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André, tu peux arrêter de me harceler, s'il te plaît ? Je suis chez ma
couturière, voilà, tu es content ? Non, tu ne la verras qu'à l'église, chérie.
Oui.
Moi aussi, je t'aime.
A tout à l'heure.
C'est gentil d'être venu me chercher en voiture.
Mon fiancé m'aurait bien accompagnée, mais je ne voulais pas qu'il voit ma
future robe de mariée.
Bien, la victime est allongée sur le dos.
Nombreuses lésions sanctiformes de couleur brun rouge entourant ce qui
semble être l'orifice centré d'un premier projectile de calibre
indéterminé indiquent clairement le tatouage très particulier d'un tir à
courte distance.
Le second projectile, en revanche,
semble avoir été tiré à boutouchant.
Suis pulvérulente, peau parcheminée tout autour de la bouche.
Une balle dans l'abdomen et une autre dans la bouche ? Ça ressemble à un
contrat exécuté par un professionnel.
Apparemment, quelqu'un a fumé ici et puis a laissé la clope se consumer sur
le parquet.
S'il vous plaît.
Je vois mal la couturière faire ça dans son atelier.
En plus, il n'y a pas de cendrier.
Si ça se trouve, elle ne fume même pas.
Si c'est le tueur qui a fumé et que son ADN est répertorié, on sera vite fixé.
En tout cas, on n'a pas à faire un malin.
Le corps est souple et la cornée transparente.
Je dirais que la mort remonte à moins d'une heure.
J'ai interrogé la cliente de la couturière. Elle n'a rien à dire.
J'ai mis une voiture à sa disposition pour la raccompagner chez elle.
La couturière, Mme Colomard, attend dans le bureau à côté.
Elle en aura peut-être plus à raconter.
Non, désolé, les profs de la maternelle de ma fille sont en grève, donc j'ai dû
la ramener chez elle.
Désolé.
Je vais prévenir le commissaire Dupuis.
T'as moins de le faire.
Pourquoi il dit ça ? La victime s'appelle Mélanie Gassin.
C'était la fiancée du commissaire Dupuis, qui se trouvait être le meilleur
ami de le marchand.
Il paraît que depuis, Mélanie allait se marier dans un mois.
La noce aura tourné court.
Mlle Gassin est venue à l'atelier pour essayer sa robe une dernière fois parce
qu'elle était prête.
Je venais de la terminer.
Combien de temps Mlle Gassin a resté seule dans votre atelier ? Je dirais un
petit quart d'heure environ.
Juste le temps que j'aille chercher une autre cliente en voiture.
Ok.
Bon, vous revenez, vous découvrez le corps.
Mais avant, dehors par exemple, vous n'avez rien remarqué de spécial ? Quelqu
'un qui sera enfui ? Non, je n'ai remarqué personne.
Très bien.
Depuis quand vous connaissiez Mlle Cassin ? Environ six mois. Elle tenait
une librairie. Un jour, j'y suis passée par hasard et puis j'ai acheté tout
plein de revues spécialisées sur le mariage.
Et nous avons bavardé.
Je lui ai raconté que j'étais couturière et que je fabriquais des robes de
mariée. Et elle vous a demandé de lui confectionner la sienne. Oui.
Encore une question, madame Colomard.
Est-ce que vous fumez ? Non, je n'ai jamais fumé.
Quelqu'un de votre entourage peut-être ? Ou alors une cliente ? Euh, non.
Non. Et puis, l'odeur s'imprègne dans les tissus.
Alors personne ne fume à l'atelier.
Pourquoi cette question ? Évoluère calibre 32.
Fraternement celui qui a tué Mélanie Gassin, le tueur aura voulu s'en
débarrasser à la hâte pour la retrouver dehors, dans une poubelle.
Mon petit Michel, concernant les deux balles, on peut dire que t'as mis dans
le mille, si tu veux bien me passer l'expression.
Ai-je le choix ?
Le tatouage dû au grain de poudre caractéristique dans la région
abdominale, un phénomène antémortem qui prouve que la victime était vivante au
moment du tir.
Donc, c'est bien au niveau de l'abdomen que la première balle a été tirée.
Tout à fait, mon mimi.
D'ailleurs, vu l'hémorragie fulgurante qui a suivi l'impact, on peut dire que
la deuxième balle tirée dans la boue, complètement superflue. Le tueur a voulu
faire du zèle.
Et ce zèle l'aurait-il conduit à commettre d'autres méfaits ?
Tu veux savoir si le tueur a eu des velléités sexuelles ? En quelque sorte,
oui. Non, pas du tout. Par contre, ce que je peux te dire, c'est qu'elle a
connu le loup avant le mariage.
Il est loin le temps des jouvencelles que l'on épousaillait vierge.
Je vous serais gré de vous taire, docteur Salinas.
Car l'homme, défiancé de la défunte qui va entrer ici même, est mon meilleur
ami. Ne me juge pas trop vite, Michel.
Si je carburais pas au cynisme, ça fait belle durée de ce que j'aurais jeté l
'éponge.
Pourquoi ? Mais Michel, pourquoi ?
Commissaire
Dupuis, pourriez-vous nous dire si votre fiancé avait des ennemis ? Mélanie, tout
le monde l'aimait.
Ses parents, ses amis, d'ailleurs je les connaissais tous, c'était aussi les
miens.
Elle tenait une librairie pas loin d'ici. C'est pas le genre d'endroit où
on se fait des ennemis.
Et toi, André, avant de devenir commissaire, t'as passé 20 ans au stup.
Des ennemis, tu dois pas en manquer.
Le stup, c'est fini depuis 4 ans et tous les types que j'ai dû coincer sont à l
'ombre. Et puis, tu peux m'expliquer pourquoi s'en prendre à elle, me tuer
moi à la rigueur, mais pourquoi elle ? Tu vois, le modus operandi du tueur est
curieux et étrange.
C'est comme si... on avait affaire à un meurtre commis par un professionnel.
Mais non, Michel, mais non.
C'est impossible.
Je suis désolée, commissaire, mais il va falloir vérifier l'activité du portable
de Mélanie.
Au cas où quelqu'un l'aurait menacée par ce biais-là.
Vous comprenez ? Au cas où quelqu'un aurait harcelé Mélanie ces derniers
temps. Une vieille connaissance, quelqu'un qu'elle aurait bien connu.
Tu veux dire un ancien amant ? Écoute, Michel, tu ne prends pas de gants avec
moi. Tu fais ton boulot et tu retrouves le salaud qui a fait ça.
La seule chose que je peux te dire, c'est que Mélanie était fidèle et on s
'aimait.
Encore une fois, pardon de vous demander ça, commissaire, mais pour la forme, où
étiez-vous ce matin ? Oui... Ici, j'ai pris une journée de RTT, mais attends,
Michel, tu n'imagines quand même pas... La commandante l'a dit, c'était pour la
forme. Par hasard, est-ce que vous connaissez la couturière chez qui
Mélanie a été retrouvée ? Madame Colomard ? Non, ça me dit rien.
Et puis, de toute façon, je ne l'ai jamais rencontrée, puisque Mélanie...
Elle voulait faire une surprise pour la robe.
Une dernière chose, commissaire.
Mélanie fumait-elle ? Non.
On fallait arrêter il y a quatre ans quand on s'est rencontrés. Pourquoi ?
Pourquoi ? Parce que tu vois, on a retrouvé une cigarette consumée près du
corps de Mélanie.
Et si ni elle, ni la couturière ne fumaient, il peut s'agir du teur, non ?
On va vérifier ça.
Ce n'est pas possible.
Qui a pu faire ça ? Vous savez, un client déjanté, un fournisseur, il y a
beaucoup de gens qui passent dans une librairie.
Ce n'est pas une petite idée.
Il y a bien ce type, un grand brin mal rasé. Il est passé plusieurs fois à la
librairie pour parler à Mélanie.
Ils allaient toujours au fond de la pièce pour ne pas que j'écoute.
Et ces discussions, elles étaient animées ? Assez, oui.
Ils s'engueulaient franchement.
A 20h, il est encore passé. Il avait l'air furieux.
Mais Mélanie l'a mis dehors.
Comment il a pris ça, votre grand brin mal rasé ? Très mal. Il a même cassé une
lampe qui éclairait des livres.
Elle est où, cette lampe ? Ici. Je devais aller la faire réparer. Non, n'y
touchez pas. On va vous envoyer l'identité judiciaire. Ils vont
récupérer les empreintes. Moi, en attendant, j'aimerais bien prendre ces
illustrés. Vous croyez que ça va plaire à une fille de 4 ans ? Amandine est très
difficile.
Toutes les petites filles aiment cette BD.
Demandez à sa mère.
Je suis sûre qu'elle la connaît.
Elle a l'air très bien, cette bébé.
Oui, c'est quoi ? Elle va adorer ta fille.
Bonne, ce cadeau.
Bon, avant de commencer, je voulais vous dire que dans deux jours, j'aurai les
conclusions de l'enquête de l'IGS.
Bon, j'en connais pas encore l'issue, mais quoi qu'il arrive, je voulais vous
remercier de m'avoir soutenu. Voilà.
Tu m'étonnes, on est bien obligé. T'es tellement chiant quand tu déprimes
que... Non, mec.
Toi aussi, t'as été formidable.
Fais gaffe, hein.
Un mot de plus et je te redemande un mariage. Ah non.
Bon, puisque tout est dit, allons-y.
Michel.
Bien, la balistique a confirmé. L'arme du crime est bien le revolver retrouvé
dans la poubelle.
Seulement, ses numéros de série ont été limés.
Et il ne recèle aucune empreinte. Il nous sera donc très difficile de
déterminer son origine.
Donc le tueur l'a abandonné là, sachant qu'il ne risquait rien.
Bon, sur la couturière Yvonne Colomard, tout paraît clean.
Divorcée il y a trois ans d'un certain Montreux, elle a eu avec lui un fils
décédé il y a quelques années.
Depuis, elle vit seule dans son atelier et elle y bosse.
Adorée des voisins et des commerçants.
Apparemment, une vie tranquille.
Le tueur a agi promptement.
Madame Colomard a laissé Mélanie.
Un tout petit quart d'heure toute seule.
Quelques secondes pour descendre Mélanie, une minute pour fumer sa clope
avant de repartir.
Si c'est bien notre tueur qui a fumé, les analyses ADN sont en cours.
Dites-moi, le marchand, votre copain, vous ne croyez pas qu'il aurait pu... Le
commissaire Dupuis, vous voulez dire ? Oui, voilà, c'est ça, le commissaire
Dupuis, oui.
Qu'est-ce qui nous prouve qu'il s'entendait si bien avec sa fiancée ?
Pendant ce qu'on est là, si vous aviez perçu comme moi sa douleur, sa détresse,
À l'IML, vous ne douteriez pas de lui.
Oui, enfin, en même temps, 20 ans de stupes à un mec comme lui, ça peut
simuler, non ? Jean-Louis, je crois que le marchand est assez grand pour faire
la part des choses.
Que le commissaire Dupuis soit ou non son ami, n'est-ce pas, Michel ? D'autant
que je me suis renseigné, ce concierge devrait apporter son courrier.
A peu près à l'heure du crime, il aura appelé sa fiancée. À ce même moment.
Ah, merci.
Ah, et j'y ai déjà retrouvé les empreintes sur la langue cassée à la
librairie. Il s'agit d'un certain Jacques Portal, fiché pour vol à la
tire, raquettes et escroquerie. Voilà une piste.
Allez, on lève le camp.
Demain, Cisco, vous vous occupez de ce Portal pour qu'on le secoue un peu ?
Oui, euh... Oui, là, il faut que j'y aille pour prendre...
Stop. C'est que...
Il faut que...
Faut que j'aille maintenant, là.
Lefebvre, j'ai pas de conseils à vous donner, mais c'est pas Cisco qui viendra
taper à votre porte avec un enfant dans les mains.
C'est à vous de jouer, hein, sur ce coup-là.
Tu veux que je te dépose quelque part ? Chez toi ? T'as un...
Je suis ton ex-femme.
Là où tu vis.
Tu veux dîner avec moi et... et Amandine ? Il faut bien qu'elles me connaissent
un peu.
Surtout si on décide de... de vivre ensemble.
T'es sérieuse ? Tu sais... Vivre dans un appartement avec les souvenirs du maire
qui a foutu le camp... Je suis pas sûre que ce soit l'idéal pour ta fille.
Les souvenirs, elle peut s'en faire ailleurs.
Chez moi, par exemple.
Avec toi, hein.
Je veux dire avec nous.
Je sais pas quoi dire. Dis-vous.
Je te préviens, j'ai... J'avais prévu des pâtes.
J'adore les pâtes.
Je ne suis pas content.
Tu me vois fort contrit.
Ma dorade était trop cuite. Je n'arrive pas encore à maîtriser ton four.
Tu vas pouvoir te rattraper sur le moelleux.
Il est divin.
Merci Michel pour tous tes efforts.
Mais je n'ai pas faim.
Tu ne vas pas t'effondrer par maintenant.
Tu ne peux pas me laisser tomber.
J'ai besoin de toi pour retrouver l'assassin.
Le meurtre de Mélanie ne doit pas rester impuni.
Tu sais, j'ai réfléchi au modus operandi du tueur.
J'ai connu une bande de dingues quand j'étais au stup.
Des dealers qui terrifiaient leurs concurrents en pratiquant des exécutions
comme ça.
Leurs victimes se prenaient toujours de balles et la deuxième était toujours
tirée dans la bouche.
Et ces dealers, ils sont devenus quoi ? Ils avaient constitué un réseau, mais j
'ai réussi à le démanteler.
Après, j'ai eu ma promo, on m'a nommé commissaire, j'ai pris la tête de la
cinquième DPJ et j'ai quitté les stups.
Et c'est pas possible que l'un d'eux ait retrouvé ta trace ? Non, ils sont tous
en taule.
Goûte.
Goûte. Le chocolat va être froid.
Ah, il est bon.
Oui. Mais il est aimé.
Il n'est pas trop froid.
Tu sais ?
Désolée,
je suis en retard. J'ai fini la semis.
Je suis inquiété de savoir comment ma fille t'a trouvé.
Ah mais non, pas du tout. Super.
Elle a dit, Nina, elle est super.
C'est l'unat de suspect ? Oui, Portal.
Je le file depuis qu'il est parti de chez lui.
Et là, il rôde autour d'un librairie comme s'il attendait que... que le
dernier client sorte pour rentrer.
Si ce type est un ami de Mélanie, ça prouve que Dupuis savait pas tout sur sa
charmante fiancée.
C'est bon.
Tu te mets en retrait, au cas où il y a un pépin.
Ok.
Tu comprends ce que je te dis ? Oui. Je te conseille de la boucler, tu m'as
jamais vu, ok ? D'accord, je te dis rien.
Les flics sont déjà passés de voir ?
Ma poche, ça crève ! Ok, ok, ok. Ok, Portal, je baisse mon arme.
Je baisse mon arme.
Mais réfléchis bien, hein.
Ajouter une prise d'otage à ton pedigree va pas te louper aux assises. Non, j'ai
pas tué Médany ! Je le sais.
Faut juste qu'on vérifie, c'est tout.
Avant, laisse partir la femme.
Allez. Vas-y, casse-toi ! Enfoiré, je porterai pas le chapeau.
Hé, Portal.
Baisse ton arme, toi aussi, hein.
Descendre un flic, c'est pas bon, tu sais.
Quant aux circonstances atténuantes...
Tu peux oublier.
Allez, doucement, regarde.
Regarde, tu risques rien.
Va te faire foutre, enculé ! Et c'est pas de me baiser ! Police ! Baisse ton
flingue ! Baisse ton flingue ! Jette-le ! Jette ton flingue !
À genoux ! Les mains derrière la nuque !
Tu me parles mal ? Allez, avance.
Ouais, il y a dix ans, j'étais le mec de Mélanie.
Oh, il s'agit d'une erreur de jeunesse.
Pour Mélanie Gassin, j'entends. Mon cul, ouais ! La Mélane, elle était pas accro
qu'à sa cam, elle était aussi accro à moi.
Parlons-nous de la même Mélanie ? Tête jeune femme, librelle, douce, sans
histoire.
Issue d'un milieu favorisé ? Ouais, ça, c'est ce qu'elle fait croire aux autres.
Mais moi, je sais bien que la Mélane, c'est une roulure, qu'elle se défonçait
à mort et qu'elle dealait pour trouver sa cam.
Et sa famille de bourges, il y a 10 ans, elle leur crachait dessus.
Dis-moi, tu l'as rencontrée où, la Mélanie que tu nous décris ? Dans un
bar, à 4 Dues.
Elle faisait soi-disant son droit, mais elle passait son temps de les fourrer
dans la coque.
Moi, c'est pour elle que j'ai fait le con, le racket, tout ça.
C'est pour la sortir de la merde, pour qu'elle arrête de dealer pour trouver sa
cam.
Des années, on est restés à la colle.
Je l'aimais, moi.
Alors pourquoi avoir interrompu cette relation idyllique ? Je sais pas.
Un jour, la Mélane, elle s'est tirée.
J'ai cherché partout.
Dans les bars, là où elle dilait, même à la fac.
Mais pas moyen d'y mettre la main dessus, la pute.
Alors comment tu as fait pour reprendre contact avec elle ? J'ai appelé ses
vieux. Je me suis fait passer pour un pote à elle.
Faut croire que la Mélane, elle est revoyée.
Vous avez l'air tout contents, ces cons de bourges.
Leur petite roulure allait enfin rentrer dans le rang et épouser un flic comme
toi. Oui, ça va.
En tout cas, tu as trouvé logique, c'est bien ça, qu'après tout ce que tu avais
fait pour elle, ce soit à son tour de payer.
Ensemble, vous avez voulu faire chanter votre ancienne partenaire afin de lui
soutirer quelques subsides en la menaçant de révéler à son fiancé son
passé de délinquant. Hé, j'ai payé pour elle, hein, pendant des années.
Je veux dire que cette pute me renvoie l'ascenseur, c'est tout.
Seulement, elle a refusé, ça t'a rendu dingue.
Hier matin, tu l'as suivie dans l'atelier où elle devait essayer sa
robe. T'as attendu que la couturière se barre.
Et là, tu l'as vue.
Sublime dans sa robe de mariée.
Je conçois que vous n'ayez plus supporté la vision d'un tel bonheur.
Vous aviez tellement fait pour Mélanie.
Et elle se moquait de vos problèmes.
Alors la solution s'est imposée à vous, Mathieu.
Je voulais qu'elle me prête du fric, ça c'est vrai. Mais la veille du meurtre, à
ma tèche, comme une merde.
Alors, pourquoi être revenu à la librairie ? Pour que la vendeuse la
boucle. Je savais très bien que si on me trouvait, on allait me coller le meurtre
sur le dos.
Ah, ben voilà une pensée intelligente.
Dis-moi, t'étais où hier soir ? J'étais chez moi, dans ma piole à Barbès.
Quelqu'un partageait la couche de ton Tobi ? Non, j'étais seul.
Dommage.
Dommage.
Dis-moi...
Tu clopes ? Oui, je clope. Qu'est-ce que ça peut te foutre, à toi ? Ah, mais c
'est d'une importance capitale, voyez-vous. Parce que nous nous
demandons, mes collègues et moi, si le tueur n'a pas commis l'imprudence de
fumer sur les lieux du crime.
Monsieur Portal, nous allons prolonger votre garde à vue et à toute phase utile
faire pratiquer sur vous un prélèvement d'AD.
Donc, Lomar, avez-vous déjà vu cet homme dans votre quartier ou près de votre
atelier ? Non.
Je ne l'ai jamais vu.
Vraiment jamais.
Vous êtes sûre ? Oui.
D'accord.
Salut. Alors, vous avez vu le nouveau ?
Ouais, on vient d'arrêter quelqu'un qui connaissait votre fiancée.
Vous connaissez cette personne, commissaire ? Non, je ne crois pas.
Madame Colomard.
C'est elle, la couturière.
Madame Colomard.
C'est chez elle que Mélanie a été tuée.
Non, ça ne me dit rien.
Je ne la connais pas.
Très bien.
Je vous en prie.
Allons-y.
Commissaire, j'imagine mal qu'un homme tel que vous, commandant un groupe au
stup pendant 20 ans, n'ait pas eu vent du passé borderline de votre fiancée.
André, on peut admettre que la vie passée de Mélanie ne regardait qu'elle
et qu'après son décès, je ne veuille pas souiller sa mémoire.
Mais là, on a besoin de savoir.
Bon, quand j'ai connu Mélanie il y a quatre ans, elle était dans la cam jusqu
'aux yeux.
Je l'ai aidé à se désintoxiquer, je lui ai fait faire une cure, et après, on s
'est mis ensemble.
Dites-moi, commissaire, j'imagine qu'au stup, personne n'est au courant ? Il
faut dire que sortir avec une junkie, c'est pas l'idéal pour prendre du galon.
Écoutez, commissaire, le marchand a raison.
Le passé de Mélanie n'appartient qu'à elle.
Mais le dévoiler, c'est peut-être nous aider à retrouver son assassin.
Alors j'ai rencontré Mélanie au cours d'une rafle avec d'autres camés. À l
'époque, elle sortait avec Portal, un paumé comme elle. Elle l'a quitté.
Lui et tous ceux qu'elle voyait à l'époque pour partir avec moi.
Et Mélanie a définitivement arrêté la cam ? Oui, elle a même arrêté de fumer.
De fait, les analyses toxicologiques prouvent qu'aucune substance narcotique
n'était dans son corps.
Vous saviez, commissaire, que Portal revoyait Mélanie ? Non.
Mais je suppose qu'elle ne m'a rien dit pour ne pas m'inquiéter. Elle voulait
pas que... J'imagine que tout allait recommencer.
Commencer à tout ? Bon, d'accord, Mélanie abusait un peu sur la dope, mais
elle dirigeait quand même pas le trafic de Medellin.
André ? C'est sûr de ne plus rien nous cacher.
Écoute, Michel, je vous ai tout dit.
D'accord ?
Avouez Michel que le comportement de votre ami est étrange.
Il est sûrement très affecté par la mort de sa fiancée, mais il dirait qu'il nous
cache un truc.
En plus, j'ai l'impression qu'il a reconnu la couturière, Yvonne Colomard.
Je ne vois pas en quoi cette femme pourrait être impliquée. Mais Cisco et
Lefebvre vont voir son ex-mari, histoire d'en savoir un peu plus sur elle.
Avant, j'étais dans les assurances.
J'ai tout plaqué quand je me suis séparé d'Yvonne.
Je voulais changer de vie et rencontrer d'autres gens.
Ça c'est sûr qu'en faisant le taxi, on rencontre beaucoup de monde.
Oui, mais c'est pas ça qui vous permet de tout oublier.
Oublier quoi, monsieur Montreux ? Ma femme, Yvonne.
Et puis surtout mon fils.
Monsieur Montreux, pourquoi vous êtes-vous séparé avec votre femme,
madame Colomar ? Justement, à cause de notre gamin, Félix.
S'il n'était pas mort, on serait encore ensemble avec Yvonne.
Qu'est-ce qui s'est passé ? Félix était un bon petit gars.
Mais il a mal tourné.
Il vendait de la drogue.
Un jour, il a été tué par une fille, une folle dingue.
Sophie Daguerre.
C'était affreux.
Le coup de revolver.
Une balle dans le ventre et l'autre dans la bouche.
Je me suis montré...
Vous vous souvenez du nom d'un policier ou quelqu'un qui a enquêté sur la mort
de votre fils ? Oui, il y avait un flic qui était vachement bien.
C'est lui qui avait arrêté la meurtrière de Félix.
Comment il s'appelait ? Durand, je crois.
Non, non, c'est pas ça.
Du... Du Puy.
Oui, il s'appelait Du Puy.
Il était vachement bien.
Merci. Excusez-moi, vous êtes libre ?
Oui, je peux.
Merci. Au revoir.
Vous allez où ? Le
commissaire
Dupuis a sûrement reconnu la couturière.
Madame Colomard, avec son mari, a eu un fils, Félix.
C'était un dealer.
Ce Félix a été tué il y a quatre ans lors d'un règlement de compte.
C'était les stups puis la crime qui étaient sur le coup.
Et alors ? C'est une dealeuse de son propre gang, une certaine Sophie
Laguerre, qui aurait dessoudé Félix.
Deux balles dans le corps, une dans le ventre, l'autre dans la bouche.
Le plus beau, c'est que la commissaire Dupuis, à l'époque, était chef de groupe
aux stups.
Il était en plan que, pas loin du lieu du crime, c'est lui qui aurait récolté
les premiers éléments d'enquête.
Mais quel rapport avec la couturière ?
Ce jour-là, elle avait suivi son fils, Félix.
Elle a vu se faire tuer sous ses yeux.
C'est Dupuis qui a recueilli son premier témoignage, avant que la crime n'arrive
sur les lieux.
Bon, donc, si je résume, la couturière voit son fils se faire buter, Dupuis en
planque dans le coin à prendre sa déposition.
Même quatre ans après, je ne peux pas croire qu'il ne l'ait pas reconnu.
Michel, on retrouve Mme Colomard, aujourd'hui, sur le lieu du crime, de la
fiancée de votre amie.
Drôle de hasard, quand même, non ?
Écoutez, il nous faut revoir Mme Colomard et le commissaire Dupuis.
Quel rapport entre cette affaire et le meurtre de mon fils ?
Apparemment aucun, sauf que le commissaire Dupuis a pris votre
déposition à l'époque et que sa fiancée a été tuée il y a deux jours chez vous.
Exactement comme on a tué votre fils.
Effectivement.
Je me rappelle de monsieur Dupuis.
Mais je n'avais pas fait le rapprochement avec mademoiselle Gassin.
Elle ne m'a jamais dit son nom.
Madame Colomard, vous vous rappelez de ce qui s'est passé le jour où votre fils
a été tué ?
Je savais que Félix traficotait dans la drogue.
Je voulais en être sûre.
Alors je l'ai suivi.
Il avait rendez-vous dans le hall d'un immeuble avec une femme.
Je me rappelle que cette femme fumait.
Je ne pouvais pas entendre leur conversation.
Mais j'ai vu un moment qu'ils se disputaient.
Alors la femme a laissé tomber sa cigarette.
Elle a pris une arme.
Et elle a tiré sur mon fils.
Deux fois.
Une balle dans le ventre et une autre dans la bouche, c'est ça ? Vous avez
réussi à voir le visage de cette femme ? Oui, quand elle s'est enfuie.
Et heureusement, le lendemain, Monsieur Dupuis a réussi à arrêter la meurtrière
de mon fils, Sophie Daguerre.
C'est donc simplement un hasard si Mélanie s'est retrouvée chez vous quatre
ans plus tard.
Oui, il n'y a pas d'autre raison.
Et puis pourquoi je lui en aurais voulu ? Son fiancé m'a vengé de la mort de mon
fils.
Est-ce que je peux aller déposer cette robe chez une cliente ? Bien sûr.
Un
marchand
? Oui.
Elle chante.
Merci.
C'est normal que son nom ne te dise rien.
Il a repris son nom de jeune fille après son divorce.
Mariée, elle s'appelait Montreux, comme son fils, Félix Montreux.
Son visage devrait te dire quelque chose, non ? Ah oui, maintenant je me
rappelle bien d'elle.
Félix Montreux était un petit dealer que je filochais. Ce jour-là, j'étais en
planque à l'extérieur de l'immeuble où il avait rendez-vous. J'ai bien vu sa
mère rentrer derrière lui, mais évidemment, à ce moment-là, je ne savais
pas que c'était sa mère.
Et à quel moment as-tu investi l'immeuble ? Avant ou après les coups de
feu ? J'ai vu la meurtrière s'enfuir et puis j'ai retrouvé la mère de Félix à l
'intérieur de l'immeuble. Elle était à ses pieds, elle essayait de faire
quelque chose, t'imagines bien.
Vu les dégâts, il n'y avait plus rien à faire.
C'est grâce à son témoignage que tu as arrêté l'assassin. Oui, Sophie Daguerre.
qui avait déjà des sous des deux dealers de son réseau, elle était complètement
parano, elle tuait ses amis, pensant qu'ils bossaient pour des concurrents.
Tu es certain que Sophie Daguerre était ta meurtrière ? Oui, bien sûr que c'est
certain.
J'ai retrouvé chez elle le flingue qui avait servi à buter Félix.
Comme elle avait déjà descendu deux autres types, elle a pris perpète.
Une balle dans le ventre et une autre dans la bouche pour Félix, même tarif
pour Mélanie, ça n'aura aucun rapport.
Peut-être un membre du réseau de trafiquants démantelé par Dupuis, qui a
fait surface.
Et il se vengerait sur la fiancée au lieu de se faire tirer le flic ? C'est
une hypothèse à envisager.
Je vais éplucher le dossier d'enquête de l'époque et passer la nuit s'il le faut.
Je peux t'aider si tu veux.
Il faut voir aussi cette Sophie Daguerre en prison.
Elle pourra peut-être nous renseigner sur les membres de son réseau.
Chacun ici connaît ma probabilité, mon acharnement à découvrir la vérité.
L'amitié que je porte au bon commissaire Dupuis.
ne me détournera pas de ma voix.
Je vous espérais que c'est clair pour tout le monde.
C'est très clair, Michel.
Et personne n'en a jamais douté.
Tiens, regarde ça.
Une copie du pensée verbale de Sophie Daguerre.
Elle a bien avoué les deux premiers meurtres pour lesquels elle a été
suspectée, mais pas le troisième.
Pas celui de Félix, le fils de la couturière.
C'est bizarre.
Avec les deux premiers, elle était assurée déjà de prendre perpète.
Pourquoi ne pas avouer celui de Félix ? Surtout qu'on a retrouvé l'âme du crime
chez elle.
On verra ça demain, à la prison avec Sophie Daguerre.
Oh, je suis naze.
Il est tard.
Ouais, il est tard.
Dis-moi, tu fais un truc ce soir ? Non, rien.
Tu veux venir dîner à la maison ? Pourquoi pas.
On avait pas dit qu'on mangerait d'abord ? Euh... Oui, si.
T'as raison.
J'ai peut-être pris perpète mais mon temps y est compté. J'ai muscu dans 5
minutes. Alors les petits flics vont poser leurs petites questions vite fait,
bien fait, puis après ils iront se faire sodom les gros morts. D'accord, madame
Daguerre. Mademoiselle. C'est ça, mademoiselle Daguerre, pourquoi ne pas
avoir avoué le meurtre de Félix Montreux ? Qui est con celui-là ? Parce que je l
'ai pas buté, tiens. Vous savez, vous avez été jugé, hein. Ce que vous direz
ici ne changera rien.
Eh, du con, là, joue à la gueule en pente, là.
Les deux ozos, là, ouais, je les ai butés, puis bien butés encore.
Mais tu sais, au bâtard de Félix, je l'ai pas buté.
Je l'aimais bien, moi, je baisais avec.
Alors,
Qu'est-ce qu'il y a avec vous ce chelou ? Et pourtant on a retrouvé l'arme du
crime chez vous. Ah on a pourtant retrouvé l'arme du crime chez vous ? Et
dis-donc ma tante Colombo tu sais quoi ? C'est ce gros bâtard de Dupuis qui m'a
chargé. Et tu sais pourquoi qu'il m'a chargé ? Parce qu'il voulait que j'avoue
le meurtre de Félix. Voilà ce qu'il voulait cet enculé de sa race.
Même sa mère à Félix.
On l'a pas reconnu formellement, voleur.
Et pourtant elle a assisté au meurtre de son fils non ? Ah bah ouais mais elle
croyait que c'était quelqu'un d'autre. Et personne n'a pris son témoignage au
sérieux. Bah l'eau.
J'avais déjà les deux meurtres sur le dos.
Plus le flingue qu'a buté Félix en barraque, eh ben devine que le jury a
pas fait de détails.
Pourquoi Dupuis voulait absolument vous faire avouer ? Ben pourquoi ? Parce qu
'il voulait qu'on boucle son enquête vite fait, bien fait, voilà pourquoi.
Je sais pas lui, peut-être une tête qu'il y revenait pas.
Bien aimé pour les homos.
Ou alors je sais pas, c'était peut-être un connard d'hétéro de base qui aime pas
les vraies femmes.
Hein ? Qu'est-ce que t'en penses ma tante ? Et l'arme qu'on a retrouvée chez
vous, qui l'a remise là ? Eh ben le gros con de Dupuis pendant la perquise, hello
! Il lui fallait un coupable à tout prix.
Bon allez hop là, on achève le schmitt de mort.
J'ai de l'enfant à soulever.
Oh !
Sophie
Daguerre était sincère.
Je suis sûr que Dupuis l'a chargée pour protéger quelqu'un d'autre.
Une autre fille qui aurait tué Félix ? Une indiquée lui ? Vous pensez à
Mélanie, la fiancée de Dupuis ? Mais Mélanie aurait été quoi ? Une couverture
? Pourquoi pas ?
Une fille infiltrée dans le réseau de trafiquants de drogue dont s'occupait
Dupuis.
Une ancienne caménotoire, elle avait bien le profil.
Dupuis n'aura eu qu'à exfiltrer Mélanie juste après son enquête, comme si elle n
'avait jamais été son indique.
Commandant, pouvez-vous me laisser le dossier d'enquête sur la mort de Félix
que je m'y attelle à mon tour ? Bien sûr, Michel.
Merci. N'obstant, le commissaire Dupuis a peut-être commis quelques actes
répréhensibles de par le passé.
Néanmoins, je reste convaincu qu'il n'est en rien impliqué.
La mort de sa fiancée.
Le labo vient de trouver l'ADN sur la cigarette.
C'est pas celui de Portal, c'est pas non plus celui de la couturière.
C'est celui de Mélanie.
Non, c'est absurde.
Mélanie avait arrêté de fumer, alors... Oui, commandant Le Marchand, à qui ai-je
l'honneur ? Oui, André, oui.
Oui, l'enquête progresse, oui.
Tu veux en parler, maintenant ? Écoute, j'arrive tout de suite.
Bon courage, Michel.
C'est quoi ? Dossier sur la mort de Félix.
Mon groupe pense qu'il y a un rapport avec le meurtre de Mélanie.
Mais depuis hier, vous avez du concret ? Oui, oui.
L'ADN retrouvé sur la cigarette, c'est celui de Mélanie.
Mais pourquoi Mélanie aurait fumé une cigarette avant qu'on la... Qu'est-ce qu
'il y a, André ? Ça va pas ?
Si, si, ça va Michel.
Je suis fatigué.
Je viens de comprendre le lien qui existe entre...
Ces deux meurtres entre celui du petit dealer, Félix, et celui de la fiancée de
mon ami.
Dans le procès verbal relatant la mort de Félix, il n'est pas fait mention d
'une cigarette qui a été retrouvée sur le lieu du crime.
Et aucune cigarette ne figure dans les scellés.
C'est impossible.
La mère de Félix a affirmé que la fille qui a tué son fils avait fumé avant de
le buter.
C'est bien Dupuis qui est arrivé le premier sur la scène de crime, non ?
Oui. Et si quelqu'un a fait disparaître cette cigarette ?
C'est lui ? Et s'il a fait ça, c'est pour qu'on ne retrouve pas l'ADN dessus.
L'ADN qui devait être celui de Mélanie.
Sans cet élément capital, personne ne pouvait être accusé.
Mélanie, André avait donc les mains libres pour arrêter Sophie Daguerre et l
'accuser de ce meurtre.
Mais Michel, ça n'a pas de sens. Pourquoi Mélanie aurait-elle fumé une
cigarette avant de mourir ? Elle a fumé parce qu'on l'y aura obligé.
Parce que depuis le début, l'assassin veut nous mettre sur cette piste.
Voilà, et sinon nous, du moins, le commissaire Dupuis.
C'est lui que l'auteur cherchait à atteindre.
Il cherchait à confondre.
Puis, Mélanie a laissé tomber sa cigarette à côté d'elle. Qui savait que
Mélanie, qui fumait à l'époque, avait abandonné sa cigarette au pied de Félix
avant de le tuer ? La mère de Félix, Mme Colomard, présente sur les lieux.
Pourquoi Mme Colomard aurait fait un truc pareil ?
Elle ne veut qu'une seule chose.
Elle veut qu'on réouvre l'enquête sur la mort de son fils parce qu'un jour, elle
a compris que l'assassin de son fils courait toujours.
Mais en tuant Mélanie, elle s'est vengée.
Non, son désir n'était pas de se venger.
Ce qu'elle veut, c'est que justice soit faite. Elle l'a tuée pour que son fils
ne soit pas mort pour rien.
André est en policier, madame Colomard.
Vous savez très bien qu'on le tiendra au courant de l'évolution de cette enquête.
Tous les signes, toutes les traces qu'elle laissait derrière elle, ainsi
que sa présence sur les lieux du crime, la cigarette consumée, tout ça a été
destiné à faire comprendre à André.
qu'elle était responsable du meurtre de sa fiancée.
Elle a tué uniquement pour faire tomber Dupuis.
Parce que lui seul pouvait dire la vérité sur cette histoire de clope.
Et maintenant, il faut qu'il parle.
Certes, André va devoir dire la vérité s'il veut qu'on arrête Mme Colomard.
Et la vérité, voyez-vous, il la sait.
Vous êtes sûr, Michel ? Oui.
Il a compris quand je lui ai certifié que Mélanie avait fumé cette cigarette.
Je me suis imaginé l'état de désespoir dans lequel il est en ce moment.
Pourquoi cet homme emporte-t-il mes vêtements ? Ce sont bien les affaires
que vous portiez le jour du crime ? Oui.
On va vérifier qu'il n'y a pas de micro-taches de sang qui auraient giclé
quand vous avez tué Mélanie Gassin.
Je les ai lavées depuis.
Rassurez-vous, le sang résiste aux lavages les plus forts.
Madame Colomar, on sait que vous avez agi comme ça pour que le commissaire
Dupuis se mette à parler.
Et on sait aussi que vous ne supportez pas l'idée que votre fils était victime
d'une erreur judiciaire.
Je ne comprends pas.
Le commissaire Dupuis a fait du bon travail puisque l'assassin de Félix est
en prison.
Non, l'assassin de Félix, il est mort.
Puisque vous l'avez tué.
Vous avez une preuve ? Patanque Dupuis n'aura pas parlé.
Alors qu'il parle.
On sait que c'est ce que vous voulez.
On sait que vous êtes prête à aller en prison pour le restant de vos jours, dès
qu'il aura parlé.
Au fait, madame Colomard, comment vous avez fait pour retrouver Mélanie ?
Comment vous avez su qu'elle était la fiancée du commissaire Dupuis ?
Bien.
Mme Colomard, je vous place en garde à vue.
C'est un magazine People qui date d'il y a six mois. On l'a trouvé dans la
chambre de Mme Colomard.
Il y a un article sur la fête donnée à l'honneur de la nomination du nouveau
préfet de Paris.
Et sur une photo, on voit Dupuis qui enlace Mélanie.
Avec l'intitulé « Le commissaire Dupuis et sa fiancée Mélanie Gassin ».
C'est comme ça que Mme Colomard les a retrouvées.
André étant dans l'annuaire, Mme Colomard n'a eu aucun mal à apprendre
que Mélanie tenait une librairie.
Et elle s'est servie de son métier de couturière pour fermer Mélanie avec sa
robe de mariée.
C'est bien joué, hein ? Bien joué, tellement bien joué qu'on n'a plus rien
contre elle parce que le magazine, c'est pas une preuve. Mme Colomard pourra
toujours dire qu'elle a jamais lu l'article.
Seule la confession de Dupuis nous sortira de l'impasse.
Je me suis trompé sur le compte d'André.
Il a joué de mon amitié pour me cacher la vérité.
C'est à moi de l'inciter à parler.
Laissez-moi faire, commandant. Bien sûr, Michel.
Allez-y.
André ?
Nous avons cherché à établir le lien entre le meurtre du dealer et celui de
ta fiancée.
Il n'y en a pas.
En ce qui concerne la cigarette, je crains fort qu'il ne s'agisse d'une mise
en scène d'un jeu pervers de la part du tueur.
C'est-à-dire ? Il aura obligé Mélanie à fumer parce que ça l'excitait.
La dernière cigarette du condamné à mort.
Mais vous ne savez toujours pas qui a fait ça ? Si.
Si nous pensons...
Qu'il s'agit de Portal.
L'ex-fiancé de Mélanie.
Tout l'accuse.
Il finira par craquer.
Fais gaffe, cette histoire de balle dans la bouche, c'est quand même pas Portal
qui aurait pu inventer ça tout seul.
Il aurait peut-être cherché ailleurs.
Du coup, t'es des dealers.
T'inquiète pas, André.
Nous ne commettrons pas d'erreur judiciaire.
Portal est notre homme et il va parler.
Je t'accompagne.
Je t'appelle dès que Portal aura avoué.
Mais si il n'avoue pas, je lui donne toute chance aux assises.
C'est pas Portal qui a tué Mélanie.
C'est la couturière, Madame Conomar.
Mélanie était devenue mon meilleur indique. Personne au stup ne savait que
je l'avais infiltrée. Comme ça, pas de fuite. C'est bien pour ça que c'était la
meilleure. Pourquoi Mélanie a tué Félix, le fils de la couturière ? Elle était en
danger.
Félix avait découvert qu'elle sortait avec moi. Il voulait la balancer au type
du réseau.
Elle n'a pas eu le choix, alors elle a buté Félix.
C'était elle ou lui ?
L'âme avec laquelle Mélanie a tué Félix, c'est vous qui l'avez déposée chez
Sophie Daguerre ? Oui, pendant la perquise.
Daguerre avait déjà tué deux fois.
Elle faisait une coupable idéale.
Qu'est-ce que vous avez fait de la cigarette de Mélanie ? Je l'ai ramassée
et comme Mme Colomar m'a vu le faire, je lui ai dit que j'allais mettre ça sous
scellé en arrivant au bureau.
En fait, ça a fini à la poubelle.
Donc vous avez fait tout ça pour sauver votre indique ? Mais non, d'un chien.
Mais Daguerre avait déjà tué deux fois. De toute façon, elle allait prendre
perpète et...
Et Félix, c'était une petite pourriture.
Pas pour sa mère.
Elle n'avait qu'un seul fils.
Mme Colomard a pas dû comprendre pourquoi on envoyait en taule quelqu'un
d'autre que Mélanie.
Mais elle a rien pu faire.
Son témoignage a pas pesé bien lourd.
C'est en voyant cet article que Mme Colomard a compris la supercherie. Oui.
Elle a compris que vous étiez le complice de l'assassin de son fils.
Alors elle a tué Mélanie.
En espérant qu'on réouvre l'enquête.
Et elle a laissé des indices que seuls vous, commissaire, étiez en mesure de
comprendre.
Pour que je finisse par vous parler.
André, tu sais ce que tout ça va te coûter ? Bon,
j'ai couvert mon indique et il s'avère que c'était la femme que j'aimais.
Mais si j'avais lâché Mélanie, on l'aurait tuée. Et le réseau serait
toujours en activité.
Je te le demande, Michel, toi, qu'est-ce que t'aurais fait à ma place ?
Madame Colomard, l'enquête sur la mort de votre fils va être réouverte.
Mais l'auteur des faits, Mélanie Gassin, étant décédée, il y aura extinction de l
'action civile et publique. Cela ne mènera donc à rien.
Depuis quand vous prépariez votre vengeance ? Depuis cette erreur
judiciaire.
Mon fils est mort.
Je me moque de ce qu'il était.
Un jeune homme qui a mal tourné, un vaurien.
Mais c'était mon fils.
Dupuis va payer pour ce qu'il a fait.
Et ça va vous coûter beaucoup plus cher.
Meurtre avec préméditation.
Vous allez finir vos jours en prison.
Ça m'est égal.
Je suis morte le jour où on m'a tué mon fils.
Je suis prête à payer.
Tout ce que je regrette, c'est d'avoir tué Mélanie.
Désolée comme ça, mais il le fallait.
C'est toujours dur de se tromper sur les gens qu'on aime. Bah oui, surtout quand
on ne les voit pas comme ils sont.
Par exemple, vous le marchand, bien malin serait celui qui prétend vous
connaître. Écoutez, cultiver le mystère est un moyen de se protéger des autres
et aussi de soi-même.
Bon, je ne vous ai pas dit que j'ai eu le divisionnaire.
L'IGS a conclu.
Donc là, c'est mon dossier sans suite.
C'est bien ça, je suis content.
Je suis content pour nous surtout parce que j'en ai payé un peu.
Avec ce qu'on a supporté, tu peux même nous payer à bouffer.
Dis donc.
Écoutez, j'exulterais si mon tempérament s'y prêtait comme en dents, mais je me
dirais simplement que je suis ravi.
Ouais.
Jeanne, cache ta joie.
Tu crois que ça m'amuse que tu n'es pas chef de groupe ? Maintenant, je dois
chercher du boulot.
Ah ben non ! Ah non, nous, on s'est habitués.
C'est vrai, en plus, t'es chiant comme chef.
Quoi ? C'est pas moi qui le dis.
Regardez-moi cette bande de faux-culs, là.
Seriez-vous pas un tantinet sous-pollet, commandant ? Sous-pollet, moi ? Vous
foutez de ma gueule ou quoi ? Vous avez gagné, commandant.
Voilà. Je vous l'avais dit, hein, qu'il le prendrait mal.
Et on change pas, même en 20 ans.
En même temps, c'est ce qui fait son charme. Eh oui, c'est pour ça que je l
'adore.
Ah ouais, c'est amusant, hein. C'est très amusant, ouais.
Ça fait 20 ans que ça dure. Ouais, c'est ça.
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