.
Comme �a, tu gardes ton professeur.
�a co�te cher, les cours priv�s.
Je suis pas manchot !
Ecoute et retiens pour toujours.
Ils te privent du conservatoire, mais pas de ton talent.
La guerre finira bien un jour.
Faut partir vite ! O� ?
Au Ritz ?
Ils renvoient les Juifs de partout.
Des universit�s, de l'administration...
La directrice de l'�cole
a �t� renvoy�e.
Tu as lu les journaux ?
Ils nous appellent
"Les ind�sirables". Il vous faut quoi de plus ?
On part � 5 ?
Comment on passe les fronti�res ?
- M. et Mme Finkel
ont voulu passer en Espagne. Ils sont o� ?
- Intern�s � Drancy.
C'est �a que tu veux ?
C'est �a ?
"9e ordonnance du 8 juillet 1942
"concernant les mesures contre les Juifs.
"Interdit aux Juifs de fr�quenter les �tablissements publics."
�a veut dire quoi, �a ?
- �a veut dire que...
On peut plus aller au caf�, au restaurant, aux concerts,
aux f�tes foraines...
Qu'ils nous disent o� on peut aller.
T'en penses quoi ?
Je pr�f�rais comme c'�tait avant.
"Restrictions pour les visites de commerce."
- Laval, vous l'avez lu comme moi.
"La France n'est pas assez antis�mite
"pour tol�rer la d�portation massive des Juifs fran�ais."
Qui a fait ce rapport ?
Les RG.
Je l'ai toujours dit. Ils ne sont pas pr�ts.
Les pr�fectures croulent sous les lettres de d�nonciation.
On ne d�porte pas
les Isra�lites fran�ais. Le peuple ne l'accepterait pas.
Profitons-en !
Expulsons les apatrides.
Je ne serais pas d�shonor� de les d�porter vers ces nouveaux
territoires allemands cr��s � l'Est.
A l'Est ?
A l'Est de quoi?
Cette d�portation me co�terait le pouvoir.
J'ai compris.
J'irai moi-m�me leur donner la r�ponse.
Elle sera n�gative.
Je savais que nous finirions par nous entendre.
R�sumons-nous.
Vous commencez par nous livrer les 10000 Juifs
de vos camps de la zone sud.
En zone occup�e, votre police rafle.
Sous notre autorit�.
24000 Juifs pour le grand Paris.
Seuls les apatrides seront rafl�s: Autrichiens, Tch�ques,
Russes, Allemands, Polonais.
Nous vous confions les enfants...
Impossible, nos services sociaux seraient d�bord�s.
Les enfants suivent leurs parents.
Nous devrons en r�f�rer � Berlin.
Vous allez voir.
J'en �tais s�re.
Nul n'est cens� ignorer les lois.
Vous aussi.
Des enfants ici ?
Bien s�r. Je vous arr�te pas.
Certains vont � Drancy pour moins.
Couvre-feu sp�cial: 20 h pour les Isra�lites.
20 h, c'est t�t, l'�t�.
Je fais pas les lois.
- Les enfants !
On s'en va.
Vous partez d�j� ?
Moi, je vais avoir un b�b�.
Non, ta maman. Toi, un fr�re ou une s�ur.
Non. �a sera un b�b�. Le docteur a dit.
Faut pas continuer � faire des enfants.
Nous sortons aussi.
Lucien ?
C'est b�te que vous soyez oblig�s de partir.
Salut, �a va ?
C'est honteux ce qu'on vous fait.
J'ai re�u une lettre de mon mari. Il est en zone libre.
Puis plus rien. �a fait 2 semaines.
Je sais pas comment vous faites. Sans mari avec 4 enfants.
Vous �tes les nouveaux ?
On habite sur le m�me palier.
Mon mari travaille aux Halles.
On boit un caf� ?
Tu n'aurais rien oubli� ?
Bonjour, Mme Traube.
Bonjour, Sura.
Bonjour, mesdames.
J'ai du linge pour vous. Passez le prendre.
Merci. Bonjour, professeur.
Vous n'�tes pas au lyc�e ?
Non. Comme tous les fonctionnaires juifs.
Je donne des cours d'allemand.
Bonne promenade.
Merci.
Ben quoi ?
Ben quoi quoi ?
Je sais pas. Tu riais.
Je riais pas.
Lui, h�...
Valse
...
- Finalement,
c'est plus facile avec les Fran�ais
qu'avec le Duce ou Franco !
Vous feriez mieux d'en filmer de plus jeunes !
- Vous �tes bien plus jeune
que tous ces blancs-becs r�unis.
Franco se bat pour chacun de ses juifs !
Ces latins...
Des sentimentaux...
C'est pour cela que nous les dominons.
Herr Hitler, nous pourrons
aller voir les "bambis" avec vous ?
Mais bien s�r, ma ch�rie...
Et puis on leur donnera du pain
avec du lait.
Vite et avec discr�tion.
Nuit et brouillard.
- 5000 fonctionnaires. - Parmi lesquels 4500 policiers.
Et 200 inspecteurs des RG en civil.
Et un bon millier de miliciens
tr�s motiv�s.
Cela fait un fonctionnaire arm�
pour 4 ou 5 Juifs.
Nous esp�rons en rafler 25000.
Dont les 3/4 sont des femmes, des enfants, des personnes �g�es.
�a ne devrait pas poser probl�me.
- Pour vous fournir ce quota,
il faut d�choir des Juifs de la nationalit� fran�aise.
N'est-ce pas, Legay ?
On arr�te que des �trangers ou des apatrides.
C'est en cours.
Disons le 14 juillet.
Vous plaisantez ? C'est la f�te nationale.
Alors, le 16.
...
Ils ont sorti le fichier juif.
Bonsoir, Tati.
Bonsoir, mon petit.
Des milliers de fiches.
C'est pour bient�t.
Tr�s chic � toi de nous avoir pr�venus, D�d�.
Embrasse Momone !
Ils prendront m�me les enfants.
Tu es folle !
Dis � ta fille qu'elle est folle.
Les enfants...
Qu'est-ce que tu veux qu'ils se chargent des enfants ?
L'adjudant-chef Desnoyers est venu pour pr�venir tout le monde.
Tu d�lires, ma fille.
Des milliers de Juifs sont venus se r�fugier ici.
On dit en Pologne:
"La France, c'est le salut des Juifs."
Faut pas qu'on reste. Comme la derni�re fois.
C'�tait quand la fausse alerte ?
Si �a te rassure, j'irai dormir � l'atelier.
On est menac�s aussi ! - Tu fais peur
� ton fr�re !
Ils veulent des hommes pour les usines.
Nous, on risque rien. Ton p�re
est un ancien combattant.
Je vais descendre pour rassurer Rachel.
T'as pas vu mes cigarettes ?
Tu descends pour fumer au lit.
Quel lit ? Y a que la banquette pourrie.
Pleine de puces !
Et l'Am�rique ? Ils veulent pas
de communistes. Tu iras, toi. J'aime mieux Paris.
Je vais au Sacr�-C�ur pour mes maquettes
et � chaque fois, j'ai le c�ur qui bat.
La France par rapport � Lublin, c'est le r�ve.
On voit que t'as pas connu la Pologne.
Si tu veux, on te raconte.
P�tain, c'est pas un cosaque.
- Ce n'est peut-�tre qu'une rumeur...
Bon, on va faire comme �a.
Si je les entends, j'appelle mon chat.
Tati, t'as pas de "sat".
T'es mignon.
Vous l'avez pas rat�.
Pourquoi elle va appeler son "sat" ?
C'est pour de faux.
S'ils arrivent, retenez-les. Qu'on passe par-derri�re.
Bonne nuit, Bella. Bonne nuit, Tati.
Maman ?
Oui.
J'ai une id�e.
C'est quoi ?
On devrait s'�pouser.
Et papa ?
On l'invitera.
Bonne nuit.
Bonne nuit, maman.
...
Tu le finiras demain.
Tu m'apprendras le bon fran�ais ?
On commence ?
Non, j'ai encore beaucoup "le" travail.
De travail.
Beaucoup "de" travail.
Moque-toi.
Bonne nuit, mon ch�ri.
Elle parle en yiddish.
�a veut dire ?
Petite bouille de Juif, je crois.
Tu es ma petite bouille de Juif.
Bonne nuit.
- Aux commissaires divisionnaires.
Pr�sentez-vous aux adresses indiqu�es d�s 4h.
Tout Juif inscrit devra quitter le domicile.
Vous proc�derez avec rapidit�, sans paroles inutiles.
Ces arrestations n'ont pas � �tre discut�es.
Tout Isra�lite est conduit au centre de regroupement primaire.
Quel que soit son �tat de sant� ou son �ge.
Compteurs de gaz et d'�lectricit�: ferm�s.
Animaux: confi�s � la concierge ainsi que les cl�s.
Les interpell�s munis de leur carnet d'identit�.
Le pr�venu emportera une paire de chaussures, deux de chaussettes,
deux chemises, deux cale�ons,
un tricot, une paire de draps,
une gamelle, un gobelet, des couvertures.
Rasoirs autoris�s.
Les pr�venus devront emmener deux jours de vivres par personne.
Les couples sans enfants et les c�libataires iront � Drancy.
Les autres, au V�lodrome d'hiver, rue N�laton, dans le 15e.
Minou ! Minou ! Minou !
Minou ! Minou ! Minou !
Ils sont l� ! Ils arrivent !
Ils arrivent ! R�veillez-vous !
Vous aurez un rapport.
Y a que des pauvres gens ! Ils ont rien fait !
C'est pas votre affaire !
Rentrez !
Ex�cution !
Les enfants aussi ?
Maman !
Lui faites pas de mal.
Lui faites pas de mal !
Ils prennent les enfants !
Les enfants !
- Taisez-vous !
Arr�tez !
- Ils prennent les enfants...
- Ouvrez !
Sauvez-vous !
C'est chez les Zygler.
Yiddish.
Lui faites plus de mal.
Arr�tez de lui faire du mal !
Vladimir, prenez les enfants.
Venez. Je laisse pas mon mari.
Les enfants,
pas de bruit.
A plus tard. Merci.
Mamie...
Des chiens aboient.
O� tu vas?
Porter mon fr�re chez la nourrice.
Ton nom? Louise Timonier.
On est les nouveaux.
Qu'est-ce que tu fais ?
Pri�re en h�breu
- Allez, plus vite ! - On y va !
- Allez !
Toi, je t'ai d�j� dit de pas venir ici !
C'est des Juifs.
Maman !
Merci quand m�me.
Foutez le camp !
Il en manque 2 sur ma liste.
Louise et L�on.
Ils sont o�?
Vous croyez que je vais vous le dire ?
Par ici ! Par ici !
Je veux pas partir. C'est chez moi.
L�chez-moi !
Par ici !
Laissez-la !
On se d�p�che !
Votre nom !
Vous nous emmenez o� ?
Il a fait le Chemin des Dames.
Ses camarades juifs sont morts pour la France !
Comment osez-vous ?
C'est mes enfants !
- Maman, j'ai oubli� ma poup�e !
- Reculez-vous ! Regardez pas !
Assassins !
Parfait !
Seulement 4 suicides et aucune �chauffour�e.
On en est � combien? Il est quelle heure?
7h30, monsieur.
J'ai dit combien ? 5000.
On est au-dessous. Activez !
lda...
- Allez ! Bas les pattes !
Idiot !
- Ouvrez ! Police !
Ouvrez ou on fait sauter la serrure !
Qu'est-ce que vous faites ?
Une folle s'est jet�e
du toit avec son mioche.
Mon Dieu !
Qui c'est ? On conna�t tout le monde.
Ils sont morts.
Combien on a de Juifs, ici ?
Nous en avons 5. Alors...
Sura, Charlotte, Rachel, Joseph et...
Sch... Schm...
Un nom de m�t�que.
Schmuel Weismann. C'est �a.
Il est pas l� ? II est o� ?
D�c�d�.
C'est pas marqu�.
La semaine derni�re. Embolie.
Vous avez droit � 2 jours de vivres, pareil en v�tements, etc.
D�p�chez-vous.
Les filles, aidez-moi.
Des v�tements chauds pourraient vous servir.
Vous nous emmenez o� ?
On s'active !
Prenez de la vaisselle. Rien qui se casse.
Pas la peine. Y en aura l�-bas.
�a non plus.
Pas besoin.
C'est o�, "l�-bas" ? Vous voulez pas nous dire ?
J'en sais rien et je m'en tamponne.
Bougez-vous
ou j'appelle la Gestapette.
Essayez pas de fuir. On a ordre de tirer. Allez, l� !
Pour le Secours national.
On pr�vient papa ?
Mais bonne id�e.
On n'est plus veuve ?
Il a plus d'embolie, le mari ?
Champagne ! C'est quoi, embolie ?
C'est quoi, une embolie ?
Rien. Tu l'as pas fait expr�s.
- Allez, on avance !
- Doucement...
Elle est sortie de l'h�pital.
Ils vont faire mal au nounours ?
Non. C'est qu'une peluche.
Je comprends rien.
�a va, maman ? Oui.
S�re ? Dis rien.
Je veux venir avec vous, sinon ils vont m'�vacuer.
...
Papiers ! - T'inqui�te, c'est la nouvelle.
La p�che a �t� bonne ?
On va s'en jeter un ? C'est �a, ouais.
Cette gamine ? Un tapin ?
Un marmot et pas de seins ?
Comme si tu savais pas comme vous �tes tordus.
Viens, on va s'en jeter un.
Je sais o� la cacher.
T'es la petite Zygler ?
On l'emm�ne chez l'abb�.
- O� est le Pr Traube ?
- Au coll�ge,
avec des �l�ves.
C'est matinal, un prof.
- Les profs expuls�s des lyc�es sont oblig�s de l'�tre.
On va y envoyer une estafette.
On a un Juif � r�cup�rer. Sa�l Traube.
Vous avez 10 minutes.
Quoi ?
- Des vivres pour deux jours.
Vous comprenez le fran�ais ?
J'ai des ordres. Pas celui de reluquer.
Montez vous cacher.
Et toi ? Je pr�viens papa.
Faut que j'y sois avant eux. Vos manteaux.
Ils croiront que vous �tes sorties.
Je gagne du temps. Allez-y, vite !
...
Coups de sifflet
La petite garce !
Prends l'�tage.
...
Tu t'arr�tes !
- Ils font moins les fiers !
Enfin chez nous. - Ta gueule !
Ils vous ont rien fait !
O� on les emm�ne ?
A J�rusalem !
- Dehors, la vermine juive !
Je suis pas de la vermine !
- Dehors !
- Maman !
C'est Jo ! Prends-le !
Prends-le. J'ai pas le droit.
Au revoir, H�l�ne.
�a suffit. Au revoir, Sura.
Jo !
Lucien !
Au revoir, Jo.
Au revoir !
Au revoir, Jo !
- En cas d'�vasion,
des otages seront fusill�s.
C'est clair ?
Papa !
Pardon.
Pardon de quoi ?
On est pas mieux, tous ensemble ?
Je suis ancien combattant. Je veux savoir o� on va.
On quitte le pays ?
Non, vous avez ma parole d'officier.
Je vous crois.
...
C'est un �chec !
Sauf votre respect, 13000, un �chec ?
II manque 10000 Juifs.
Ils ont eu des complices.
Il va falloir aller les chercher chez les aryens.
Tu ne dois plus prononcer ton ancien nom,
ni celui de ton fr�re ou des autres
membres de ta famille.
Tu oublies ton adresse, ton �cole,
tes camarades.
Tu vas changer de date de naissance,
de religion, de tout. Tu comprends ?
Question de vie ou de mort.
Merci.
Je sais ce que vous risquez.
Lutter contre Hitler,
c'est lutter contre l'ant�christ.
Le V�l' d'hiv' ? Par l�.
Merci.
...
J'ai RDV avec le m�decin.
Je cherche les tentes de consultation.
Vous �tes qui ? Annette Monod.
La musique tr�s intense couvre les bruits ambiants.
...
Un haut-parleur appelle des gens.
...
L�chez ma femme !
II a beaucoup de fi�vre.
J'arrive.
Communiquez l'adresse, les enfants vont s'inqui�ter.
Deux jours qu'on a pas d'eau. Faites quelque chose.
J'arrive.
Ma petite a la rougeole.
J'arrive.
Vous �tes seule ?
Pardon ?
J'ai demand� du renfort.
D�sol�e.
Votre nom ?
Annette Monod.
J'ai 6 infirmi�res dont vous, pour 8000 personnes.
Allez voir Matthey Joanis � la nurserie.
Vous savez s'ils envoient des m�decins ?
Non.
J'ai 60 volontaires dehors. Ils veulent pas de t�moins.
- Ils ont rafl� dans les h�pitaux, les hospices,
m�me dans les asiles. On a des fous.
On a des appendicites, des �ventrations,
toutes les maladies infantiles:
rougeole, rub�ole, scarlatine, varicelle...
Jamais vu un bordel pareil.
Et en pharmacie ?
Du bleu de m�thyl�ne et 2 r�chauds � alcool.
�a prend 45 mn pour une injection d'insuline.
M�me en 14, c'�tait mieux.
Vous y �tiez ? A Verdun.
J'y ai perdu mon �il. J'ai l'autre � tout.
Par quoi je commence ?
On a du lait pour les moins de 4 ans.
J'en ai pas assez pour tous.
Moi, s'ai �t� "sase".
J'en suis s�re.
Ma ma�tresse l'a dit.
Je te crois.
Pourquoi je peux pas sortir, j'ai �t� "sase" ?
Je sais pas ce que vous faites tous l�.
Faut pr�venir maman qu'on l'attend avec Simon.
On habite au 12.
Au 12. C'est not�.
De la famille ici ?
Mon fr�re est dehors.
Tu t'appelles ?
No� Zygler,
tu peux m'appeler Nono. D'accord.
Annette...
La maman du gosse...
est morte ce matin. H�morragie.
Elle a pas pu franchir les portes.
On leur a cach�.
Ton fr�re ?
C'est moi.
Votre p�re est l� ? Non, en zone libre.
Enfin, je crois.
Ma s�ur et mon fr�re se sont �chapp�s.
Vous �tes tous les 2 ?
Y a nous, ses voisins. Il reste avec nous.
- Maman me l'a donn�
avant de partir � l'h�pital.
Y a sa photo dedans.
- Elle est jolie, ta maman.
Quand �a commence ?
Quoi, mon ch�ri ?
Le "pestacle". La course des v�los.
C'est nous, le spectacle.
...
Vous allez o� ? La Croix-Rouge. Vous m'aidez ?
�a d�pend. Fichez-moi la paix.
...
Tu essaies de sortir ?
Tu es seule, pas de famille ?
Personne ?
Va voir le chef plombier, Gaston Roques.
Il a des "ausweis" en blanc.
Il peut t'aider.
File. Je t'ai rien dit.
S'il peut l'aider,
il peut vous aider. Qui s'occuperait d'eux ?
Entrez, madame.
Nous avons une belle varicelle.
- Jamais vu autant de Juifs.
Ils nous feraient du mal ? On est trop nombreux.
C'est trop de boulot.
Qu'est-ce qu'ils vont faire ?
Je sais o� on va.
A P�taouchnock.
Pourquoi on comprend jamais ce que vous dites ?
On va travailler dans les usines d'armement en Pologne.
Y en a pas, en Pologne. Mais il y a des mines de sel.
J'y suis all� m�me.
Dans des petits trains, on descend sous terre.
Vous savez ce que les ouvriers ont construit ?
Tu sais ?
Et toi ? Et toi ?
Une cath�drale. Une vraie.
Dans le sel avec les chandeliers.
On pourra construire une synagogue.
Un homme siffle.
Le m�decin m'envoie.
Vous �tes le chef plombier ?
Ouais.
Je vous serre pas la main. 30 chiottes bouch�es.
C'est pour qui ? Moi.
�a marchera pas. Pourquoi ?
On a fait sortir 2 Juifs ce matin en bleu de travail.
Avec vos formes...
Ils sont pas si cons.
Donnez-moi l'ausweis.
Dans la poche.
Prenez aussi le stylo.
Votre nom s'�crit comment ?
Roques, avec un S.
Dites que je suis votre femme.
�a serait pas une punition.
�a va comme �a ? Esp�rons.
Y a mon nom dessus.
Merci.
Et bonne chance.
C'est � eux qu'il faut le dire.
J'ai apport� sa gamelle � mon mari, le chef plombier.
Je vais vous accompagner, on sait jamais.
Attendez.
On y est.
De quoi j'ai l'air ?
Gonfl�e.
On y va.
Pas lui.
Qui est-ce ? Il sait.
Mademoiselle !
Bien jou�.
Allez, avant qu'il change d'avis.
Ma petite.
Merci.
Tiens.
Pourquoi vous m'avez pas �cout�e ?
On n'est pas tout seul.
T'es toujours confiant.
C'est ta faute.
C'est � toi de nous prot�ger.
Rachel, tais-toi !
Regarde, y a pas que moi.
On a tous eu confiance.
- Ton p�re a raison.
On a tous eu confiance, tous.
- Protestante ?
Et fille de pasteur.
Pratiquante ? Oui.
Je crois encore.
Je voulais vous dire...
Pour ici,
je savais rien.
J'imaginais pas �a.
Pas d'instructions sp�ciales
avant de vous envoyer ici ?
Si.
C'est quoi, ces recommandations ?
De garder le silence sur ce que je verrai ici.
De ne pas me lier avec les intern�s,
de garder mes distances.
Ils devront s'expliquer.
Qui ?
Les responsables de cette rafle.
Ils devront payer.
Un haut-parleur appelle des gens.
...
Les pompiers !
Ils crient.
...
De l'eau !
De l'eau !
De l'eau !
Qu'est-ce qu'on fait ? Ils vont tout casser.
Ils devraient.
D�roulez les lances.
Ex�cution !
On d�roule ! Vite !
Applaudissements
Merci, les gars. Bravo.
...
C'est quoi, ce bordel ?
Qui a donn� cet ordre ? Moi.
Les lances, vous deviez pas les d�rouler.
Y a pas le feu.
Alors ramenez-les, et vite !
Personne n'est plus grad� que moi, ici.
Reculez, lieutenant !
Garde-�-vous !
J'ai le commandement du V�l' d'hiv'.
Et donc, je confirme l'ordre.
On d�roule !
Rompez.
Ce que vous faites est indigne.
...
- Vive les pompiers !
- S'il vous pla�t...
- Par ici !
- Merci !
- Poussez pas !
- S'il vous pla�t, de l'eau !
Cris et rires des enfants
...
Encore un peu !
S'il vous pla�t, ici !
Merci, monsieur.
Dieu vous le rendra !
Pour que mon oncle nous apporte des vivres.
Je n'ai pas de timbre, mais j'ai mis 5 francs.
Je m'en occupe, madame.
Tenez. Donnez-les-moi.
Grouille-toi !
Dieu vous b�nisse.
Merci.
Bien...
Messieurs...
Vous avez accept� des messages des intern�s.
Demain,
vous aurez une journ�e de repos.
Je ferai donner � chacun un ticket de m�tro.
Vous irez poster ces messages.
Loin du v�lodrome, pour pas �veiller les soup�ons.
Et si jamais vous �tes pris,
dites que vous op�rez seul,
pour prot�ger vos camarades.
Enfin, faites au mieux.
Je suis fier de vous.
Pour le cardinal Suhard...
Vous avez lu sa lettre de protestation ?
"Nous ne pouvons �touffer le cri de notre conscience
au nom de l'humanit� et des principes chr�tiens."
Etc. etc.
Que fait-on ?
Rien.
Il ne l'a m�me pas rendue publique.
Donc, elle n'existe pas.
- Les Allemands !
Sifflets et hu�es
- Bande de salopards !
- Ordures !
...
- Nous avons des d�c�s tous les jours.
La situation sanitaire se d�grade.
Des m�decins volontaires n'attendent qu'un ordre.
Juifs, j'imagine.
Il vous suffit de les autoriser � rentrer.
Ce n'est plus la peine. Ils partent demain.
Tous. M�me vous.
...
- Assassins !
- Dehors, salauds !
Pr�lude de L'Or du Rhin (Wagner)
Le rendement sera de 8000 unit�s-jour.
A condition de terminer les cr�matoriums 2 et 3 � la mi-ao�t.
Des cendres, Himmler.
Il faut des cendres.
Elles ne r�v�lent pas le nombre de victimes.
Elles ne disent pas s'il s'agissait d'hommes, de femmes ou d'enfants.
Mon cher, votre Wagner me rend d�pressive.
Peut-on changer de disque ?
La musique s'arr�te.
Musique jazz
...
Qui d�sire un cocktail ?
Moi, moi, moi !
Eva, vous savez ce que je pense de l'alcool et des femmes.
J'invente des cocktails que j'exp�rimente
sur le Dr Morell.
Testez donc ma nouvelle potion !
Pour l'amour du ciel, Morell, n'approchez pas si pr�s du feu,
sinon, vous allez exploser comme un cocktail Molotov !
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