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PRIPIAT, 25 AVRIL 1986 DOUZE HEURES AVANT L'EXPLOSION
Il para�t qu'ils vont promouvoir Brioukhanov.
Ce l�ger souci que nous avons avec l'essai de s�curit�...
Si nous arrivons � le mener � bien,
je suis s�r qu'une promotion serait possible.
Peut-�tre m�me � Moscou.
Naturellement, c'est moi qui le remplacerai
et il faudra quelqu'un pour reprendre mon poste.
Je pourrais choisir Sitnikov.
J'aimerais proposer ma candidature.
J'y penserai.
Viktor Petrovitch...
Les pr�parations pour l'essai avancent bien.
Le camarade Diatlov a travaill� sous mon ordre
et la puissance du r�acteur a �t� baiss�e � 1 600 m�gawatts.
Avec votre accord,
nous allons continuer � la diminuer...
Il faut attendre.
Y a-t-il...
Vous allez me demander s'il y a un probl�me ?
Vous voyez la t�te que je fais ?
Trois ans que j'essaie de finir cet essai.
Trois ans !
Le gestionnaire de r�seau � Kiev m'a appel�.
On ne peut pas baisser la puissance davantage
avant au moins dix heures.
Un gestionnaire ? D'o� se permet-il...
Ce ne sont pas ses ordres, Diatlov.
C'est la fin du mois.
Il y a les quotas de productivit�...
Tout le monde travaille,
il faut du jus, les ordres viennent d'en haut.
On ne saura jamais de qui.
On doit laisser tomber ou pas ?
Je ne pense pas.
S'il faut attendre dix heures,
on attendra.
Y a-t-il un risque pour la stabilit� ?
- Non, je pense... - Ce n'est pas � vous que je parle.
Il n'y a aucun risque.
On reste � 1 600 m�gawatts, je rentre me reposer
et je reviendrai ce soir, pour l'essai.
Je le superviserai personnellement.
Ce sera une r�ussite.
Je ne reste pas non plus.
Appelez-moi � la fin.
TCHERNOBYL
MOSCOU MARS 1987
Comment vous sentez-vous ?
Vous avez vu le m�decin, hier, comment allez-vous ?
Vous l'ignorez ?
�a vient de Vienne.
Vous comprenez l'allemand ?
Il est �crit :
"Enfin un scientifique sovi�tique qui dit la v�rit�."
Je n'aime gu�re le sous-entendu,
mais on peut dire que vous avez fait excellente impression.
Vous �tes plut�t dou� pour �a.
Pour quoi ? Pour les mensonges ?
Pour la diplomatie, Legassov.
L'Ouest est satisfait de savoir
que la catastrophe est due � des erreurs humaines.
Ce qui est en grande partie vrai.
Nous pouvons vous en remercier
et nous allons le faire.
H�ros de l'Union sovi�tique ?
Notre plus haute distinction.
M�me moi, je ne l'ai pas re�ue.
Promotion au poste de directeur de l'Institut Kourchatov.
C'est trop d'honneur.
Ne jouez pas les faux modestes, Valeri Alexeyevich.
Ces r�compenses ne sont pas encore � vous.
- D'abord, vous allez t�moigner. - Camarade Charkov...
Je connais mes devoirs envers l'�tat.
Mais vous nous avez promis des choses.
Les r�acteurs devaient �tre modifi�s.
Cela fait des mois et rien n'a eu lieu.
- Pas m�me une discussion. - D'abord...
Il y a le proc�s.
Une fois que nous aurons nos coupables,
nous aurons nos h�ros
et nous aurons notre v�rit�.
Apr�s tout �a, nous nous occuperons des r�acteurs.
Vous �tes venue en train ?
Oui, je suis venue en train.
Maintenant, parlons de Vienne.
Je ne suis pas venue vous gronder.
Je sais comment marche le monde, quoi qu'en dise Chtcherbina.
Et donc ?
Pourquoi �tes-vous l� ?
Parce que je suis une t�te de mule...
Comme vous l'esp�riez.
Charkov dit qu'ils r�pareront les r�acteurs
apr�s le proc�s.
Et vous le croyez ?
L'�tat ne r�parera jamais les r�acteurs volontairement
car reconna�tre le probl�me serait admettre le mensonge.
Il faudra les y obliger.
Lors du proc�s,
vous direz la v�rit�.
Vous devrez convaincre le jury.
Ce proc�s est une farce.
- Le jury conna�t d�j� le verdict. - Je ne parle pas d'eux.
Le Comit� central
a invit� des membres de la communaut� scientifique
� assister au proc�s.
Nos coll�gues.
De Kourchatov,
des minist�res de l'�nergie et de l'armement.
Ils seront l�, � �couter tout ce que vous avez � dire.
Nous seuls saurons que ce jury est l�.
Quand vous en arriverez � parler du moment de l'explosion,
alors notre jury entendra enfin la v�rit�.
- Et qu'en feront-ils ? - Ils exigeront un changement.
Et pas seulement sur les RBMK, mais en profondeur.
Ils ne peuvent pas s'en sortir sans nous.
Vous savez ce qui est arriv� � Volkov ?
L'homme qui a �crit le rapport ?
Ils l'ont simplement renvoy� de son poste � l'Institut.
Il a �t� vir� parce qu'il savait.
Vous pensez que ces scientifiques s�lectionn�s pour assister au proc�s
se sentiront soudain pousser des ailes gr�ce � moi ?
Gr�ce � ma fa�on h�ro�que de tenir t�te � l'�tat ?
Oui.
- Pourquoi ? - Car vous �tes Valeri Legassov.
Vous �tes quelqu'un d'important.
J'aimerais croire que ma parole pourrait suffire,
mais je sais comment fonctionne le monde.
Ils me crucifieront,
Khomyuk.
Vous m'avez demand�
de d�couvrir la v�rit�.
J'ai parl� � des dizaines de personnes.
Tout ce qu'elles m'ont dit
est �crit
dans ces cahiers.
Ces t�moins-l� sont encore en vie,
ceux-l� sont morts en tentant de sauver les autres,
en �teignant l'incendie, en soignant les bless�s...
Ils n'ont pas h�sit�.
Ils ont fait ce qu'ils devaient faire.
Moi aussi.
Moi aussi...
Je suis all� de mon plein gr� voir un r�acteur �ventr�.
J'ai d�j� donn� ma vie...
N'est-ce pas suffisant ?
Non. Pardon, mais �a ne suffit pas.
VILLE DE TCHERNOBYL JUILLET 1987
Le Comit� central
du Parti communiste de l'Union sovi�tique
et le Pr�sidium du Soviet supr�me de l'U.R.S.S
ont d�cid� que justice serait rendue au nom du peuple,
conform�ment � l'objectif g�n�ral de notre parti
tel qu'il a �t� d�fini par les 20e, 21e et 22e congr�s
et qui est celui du l�ninisme.
Il �tait et restera le seul objectif de l'�tat sovi�tique.
La voie des pr�ceptes l�ninistes doit �tre constamment suivie
car elle exprime les int�r�ts du peuple,
ses espoirs et aspirations,
autant qu'elle guide la vie de l'�tat.
L'audience est � pr�sent ouverte.
Le juge Milan Kadnikov pr�side la s�ance.
Les actes d'accusations :
Viktor Brioukhanov,
Anatoly Diatlov
et Nikola� Fomin
sont accus�s de violation de l'article 220-2
du code de proc�dure p�nale,
entra�nant la catastrophe nucl�aire du 26 avril 1986.
L'�tat appelle � t�moigner la camarade Khomyuk
de l'Institut bi�lorusse d'�nergie nucl�aire,
Le camarade Legassov de l'Institut Kourchatov
et le camarade Boris Evdokimovitch Chtcherbina,
vice-Premier ministre
et chef du Bureau des combustibles et de l'�nergie.
Tout a commenc�
avec un essai de s�curit�.
Mais pourquoi cet essai �tait-il n�cessaire ?
Le r�acteur 4 n'�tait pas nouveau au moment de l'accident.
En r�alit�, il a �t� mis en route le 20 d�cembre 1983.
Onze jours plus tard, lors du dernier jour de l'ann�e,
le directeur Viktor Brioukhanov
a sign� ce document.
Il y affirme l'ach�vement des travaux de construction
du r�acteur.
Ayant achev� les travaux avant la fin de l'ann�e,
Brioukhanov a re�u le titre de H�ros du Travail socialiste.
Fomin a �t� r�compens� par l'ordre de la Gloire au Travail
et Diatlov par l'ordre du Drapeau rouge du Travail.
Mais les travaux n'�taient pas termin�s
et ce document
�tait un mensonge.
Pour signer ce certificat,
tous les essais de s�curit� auraient d� avoir �t� effectu�s
et pourtant, il en manquait un.
Un r�acteur nucl�aire
g�n�re de la chaleur dans le c�ur, ici.
Des pompes, ici et l�,
envoient un d�bit constant d'eau de refroidissement.
La chaleur du c�ur transforme l'eau en vapeur
et la vapeur fait tourner la turbine
qui produit de l'�lectricit�.
Qu'arrive-t-il lorsqu'une centrale n'a plus de courant ?
Lorsque l'alimentation �lectrique de la centrale est perturb�e
par une panne du r�seau,
un �quipement d�faillant ou une attaque ennemie ?
S'il n'y a plus de courant,
les pompes ne conduisent plus l'eau jusqu'au c�ur.
Sans eau, le c�ur surchauffe, le combustible entre en fusion...
En bref, c'est une catastrophe nucl�aire.
La solution ?
Trois g�n�rateurs diesel de secours, plac�s ici.
Le probl�me est r�solu ?
Non.
Brioukhanov savait qu'il ne l'�tait pas.
Les g�n�rateurs mettent environ une minute
� atteindre la puissance requise
pour alimenter les pompes.
Mais � ce moment-l�, il est d�j� trop tard.
Nous en arrivons � l'essai de s�curit�.
Voici la th�orie :
si le courant venait � �tre coup�,
la turbine mettrait quelque temps � ralentir et � s'arr�ter.
Alors pourquoi ne pas utiliser l'�lectricit� qu'elle g�n�re
pour alimenter les pompes ?
Si la turbine mourante
pouvait alimenter les pompes assez longtemps
pour pallier les 60 secondes
que mettent les g�n�rateurs � s'allumer ?
Des questions ?
Non.
Poursuivez, je vous prie.
Pour tester cette th�orie,
le r�acteur doit fonctionner � puissance r�duite,
� 700 m�gawatts,
pour simuler une rupture d'alimentation.
Les turbines sont �teintes
et pendant qu'elles ralentissent,
on mesure leur production d'�lectricit�
pour voir si elle suffit � alimenter les pompes.
La science est bonne,
mais la r�ussite d'un essai d�pend surtout
de la comp�tence de ceux qui l'effectuent.
� leur premier essai, ils ont �chou�.
� leur deuxi�me essai, ils ont �chou�.
� leur troisi�me essai, ils ont �chou�.
Et leur quatri�me essai...
a eu lieu le 26 avril 1986.
Camarade Khomyuk.
Pour bien comprendre, il faut revenir 10 heures en arri�re,
au 25 avril, la date initiale de l'essai.
� 14 h, la puissance du r�acteur a �t� diminu�e de moiti�,
de sa production nominale de 3 200 m�gawatts
� 1 600 m�gawatts.
Tout est stable et pr�t � descendre au niveau requis pour l'essai,
700 m�gawatts.
Mais avant qu'ils ne puissent poursuivre,
ils re�oivent un appel.
Les responsables du r�seau �lectrique interdisent une autre baisse
avant minuit.
Ils demandent un report de dix heures.
C'est le premier instant critique,
le premier maillon de la cha�ne qui m�ne au d�sastre.
Une direction comp�tente aurait insist� pour annuler l'essai.
Ces trois hommes ont d�cid� de le maintenir.
Pourquoi ce report �tait-il dangereux ?
Il a cr�� deux probl�mes.
Le premier est de nature scientifique
et le second est tr�s humain.
Commen�ons par celui-ci.
� minuit,
il y a un changement d'�quipe.
- Kodemtchouk ? - Trouve une autre victime.
Toptunov ?
Tu veux acheter une moto ?
Toptunov ? C'est un gamin !
Il a plus de poils sur le visage que sur les couilles.
C'est des poils, �a ?
Leonid ?
Akimov vous attend en salle de contr�le.
- Il est d�j� l� ? - Il est arriv� t�t.
Il a parl� d'un essai.
Vous voyez ? Un gamin !
Tu sais l'essai qu'ils devaient faire ?
L'arr�t des turbines qu'ils ont tent� l'an dernier ?
Ils ne l'ont pas fait aujourd'hui, alors c'est pour nous.
Pour nous ?
On ne sait pas...
- On ne sait pas en quoi �a consiste. - �a ira.
On descend � 700 et on y reste.
Le reste, c'est Stolyarchuk et Kirschenbaum qui g�rent.
Mais c'est Diatlov qui supervise.
Je dois faire un truc nouveau avec Diatlov sur le dos ?
Ne t'en fais pas, on sera tous les deux.
J'�tudie les instructions.
On doit faire �a ou pas ?
Ici Akimov, au r�acteur quatre.
J'ai le manuel pour l'essai � faible puissance.
Vous l'avez fait l'an dernier.
Il y a toute une liste de choses � faire
mais beaucoup ont �t� ray�es. Que dois-je...
Que dois-je...
Vous �tes s�r ?
D'accord, merci.
Il faut aussi faire ce qui a �t� ray�.
Pourquoi �a l'est, alors ?
Nous pouvons lancer l'essai.
1 600, parfait.
J'esp�re que vous savez ce que vous faites.
- Eh bien... - Oui.
- Stolyarchuk ? - Oui.
Kirschenbaum ?
On vient juste d'apprendre...
Tenez, lisez.
Ou alors, ob�issez-moi.
M�me b�te comme vous �tes, vous devriez y arriver.
C'est parti.
Je dois �teindre la turbine alors que le r�acteur fonctionne ?
- C'est pas bon... - La ferme !
Faites votre boulot.
Toptunov ?
Baissez la puissance � 700.
Je ne suis jamais descendu aussi bas...
�a ira, je suis l�.
R�duction de puissance � 700.
Imaginez Youri Gagarine.
Imaginez qu'on ne lui ait rien dit de sa mission dans l'espace
avant son arriv�e sur la rampe de lancement.
Imaginez-le avec une simple liste d'instructions
qu'il n'a jamais vue avant
et dont on a ray� certaines �tapes.
Voil� ce qu'il s'est pass�
dans la salle de contr�le.
L'�quipe de nuit n'�tait pas form�e � l'exercice,
elle ignorait m�me qu'il devait avoir lieu.
Leonid Toptunov,
l'op�rateur responsable du contr�le et de la stabilisation du r�acteur,
n'avait que 25 ans.
Il occupait son poste
depuis quatre mois.
Voil� le probl�me humain, caus� par le report.
Mais dans le c�ur du r�acteur,
dans l'espace situ� entre les atomes,
quelque chose d'encore plus dangereux s'�tait form�.
Un poison.
Il est 0 h 28.
Camarade Legassov.
Je suis ravi de voir certains de mes coll�gues
de l'Institut Kourchatov
et du minist�re de l'�nergie.
Mais inutile d'�tre un sp�cialiste
pour comprendre ce qui s'est pass� � Tchernobyl.
Il faut seulement savoir ceci :
il se passe deux choses dans un r�acteur nucl�aire.
Soit la r�activit� qui g�n�re de l'�nergie augmente
soit elle diminue.
C'est tout.
Les op�rateurs sont l� pour maintenir l'�quilibre.
Le combustible...
Quand les atomes d'uranium se divisent
et entrent en collision, la r�activit� augmente.
Si on ne la contrebalance pas,
elle ne fera qu'augmenter.
Les barres de carbure de bore...
Elle r�duisent la r�activit�
comme les freins d'une voiture.
Mais il y a un troisi�me facteur � prendre en compte.
L'eau.
L'eau froide refroidit le syst�me.
Se faisant, elle se transforme en vapeur.
Autrement dit, en vide.
Dans un r�acteur RBMK comme celui de Tchernobyl,
il existe ce que l'on appelle un coefficient de vide positif.
Qu'est-ce que �a signifie ?
Cela signifie
que plus il y a de vapeur dans le syst�me,
plus la r�activit� sera forte.
Cela signifie plus de chaleur, donc plus de vapeur et donc...
Il semblerait que nous ayons un cercle vicieux sur les bras.
Ce devrait �tre le cas, mais heureusement...
Ce devrait �tre le cas,
mais heureusement...
il existe ceci :
le coefficient de temp�rature n�gatif.
Quand le combustible nucl�aire est trop chaud,
sa r�activit� baisse.
Alors...
Le combustible augmente la r�activit�,
les barres de contr�le et l'eau la font diminuer.
La vapeur la fait augmenter.
L'augmentation de la temp�rature la fait diminuer.
Voil�...
la danse invisible qui alimente les villes sans fum�e ni feu
et...
c'est magnifique...
Quand tout se passe bien.
Lorsque l'uranium se divise
pour lib�rer de l'�nergie,
il se fragmente en un nouvel �l�ment : le x�non.
Le x�non fait baisser la r�activit�.
C'est le poison dont a parl� la camarade Khomyuk.
Quand le c�ur tourne � pleine puissance,
il �limine le x�non avant qu'il ne cause de probl�me.
Mais � cause du report,
le r�acteur quatre
a �t� maintenu � mi-puissance pendant dix heures.
Le x�non n'a pas �t� �limin�.
Il s'est accumul� et a empoisonn� le c�ur.
L'�quilibre est perturb�.
� 0 h 28,
le r�acteur est pr�t � ralentir.
Et pourtant, dans moins d'une heure, il va exploser.
Si vous ignorez comment un r�acteur tournant au ralenti
peut exploser, je ne vous en voudrai pas.
Vous ne travaillez pas
dans la salle de contr�le d'une centrale.
Mais il s'av�re que ceux qui y travaillaient
l'ignoraient eux-aussi.
Doucement...
Descends encore...
Bien... Comme �a.
Vous devriez avoir fini.
Nous suivons les instructions.
Vous prenez votre temps.
Plein d'autres auraient d�j� termin�.
Continue, tu t'en sors tr�s bien.
Kirschenbaum...
Venez me trouvez quand les mamies auront fini.
Oui, camarade.
Allez, tout doucement, maintenant...
Descends-le jusqu'� 700.
Ralentis !
Je n'ai actionn� aucune barre.
C'est quoi, �a ?
Je ne touche � rien !
On a fait ce qu'il fallait, le c�ur est peut-�tre empoisonn�.
Dans ce cas, vous n'avez pas fait ce qu'il fallait
car vous avez �touff� mon r�acteur !
Remontez �a !
En d�connectant le contr�le-commande, on devrait avoir plus de contr�le.
Faites-le.
�teins le contr�le-commande.
Leonid.
Contr�le-commande d�connect�, contr�le g�n�ral activ�.
Qu'avez-vous fait ?
Ce que vous avez dit...
- Je suis pass�... - Regardez !
Je ne comprends pas.
Putain d'amateurs.
Vous l'avez �touff�.
Comment avez-vous eu ce boulot ?
Vous allez me r�p�ter que vous avez fait ce qu'il fallait ?
Je vous demande pardon pour ces r�sultats d�cevants.
Que faites-vous ?
Nous devons l'�teindre.
- Non. - S'il �tait empoisonn� au x�non ?
Il faut l'arr�ter 24 heures.
Non, on fait l'essai. Remontez � 700.
On ne peut pas. Le r�glement...
- Ne me parlez pas du r�glement. - Si on chute de 80 pour cent...
- On est tomb�s de 50 pour cent. - C'est pire !
Le r�glement n'en parle pas, il n'y a pas de r�gle.
Camarade Diatlov...
Excusez-moi mais �a n'a aucun sens.
- Augmentez la puissance. - Non.
Je refuse, c'est dangereux.
La s�curit� avant tout.
Toujours.
25 ans que je le r�p�te.
25 ans que je fais ce travail. Cela fait plus longtemps que vous ?
- Oui. - Beaucoup plus longtemps ?
Oui.
Et vous, qui avez � peine quitt� le sein ?
Si je dis qu'on ne risque rien, c'est le cas.
Si vous n'�tes pas d'accord, vous ne travaillerez plus ici
et pas seulement ici.
Oubliez Koursk, Ignalina,
Leningrad ou Novovoronej...
Vous ne travaillerez plus nulle part, j'y veillerai.
Je sais que vous savez que j'y veillerai.
Augmentez la puissance.
Si vous pouviez consigner...
Augmentez la puissance.
Ensemble...
Je n'�tais pas dans la salle.
Comment ?
Je n'�tais pas l� quand ils l'ont fait.
Alors o� �tiez-vous ?
Camarade Legassov.
Vous n'�tes pas procureur, c'est moi qui pose les questions.
Si vous n'�tiez pas l�, o� �tiez-vous ?
Aux toilettes.
Aux toilettes...
La camarade Khomyuk a interrog� ceux qui �taient pr�sents
et tous ont racont� la m�me histoire.
"Je savais que les ordres de Diatlov �taient mauvais
"mais si je n'avais pas ob�i, j'aurais �t� renvoy�."
Leonid Toptunov,
un jour avant sa mort.
Camarade Diatlov, vous �tiez l�.
Vous avez ordonn� d'augmenter la puissance.
L'audience est suspendue pour trente minutes.
Vous savez quelque chose sur cette ville, Tchernobyl ?
Pas vraiment, non.
Avant, il y avait surtout des Juifs et des Polonais.
Les Juifs sont morts dans les pogroms
et Staline a d�port� les Polonais.
Ensuite, les Nazis ont tu� tous ceux qui restaient.
Mais apr�s la guerre,
les gens sont revenus vivre ici.
Ils savaient que le sol sous leurs pieds
�tait baign� de sang mais ils s'en moquaient.
Les Juifs �taient morts, les Polonais aussi...
Mais pas eux.
Les gens pensent tous qu'ils y �chapperont.
Et nous voil�...
Combien de temps ?
Peut-�tre un an.
Ils appellent �a...
Ils appellent �a une longue maladie.
Je ne trouve pas �a tr�s long, moi.
Vous me l'aviez dit et je vous ai cru.
Mais le temps a pass� et j'ai cru...
que j'aurais de la chance.
Je l'ai g�ch�.
Je l'ai g�ch� pour rien.
Pour rien ?
Vous vous souvenez du matin o� je vous ai appel� ?
� quel point j'�tais indiff�rent ?
Je ne fais pas beaucoup confiance au Kremlin,
mais ils m'ont nomm� responsable
du nettoyage.
Ils ont dit que ce n'�tait rien et je les ai crus.
Vous savez pourquoi ?
Parce qu'ils vous avaient nomm� responsable.
Je suis un homme sans importance.
Je l'ai toujours �t�.
J'esp�rais devenir important, mais ce n'est pas arriv�.
Je me suis content� d'accompagner des gens qui l'�taient.
Il y a d'autres scientifiques comme moi.
N'importe lequel aurait pu faire tout �a.
Mais vous...
Tout ce que nous avons demand�,
tout ce dont nous avons eu besoin...
Les hommes, le mat�riel,
les astromobiles...
Qui d'autre aurait pu nous les obtenir ?
On m'entendait, mais c'est vous qu'on �coutait.
De tous les ministres,
de tous les vice-pr�sidents,
de toute cette congr�gation d'imb�ciles ob�issants,
ils ont envoy� par erreur le seul homme bien.
Bon sang, Boris...
C'est vous qui avez fait la diff�rence.
C'est magnifique...
Camarade Legassov.
Il est 0 h 38.
Le r�acteur est presque � l'arr�t,
les op�rateurs sont sur une voie qui les m�ne droit � la catastrophe.
Ils ne peuvent plus reculer.
Ils ne le savent pas mais les d�s sont jet�s.
� 30 m�gawatts,
du x�non continue � �tre g�n�r�,
mais il n'est aucunement �limin�.
Le r�acteur se noie dans le poison.
Pour ne rien arranger, il n'est plus assez chaud
pour produire suffisamment de vapeur.
Le seul moyen d'augmenter la puissance sans risque
est de le faire tr�s lentement,
sur une dur�e d'au moins 24 heures.
Mais Diatlov exige que ce soit fait imm�diatement.
Par cons�quent, Akimov et Toptunov n'ont qu'une seule solution.
Ils commencent � relever les barres de contr�le.
Des dizaines � la fois.
Ils les sortent � moiti�, aux trois quarts...
Mais la puissance ne remonte pas
alors ils les retirent enti�rement.
Il y avait 211 barres de contr�le dans le r�acteur quatre.
Akimov et Toptunov en ont enti�rement retir� 205.
Les barres de contr�le sont les freins de la voiture.
Des 211 barres,
il n'en reste que six dans le r�acteur.
Le combustible s'est refroidi
alors le coefficient de temp�rature n�gatif
n'agit plus pour faire baisser la r�activit�.
Mais malgr� cela,
l'empoisonnement au x�non est tellement important
qu'ils ne peuvent remonter la puissance qu'� 200 m�gawatts.
Les barres de contr�les sont retir�es,
le syst�me de secours a �t� d�connect�.
Tout ce qui maintient le r�acteur sous contr�le,
c'est l'eau et le x�non.
Il est une heure du matin,
l'essai aura lieu dans quelques minutes.
Je suis d�sol�, on ne peut pas avoir plus.
200 m�gawatts, on a presque tout retir�.
Il faudra faire avec.
Mais il faut 700, pour l'essai.
Stolyarchuk, pr�parez-vous.
- Activez la pompe quatre. - Attendez...
- Stolyarchuk. - On a � peine assez de vapeur.
Les turbines sont trop lentes pour que les r�sultats...
- �a suffit. - Si on ajoute de l'eau...
�a suffit, je sais ce que je fais.
La pompe principale est connect�e.
- On devrait pr�venir Kodemtchouk... - On s'en moque.
La pression dans les ballons est trop basse.
Aidez-le, faites remonter �a autant que possible.
On devrait arr�ter.
�teignez cette foutue alarme.
Vous avez 15 minutes.
15 minutes.
Ils auraient tout aussi bien pu avoir 15 jours.
Le probl�me qu'ils rencontraient �tait insoluble.
La puissance �tait trop faible, il y avait trop d'eau.
L'essai �tait d�j� rat�.
Les r�sultats seraient fauss�s mais Diatlov s'en moquait.
Il voulait pouvoir dire que l'essai avait �t� fait.
1 h 22.
Il reste moins de deux minutes.
Youchtchenko,
ing�nieur en m�canique, est dans son bureau.
Perevozchenko est dans la salle de chargement,
au-dessus des mille tonnes d'acier qui recouvrent le r�acteur.
Degtarienko et Kodemtchouk,
op�rateurs de maintenance, sont dans la salle des pompes.
Aucun d'entre eux n'est au courant
pour l'essai.
Ils ignorent ce qui va se passer.
� 1 h 22
et 30 secondes,
Toptunov lit un rapport
du SKALA, l'ordinateur de conduite au r�acteur.
�tant donn� le nombre insuffisant de barres de contr�le,
l'ordinateur pr�conise un arr�t du r�acteur.
Il ignore que nous faisons un essai.
Tr�s bien,
encore quelques minutes et tout sera termin�.
Kirschenbaum, quand vous voulez.
On a fait ce qu'il fallait.
Le signal oscilloscope est allum�.
Fermeture de la vanne modulante.
Le rotor ralentit.
1 h 23
et quatre secondes.
� chacune de leurs d�cisions,
ils ont repouss� les limites du r�acteur
plus loin que n'importe qui auparavant.
Et maintenant, l'essai commence.
Les pompes sont �teintes et ils continuent.
Elles cessent d'alimenter le r�acteur en eau.
Le combustible n'est plus r�gul� ni par l'eau froide
ni par les barres de contr�le.
L'�quilibre est rompu et tout bascule imm�diatement.
En moins d'une seconde,
la r�activit� augmente.
Dans le c�ur, l'eau qui reste
se transforme en vapeur.
Un vide se cr��.
Il n'y a plus d'arriv�e d'eau pour la remplacer.
La vapeur fait augmenter la r�activit�
qui fait monter la chaleur,
ce qui augmente la quantit� de vapeur
et augmente donc la r�activit�.
Le x�non encore pr�sent
se d�sint�gre.
La puissance augmente
et rien ne peut plus l'arr�ter.
1 h 23 et 35 secondes.
On a une surtension ! Sacha !
Qu'avez-vous fait ?
1 h 23 et 40 secondes...
Dans toutes les salles de contr�le des r�acteurs nucl�aires,
il existe un bouton qui ne sert qu'� une chose,
lancer un arr�t d'urgence de la r�action.
Dans les r�acteurs sovi�tiques, il s'appelle AZ-5.
Si on appuie sur AZ-5,
toutes les barres de contr�le descendent
et la r�action est...
arr�t�e.
Mais...
Qu'attendez-vous, Legassov ?
Mentez !
- Je ne vous le redirai pas... - Ou quoi ?
Bon sang, Diatlov...
- Il s'est d�j� trahi, il a dit... - �a suffit !
... qu'il �tait impossible d'�viter ce qu'il s'est pass�.
Il sait quelque chose !
Et elle sait quelque chose.
Je sais ce que vous �tes, Valeri. Vous �tes un menteur.
Nous en avons assez entendu.
Les pr�venus resteront en d�tention. La s�ance est...
Je n'ai pas termin�.
J'ai d'autres preuves � apporter.
Ce n'est pas n�cessaire, votre t�moignage est fini.
Monsieur le juge ?
La s�ance est lev�e.
Nous reprendrons demain...
Laissez-le terminer.
Camarade Chtcherbina ?
Laissez-le terminer.
Diatlov a viol� toutes les r�gles existantes.
Il a pouss� le r�acteur au bord de la destruction.
Il l'a fait en pensant qu'il restait une s�curit� :
AZ-5.
Un simple bouton pour tout arr�ter.
Mais dans les circonstances qu'il a cr��es,
ce n'�tait plus le cas.
Le syst�me d'arr�t d'urgence avait un �norme d�faut.
� 1 h 23 et 40 secondes,
Akimov appuie sur AZ-5.
Les barres de contr�le entrent � nouveau dans le r�acteur.
Elles sont faites de bore, qui fait baisser la r�activit�,
mais pas � leur extr�mit�.
Les extr�mit�s sont faites de graphite,
qui acc�l�re la r�activit�.
Pourquoi ?
Pourquoi ?
Pour la m�me raison que nos r�acteurs n'ont pas d'enceinte de confinement,
comme � l'Ouest.
Pour la m�me raison
que nous n'utilisons pas un combustible correctement enrichi.
Pour la m�me raison que nous sommes les seuls � fabriquer
des r�acteurs refroidis � l'eau et mod�r�s au graphite
avec un coefficient de vide positif.
C'est moins cher.
La premi�re chose � entrer dans le c�ur
sont les extr�mit�s en graphite
ainsi,
la r�activit� qui ne faisait d�j� qu'augmenter
atteint des sommets.
Les derni�res mol�cules d'eau � l'�tat liquide
se transforment en vapeur.
Elles se dilatent et font �clater des tubes de force.
Les barres de contr�le au sein de ces tubes
ne peuvent plus bouger.
Les extr�mit�s en graphite sont bloqu�es
et acc�l�rent ind�finiment la r�action.
Le r�acteur quatre de Tchernobyl
est une bombe nucl�aire.
1 h 23 et 42 secondes.
Perevozchenko regarde l'�norme couvercle du r�acteur
et voit l'inconcevable...
Les bouchons de s�curit� pesant 350 kilos chacun
font des bonds.
Il court avertir la salle de contr�le,
mais il ne peut rien pour �viter la suite.
1 h 23 et 44 secondes.
La vapeur fait �clater d'autres canaux de combustible.
Nous ignorons jusqu'o� est mont�e la puissance,
nous n'avons que le dernier relev�.
Le r�acteur quatre,
con�u pour fonctionner � 3 200 m�gawatts,
est mont� � plus de 33 000.
La pression dans le c�ur
ne peut plus �tre retenue.
Nous voici enfin arriv�s
� 1 h 23 et 45 secondes.
C'est l'explosion.
Lorsque le couvercle saute, l'oxyg�ne p�n�tre dans le r�acteur.
Il se m�lange � l'hydrog�ne
et au graphite surchauff�.
L'encha�nement menant au d�sastre est maintenant termin�.
Camarade Diatlov !
Aucune des personnes pr�sentes ne savait
que le bouton d'arr�t d'urgence se transformait en d�tonateur.
Ils l'ignoraient
car on le leur a cach�.
Camarade Legassov, vous �tes en contradiction
avec votre propre t�moignage � Vienne.
Le t�moignage � Vienne �tait un mensonge.
J'ai menti
au monde entier.
Je ne suis pas le seul � avoir gard� ce secret.
Nous suivions les ordres
du KGB, du Comit� central...
et en ce moment, il y a 16 r�acteurs en URSS
qui ont exactement le m�me d�faut.
Trois d'entre eux sont toujours en marche
� moins de 20 kilom�tres d'ici, � Tchernobyl.
Professeur Legassov, si vous sugg�rez
que l'�tat est responsable de ce qui s'est pass�,
alors je vous avertis, vous �tes en terrain dangereux.
Je suis d�j� en terrain dangereux.
Nous sommes tous en terrain dangereux
� cause de nos secrets et de nos mensonges.
Ce sont eux qui nous d�finissent.
Lorsque la v�rit� nous g�ne,
nous mentons jusqu'� l'occulter compl�tement,
mais elle reste toujours l�.
Chaque mensonge que nous prof�rons accro�t notre dette envers elle.
T�t ou tard, cette dette sera pay�e.
Voil�
ce qui fait exploser le c�ur d'un r�acteur RBMK.
Les mensonges.
Valeri Alexeyevich Legassov,
fils d'Alexe� Legassov,
chef de la police id�ologique au Comit� central.
- Vous savez ce qu'il y faisait ? - Oui.
�tudiant, vous aviez un poste de dirigeant au Komsomol.
Les jeunesses communistes, c'est exact ?
- Vous le savez d�j�... - R�pondez.
Oui.
� l'Institut Kourchatov,
vous �tiez le secr�taire du Parti communiste.
Vous y avez frein� la promotion de scientifiques juifs.
Oui.
Pour vous faire bien voir du Kremlin.
Vous �tes un des n�tres, Legassov.
Je peux faire de vous ce que je veux.
Mais ce que je d�sire le plus, c'est que vous sachiez que je sais.
Vous n'�tes pas courageux.
Vous n'�tes pas h�ro�que.
Vous �tes un homme en fin de vie qui s'est laiss� emporter.
Je sais qui je suis.
Je sais ce que j'ai fait.
Dans un monde juste, on m'ex�cuterait pour avoir menti,
mais pas pour �a, pas pour la v�rit�.
Vous, les scientifiques
et votre obsession stupide � vouloir trouver des raisons.
Quand la balle p�n�tre votre cr�ne,
est-ce important de savoir pourquoi ?
Personne ne sera ex�cut�, Legassov.
Le monde entier vous a vu � Vienne.
Ce serait embarrassant de vous tuer.
Et pour quelle raison ?
Votre t�moignage sera refus� par l'�tat,
il ne sera pas communiqu� � la presse.
Il n'a jamais eu lieu.
Non.
Vous vivrez le temps qu'il vous reste � vivre.
Mais vous ne serez plus scientifique.
Vous conserverez
votre titre et votre bureau
mais vous n'aurez plus d'activit�, plus d'autorit�,
plus d'amis.
On ne vous parlera plus.
On ne vous �coutera plus.
D'autres hommes,
moins capables,
seront r�compens�s pour ce que vous avez fait.
D�sormais, votre h�ritage leur appartient.
Vous vivrez assez longtemps pour le voir.
Quel r�le a jou� Chtcherbina, dans tout �a ?
Aucun. Il ignorait ce que j'allais dire.
Quel r�le a jou� Khomyuk, dans tout �a ?
Aucun.
Elle ignorait tout aussi.
Apr�s tout ce que vous avez dit aujourd'hui,
il serait surprenant
de choisir cet instant pour mentir.
J'imagine qu'un homme comme vous sait reconna�tre un mensonge.
Vous ne les reverrez plus jamais ni ne leur adresserez la parole.
Vous ne parlerez plus de Tchernobyl � personne.
Vous deviendrez si invisible aux yeux du monde
que lorsque vous mourrez enfin,
il sera tr�s difficile d'affirmer que vous avez v�cu.
Et si je refuse ?
Pourquoi s'inqui�ter d'une chose qui n'arrivera pas ?
"Pourquoi s'inqui�ter d'une chose qui n'arrivera pas ?"
C'est merveilleux...
On devrait l'�crire sur nos billets.
�tre scientifique, c'est �tre na�f.
Nous voulons tellement d�couvrir la v�rit�
que nous ne voyons pas que peu de gens
veulent vraiment que nous la d�couvrions.
Mais elle est toujours l�,
que nous la voyions ou non,
que nous le voulions ou pas.
La v�rit� se moque de nos envies et besoins.
Elle se moque de nos gouvernements, de nos id�ologies,
de nos religions...
Elle reste l�, pour l'�ternit�.
Et finalement, voil� ce que m'a offert Tchernobyl.
Avant, les implications de la v�rit� m'effrayaient.
Maintenant, je me demande seulement :
Qu'y a-t-il de pire que les mensonges ?
VALERI LEGASSOV SE SUICIDA � L'�GE DE 51 ANS, LE 26 AVRIL 1988,
2 ANS JOUR POUR JOUR APR�S L'EXPLOSION � TCHERNOBYL.
LES CASSETTES AUDIO DES M�MOIRES DE LEGASSOV
CIRCUL�RENT PARMI LES SCIENTIFIQUES SOVI�TIQUES.
APR�S SON SUICIDE,
IL DEVINT IMPOSSIBLE DE CONTINUER � LES IGNORER.
� LA SUITE DE SA MORT,
LES RESPONSABLES SOVI�TIQUES
FINIRENT PAR RECONNA�TRE LE D�FAUT DES R�ACTEURS RBMK.
LES R�ACTEURS FURENT MODERNIS�S
AFIN D'�VITER QU'UN ACCIDENT COMME CELUI DE TCHERNOBYL
NE PUISSE SE REPRODUIRE.
LEGASSOV FUT AID�
PAR DES DIZAINES DE SCIENTIFIQUES QUI TRAVAILL�RENT SANS REL�CHE
� TCHERNOBYL.
CERTAINS CONTEST�RENT LA VERSION OFFICIELLE DES �V�NEMENTS
ET FURENT D�NONC�S, ARR�T�S ET EMPRISONN�S.
LE PERSONNAGE D'ULANA KHOMYUK A �T� CR�� POUR LES REPR�SENTER
ET HONORER LEUR ENGAGEMENT POUR LA V�RIT� ET POUR L'HUMANIT�.
BORIS CHTCHERBINA MOURUT LE 22 AO�T 1990,
QUATRE ANS ET QUATRE MOIS APR�S AVOIR �T� ENVOY� � TCHERNOBYL.
POUR LE R�LE QU'ILS JOU�RENT DANS LA CATASTROPHE,
VICTOR BRIOUKHANOV, ANATOLY DIATLOV ET NIKOLA� FOMIN
FURENT CONDAMN�S � 10 ANS DE TRAVAUX FORC�S.
APR�S SA LIB�RATION, NIKOLA� FOMIN RETOURNA TRAVAILLER
� LA CENTRALE NUCL�AIRE DE KALININE, EN RUSSIE.
ANATOLY DIATLOV
MOURUT D'UNE MALADIE LI�E AUX RADIATIONS EN 1995.
IL AVAIT 64 ANS.
LE CORPS DE VALERI KODEMTCHOUK NE FUT JAMAIS RETROUV�.
IL EST D�FINITIVEMENT ENSEVELI SOUS LE R�ACTEUR 4.
LES V�TEMENTS DES POMPIERS
SE TROUVENT TOUJOURS DANS LE SOUS-SOL DE L'H�PITAL DE PRIPIAT.
ILS SONT ENCORE HAUTEMENT RADIOACTIFS.
APR�S LA MORT DE SON MARI ET DE SA FILLE,
LYUDMILLA IGNATENKO FIT PLUSIEURS ATTAQUES.
LES M�DECINS LUI DIRENT
QU'ELLE NE POURRAIT PLUS JAMAIS AVOIR D'ENFANTS.
ILS SE TROMPAIENT.
ELLE VIT � KIEV, AVEC SON FILS.
PARMI LES GENS QUI REGARD�RENT L'INCENDIE DEPUIS LE PONT,
IL A �T� RAPPORT� QU'AUCUN N'AVAIT SURV�CU.
ON LE SURNOMME MAINTENANT LE PONT DE LA MORT.
400 MINEURS TRAVAILL�RENT JOUR ET NUIT PENDANT UN MOIS
POUR EMP�CHER UNE FUSION TOTALE.
ON ESTIME QU'AU MOINS 100 D'ENTRE EUX
SONT MORTS AVANT L'�GE DE 40 ANS.
IL A �T� DIT QUE LES TROIS PLONGEURS QUI PURG�RENT LES BALLONS S�PARATEURS
�TAIENT MORTS DES SUITES DE LEUR ACTION H�RO�QUE.
EN R�ALIT�, ILS SURV�CURENT TOUS APR�S LEUR HOSPITALISATION.
DEUX D'ENTRE EUX SONT ENCORE EN VIE AUJOURD'HUI.
PLUS DE 600 000 PERSONNES SERVIRENT DANS LA ZONE D'EXCLUSION.
EN D�PIT DU GRAND NOMBRE
DE MALADIES ET D�C�S DUS AUX RADIATIONS,
LE GOUVERNEMENT SOVI�TIQUE
N'A TENU AUCUN REGISTRE OFFICIEL.
LES R�GIONS CONTAMIN�ES D'UKRAINE ET DE BI�LORUSSIE,
CONNUES SOUS LE NOM DE ZONE D'EXCLUSION,
S'�TENDENT SUR UNE SUPERFICIE TOTALE DE 2 600 KILOM�TRES CARR�S.
ENVIRON 300 000 PERSONNES DURENT QUITTER LEUR FOYER.
ON LEUR AVAIT DIT QUE CE SERAIT TEMPORAIRE.
IL EST TOUJOURS D�FENDU DE S'Y RENDRE.
MIKHA�L GORBATCHEV DIRIGEA L'UNION SOVI�TIQUE
JUSQU'� SA DISSOLUTION, EN 1991
EN 2006, IL A �CRIT :
"LA CATASTROPHE DE TCHERNOBYL
"FUT PEUT-�TRE LA V�RITABLE RAISON DE L'EFFONDREMENT DE L'URSS"
EN 2017, ON ACHEVA LA CONSTRUCTION DU SARCOPHAGE DE TCHERNOBYL
POUR UN CO�T D'ENVIRON 2 MILLIARDS DE DOLLARS
IL A �T� CON�U POUR DURER UN SI�CLE
APR�S L'EXPLOSION,
IL Y EUT UNE HAUSSE DRAMATIQUE DES CAS DE CANCERS
� TRAVERS L'UKRAINE ET LA BI�LORUSSIE
CE FUT PARMI LES ENFANTS QUE L'ON CONSTATA
LA PLUS FORTE AUGMENTATION
ON NE CONNA�TRA JAMAIS LE R�EL CO�T HUMAIN DE TCHERNOBYL
LA PLUPART DES ESTIMATIONS SE SITUENT ENTRE 4 000 ET 93 000 MORTS
LE NOMBRE OFFICIEL DE VICTIMES RECONNU PAR L'UNION SOVI�TIQUE
ET INCHANG� DEPUIS 1987
EST DE 31
� LA M�MOIRE DE TOUS CEUX
QUI ONT SOUFFERT ET QUI SE SONT SACRIFI�S
Adaptation Coline Magaud
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