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Oui ? C'est vous, Hugues ? Est-ce que... Est-ce que Marc est là ? C'est
important. Désolée, Hugues.
Vous le connaissez, c'est mardi.
Et le mardi, c'est sacré. Il est à son club.
Oui, c'est vrai, je... Eh bien, je vais y faire un saut.
Bonjour, monsieur Calouette. Quelle bonne surprise.
Oui, il y avait longtemps des fêches.
Je cherche monsieur Alperine. Il est là-bas, monsieur. Il fait sa partie
habituelle, vous savez.
Monsieur Laurence a une passe de chance ce soir au dé. J'ai rarement vu cela.
Luc, quelle bonne surprise.
Je double la mise.
3200 dollars, Marc.
Où est-ce que vous abandonnez à 1600?
Bonsoir, Hugues.
Bonsoir, Mark.
Byron, je suis sûr que le vent va enfin tourner.
L'armée vous a appris la bravoure, mon ami, mais hélas, pas le jugement.
Essayez de tirer un double.
Un petit grain de folie n'est pas toujours inutile.
Marc, excusez-moi.
Est-ce que vous avez une minute ? Que se passe-t-il ? J'ai quelque chose.
Enfin, j'aimerais vous dire quelque chose.
Bien, je regarde tout de suite.
Attendez-moi.
Il fallait absolument que je vous voie.
Vous ne pouvez pas attendre ? Non.
Danny, servez-nous un double scotch. Bien, monsieur Alperin.
Êtes-vous sûr qu'elle est morte ? Oui.
Ça s'est passé très vite.
On s'est... On s'est disputé.
On s'est lancé des injures.
J'étais sûr qu'elle avait donné rendez-vous à quelqu'un, ce soir.
Elle a voulu me donner une gifle.
Et je l'ai brusquement saisi à la gorge. Du sang-froid, du sang-froid.
Je ne savais plus ce que je faisais.
Et j'ai vu son visage qui me regardait fixement.
Et quand je me suis enfin rendu compte de ce que je faisais, je l'ai lâché et
elle s'est... Et elle s'est écroulée. Du calme, du calme, je vous en prie.
Mark, dites-moi ce qu'il faut que je fasse.
Écoutez.
Est-ce que... Est-ce qu'il y avait quelqu'un dans la maison, la domestique,
par exemple ? Non, elle n'était plus là.
Elle était partie aussitôt après mon arrivée. Bon. Et avez-vous donné des
coups de téléphone ? Seulement chez vous.
Margaret m'a dit que vous étiez ici.
Mais vous ne lui avez rien dit à elle ? Non.
Mais j'aurais peut-être bien fait de prévenir Fred. Il ne s'occupe pas d
'affaires criminelles.
Non, non.
Il va falloir que j'aille à la police.
Je ne voulais pas la tuer, Mark.
C'est seulement un accident.
Non.
Personne ne vous croira. Tout le monde sait que vous ne vous entendiez plus
avec Janis.
Écoutez, il est presque 10 heures.
Installez-vous ostensiblement dans la grande salle. Il n'y a plus de monde qu
'ici. Et à 10h30, très exactement, vous allez appeler chez vous.
Et c'est moi qui répondrai.
Vous ferez comme si c'était Janis.
Parlez fort pour que le barman et les consommateurs entendent la conversation.
Mais pourquoi ? Vous voulez que je vous aide, non ?
Alors faites ce que je vous dis.
Oui, excusez-moi.
Merci à tous.
Sous-titrage FR ?
Allô, Janice, c'est toi ? Vous êtes au bar ? Oui, oui.
Et toi, ça va ? Oui, tout se passe bien.
Écoutez-moi.
Elle est allée se mettre au lit et elle n'attendra pas que vous rentriez, c'est
bien d'accord ? Bien sûr, chérie. Oui, oui, va te coucher si tu te sens
fatiguée. Je rentrerai tard, dors bien et à demain matin.
Répétez ! Je rentrerai très tard, dors bien et à demain matin, chérie.
C'est parfait, ça devrait sûrement marcher. Et maintenant ?
Restez où vous êtes au bar et n'en bougez pas. Attendez simplement que la
police se manifeste. Mais oui, chéri, mais oui. J'ai bien compris. Ne crains
rien.
C'est ça. Bonne nuit.
Rien de plus épuisant que de lécher les vitrines toute une journée.
Oui, bien sûr.
Puisqu'elle va se mettre au lit, j'ai le temps d'en prendre un autre, pas vrai ?
Bonsoir, Marc.
C'est moi, oui.
Bonsoir. Ah, comme tu rentres tôt ce soir.
Oui.
Un peu de fatigue.
Qu'est-ce que c'est ?
La dernière œuvre d'un de tes charmants protégés ? As-tu gagné ce soir, Mark ?
Oh, quelle sotte question.
Moi, je suis assez bien tiré.
Merveilleux. Oui. Je n'aurais pas besoin de te signer un chèque cette semaine. Ça
n'est pas tous les jours fait.
OK. Pour nous deux.
À propos, je prends la parole à Holcomb House demain soir.
On m'a nommé la femme de l'année.
Vraiment ? Combien est-ce que ça te coûte ? Ne sois donc pas odieux.
Pas mal. Femme de l'année. Quel honneur.
Jouer les mères poules auprès d'une bande de jeunes délinquants, toxicos et
de loulous.
Je ne sais pas au juste combien ces activités socio-philanthropiques t'ont
coûté jusqu'ici, mais si ça doit te rapporter qu'un titre dévalué, tu es
loin du compte.
Pas ce soir, je t'en prie.
Chérie, si tu es embarrassée par tous tes millions, pourquoi ne me les
confierais-tu pas ? Je saurais fort bien quoi en faire, je t'assure.
Mon chéri, je te l'ai bien souvent dit, l'argent est une arme dangereuse.
Pour qui ne sait pas s'en servir, à bon escient. À bon escient.
Cela veut dire, selon toi, distribuer quelques subsides, envelopper de belles
paroles à une bande de fainéants qui ne font rien de leur main. Parce que
personne n'accepte de leur donner une chance.
Pas à moi. Et tu sais quels obstacles rencontrent un ancien condamné qui
cherche du travail.
Margaret, je t'en supplie.
Tu n'es pas à la tribune et je connais ton discours par cœur.
Oui ? Je viens de voir un homme sortir en courant de chez les Caldwell.
Quoi ? Oui.
Les lumières sont allumées. Regarde.
Ça paraît bizarre.
Je ne vois personne, où est-il ? Tu ne crois pas que ça pourrait bien être
Hugues ? Non, j'ai le quitter au club.
Je ne réponds pas.
Il a dû se passer quelque chose.
Ici police, sergent de Maillot, j'écoute.
Sergent, ici le délégué au maintien de l'ordre, Alperine.
Oui, monsieur, qu'y a-t-il ? Je viens de voir un homme au comportement plutôt
bizarre sortir en courant d'une maison de Fairfax Drive.
J'aimerais que vous y envoyiez une de vos voitures de patrouille.
Oui. au 1278 Fairfax Drive.
Merci.
J'ai fait tomber mon cigare.
Tenez, là, lieutenant.
Là-dessous.
Attendez.
Faut pas que je brûle une voiture qui n'est pas à moi.
Je le tenais, mais par le mauvais bout.
Alors, petit coquin, on joue à cache-cache avec papa ? Pas trop de mal,
j'espère ?
S'il vous plaît, jetez quand même un petit coup d'œil pour voir si j'ai pas
brûlé le tapis. On sait jamais. Tout de suite, lieutenant.
Non, ça va, il n'y a pas de dégâts. Vous êtes bien sûr, hein ? Oui, oui,
lieutenant. Regardez, regardez encore.
Bien, lieutenant.
Rien n'a disparu ? Si, les bijoux.
Où est monsieur Alperine ? À côté.
Mais il n'a pas touché au tableau.
Ni à l'argenterie, et il a laissé un gré de bisem qui vaut 2000 dollars.
C'est du travail signé.
Alors, vous allez me ramasser tous les cambrioleurs connus dès la première
heure. Interrogez-les, vérifiez leur emploi du temps et faites-moi un rapport
complet. Bien, monsieur.
Alors, lieutenant, vous voilà. Qu'est-ce qui vous est arrivé ? Excusez-moi,
monsieur le délégué, j'étais en panne. La batterie de ma voiture est morte. Je
vais vous reprendre, monsieur le délégué. J'ai voulu prendre celle de ma
femme, seulement elle était chez sa sœur, alors j'ai appelé ici. Je suis
vraiment désolé.
Et je vous remercie de m'avoir envoyé votre voiture, monsieur le délégué.
Neufi va vous mettre au courant. Il s'agit sûrement de ce cambrioleur qui
écume le quartier depuis plusieurs semaines.
C'est du travail signé.
Bon, eh bien, je vais aller jeter un petit coup d'œil.
Une jolie fille, lieutenant.
C'est quand même dommage.
Elle a été étranglée.
On a une idée de ce qui s'est passé ? Elle devait sûrement s'apprêter à se
coucher. Elle a dû entendre du bruit et descendre voir ce que c'était.
Elle aurait pu se contenter de téléphoner au lieu de vouloir jouer les
héroïnes. La mort remonte à quand ? Elle est récente. Elle a parlé au téléphone à
son mari il y a une heure et demie.
Euh, non, une heure.
C
'est
terminé, à vous de jouer.
On a trouvé quelque chose ? Quelques traces d'effraction sur le coffret à
bijoux, mais le reste est intact.
Sergent, vous avez relevé les empreintes ici ? Non, pas encore, lieutenant.
Eh bien, faites-le, voulez-vous. Je crois qu'on perd notre temps,
lieutenant. Ça fait la quatrième fois que je suis appelé en moins de deux
semaines. Moi, c'est un professionnel. Il travaille qu'avec des gants et il
laisse aucune trace.
Faites quand même ce que je vous demande.
D'accord, lieutenant.
Et nous devons assurer la protection de tous les citoyens.
Pas uniquement ceux des quartiers du centre ou de la zone résidentielle de la
périphérie. Le meurtre inqualifiable de Mme Janice Caldwell est le signe d'une
défaillance évidente de la police municipale, de notre police, qui se
révèle incapable de mettre un terme au crime.
Les contribuables ont le droit d'exiger de notre municipalité une sécurité à la
mesure des sacrifices financiers qu'ils consentent volontiers. Et en ma qualité
de délégué au maintien de l'ordre, je peux vous affirmer...
Ah, il me fait mal au ventre. Bon ben je vais arrêter le poste.
Il y a un mois que t'es sorti et tu m'as encore emmené nulle part. Monsieur passe
ses journées au bistrot dans l'espoir de retrouver ses copains de prison.
Oh, du moins, ce qu'en reste.
Pauvre cloche, va.
Toi, écoute, ici, c'est ce qui s'appelle mon PC et t'as rien à y foutre, t
'entends ? Alors, tais-toi ou barre-toi.
Ce soir, je sors. Avec mes bottes.
T'étais passé ? Ça fait au moins une heure que je t'attends.
J'ai été retenu.
J'ai la camelote chez moi depuis l'autre soir.
Eh bien, garde-la.
J'ai pas envie d'y toucher, surtout après ce qui s'est passé hier soir.
Tu es une bonne femme, faut être cinglé.
C'est toi qui es cinglé, c'était pas moi.
Sans blague, Artie.
T'en es à ton quatrième coup depuis un mois que t'es sorti.
Les trois autres, d'accord.
Mais celui d'hier soir, c'est pas moi.
Je veux bien.
Tu n'irais pas l'avouer, mais ta quincaillerie, tu peux te la garder.
Je te l'ai dit, je ne veux pas me brûler les doigts.
Je n'aurais jamais dû essayer de traiter avec un pouilleux de ta sorte.
Johnny Zorzi et Jack Desfield, ça, c'était des hommes.
Oui, mais ils sont dans le trou.
Les temps changent.
Les bonnes affaires deviennent de plus en plus difficiles.
Tout le temps que tu viens de passer à l'ombre, ça ne t'a pas arrangé.
Il faudra te recycler, mon vieux.
Alors, si c'est réglé, amène-toi, Artie. Il va acheter des billets pour le
roller.
Et grouille-toi un peu, tu roupilles ou quoi ? Est-ce que tu peux être feignant
quand tu t'y mets ? Allons, amène-toi !
Tu vas la boucler, oui.
Monsieur le délégué au maintien de l'ordre, qu'est-ce que vous comptez
faire de concret pour mettre un terme à cette vague de crimes qui déferle sur
Bel-Air ? Eh bien, j'ai décidé de doubler les crédits affectés aux
voitures de police et d'y adjoindre une patrouille de surveillance en
hélicoptère. J'ai même projeté d'en faire partie la nuit prochaine pour
superviser les opérations.
Soyez assurés que nous prendrons cet homme un jour ou l'autre, où qu'il soit.
Et quel qu'il soit, il ne saurait échapper aux recherches de la police
indéfiniment.
Il a hier soir commis sa première erreur. Ma femme et moi étions dans
notre chambre quand par la fenêtre nous l'avons vu prendre la fuite en courant.
Et il fera d'autres fautes qui le feront prendre et quand nous le tiendrons, il
sera jugé pour meurtre et nous veillerons à ce qu'il soit condamné.
Je vous remercie mesdames et messieurs. Monsieur le délégué, votre femme
pourrait-elle identifier l'homme au même titre que vous ? Monsieur le délégué, s
'il vous plaît.
Madame ! J'ai peur.
Excusez.
Qu'est-ce qu'il y a ? J'ai fait un accroc avec le cactus.
Je suis désolé.
Ça ne m'étonne pas de moi. Non, c'est ma faute, madame. Je vous ai fait peur et
encore toutes mes excuses.
Je crois que nous nous connaissons.
Oui, madame, nous nous connaissons.
J'avais peur que vous ne vous rappeliez pas, c'était au banquet de la police l
'année dernière, au Grand Hôtel, et j'avais un peu bu. Lieutenant Colombo.
Oh, n'est-ce pas une chose affreuse ? Janice Caldwell avait tant à donner d
'elle-même.
Je suis sûre qu'elle voulait encore... Eh bien, justement, madame, c'est à ce
sujet-là que je voulais vous parler.
Vous, qui étiez une de ses proches.
J'ai entendu dire par plusieurs personnes que son mari et elle avaient,
comme on dit, des petits problèmes de ménage.
Autrement dit, elle avait des amants, c'est bien ça, lieutenant ? Oui, madame.
De toute façon, ça ne changeait pas grand-chose. Non, sûrement pas, mais si
vous me donniez quelques noms, ça m'arrangerait bien. Je suis désolée,
mais elle me tenait à l'écart de ce genre d'affaires.
Une fois, il y a un an, j'ai essayé d'en discuter avec elle, mais elle s'est mise
sur la défensive, et avec une violence.
Donc, elle avait des amants ? Oui.
Des hommes jeunes, je présume.
Mais j'ignore leur nom.
Merci, madame.
Excusez le dérangement.
Oh, j'allais oublier.
Une dernière question.
Hier soir, le cambrioleur dont votre mari nous a donné le signalement, vous l
'avez vu sortir en courant de chez les Caldwell.
Oui, de la fenêtre de notre chambre. Ce qui veut dire que vous étiez aussi dans
votre chambre. Je voudrais comparer votre description à celle de votre mari.
Oh, je ne l'ai pas vu.
Non, le temps que j'arrive sur la terrasse, il avait disparu.
Vous n'étiez pas à la fenêtre ? Non.
Où étiez-vous ? Eh bien, j'étais couchée et je suis allée à la fenêtre.
Oh.
Merci, madame.
Pendant que j'y suis, madame Alperine, la maison de Caldwell, c'est en face, n
'est-ce pas ? De l'autre côté de la rue, oui. Le numéro 1276... Oui, je connais,
j'y suis allé ce matin, mais j'essaie seulement de visualiser votre voisinage.
Voilà, c'est fait. Merci.
Excusez-moi, monsieur. Un inspecteur de police veut vous voir.
Celui qui est déjà venu ce matin, quand vous étiez sorti.
Oui.
Faites-le entrer, s'il vous plaît. Excusez-moi de venir vous importuner en
un moment pareil, monsieur. Lieutenant Colombo. Oui, je vous attendais.
Ma domestique m'a fait part de votre visite.
J'avais dû m'absenter pour prendre mes dispositions. Oui, oui, je comprends. Je
suis désolé.
Voulez-vous une tasse de café, lieutenant ? Oh, non.
J'ai probablement bu trop de café aujourd'hui, mais...
Je n'ai pas dormi de la nuit.
Il n'y a pas que vous.
Est-ce que... Est-ce que quelque chose ne va pas, lieutenant ? Ah, pas du tout,
pas du tout.
Quelques petits détails éclairciants pour ma satisfaction personnelle.
Votre satisfaction personnelle ? Sur la façon dont votre femme a été assassinée,
ça n'est peut-être pas très important, mais sait-on jamais. J'ai questionné
votre bonne madame... Fernandez.
Elle est très gentille.
Elle est restée hier, ce qu'elle m'a dit, plus longtemps que les autres jours
de la semaine pour faire le ménage en grand, sans doute.
Ça, je n'en sais rien. Votre femme a passé sa journée dans les magasins et
Mme Fernandez a quitté son travail. On a un peu plus de huit heures, lieutenant.
Ma femme et moi sommes rentrés peu avant son départ.
Votre femme est restée en bas ? Oui, dans la salle de séjour pour boire
quelque chose.
Mme Fernandez dit qu'elle portait une robe rouge.
Oui, je crois, en effet.
Oui, je vois.
Et vous êtes ressorti à neuf heures ?
Oui.
Est-ce que votre femme portait encore sa robe rouge ? Oui, lieutenant.
On a pris un verre ou deux et je suis sorti.
Elle n'a dû se déshabiller pour se coucher que lorsque j'ai téléphoné vers
10h30.
Dans votre club ? Vous étiez encore au bar quand la police vous a retrouvé ? C
'est exact, lieutenant.
Elle est montée mettre une chemise de nuit, aura entendu un bruit, elle sera
redescendue et là aura surpris le cambrioleur en train d'opérer.
Je ne sais pas, il me semble que les faits parlent d'eux-mêmes.
C'est étrange.
Il y a un petit détail qui me paraît étrange.
Quel détail, lieutenant ? Madame Fernandez a fait le grand
ménage.
Là, tout ciré, tout brossé, tout nettoyé, y compris votre chambre.
Et les spécialistes des empreintes ont regardé la poignée de la porte de la
penderie.
Les empreintes de votre femme n'y étaient pas.
Comment a-t-elle fait pour ouvrir la porte de la penderie, pour en retirer sa
chemise de nuit, sans laisser ses empreintes ? C'est très simple,
lieutenant.
C'est que ma femme avait l'habitude de rouler sa chemise de nuit tous les
matins et de la mettre sous son oreiller.
Elle n'avait pas de raison d'ouvrir la penderie.
Oui, oui, je vois.
Ça peut s'expliquer. Ça colle assez bien.
Merci, monsieur.
À votre disposition, lieutenant.
Eh, monsieur ! Monsieur ! Eh, s'il
vous plaît !
Qu'est-ce qu'il y a ? Vous n'auriez pas un fil volant pour batterie ? Ah non,
désolé.
Il y a une station service un peu plus loin là-bas.
Vous pourriez m'y conduire ? Bon, montez. Merci.
Colombo ? Excusez, monsieur le délégué, je ne voulais pas forcer votre porte.
J'ai cherché votre secrétaire, elle doit être en train de se refaire une beauté
parce que je... Est-ce que je peux... Monsieur,
j'aurais pu arriver plus tôt, mais ma voiture est retombée en panne. Pas moyen
de mettre en route, mais cette fois, c'est pas la batterie... Veuillez m
'excuser, lieutenant, mais j'ai beaucoup à faire.
L'enquête a fait des progrès, monsieur, et je... Avez-vous fait un rapport ?
Pas encore, monsieur. Eh bien, faites votre rapport et je le lirai.
Il faut que je rentre dîner chez moi.
Je dois accompagner la patrouille et l'y porter.
Oui, je comprends, monsieur, mais je ne serai pas long.
Je sais que vous êtes pressé. Mais justement, pour pouvoir faire mon
rapport, j'aurais voulu seulement recouper le signalement du cambrioleur
que vous avez... Le signalement, c'est beaucoup dire. En fait, je l'ai à peine
vu.
Voyons.
Vous avez parlé de sweater couleur foncée. C'est exact.
Pantalon couleur foncée.
Une sorte de couvre-chef. Oui, de couleur sombre.
De couleur sombre.
Sombre.
C'est ça, couleur sombre et foncée.
Il faisait nuit, lieutenant.
Et l'homme était loin de moi.
Eh oui.
Bien sûr, bien sûr.
C'est ce que votre femme m'a dit.
Vous avez...
Parlez à ma femme, lieutenant.
Je vous croyais déjà parti.
Qu'est-ce que vous dites ? Vous avez parlé à ma femme ? Oui, j'aurais pas dû.
Est-ce que vous allez croire là ? Voyez-vous, à la suite de ce que vous
avez déclaré à la conférence de presse, j'ai cru qu'elle avait vu elle aussi le
cambrioleur sortir de chez les Caldwell.
C'est ridicule.
L'homme était loin et le temps qu'elle se lève... Bien sûr, je sais, c'est d
'ailleurs ce qu'elle m'a dit elle aussi.
Mais en vous écoutant, j'ai eu l'impression qu'elle... Écoutez,
lieutenant, je vous laisse, monsieur.
Il faut que je m'en aille, ma voiture m'attend. J'aurais encore une ou deux
petites choses... Appelez ma secrétaire à la première heure et demandez-lui un
rendez-vous.
Oh, Marc, tu m'as fait peur.
Mais pourquoi rentres-tu si tôt ? Je voulais simplement dîner de bonheur.
En attendant, laisse-moi, veux-tu ? Je n'aime pas qu'on me regarde quand je
suis dans mon bain.
Alors, Margaret, trêve de pruderie.
Ces bulles qui t'entourent te font comme une armure.
Je t'en prie, Marc, j'en ai pour une minute.
N'étais-je pas dit l'autre soir, ma chérie, que notre mariage était une joie
de tous les instants pour moi ?
Te l'ai-je dit ? Ah non, je ne crois pas, non.
Eh bien, je l'ai seulement pensé.
La première chose qui m'a attiré chez toi, ma chère Margaret, ce fut ta
générosité, cet altruisme qui est chez toi comme une seconde nature et qui, il
faut l'avouer, altère bien souvent ton bon sens, je te l'ai souvent dit. Qu'est
-ce que tu vas chercher ? Mais je fais allusion à ces millions de dollars qui
constituent ta fortune personnelle.
Et que tu distribues sans compter à ceux qui viennent pleurer à ta porte.
Mais c'est mon argent, mon héritage.
Erreur, chérie.
Mon héritage.
Merci d'être venu, Marc.
Où est Margaret ? À la maison.
Un cercueil fermé, Hugues.
J'avais peur de revoir son visage.
Marc, je ne sais quoi vous dire.
Si vous n'aviez pas été là hier soir... Vous auriez été arrêté pour le meurtre
de Jeannison.
J'espère qu'un jour, je vous le refouterai. Mais vous le pourrez.
Cette nuit même.
Si ces messieurs veulent bien présenter leur respect à la chère disparue, nous
fermons le parloir à 8h30.
J'ai laissé Margaret à la maison.
Et tendue sur le dallage devant la porte d'entrée.
Elle est morte.
Elle est morte, mais moins fort.
De quoi ? Noyée dans sa baignoire.
Mais il ne faut pas que la police le sache.
Il faudra qu'elle continue de soupçonner le cambrioleur qui a déjà croit-elle
étranglé Janis hier soir.
Je ne vais pas y être mêlé, Marc. Vous y êtes mêlé quoi que vous fassiez.
Je vous renvoie la balle.
Vous tuez votre femme, j'assure votre protection. Si vous n'assurez pas la
mienne, je veillerai à ce que vous finissiez vos jours en prison. Est-ce
que c'est clair ?
Oui, parfaitement clair.
Très bien.
J'ai laissé des vêtements derrière un pilier, près de la porte d'entrée.
Voici quelles sont mes instructions.
Ici hélicoptère 1.
Hélicoptère 1, patrouille 7, m'entendez-vous ? Ici patrouille 7, je
vous reçois.
Et je vous vois hélicoptère 1.
Nous nous dirigeons à l'est.
Bien reçu.
Il a encore trop de tout pour un cambriolage, vous ne croyez pas ? On ne
sait jamais, Peter.
Quand une maison est vide, l'or compte pour peu de choses.
Oui, seulement hier soir, elle n'était pas vide.
C'est bizarre.
Oh non.
C'est ma maison là-dessous.
J'ai cru voir une silhouette tourner autour de la voiture de ma femme.
Elle a disparu. Faites demi-tour, voulez-vous ? Bien, monsieur.
C'est Marc. Arrête.
Approchez-vous de la piscine. Je vais essayer de l'attraper.
Qu'est-ce que vous attendez ? Appuyez l'ambulance ! Elle est
morte, monsieur.
Comment morte ? Qu'est-ce que vous en savez ? Appuyez l'ambulance !
Le délégué a pris la chose ? Il est dans la cuisine en train de passer des
vêtements secs. Mais il réagit assez bien.
Le cambrioleur.
Je trouve ça assez bizarre quand même. Quoi ?
Eh bien, on n'a trouvé nulle part la moindre trace d'effraction.
D'après ce qu'on a pu reconstituer, il l'attendait derrière la maison, près de
la voiture.
Excusez-moi, voulez-vous ?
Continuez
les recherches, il ne doit pas être loin.
Il a sûrement dû s'enfuir à pied.
Qu'est-ce qui s'est passé, docteur ?
Ça se devine, non ? Elle est morte noyée.
Dans la piscine ? L'homme l'a jetée dans la piscine ? J'en ai l'impression, ça y
paraît.
Elle pouvait regagner le bord.
Elle n'a peut-être pas pu.
Je veux dire, elle est peut-être déjà évanouie.
Est-ce que l'homme l'a frappée ? Est-ce qu'il y a des traces de lutte ? Oui,
elle s'est sûrement défendue, sa robe a un accro à la manche. Non, il a venu
voir. Oui, oui, je viens.
Non, non, elle l'a déchirée tantôt.
J'ai surpris cet homme devant la grille. Je venais voir Mme Alperine.
Vous vouliez la voir, pourquoi ? Elle devait assister à notre réunion ce soir,
pour recevoir une distinction, mais à voir ce qui se passe ici, j'ai mon temps
rentré. Vous parliez d'une réunion où il était question de récompense ? Oui, à
Holcomb House. On devait dîner à 8h et elle devait prendre la parole et
recevoir un souvenir.
J'ai essayé de l'appeler au téléphone, mais ça ne sonnait pas libre, alors je
suis venu.
Elle devait dîner avec vous à 8h et prendre la parole.
C'est là qu'elle devait se rendre quand l'homme l'a surprise.
Où étiez-vous à 7h30 ? J'étais sur place, sergent.
N'ayez pas l'air de vous payer ma tête.
Vous pouvez le prouver ? Le prouver ? Ah oui, je peux le prouver.
Je l'espère pour vous.
Ça va, sergent. Prenez son nom, son adresse et laissez-le partir.
Ce n'est pas le moment de venir m'ennuyer avec ces histoires de manque d
'effectifs. On a tué ma femme.
Et je veux qu'on arrête le mortrier.
Alors mettez trois voitures de plus à ma disposition.
Vous aurez de mes nouvelles demain matin.
Excusez-moi, monsieur le délégué. Je voulais vous dire combien je suis
désolé. Si je peux faire quelque chose... Non, non, merci.
Marc,
il faut prendre vos comprimés. Quoi ? Les comprimés que je vous ai donnés tout
à l'heure. Mais oui, je les prendrai, ne craignez rien.
Non, vraiment.
Ça, ça me dépasse et il y a de quoi.
Cet homme-là ne doit plus avoir son bon sens.
Enfin, je veux dire, pour oser revenir dans le quartier... Après tout ce que
vous avez dit publiquement à la conférence de presse sur le renforcement
des patrouilles... Et ce sont ces déclarations publiques qui l'ont tué.
C'est de ma faute.
Je ne vous suis pas... Vous-même me l'avez reproché tantôt.
Stupide et criminelle erreur que j'ai commise ce matin.
En disant que Margaret était avec moi quand j'ai vu l'homme sortir de chez les
Caldwell en face.
Il a dû se dire qu'elle pouvait l'identifier.
S'il est revenu, ce n'était pas dans l'intention de cambrioler, mais de la
réduire au silence.
Eh oui, hélas, ce n'est pas impossible.
Le plus tragique, c'est qu'elle ne l'a pas vue.
Elle n'aurait pas pu l'identifier.
Alors, vous n'avez pas de reproches à vous faire, monsieur.
Non.
Il l'a jetée dans la piscine.
Elle est morte avant que je puisse la repêcher.
Il l'a jeté dans la piscine ? En êtes-vous bien sûr, monsieur ? Oui, j'en
suis sûr. J'en ai été le témoin oculaire. J'étais avec Peter dans l
'hélicoptère et nous avons tout vu.
Vous aviez les phares ? J
'avais... J'avais cru apercevoir quelque chose.
Sans doute une sorte d'intuition, je suppose.
Je lui ai demandé de faire demi-tour.
Au-dessus de l'endroit où la voiture était carrée.
J'ai braqué les phares et je l'ai vu.
Le même homme portant Margaret dans ses bras.
Êtes-vous sûr que c'était bien le même ? Enfin, je le suppose.
Il était habillé de la même façon.
Oui, je vois.
Est-ce que ça vous arrive souvent ? Quoi ? Les intuitions.
Qu'est-ce que vous voulez dire ? Vous avez eu une intuition hier soir.
Je ne comprends pas comment ça ailleurs soit. Vous avez demandé que je me rende
au domicile des Caldwell.
Oui. C'est même la première chose que vous avez faite en nous appelant.
C'est exact.
Ce qui m'étonne, c'est que le cambrioleur n'avait jusqu'à présent
jamais commis de meurtre.
Et vous, comme ça, à première vue, vous convoquez quelqu'un de la brigade
criminelle. Je me demande bien comment vous avez deviné que Janice Caldwell
était morte.
Ça, je l'ignore.
J'ai dû le comprendre d'instinct.
Ah oui,
j'ai bien eu une intuition.
J'ai senti quelque chose d'anormal.
La lumière qui était allumée, un homme qui sortait en courant de la maison et
le fait que Janice était seule chez elle.
Enfin, vous êtes policier, c'est inutile de vous expliquer. Oui, bien sûr, je
comprends ce que vous avez ressenti.
Ça m'est arrivé souvent, on sait que quelque chose va pas et on sait pas quoi
au juste.
Eh bien, eh bien, je vais aller maintenant jeter un coup d'œil un peu
partout. Le meurtrier a peut-être laissé des traces.
Lieutenant.
Qu'est-ce que vous faites, lieutenant ? Vous le croyez caché dans la baignoire ?
Je cherche.
Et qu'est-ce que vous avez trouvé ? Qu'elle est sèche et propre.
Propre et sèche.
Je vais vous poser une question.
Qu'est-ce que vous pensez de ce gaillard ? Je veux dire que pour moi, un montant
l'air, c'est comme un chat de gouttière.
Ça ne sort que la nuit et quand ça entend du bruit, ça file.
Alors, vous n'avez pas lu Le Choc du Futur ? Le monde vit dans le provisoire
et l'éphémère, mon vieux. Les traditions se perdent.
Oui, oui.
Oui, alors ça je dis pas, mais... Mais pourtant... Savez-vous ce qui me
tracasse ? Au sujet du meurtre d'hier soir. Celui de Mme Caldwell ? Oui.
J'ai... J'ai examiné le corps.
Et j'ai vu qu'elle avait encore au doigt le plus gros diamant que j'ai jamais
contemplé.
Alors je me suis fait la réflexion suivante.
Voilà un cambrioleur qui tue pour voler et qui laisse une pièce pareille au
doigt de la victime.
C'est donc ça qui vous tracasse ? Pour qui nous prenez-vous ? Nous aussi on s
'est posé la question.
Elle était fausse.
La bague était fausse ? Du verre taillé.
Même pas un zircon.
Un professionnel l'aurait repéré d'un coup d'œil, et ce gaillard-là en est un
vrai.
Excusez-moi un moment.
Ah oui, bien sûr, ça explique tout, ça.
C'est complètement idiot, ça.
Je me suis mis la cervelle en compote à essayer de comprendre le sujet de la
bague, et vous aviez déjà la réponse.
Du toc.
Une bague en toc.
Alors, docteur, je vais vous demander un petit service. Quand vous ferez l
'autopsie, vous regarderez quelque chose pour moi.
Cette femme s'est apparemment noyée dans sa propre piscine. Alors, quand vous en
serez au poumon, vous chercherez s'il n'y a pas de traces de chlore.
Il n'y en aura pas.
Le chlore se dissipe presque immédiatement dans le corps humain. D
'ailleurs, sa présence serait masquée par les effets de l'œdème pulmonaire.
Donc, ça signifie qu'on ne peut pas dire si cette femme s'est noyée ailleurs.
Dans sa baignoire, par exemple.
Ah, si, à condition qu'elle ait été pleine de whisky.
Vérifiez quand même, vous voulez ? Ça fait partie du travail.
Oui ? Le lieutenant Colombo voudrait vous voir.
Faites entrer, je vous prie.
Je ne vous dérange pas, monsieur.
Pas du tout une entrée.
Bien sûr, ça ne me regarde pas. Et arrêtez-moi si je suis indiscret, mais
tout le monde s'étonne un peu de vous voir au travail aujourd'hui.
Alors que...
C'est pour deux raisons, lieutenant.
Ça m'occupe l'esprit et j'ai beaucoup à faire.
Voyons, j'ai là le rapport du lieutenant Duffy.
Il n'y a pas le moindre doute, il s'agit bien du cambrioleur du quartier de Bel
-Air. Dommage qu'il ait réussi à s'enfuir sans laisser de traces.
Et à propos du rapport, je... Oui, c'est de ça que je venais vous parler. Et je
peux dire que ça avance, seulement... C'est pas du côté du cambrioleur qu'il
faut chercher.
Quoi ? Non, monsieur.
Il faut chercher du côté de quelqu'un qui veut faire croire qu'il y a eu
cambriolage.
Enfin, mais qu'est-ce qui vous prend, Colombo ? Lisez le rapport du lieutenant
Duffy. Il conclut très clairement qu'il s'agit bel et bien du même homme. Ah,
mais je ne veux pas mettre en doute son rapport.
Seulement, il y a des petites choses qui me troublent.
Quoi, par exemple ? Eh bien, les empreintes, pour commencer.
Les empreintes, les empreintes, mais il n'a pas laissé d'empreintes. Tu sais
bien ce que je voulais dire.
On sait que M.
Caldwell est parti de chez lui à 9h.
Il a appelé sa femme à 10h30 depuis le bar du club.
Et voilà justement ce qui me tracasse.
Si Mme Caldwell a répondu à son mari au téléphone, comment se fait-il qu'il n'y
ait pas eu ses empreintes dessus ? C'est curieux quand même, ça, non ?
La bonne a passé la journée à faire le ménage en grand, y compris les
téléphones.
Et l'appareil de la chambre à coucher est parfaitement net.
Celui d'en bas avait les empreintes de M.
Caldwell, mais il ne porte pas celles de Mme Caldwell.
Et qu'est-ce que vous en concluez ? Que Caldwell n'a pas téléphoné à sa femme ?
Il ne vous est pas venu à l'esprit que le cambrioleur a pu se servir du
téléphone et l'avoir ensuite essuyé ? Qu'il l'aurait essuyé pour ne pas y
laisser d'empreintes ?
Oui.
Non, monsieur.
Pourquoi non ? Parce que le cambrioleur avait sûrement des gants.
Et n'a laissé aucune empreinte. Nous avons cherché partout.
Mais il y a encore autre chose qui me tracasse.
Ça vous dérange pas que je fume ? Non.
Excusez.
Oui, ça n'est pas tout.
À la façon dont le corps était vêtu d'une chemise de nuit quand on l'a
trouvé, il y avait du louche là-dessous.
C'est le meurtrier qui a fait cette mise en scène.
Est-ce un fait établi ou est-ce l'une de vos spéculations gratuites ? Eh bien,
voyez-vous, elle avait une chemise de nuit bleu pâle qui sortait de la
pendrie. Mais, chose curieuse, il n'y avait pas d'empreinte digitale sur la
poignée de la porte.
Je ne vois toujours pas où vous voulez en venir.
Voulez-vous insinuer que Caldwell a tué sa femme et monté cette mise en scène ?
Non, je ne dis pas ça. Pas du tout, non.
Non.
Non, parce que Madame Caldwell avait pris l'habitude de replier sa chemise de
nuit et de la mettre sous l'oreiller tous les matins.
J'ai vu ranger sous l'oreiller une chemise de nuit rose.
Ce qui veut dire bien sûr que Madame Caldwell n'aurait pas mis la chemise
bleu pâle.
Et il en ressort également que... Monsieur Caldwell, connaissant
parfaitement cette petite manie, n'aurait pas commis une erreur pareille.
Il aurait pris la chemise qui était sous l'oreiller.
Conclusion ? Il faut diriger les recherches ailleurs.
Il faut rechercher une personne que... Une personne qui voulait mettre le
meurtre sur le dos d'un voleur.
Et qui cela pourrait-il être ? Voyez-vous...
Je voudrais pas dire du mal de la victime, mais...
Hier, votre femme m'a affirmé que Mme Caldwell avait des amants.
Et vous croyez que c'est l'un d'eux ? En tout cas, c'est une hypothèse plausible.
Oui, écoutez, lieutenant, non seulement vous perdez votre temps, mais je perds
aussi le mien, et le coupable court toujours.
Alors, trêve de suppositions.
Allons, colons.
Efforcez-vous de comprendre que personne, personne ne souhaite plus que
moi que le meurtrier soit pris.
Et aujourd'hui, plus qu'hier.
Nous cherchons un cambrioleur.
Un homme qui a tué une femme par surprise et une autre pour supprimer un
témoin. C'est seulement sur ces bases qu'il faut diriger les recherches, est
-ce clair ? Vous croyez que je fais fausse route ? L'erreur est
humaine, l'obstination seule est coupable.
Retrouvez-moi ce cambrioleur.
C'est lui l'assassin.
Excusez, monsieur Wexler.
Il est occupé là-derrière avec un client.
Oh, merci.
La fumée ne vous dérange pas ? Non.
Vous désirez, monsieur ? Rien, je vous remercie. J'attends seulement monsieur
Wexler.
Monsieur Wexler est occupé avec un client pour le moment. Si je peux faire
quelque chose pour vous ? Non, merci.
Excusez-moi, mademoiselle, est-ce que vous vendez des bracelets-montres ? Mais
bien sûr.
Le mien s'est cassé il y a 15 jours et je l'ai gardé sur moi. C'est une bonne
montre et elle n'a que 5 ans d'âge. Une montre étanche, anti-choc et tout. Je
voudrais quelque chose de pareil.
Oh, c'est une 7 rubis.
Nous en avons un très grand choix, à partir de 25 dollars.
Je ne veux pas de montre, que le bracelet.
Oh, mais je vous ai donné le prix de nos bracelets.
Bien sûr.
Alors j'attendrai encore un peu. Merci mademoiselle.
Oh, euh... M.
Wexler a fini. Vous pouvez entrer, monsieur.
Merci.
M. Wexler ? M. Wexler, oui.
Lieutenant Colombo, vous avez un moment ? C'est au sujet de Mme Caldwell. Je
crois savoir qu'elle était cliente chez vous. Mme Caldwell était une excellente
cliente, en effet. C'est ce que j'ai cru comprendre à la lecture de ses papiers
personnels. Beaucoup de factures, de bijoux qui proviennent de chez vous.
La plupart ne datent pas d'hier.
La plus récente facture que j'ai trouvée est datée et remonte à septembre. C'est
très facile à vérifier.
Et... Et pourtant, elle est venue à plusieurs reprises vous rendre visite.
Je veux dire, sans rien vous acheter, ça va de soi.
Oui, j'en ai parlé à plusieurs personnes.
Des amis, sa domestique... Lieutenant, si vous en veniez aux fêtes... Est-ce
que je peux m'asseoir ? Mais bien sûr.
Le fait, le voici.
Et alors ? C'est du verre. Ça se voit à l'œil nu.
Voici une expertise mentionnant une estimation de 10 000 dollars pour une
pierre de 3,5 carats et un diamant en forme brillante montée sur bague à 4
griffes de platine.
Cette expertise se rapporte à cette bague.
Allons, je n'aurais jamais vendu à Mme Caldwell un morceau de verre à ce prix
-là. Mais elle a été faite ici.
Oui, c'est exact.
Je me suis arrangé avec un confrère pour faire une copie pour Mme Caldwell, afin
que son mari ignore qu'elle m'avait revendu l'original peu de temps après.
Ce qui veut dire par conséquent qu'elle vous en avait revendu d'autres.
Elle avait de gros besoins, son mari lui avait coupé les vivres.
Donc, ce qui était dans le coffret était des copies ? Oui, presque tous.
Et qu'est-ce qu'elle faisait de cet argent ? Vous me gênez, lieutenant.
Oui, enfin, j'ai entendu dire qu'elle avait des amants.
Madame Colwell était encore très brillante, très séduisante pour une
femme de près de 40 ans. Mais il voulait se faire croire qu'elle vieillissait
moins vite que les autres et même qu'elle rajeunissait. Et choisissait ses
partenaires de plus en plus jeunes et plus exigeants.
C'est une pièce de musée.
On n'en trouve pas tous les jours de ce modèle.
Surtout en aussi bon état. C'est parce que j'en prends soin. Je cherche un
monsieur Choup.
C'est moi, monsieur.
Charlie Choup. Moi, je m'appelle Columbo.
Elle a combien de kilomètres, monsieur Columbo ? 60 000 ? 80 000 ? Elle doit en
avoir au moins 250.
250 000 ? J'ai du mal à le croire.
Bon, écoutez, je me moque de ce qui est marqué au compteur et je vous fais une
offre que j'en suis sûr vous n'oserez pas refuser.
Police ? Je ne suis qu'employé ici.
Les voitures qu'on vend ou qu'on achète, ça n'est pas mon affaire.
S'il y a un os, voyez le patron, lieutenant.
Jolie, votre montre.
Merci.
Mais je suis venu vous parler de Janice Caldwell.
C'est elle qui vous l'a offerte.
Janice Caldwell n'était qu'une amie, lieutenant.
Où est-ce que vous étiez mardi soir, monsieur le choup, entre 9h et minuit ?
La nuit où elle a été tuée.
C'est ça, oui.
Je suis resté jusqu'à 9h30, c'est l'heure où l'on ferme.
Janice devait passer me prendre en voiture, et ne la voyant pas venir, j'ai
donné un coup de fil, mais il n'y avait personne.
J'ai encore attendu, j'ai cru qu'elle m'avait posé un lapin.
Elle n'avait pas eu de réponse ? Non, lieutenant. Vers quelle heure ? Un peu
plus de 9h30.
Continuez. Je vous l'ai dit, j'ai cru à un lapin, alors j'ai invité l'employé
qui travaille ici.
On est allé boire un verre et ensuite je l'ai emmené chez moi. Elle confirmerait,
vous dire ? Elle est ici, demandez-lui.
Elle s'appelle Shirley.
Je pense que ce ne sera pas nécessaire, je vous remercie pour les
renseignements.
Lieutenant, je vous en donne 80 dollars, cash.
Excusez-moi, monsieur le délégué, de venir vous déranger à une heure aussi
tardive. Ça ne me fait rien. Entrez, lieutenant.
Merci, monsieur.
Je m'étais juré de terminer mon rapport pour six heures, mais j'ai encore eu un
pépin. Ma voiture est retombée en panne et j'ai dû en emprunter une.
C'est bien ? Eh bien, quoi ? Où en est-il, ce rapport ? C'est tout le
problème. Je me suis installé devant ma machine et rien n'est venu. Absolument
rien. Écoutez, Colombo, je suis un peu fatigué.
Si vous êtes venu ici me bombarder avec vos hypothèses... Monsieur le délégué, s
'il vous plaît, vous savez bien une minute.
Vous êtes un homme d'expérience et vous connaissiez personnellement Mme
Caldwell. Elle était votre voisine et je me suis dit que vous pourriez m'aider à
éclaircir un détail qui me tracasse. Si vous voulez bien me consacrer un moment.
C'est bon, c'est bon, rentrez. Merci, monsieur.
Vous voulez un cognac ? Oh non, non, je vous remercie, je veux garder toute ma
tête.
C'est bien assez compliqué.
Bon, alors voilà.
Janice Caldwell est morte entre 10h30 et 11h.
Quelques temps après que son mari lui ait parlé au téléphone et quelques temps
avant que vous ayez vu l'homme qui s'enfuyait de la maison.
Vous êtes d'accord ? Tout à fait, oui.
C'est pourquoi je n'ai pas fait de rapport.
Pourquoi ? Quelque chose ne colle pas sur l'heure de la mort.
Mais qu'est-ce que ça veut dire, Colombo ? Janice Caldwell avait un petit ami.
Qu'elle devait retrouver à 9h30, une bonne heure avant l'heure supposée de sa
mort. Elle ne s'y est pas rendue.
Ça ne m'étonne pas du tout de sa part.
Oui, mais le garçon l'a appelé au téléphone à 9h30. Il a insisté et
personne ne lui a répondu. Alors je me suis posé la question, pourquoi n'a-t
-elle pas répondu ? Alors j'ai écrit ceci.
Parce qu'elle était peut-être morte.
Vous me suivez ?
Ou bien parce qu'elle ne voulait pas lui répondre pour une raison que j'ignore.
Mais elle a décroché un peu plus tard quand son mari l'a appelé. Il y a
contradiction. Si elle n'a pas voulu répondre à son amant à 9h30, pourquoi a
-t-elle répondu un peu plus tard à un autre appel ? Mais est-ce qu'elle a bien
répondu elle-même à 10h30 ? Puisque ses empreintes n'étaient pas sur le
téléphone.
Vous voyez qu'il y a de quoi perdre son latin.
Et c'est pourquoi j'en reviens chaque fois à ceci.
Parce qu'elle était peut-être morte.
Et si elle était déjà morte, ça expliquerait tout.
Ça expliquerait pourquoi elle n'est pas allée rejoindre son amant, pourquoi elle
ne lui a pas répondu au téléphone, et cela expliquerait pourquoi il n'y avait
pas ses empreintes sur le téléphone.
Parce que si elle était morte, ça signifie que le coup de fil du mari n
'était qu'une mise en scène.
Je vous ai posé très précisément la question tantôt, à savoir si vous
soupçonniez Caldwell d'avoir tué sa femme, et vous avez répondu non, et pour
une bonne raison.
Parce qu'il savait que la chemise de nuit était sous l'oreiller.
Oui, je l'ai dit, c'est d'accord, mais par suite de ces nouveaux
développements, il m'est apparu qu'il a pu bénéficier d'une complicité.
Écoutez, il pourrait très bien avoir engagé quelqu'un pour sortir en courant
de la maison dans le but de faire croire au cambriolage et se fournir un alibi.
Non, vous êtes incorrigible. Je parie que vous allez me demander de croire
aussi que ce complice fantôme qui jusque-là n'avait tué personne, vous l
'admettiez, est revenu la nuit suivante tuer ma femme. Oui ou non ? C'est bien
cela, n'est-ce pas ? Ben... Non, non.
Non, Colombo, je vous l'assure, j'admire vraiment votre enthousiasme. Il en
faudrait 20 comme vous dans la police. Mais votre hypothèse est erronée.
Vous croyez, monsieur ? Ce que nous cherchons, c'est un meurtrier.
Un cambrioleur qui a paniqué et qui a tué deux femmes.
C'est cette hypothèse que nous adopterons. Est-ce bien clair ? Et c'est
un ordre.
Bien, monsieur.
Parfait.
Demain matin, je veux que vous vous mettiez en rapport avec le lieutenant
Duffy de la voie publique et vous travaillerez ensemble.
Et dans une semaine, nous tiendrons notre homme. Je peux vous l'assurer.
Un cambrioleur ? Justement, à ce sujet, j'ai... J'ai parlé à monsieur Vexclay
aujourd'hui et...
Vous êtes fatigué. Ce n'est pas très important.
Bonne nuit, monsieur.
Bonne nuit.
184, je vous écoute.
Lieutenant, un message pour vous du médecin régiste.
Ah, vous pouvez me le passer ? Ne quittez pas.
Parlez.
Docteur, quelque chose pour moi ? Oui, Colombo, des mauvaises nouvelles.
J'ai examiné les poumons de Mme Helperin pour le chlore.
Et alors ? Comme je le craignais, par la moindre trace.
Et alors ? Mais j'ai trouvé trace d'autre chose, alcool
glycérinétrihydrique et de l'acide palmitique.
Qu'est-ce que c'est que ça ? Savon, lieutenant.
Tout simplement du savon.
Retrouvez-moi le nommé Franky Vell. D'accord. Et dites à ce libéré sur
parole que je veux le voir bientôt.
Lieutenant Duffy.
Oh, Columbo.
J'ai quelques petits problèmes.
Je m'en doutais un peu.
Voilà, j'ai parlé hier soir au délégué Alperin. Il m'a dit de me mettre en
rapport avec vous et qu'on pourrait collaborer.
Il n'est jamais trop tard pour bien faire, lieutenant.
Venez dans mon bureau.
Je me suis dit que vous pourriez peut-être me refiler un puyot ou deux.
Enfin, je veux dire quelques noms de suspects.
Faites votre choix.
Mais je vous préviens, votre bonhomme n'est pas là-dedans.
Vous êtes sûr ?
Allons, mon vieux, ces gaillards-là sont de vieilles connaissances, incapables de
faire le moindre mal à une mouche.
Mais celui que nous cherchons doit être un jeune, inexpérimenté et violent.
Je vais vous poser une question.
Laissons de côté les deux meurtres.
Si on ne tenait compte que des trois premiers cambriolages, et qu'on ait le
choix, sur lequel est-ce que vous miseriez ? C'est facile, sur celui du
dessus, Artie Chessop.
C'est toujours par lui que je commence.
Quand il est en liberté, bien sûr. Ce qui arrive rarement.
Jetez un coup d'œil au dossier. Il a été condamné pour la première fois à l'âge
de 20 ans. Ce qui lui fait 30 ans d'ancienneté comme pensionnaire de l
'État. À part quelques semaines de congé de temps en temps.
Et je suis persuadé que ce brave Artie préfère vivre en prison qu'en liberté.
La vie civile le rend énervé. Et pour la façon d'opérer ? Ça pourrait être n
'importe qui, y compris Artie.
On l'a passé à la moulinette, mais on a dû le relâcher.
Pourquoi ?
Allons, mon vieux, vous voulez que je fasse abstraction des meurtres ? Artie a
un alibi pour les deux soirées.
Monsieur Jessop.
On s'est déjà vu ? Je suis passé chez vous et votre femme m'a dit que je vous
trouverais là.
Ma femme ? Ma femme. Vous avez du scotch ? Oui, monsieur.
Vous aimez le scotch ? Si vous le payez.
Donnez-lui un scotch.
Vous pourriez me rendre un service ?
Combien est-ce que vous me donneriez pour ça ?
Vous
l'avez trouvé où, dans une pochette surprise ? C'est pas un vrai ? Vous vous
foutez de moi ou quoi ?
Un flic.
On commence à se faire vieux.
Je ne suis pas de la voie publique.
Je suis de la criminelle.
Et je suis sur l'affaire de l'assassinat des deux femmes à Bel Air.
Ah non ! Ah non ! Sa lieutenant ne me le collera pas sur le dos ! Rien à
faire ! Rien à faire ! Où est ma veste ?
Si vous voulez me boucler, bouclez-moi, mais où est ma veste ? Vous n'y êtes
pour rien, je le sais. Alors qu'est-ce que vous venez foutre ici ? Est-ce que j
'y suis pour rien ? Vous voulez savoir ce que je fais ici ? Ouais.
Donnez-moi ça.
Asseyez-vous. Je veux pas m'asseoir. Moi, je peux ? Si vous voulez.
Vous n'avez rien à y voir.
Les inspecteurs de la voie publique qui sont sur l'enquête...
n'arrive pas à identifier le cambrioleur qui a commis le double meurtre.
C'est pour ça que je suis là.
Je ne peux rien pour vous.
Vous n'avez rien entendu ? Rien du tout.
Vous êtes sûr ? Voyez-vous, je suis peureux. J'ai même peur d'un chat.
Qu'il fasse miaou et je me retrouve perché sur le haut de l'armoire.
Non, je vous jure, lieutenant.
Ce type qui a tué les deux bonnes femmes, il me fait peur, mais alors
vraiment peur.
Lieutenant, je suis un professionnel.
Vous le savez très bien.
Autrement, vous ne seriez pas ici.
Le type qui a tué les deux femmes, il nous fait à nous une mauvaise
réputation. C'est vrai.
Réfléchissez. Si je savais qui c'est, vous vous doutez bien qu'il y a
longtemps que j'aurais mangé le morceau. Je sais.
Artie.
Vous seriez capable de voler ça ? Non, sans blague. Les confrères se foutraient
de moi.
Alors écoutez bien, Artie.
J'ai un petit problème, et vous pouvez m'aider.
Moi ? Je crois savoir qui est l'assassin des deux femmes, mais je n'ai pas de
preuves. Artie, c'est un sourire qui te réclame pour que tu l'emmènes faire des
courses.
Diez boudins de cheveux !
D'accord, tu peux lui dire que je viens.
Vous connaissez le meurtrier ? Je vous en prie, cher ami, vous plaisantez. Qui
vous a appelé ? Mais cet homme, le cambrioleur.
Celui qui écume le quartier depuis trois semaines.
Complètement ridicule.
Marx est très sérieux. Il a dit qu'il préviendrait la police si je ne le
payais pas. Qui lui a dit que vous aviez tué Janice ? Je n'en sais rien. Je n'en
sais rien.
Le fait est qu'il le sait.
J'aurais dû prévenir la police moi-même.
Vous l'avez appelé d'une certaine manière.
Combien exige-t-il ? Je l'ignore encore.
Il doit me le dire tantôt.
Quand devez-vous le retrouver ? Vers... vers 16h.
Au bar du carrefour Laurel.
Ecoutez, faites ce qu'il vous dit.
Moi, je serai à proximité.
Tâchez de savoir qui il est.
Et on verra... quoi faire de lui.
Entendu, mais... pas de violence.
Mais voyons, Hugues...
Je ne suis pas plus violent que vous ne l'êtes.
Les flics essayent de m'épingler pour la série de cambriolages.
Mais voilà, jamais j'ai mis les pieds chez vous. Et ça, j'ai pas besoin de
vous le dire.
Qu'est-ce que vous voulez dire exactement ? Jouez pas au plus fin.
C'est vous qui avez tué votre femme et vous voulez me faire porter le chapeau.
Mais je vais vous dire, on se farcit par DJ Sob si facilement.
Et surtout pas à l'œil.
Il faudrait fournir des preuves. J'en ai pas besoin.
J'ai qu'à aller trouver les flics et leur avouer les trois premiers
cambriolages. Et d'une, ils vont se dire que je suis pour rien dans les autres.
Ceux où il y a eu des victimes.
Et de deux, ils vont vous mettre sur le grill.
Alors, qu'est-ce que ça me fout à moi de me retrouver en taule ? Parce que
dehors, au fond, c'est pas si chouette.
Tous mes copains sont refaits piquer, alors me faire piquer à mon tour pour
cambriolage, je m'en fous complètement.
À vous de réfléchir.
Qu'est-ce que je fais ? Je vais trouver les flics ou bien on s'entend tous les
deux.
Et bien ? Il veut 5000 dollars et un petit billet usé non marqué.
Et de moins de 50 dollars.
5000 dollars.
Il manque d'imagination.
Quand le revoyez-vous ? Demain, ici.
Même heure ? Oui.
Il m'a l'air très sérieux.
Il est au courant que les services de police le recherchent pour la série de
cambriolages, mais qu'il n'existe aucune preuve contre lui.
Il n'est pas aussi bête que vous le croyez. Vous allez retirer l'argent de
la banque demain matin.
Et vous me rejoignez demain à 16h ici même.
Mais si je lui donne ce qu'il demande, il deviendra de plus en plus exigeant. J
'en ferai mon affaire.
Contentez-vous de faire le mort et je me charge du reste. Tout ira bien, vous
verrez.
Pour nous deux.
Lieutenant Colombo.
Que faites-vous ici ? Bonjour, monsieur le délégué. Bonjour.
Le lieutenant Duffy est sur une affaire. Il m'a laissé son bureau.
Il me semble que vous en avez un.
Je voulais examiner un par un tous les dossiers, ceux des principaux suspects
des cambriolages, et le lieutenant ne veut pas qu'il sorte de son service. Et
je vous souligne que je ne fais que suivre vos recommandations. Vous m'avez
demandé de concentrer tous mes efforts sur le rapport qui existe entre les
crimes et les cambriolages.
Et je suis sûr que la réponse est là, dans ces dossiers. Enfin, vous y venez.
J'aimerais à nouveau jeter un petit coup d'œil sur ces dossiers.
Je n'ai fait qu'entreapercevoir l'homme qui s'enfuyait de chez les Caldwell.
Ça va peut-être m'éclairer.
Vous avez raison.
Quelquefois, à force d'insister, ça fait clic.
Je les
ai
regardés une douzaine de fois.
J'abandonne. Je perds mon temps.
Dans le fond, vous avez raison.
Inutile de perdre son temps dans ce cas-là.
Continuez quand même et prévenez-moi si vous trouvez quelque chose.
Merci.
– Permettez. – Je vous en prie.
Oh non, sous la table.
Vous ne comptez pas ? J'ai confiance.
S'il n'y avait pas le compte, vous pourriez compléter au prochain paiement.
Le prochain paiement ? Mais on était convenus. Il y a une chose, M. Caldwell.
que j'ai oublié de vous dire.
C'est que... C'est que je mens comme je respire.
Vous êtes sûr qu'ils sont là ? Absolument.
Caldwell aura suivi mes instructions.
Il suffit de prendre Jessop avec l'argent et on tient l'assassin.
On peut y aller ? Vous pouvez.
Allez, collez-la au mur.
Arrête doucement, j'aime pas qu'on me bouscule. Du dérhumatisme.
Bouclez-la. D'abord, j'ai rien fait.
Qu'est-ce qu'on me reproche ? De faire du chantage.
Vous cambriolez la maison de cet homme, ensuite vous tuez deux femmes, et pour
couronner le tout, vous faites du chantage.
C'est vite dit, mais il faudra encore avoir des preuves. Nous en aurons. Nous
allons fouiller votre logement, et pas plus tard que maintenant.
Colombo, Duffy, suivez-moi avec une voiture radio. Mais il nous faut d'abord
une commission pour perquisitionner l'appartement. J'en ai une, vous voulez
vérifier ?
Bon, tout est en règle.
J'espère que vous ne faites pas d'erreur. Je vous prouverai que non. Et
maintenant, emmenez-le et bouclez-le-moi. M. Caldwell vous fera sa
déposition.
Out.
Monsieur le délégué, quelque chose me dit que vous faites fausse route.
Monsieur. Ça m'étonnerait beaucoup que Jessop ait tué ces deux femmes, et en
particulier la vôtre. Ne dites pas de sottises. Je l'ai vu de mes yeux jeter
le corps de Margaret dans la piscine. Il y avait d'autres témoins. Apportez la
clé, s'il vous plaît.
Monsieur. Un petit instant, monsieur le délégué. Merci.
Je sais qu'on croit que votre femme s'est noyée dans la piscine, mais en
réalité c'est dans sa baignoire.
Qu'est-ce qui vous fait dire ça ? Par ici, dépêchez-vous.
Le 13.
À cause de l'eau dans les poumons.
Après vous, monsieur.
Oui, on l'a analysée.
Elle contenait des traces de savon.
Duffy, fouillez la salle de bain. Et vous, la cuisine.
Voyez-vous, monsieur, dès que j'ai vu le corps, j'ai tout de suite compris que
quelque chose clochait. Ah, vraiment ? Regardez derrière le fourneau et sous l
'évier. Et je l'ai compris tout de suite à cause des vêtements.
Enfin, ce qu'elle portait, l'accro à sa manche.
Je me suis posé la question.
Comment une femme aussi soignée pouvait-elle se rendre à un dîner
officiel avec une robe déchirée quand elle en a plein des armoires ? Ça veut
donc dire qu'elle ne se rendait pas au dîner en question, quand on la noyait.
Ce qui revient à dire qu'on la noyait ailleurs que dans la piscine.
Et la découverte de savon dans les poumons est la preuve qu'elle a dû être
noyée dans son bain.
Deux heures au moins avant que quelqu'un ne jette le corps dans la piscine.
Quelqu'un l'a noyée, et ce même quelqu'un l'a habillée. Le médecin
légiste dans son rapport a situé la mort aux environs de 7h30.
Oui, je sais, mais il s'est basé pour ça sur votre seul témoignage oculaire.
Quand je lui ai posé la question, il a dit qu'elle pourrait se situer
facilement dans une fourchette d'une ou deux heures.
D'accord, si l'on suppose qu'elle a été noyée dans son bain, Artie Jessop
pourrait bien l'avoir assassinée et puis rhabillée avant de l'acheter dans la
piscine pour simuler un accident. Non, non, monsieur, non, ça c'est pas
possible. Et vous savez pourquoi ? Je vais vous expliquer.
La baignoire et le reste de la salle de bain étaient secs et nets.
Y compris les serviettes. Pas la plus petite trace d'humidité. C'est la
première chose que j'ai vérifiée.
Votre femme a dû mourir bien avant 6 heures. Peut-être même un peu avant 5
heures, ou ça n'aurait pas eu le temps de sécher.
Donc bien avant l'heure d'arrivée de Jessop.
Ou autrement dit, monsieur le délégué, à peu près l'heure vers laquelle vous êtes
rentré pour dîner.
C'est vous qui avez tué votre femme.
Et qui avez tué Janice Caldwell, à moins que vous ne soyez seulement complice.
Lieutenant, cela vous coûtera votre place.
Continuez la recherche. Allez, dépêchons-nous.
J'ai d'abord cru que M.
Caldwell était le meurtrier, mais à cause de la chemise de nuit, j'ai
échangé d'avis.
Et le soir suivant, quand votre alibi vous mettait tout à fait hors de cause,
c'est là que j'ai compris.
Vous étiez dans le coup tous les deux pour faire accuser Jessop.
Seulement Jessop, le jour et à l'heure des deux meurtres, avait un alibi lui
aussi. Monsieur.
Un alibi, hein ? Alors comment expliquez-vous ceci ? Les bijoux de
Janice Caldwell.
Oh, c'est facile à expliquer.
C'est vous qui les avez pris dans le coffret à bijoux. Vous êtes venu ici ce
matin pour les cacher et faire accuser Jessop. Vous perdez la raison. Il
faudrait prouver ce que vous dites.
Sergent Randall.
Oui, Lieutenant.
Vous.
Monsieur le délégué prétend qu'on a retrouvé ces bijoux sous votre matelas.
C'est grotesque. Vous êtes un menteur. Bah, j'ai jamais habité ici.
Quoi ? C'est facile à vérifier.
Il n'habite pas ici, mais moi, j'y habite.
Voici ma chemise.
C'est mon sous-vêtement.
Mon beau-frère, mon neveu, ma nièce, je viens tout juste d
'emménager. J'ai su que l'appartement était resté vacant depuis un mois, et je
l'ai loué.
Là, dans le placard, il y a mes pyjamas, mes vêtements, mes chaussures. Pourtant,
j'ai bien vu le dossier, le rapport sur le bureau.
Oui, c'est vrai, et je prends toute la responsabilité de la chose.
C'est moi qui ai persuadé M.
Jessup de téléphoner à M.
Caldwell, sachant que celui-ci vous alerterait aussitôt.
J'étais sûr que dès que vous connaîtriez l'identité du cambrioleur, vous feriez
tout pour l'incriminer.
Et alors ce matin, à la première heure, juste après avoir loué ici, j'ai fait
une fausse fiche signalétique sur M. Jessop, ressemblant en tout point à la
vraie, à l'exception de l'adresse.
La seule et unique personne, à part moi-même, qui connaissait l'adresse en
question, c'était vous, monsieur.
C'est tout.
Et je suppose que lorsque M. Caldwell sera au courant, il se fera un devoir de
préciser les points restés obscurs.
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