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Zulu
Seigneur, aie pitié de moi.
Ne me punis pas dans ta colère et ne me châtie pas dans ta fureur.
Aie pitié de moi, Seigneur. Aie pitié de moi.
Seigneur, ne me punis pas dans ta colère et ne me châtie pas dans ta fureur.
Aie pitié de moi. Aie pitié de moi, Seigneur.
Aie pitié de moi.
Ne me punis pas dans ta colère et ne me châtie pas dans ta fureur.
Aie pitié de moi.
Aie pitié de moi, Seigneur.
Aie pitié de moi.
Aie pitié de moi,
Seigneur.
Qu'est-ce que j'ai fait ? Oh, Dieu.
C'était le
dernier.
Bienvenue dans notre nouveau lieu de vie commun, Claire. Voilà notre château de
carton.
À t'entendre, on dirait que tu commences à regretter. Moi, à regretter ? D'avoir
trouvé cette maison magnifique à ce prix-là, à jamais de la vie.
Maintenant, il manque plus qu'une touche de couleur.
Oui.
On va s'en occuper.
Je me demande comment on va s'y retrouver dans tout ce bazar.
Oui, moi aussi.
C'est quoi ça ?
Qu'est-ce que c'est ? Légende de Lancelot, le mystère de la forêt.
Je savais pas que tu collectionnais les BD.
Fais voir. Celle-là, ça doit faire au moins 30 ans que je l'ai pas ouverte.
Quand j'étais gamin, je l'adorais.
Attention, Lancelot ! C
'est
qui ? Regarde.
Le petit George.
T'étais où, à Fontainebleau ? Non, en Bretagne, dans la forêt de Brosséliande.
Tiens.
T'as l'air tout content.
Ouais.
C'était la première fois qu'on partait en vacances depuis la mort de mon père.
Ma mère n'est quasiment pas sortie de notre chambre dans le gîte.
J'ai passé la semaine à jouer tout seul.
Je suis désolée.
Non. C'était super, j'étais complètement seul, je m'amusais à fond, j'étais dans
mon monde.
Je pouvais être qui je voulais.
Arthur, Lancelot du Lac, Mordred.
N'importe qui sauf le petit garçon qui venait de voir son père se faire tuer, c
'est ça ?
Docteur Lanois.
Son état est stable ? Très bien, alors préparez tout, j'arrive tout de suite.
Oui.
Georges, j'ai une urgence, j'y vais.
Je serai là au plus tard pour le dîner.
À ce soir.
Je commence à ranger.
Oui, salut.
C'est ma forêt.
Tout va bien ? Vous n'avez rien ? Mon... mon mari... Je crois qu'il est
mort. Quoi ? Mon... mon mari... Venez.
Je l'ai vu.
Asseyez-vous.
Comment vous vous appelez ? Je suis Blanche Cadieux.
Mais la chemise... La chemise de mon mari est toute... Toute brûlée, comme s
'il y avait eu... Très bien. Vous pouvez me dire où il est ? En bas de l
'escalier, chez nous.
Il y a quelqu'un ?
Bonjour, chef.
Si vous m'appelez le jour de votre déménagement, c'est sûrement que vous
avez découvert un corps dans la cave.
C'est vrai ? À Brosséliande ?
Vous êtes le commissaire de Concarneau ? Oui, en effet, c'est moi. L
'identification criminelle est là.
Et le médecin ? Il est dehors. Il s'occupe de Madame Cadieu.
J'ai posé les CV. Merci.
Madame Cadieu ? J'ai quelques questions à vous poser. Vous vous sentez capable d
'y répondre ? Pas maintenant.
Elle est en état de choc.
J'en ai pas pour longtemps.
Bon, alors cinq minutes.
Merci.
Votre mari détenait un pistolet de calibre 9 mm, c'est bien ça ? Oui, il
était membre d'un club de tir.
Est-ce que je peux sentir vos mains ?
Vous avez touché de la
levure.
Je viens de trouver le corps de mon mari et vous, vous pensez que je l'ai tué ?
Non, madame, je constate des faits, c'est tout.
Il n'y a pas de traces d'effraction sur votre porte d'entrée.
Votre mari attendait de la visite ? Ici, tout le monde se connaît. Personne ne
ferme jamais sa porte.
Fabien n'était pas censé être à la maison. Il devait rencontrer... Blanche
! Désolée, vous ne pouvez pas passer.
Blanche ! Oh non ! Oh non, quelle horreur ! Quelle
horreur ! Vous avez prévenu tout le monde par radio ? Les bruits courent
vite.
Je suis là.
Tu n'es pas seule, Blanche.
Madame Cadieux, vous venez de dire que votre mari devait rencontrer quelqu'un.
Ça suffit maintenant.
Je dois l'emmener à l'hôpital.
Vous êtes une de ses amies ? Adeline Terrier.
Qu'est-ce qui pourrait expliquer que les Cadieux soient victimes d'un cambriolage
? Ils ne semblent pas rouler sur l'or.
Blanche est boulangère.
Et Fabien, employé municipal.
Unité 16, un corps a été découvert.
Excusez-moi.
Unité 16, on y est déjà. Il y a toute la brigade de gendarmerie. On a reçu un
deuxième appel. Un promeneur a signalé un corps au bord du lac.
Commissaire Dupin, vous pouvez répéter ? On a découvert le corps d'un homme au
bord du lac du Val-San-Retour.
Qu'est-ce qui se passe chez vous ? Vous croyez que ça pourrait être un tueur
inséré ? Sécuriser la scène de crime. Et ne laisser plus personne passer.
Nolwenn ? Apparemment, on a un deuxième corps.
Prévenez Kadek et envoyez une autre équipe scientifique.
Est-ce qu'il faut qu'on fasse boucler le secteur ? Non, j'y vais, je suis en
route. Vous voulez que j'appelle le préfet ? Laissons-le tranquille encore
quelques heures.
Je l'appellerai demain.
Nolwenn, j'ai pas le temps là.
Quoi ?
Pardon ? Tout de suite ? Et Rewal ? Oh, dans sa famille. Qui rentre ? Il n'est
jamais là.
Et je dois aller où ? Où ça ?
Tu vas te taire.
Excusez-moi, c'est l'odeur du sang.
C'est vous qui avez appelé ? Oui, Bastien Therrier.
D'accord, et vous l'avez trouvé comme ça, il y a environ un quart d'heure ?
Oui.
Vous avez entendu quelque chose ou vu quelqu'un ? Non, rien à signaler.
Oh non, les chiens et les facteurs.
Vous connaissez cet homme ? Oui, c'est notre facteur, Paul Picard.
Vous n'avez vraiment pas l'air impressionné.
Je vois pas mal de choses, y compris des cadavres.
Je suis le médecin généraliste de très haut rang teuc.
Et vous connaissez Fabien Cadieu ? Cadieu ? Il habite à l'entrée du
village.
Oui, je le connais, oui.
Il va être bouleversé.
Pourquoi ? Parce que c'est un ami de Picard.
Je peux savoir ce que tu fais là ? Paul !
Vous savez où il habite ? Tout au bout de la rue Saint-Philibert.
Il était marié ? Picard ? Non.
Il venait toujours me voir pour faire soigner ce qu'il attrapait avec ses
multiples coquettes.
Je suis à peu près certain que le sang qu'il a sous les chaussures et sur les
mains est celui de l'autre victime, Fabien Cadieux.
Ils ont sans doute été tués avec la même arme à 9 mm, qui appartenait à Fabien
Cadieux. Quand vous aurez le rapport d'autopsie, appelez-moi. Oui, d'accord.
Ah, il me faut absolument les données de son GPS.
Très bien. Dites-le au technicien. D'accord. Au revoir.
Salut Didier.
Bonjour docteur.
Nolwenn, je veux tout savoir sur Paul Picard et Fabien Cadieux.
Gazier judiciaire, mouvement sur leur compte bancaire, la totale. Oui, je me
renseigne. Une minute.
C'était pas un simple cambriolage.
Picard n'a pas touché à l'argent ni aux bijoux. Il cherchait quelque chose de
particulier. Et vu la façon dont il a été tué... Vous savez où est Kadek ?
L'héritier Marc Danvel critiquait pour son projet de parc d'attractions.
Adeline Therrier.
Bastien Therrier.
Il venait toujours me voir pour faire soigner ce qu'il attrapait avec ses
multiples conquêtes.
Kadek ? Vous êtes là ? Je suis encore sur la route.
Mon GPS ne capte rien dans cette foutue forêt.
Roulez vers le sud jusqu'à la N24 et suivez la direction de Tréhore en Teuk.
J'ai besoin de vous. Oui, je sais, je sais. Faites vite, Kadek.
Vers le sud jusqu'à la N24 ? Alors...
La
Loën, du nouveau
? Picard et Cadieux n'ont pas de casier judiciaire et il n'y a pas eu de
mouvement suspect sur leur compte bancaire. Picard était tout le temps
dans le rouge. Ils veillaient tous les deux leur loyer à temps, ainsi que leur
facture de téléphone portable et d'électricité.
La semaine dernière, Cadieux a retiré 500 euros pour faire un voyage de 4
jours au pays de Galles. Un instant, quelle facture de portable ? Picard n
'avait pas de portable.
En tout cas, je n'en ai pas trouvé sur lui ni à son domicile.
Demandez à son opérateur la liste de ses derniers appels.
Encore une chose, j'ai fait des recherches sur leur nom.
Picard et Cadieux étaient les membres fondateurs d'un club qui s'appelle les
Pendragons. Les Pendragons ? Comme le roi Arthur de la famille Pendragon, c
'est ça ? Ça devait être des passionnés d'histoire ou des fans de légendes
chevaleresques. Ok, et il n'y avait qu'eux ? Non, ils avaient un copain.
Un troisième membre fondateur qui s'appelle Offret Guivor.
Guy quoi ? Guivor.
C'est le propriétaire d'un des bars du village, le Saint Graal.
Le Saint Graal ?
Tout va bien ? Commissaire Dupin ?
Merci
Didier.
De rien. Fais attention à ton ulcène.
Allez, viens, toi.
Je suis là, chérie.
Je viens de faire du café.
Tu en veux ? Un petit ? Mais... Cadieux est mort.
Blanche a... Je l'ai vu tout à l'heure. Tu n'es au courant de rien ?
Non.
Vraiment ? Ça fait pas un peu beaucoup dans la même journée ? Rien vu ?
Rien entendu ? J'ai juste fait ce que tu m'as dit de faire.
Ne me mens pas, Adeline.
Monsieur Guivore ? S'il vous plaît,
ne me faites pas de mal.
Non, pas ça ! Pitié, je ferai ce que vous voudrez.
Ne me faites pas de mal, je vous en supplie.
Dupin, brigade criminelle de Concarneau.
Je suis de la police, vous m'avez pris pour qui ? J'ai cru que vous étiez un
des hommes de Danvel.
Danvel ?
Celui-là ? Oui.
Oui, le seigneur de Brocéliande.
De l'hydromel.
Ça, c'est la boisson des rois. Et des magiciens.
Vous êtes un connaisseur. Qui est votre préféré, Merlin, Arthur, ou bien... ou
bien l'envoûtant de Fémorgane ? Mordred.
Alors je ferais mieux de rester sur mes gardes.
Pourquoi dans Vell enverrait quelqu'un s'en prendre à vous ?
Picard et Cadius sont tous les deux morts, ils ont été… descendus.
Vos deux amis des Pendragons… Vous étiez en conflit avec
Danvel ? Il vous a menacé ? Que font les Pendragons exactement
? La légende est aussi ancienne que la Bretagne.
Merlin l'Enchanteur vivait dans la forêt de Brocéliande.
Le Saint Graal, Excalibur, l'Épée Enchantée, c'est ici que tout a
commencé. Pour nous, cette forêt est sacrée. Mais aujourd'hui, elle
appartient à Donvel.
Oui. Il y a trois mois, il a présenté son projet à la mairie. Il a l'intention
de construire un énorme parc d'attractions, une sorte de Disneyland
du roi Arthur.
Je vois.
Et Cadieux s'est énervé.
Il travaillait à l'office du tourisme, et cette nouvelle l'a mis entre lui.
Il l'aimait, cette forêt, encore plus que tous ses amis réunis.
Et Picard, il était avec vous quand vous avez commencé vos actions contre le parc
de Danvel ? Quelles actions ? On s'est contenté de crever quelques pneus le
jour où Danvel s'est pointé avec d'autres requins de son genre pour
visiter la forêt.
Et après, il vous a menacé d'employer la violence ? Non, pas vraiment.
Si, enfin, il a lâché toute sa meute d'avocat.
Et ils nous ont réduit au silence.
À coups d'ordonnances de référé, de menaces de plaintes, on n'a même plus le
droit d'entrer dans la forêt.
Vous savez combien ça coûte de se défendre devant la justice ? Bien sûr qu
'on n'avait pas l'argent.
Et encore moins les nerfs.
Alors Danvel a gagné la partie, légalement. Eh oui. De toute manière, on
n'avait aucune chance.
Seul Cadiou y croyait.
Il ne lâchait rien. C'était une obsession.
Il arrêtait pas de nous dire « Danvel ne fera jamais son foutu parc, vous pouvez
compter sur moi ». Mais voilà.
Aujourd'hui, il est mort.
C'est vrai que Cadieux et Picard étaient les meilleurs amis du monde ? Oui, c
'était des copains d'enfance.
Pourquoi cette question ? Merci, monsieur Guivore.
On va avoir besoin de ces documents.
J'envoie quelqu'un les chercher.
Où vous allez ? Attendez, en tant que témoin, je ne suis pas protégé.
Je vous envoie un collègue.
Merci pour le café.
Ah, monsieur Guivore, pourquoi Cadieux était-il certain de pouvoir empêcher ce
projet ? Qu'est-ce qui aurait pu lui assurer la victoire ? Seulement un
miracle.
Bonjour. Bonjour.
Madame Cadiou.
Désolé de vous déranger à nouveau.
Est-ce que c'est vrai que Paul est l'homme qui a tué Fabien après s'être
introduit chez nous ? Et qu'ensuite il était à son tour ? Il y a beaucoup de
bruit qui court. Est-ce que c'est vrai ?
Nous n'en sommes qu'au début de notre enquête.
J'aimerais pouvoir vous dire ce qui s'est passé, Madame Cadieux, mais moi
-même, je ne suis sûr de rien.
C'est étrange. Tout cela a l'air tellement irréel.
Je comprends.
Vous m'avez dit que votre mari devait rencontrer quelqu'un.
Vous savez qui ?
Il ne se serait pas disputé avec Paul pour une histoire d'argent ? Non.
Paul a toujours été plus ou moins fauché, mais non.
Votre amie Adeline a été mariée avec lui ? Oui, ils se sont séparés il y a cinq
ans. Et elle s'est remariée avec le docteur Terrier.
Peut-être qu'elle aurait mieux fait de rester avec Paul.
Ah bon, pourquoi ?
Au moins, il est gentil.
C'est un grand enfant avec ses rêves et son monde imaginaire.
Adeline est exactement comme lui.
Est-ce qu'il y a chez vous quelque chose qu'il aurait pu vouloir prendre ? Non,
rien.
On ne possède rien.
On est avec nous deux.
Fabien était ce que j'avais de plus cher.
Et inversement.
George ?
Claire
? Salut.
T'es où ? Et toi, t'es où ? Je viens de rentrer à la maison.
Je... Je suis allé faire une petite balade imprévue à Bruxelles-Liande.
Et c'est toujours aussi joli ? Oui.
Ah oui, ça n'a presque pas changé.
C'est... merveilleux.
Alors... Dans ce cas, t'as qu'à y rester.
Je peux aussi... Je peux aussi rentrer ? Enfin, je veux dire... Non, non.
Trouve-toi un petit bistrot. Ce sera parfait.
Quoi ? Un petit bistrot ? Oui, de toute façon, le frigo est vide.
Je sais qu'il y a encore plein de choses à faire dans la maison. Je t'aiderai dès
que je serai rentré, promis.
Je vais encore aller visiter un ou deux sites touristiques.
Georges... Et ensuite...
Au coin de la rue, il y a un petit bistrot qui fait d'excellentes galettes
aux noix de Saint-Jacques et aux champignons.
Cadieux.
Brûlure circulaire au thorax, incrustation sous-cutanée de résidus de
tir, blessure par balle au ventricule gauche, heure estimée du décès, 10h du
matin. Plus ou moins 15 minutes.
Picard.
Visiblement, il était très pieux.
Blessure par balle dans le haut du dos, importante lésion à la colonne
vertébrale, distance du tir environ 3 mètres. Comme on dit, être mort, c'est
être en proie au vivant.
Quoi ? Jean-Paul Sartre, fin connaisseur de l'âme humaine.
Et l'arme, c'est un 9 mm ? La balistique nous dira si les projectiles proviennent
de la même arme, mais en tout cas, c'est le même calibre.
Le Beretta 9 mm enregistré au nom de Cadieux est introuvable.
On a un meurtrier armé qui se balade dans la nature.
Et les données du GPS de Picard ? Les techniciens y travaillent. Le plastique
et le métal, c'est plus compliqué que la chair et les os.
Très bien, merci beaucoup.
Ah, voilà ! Vous m'avez dit de rouler vers le sud et de suivre la nationale
24. Venez, il faut qu'on aille en direction de Vannes. On va traverser la
forêt ? Ça vous angoisse ?
J'ai essayé de rouler vers le sud, mais je savais absolument pas où c'était ! En
plus, avec tous ces armes, mon GPS marchait pas, alors ça faisait quand
même... D'accord.
Alors, si j'ai bien compris, Picard s'introduit chez son copain... Pour
prendre quelque chose de bien précis. Il le descend ? Par accident, dans l
'empoignade. Après quoi, Picard est lui-même abattu au bord du lac. Sans
doute parce qu'on l'avait engagé pour faire ce cambriolage.
Il apporte le butin à son commanditaire, qui se débarrasse de lui.
À ce stade de l'enquête, on ne sait pas très bien qui a volé quoi et pourquoi.
En revanche, ce qu'on sait, c'est que Picard et Cadieu étaient en conflit avec
cet héritier. Danvel.
Le millionnaire qui veut détruire leur forêt. Ce sera un mobile pour les tuer.
Un mobile potentiel.
D'ailleurs, Danvel a intimidé les Pendragons avec ses avocats. Et ensuite,
Cadieu est mort.
Tout s'explique ? Cadieu a tenté de bloquer le projet, Danvel s'en est
débarrassé.
Oh, quel pied, j'adore ça.
Quoi donc ?
Quand je termine vos phrases et vous les miennes, on est deux génies dont les
brillants cerveaux fonctionnent en parfait synchronisme.
Faudrait faire des analyses supplémentaires.
On en a déjà fait.
Euh, Kadek ? Oui ? Maria ?
Vous n'auriez pas honte de moi, chef ?
Non. Pas du tout.
Oui, au minimum.
Rien que pour les parkings, on a besoin de deux hectares.
Bien sûr.
Oui, absolument.
Une seconde.
L'entrée de service est de l'autre côté.
Dupin, brigade criminelle de Concarneau.
Ah oui, oui, vous aviez prévenu. Un instant, je vous prie.
Je sais que vous avez honte de moi, chef.
Arrêtez vos enfantillages. Mais vous avez honte, admettez-le.
S'il y a bien une personne à qui des bottes en caoutchouc peuvent donner de
la dignité, c'est vous, Canek.
Bonjour, messieurs.
Désolé de vous avoir fait attendre.
Suivez-moi.
Qu'est-ce que je peux vous offrir à boire ? Calvados, chouchaines, bière ?
Ah, pas d'alcool. Vous êtes en service.
Vous êtes en service, n'est-ce pas ? Il y a eu deux morts ce matin dans les
environs de Brocéliande.
J'imagine que ce n'était pas un accident de voiture.
Est-ce que je les connais ? Nous le pensons.
Paul Picard et Fabien Cadieux.
Cadieux, le monsieur de l'office de tourisme. Je le connais.
Il compte parmi les rares personnes qui se sont opposées à mon projet de parc.
Et l'autre ? Paul Picard.
Ça me dit rien. Qu'est-ce qui s'est passé ? Où étiez-vous ce matin, entre 9
et 13 heures ? Vous êtes sérieux ? Pour tout vous
dire, Je m'apprête à investir 240 millions d'euros dans un parc d
'attractions qui va sauver l'économie locale.
Cette région manque cruellement d'infrastructures, messieurs.
Il n'y a pratiquement rien ici.
À part du commerce de bois. Le maire m'appelle tous les jours pour savoir
quand on pourra commencer.
Vous me voyez rôder dans la forêt pour tuer des gens ? Je vous en prie.
Enfin, vous n'avez toujours pas répondu à ma question.
J'étais au golf.
Vous étiez seul ? Oui.
Je joue toujours seul.
Le maire était encore là, au quatrième trou, je crois.
Il y a quelque temps, Cadieu a endommagé votre voiture et celle de vos
investisseurs pour protester contre le parc.
Oui, quelques pneus crevés et quelques autocollants sur nos pare-brises. J'en
fais pas une affaire personnelle.
Je suis breton.
Je comprends les gens qui défendent leur pays. J'en fais autant, à ma manière.
Et c'est pour ça que vous lâchez tout un bataillon d'avocats sur ces pauvres
patagoniens ? C'est ça, votre manière de faire ? Vous avez une idée de ce que ce
projet représente ?
J'ai mes architectes, mes investisseurs, mon plan de développement pour la
commune. Vous pensez sérieusement que je vais faire quoi que ce soit sans mes
avocats ? Incroyable ! Moi aussi je défends mon pays à ma manière
? Les gens comme lui, ils débarquent avec leur rouleau compresseur, ils
piétinent tout avec leur argent et après ils disent c'est bon pour l'économie.
Pour son projet, il pourrait tuer père et mère.
Oui, c'est possible mais...
Vu les enjeux, est-ce qu'il prendrait le risque de commettre un meurtre ? Enfin,
bon, quoi qu'il en soit, son alibi est plutôt léger.
C'est vrai.
On est passé par là tout à l'heure ? Oui, bien sûr.
Enfin, je crois.
Si... Si on fait route vers l'Est, on tombera sur la National 24.
Et on arrivera à ma voiture.
Qu'est-ce qui se passe dans cette forêt ? Cadieux et les
Pendragons semblaient croire dur comme fer aux légendes locales.
Et s'ils n'étaient pas si cinglés que ça ?
S'ils avaient découvert quelque chose ? Quelque chose qui aurait pu changer la
donne ? Une licorne ? Pardon ? Une licorne ? C'est comme ça que les
scientifiques appellent la preuve de l'existence d'une chose qui est à l
'origine purement et simplement imaginaire. Comme par exemple, le Saint
Graal ou Excalibur, l'épée enchantée.
Plein de gens y croient, mais personne ne peut prouver que ça existe.
Maintenant, si jamais quelqu'un découvrait le Saint Graal ou l'épée
Excalibur, il s'agirait d'une licorne.
Et la preuve serait faite que Brosséliande est bien la forêt du roi
Arthur et de Merlin l'Enchanteur. Et Danvel pourrait oublier son projet.
Cette recherche de réseau commence à ressembler à la quête du Graal.
J'ai une barre, chef.
On est sauvés.
En route.
Et voilà, Kadek.
À demain, chef.
À demain.
L'homme est angoisse, délaissement, désespoir.
Sartre ? D'après le rapport balistique, les deux projectiles ont été tirés par
la même arme. C'est bien ce que je pensais.
Merci. Et les données du GPS ? Il faudra encore patienter. Par contre, j'ai l
'heure de la mort de Picard.
10h45.
On l'a trouvé à midi, je comprends plus.
La température d'un cadavre diminue d'environ 1,5°C par heure, puis elle se
stabilise à la température ambiante.
Picard était dehors, il faisait à peu près 10°C.
À la limite, il est peut-être mort à 11 heures.
Vous n'avez qu'à refaire le calcul, vous verrez bien. Ça ira, merci.
Allô ? Madame Terrier ?
Oui.
Lâche ça ! Lâche ! Arrête ! Monsieur Terrier ?
J'aimerais vous parler à vous et à votre femme.
Pour résumer, vous étiez tous les deux ici, vous et votre mari. Oui, le
dimanche, on prend notre petit déjeuner tard, de dix à onze heures. Onze heures
et quart, chérie.
Ensuite, je suis allé promener le chien au bord du lac, c'est à moins de trois
kilomètres. Et vous avez trouvé le corps d'un homme. Tout à fait.
Paul Picard, l'employé de la poste.
Votre ex-mari.
Exact.
Pourquoi m'avoir caché que votre femme et Paul Picard avaient été mariés ?
Je ne pensais pas que c'était important.
Ça fait longtemps que c'est fini. De toute façon, ne parle jamais de lui.
C'est affreux ce qui lui est arrivé.
Vous pouvez nous laisser seuls un instant ? Oui, bien sûr.
Tu as froid, mon chéri ? Je suis juste à côté.
Vous êtes la dernière personne que Picard a appelée après le cambriolage,
juste avant d'être tuée.
Vous pensiez que ça non plus, c'était pas important ? Je…
Il vous a dit ce qui venait de se passer ? Non.
Quand il a appelé, j'étais avec mon mari en train de prendre le petit déjeuner. J
'ai fait… J'ai fait comme si c'était Blanche.
Je l'ai envoyée balader.
Et qu'est-ce qu'il a dit ? Il avait l'air dans tous ses états.
Il voulait qu'on parte tous les deux.
Comme ça, d'un coup ? Pour aller où ? Je n'en sais
rien.
Il n'a jamais réussi à se remettre de notre séparation. Et votre mari n'est
pas au courant ? Non, évidemment.
Et si jamais il l'apprend, ne lui dites rien.
Qu'est-ce que vous me cachez ?
Tiens, mets ça, ma chérie.
Vous avez terminé ?
Vous ne l'aimiez pas tellement, l
'ex-mari de votre femme, n'est-ce pas ? Ça ne m'étonne pas qu'il se soit
introduit chez Cadieux pour le camboyoler.
Tout le monde sait qu'il était toujours fauché et qu'il ne pouvait pas s
'empêcher de lorgner sur les biens des autres.
Bonne soirée.
Allez viens, on va se promener.
Chef ? Vous n'êtes toujours pas rentré ? Si, si, je serai bientôt là.
J'ai besoin d'une enquête approfondie sur les antécédents de Bastien Terrier.
Il faudra attendre demain matin pour demander une fiche d'information au
parquet.
Je comprends.
Dites à Kadek de s'en occuper à la première heure, d'accord ? Ok.
Bonne nuit.
Je ne peux plus rester à la maison.
Il est là partout.
On a qu'à s'en aller.
Comment ça ? Où tu veux qu'on aille ? Aucune importance.
Dans un endroit où personne ne nous connaît.
Mais moi, j'ai passé toute ma vie dans le coin. Je me sens bien ici.
La forêt, les étangs… Va bien.
C'est pour ça que j'ai passé ma vie à t'envier.
T'as eu de la chance de l'avoir.
On a travaillé dur pour obtenir ce qu'on avait.
Toi aussi, Adeline, t'aurais pu avoir tout ça, mais t'as toujours attendu ton
chevalier blanc. Je sais qu'il n'y aura pas de chevalier blanc.
Et il n'y aura plus rien maintenant.
Pourquoi tu quittes pas ton mari ? Je suis coincée.
On n'est plus au Moyen-Âge. Tu peux partir.
J'ai même pas de quoi me payer un avocat.
Je n'ai rien, après toutes ces années.
Il ne voudra jamais me laisser partir.
Oui ? Tu n'es pas à la maison ? Et la terrine que tu m'as faite, où est-ce qu
'elle est ?
Je suis là dans cinq minutes. Je reviens.
Adeline. Je dois y aller.
Désolée.
Adeline. T'es pas obligée d'oublier. Justement, je suis obligée.
Merci. C'est bon, ça.
T'es un bon chien.
Je sais que tu ne m'aimes pas.
Tu ne m'as sans doute jamais aimé.
Tant pis, ça me dégage.
Tout ce que je fais, je le fais uniquement pour toi.
Ah ! Je ne voulais pas te réveiller.
Comment c'était ? C'était bien.
Ouais, super.
Tu vas faire une petite balade imprévue et tu te retrouves avec un meurtre à
élucider.
Deux meurtres. Deux.
Deux, je vois. Le premier n'était sans doute pas prémédité. Et il m'est
littéralement tombé dessus pendant que je roulais.
C'est une histoire assez compliquée.
Un cambrioleur tue son meilleur ami.
Puis il est tué à son tour.
Et son meurtrier disparaît avec le butin du cambriolage.
Mais pour l'instant, je ne sais pas exactement ce que c'est.
C'est un peu confus, il y a encore des choses qui ne collent pas et des zones d
'ombre à éclaircir.
Claire ?
Blanche, tu vas bien ? Salut.
Qu'est-ce que tu sais sur le voyage de Fabien au Pays de Galles ? Au Pays de
Galles ? Réponds, qu'est-ce que tu sais ?
Ok. Dites, c'est vrai que le meurtrier a barbouillé les murs avec le sang de M.
Cadieux ? Bonjour.
Bonjour. Bonjour.
Bonjour.
Mélanie de la Conta dit que vous recherchez un meurtrier qui porte un
masque de clown.
Alors, Mélanie de la Conta vous a raconté des conneries.
J'aimerais voir son calendrier, là.
Quelqu'un d
'autre se sert de ce téléphone ? Seulement M. Cadieux.
Commissaire Dupin, qui est à l'appareil ? Draoulek.
Yannick Draoulek.
Yannick Draoulek.
Quebec ? Toujours dans la forêt ? On a le Wendy que je dois aller à la banque
éplucher les comptes de Terrier, c'est vrai ? Absolument.
Je croyais qu'on devait vérifier la limite d'Anvel, faire une perquisition
chez lui et lui mettre la pression. On se concentre sur Terrier.
Vous pouvez pas le faire ? Non, je vais interroger un témoin.
Rappelez-moi quand vous aurez les renseignements bancaires.
Les renseignements bancaires ? Merci du cadeau. Il y a des comptes dans au moins
trois banques différentes. Je ne suis pas inspecteur des impôts. Ce n'est pas
de mon ressort tout ça.
Le parquet vient de m'envoyer l'autorisation d'accéder à ces comptes
bancaires.
Merci.
Est-ce que je peux t'offrir quelque chose à boire ? Non.
Suivez-moi.
Monsieur Draoulek ? Oui ? Dupin, police de Concarneau. Je vous ai appelé tout
à l'heure. Ce n'était pas la peine de vous déplacer.
Je vous ai déjà dit que je ne m'exprimerai pas sur ce sujet.
J'ai une réputation à préserver.
Vous avez rencontré Fabien Cadiou hier matin à 10h. Je ne sais pas comment j'ai
pu être assez naïf pour gober son histoire.
Il commence par m'attirer dans son trou perdu et ensuite il me laisse tomber
comme une fille qui louche au bal de fin d'année.
Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il voulait vous montrer ? Aucune idée.
Cadiou est un plaisantin. Et moi, un expert, on ne peut plus sérieux.
J'ai appelé ce numéro.
Ce sont des archives privées à Aberystwyth.
Qui vendent des copies de documents anciens, des écrits, des plans, ce genre
de choses. Une minute, je croyais que Fabien était parti là-bas pour assister
à une fête de la bière dans la région.
Oui.
Il m'a rapporté un t-shirt de cette fête, en tout cas.
Mais je pense qu'en réalité, il a passé le plus clair de son temps dans ses
archives.
Avant son voyage au pays de Galles, il avait reçu une invitation de cet
institut. Et en rentrant, il a commandé une pochette spécialement conçue pour
protéger les vieux documents.
Vous êtes spécialiste de la culture bretonne du haut Moyen-Âge.
Vous êtes allé voir Cadieux pour qu'il vous montre quelque chose par un beau
dimanche matin.
Vous voulez bien arrêter une seconde ? Si Cadieux n'est pas venu, c'est parce
qu'il s'est effectué, certainement à cause de l'objet qu'il voulait vous
montrer. Alors, dites-moi ce que c'était.
Il a affirmé qu'il avait la source.
Quoi ? C'est un manuscrit de la légende du roi Arthur, plus ancien que tous les
écrits connus jusqu'à présent.
Un manuscrit qui prouve que la légende arthurienne trouve son origine ici, en
Bretagne, à Brocéliande.
La licorne.
Bon sang, Blanche.
Il a trouvé le manuscrit, là-bas, au Pays de Galles. Ça me revient.
Je l'ai déjà entendu raconter qu'au XIe siècle, des bibliothèques entières
avaient été mises à l'abri par les normands.
La plupart des écrits ont ensuite disparu, mais il était persuadé que
certains d'entre eux avaient pu être sauvés et que des collectionneurs privés
les conservaient quelque part.
Et ce manuscrit, vous croyez qu'il suffirait à justifier que la forêt
devienne un site classé ? Oui, c'est certain.
Ce serait une découverte scientifique majeure.
Et soit dit en passant, il vaudrait une petite fortune.
Enfin, si tant est qu'il existe.
Combien ? Plusieurs centaines de milliers d'euros, sur le marché noir.
Oh, bordel. Je vous demande pardon ? Vu sa valeur, n'importe qui aurait un
mobile. Merci pour votre aide.
Toi et Picard, vous étiez au courant ? Je ne savais rien.
Je te le jure, Blanche.
Qu'est-ce que tu fais ? Je vais montrer ça à la police.
Tu ne sais vraiment pas où est le manuscrit ? Tu as découvert tout le
reste, tu dois bien savoir où il est.
Tu plaisantes.
Tu sais que c'est à cause de ce manuscrit que Fabien s'est fait
réfléchir. On pourrait être des célébrités, on deviendrait riches.
Pense à ta boulangerie.
Il a affirmé qu'il avait la source.
C'est un manuscrit de la légende du roi Arthur.
Et soit dit en passant, il vaudrait une petite fortune.
Plusieurs centaines de milliers d'euros.
Dupin. Bonjour, c'est Blanche Cadieux.
Madame Cadieu ? J'aimerais vous montrer quelque chose.
Je croyais que tu ne retournerais que demain à ton cabinet. J'ai encore du
boulot. Tu restes ici, je veux pas que tu traînes n'importe où.
Mais… Il n'y a pas de mais.
Tu restes ici.
Bruno ?
Cela signifie que l'ensemble des restaurants sera orienté dans cette
direction, à proximité immédiate de parking.
Cet emplacement stratégique leur assurera une fréquentation optimale.
Ensuite, nous n'aurons plus qu'à ouvrir deux grands axes, un à l'est, l'autre à
l'ouest, qui permettront aux visiteurs d'accéder au parc. Ces aménagements
multiplieront la capacité d'accueil par trois ou quatre.
Monsieur Norvel ? Vous pouvez imaginer ce que cela représente ? On peut se
parler ? Excusez-moi un instant.
Qu'est-ce qu'il y a ? Vous ne répondez jamais à mes appels. Je suis très
occupé. Vous devez vous en douter.
Écoutez, j'aimerais me désengager de votre projet.
Je ne comprends pas ce que vous voulez.
On a enfin réussi à écarter tous les obstacles. Dans moins de deux ans, ce
sera fini et vous vous en mettrez plein les poches. Alors tout va bien. Non, au
contraire. Justement, tout ne va pas bien.
Il y a un souci, Marc ? Non, non, ça va.
C'est juste un investisseur local qui veut voir le terrain.
Tout le monde n'a pas les épaules pour jouer dans la cour des grands.
Au revoir, docteur.
On peut continuer, messieurs.
Un peu plus loin, il y aura une grande aire de jeu pour les enfants, avec des
manèges, une base de loisirs aquatiques et toutes sortes d'attractions.
Le complexe hôtelier sera construit juste à côté.
Oui, on peut considérer ça comme une preuve que votre mari a découvert le
manuscrit.
Mais vous ne l'avez jamais vu ? Non, il ne m'en a pas parlé, j'étais au courant
de rien.
Vous savez où il pourrait être ? Non.
Et vous pensez que votre mari a dit à Picard qu'il l'avait découvert ? Sinon,
pourquoi il nous aurait cambriolé ?
Excusez-moi.
Oui, allô ? Les techniciens ont réussi à récupérer une partie des données du GPS
de Picard. Vous avez de quoi noter ? Oui.
Une seconde.
Il n'y a pas de doute possible ? Ce sont les heures exactes ? Les données
satellites sont enregistrées et datées à la seconde près. C'est extrêmement
précis.
Ok. L'enfer, c'est les autres.
Sartre, je sais.
Si vous voulez vraiment apprendre quelque chose sur l'humain, lisez
Montaigne.
Kadek ? Oui ? Du nouveau surterrier ? Oui ! Pour l'instant, je ne suis allé
que dans deux banques. Mais dans ces deux banques, il a contracté des crédits
pour un montant total de 125 000 euros. Et depuis le mois dernier, il n'arrive
plus à rembourser ses mensualités. Le docteur semble ruiné. Pourquoi il a fait
ces emprunts ? Ah, tenez-vous bien.
Terrier a investi dans l'ambitieux projet de Danvel.
Il avait donc besoin d'argent et il devait s'assurer que le manuscrit de
Cadieux ne ferait pas capoter le projet.
Qui est le manuscrit ? La licorne. Enfin, la source.
Cadieux l'a trouvé.
Et le docteur Terrier a dû l'apprendre. De quelle source vous parlez ? Il y a
juste un détail qui cloche. Pourquoi il aurait précisément engagé Picard pour
voler le manuscrit ? Il ne pouvait pas se sentir.
On va l'interroger à nouveau. Je vais voir s'il est chez lui. Et vous, vous
allez à son cabinet.
Mais alors, qu'est-ce qu'on fait de Donvel ? On s'occupera de lui plus tard.
Pour l'instant, vous allez au cabinet de Terrier.
Madame Cadieux, ne bougez pas de chez vous. J'ai des questions à vous poser.
Allez, on le cherche toujours.
Allez, décroche !
Je ne vous ai pas entendue, j'étais sous la douche.
Est-ce que votre mari est là ? Il a dit qu'il avait encore une affaire à régler.
Qu'est-ce qui se passe entre vous deux, Madame Therrier ?
On
sait maintenant que Picard est parti de chez Cadieux à 10h10 et qu'il est arrivé
au lac à 10h45.
Peu après, on lui a tiré dessus.
Votre mari est immobile et c'est le principal suspect.
Mais il affirme qu'à cette heure-là, vous preniez le petit-déjeuner.
Pourquoi vous mentez ? Qu'est-ce qui vous a poussé à confirmer ces dires ?
Adeline, s'il vous force à faire quoi que ce soit,
n'hésitez pas à me le dire.
Je n'ai pas le choix, je suis complètement à sa merci.
Monsieur Terrier ! Je n'aurais jamais dû le quitter.
Même pour tout ce que j'ai aujourd'hui.
Paul a toujours eu foi en la bonté humaine.
Je sais, j'ai vu ses tatouages.
Plus croyant, ça n'existe pas.
Et pourtant, ça ne l'a pas empêché de faire un cambriolage et de tuer quelqu
'un.
Vous n'avez aucune idée de ce qu'il était.
Non, vous avez raison.
En revanche, je sais qu'on peut être poursuivi quand on fournit un faux alibi
à quelqu'un.
Alors je vous le redemande.
Où était votre mari hier à 11 heures ? Et vous, où vous étiez ? J'étais ici.
Et votre mari ?
Kadek ?
J'arrive tout de suite.
Adeline.
Je vais vous demander de ne pas bouger d'ici.
Quel merdier.
Il est encore chaud.
Ça remonte à moins d'une heure.
Un seul tir, sans doute dans la tempe.
À bout portant, c'est vraiment pas beau à voir.
C'est du 9 mm.
L'arme de Cadieux.
Chef, regardez.
L'affaire est élucidée.
Il avait un mobile évident, il a donné un faux alibi et voilà son aveu de
culpabilité.
Tout colle de A à Z.
Excellent travail.
C'est parfait.
Oui, parfait, Kadek.
Mais vous avez déjà vu une scène de crime aussi parfaite ? Ah.
Oh, et merde.
C'était clair.
Derrier connaissait son meurtrier.
Comme les autres victimes.
C'est pas un suicide.
Ah bon ? Mais enfin, le cambriolage, comment ? Picard a bien volé le
manuscrit pour le compte de quelqu'un ? Oui, c'est ce que je suppose.
Le meurtrier a retrouvé Picard au lac, il lui a pris le manuscrit et il l'a
tué. Alors pourquoi il l'aurait tué lui aussi ? Je vois pas trop l'intérêt.
Ou alors, en réalité, il ne s'agissait pas du tout du manuscrit. Si, j'en suis
certain. Seulement... Et si
Picard ne l'avait plus sur lui ?
Alors,
Picard a mis 35 minutes pour aller de chez Cadieux jusqu'au lac.
35 minutes. Alors que pour faire ce trajet, il en faut 20.
Moi aussi j'ai mis... Bon d'accord, donc il s'est sans doute arrêté quelque part
en cours de route. Oui.
Mais où ? Où est-ce que je planquerais ce manuscrit ?
Là.
Ici. Il l'a mis quelque part dans la chapelle.
Bon, et maintenant ? On reprend l'enquête depuis le début avec un
suspect en moins ?
Kadek, sécurisez la scène de crime.
Au revoir.
Pas un geste !
Posez
délicatement le manuscrit sur le banc et reculez.
Vous ne comprenez rien.
Si, au contraire.
Vous avez tué votre mari et votre ex-mari.
Et je viens de vous conduire là où vous pouviez trouver le manuscrit.
Il n'y avait qu'un endroit où un homme aussi pieux que Picard pouvait le
cacher.
Posez-le sur le banc.
Je commence à en avoir assez qu'on me dise sans arrêt ce que je dois faire.
Adeline, s'il vous plaît.
Pourquoi ? Pourquoi Picard ? Pourquoi Terrier ?
Vous voulez entendre ma confession ?
Puisqu'on est dans une église.
Fabien a dit à Paul qu'il avait trouvé le manuscrit pendant son voyage au pays
de Galles.
Il voulait s'en servir pour bloquer le projet du parc d'attractions.
Mais... Mais quand Paul a appris la valeur qu'il avait, il a tout de suite
imaginé un plan.
Il voulait le vendre pour prendre le large avec vous ? Mon preux chevalier
blanc.
Mon Lancelot.
Adeline, ça s'est mal passé, ça a mal tourné.
Oui, je l'ai, mais... Non, non, tout va pas bien ! Fabien est mort, je l'ai tué
! Tu comprends ? J'ai tué Fabien !
Ok ? Il voulait me
sauver.
Et m'emmener n'importe où, le plus loin possible.
Là où Bastien ne pourrait pas me retrouver.
Adeline, il m'a pas reconnu.
Il m'a pas reconnu.
Parce que... J'avais une cagoule.
Allez, reprends-toi.
C'était un accident, tu n'y peux rien.
Adeline, j'ai...
C'était mon meilleur ami et je l'ai tué.
Je l'ai tué.
Je me le pardonnerai jamais.
Il faut se rendre à la police.
Réfléchis aux conséquences.
Si on se rend à la police, Fabien sera mort pour rien.
Sa mort aura été inutile.
On n'a qu'à partir.
Maintenant, on a tout ce qu'il nous faut.
Tout ce qu'il nous faut, vraiment ? Ça ? Ça, c'est tout ce qu'il nous faut ?
Oh, merde ! Adeline, qu'est-ce qui se passe dans ta tête ?
Tu cours toujours après l'argent ? Et les titres de docteur ? Arrête-toi, c
'est si... Je vais aller en prison.
Sans doute pour quelques années.
Mais quand je sortirai, ne compte pas sur moi pour revenir.
Tu seras en train de pourrir ici, avec ton vieux médecin de campagne
poussiéreux et son roquet.
Et plus personne ne voudra te parler.
Parce que tout le monde saura ce que tu as fait.
Tu pourras dire adieu à tes amis.
Et à Blanche.
Donne-moi le manuscrit.
Je ne voulais pas faire ça.
Et votre mari, comment est-il arrivé jusqu'au lac ? Paul.
Paul, écoute-moi.
Paul, je suis là dans dix minutes.
Tu m'entends ? Je suis là dans dix minutes. Calme-toi, Paul.
Mais avant, il avait caché le manuscrit ici.
C'est là que s'arrêtait son amour pour moi.
Vous avez jeté son portable parce que le dernier numéro qu'il avait appelé était
le vôtre.
Alors tu t'es enfin lassée de lui.
Pourquoi vous n'avez pas tué votre mari tout de suite ? Il ne se passe pas une
seule minute sans que je me pose la même question.
Rentre à la maison, Adeline.
Prends ton vélo et va chez Blanche.
Il faut qu'on te voie, c'est important.
Dans une heure, j'appellerai la police.
Et je dirai que je l'ai trouvée ici.
Chérie.
Pour l'instant, c'est juste un homicide.
Il n'y a que nous deux qui savons que tu avais tout prémédité et que tu es venue
ici pour tuer Picard.
Tu sais bien que c'est faux. Qui te croit ? Qui te croit ? En
revanche, si un médecin respecté de tout son entourage dit qu'à l'heure du crime,
il prenait le petit déjeuner avec son épouse...
Et j'aime bien t'avoir près de moi.
Non, tu ne feras pas ça.
Il ne te resterait plus rien.
Rien.
Ça va aller, chérie.
Et maintenant, sauve-toi.
Sauve-toi ! Alors c'est Terrier qui avait
l'arme du crime.
Il avait enfin trouvé le moyen de me forcer à rester avec lui.
Pour lui, c'était un triomphe absolu.
Vous saviez que votre mari s'était endetté pour investir dans le projet de
Danvel, et que par conséquent, il avait un mobile.
Vous n'aviez plus qu'à le tuer et à faire croire à un suicide.
Peut-on vraiment être libre quand on a deux meurtres sur la conscience ? Vous
alliez avoir ce qui vous a toujours intéressé, l'argent.
Suivez-moi.
Adeline, qu'est-ce que tu as fait ? Qu'est-ce qui t'a pris ? C'était pour l
'argent ? Pourquoi tu m'as rien dit ? J'aurais pu t'en donner.
Tu m'as tout pris, Adeline.
Tout ce qui m'était cher.
Mon Fabien, je l'aimais.
Regarde-moi ! Quand je... Je pense que
tu as toujours été ma meilleure amie.
Pourquoi ?
Affaire résolue ?
Qu
'est
-ce
que c'est ? C'est pour ce bout de papier ?
Que mon mari est mort ? Il l'a cherché très longtemps.
Tenez.
Vous pouvez le garder.
C'est... C'est une découverte exceptionnelle.
Son nom restera à jamais lié à ce manuscrit.
Prenez-le.
Qu'est-ce que vous voulez que j'en fasse ? Grâce à ça, votre mari voulait sauver
la forêt qui les mettant.
Tenez.
C'est le numéro de l'expert qu'il voulait rencontrer.
C'est un type un peu bizarre.
Mais il vous aidera.
Quoi ? Deux meurtres, un cambriolage et un assassinat maquillant suicide.
Quatre affaires résolues en moins de 24 heures.
Le préfet veut un rapport avant 20 heures.
On est lundi, où est passé Rewal ? Le pauvre, ses deux enfants ont attrapé la
varicelle, ils ont une fièvre de cheval. Il a passé sa nuit à les soigner.
Là, il est chez le médecin.
Ah bon ?
Moi, je viens de sauver une forêt.
Tu as sauvé une forêt ? Brosséliande va être classée au patrimoine culturel, au
lieu de devenir un Disneyland du roi Arthur.
Kadek.
Bravo, c'est génial.
Oui.
Bon, c'est vrai que le chef a un peu contribué à ce succès, mais... Tu
veux un café ? Oui.
Oui, avec plaisir.
C'est super.
Claire ? T'es là ?
Salut.
Alors ? Pardon, je sais que j'aurais pas dû te laisser toute seule alors qu'on
vient juste d'emménager.
Mais... Cette affaire m'est tombée dessus.
Claire ? Où tu vas ? Attends !
Claire ?
Écoute, excuse-moi, je suis vraiment désolé. On va se baigner.
Pardon ? Se baigner.
Toi, moi, la mère.
Mais tu m'en veux pas ? Là, tout de suite.
C'est-à-dire que j'ai pas de maillot de bain.
C'est notre plage, Georges.
Je pourrais nous préparer un bon dîner avec des côtelettes d'agneau flambées
aux pastises. On va se baigner.
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