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Alors, comment commence la journée ? Lucie Valmont, 38 ans, divorcée, deux
enfants. Ils étaient avec leur père hier soir.
La finitude du troisième étage. On a trouvé l'ex-mari ? Oui, il était en
route. Sacré plongeon, hein ? Faut en avoir vraiment envie.
Bon, d'après la gardienne, Lucie Valmont adorait ses gosses.
Jamais elle aurait fait un truc pareil.
Enfin, la dépression, tu sais. On a trouvé l'armoire à la pharmacie, là
-haut, c'est du lourd.
Oui, toute la panoplie est bien entamée.
Antidépresseurs, anxiolytiques, somnifères. Ah ben, dans le genre, joie
de vivre, on fait mieux.
Bien.
Les séquelles de pression exercent-elles fortement au niveau du cou
vraisemblablement ? À l'aide d'un foulard ou d'une ceinture.
Dites-moi le marchand, au coin de la bouche, c'est quoi ce qu'elle a ?
Fibre
textile, possiblement issue de l'arme du crime ou du vêtement du tueur.
Ou de sa serviette de table aussi.
Les marchands, on grimpe.
On grimpe.
Cendre d'un document désordre dans les papiers personnels de la victime.
Apparemment, on cherchait quelque chose.
On l'a trouvé.
Et on l'a détruit. L'absence d'effraction plaide pour un assassin
connu de la victime.
Je sais pas.
Je sais pas.
C'est impossible qu'on ait voulu la tuer, quoi.
Est-ce que votre ex-femme avait des problèmes ? Monsieur Adler, je sais que
c'est pénible, mais vous devez nous aider à comprendre ce qui s'est passé.
Depuis l'année dernière, ça n'allait plus à son boulot.
Vous savez, son travail, c'était très important pour elle.
C'est-à-dire ? Elle avait des problèmes avec sa hiérarchie.
Vous savez, on ne se parlait plus tellement.
Vous vous êtes séparés pour quoi ? Son travail.
C'est tout ce qui comptait pour elle. Le jour, la nuit.
Elle était devenue infernale avec les enfants.
Et avec moi.
C'est la raison de votre divorce.
C'est vous qui l'avez demandé ?
Je l'aimais, vous savez.
On s'est séparés, mais je l'aimais toujours.
Et je sais pas comment je vais faire avec les gosses.
Noriel Foode.
Vu ses fiches de paye, il portait pas les cafés.
Effectivement.
Je t'imagine, toi, bosser dans un endroit comme ça ? Écoute, il faut aimer
la clim et les réunions avec les Japonais, c'est tout.
Mais comment tu fais pour garder le sourire avec l'IGS sur le dos ? Les fois
ont l'humanité, ça me sauve.
Je suis sûr que cet enfoiré de Cervero va arrêter de mentir pour dire la
vérité. Et sinon ? Sinon ? Sinon, j'irai à la pêche.
C'est bientôt l'ouverture, non ? Ne déconne pas.
Le groupe sans toi, il est mort.
Ah ouais ? Ouais.
Ouais.
Alors Cisco, quoi de neuf ? Je ne sais pas vous, mais moi je ne le trouve pas
clean l'ex-mari.
Ouais, il met tout sur le dos de sa femme.
Un divorce ça se fait à deux, non ? Ça dépend, moi j'ai connu des vraies
emmerdeuses. Mon ex-femme par exemple.
Et qu'il charge son ex-épouse ne fait pas de lui un coupable.
C'est quoi son activité professionnelle ? Là il tient un bouclard, une petite
boutique de prêt-à-porter.
Et elle dans une multinationale.
L'inégalité dans ce sens-là, ça rend les mecs teigneux.
Voilà un joli mobile.
Allez !
Le nouveau chef de groupe ? Oui.
Voilà, c'est ici qu'elle travaillait.
Comme vous voyez, nous prenons soin de l'environnement de nos collaborateurs.
Un cadre heureux est un cadre productif.
Et un cadre malheureux, ça donne quoi ? C'est très gênant, cette histoire de
meurtre.
Vous comprenez qu'en tant que directeur de la communication de Noriel France, je
me dois de préserver l'image du groupe.
Bon. Écoutez, monsieur Bouvier-Dunant, on a des gens à interroger ici, d'accord
? Nous devons cerner la personnalité de la victime dans le cadre de son activité
professionnelle. Bien sûr, bien sûr.
Écoutez, je souhaite, comme vous, que cette affaire sera tirée au clair
rapidement, si c'est possible.
Bien. Nous allons m'engagir vite et avec discrétion.
La délicatesse même.
Si vous voulez bien me suivre.
Volontiers.
Parlez-nous un peu de Lucie Valmont.
Ambitieuse, dynamique, mais peut-être pas l'air assez solide au regard de ses
ambitions.
Entrez.
Merci Christelle.
Vous avez confirmé mon rendez-vous avec le président ? 13h15 au jardin de
Bacchus. Et votre fille a appelé, elle sortira de l'école à 15h30. Son prof d
'anglais est absent.
Vous vous en occupez ? Merci.
Alors, Valmont.
Ah, très bien noté.
Du moins au début.
Parce qu'ensuite ? Disons qu'il semblerait que sa vie privée lui ait
causé du tort dans son travail.
Son rendement, son air senti. Son mari aurait plutôt tendance à inverser la
cause et l'effet.
Selon lui, ses problèmes venaient d'ici.
Oui, il aurait même évoqué une pression constante.
Chef de produit dans une société comme la nôtre exige un maximum de
disponibilité.
Peu compatible avec la vie de famille.
C'est gai de travailler chez vous.
Bien.
Bon, ben, je vous remercie.
Au revoir, monsieur.
C'est un peu hard, l'ambiance ici.
Il a balancé le tien ?
Parce que moi, c'est langue de bois et compagnie.
Le mien, comme tu dis, il quitte Noriel dans 15 jours.
Alors évidemment, il s'est un peu lâché.
Le dire de com', là, bouillé, machin chose, il paraît qu'il terrorise tout le
monde. Le personnel est à cran.
Ça tombe bien.
Le marchand interroge le tout-bib du service médical de chez Noriel.
Faut aller travailler, maintenant.
Maintenant.
Ah oui.
Ah non, mais oui.
Lombalgie, céphalée, grosse ou petite déprime. Ici, vous savez, ça va du cadre
sub qui ne dort plus à la stagiaire qui fait des insomnies.
Vous expliquez ça comment ? Je ne l'explique pas. Je ne suis pas là pour
ça.
Lucie Vallon faisait-elle partie de vos patients ? Oui. Une grosse tendance à la
dépression.
Je lui prescrivais des anxiolytiques.
Vous aurez-t-elle relaté la nature de ses problèmes ?
Vous savez, moi je suis juste là pour la médecine du travail.
Un patient dépressif, ça parle.
Oui, il m'a parlé de son divorce, de la garde de ses enfants.
Elle supportait mal de ne pas aller voir le week-end.
J'en ai une autre comme ça.
Autre signac.
Même problème de couple, même déprime.
Dites-moi docteur, il semblerait que dans ce lieu enchanteur, les psychés de
vos patients se délitent.
C'est un peu comme une épidémie, non ?
Elles sont vivantes.
Oui.
Ah, madame Corlin.
Mademoiselle. Ah, c'est mieux.
Vous désirez quelque chose, lieutenant ? Capitaine. C'est mieux.
Dites-moi, on n'est pas là pour rigoler ici, j'ai l'impression.
Il vous arrive de vous détendre malgré la pression qu'exerce votre boss ?
Monsieur Bouvier-Dunant n'exerce aucune pression sur nous.
Simplement travailler très dur pour lui, comme pour nous.
Et vous arrivez tout de même à gérer votre vie privée, mademoiselle ?
Je ne suis pas certaine de devoir répondre à cette question, capitaine.
Bien.
Très bien.
Dites-moi si j'ai d'autres questions à vous poser, d'ordre moins personnel,
bien sûr.
Je peux me permettre de vous recontacter ? Bien sûr, n'hésitez pas à m'appeler.
Je n'hésiterai pas.
Encore merci.
Je vous en prie.
Non mais si tu la trouves à ton goût, moi je suis ok pour une triangulaire.
Rappelle-moi de te gifler quand on sort d'ici.
Ok.
C'est terrible ce qui lui est arrivé.
Je pense à ses enfants.
Madame Signac, on dit que M. Bouvier-Dunand n'est pas très tendre
avec ses collaborateurs.
C'est votre avis ? Vous savez, quand on rentre chez Noriel, on sait à quoi s
'attendre. Les tensions sont inévitables, même entre nous.
C'est-à-dire ? L'esprit de compétition, à l'interne comme à l'externe, est une
règle de fonctionnement.
L'ambiance s'en ressent forcément.
Votre amie aurait-elle craqué ? Elle a eu un passage à vide, oui.
Mais elle connaissait parfaitement l'entreprise et le degré d'exigence.
Ça fait partie du job. Si nos renseignements sont exacts, vous avez
eu, vous aussi, un moment difficile, je crois, non ? N'exagérons rien.
Un moment de fatigue.
Oui. Depuis le rachat par les Japonais, on était tous très tendus.
Plus civilement, plus qu'une autre.
Oui. Mais c'est son divorce qui la minait.
Elle s'était battue pour la garde de ses enfants et ça avait dû épuiser toutes
ses forces.
Battue ? Mais je croyais qu'elle et son mari avaient divorcé à l'amiable. À l
'amiable ? Vous ne connaissez pas son mari.
Un hystérique.
Il s'est très mal comporté, il est devenu jaloux.
Il l'a même accusé de l'avoir trompé. Et c'était vrai ? Ou non ? Je crois pas.
Il n'avait déjà pas assez de temps pour ses enfants.
Alors, vous pouvez penser bien à un amant.
Bien, messieurs, dames.
Bien, le décès par étouffement vers 5h du matin est désormais établi.
L'analyse des cendres retrouvées sur les lieux n'a rien donné. En revanche, celle
des fibres retrouvées au coin des lèvres de Lucie Valmont nous indique la nature
du tissu.
Du lin peut être issu d'un foulard.
C'est peut-être un foulard qui vient de la boutique de son mari ? Vérifiez.
Non mais, je sais que vous avez le mari dans le préliminaire.
Mais côté jalousie, rien n'indique au domicile de Lucie qu'elle avait une
liaison. Et si cette liaison était clandestine, on peut admettre qu'elle n
'est pas jugée bon d'en laisser des traces évidentes.
Avant le divorce, ok, mais depuis, pourquoi elle se serait cachée ? Pour
les gosses ? Enfin, le mari nous a quand même bien trimbalé.
C'est pas lui, mais elle qui a demandé le divorce.
Elle a obtenu la garde principale des enfants.
La semaine chez elle, un week-end sur deux chez leur père.
D'abord quitter, ensuite se polier de ses droits parentaux, de quoi l'avoir
mauvaise. Et côté alibi ?
Rémi Adler assistait à un défilé de prêt-à-porter, suivi d'une fête qui a
duré toute la nuit.
Ah. Oui, mais sauf que lui, il a quitté la fête vers 3h du matin.
Ah. Donc il a eu tout le temps nécessaire pour se rendre chez sa femme.
Et là, une dispute éclate au sujet de la garde des enfants.
Toutes les vexations suivies lors du divorce ressortent.
Et il la tue.
Pourtant, une chose est sûre, il aimait sa femme.
C'est une circonstance atténuante.
Pas une preuve d'innocence. D'accord. Donc non, quand on l'a tuée, il la
balance aussi par la fenêtre.
La mère de ses enfants. Excusez-moi, j'ai du mal.
Mais Cisco, c'est un argument un peu subjectif, là. Si vous aviez des
enfants, vous diriez pas ça. Vous non plus, si vous éleviez la vôtre.
Le mieux, voyez-vous, serait de demander au principal intéressé.
Toujours en réunion, dîner important, séminaire, je suis sûr qu'elle avait
quelqu'un ! Est-ce votre jalousie excessive qui a poussé votre épouse et
non vous à demander le divorce ? Vous l'avez imaginé, officialisant sa liaison
? Présentant son amant à vos enfants ? Un homme brillant, sans aucun doute, un
cadre de chez Noriel, peut-être ? Qui aurait acheté à coups de cartes gold
toute une famille, la vôtre.
Le meurtre de votre épouse a eu lieu un lundi jour où vos enfants auraient dû
être chez leur mère.
J'ai gardé les enfants dimanche parce que l'un d'eux avait de la fièvre. Faux
! La babysitter a dit que vos deux enfants se portaient parfaitement bien.
Elle les a même gardés pendant que vous vous rendiez à votre soirée. D'où vous
vous êtes éclipsé pour vous rendre directement chez votre ex-femme. Mais
non, pour rentrer chez moi, j'avais picolé ! Et malheureusement pour vous,
voyez-vous, la baby-sitter est incapable de situer très exactement l'heure de
votre retour.
Elle dormait.
Pourquoi ne pas nous dire toute la vérité en une seule fois, monsieur Adler
? Écoutez, c'est vrai, j'ai chargé ma femme au moment du divorce. J'avais peur
de perdre mes enfants.
Je lui ai envoulé !
J'aurais dû l'aider, l'écouter.
Mais voilà.
C'est son boulot. Il n'y avait plus que ça qui comptait pour elle. Ça me rendait
dingue.
Alors oui, je me sens coupable.
Mais pas de l'avoir tué, ça.
Jamais je n'aurais pu faire ça.
Le lien n'a rien fait.
Le boulanger du coin de la rue l'a vu rentrer cette nuit à 4h du matin, ivre
mort en plus, et il a garé sa voiture un peu en vrac devant la boulangerie.
Et puis je reviens de chêneuriel, vous savez ce que j'ai appris ? Comme fille
que je suis pas mauvaise, mais comme médium, moins.
Lucie Vallement était sur le point de se faire envoyer pour faute grave.
Ça veut dire que si Bouvier du Nord a rien dit, c'est parce que c'est lui qui
a demandé à ce qu'on la vire ? Non mais selon lui, Lucie Vallement aurait dérobé
le dossier complet du lancement d'un nouveau produit.
Et tout ça, j'y jure, avant le meurtre.
Pas mal, non ? Bon, mais vous le convoquez pour demain. Il vaut mieux
être frais pour s'attaquer à ce jour de pointure.
Cisco.
La prochaine fois, tenez-moi quand même au courant de vos initiatives.
Ah bah c'est-à-dire que vous étiez tellement à fond sur le mari que j'ai
pas voulu vous déranger. Oui, mais faites-le quand même la prochaine fois.
Pour que je puisse avoir le plaisir de vous envoyer bouler.
Chacun ses petites joies.
C'est pas comme ça que tu vas te la foutre dans la poche.
Écoute, j'ai envie de te piquer ta place. Je me sens pas obligé de les
mettre tout de suite, tout de suite.
Dis-donc, papy, la morale.
On va s'en jeter un ou... Non, je peux pas, j'ai un rencard.
Ah.
Blanc, brun... Rousse. Non, non plus, non.
Plutôt châtain, petit, assez musclé, avec un badge marqué IGS dessus.
Ça te tente ? Ah, merde, merde.
Non, pas non.
Ou alors un dîner en amoureux.
Ah merde, c'est pas dit, je bouffais avec mon ex.
On dirait que ça te dérange de te retrouver en tête-à-tête avec moi.
Si je cours la vie à deux, ça veut pas forcément dire l'un sur l'autre.
C'est que l'un sur l'autre, moi ça me dirait bien.
Non mais c'est ma fête ou...
Entrez. Alors, vous serrez pas la main ? Entre vieux amis.
Mais putain, vous comprenez pas ce qu'il fait ? Il s'invente un complice pour
partager le meurtre de Blinsky.
Vous avez perdu votre poste, mais pas votre pardon.
Moi j'aime bien quand ça résiste un peu.
Malheureusement, notre enquête a révélé que vous aviez quand même un sacré
besoin d'argent, non ? Ton petit fils, tu sais, Théo, à cause de son opération.
Vous démontez pas ça, commandant ? Non.
Tout le monde savait que j'avais besoin de pognon.
Et cet enculé de Cervero aussi.
Enfin, Jean-Louis, c'est même toi qui a suggéré d'aller faire un petit repérage
chez Blinsky, histoire de savoir où on mettait les pieds.
C'est l'amour vache, là.
Bon, ok.
J'avais besoin de pognon.
Mais encore une fois, j'ai refusé son coup foireux.
La mort dans l'âme, si vous voulez tout savoir.
Vas-y.
Dis la vérité.
J'ai dit la vérité.
Espèce de fils de pute, va. Pas d'intimidation, on connaît vos méthodes,
si on est là.
Moi, j'aimerais avoir le point de vue de votre ami.
Calmement.
Allez dehors.
Demain, je l'échange contre une caisse de ce pur malte dix ans d'âge.
Pas de désespoir actif, commandant.
Cette carte a encore de bons jours devant elle.
Est-ce qu'il me vaut l'honneur de votre compagnie, Michel ? Vous avez décidé,
comme moi, de devenir alcoolique ? Écoutez, la solidarité est ma vertu
cardinale.
La mort reste mon péché mignon.
Il y avait de fortes chances que vous repassiez par ici pour vous ressourcer
après l'épreuve.
Si ça continue comme ça, c'est dans une sous-préfecture qu'il faudra venir me
rendre visite.
Vous savez Michel, quand Valon est parti, c'est vous qui auriez dû prendre
la tête du groupe.
Vous aviez tout pour ça.
L'ancienneté, la capacité.
Alors pourquoi ? Pourquoi ? Parce que je connais mon domaine d'excellence.
Je suis pas fait pour commander, je préfère laisser ça à d'autres.
Aux jolies femmes, par exemple.
C'est vrai qu'elle est jolie. Et très compétente.
Il lui reste à se faire aimer, mais ça viendra.
Alors, trincon, à votre nouveau commandement, il y en aura un, j'en suis
sûr.
M. Bouvier-Dunand est-il là ? Oui, oui, je vais aller voir s'il... Merci.
M. Bouvier-Dunand est très occupé.
Apparemment, oui.
Pour ne pas se rendre à une convocation de la police judiciaire.
Oh là là ! Je suis suspect pour mériter une telle charge de cavalerie ? Simple
témoin, pour le moment.
Quand les choses se gâteront, prévenez-moi, j'appellerai le ministre,
c'est un de mes amis.
Nous aimerions vous parler des relations que vous entretenez avec vos
subordonnés.
Vous parlez de quoi ? D'une plainte pour harcèlement déposée contre vous au prud
'homme par l'une de vos employées.
Coïncidence, Lucie Valmont avait accepté de témoigner.
À charge ? Quoi encore ? Pour les rendez-vous avec Romain,
je fais comment ? Reportez-le à 11h.
Laissez-nous, Christelle.
C'est secours, la petite.
Oui.
Je suis payé pour diriger un service, pas materné des hommes sensibles.
Hasard toujours, vous avez accusé à votre tour Lucie Valmont d'une faute
grave, quelques temps plus tard.
Valmont a dérobé les maquettes d'un nouveau produit pour démarcher la
concurrence. Et sur quoi repose cette accusation ? Un soir, elle a quitté le
siège avec une sacoche pleine. Et qui l'a vue ? Moi je l'ai vue ! Je l'ai vue
! Quelques jours après, l'info circulait dans toute la presse spécialisée, c'est
pas une preuve ça ? Bien joué !
La faute professionnelle grave, ça fait économiser des indemnités de
licenciement. En me parlant sur ce ton menaçant, c'est vous qui faites une
faute. Bien, recentrons nos questions.
Où étiez-vous ce lundi soir entre minuit et 6h du matin ? Ça suffit, là.
Je vais vous répondre, parce que j'en ai envie.
Mais je suis tout ouïe.
J'étais chez moi avec ma femme, qui peut en témoigner.
Maintenant, sortez.
Sortez !
Allô ? Il est fortement suspecté, Mlle Corlin.
Comment pouvez-vous imaginer qu'un homme tel que M. Bouvier-Dunand puisse être un
criminel ? Mais je n'imagine rien, Mlle Corlin. Je pose des questions.
De vous à moi, c'est pas un saint.
C'est un homme très bien et très droit.
Sauf quand il a quelqu'un dans le nez.
Sa femme a confirmé son alibi.
Vu la terreur qu'il inspire à tout le monde, c'est sujet à caution, mais
bon... Évidemment, c'est un homme un peu dur, mais... Il est très angoissé.
Il a d'énormes responsabilités.
Vous le connaissez bien ? Je suis à son service depuis sept ans et j'en suis
fière.
Ah oui ? Et vous prenez soin de lui, apparemment ? Ticket de pressing ? Ah,
et vous accompagnez même sa... sa fille à la danse, le samedi ? Oui, lorsqu'il
ne peut le faire lui-même, absolument.
Un homme comme lui a de très gros charges et moi je l'aide dans le
quotidien. Le quotidien, oui.
Même le week-end ? Oui, s'il le faut.
Mais dites-moi, c'est plus un travail, c'est un sacerdoce.
Il vous reste un petit peu de temps pour vivre ou bien... J'aime mon métier et j
'admire la réussite de M. Bouvier-Dunant.
Il n'est pas un gras, vous savez.
J'y trouve mon compte.
Oui. Il faut juste être dans ses petits papiers, quoi.
Il est aussi capable de donner une seconde chance à ceux qui le méritent
vraiment.
Autesignac par exemple était en perte de vitesse et bien il lui a confié la
nouvelle gamme de produits.
Comme quoi.
Comme quoi.
Oui.
Elle est sympa Autesignac.
Elle a récupéré le job de Lucie Vellemont vite fait bien fait.
Ça pour une amie, c'est une amie. Elle a peut-être pas eu le choix.
Oui, on a toujours le choix.
Non, pas toujours.
Moi, par exemple, on m'a obligée à prendre la tête de ce groupe.
C'était quand même une promo.
Avec vous tous sur mon dos ? Je vous jure, une promo au rabais, oui.
Allez, trouvez-moi des renseignements sur votre signac. Et après, on se fera
une opinion.
Et pas de grimaces dans mon dos ! On n'est plus au jardin d'enfants !
Jean-Louis ? Ou moi ? Pourquoi tu m'as pas appelé hier soir après ta convo sur
les boeufs ? Écoute, Jeanne, te voir, c'est me rappeler sans arrêt que je suis
dans la merde.
Puisque t'es là à cause de mon histoire avec l'IGS. Mais je suis là aussi pour t
'aider. Oui, bah alors là, tu peux aller mettre un cierge. Je suis pas croyante.
Qu'est-ce que tu dirais plutôt d'un petit dîner ? Juste toi et moi.
Un dîner, toi et moi ? Oui.
Ah bah... Ouais.
Ah bah ouais.
J'ai dit juste un dîner, hein.
Ah oui.
Oui, oui, bien sûr.
Viens.
Donc, Haute Cignac est sur la touche depuis des mois.
Ouvier Dunant lui retire tous ses dossiers. Il y a le déprime sec.
Et du jour au lendemain, tout rentre dans l'ordre. Et dans les petits papiers
du boss, c'est pas important tout ça.
Et le miracle s'est produit exactement au moment où Lucie Valmont a été accusée
du vol.
En gros, Haute Cignac est une salope.
Analyse réductrice d'une situation un peu plus complexe.
Le mari d'Haute Cignac...
C'est un chômeur longue durée, avec un gros crédit immobilier et trois enfants
à charge.
La famille était proche du naufrage.
Mais là, ça devient très basique. Lucie Valmont reproche à Haute-Signac d'avoir
profité de sa disgrâce pour s'emparer de son poste. Et la menace de tout révéler
à son mari.
Haute-Signac voit que ça chauffe pour elle et panique.
Ça tient debout.
Reste que notre exécutive woman a été formée à l'école Noriel.
Et elle va encore nous servir des vérités maison.
Précisément, si l'on veut obtenir une déstabilisation propre à générer les
aveux, il faut frapper à son tendon d'Achille.
C'est-à-dire là où on risque de lui faire le plus mal.
Chez Noriel.
La vérité, c'est que Bouvier du Nant a fini par reconnaître mes compétences.
Non, la vérité, c'est que vous avez piqué le boulot de votre meilleur ami.
Cette interprétation des faits vous est toute personnelle.
Depuis que le monde est monde, il n'y a toujours eu que deux façons d'échapper à
la disgrâce du roi.
En devenant sa maîtresse ou en lui apportant sur un plateau la tête de son
pire ennemi.
Laissez-moi vous dire une chose.
J'ai toujours beaucoup travaillé. Ma mise à l'écart était injuste.
Mais dès qu'on dépasse la quarantaine, et surtout pour une femme...
Vous ne pouvez pas savoir.
Eh bien, j'ai tout fait.
Même de la chirurgie esthétique pour rester au top.
Tout ? Quitte à marcher sur Lucie Valmont ? Non.
C'était un concours de circonstances.
Un jour, j'ai surpris Bouvier-Dunant en train de passer un dossier au broyeur.
Et le lendemain, Lucie était accusée du vol.
Vous avez fait chanter le dire-com ? J'ai saisi ma chance.
Je n'avais rien à perdre.
Je suis allée voir ce cher Bouvier-Dunant et je lui ai proposé un
marché.
Mon retour en grâce contre mon silence.
Oui, ça m'a lucivalement assaisi toute la perfidie de votre action.
Vous a menacé, vous... Non.
Elle s'en foutait.
Pardon ? Elle m'avait dit qu'elle avait une preuve contre Bouvier-Dunant et qu
'elle allait le faire tomber.
Une preuve ? Et une preuve de quoi ?
Il est dans votre intérêt de nous aider désormais à conduire cette
investigation.
T'as concerné Nadège ? Nadège Monnel.
Une ancienne chef de produit qui s'était tuée en voiture il y a trois ans.
Et Lucie l'avait remplacée.
Madame Claudie de Monelle ? Oui ? Police judiciaire.
Nous aurions quelques questions à vous poser.
Sur votre fille.
Je l'avais tout misé sur son travail.
Un jour, j'ai découvert qu'elle avait pris des médicaments pour tenir.
Elle subissait des pressions ?
Son patron l'appelait tout le temps, le soir, le week-end.
C'était trop pour Nadège.
Elle m'a dit qu'elle ne voyait plus comment s'en sortir, qu'elle allait
perdre sa place.
Un jour, elle a jeté... Elle a jeté sa voiture contre
elle.
Pourquoi Lucie Valmont vous a contactée ? Elle recherchait des témoignages.
Des gens qui avaient eu des ennuis chez Noriel.
Alors je lui ai donné la lettre. Quelle lettre ? Une sorte de lettre d'adieu qu
'elle avait écrite avant de se tuer.
Et vous l'avez lue ? Elle portait des accusations terribles sur son patron.
Elle disait que c'était de sa faute si elle allait mourir.
Et vous n'avez rien fait ? Mais...
Je ne savais pas quoi faire avec cette lettre.
Je me disais que Nadège allait très mal et que... Je me disais peut-être n
'importe quoi.
Et Bouguier du Nant, il l'a pris comment ? Il a été très bien avec moi.
C'est lui qui a réglé les frais d'obsèques. J'ai même reçu des
indemnités.
Ça m'a bien aidée.
Il a acheté votre silence.
Et Lucie, elle vous en a enfin persuadée.
Madame Valmont m'a dit qu'elle allait obtenir justice, alors je lui ai donné
la lettre.
Bien. Merci.
Avec la lettre, Lucie Valmont contacte Gouvier-Dunant pour le faire chanter, et
il se rend chez elle dans l'espoir de la récupérer.
Si les cendres retrouvées chez Lucie Valmont correspondent à la lettre, on
est mal.
Il faut retrouver une trace de contact entre Gouvier-Dunant et Lucie Valmont
dans les jours et les heures qui ont précédé sa mort.
Ok, je m'en charge.
Faudrait mieux pas de vous occuper de votre homme ce soir.
Ça m'en garde pas, mais ça commence à criser, non ? Écoutez, je suis pas trop
du genre soirée télé, alors il faut qu'il s'y fasse.
Faites gaffe quand même, hein. On joue les femmes fortes et puis un jour, on se
tire.
Le fèvre a trouvé votre info.
Lucie Valmont a joint Bouvier-Dunant sur son mobile à 16h17 la veille du meurtre.
Elle lui aurait laissé un message.
Excellent. Lequel Bouvier-Dunant nous attend à son bureau. Il a décalé tout ce
rendez-vous rien que pour nous. Une amabilité surprenante.
On aurait tort de ne pas en abuser.
Il vient d'où ce parfum ? Ah, d'Italie.
Et plus précisément ? Venise.
Oh, Venise.
Nadège Monelle, ça ne vous dit rien.
J'y peux rien.
J'y peux rien si certains collaborateurs sont trop fragiles pour supporter le
rythme imposé par notre société.
C'est vrai.
Nous savons où nous mettons les pieds en notre enchaînement réel. Merci, Crétin.
Si je comprends bien, vous m'accusez d'avoir tué cette femme ? Non.
Rassurez-vous.
Dans ce cas-là, c'est vraiment un suicide.
Il semblerait d'ailleurs, voyez-vous, que Nadège Menel l'ait confirmé dans une
lettre rédigée à cet effet.
Mais qu'est-ce que vous croyez ? Moi aussi, je subis des pressions.
Moi aussi, j'ai des comptes à rendre et des obligations de résultat.
Alors quand on vous demande de vous débarrasser de collaborateurs moins
productifs, vous vous arrangez et vous faites accuser lucivalement d'un vol que
vous avez vous-même commis.
Nous avons le témoignage de Signac.
Ce sera sa parole contre la mienne.
Maintenant, j'ai pas du tout l'intention de me laisser calomnier. Sortez.
Chaque chose en son temps, monsieur Bouvier-Dunant.
La veille de sa mort, Lucie Valmont vous a laissé un message sur votre portable.
Parlait-elle de la lettre ? Je ne sais rien de cette lettre et je n'ai reçu
aucun message de cette dingue. Vous me fatiguez là.
La remontée d'appel prouve le contraire, il était 16h17 exactement.
Merde. Merde ! J'avais oublié mon portable au bureau.
Mon assistante Christelle me l'a rapporté dimanche à la maison.
Vérifiez.
Vérifiez !
C'est confirmé.
Bouvier-Dunant avait bien oublié son portable au bureau. Sa secrétaire lui a
rapporté chez lui en début de soirée. C'est donc elle qui a reçu l'appel de
Lucie Valmont.
Nous avons affaire là à un cas de dévouement professionnel tout à fait
remarquable, frisant même la pure abnégation.
Oui, enfin, entre l'abnégation et l'exécution d'un meurtre pour le compte
de son patron... Oh, vu comme elle le materne, c'est pas impossible.
Elle se rend chez Lucie Valmont à l'aube.
Là, elle tente de la...
Convaincre de ne pas utiliser la lettre, Lucie ne verrait n'entendre.
Christelle comprend alors que Lucie ira jusqu'au bout contre Bouvier du Nord,
arrive ce qui devait arriver, et elle détruit la lettre.
Reste à savoir si elle a agi seule ou bien sur ordre de son boss.
C'est-à-dire s'il a eu connaissance du message ou non.
Après avoir apporté son téléphone portable à votre patron, vous rentrez
chez vous ? Pas d'heures supplémentaires au domicile de M. Bouvier-Dunant ? Nous
avions travaillé une partie du dimanche chez lui, il n'a pas jugé
nécessairement... Non, je dis ça parce que votre dévouement me paraît sans
limite.
Il confine même à la pathologie.
Vous n'avez pour ainsi dire aucune vie privée, hein ? Pas de mari, pas de petit
ami connu. Je gère ma vie comme je l'entends.
On dresse de vous dans votre entourage et dans votre milieu professionnel.
Un portrait des plus élogieux, travailleuses, généreuses.
Dévouée, cela va sans dire à votre père, jusqu'à sa mort, ensuite à votre patron.
Mais pourtant, pas ou peu d'amis.
De fiancées, encore moins.
Cela ne vous a jamais moqué.
Vous vivez votre vie dans l'ombre des autres.
Vous êtes fasciné par la réussite dont vous vous sentez incapable.
Alors quand Lucie Valmont menace ce fragile mais précieux édifice... Vous
dites n'importe quoi.
Oui, j'admire M. Bouvier-Dunant, mais je ne suis pas la seule.
Il a même été élu manager de l'année par un panel de grands patrons.
Vous allez les arrêter, eux aussi ? Le jour du meurtre, le téléphone de votre
patron est entre vos mains.
C'est vous qui recevez le message de Lucie Valmont.
Et là vous comprenez quel danger représente la lettre de Nadège Monnel.
Vous dites n'importe quoi.
Alors vous vous rendez chez Lucie Valmont pour tenter de la dissuader.
Mais là ça tourne mal.
Oui j'en voulais à Madame Valmont.
Et jamais je n'aurais fait une chose pareille.
Quelle belle grande preuve d'amour que d'assassiner pour lui.
Sans même avoir la certitude qu'il le sache.
C'est faux.
Cette fille a une âme de martyr.
Même sous la torture elle n'avouera rien.
C'est pas elle qu'il faut torturer, mais son idole.
Ça, elle ne supportera pas.
Ah, brillamment raisonné.
Oui, autrefois j'ai été chef de groupe.
Mademoiselle Corlin, je suis désolé si cet entretien vous a bouleversé, mais on
voulait être sûr que vous n'ayez pas écouté le message de Lucie Valmont.
Non, bien sûr, je ne l'ai pas écouté.
Par contre, votre patron, lui, il a fait.
C'est pour ça qu'il a tué Lucie Valmont.
Non.
C'est impossible.
Bon.
Vous allez rester avec nous.
Et lorsqu'il avouera, vous comprendrez enfin quel genre d'homme est votre
patron. D'accord ? Allez.
Venez.
Vous allez au devant d'énormes problèmes de carrière, vous en avez conscience.
Pour l'instant, c'est plutôt la vôtre qui me semble menacée.
Si vous voulez bien nous suivre.
S'il vous plaît.
S'il vous plaît.
Vas-y.
Autignac est formel. Non seulement c'est vous qui avez volé le dossier, et vous l
'avez sciemment détruit pour pouvoir accuser Lucie Valmont. Vous vouliez vous
débarrasser d'elle à n'importe quel prix. Pas moi.
Ah bon ? Qui ? Ma hiérarchie.
Qu'est-ce que vous voulez ? Elle était plus lent la course.
Vous m'en demandez de faire vite.
Ça pour du rapide, ça a été du rapide. Vous l'avez poussé à bout.
Comme Nadège Monnel et Autignac. Et combien d'autres encore ? Seulement
voilà, vous tombez sur un os.
Lucie Valmont possède la lettre écrite par Nadège Monnel.
Quelle lettre ? Je vous dis que j'en ai jamais entendu parler.
Monsieur Maman vous a laissé un message la veille de sa mort. Elle vous a menacé
de divulguer la lettre.
Mais elle ne m'a pas appelé. Je vous répète que mon portable est... Votre
assistante est revenue sur ses déclarations. Elle affirme vous avoir
parlé de ce coup de téléphone. C'est faux ! Je n'ai jamais dit ça ! Je n'ai
jamais dit ça ! Ne les écoutez pas.
Ils vous mentent.
Elle a sauvegardé le message et vous l'avez consulté.
Elle ment.
Elle ment !
Vous avez tout de suite compris ce que cette lettre signifiait pour vous.
On vous demandait de faire le ménage, mais si vous dérapez, votre hiérarchie
vous laisse tomber. Et ça, vous le savez.
Mais je ne suis pas au courant de cette lettre. Et puis même si je l'avais été,
je suis incapable d'avoir... D'avoir quoi ? Tuer Lucie Valmont ? Mais vous l
'aviez fait bien avant, en l'écartant de son poste, en la harcelant, en nous
faisant subir les pires humiliations. Elle a l'air étranglée, parce qu'elle
menace votre propre situation.
Elle a balancé par la fenêtre, alors là... Simple formalité.
C'est faux ! C'est faux ! Vous êtes allée chez Lucie Valmont.
Et elle vous a menacé de tout révéler.
Elle ne voulait même plus retrouver son poste. Ce qu'elle voulait, c'était votre
peau.
Et les choses ont mal tourné.
C'est pas vrai.
Dites-lui que c'est pas vrai ! C'est pas vrai !
Ensuite, vous avez trouvé la lettre.
Et vous l'avez détruite.
Arrêtez ! Arrêtez ça ! Il n'a rien fait, il n'était même pas au couvent, je ne
lui ai pas dit ! Dis quoi ? À propos de la lettre, de cette gare de Valmont, de
l'appel, il n'y est pour rien, c'est moi, c'est moi.
Vous quoi ?
Ce qui l'a tué, c'est moi.
Il voulait du mal.
Je ne pouvais pas la laisser faire.
Vous comprenez ?
C'est invraisemblable.
J'aurais jamais imaginé que... Quoi ? Qu'elle pousserait le dévouement jusque
-là ? C'était une excellente secrétaire, un très bon élément.
Le meilleur même.
Elle a poussé jusqu'au bout l'esprit maison.
Je vous trouve très mal placé pour faire la morale.
Vos méthodes ne valent pas mieux que les miennes.
A ceci près que nous les appliquons dans un souci de justice.
Pas pour satisfaire les actionnaires. Excusez-moi.
Allô ?
Ah oui, président, oui.
Vous êtes au courant ? D'accord.
Ah non, mais écoutez, je vous jure que j'y suis pour rien.
Non ? Comment ça ? Excusez-moi.
Mais oui, bien sûr.
D'accord.
J'arrive.
Ah non, c'est le contraire.
Hein ? Dis donc, Fèvre. T'avais pas si mal au 36 ? Avec la clim qui marche pas
et les ordinateurs qui se plantent.
Oh non.
Je viens pour vous donner une mauvaise nouvelle, ce qu
'on est là.
Pas mauvaise pour moi.
Dans Cervero, c'est rétracté.
Ah ouais, il a avoué avoir tout bidonné pour vous faire plonger.
Je vais m'en faire rigoler pas trop vite.
L'enquête n'est pas finie pour autant, Cervero c'est juste un pion. D'accord ?
On trouvera bien d'autres témoins pour vous faire plonger.
En attendant le chef de groupe, je crois que vous pouvez oublier.
Vos méthodes sentent la merde, Maggie.
Je crois peut-être qu'un jour quelqu'un s'occupe de votre dossier aussi.
C'est bien ce que vous avez fait là.
C'est bien.
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