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Oh là là, mais que c'est moche.
C'est un porc.
Oui, c'est moche.
En tout cas, là, on est vraiment en vacances.
On est plutôt vraiment dans les embouteillages.
Après le bateau qui crache autant de CO2 que 100 000 bagnoles en un an, le
rassemblement des pots d'échappement.
Bonjour le bilan carbone.
Mais si tu trouves enfin un boulot, tu serais peut-être plus obligé de subir
tes parents et leurs vacances polluantes, non ? Mais j'ai pas encore
trouvé ma voie. Ça te pose un problème ? On ne commence pas tous les deux. Et
puis ton frère prend son temps.
Mais je sens qu'il va se décider à s'inscrire enfin en médecine pour
prendre la relève de son papa.
En attendant, profitez.
C'est les vacances.
Bon, je suis en ton optimisme.
Pas toutes les vacances, justement.
Il roule n'importe comment. Mais qu'est-ce qu'il a à nous coller au cul,
celui-là ? Ben, double si on va pas assez vite ! Oh là là ! C'est la route,
mais c'est pas possible ! On arrive bientôt, là ? Normalement, on devrait
déjà être arrivé, mais... Là, on dirait que le GPS est complètement perdu.
Papa, tu pourrais rouler plus doucement s'il te plaît, j'ai la gerbe. Oh bah
non, se roule plus doucement, on va jamais arriver. Je vais te vomir sur les
comptes toi, tu vas voir.
Mais tu me gerbes dessus, je te massacre.
Ah ouais ? Comment je sais pas, les enfants, on est tous fatigués.
Oui bah moi non plus je ne suis pas bien. Alors si tu pouvais essayer de
rouler un petit peu plus droit.
Mais quand tu veux que je roule droit, il n'y a que des virages. Attention !
Je crois que c'est fini.
Oh, ça a coûté ma franchise, Tispa.
Elle est... Oh, pauvre bête. Elle est allée par choc.
Elle n'a pas souffert.
Mais qu'est-ce qu'on va faire d'elle ? On ne peut pas la laisser là comme ça,
remuner de la route, c'est dangereux. Qu'est-ce qu'on en fasse ? Ça doit peser
une tonne. Une tonne ? Mais il faut toujours que tu exagères.
La découpe pas, à la limite.
Non, Christian, ça c'est de la maltraitance animale. Article 521-1 du
code pénal. Deux ans d'emprisonnement, 30 000 euros d'amende. Donc non. Mais
elle est morte ! Pauvre bête.
Non, mais franchement, t'aurais quand même pu faire attention.
Ça c'est sûr. Toi au volant, ça ne serait pas arrivé.
Mais tu ne me laisses pas conduire. Mais pourquoi ça ? Pourquoi ? Vous voulez pas
arrêter de crier, là ? J'essaie d'écouter mes messages.
Merci.
Bon, allez, en s'y mettant tous, on doit pouvoir la bouger, là.
Un, deux, trois.
Un, deux...
On va retirer les câbles.
On les fait basculer avec les pattes.
Merci,
hein ? Une tonne, t'exagères quand même.
C'est mieux que rien.
Salut, répondeur de marque, laissez-moi un message.
On devrait peut-être laisser de l'argent.
Comment ça ? Mais pour les propriétaires, en dédommagement, ça
serait correct, non ? Et laisser divaguer sa vache au milieu de la route,
c'est correct, peut-être ?
Mais qu'est-ce que tu fais, ma médecin dans le coffre ? Attention à tes
chaussures, Christian.
Les mecs sont tous des salauds.
Mais pourquoi on n'est pas allés en Grèce ? Ça
commence bien.
C'est pas ça, c'est pas ça.
Je sais pas.
Quelle merde.
Ah.
D'ici, il va savoir où est la maison de la Roche. Qu'est-ce que tu fais ?
Bonjour,
monsieur.
Seriez-vous de nous dire où se trouve la maison de M. La Roche, s'il vous plaît ?
Oui.
Qu'est-ce qu'elle a eu la voiture ? Euh, non, rien.
Un caillou. On s'est pris un caillou. Caillou.
Deux kilomètres à gauche, vous ne pouvez pas le rater.
Merci beaucoup, vous êtes très aimable.
Très gentil.
Avant.
Il a mis deux kilomètres à gauche, on ne doit pas être loin.
Avec des noms de rue et des numéros, ça serait quand même plus simple, non ? Ah
ben voilà, ça doit être celle-là.
Pas mal, hein ? Pas mal, désolé, oui.
J'ai vu ni restaurant ni épicerie dans le coin.
Comme quoi j'ai bien fait de faire les courses à Bonifacio, moi.
Oh, mais quelle merveille ! On va être bien ici, hein ?
Bon.
Qu'est-ce qu'il va dire?
Premier pot à gauche.
À gauche.
Les clés du bonheur.
Ça, c'est de l'accueil.
Christian, tu peux m'aider, s'il te plaît?
Ah, quand même ! Stylé ! Ah ouais, pur style magouillot convensal.
Eh bah, il a les moyens de gérer de la roche. Tu m'étonnes, bu les scandales
dans lesquels il baigne, il peut.
Écoute, c'est un gros entrepreneur, il flirte de temps en temps avec les
limites de la loi. Ah non, mais je rêve.
À ma connaissance, il a toujours été inassanté. Non mais papa, je t'ai déjà
dit, non lieu, ça n'a jamais voulu dire innocent.
Bon, allez, on s'en fout, on sait que t'es avocate, mais c'est pas notre
problème. Non,
moi, je la trouve fraîche, cette baraque.
Fraîche ? Ça veut dire qu'il aime cette maison.
Mais sérieux, je la trouve carrément plus stylée que celle qu'on louait en
Grèce chaque année, non ? Je suis tout à fait d'accord avec toi. Non, t'es
superbe, mais celle-ci, elle a un truc en plus, elle est... Gratuite.
Bon, vous savez quoi ? Je vais nous lancer un bon petit barbecue.
Hé, caillou.
Je t'en donnais moi des cailloux au pinceau d'Achou.
Allez ! Pas de chute !
T'es sûr que tu me mettrais, là ? S'il te plaît.
J'ai 40 ans de barbecue, d'ailleurs, moi.
Ça va, Minou ? T'as pris tes marques ? Ouais, j'ai pris mes marques, oui.
Tiens, au fait, ça sera peut-être le rosé au frais, non ? Si ! Parce qu'il
est dans le... Additifs, graisse saturée, nitrite.
C'est les saucisses.
Saucisses, c'est un peu grave.
Ouais, bah, ça sera sans moi, hein.
Allez, je vais nous faire un maxi-salade.
Waouh, chipot, maxi-salade, mais c'est la teuf, en fait.
Non mais, hé, tu peux pas te couvrir un peu plus, sérieux ? Hé, occupe-toi de
tes fesses au lieu de regarder les miennes.
Je m'y ferai jamais, hein.
Allez, salade, salade !
Allô
? Allô ?
Ça va, il n'était pas trop chaud dans le coffre ? Non, ça va. Ça se laisse boire.
Je suis inquiète.
Je pense encore à la vache.
Oui, c'est triste.
Mais non, le propriétaire, s'il nous retrouve... Non, personne ne va
retrouver personne.
De toute manière, je suis sûr qu'il ne sait même pas à qui appartiennent les
vaches ici.
Mais qu'est-ce qu'elle nous fait, celle-ci ? Quelle idée de l'avoir
amenée. Elle ne voulait même pas venir.
Dans ces circonstances, vous n'allez pas la laisser seule.
Elle est fragile.
Au moins, avec nous, elle risque pas de faire une bêtise.
Un peu d'empathie, Emmanuel, s'il te plaît. Ça va, elle s'est fait tromper, c
'est pas la première.
Elle s'est fait larguer, c'est bien différent.
Je m'en rends pas compte.
Ça me gâte, ce truc-là. On va le faire à l'ancienne.
C'est chaud.
C'est sûr, c'est pas les cyclades, ici.
C'est vrai qu'il est un peu tiède. Je vais aller mettre des glaçons.
C'est la vache ! Quoi ? C'est le propriétaire.
Ils nous ont retrouvés. C'est la vache. Non, c'est... Non, Emmanuel, y va pas.
Allez, viens.
Emmanuel, viens.
Emmanuel, je te dis, ce sont les propriétaires de la vache et ils nous
ont retrouvés. Mais qu'est-ce que tu racontes ? Oh,
c'est juste une femme habillée tout en noir.
On dirait la mort.
Mais je déconne.
Bon, allez, maman, là, c'est le moment de faire ami-ami avec une autochtone.
Oui, oui, bah, vas-y tout d'abord.
Bonjour. Bonjour.
Serena Campan, votre voisine.
J'ai vu la voiture, alors je suis venue pour... Vous souhaitez la bienvenue ?
Merci, madame.
Mademoiselle. Ah, pardon.
Marie-Céline Rousselot, ma mère.
Mademoiselle Serena, notre voisine.
Enchantée, mademoiselle. Tenez, je vous ai amené des ombres de chat.
Ah, pour ? Vous êtes gentille, je vais conclure. Des gâteaux corse.
Oh, c'est gentil, mais il ne fallait pas, vous savez. Si, il fallait.
Oui ? Eh bien, merci, en tout cas. De rien.
Oui ? Oh, ben oui, non, mais bien sûr, mais entrez, entrez.
Et donc, vous êtes voisine ? Vous êtes des amis de monsieur Laroche.
Oui, mon mari. Mon père est le gynécologue de Madame Laroche. C'est
elle qui a eu la gentillesse de nous prêter sa maison pour les vacances.
Ah, Monsieur Laroche, il a choisi une autre destination pour ses vacances.
Oui, il est en Sardaigne.
En Sardaigne ? Il paraît que c'est très beau aussi.
Si vous le dites.
Mais c'est qui le monsieur qui fait du feu dans le jardin ? Ah, ça là-bas, c
'est mon mari.
Il faut faire attention.
Ah oui, pour les feux de forêt ? Aussi.
Je vois
de
la fumée là-bas, non ? C'est pas bien de jouer avec des allumettes.
Sauf quand c'est nécessaire.
Merde ! Merde
! Merde !
Je crois que c'est raté pour les chipots.
Bon, je retourne à ma salade, moi.
Bon, je te présente Serana Campana, notre voisine. Ah, enchanté. Et qui nous
a gentiment apporté des embouchées. Les gâteaux corse. Ah, fallait pas.
Si, si, si.
Ah bon ? À table.
Vous restez déjeuner avec nous, mademoiselle ?
C'est gentil, mais je n'étais pas prévu.
Avec ma maxi-salade, il y en aura plus qu'assez.
Alors c'est d'accord.
Chez nous, une invitation, ça ne se refuse pas.
Question de politesse.
Ben oui, ce sera un peu comme la fête des voisins.
Vous la faites, la fête des voisins, ici ? Si on la fait, je ne suis pas au
courant. Ah ben, ce sera sympa quand même.
Allez-y.
Je vais chercher des assiettes.
Morte, je te dis, au Toussaint. Elle avait encore la marque du pare-chocs sur
elle. Et ce Pinsoud, il va me dire à moi qu'il s'est pris une caillou.
Oh, Toussaint, ça devait arriver, ça, un jour.
Tes vaches, elles sont tout le temps en train de divaguer. Et alors ? Elles sont
libres, non ? Tu crois que les vaches, ici, elles sont chez elles ? Libres ou
pas libres, moi, je te dis que tu as eu de la chance que les Pinsoud, ils s'en
sortent sans bobo, parce que sinon... De la chance ? J'ai eu de la chance.
Et ma vache, elle en a eu de la chance.
Il leur restait des belles années de vache à vivre devant elle.
Non, moi, je vous le dis, je vais pas me laisser faire comme ça.
Bon, qui c'est qui vient pour les bouger avec moi ? Ouais, d'accord.
Et moi, je peux pas, tout ça. Ils m'ont vu.
Bon, je viens. Bien.
Allez, j'en ai.
Pas de passé comme ça.
Pas bon, ça.
Alors, comme ça, M. Laroche vous a prêté sa maison ? C'est gentil de sa part.
Très gentil, d'autant que je le connais à peine.
Je soigne sa femme. Je sais.
Vous connaissez monsieur Laroche ? Je le connais.
Et il est sympa comme voisin ? C'est un salaud, la pire espèce.
Bon, on va aller chercher le rosé, j'ai l'impression qu'il est prêt.
Allez-y, ça va refroidir.
Allez, Fresno, on va se la jouer cool aujourd'hui.
Putain ! Vous m'avez fait peur.
Vous êtes qui ? Bertier Sylvain, capitaine. Deuxième bataillon, troisième
peloton. Oui, d'accord, c'est bon, repos.
Détendez-vous, on est en Corse.
Qu'est-ce qui vous amène ici ? J'ai été muté après un long arrêt maladie.
Ah, rien de grave ? Burn-out.
Ah oui, quand même.
Bon, j'espère qu'au moins que c'est pas contagieux.
Ok. Bon allez, démarrer.
Maman ? Tu fais quoi ? On est sous le toit d'un homme haï de tous, tu te rends
con ? Faut toujours que t'exagères.
Bon allez, détends-toi un peu là.
Je ramène les gâteaux.
Et s'ils étaient empoisonnés ? Et le rosé ? Non.
Ça, je peux le porter.
Et vous appelez ça comment, déjà ? Des ambrosciates.
Mais c'est à base de quoi ? De brochure.
Ah oui.
À temps, Christian.
Honneur aux invités.
Non, merci, je peux pas.
Ah bon ? C'est à cause de... Non, j'aime pas ça, c'est tout.
Ah oui.
Oh, délicieux !
Alors
? Pas bon, hein ? On le dit.
Ça vaut pas une bonne fêtable, c'est bon.
Faudrait peut-être en laisser pour Anne-Sophie. Non, elle fait régime.
Mais pourquoi on n'est pas allés en Grèce ? Vous n'aimez pas la Corse,
Madame Rousselot ? Si.
Mais disons qu'en Grèce, nous avions nos habitudes, nos repères.
Enfin, vous voyez ce que je veux dire ? Pas du tout.
Bon, pardonnez-moi.
Avec la fatigue du voyage, je vais aller m'allonger un petit peu. Je vous en
prie.
Moi aussi, je vais vous laisser.
C'est l'heure de la sieste.
Très bonne idée, moi aussi.
Une petite sieste et la fin de journée sera radieuse.
Personne ne bouge.
Pas de panique, tout se passera bien.
La vache, il nous a retrouvés.
C'est un accident, je peux tout vous expliquer.
C'était pas prévu, ça. Qu'est-ce qu'elle nous fait, celle-là, maintenant ? Erwann
? Ça change rien.
On n'a pas idée de s'évanouir comme ça pour rien, là.
Gwenaëlle ? Gwenaëlle ? Oh, Gwenaëlle ! Je crois que le monsieur vous appelle.
Oh, Gwenaëlle ! Ah oui, qu'est-ce qu'il y a ? Ce katsu, c'est pas la roche, hein
? Ben non, monsieur Rousselot.
Christian Rousselot. Et la roche, il est où ? En Sardigne, je crois.
Oh, c'était pas prévu, ça.
Comment on va faire maintenant pour la rançon ? La rançon ?
Ça tombe comme des mouches ici. On n'a même pas tiré.
Je peux, je suis une écologue.
Chérie.
Chérie.
Messieurs, dames.
C'est pourquoi ?
Chef, venez voir.
Non, mais je suis là, Berthier.
Je pense que c'est la conséquence des traces de freinage.
Y a un souci, chef ? C'est une des vaches de
Toussaint.
Et alors ? Tenez, prenez ça.
Vous me le donnerez quand je vous le demande.
Ça va aller, ils vont revenir eux tous seuls.
Faut que je prenne un petit verre. Moi aussi.
Ça va, Minou ? On n'est pas en Grèce, là.
Non.
Très beau, rosé.
Oui. Vous n'aimez pas la Corse, madame ? Dans l'absolu, j'ai rien contre, mais
disons que là-bas, ils n'ont pas les mêmes coutumes.
Coutumes, hein ? Comme les Indiens.
Oh, on n'est pas dans une réserve. Mais oh !
Ils ne sont pas là pour la vache.
Sans vouloir vous déranger, c'est quoi cette histoire de rançon ? Au départ, on
était venu demander une rançon en échange de sa liberté à la roche.
Oui, une rançon, mais pourquoi ? Parce que ce chien, il y a deux ans, il a
acheté un terrain non-constructible à notre grand-père, tout en liquide. Et
comme par hasard, deux mois après, il obtenait un permis de construire. C'est
facile pour lui, il est ami avec le ministre.
C'est lequel déjà ?
Bref, résultat, ça a multiplié par 100 le prix du terrain. Et dans la foulée,
il a fait construire cette immense villa qui nous nargue. Nous, on veut juste
récupérer une partie de la valeur du terrain pour notre grand-père. C'est
normal, non ? Oui, oui, oui.
Propriété privée.
Ma vache, moi, elle était pas privée, ma vache.
Mais ils sont là.
C'est ma voiture.
Bonjour Toussaint.
Oui.
Qu'est-ce que vous faites ici ? Visite.
Dis-moi, il y a une vache qui a été retrouvée là-haut, là, apparemment
victime d'un accident avec une voiture.
Elle ne sera pas à toi, par hasard ? Quoi, la voiture ? Non, la vache.
Quelle vache ? La vache qui a été retrouvée là-haut, morte.
Non, elle n'est pas à moi.
Bon, bah tant mieux. Oui.
Sinon, qu'est-ce que vous faites ici ? Je t'ai dit, on visite.
Pourquoi c'est interdit ?
D'ailleurs, la visite est finie.
Et tout ça.
Elle est finie, pour le moment.
Vous me connaissez bien, on dirait, ce Toussaint.
Oui, c'est le cousin de ma femme.
Et la vache, c'est bien la sienne.
Bon, on fait quoi, chef, maintenant ? On note la plaque, puis on reste vigilants.
Passez-moi un cachou, là, parce que... Bon,
et cette rançon que vous comptiez réclamer, elle était de combien ? Deux
millions. Deux millions ? C'est le prix du terrain, le prix du marché.
Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Je suis voisine, je connais le prix du terrain
ici. Et deux millions...
C'est cher.
C'est le prix, on n'est pas des voyous. Ah bon, vous n'êtes pas des voyous ? Et
ça c'est quoi alors ? Non, ça c'est rien.
C'est un faux, ça tire des billes en plastique.
Aïe, ça fait mal. Pourquoi tu m'as tiré dessus ? Pour montrer qu'on n'était pas
des voyous.
D'accord, mais bon, ça fait mal quand même.
Qu'est-ce que tu fais là ? J'avais chaud.
Mais qui les cons ? Non,
laisse tomber Ange, maintenant c'est trop tard.
Ange ? Vous vous connaissez ? On est en Corse. Tout le monde se connaît. C'est
un peu cliché, ça. Faut faire attention.
Mais oui, je le connais.
Et lui, c'est Antoine.
Les crétins séparables.
Gwenaëlle, qu'est-ce que tu fais, là ? Maintenant, ça sert plus à rien. Puis
Gwenaëlle, c'était pas moi, c'était toi. Moi, c'était Erwann.
Enchantée, Erwann.
Moi, c'est Marie-Céline.
Écoute, je sympathise.
Il faut qu'ils payent pour la vache.
Mais Toussaint, tu ne vas pas les tuer, non ? Ah oui, Mathieu, bien sûr que je
ne vais pas les tuer.
Quand je dis qu'il faut qu'ils payent, il faut qu'ils payent pour le prix de la
vache qu'ils ont écrasée, et basta.
Mais ça fait combien ? 2 000 euros.
2 000 euros ? Quoi ? Pour Toussaint.
C'est le prix du marché, Mathieu.
2 000 euros.
Je suis pas un voleur.
Qu
'est
-ce qui se passe ?
C'est un malentendu, ça devrait s'arranger.
Et toi au fait, qu'est-ce que tu fais là ? J'ai amené les ombres de chat à ton
voisine. Et il t'en reste, non ? Non, non, toi non, qu'est-ce qu'on fait ? Tu
vois pas que je réfléchis ? Eh ben, ça risque de durer longtemps.
C'était quoi votre plan à l'origine ? Le plan c'était, on venait, on demandait
une rançon, on nous amenait l'argent et on se tirait.
Ben moi j'aurais pas fait ça comme ça.
C'était la roche qui devait être là, pas vous, on n'a pas d'autre plan. Vous n
'avez pas de plan B.
Nous tuer et nous enterrer dans le maquis. Le voilà, leur plan B.
Qu'est-ce qu'il raconte, ce Katsu ? Katsu ? Ça veut dire pénis en italien.
Non, c'est du corse. Mais comment tu sais ça, toi ? T'as pas fait allemand au
lycée ? Ils vont nous tuer.
T'es peureux, en fait.
Non, je suis pas peureux. Je suis réaliste.
On est en plein kidnapping devant des types armés jusqu'aux dents.
Où armés jusqu'aux dents ? C'est des billets en plastique.
Oui,
mais c'est vivant, quand même. Voilà, voilà, merci, merci.
Viens dans les bras de l'homme.
Allez, allez mieux comme ça. Allez, allez mieux.
Bon.
Si vous me cherchez pour m'abattre, je serai dans ma chambre.
Emmanuel ! Ah, le fragile.
Bon alors, vous décidez quoi, là ? Je sais pas, il faut demander à Antoine. C
'est lui, le cerveau. Ah, vous c'est les bras, c'est ça ? Ouais.
Comment vous avez deviné ? Induction féminine. Bon allez, tout le monde la
merveilleuse, et me laisse réfléchir à un nouveau plan.
Ouais. Tout le monde la met en veilleuse et on le laisse réfléchir à nouveau. C
'est valable pour toi aussi, cousin.
Tu es au courant pour la vache à tout ça ? Oui.
Pourquoi ? C'est déjà dans le journal ? Non, mais j'ai lu entre les lignes.
T'as un vol ? Hum.
Ferté.
Oh.
Oui.
Hum ? Hum ? Oh.
Allez, allez.
À deux.
C'était tout simple.
On doit aller chez lui.
Il t'a pas appelé sur le portable. Ça marche jamais, ces trucs-là.
Vous partez pour quoi ? Encore pour l'histoire de la vache ? Si on te
demande, tu dis que tu sais pas.
De quoi tu parles ? Voilà.
Regardez bien, Berthier.
Tout prend forme sous nos yeux.
Qu'est-ce qui prend forme, chef ? Vous allez voir, Berthier.
Vous êtes au courant pour la vache de Toussaint ? Oui, celle qui est morte,
tuée par le Pinsoudo. Toussaint doit être dans une crise noire.
En même temps, ça devait arriver un jour.
Ces vaches sont toujours en train de divaguer. C'est vrai que nous, on est
habitués. Alors on anticipe. Eh oui !
Le problème avec le pinsu, c'est qu'il ne s'a pas anticipé.
C'est un joint, ça ? Oui,
pourquoi ? C'est de la drogue, quand même.
Tu m'avais promis de ne rien emmener. J'ai menti, ça me détend.
Basta, je n'arrive pas à réfléchir. C'est tout réfléchi ou vous êtes trompé
de personne.
Alors soit vous demandez la rançon à mon père et vous partez avec son PL, ce qui
entre nous doit être assez loin de 2 millions d'euros. Oui, ça.
Soit vous laissez tomber, c'est simple, non ? C'est ça, et dès qu'on est partis,
vous appelez les flics.
Jamais de la vie.
Si vous partez, on dira qu'il s'est rien passé.
Qu'est-ce qui me dit que je peux vous faire confiance ? Vous savez, il n'y a
pas qu'en Corse que la parole donnée signifie quelque chose.
Chez les Rousselots aussi, il y a du caractère.
Fils de résistante, il n'a jamais parlé sous la torture.
Vous avez ma parole.
Vous, vous êtes un homme.
Je peux me tutoyer.
C'est d'accord, Christian.
Moi, c'est Ange.
Bon,
tout ça est très touchant, c'est pas que vous nous dérangez. On aimerait quand
même bien commencer nos vacances. Ravi d'avoir fait votre connaissance.
Enchantée.
Revenez quand vous voulez.
Allez, viens, Ange. On n'a plus rien à faire ici. Au revoir.
Au revoir, la voix. Et merci !
Qu'est-ce que c'est que cette mascarade ?
Il fallait que j'arrête de me cacher.
Que je m'assume.
Alors voilà.
Je m'assume.
Emmanuel, mon fils, tu serais une sorte de travesti, c'est ça ? Pas du tout.
Je suis transformiste.
Ça n'a aucun rapport.
Quand même un peu, non.
La scène, le strass, les paillettes, c'est ça qui me fait vibrer.
Et si je dois mourir aujourd'hui, je voulais que le monde le sache.
Si j'avais pu me douter... Et si je m'en sors vivant, c'est ça que je veux faire
de ma vie.
Parce que les études de médecine à la con, je suis pas sûr.
Et franchement, je ne me vois pas reprendre ton cabinet et passer ma vie
en blouse blanche à tripoter des bonnes femmes préménopausées toute la journée.
Emmanuel, tu sais ce qu'elle te dit, les bonnes femmes préménopausées ? Si j
'avais pu me douter. C'est bon, mais toi, tu ne te doutes jamais de rien.
Mais tu aurais pu le voir si tu ne passais pas ton temps à penser qu'à toi
et ta clientèle à la con.
En attendant ma clientèle à la con, elle nous fait tous manger.
Oui, mais elle nous fait passer des vacances pourries.
Mais pourquoi on n'est pas allés en Grèce ? Donc vous n'aimez pas la Corse ?
Je n'ai jamais dû savoir.
En tout cas, Manu, félicitations. Très, très réussi ton coming out.
Non, mais c'est pas un coming out.
C'est la libre expression de ma sensibilité artistique.
Tu pourrais me promettre quand même de t'inscrire en médecine.
Et puis pour le cabinet, t'as tout le temps de réfléchir.
Il ne comprend rien.
Bon, eh bien, nous on va vous laisser. Vous avez l'air d'avoir pas mal de
choses à vous dire. Alors à plus, comme vous dites, sur le continent.
Adopt ma sœur.
Adopt. Ma sœur ? C'est sa sœur ?
Arrêtez avec ça, Berthier.
Tenez.
Bon, vous commencez à comprendre, Berthier ? Alors là, je vois des
chasseurs et des bergers.
Vous sentez la tension qui monte ? Peut-être.
Peut-être.
Vous venez d'où, déjà ? Moi, du Nord.
De Bastia ? Ah non, capitaine, de Roubaix.
Roubaix ? Ah oui, c'est pour ça que vous captez rien.
Ouais, voilà.
Faut être né ici pour voir le calme avant la tempête.
Vous, vous êtes corse, Capitaine Fiamma.
Non.
J'ai pris le nom de ma femme, c'est plus pratique ici.
Comment vous expliquer ? Par exemple, l'atmosphère, pour vous, elle est
plutôt... Calme ? Calme, oui, exactement.
Non, vous emballez pas, Berthier.
Et après le calme, en général, viens là.
Viens là.
Tempête ? Tempête.
Tempête. C'est bien.
Vous progressez, Berthier. Merci.
Jumelle.
Bon, merci à tous d'être venus.
C'est normal, le Toussaint.
C'est la roche, il a le bras long.
On ne saura pas assez de nous tous.
Mais alors, c'est le bon an. S'il faut, on mobilise celui du syndicat.
On n'a pas peur de lui. On a peur de personne.
De personne.
De personne.
Donc vous êtes sa soeur.
Et vous faites ça souvent, des demandes de rançon en famille ? Pourquoi vous
faites des choses comme ça sans prévenir ? On a décidé ça ce matin.
Sans me le dire, moi aussi, je fais partie de la famille.
Si ça tournait mal, je ne voulais pas exposer ma propre soeur, surtout dans
ton état. C'est pas une maladie.
Mais toi, qu'est-ce que tu fais là ? Elle est venue apporter des ambros.
Des gâteaux corse.
Non, mais qu'est-ce que tu fais, là ? C'est personnel.
Comment ça, personnel ? Je suis ton frère.
Promets-moi de ne pas t'énerver.
Parle d'abord.
Eh bien, voilà.
L'enfant que je porte... C'est
celui du pizzou.
Du gynécologue, là ! Mais non !
Il a
été
gentil,
il a su me parler, il m'a invité à manger.
On a un peu bu.
Trop, peut-être.
Vous le savez, vous, le charme que possède cet homme.
Oh là là.
Vous connaissez l'ange ? Oui, il était venu dîner à la maison.
Ah bon ? J'avais trop honte pour en parler.
Alors j'ai dit que je fréquentais quelqu'un.
Ah, voilà pourquoi on ne l'a jamais vu.
J'ai compris.
Ça a mis le temps.
Bien sûr, je l'ai mis au courant de la situation.
Au début, il n'a pas si mal réagi. Il était présent.
Mais depuis un certain temps, il ne me répond plus.
Tous des salauds.
J'ai cru qu'il était venu sans prévenir pour me faire la surprise.
Mais apparemment, il a préféré la Sardaigne.
Voilà, mon frère.
Tu avais promis de ne pas t'énerver.
Ça va, je ne suis pas énervé.
Bon, allez, on rentre.
Christian, donne-moi les clés.
Non, Antoine, où tu veux aller ? Là, je vais à Bonifacio, je prends le ferry
pour la Sardaigne et je m'occupe de la roche. Mais ça va rien résoudre, la
violence, oh putain ! Christian, mon ami, donne-moi les clés.
Non, je peux pas te laisser faire une bêtise pareille. En plus, t'es pas
assuré pour cette voiture.
Ah oui, c'est vrai, pardon, j'y avais pas pensé. Donne-moi ces clés,
maintenant ! Antoine, tu avais promis de pas t'énerver ! Mais là, je vais juste
le tuer calmement. Et après, je reviens et je t'étrangle. Mais cool.
Non !
Vous n'allez rien faire du tout.
Votre sœur n'est pas à blâmer et vous, vous allez apprendre à pardonner, mon
ami. On voit bien que ce n'est pas avec vous qu'il a couché. Mais détrompez
-vous, jeune homme.
Pardon ? Toi, avec ? Non, je ne sais pas.
C'est pas possible.
C'est pas possible !
Mais comment t'as pu faire une chose pareille ? Très simplement, elle m'a
déshabillé, elle a enlevé la chaise. Non ça, c'est bon, c'est bon, c'est bon. Non
mais maman, mais qu'est-ce qui t'a pris de te taper ce type là ? Oh le, c'est
pas... Pose-toi.
Non, non, non. Papa, qu'est-ce que tu fais là ? J'ai un sardaigne avec
Antoine, on va faire le ménage. Mais vous voulez pas arrêter deux minutes là
? Le mari, l'amant, l'honneur, la vendetta.
Mais on n'est plus au 19ème siècle.
Aujourd'hui, chacun dispose de son corps comme il veut.
Personne n'appartient à personne.
D'accord ? C'est pas faux.
Pousse-moi ! Allez ! Non, mais Christian, s'il te plaît, arrête de
faire l'enfant ! Lâche ce volant ! Tu es ridicule, Christian !
Je crois que cette fois, c'est mort pour la franchise.
Bon.
C'était il y a deux ans.
J'étais parti à Luchon pour un congrès sur les effets de la ménopause.
Je crois que je les ai sous-estimés.
Et il y avait cette...
Cette Sylviane Laroche qui arrêtait pas de laisser des messages pour qu'on la
rappelle en urgence.
C'est ton boulot.
T'es pas secrétaire. Exact.
Et j'ai rappelé.
Et je suis tombée sur lui.
Et il a senti que j'étais agacée.
Et il m'a parlé.
Il m'a écoutée.
Il m'a fait rire.
Oh ! Ça faisait du bien.
Et là...
Il m'a proposé d'aller boire un verre.
Et j'ai pas eu envie de dire non.
Et la suite, vous la connaissez.
Et... Ça s'est produit plusieurs fois ? Une dizaine de
fois, tout au plus.
Le temps d'un week-end.
Un week-end ? Il m'a démonté, comme disent les chats.
Et voilà pourquoi votre sœur n'est pas à blâmer.
Elle a été le jouet de La Roche, comme je l'ai été.
Oui,
entrez.
C'est mon chef. J'ai l'identité du propriétaire du véhicule. Un certain
Christian Rousselot.
Oui, et son lien avec La Roche ?
C'est beau, hein ?
Magnifique. Là, tu descends.
Vous n'avez rien de plus gai ?
Antoine, le
frère, le transformeur, il est soin de soi, on parle.
Soin de soi, hein ? Soin de soi.
J'en sais rien, puis je m'en fous, moi. Et puis on dit pas ça.
Et on dit quoi, alors ? On dit rien, voilà.
Y a pas de réseau.
Réseau de merde, maison de merde, pays de merde ! Oui,
non, tant pour moi.
Christian. Ça va pas.
Faut parler à La Roche.
Ça passe nulle part ? Si.
Allô, La Roche ? C'est Rouchelot.
Non, ça va pas.
Je sais tout, mon salaud, tout ! Le grand-père Campana, le terrain, l'argent
liquide, le père et le consoir binon, le policier dans le tiroir de Sirena, le
week-end avec ma femme, mon fils travesti.
Transformiste.
Oui, bon, ça ne tient pour rien. Mais pour le reste, avec tout ce que j'ai sur
toi, ami personnel du ministre ou pas, j'ai de quoi t'anéantir. Alors si tu ne
me fais pas parvenir, 5 millions, je deviens 5 millions en liquide. D'ici
demain matin, je balance toi à la presse. Il n'y aura pas de lieu cette
fois-ci. Je ne vous salue pas, monsieur !
Et voilà ! Papa, c'est quoi ces 5 millions d'euros là ? Je ne sais pas.
J'ai pensé à Serena, à son enfant, au grand-père et aux dix fois.
5 millions, ô Christian, tu es le Napoléon de la Rinceau.
Vous vous rendez compte de ce que vous faites ? Vous êtes en train de faire du
chantage à un homme dangereux.
Dangereux, dangereux, il ne fait pas peur.
Il doit payer.
D'ailleurs, je tiens à ce que l'intégralité de l'argent aille à la
famille Campana.
Tu es de la trompe des grands hommes, Christian Oslo.
La famille Campana que je représente est fière et heureuse d'accepter... De
refuser cet argent.
Hein ? Enfin, pourquoi ? Il a dit qu'il n'en voulait pas.
Soit on partage équitablement, soit personne n'aura rien.
Il faut être honnête avec cet argent, sinon on ne vaut pas mieux que la roche.
Donc, vous aurez, vous et votre famille, la moitié de cette somme.
Je ne peux pas accepter.
Mais enfin, Christian, tu veux pas vexer nos nouveaux amis ? Il est pas question
que j'accepte l'argent de ces tordures. Mais putain, mais accepte, merde ! Tu
sais bien qu'on est ruinés ! Quoi ? Ruinés, mais c'est quoi cette histoire
-là ? J'ai fait des mauvais placements.
Très mauvais ! On n'a plus rien, que des dettes ! On va devoir probablement
vendre l'appartement. Votre appartement ? Non, quand même. Le tien.
Mais c'est pas vrai ! Mais on garde le cabinet.
En plus, on va être obligés de passer toutes nos vacances en Corse. Et vous
comptez me dire ça quand, là ? On attendait le meilleur moment. Ah, mais c
'est super, c'est trouvé, là, non ? Merci beaucoup, super, merci.
Christian, si ta famille a besoin de cet argent, il faut accepter.
Faut penser d'abord à la famille, toujours à la famille.
D'accord, j'accepte.
C'est beau, hein ? Oh, saluté ! En tout cas, je suis content de vous
avoir rencontrés.
Eh ben, moi aussi, Erwann. Allez, bisous.
Pardonnez-moi, mais il faut que je m'allonge un peu.
Bon, je vais me changer. Tu viens ? Oui, on t'irait.
Mais c'est extraordinaire.
Quelle vigueur.
Oui, quoi ? Oui, monsieur le préfet.
Mais tout à fait, monsieur le préfet.
Mais ce sera fait.
Mais dans les moindres délais, monsieur le préfet.
Mais avec tout mon...
Il a le bras long sur la roche.
Long comment, capitaine ? Ah oui, ça c'est long.
C'est long.
Oh ! Comme vous le savez, on est sur une affaire de vache renversée par un
continental.
Qui a trouvé le nom de l'opération ? C'est moi, capitaine.
Ah, c'est bien, Berthier.
Bon, on est tous bien d'accord qu'on est là pour faire payer la vache à ce
Pinsoud. Capitaine.
Cette vache appartenait à Toussaint Leccia, qui en plus d'être le cousin de
ma femme, n'est pas un calme.
Vince Wood, qu'il ne faut pas oublier, est ami avec La Roche, comme on l'a dit,
à le bras long. Donc, il faudra être prêt à tout.
Alors, je compte sur vous pour ne pas répondre aux provocations. L'honneur de
la brigade en dépend.
Bon, bah, rompez.
Qu'est-ce que j'ai fait de mes cachous, moi ? Donc, on se fait rembourser la
vache et on ne fait pas n'importe quoi.
Deux mille euros.
Non négociable.
Notre honneur en dépend.
Il n'a pas l'air calmé, tout ça.
Il sera calmé quand sa vache sera remboursée par le pinzodo.
Combien il en veut ? J'ai entendu 2000 euros.
Capitaine Fiamma. Ouais.
Alors ? Dites-moi, c'est pas un peu beaucoup pour une vache écrasée ? C'est
à plus loin que ça, capitaine.
On nous signale qu'un certain Christian Rousselot retiendra une famille corse en
otage. Rousselot ? On le soupçonne déjà d'avoir tué une vache ce matin.
Ça correspond au profil.
Souvent, les psychopathes tuent des animaux avant d'attaquer les êtres
humains. L'individu est dangereux. En plus, il réclame une rançon de 5
millions d'euros. Il va falloir la josser. Bon, les gars, on se déploie en
position. Ça fait.
Excusez-moi, c'est Corse qui détient en otage. Vous avez leur identité ?
Affirmatif, famille Campani.
Campana ? Voilà. Vous les connaissez ? Bah oui, c'est les cousins de ma femme.
Elle en a beaucoup des cousins, non ? Oui, trop.
Vous inquiétez pas.
On va tout faire pour les sortir de là.
Bon, vous gérez le périmètre.
Je vais tenter une négociation.
Vous voulez un cachot ? Après.
Vous aviez raison, capitaine.
On la sent bien, la tempête, là. Oui, mais c'est pas fini.
Putain, putain, putain, putain, merde.
Je suis restée le bordel.
Y a des flics partout.
J'ai vu des gars du GIGN dehors.
Mais c'est quoi cette histoire ? Je sais pas. Eh ben parce que je crois que vous
avez sous-estimé la roche. Voilà. Ce chien nous a balancé. Venez voir.
Bonjour à tous et bienvenue. Nous apprenons à l'instant qu'un individu
lourdement... Armée retiendrait en ce moment même toute une famille corse dans
une villa en plein maquis, un environnement hostile, difficile d
'accès, reculé. Je vous propose sans plus attendre de retrouver sur place
notre envoyé spécial, Martine Fayencier. Oui, alors effectivement, Eric, d'après
les premières informations dont nous disposons, cet homme serait un certain
Christian Rousselot, un gastro-entérologue réputé. Je ne suis
pas un gastro, je suis gynécro.
Surtout pas très réputé, mon chat.
Champagne ! Avec un A ! Mais chut ! C
'est n'importe quoi ! Je
suis pas le père ! Oh, mais ça, là, c'est un coup de la roche. Il a réussi à
utiliser tout son réseau pour brouiller les pistes dans les médias. Ah non, mais
il est fort ! Ah oui, vous l'avez sous-estimé.
l'évolution de cette bien étrange affaire Corse. Oh putain, là on n'est
pas bien. Pas bien, t'es gentil. Je suis en train de passer carrément pour un
psychopathe aux yeux de toute la France. Vous imaginez la réputation pour mon
cabinet ? Déjà que ça va pas fort.
Ça a un coût à perdre toute ma clientèle. C'est possible.
Et en plus, il n'y a plus de rosé. Allez Rousseau, faites un geste ! Libérez-moi
un otage ! Madame Campali pour commencer ! Campali avec un A ! Partez de là ou je
réponds plus de rien ! Vous avez compris ? C'est quoi cet accent ? C'est Corse.
Merde ! Il a retourné un otage.
Putain, il est fort.
Bon.
Il va falloir la jouer serré.
Ok.
Vous cherchez quelque chose ? Oui.
L'aspirine.
C'est quoi encore cette histoire de Stockholm, là ?
C'est un phénomène observé dans les années 70 à Stockholm pendant une prise
d'otage. Les psychologues se sont rendus compte que les victimes avaient
développé une espèce d'attachement pour leur bourreau. Ça va, ça va, on connaît.
J'explique à votre teubé de cousin, d'accord ? D'accord, d'accord. Moi, ce
que je vois, c'est qu'on parle pas de la roche. Ouais, bon, mais ici, on n'est
pas au Danemark. Alors, la saloperie, ils peuvent se la mettre une coup.
Yes ! C'est trouvé.
C'est de la myrte.
Allez, un ou deux coquines.
La tension monte. C'est exactement ce que je voulais.
Vous êtes sûr que c'est une bonne chose ? Je suis formé pour ce genre de
situation, Capitaine.
Faites-moi confiance.
Si vous le voulez bien, sur la prise d'otages qui se déroule en ce moment
même en Corse, le gastro-entérologue, preneur d'otages, aurait son cabinet
médical à Neuilly, en région parisienne. Les recherches révèlent qu'il serait un
ancien maoïste, sans doute radicalisé. Je n'ai jamais été maoïste.
D'après nos sources, il aurait petit à petit... C'est juste un style
vestimentaire, ça plaisait aux filles à l'époque.
Il aurait d'ailleurs ce matin même tué une vache.
Par pure cruauté. Mais non ! La violence, pourquoi pas ? Mais une pauvre
vache ! On aurait dû aller en Grèce. Écoute, je crois que la destination de
nos vacances n'est plus tout à fait à l'ordre du jour.
C'est vrai qu'il est venu nous dire qu'il y avait aujourd'hui...
C'est par là.
Oh, les cons, il y avait un fixe. Cabinet du Dr Oslo, j'écoute. Oh,
pardon, t'as réflexe.
Je vous écoute.
C'est la roche. Mais le haut-parleur.
On t'entend, la roche.
Parfait, je voulais justement m'adresser à vous tous.
D'abord, pour vous dire qu'on ne s'attaque pas à Patrick Laroche
impunément, surtout quand on est des amateurs.
Mais si vous suivez un peu les infos ou si vous regardez juste par la fenêtre,
vous devez déjà le savoir.
Enfin, je vous appelais surtout pour vous dire au revoir. Où tu vas, espèce
de salaud ? Au moment où je vous parle, je prépare mes valises pour le Brésil,
un pays très hospitalier où j'ai quelques affaires.
Et le temps que vous vous démariez de tout ce bordel corse, je serai loin.
Bordure ! C'est ça, moi aussi.
Alors, Marie-Céline...
Je te dis adieu et merci pour ces instants magiques. Je t'embrasse,
Patrick. C'est ma bonne enfance. Et toi, Serena, ma petite panthère, je te
souhaite une maternité heureuse. Et si c'est un fils et qu'il veut un jour se
lancer dans le BTP, dis-lui qu'il m'appelle. Je pourrais peut-être faire
quelque chose pour lui.
Et j'ai cru reconnaître la voix de ton frère aussi.
Sûrement avec ton imbécile de cousin.
Oui, mais c'est toi l'imbécile au goffre.
Alors, mes hommages à tous les campanas.
Quant à toi, Rousselot, t'aurais dû aller en Grèce.
Allez. Hasta la vista, amigos.
Ouh là ! Non, non, vous pouvez pas rentrer.
Chef ! Oh, tout ça, qu'est-ce qu'il y a ? Oh, qu'est-ce qu'il y a ? Y a que le
Pinsout qui a tué ma vache, il est là, dans cette maison.
Il me doit 2000 euros.
Combien ? 2000.
C'est une très belle vache, hein ? Et c'est pas qu'une question d'argent.
C'est une question de principe.
Écoute, le Pinsout qui tient en otage les Campanas, il est prêt à tout.
C'est un fou, il paraît.
Un fou ? Et alors ? Les fous, les fous, on les calme, oui.
Laisse-moi rentrer dans la maison, tu vas voir qui c'est le plus fou des deux.
Tout ça, ta vache, je te promets, on va te la rembourser. Y a intérêt.
Mais en attendant, tu nous laisses gérer.
On est sur toi, hein ? Allez, on est...
Vous le connaissez, c
'était Lubrius, là ? Il a l'air complètement taré, lui aussi.
Oui, c'est... c'est un cousin.
Ça m'étonne pas.
Bon, j'y retourne.
Faut arrêter avec ça, Berthier ! Merde ! C'est pas vrai, ça !
Je crois qu'on va devoir se rendre.
On va tout expliquer aux flics. Ça mettra peut-être un peu de temps, mais
ils vont bien finir par comprendre. Et la Roche, elle va s'en sortir.
Et nous, on est ruinés.
Allô, c'est Antoine Campane avec R.
Et vous, qui êtes-vous ? Le GGN. Et alors ? Comment ça les conditions ? Il
demande c'est quoi les conditions, je dis quoi à you ? Passez-les-moi.
Allô, ici Anne-Sophie Rousselot.
Voici nos conditions.
Nous voulons 5 millions d'euros et un hélicoptère. Le plus rapidement
possible.
Sinon mon père passera la vitesse supérieure.
Ah non, il veut pas vous parler.
Parce qu'il est en train de...
miner toute la villa avec ma mère.
À la moindre tentative d'approche de votre part, ils font tout sauter, ce que
vous m'avez compris.
Bon, vous avez une heure.
Voilà. Pas compliqué, les négociations, bordel.
Merde ! Il a une bombe.
Quoi ? Rousselot a une bombe ? D'après les infos qui me sont remontées, il
aurait été proche du mouvement maoïste dans les années 70.
Et comme là, il vient de retourner à l'écorce...
Mais alors ? Parce que c'est un corps, s'il s'est forcément fabriqué une bombe,
c'est ça ? C'est une hypothèse à prendre au sérieux, oui. Bon, enfin, les
Campanas sont des gens honnêtes.
On est tous des gens honnêtes, capitaine. Jusqu'au jour où tout
bascule.
Regardez Dupont de Ligonnès.
Hé, oh ! Pour la vache.
Je veux bien descendre à 1 500.
Il paraît qu'ils ont une bombe.
Ils l'ont pas dit à la télé.
Et à quoi ils servent, ces journalistes ? Moi, je penche pour du plastique.
Moi, une bouteille. On parie.
Cette histoire de bombes, ça les a calmés, on dirait.
Christian, ta fille est là sûr.
Tu peux être fier d'elle. Fier d'elle ? Avec ce qu'on va me mettre sur le dos,
si on nous rattrape, je prends 30 ans de placard. Mais tu prendras jamais 30 ans,
5 peut-être. 5, quand même.
Mais avec sursis, tu crois que j'ai pas réfléchi à la situation ? Pour toi, on
jouera la carte du drame passionnel à fond.
Tant qu'il n'y a pas mort d'homme, ça marchera très bien. Tu pleuras un peu au
procès, je vais demander une expertise au psy, puis ça passera comme une lettre
à la poste.
Sursis, toi tu diras rien.
Ah bon ? Non.
Juste quitte à forcer. Et puis de toute façon, je ferai pareil, donc t'auras qu
'à répéter et puis... D'accord.
Toi, t'as rien fait, t'as rien vu, t'étais dans ta chambre, d'accord ? D
'accord.
Vous, on va utiliser leurs arguments, syndrome de Stockholm, le brin, la
jurisprudence, elle sera avec nous, ça marche à tous les coups.
D'accord ? J'entends pas, là. D'accord ? Oui, d'accord, d'accord. Bon, cool !
Tant que ça se soigne, hein.
Ministre.
Oui, monsieur le ministre.
Non, on est en train de gérer... Non, je gère la... Ah non, pas du tout, on gère
la situation.
Comment ? Oui, je sais, monsieur Laroche est un ami, et justement, c'est pour ça
qu'on est sur le... Non, je dis c'est pour ça qu'on... Oui.
Non, mais oui, mais faites-nous confiance, parce que... Allô ? Allô ?
Raccroché.
Bon.
On va passer au plan B.
Depuis quand vous avez un plan B ? Depuis cinq secondes.
Faites confiance aux professionnels, capitaine.
Oui.
Pénètre thermique.
On va rien.
Dites, vous avez l'air de vous y connaître, vous, dans les lois, tout ça
? Bah oui, je suis avocate.
Depuis trois mois. Enfin, je connais la loi, c'est tout ce qui compte, non ? Moi
aussi, à un moment, je voulais faire avocat.
Ah oui ? Ouais, mais il faut le bac, non ? Ah non, c'est moi.
Oui, c'est moi, c'est moi.
Allô, Marie-Céline Rousselot à Paris.
Oui, j'ai tout miné.
Ah, mais ne quittez pas.
Je vous entends ! Bon, écoutez, c'est bon, on vous a trouvé un illico. En
revanche, ne déconnez pas avec la bombe, s'il vous plaît.
Quittez pas ! Ça va vraiment pas être pratique si elle reste là, la vache. La
vache, elle reste où ? Elle est chez elle. Non, mais c'est pas ça.
Sortez-moi de cet animal de la bordelle ! Comment tu parles à ma vache, toi ?
Comment c'est à votre vache ? Elle est pas morte, votre vache ? Oui, elle est
morte, ma vache, mais tu crois que j'en ai qu'une ou quoi ? Tu m'as pris pour un
disgradiate, c'est ça ? Un quoi ? Oui, non, ça veut dire pauvre et malheureux.
Voilà, pauvre. Je ne vais pas me laisser insulter comme ça, moi. Super flic ou
pas, moi, je n'ai pas peur de toi. Tu le sais, ça, ce n'est pas qui je suis. Tout
ça, c'est bon. Il est occupé, là. Laisse-nous gérer. Calme-toi.
Pardon, pardon.
Non, mais calmez-vous, calmez-vous. Je vous envoie l'hélico et l'argent. Voilà,
tout de suite.
Voilà.
Ça va ? Ça va,
ça va.
Je croyais que ça marchait.
Bon, tout s'arrange, hein ? Pas tout à fait. Qu'est-ce qu'il y a, ma sœur ? Je
crois que c'est maintenant.
Docteur, l'enfant est vieux. Vite, allez ! Allongez-la.
Ça va aller, ça va aller. Je dois aller à l'hôpital.
Non, mais on ne peut pas aller à l'hôpital. On ne peut pas sortir d'ici.
On va le faire à l'ancienne, à la maison.
Vous n'avez pas qu'à le faire. Ça fera huit mois lundi prochain.
35 semaines d'aménorée, ça devrait aller. Comment ça devrait aller ? Il
faut que ça aille. Oui, mais pour que ça aille, il faut m'aider.
Anso, fais bouillir de l'eau et trouva du linge propre. Ok.
Emmanuel. Tu vas m'aider. Tu vas voir comme c'est passionnant de donner la
vie. Allez, allez, vite.
Allez, petit chien. Allez, petit chien, s'il vous plaît.
Allez, ma soeur. Allez, petit chien. Basta.
Allez, très bien.
Vous avez de la chance d'être tombé sur moi parce qu'avec l'engassement de l
'horloge, vous ne seriez pas dans la mer.
Bon, ça va bien se passer.
Mais il va falloir pousser. C'est à vous de faire le travail. Moi, je ne suis là
que pour vous aider.
Regardez, Manuel, comme c'est magnifique.
Très bien, très, très bien. Ça se présente bien. C'est une bonne nouvelle,
ça. Allez.
C'est bon, c'est bon.
Poussez, poussez.
Poussez, madame Copana ! Mademoiselle ! Allez-y ! Un petit coup ! Je ne vais pas
y arriver ! Si, si ! Calmez-vous un peu ! Je suis calme ! C
'est bien, vous en sortez très bien ! Un, deux, trois ! C
'est bien, c'est très bien ! Un,
deux, trois ! Poussez ! Je ne peux pas !
qu'ils font là-dedans.
C'est rentré, ça va sortir.
Les épaules sont passées.
C'est très bien, c'est très bien. C'est très bien.
C'est un garçon.
C'est un garçon.
C'est un ciseau.
C'est un ciseau. C'est un ciseau.
C'est pas vrai, c'est un garçon, merci. C'est beau la nature.
Viens.
Attends ! C'est un garçon !
Bon,
je crois que t'es pas très à l'aise avec tout ça.
Même si on s'en sort, reprendre le cabinet pour toi, ça va pas être
évident. Ça y est, t'as compris ? Mon Dieu, comme il est beau, hein ? C'est le
plus beau du monde.
Héritier des turpitudes d'un monde en friche.
Quoi ? Oh, Christian, ce que tu as fait pour la famille Campana, c'est énorme.
C'est mon métier.
À moi.
C'est décidé, tu seras le parrain du petit.
Ah non, ça, je peux pas accepter.
Tu refuses la main tendue de la famille Campana.
Présenté comme ça, effectivement.
Mais ça va les machos, là ? On peut peut-être demander l'avis de la maman,
non ? Ce serait pour moi un honneur.
Merci pour tout ce que vous avez fait pour moi, docteur.
Et le petit, j'avais l'appelé Christian.
C'est un gars, oui. Bon, d'accord. D'accord pour le parrain, pour le
prénom. J'accepte tout.
C'est ce que je peux faire de mieux, non ?
Il a un petit air de son papa, hein ? Si, c'est vrai, maman. Quoi ? Oui,
pardon. Oh, allez, on va trinquer.
Attendez, on va trinquer. On va trinquer.
Voilà, la famille.
Merci.
Allez, à tout ce que vous avez fait pour nous. Vous étiez pas obligés. Un peu,
quand même.
Et au bébé. À Christian Junior.
Moi, ce que je veux, c'est que le prix de ma vache, qui a été lâchement
assassinée, me soit entièrement remboursé. Ni plus, ni moins. Ce n'est
qu'une question de justice.
Voilà.
Et parce qu'ici, en Corse, les puissants, ils se pensent au-dessus des
lois. Mais nous, on se laisse pas faire, hein ? Voilà.
Comme vous pouvez le constater, ce pauvre paysan n'avait que sa vache pour
vivre. Comment va-t-il faire pour nourrir sa famille à présent ? Mais
comment ça, pauvre paysan ? Mais de quoi ? Des vaches ? Mais tu crois que j'en ai
qu'une ou quoi ? Des vaches, j'en ai autant que je veux.
Arrête de filmer, toi. Ta caméra, on va te la faire manger.
Calmez-vous, mec.
Chef, il se passe quelque chose là.
C'est le docteur Rousselot qui a écrasé votre vache et qui a
maquillé le tout en accident. Et voilà ! Les journalistes se coupent un peu et
disent n'importe quoi. C'est bon, c'est bon, allez, on coupe la caméra. Comment
on coupe la caméra ? La liberté de la presse alors ! Ça, c'est pas le moment
là, merde ! C'est jamais le moment avec toi au charma, oh !
Oh, les cons.
Ah non, ils n'ont pas fait ça.
Francesca, vous allez bien ? Bonjour, Pascal, ça va.
Oh, commandant, vous êtes là ? Commandant ? C'est ça, votre plan ?
Affirmatif. Mettre la pression sur les preneurs d'otages, c'est le B.A.B.
Le B.A.B., c'est que mettre la pression sur un corse, ça ne marche pas.
Puis alors, prendre sa mère comme argument, c'est totalement contre
-productif. Écoutez, capitaine, c'est moi qui suis en charge des opérations
ici. D'accord ? Les fortes têtes, ça me connaît. C'est pas des bouffeurs de
châtaignes qui vont m'impressionner.
Bon, je vous aurais prétenu.
Bonjour, madame.
Bonjour. Merci d'être venue.
Voilà, comme voilà.
Il y a quelqu'un ici qui voudrait vous parler.
Qu'est-ce qu'il veut, celui-là ? Il voit pas qu'on est occupé, non ? Oui, mais il
a bien dit votre nom, là.
Maman, ils ont ma mère.
Qui ? T'entends ? Tu m'écoutes ? Tu es là, Cuculello ? Libérez ma
mère ou je vous retrouverai tous un parrain. Et je vous ferai fleurer comme
des billettes.
Ça, c'est contre-productif.
S'il vous plaît, madame.
Merci.
Mes copains, votre mère n'est pas prisonnière. Elle veut juste vous
parler.
Donne, alors.
Qu'est-ce que ça doit être quand vous gérez rien ? Putain, ma mère, mais c'est
des malades ! Mais ils essayent de vous prendre par les sentiments, là, vous
laissez pas faire ! Mais là, c'est plus que des sentiments, c'est ma mère ! Mais
on sait ! Antoine ! Tu m'entends ? Coconello ! Mais qu'est-ce que c'est,
Coconello ? C'est un code ! Ça veut dire mon petit coco ? Non, ça veut dire mon
petit chéri.
Mon petit coco, c'est pareil ! Antoine ! Écoute, maman ! Ne te rends pas, ils
vont te mettre en prison ! Non, mais... Non, mais non ! J'ai discuté avec mon
fils !
Putain, je vais me faire tuer. Mais non, le GIGN, c'est des pros, il tue pas des
gens. Enfin, pas tout le temps.
Non, mais là, je parle de ma mère.
Ok, la donne a changé, il faut gagner du temps, là. Et comment ? Il faut libérer
des otages. C'est René le bébé.
Excusez-moi, mais au risque de paraître rabat-joie, et si on se rendait tous à
la police ? Non, mais non ! On est arrivés ici comme une famille désunie,
et l'adversité qui s'abat sur nous va nous réunir. Les langues se sont
déliées, c'était nécessaire, sans doute.
Mais ces quelques heures sur cette île nous ont changé à jamais.
Moi qui tout à l'heure m'inquiétais de tout, de n'importe quoi, mais là, mais
je n'ai plus peur de rien.
C'est la myrte. Alors on continue.
Coute que coûte et ensemble.
Bon, on libère Serena et le petit Christian.
Merci.
Tu sais, Manon, je te comprends.
C'est vrai ? Même je t'admire.
Oui, tu as eu le courage d'aller au bout de tes passions.
C'est formidable.
Sache que tu pourras toujours compter sur moi.
Merci. Tu sais, moi aussi j'ai un petit secret.
Ah bon ? Quand j'étais jeune, je rêvais de faire du spectacle.
Mon numéro de ventriloque.
Ça aurait pu cartonner.
Avec Choupi.
Mais bon.
La vie, c'est ça.
Bon, il faut y aller maintenant, là.
Allez.
On va libérer les otages. Pas de blague.
Il y a un bébé maintenant ? Oh, mon petit
fils.
Tu vas bien, madame ? Ça va, madame ? J
'étais
pas sûr que ça fonctionne, alors...
Allez. Il va falloir qu'on y aille.
On ne peut pas partir comme ça.
Tu ne veux pas ranger aussi, papa ? Ranger, non, mais... Avec moi, les gars.
J'ai vu ça dans les experts.
C'est le moment d'essayer.
Ils en mettent du temps, non ? Ouais.
Bon allez, 1000 euros des excuses publiques de Pinsoutes et on n'en parle
plus. Ton Pinsoutes va s'envoler !
Il faut les neutraliser ? Hein ? Il faut les neutraliser, Berthier ? Il faut les
neutraliser ! Il faut les neutraliser ! Qu'est-ce que vous foutez, Berthier ?
Il est nouveau, il est gentil mais il est fragile.
Je ne
comprends pas ce qu'il veut.
Il dit qu'il faut évacuer la cause.
Assurez-moi, l'argent dedans, c'est du faux.
On pensait pas qu'il réussirait à partir avec, alors on a mis du vrai.
Quoi ? Mais attendez, 5 millions d'euros en faux billets, ça se trouve pas comme
ça, surtout ici.
Enfin si, quitte le territoire ! Allez, vous inquiétez pas, on a mis juste assez
de carburant pour quelques kilomètres, et dans un moment, on va les coincer
dans le maquis.
Mais vous êtes déjà allés dans le maquis ?
Non !
Voilà cette bombe.
Moi, je pense qu'il bluffait.
C'est une bouteille de gaz, j'ai gagné.
Allez, isole.
Tiens.
Allez,
allez.
Non, non, il bluffait pas.
Ça, le ministre, il va pas être content, là.
Viens, mais ne viens pas quand je serai seul, dans le lit d'orage ton
fœur, je veux qu'il tombe derrière le pont.
S'il vous plaît, c'est comment votre nom ? Francesco Campana. Ah oui, c'est pas
un cliché, vous vous connaissez tous.
Il est beau notre pays, hein ? J'étais le premier à dire que c'était mieux que
la Grèce.
Il y a ceux qui veulent mourir un jour de pluie et d'autres en plein soleil.
Il y a ceux qui veulent mourir seul dans un lit, tranquille dans...
Viens, mais ne viens pas... J'ai été muté après un seg.
Un quoi ? Oh putain, merde ! Oh putain ! Bon allez ! 1000 euros, des
excuses publiques du pinsuit, et on n'en parle plus ! C'est tout ça, tu vas pas
te le substituer, non ? C'est rien, c'est rien. On ne peut pas, on ne peut
pas. Attention, et... Oh.
Elle n'arrête pas.
Tout va bien. Ils m'ont donné du café et tout.
Pardon. On a perdu.
Il y a une image.
Compagnie ! Si je viens te chercher, je viens te chercher.
Vous voyez dans sa détresse toute la fierté de l'âme corse. Qu'est-ce qu'elle
raconte ? Arrête de filmer !
Et puis nous avons des nouvelles dans l'affaire de la prise d'otage en Corse.
L'hélicoptère avec lequel se sont enfuis les ravisseurs viendrait d'être retrouvé
en Sardaigne, vraisemblablement à cours de carburant.
Seul le pilote était à son bord et à l'heure où je vous parle, le docteur
Rousselot, sa famille et la rançon demeurent totalement introuvables.
Merci.
Il reste des pinceaux dans la salle.
J'en vois un.
Et un coup de piou, je trouve.
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