All language subtitles for La.Crim.S07E08

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English Download
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

... ... ... ... ... ... ...

... ...

C'est son compagnon, Séverin Dorval, qui a découvert son corps. Il y a une... J

'imagine que la victime était marionnettiste.

Comme son compagnon, tout à fait. Votre perspicacité, commandant, va vous

permettre de l'utiliser dans les plus brefs délais, j'en suis sûre. Et comme

je suis très en forme, je dirais que notre homme tirait les fils de sa

marionnette au moment de l'agression.

Il a dû être surpris par l'attaque. De fait, la victime devait tourner le doigt

son agresseur lorsqu'elle a été frappée.

Transfixion cœur-poumon, vraisemblablement effectuée à l'aide de

cette arme blanche, qui doit être à l'origine du décès. Merci.

Alors, vu la distance entre la porte d'entrée et le corps, ça suppose que

Marin a entendu entrer son agresseur, et même mieux, en fait, s'il a continué à

fripoter son harlequin avant qu'il l'atteigne.

Ça veut dire qu'il le connaissait. Ou alors le tueur était là depuis un moment

et il a frappé comme Marin ne s'y attendait pas. Dans les deux cas, Marin

connaissait son agresseur.

Un drame de la jalousie.

Je suis perspicace, madame la substitue, mais pas encore de vin.

Cet arlequin, là, qui a tout vu, pourrait bien éclairer notre

lanterne.

Il semble qu'il ait joué un bien mauvais tour à son maître.

J'ai rencontré Xavier il y a un an.

Les spectacles sur scène et dans les écoles marchent bien, alors je cherchais

quelqu'un avec qui m'associer. Vous étiez rencontré comment ? Par mon agent.

Élodie Bataille.

Il s'occupait de lui aussi.

Et... Vous êtes vite devenu intime ? Ouais, on...

On est tout de suite tombé amoureux.

Il y a quelques jours, on venait de se paxer. Monsieur Dorval, vous connaissez

quelqu'un dans votre entourage professionnel ?

Ou privé ? Qui aurait pu y en vouloir ? Non, vraiment, je vois pas.

On n'a que des amis.

Dans notre profession, on rencontre surtout des enfants et des parents. On

est là pour amuser les gens.

Et votre paxe récent, ça dérangeait vraiment personne ? D'anciens amants ?

Des gens de votre famille ou de la sienne ? Non.

Dans la famille de Xavier, les gens sont tolérants.

Tout le monde savait qu'il était homo.

Quant à moi, je suis fils unique.

Mon père est parti le jour de mes 14 ans et ma mère... Ma mère est au courant.

Vous faisiez quoi ce matin ? Je suis passé chez ma mère justement.

Pour aérer sa maison et... Et puis pour faire un peu de rangement.

Elle vit à Lisieux mais elle a gardé un pied-à-terre à Paris.

Elle arrive demain.

Pour mon anniversaire.

On devait le fêter tous les trois.

Avec Xavier.

Monsieur Dorval.

Ma collègue a trouvé cette photo dans la page de votre petite amie. Mon

compagnon. Pardon.

Votre compagnon.

Est-ce que vous connaissez cette personne ? Non, je connais pas cette

jeune femme.

Et vous ne trouvez pas ça curieux que votre compagnon ait sur lui la photo d

'une inconnue ? Si.

C'est bizarre.

D'autant que Xavier et moi, on se disait tout.

Mais je vois vraiment pas qui c'est.

Cette photo a peut-être un rapport avec le meurtre.

Mais de toute façon, on sera vite fixés.

Il y a une adresse au dos.

Mon petit Michel, ton client a rendu l'âme dans la matinée.

Dix heures et midi.

Comme tu le supposais.

Ah non, comme tu le supputais. C'est un mot à toi, ça.

Donc, comme tu le supputais, il a été tué par surprise.

Tiens, regarde ça.

Sa main s'est violemment fermée quand il a été frappé.

Moi, j'ai eu un mal fou à retirer des doigts les fils de sa marionnette.

Regarde ça, un superbe Harlequin.

Ça me rappelle ma jeunesse. J'ai fait un petit peu de théâtre amateur.

J'adorais jouer les personnages de la comédienne El Arte.

Surtout Harlequin.

Et connaissant votre propension à la bouffonnerie, mon cher Salinas, ça ne m

'étonne qu'à moitié.

Ne trompe-toi, je n'étais pas si mauvais.

Tu m'aurais vu, je suis sûr que j'aurais réussi à te dérider.

Je doute fort que vous ayez fait un jour rire qui que ce soit, mon cher Salinas.

Même le faciès dissimulé derrière un masque.

Mais c'est un naufrage.

L'absence d'empreinte sur ce

couteau ne nous permet pas pour l'heure d'aller plus loin dans notre enquête. Il

semblerait qu'il ne fasse pas partie de la batterie de cuisine habituelle du

couple. Moi je le sens pas ce Dorval.

Peut-être qu'il était raide dingue amoureux de son mec, mais je pense qu'il

nous cache un truc.

J'ai comme le sentiment qu'il connaît la personne qui a fait le coup. Peut-être

qu'il a des doutes sur l'assassin et pas assez pour le balancer.

Il y a temps de les vérifier.

Bon, et c'est quoi cette histoire de photos ? Pourquoi est-ce que Marin irait

cacher à son mec l'existence de cette fille si c'est pas pour une histoire de

cul ? Vous oubliez, capitaine, que le couple venait d'officialiser sa liaison

par un pack sans bonnet du forme.

Ça va, on en voit des couples qui s'adorent et puis quand on creuse un

peu, on s'aperçoit que les uns cocuphilent les autres depuis des

lustres. Alors pourquoi pas un homo avec une fille ? Ah !

Intéressant. Alors, pour Marin, la victime, j'en sais rien.

Mais pour Dorval, j'ai eu l'agent artistique qui s'occupe du couple,

Elodie Bataille. Alors, elle dit qu'en effet, ces deux-là s'adoraient.

Mais que Dorval n'a pas toujours été homo.

Non, il a même vécu avec elle.

Tu l'as convoquée ? Oui, elle devrait être là, d'ailleurs. Et pour ce qui est

du voisinage, alors, ça n'a rien donné. Bien sûr, un samedi matin, dans ce coin

-là, beaucoup de gens sont partis en week-end. Et pour le peu qui reste,

personne n'a rien vu, rien entendu.

Voilà, j'ai fait les plaques d'immatriculation.

On sait jamais.

Bon travail, Cisco.

Très bien.

Oui, les réflexes reviennent, lentement mais sûrement.

La fille sur la photo ? Il y a une certaine Sandrine Guibert à l'adresse

indiquée, une étudiante en droit de 20 ans.

J'ai retrouvé son portable, mais elle ne répond pas, il faudrait passer chez

elle. Très bien.

On s'occupe de la petite Guibert, et vous, vous prenez l'agent artistique,

comment elle s'appelle ? Elodie Bataille. Elodie Bataille, ok.

Je ne vais pas jouer les coquettes et mentir sur mon acte de naissance. J'ai

40 ans. C'est vrai, Dorval, en ayant 30, je vous laisse faire le calcul de la

différence d'âge. C'est drôle.

10 ans d'écart, ça ne dérange personne quand c'est dans l'autre sens.

Dorval est entré dans l'agence il y a trois ans.

Il commençait déjà à percer dans le métier.

Il était très beau, très intelligent, très gentil.

Enfin bref, j'ai craqué. Vous avez craqué, mais il n'était pas homosexuel.

Si, mais il ne le savait pas.

En fait, Dorval n'avait jamais eu d'aventure masculine et très peu de

féminine. Je pense qu'à travers notre relation, c'est plus une mère qu'une

femme qu'il recherchait.

Sous cet angle-là, c'est déjà moins drôle comme liaison. D'ailleurs, c'est

moi qui ai fini par lui ouvrir les yeux. Quand Xavier Marin est entré dans l

'agence, j'ai vu Dorval complètement bouleversé.

J'ai compris tout de suite qu'il en tombait amoureux, je lui ai dit.

Mais qu'est-ce qui l'empêchait de s'assumer ? Sa famille.

Dorval m'a beaucoup parlé de son enfance.

Il avait eu un père machiste et violent, une mère soumise à l'autorité de cet

homme. Dorval m'a avoué par la suite qu'il lui aurait été impossible d

'assumer ses penchants homosexuels.

Son père l'aura tué.

Alors Dorval a dû jouer les hétéros jusqu'à sa rencontre avec Marin.

Quelle tristesse.

Dorval aimait tellement Marin, il ne va jamais se remettre de sa mort. Jamais.

Dites-moi, est-ce que vous pensez que si Marin avait eu une

liaison avec un autre mec, ou avec une femme, est-ce que vous pensez que Dorval

aurait pu s'en prendre à lui ? D'abord, je ne vois pas Marin tromper Dorval avec

une femme.

Il assumait parfaitement son homosexualité. Et puis, Dorval est

incapable de violence.

Tuer par amour, ça peut arriver à n'importe qui.

Non, Dorval hait la violence depuis son enfance, depuis les coups qu'il prenait

avec son père.

Et puis, Marin était l'homme de sa vie.

Arrête ta parano.

Malgré vos problèmes, je suis sûr que ton mari bouge pas un cil. C'est pas les

cils qui bougent, c'est autre chose.

T'as la preuve ? Hier, je suis tombée sur lui dans la rue.

Il est entré dans un immeuble avec une nana et il la tenait par l'épaule.

Ils sont ressortis deux heures après.

T'es renseignée sur la fille ? Évidemment.

C'est soi-disant une copine traductrice avec qui il bosse. Tu parles que je vais

le croire ? Il m'est déjà arrivé de me balader avec toi dans la rue en te

prenant par l'épaule. Et pourtant, on a pas encore baisé, hein ?

C'est sa maîtresse, je sais pas comment te l'expliquer, je le sens.

Bon allez, c'est là.

Allez.

Commandant Scandella, d'Inbailly, brigade criminelle.

Je veux savoir qui vous êtes.

Brigade criminelle ? Mais pourquoi la police ? Il va y avoir Sandrine Guibert,

on voudrait lui parler.

Je suis Paul Guibert, le père de Sandrine, ma fille habite ici.

Je viens la chercher pour partir en week-end, mais ça m'inquiète, elle

devrait être là, je comprends pas.

Sandrine !

Bon, vous connaissez quelqu'un qui aura un double des clés ? Moi, j'aurais

toujours un.

Je peux entrer avec vous ?

Sandrine ! Mon bébé.

Ma chérie, tu m'entends ? Elle est dans le coma. J'appelle le Samir.

Sandrine, ma petite fille.

Vous connaissez ce livre ? Ma petite fille.

Alors, docteur ? Sandrine a ingurgité des barbituriques et des anxiolytiques,

mais nous avons pu lui faire attendre un lavage d'estomac. Il ne semble pas que

le cerveau soit endommagé.

Elle va sortir quand du coma ? C'est un peu tôt pour se prononcer, mais nous

pensons d'ici peu.

Ne vous inquiétez pas, nous vous tenons au courant.

Mademoiselle.

J'aurais dû m'en douter.

Depuis la mort de sa mère, Sandrine est devenue très fragile.

Elle a tellement besoin d'amour.

Elle s'attache trop facilement aux garçons.

Elle le porte qui ? Monsieur Guibert, le geste de votre fille pourrait

effectivement avoir un rapport avec une peine de cœur.

Je connais bien ce livre. C'est un livre pour enfants, je le lis souvent au mien.

Je comprends pas. J'ai moi-même offert ce livre à Sandrine quand elle était

petite. Elle adorait cette histoire.

Vous vous rappelez de cette histoire ? C'est Colombine qui a quitté Pierrot,

son amour de jeunesse, pour tomber amoureuse d'Arlequin. Sauf que Arlequin,

malheureusement, il se foutait d'elle.

Et alors ? Quel rapport a-t-il avec le suicide de ma fille ? Je pense que pour

elle, mourir avec le livre entre les mains, c'était le seul moyen d'envoyer

un message symbolique à son amoureux. Comme si elle le jugeait responsable de

son acte.

Monsieur Guibert, est-ce que vous connaissez le petit ami de votre fille ?

Sur le mort de qui vous enquêtez déjà ? Sur la mort d'un

marionnettiste, Xavier Marin.

On l'a retrouvé mort avec un pantin dans les mains, un horloquin.

On a retrouvé cette photo sur le mort.

Avec l'adresse de Sandrine derrière, on a vérifié.

Alors ? Cet homme vous dit quelque chose ? Non, ça ne me dit rien.

En plus, ça fait longtemps que ma fille me confie plus ses bannes de cœur.

Vous nous avez pourtant dit tout à l'heure que vous auriez dû vous douter

de ce qu'elle est arrivée.

Moi aussi j'ai une grande fille.

Elle est très proche et pourtant, j'ai pas le double des clés de son

appartement.

Alors j'imagine que votre fille ne devait rien vous cacher ? Je suis

désolé, je ne connais pas cet homme.

On va vous laisser, M. Guibert.

On vous appellera pour prendre des nouvelles de Sandrine.

Si vous avez quelque chose à nous dire, donnez-moi carte.

Au revoir.

Colombine aimait la mélancolique et tendre.

Pierre, on ne se laisse pas séduire.

Les spiègles et farfelus, Arlequin grand mal lui en prit puisque le farceur l

'abandonna un jour.

Oui, tout cela est d'un romantisme navrant et désuet, j'en conviens,

néanmoins forcé de constater que cela peut avoir avec notre histoire. La jeune

Sandrine s'éprend de Xavier Marin, le marionnettiste, qui de toute évidence s

'est joué d'elle.

Sauf que la perquise chez Sandrine n'a rien donné. On n'a rien trouvé sur

Marin. Pas de photos, pas de mots qu'il lui aurait écrits, rien sur les

remontées d'appels et rien non plus qui montre que Sandrine était dingue de lui.

Mais qu'est-ce que t'en sais ? Si Marin voulait une relation secrète, ça se

comprend. Bon alors par contre, j'ai trouvé son agenda.

Et Sandrine avait noté pas mal de rendez-vous avec un certain Victor.

Tout autour des rendez-vous, elle a dessiné des petits cœurs. Ce qui

voudrait dire qu'elle était plutôt amoureuse de ce fameux Victor.

Mais Victor et Marin sont peut-être le même mec.

J'ai déjà fait ça moi, m'inventer deux prénoms quand je sortais avec deux mecs

en même temps.

histoire de brouiller les pistes. T'as dû t'en inventer un paquet de prénoms,

toi. T'as pas idée.

Donc, Sandrine se pointe chez les marionnettistes. Là, elle découvre que

Marin est homosexuel et en plus, c'est pas que c'est.

Et elle le bute. Après, elle efface les empreintes sur le couteau.

Après, elle rentre chez elle.

Et la prise de remords se bute.

Ce qui explique le silence de son père, M.

Guibert, car s'il avouait la liaison de sa fille avec Xavier Marin, le

marionnettiste, Il nous fournissait un mobile pour le meurtre.

Ce qui colle pas, c'est la personnalité de la victime.

Je veux dire, Marin, contrairement à Dorval, a toujours été homo.

Alors pourquoi il aurait été sentifié d'une étudiante en droit de 20 ans ? C

'est pas ça, hein, quand le cul s'en mêle.

Monsieur Dorval, avouez que cette histoire de Colombine et d'Arlequin est

suffisamment troublante pour qu'on s'y arrête.

Écoutez, c'est ridicule. Cette fille, cette Sandrine, elle est sûrement

dérangée. C'est peut-être quelqu'un que Xavier aura croisé après une

représentation. Elle aura fantasmé sur lui. Je sais pas, moi, une folle.

Certes, monsieur Dorval, mais une fois encore, vous paraît-il vraisemblable que

votre compagnon ait pu occulter cette rencontre ? Mais non, ça n'a pas de

sens. Je suis persuadé et je suis sûr que le meurtre n'a rien à voir avec

cette fille.

Et comment vous pouvez en être persuadé ? Vous avez des éléments qui vous font

penser le contraire ? Euh... Non.

Non, bien sûr, non, c'est juste que...

Je sais pas, je suis fatigué.

Monsieur Danval, combien de temps avez-vous passé ce matin dans l

'appartement de votre mère à y remettre de l'ordre ? Euh... La matinée.

Enfin, jusqu'à ce que je rentre et que je découvre Xavier.

Quelqu'un vous a-t-il croisé dans les escaliers ? Pardon ? En somme, personne

ne peut prouver que vous êtes resté chez votre mère toute la matinée. Je ne sais

pas, monsieur. Écoutez, faites votre enquête ou enfermez-moi si vous voulez.

Tout ce que je peux vous dire, c'est que j'ai pas tué l'homme que j'aimais.

Bon, il a l'air sincère.

Qu'est-ce qu'il nous cache, bordel ? On a qu'à le relâcher, hein.

Et puis on le fila à sa maman pour voir ce qu'il fait.

S'il protège quelqu'un, il finirait bien par nous amener jusqu'à lui.

Bon, d'accord. Je lui mets une équipe de nuit au cul et vous prenez la relève à

6h du matin.

6h ? Oui.

Je perds rien ? Euh... Vu que c'est toi qui as la voiture et que tu seras obligé

de passer me chercher demain matin, t'as qu'à dormir à la maison.

Comme ça, tu gagneras une heure de sommeil.

Si tu veux.

Mais je te préviens, j'ai le sommeil agité.

Non,

c'est... Surtout quand Castelli débarque dans mes rêves, quoi.

Avec sa famille de zombies.

Je me réveille un peu bruyamment, quoi.

Si tu veux le fèvre, je peux te prêter mes boules caisses. T'inquiète.

J'ai un sommeil de plomb.

Commandant, il y a un certain Cervero qui vous appelle sans arrêt au standard.

Faut absolument que vous le rappeliez. Merci.

C'est qui, Cervero ? Un indique des stups.

Il y a aussi un vieux pote de ce camp-là.

Quand il était lui-même au stup.

Le genre de pote à oublier, quoi.

Une planche pourrie.

Oui, vous pouvez relâcher Dorval. Merci.

Alors tu voulais un lieu sûr, tu vois ici c'est un coin paumé.

Alors maintenant dis-moi pourquoi tu voulais me voir.

Est-ce que tu es le seul capable d'assurer ce plan avec moi ? Quel plan ?

Un dealer, Blinsky, vient de récolter beaucoup de pognon.

200 000 euros récoltés en dealant un kilo de cocaïne.

Sans fric, Blinsky le plan qu'a son domicile.

Alors le plan est simple.

Un jour Blinsky est sorti en ce point de tous les deux, toi et moi chez lui, pour

le soulager.

200 000 euros net d'impôt, ni vu ni connu. C'est pas Blinsky après qui ira

se plaindre quand il a dérobé le fruit de son labeur.

Pourquoi je te suivrai dans une combine pareille ? Je suis au courant pour la

maladie de ton petit-fils.

Je sais que si tu ne trouves pas du fric rapido, Cléo ne pourra pas se faire

opérer au state.

Je te propose d'en trouver facilement.

Foiré.

Tu profites de la maladie de mon petit-fils pour me faire passer Ripoux ?

Je vais te casser la tête, moi.

Prends-le là.

Réfléchis.

Les stups se foutent de Pineski.

Trop petit pour eux. Ils ont préféré le laisser filer avec son pognon pour

remonter plus haut.

Tu ne crois pas que cet argent serait mieux dans ta poche plutôt que dans

celle de cet enculé ? C'est trop dur.

Je ne toucherai pas l'argent de la CAM, t'as compris ? Ok, c'est bon.

Ce plan, j'irai le proposer à un autre.

C'est un héros.

Pourquoi moi ? Parce qu'il me faut un flic hors pair pour fouiller chez

Blinsky. Un spécialiste des perquis pour trouver le pognon. Et surtout un flic

aux abois, comme moi.

Un flic avec un gros problème de conscience.

C'est le plus facile, Scandella.

Je connais le système d'alarme de chez Blinsky.

Avec ton talent, deux heures, c'est plié.

Pense à ton petit-fils. Ta gueule ! Pense à lui.

Mon numéro de téléphone.

Réfléchis encore.

C'est tout réfléchi.

Donc ça va, je ne veux pas la fille épuisée par ses ébats sexuels, s'il te

plaît. Moi, je ne te ferai pas cet affront.

Écoute, je suis désolé, voilà.

Tu étais dans la salle de bain, j'étais dans la chambre.

Et puis, je suis endormi. Oui, je sais, j'ai vu.

Enfin, je veux dire que j'avais envie, quoi.

Ce n'est pas à cause de toi.

Je te remercie, je m'en doute.

Non, c'est que je prends beaucoup de médicaments depuis la fête de Castelli

et les antidépresseurs, ça te met à plat.

Non mais écoute, il me restera quelques très très beaux souvenirs.

Alors attends, on est rue Rochebrune,

la maire de Dorval habite rue Rochebrune.

Et ça, c'est la mère de Dorval. Tu sais, ce n'était pas la peine de me faire

venir, c'était pour me faire une histoire comme ça. Mais pourquoi tu es

venu ? Mais tu es comme ton père, tu me mets à salaire ! Je vais me le payer

! C'est vrai ! Bon, on laisse tomber Dorval pour le moment, parce que si

cette femme est vraiment sa mère... S'il vous

plaît.

Capitaine Siskowski.

Lieutenant Lefebvre, brigade criminelle, on voulait vous poser quelques

questions.

J'arrive de Lisieux par le train.

Je vis là-bas avec mon ami.

Je suis venue exprès pour l'anniversaire de mon fils.

Enfin, maintenant, on ne va pas fêter grand-chose.

Madame Norval, pourquoi tout à l'heure, votre fils était si remonté contre vous

? Nos rapports ont toujours été tendus.

Je ne le vois pas beaucoup depuis que j'ai refait ma vie.

Et c'est vrai, on me le reproche tout le temps.

Sa réaction était un peu démesurée pour un reproche, non ? Je pense aussi que

vous ne pouvez pas lui avoir donné une gifle comme ça, pour rien.

C'est comme ça entre nous.

On ne peut pas se parler sans élever la voix, c'est tout.

Madame Dorval, où avez-vous passé la journée d'hier ? Vous ne croyez tout de

même pas que j'ai tué le petit ami de mon fils ? C'est une simple question de

routine, Madame Dorval.

Vous ne devriez pas la poser à une mère.

Écoutez, on a eu une vie difficile avec le père de Séverin.

Jusqu'à ce que ce salaud nous abandonne.

C'est pour ça que nos rapports se sont dégradés depuis.

Mais j'aime mon fils.

J'ai tout fait pour lui.

Je l'aime.

Merci maître.

On se voit tout à l'heure ? Oui, excusez-moi. Pardon.

Ça y est, cette fois-ci, c'est fini, bien fini.

Le verdict a été tellement... Équitable, perpétuité, dont 20 ans incompressibles.

L'assassin de votre belle-famille et de votre mari méritait bien ça.

Et votre avocat était vraiment formidable.

Mais vous aussi, vous avez été formidable.

Sans vous, sans votre soutien, je serais jamais allée jusqu'au bout. Non, moi, je

n'ai fait que mon devoir, voilà, c'est pas... Ah non.

Non, Michel, j'apprécie souvent votre discrétion et votre humilité, mais là,

non. Vous avez largement dépassé ce que le devoir vous obligeait à faire.

Avouez au moins ça.

Écoutez, il est vrai que mes sentiments ont dicté ma conduite bien plus que mon

sens du devoir. Est-ce que vous voulez dire que vous avez fait ce qu'un homme

aurait fait pour la femme qu'il aime ? J'ai encore des choses à régler avec mon

avocat, mais on se retrouve ce soir pour dîner, comme prévu.

Alors ? Est-ce que votre enquête avance ? Pour le moment, à part la jeune

suicidée toujours dans le coma, on n'a pas d'autre piste.

On avancerait plus vite avec un petit peu moins de cachoterie.

Quelle cachoterie ? Nos collègues nous ont raconté la dispute avec votre mère.

Ils prétendent qu'il s'agissait d'une simple dispute familiale. Pour eux, c

'est une grosse cachoterie.

Tout ça ajouté au fait que vous semblez connaître l'identité du meurtrier. Est

-ce que vous ne pensez pas, M. Dorval, que le mot « cachoterie » est bien en

dessous de sa réalité ?

C'est parce que... C'est à cause de mon

père.

J'ai de bonnes raisons de penser que mon père pourrait être impliqué dans ce

meurtre. Bon, allez d'orval.

On va parler de tout ça au 36.

Vas-y.

Mon père me

frappait.

Il me terrorisait.

C'était un homme très violent.

Rien de ce que je faisais n'était assez bien pour lui. Il me trouvait toujours

trop sage, trop... trop calme, trop... trop efféminé.

Monsieur Danval, pourquoi votre père vous a-t-il quitté, votre mère et vous ?

Il voulait voyager pour faire fortune et monter des barres dans le monde entier.

Quelle connerie ! Ce serait déjà miraculeux qu'il ait fini garçon de

café, vu comment il se comportait avec les clients.

C'est-à-dire ? Quand j'étais gosse...

Mon père était serveur dans un café.

Un jour, il a violemment agressé un client et l'a envoyé à l'hôpital avec

une fracture du crâne.

Juste parce qu'il avait mauvais genre.

Enfin, juste parce qu'il était homosexuel.

Croyez-vous que votre père ait pu s'en prendre à votre compagnon pour cette

même raison ? Avec un malade pareil, tout est possible.

Monsieur Dorval, où est votre père en ce moment ? Je ne sais pas.

Il a disparu le jour de mes 14 ans. Je ne l'ai jamais revu. Je vous l'ai déjà

dit. Monsieur Dorvan, vous avez aujourd'hui 30 ans.

Alors voyez-vous, j'ai du mal à croire qu'un homme disparu depuis 16 ans

ressurgisse du passé afin de punir le compagnon de son fils en raison de son

inclination sexuelle. De surcroît, qui l'aurait tenu informé de cette liaison ?

Ma mère.

C'est ma mère.

Dites-moi, vous avez des preuves de tout ça ?

Pendant des années, mon père a envoyé à ma mère des cartes postales des pays qu

'il visitait.

À chaque fois, c'était pour dire qu'il allait réussir et rentrer un jour pour

nous mettre à l'abri tous les deux.

Elgarade avec votre mère portait-elle sur le retour éventuel de votre père en

France ? Oui.

C'est pour ça qu'on s'est fâchés.

Parce que je suis sûr que mon père est ici.

Mais ma mère m'a pas répondu. Elle m'a dit que c'était ridicule. J'ai insisté,

elle m'a giflé.

Moi aussi.

Je trouve ça ridicule.

Notre mère déteste votre père autant que vous, alors pourquoi lui raconter tout

ça ? Et parce qu'il l'a fait forcer à parler ! Mon père fait tellement peur qu

'il vous ferait avouer n'importe quoi ! Monsieur Dorval, voyez-vous, il me

paraît prématuré d'incriminer un homme disparu depuis 16 ans sur la foi de

quelques cartes postales mentionnant son retour possible un jour.

Il n'y a pas que ça.

Il y a les paquets de cigarettes dans le buffet du salon de ma mère.

Des cigarettes que fumait mon père à l'époque.

Et ni moi ni ma mère ne fumons.

Alors qui d'autre que lui aurait pu les mettre là ?

Cisco et Lefebvre ont fait une perquise sur la mère d'Orval. Ils ont trouvé les

cigarettes mentionnées par son fils.

Peut-être qu'elle protège vraiment son mari.

Je ne comprends pas, comment peut-elle agir comme ça avec un tel monstre ? Je

ne sais pas, peut-être qu'il la menace ou alors c'est une histoire salomazo.

J'ai vu des couples aberrants continuer à s'aimer.

Pas vrai, Michel ? Alors, la petite Sandrine, comment ça va ? Elle sort à l

'instant du coma. Ils veulent la garder en observation à l'hôpital. On pourra la

voir demain.

Sur sa liaison avec Marin ?

Bah rien, écoute, à la fac, ses copains se doutaient bien de quelque chose, mais

en même temps, elle était super discrète.

Sa meilleure amie pense qu'elle avait peut-être une liaison avec un homme

marié ou un type connu, enfin moi, je sais pas trop. Pff, avoir une double vie

comme ça, ça doit pas être facile.

Comme quoi, tout finit par se savoir.

Ah, N1 qui remonte au score.

C'est Guybert, le père de Sandrine.

Je viens de vérifier et comme par hasard, sa voiture était garée rue

Jouffroy.

Le jour où j'ai fait les plaques d'immatriculation. Et c'est à deux pas

de chez les marionnettistes.

Alors si Guybert était au courant, ça veut dire que Marin se tapait bien sa

fille ? Oh, j'y croyais pas une seconde. Oui, ben moi j'y croyais.

Bon, avant de voir Sandrine, tu vas interroger son père. Non, je peux pas, j

'ai un truc urgent à faire.

Non, bah y'a le truc urgent, tu le feras après, on bosse là.

Écoute, s'il te plaît, j'en ai pour une heure.

Bon, ok, mais...

J'aurais moins de pas faire de conneries, alors.

Madame Durand ? Je suis Laure Salvin.

La traductrice que vous avez eue au téléphone.

Je m'appelle pas Durand, je m'appelle Bailly. Je suis la femme d'Étienne.

Ah, très bien. Écoute, je ne suis pas là pour te refiler une traduction, je suis

là parce que j'ai un compte à régler avec toi.

Il n'y a que nous deux ici.

Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ? L'histoire, c'est que sous

prétexte de traduire des bouquins avec mon mari, en fait, tu couches avec lui.

Mais c'est faux ! Je travaille avec Etienne.

Je suis devenue son amie, mais c'est tout, je vous jure. Ce que je te jure,

moi, c'est que ça va très mal aller pour ta gueule si tu ne le quittes pas dans

la seconde. Tu as compris ? Et tu n'as pas intérêt à lui parler cette histoire.

Non, non, non, je ne dirai rien, je le promets.

Mais ne me faites pas de mal, s'il vous plaît.

Écoute-moi bien.

Mon mari, mes gosses, c'est tout pour moi et je suis prête à tout pour les

garder. T'as compris ? J'ai compris.

Je dirai rien, je vous jure. T'as intérêt.

Je savais juste que pour ma fille, Marin se faisait appeler Victor.

Il avait changé de nom pour la séduire. Parce que ce salaud voulait pas qu'elle

apprenne qu'il était homosexuel.

C'est ce que Sandrine a fini pour m'avouer.

Et vous avez dit quoi d'autre ?

Elle m'a dit qu'elle avait rencontré cet homme dans un bistrot devant sa fac. Il

s'est mis à la draguer, il lui a dit qu'il était avocat, elle a succombé à

son charme.

Dites-moi, elle ne se voyait pas qu'au troquet, quand même.

Marin a emmené ma fille dans une garçonnière.

Un endroit qu'il devait louer, sûrement, sans le dire à son mec.

Comment est-ce que votre fille a découvert ce que lui cachait Victor ? Un

jour, elle l'a suivi.

Elle a compris quand elle l'a vu arriver chez lui et a embrassé l'autre

marionnettiste.

Je suppose que cette révélation l'a complètement démoli ? Elle était

désespérée. Elle ne voulait plus le voir.

Elle ne mangeait plus, elle n'allait plus en cours.

Elle restait enfermée dans sa chambre jusqu'au jour où... Eh oui, jusqu'au

jour où... Jusqu'au jour où vous avez décidé d'aller le tuer. Mais non, enfin,

je ne vais plus en cours, c'est marrant ! Je voulais lui parler de Sandrine,

mais je ne l'ai jamais vue.

Quand je suis arrivé chez lui, la police était déjà là.

J'ai rien compris. J'ai attendu une heure, mais les flics restaient là.

Alors moi, je suis parti.

Écoutez-moi.

Moi, je crois que vous étiez garé là depuis très longtemps.

Je crois que vous avez savouré votre geste en restant sur le lieu du crime.

Truc très courant chez les assassins. Mais non, enfin ! Je suis

bijoutier.

J'ai passé la matinée dans ma boutique.

J'ai vu des clients, j'ai plein de témoins.

Quand je suis arrivé chez le marionnettiste, il était 13h.

Alors pourquoi vous n'avez rien dit ? Pour protéger votre fille.

Voilà ce que vous avez fait.

Vous vouliez parler à Marin.

Sauf que trop tard, votre fille était déjà passée par là. Et elle l'avait

tuée. C'est bien ça, Guibert ? En nous voyant la première fois, vous avez

compris que Marin avait été tué.

Alors vous avez fait le lien avec votre fille.

Vous avez compris qu'après son crime, elle avait décidé de se suicider. C'est

pas vrai ! C'est pas vrai !

Il y en a un qui tient debout dans cette affaire.

Un côté, un homo qui sort avec une étudiante.

De l'autre, un père fantôme qui revient pour soi-disant buter l'hôpital de son

fils.

Putain, Bailly, qu'est-ce que t'as fait tout à l'heure ? On a l'impression que t

'as tué quelqu'un.

J'ai dit à la gonzasse de mon mari de plus le voir.

Sauf que je crois que je l'ai dit un peu durement.

Merde.

Elle n'a pas de quoi porter plainte quand même.

Non, je pense pas.

Je pense pas ?

Putain, ça veut dire quoi ? Je pense pas à tes flics ! T'as les moyens d'évaluer

ce genre de trucs, merde ! Bon, j'ai tapé la déposition de Guybert, puis je l

'ai collé au tronc pour la nuit, le temps qu'on vérifie son... son alibi.

Qu'est-ce qu'elle a fait comme connerie ? Elle a dit sa façon de penser à une

gonzesse qu'elle croit être la maîtresse de son mari, voilà.

Ah ouais ? Et sur quel ton ? C'est le problème, j'arrive pas à savoir.

C'est grave, hein ? Finalement, elle ferait n'importe quoi pour sauver sa

famille, quoi.

Je peux comprendre, ça.

Et toi, Jean-Louis ? T'as trouvé l'argent pour ton petit-fils ?

Peut-être.

Tu viens ?

J'ai l'impression de renaître.

Je peux enfin faire mon deuil et penser à l'avenir.

Vous avez tous les atouts en main, Camille, pour vous reconstruire.

C'est comme si la vie vous avait donné une seconde chance et vous pouvez enfin

la saisir.

Un peu ça.

Moi aussi, j'ai eu une deuxième chance.

Mais malheureusement, je n'ai pas pu la saisir.

Tu ne veux pas me montrer indiscrète, Michel.

Je vous connais et...

Si vous ne voulez pas parler.

C'était il y a un an.

J'étais en compagnie de la femme que j'aimais et j'ai le sentiment qu'elle m

'aimait elle aussi. Du moins, à cet instant précis.

Elle m'offrait son amour.

Et moi, alors que mon cœur criait l'inverse, je le lui refusais.

Et...

Que feriez-vous aujourd'hui si c'était à refaire ?

Vous avez raison.

Assez parlé.

Donnez-moi plutôt votre main.

Enfin, si ce n'est pas trop vous demander.

C'est gentil de passer me prendre.

Alors, Tania, avec ce qu'on est là, ça s'est passé comment ? Comme j'avais bien

dormi la veille, laisse pas fermer l'œil, quoi.

Normal.

Ouh ! Non, mais on a beaucoup picolé hier soir chez Jean-Louis.

La soirée a été terrible.

Il a tourné en rond toute la soirée, dans l'appartement. C'est l'histoire

avec son petit-fils qu'il lui montre à la traite.

Moi, par une emmerdeuse de mère et une soeur que je vois jamais, je suis pas

fâchée de pas avoir de famille.

Mais dis-donc, comment tu fais toi pour être toujours, mais toujours, hein ? Ah

ben c'est un travail permanent.

On va où ? Chez la mère de Dorval, le fils vient nous appeler, il veut nous

voir tout de suite. Il a un truc à nous faire écouter.

Ah bon ?

C'est la voix de qui ? De mon père.

Non, c'est pas possible.

Ce matin, je suis passé voir ma mère.

Je voulais avoir une explication.

Je suis entré parce qu'elle m'ouvrait pas.

Elle venait de sortir de sa douche et elle écoutait ce message.

C'est une mauvaise blague. Ça ne peut pas être Jacques.

Si, c'est Jacques.

Jacques Dorval.

C'est mon père.

Comment j'oublierais la voix de ce salaud ? Bon, madame Dorval, il faut

parler maintenant.

Mais je vous dis que ça n'est pas lui. Alors si c'est pas lui, pourquoi t'as

voulu effacer le message ? Hein ?

Tu voulais pas que la police l'écoute ? Je sais pas. Je voulais pas... Pourquoi

tu le protèges, maman ? Il a tué l'homme que j'aimais.

Bien, Mme Norval, l'identité judiciaire, vous savez ce que c'est ? Retrouver

trois sortes d'empreintes dans votre maison, ici.

Les vôtres, celles de votre fils, et celle d'une troisième personne pas

encore identifiée. Alors parlez maintenant. Non.

Ça peut pas être lui.

On dirait sa voix, mais c'est pas lui, c'est pas possible.

Les cigarettes.

Maman, tu sais bien que c'est les siennes.

Moi, je suis allergique au tabac, tu le sais.

Alors, qui les a mises là ? Parle.

Je t'en supplie, parle.

Je te jure.

C'est vrai.

C'est pas ton père.

Ça peut pas être lui.

Ton père, je l'ai tué.

Il y a des années, le jour de tes 14 ans.

Je l'ai emmené en balade en forêt et je l'ai tué avec son fusil de chasse.

Je l'ai tué et puis l'ai enterré au pied d'un arbre il y a de ça 16 ans.

Janice Dorval a tout avoué. Elle a tué son mari Jacques Dorval parce qu'il

était violent avec elle et surtout avec son fils.

Et elle a précisé où il était enterré dans le bois de Meudon. L'équipe de

fouilleurs est sur place.

Ils ont retrouvé des ossements.

Janice a agi seule pour protéger son fils.

Les cartes postales, elle se les faisait ramener par des amis, prétextant une

collection. D'ailleurs, quand tu regardes les cachets de la poste, on

voit très bien qu'ils sont faux.

Reste le mystère de l'avoir enregistré.

L'appel a vraisemblablement été passé du domicile des marionnettistes.

C'est peut-être une vengeance ? Ben oui.

Un proche de la famille Dorval, enfin plus précisément un ami du père Dorval,

qui était convaincu depuis des années que la mère Dorval l'avait assassinée.

Quelqu'un qui attendait qu'elle craque devant les flics et qu'elle avoue son

meurtre. Tuer Marin pour faire avouer Janis d'un crime bio de 16 ans, c'est

complètement tordu. C'est peut-être tordu, mais à moins que le père Dorval

se soit réincarné, il va falloir retrouver cette voix.

Je vais aller voir la petite Sandrine à l'hôpital, savoir si elle au moins a un

rapport avec le meurtre.

Par contre, son père, je le libère. On a vérifié son alibi.

Allez.

Merci, le fèvre.

Bon, j'ai rien trouvé sur l'entourage du père de Dorval. Il n'avait pas de

famille, ce type.

Et quant aux amis, à part un ex-garçon de café atteint d'une cirrhose du foie,

pas grand-chose.

Ah si, j'ai trouvé dans l'agenda de la victime le nom d'un type qui ne dit

absolument rien à Dorval, alors j'ai mis le marchand sur le coup.

Envie d'un petit voyage, peut-être ? Non.

Je pense à Janice Dorval et à ce qu'elle a dû endurer avant de tuer son mari.

Je pense à ma mère.

Qui a jamais eu le courage de se détacher de mon enfoiré de père, qui a

passé sa vie à lui mentir, à lui piquer du fric.

Ah non, ça y est, le couplet, c'est... Oh là là, qu'est-ce que c'est dur d'être

une femme dans ce monde de brutes. Non, c'est pas si dur.

Quand tu choisis ta vie assez tôt.

C'est pour ça que moi, je laisserai jamais un Jacques Dorval ou un mec comme

mon père entrer dans la mienne. Ah, mais tu sais que tous les hommes sont pas les

mêmes, hein ? Ah bah non.

Regarde-moi.

Oui, c'est ce qu'ils disent tous au début.

Dis donc...

Je suppose que les mots concubin, mariage, conjoint... Vous donnez bouton

? Alors oublie.

Parce qu'en plus, moi, je préfère te voir sans bouton.

Capitaine, le nom sur l'agenda correspond à celui d'un psychiatre

qui s'avère être aussi le ancien compagnon de Xavier Mar. J'ai pris la

peine de le convoquer.

Et vous avez bien fait.

On arrive.

Oui, effectivement, Xavier m'a appelé une fois pour me rencontrer. On s'était

pas revus depuis deux ans.

Et c'était pas pour des motifs personnels, mais professionnels, qu'il

voulait me voir. Il voulait, semble-t-il, connaître les symptômes d

'un syndrome très particulier.

Un syndrome dont aurait été atteint M. Marin ? Non, un syndrome dont souffrait

apparemment un ami à lui.

Ah.

Et est-ce que Marin vous a communiqué le nom de cet ami ? Non, Xavier tenait à

rester discret et à connaître le diagnostic avant le cas échéant de m

'envoyer cet ami en consultation.

Mais c'était quoi ce syndrome ?

D'après ce que Xavier m'a dit, j'en avais conclu que son ami pouvait

souffrir d'un trouble de personnalité dissociée, qu'on appelait autrefois

syndrome de la personnalité multiple.

Les personnes atteintes de ce mal n'en ont en général aucune conscience. Elles

disposent de plusieurs personnalités et passent indifféremment de l'une à l

'autre en quelques secondes. C'est complètement dingue ce truc. Enfin, si

vous me permettez, hein, mais je... Et ça démarre comment, ce syndrome ? Il

apparaît en général chez des sujets qui ont subi des traumatismes physiques ou

psychologiques dans l'enfance ou chez des êtres.

qui ont été soumis à de longues périodes de persuasions coercitives.

Un homme dont le père serait mort, assassiné, mais qu'on voudrait persuader

qu'il est toujours en vie, serait-il capable d'endosser sa personnalité ?

Tout à fait.

Oui, mais pourquoi il ferait ça ? Je veux dire, s'il détestait son père,

pourquoi il prendrait sa personnalité ? Parce que précisément, il le détestait.

Si ce père avait une forte personnalité et a fait souffrir son enfant,

Une fois à l'âge adulte, il y a toutes les chances pour que cet homme en

endosse tous les traits de caractère.

La victime du bourreau qui devient le bourreau, un peu comme les victimes d

'inceste qui commettent à leur tour l'inceste, ou les victimes de pédophiles

qui le deviennent.

Donc une personne souffrant de troubles de l'identité dissociée pourrait très

bien faire revivre son parent torsionnaire sans en avoir conscience.

Dr. Jekyll et Mr. Hyde.

Le bon Dr. Jekyll ne peut plus se passer de Hyde.

Le monstre qui est en lui.

Bonjour. Bonjour.

Chérie, t'es pas obligée de répondre aux questions des policiers. Et puis t'as le

droit à un avocat.

Votre père se trompe, mademoiselle. Vous auriez droit à un avocat si vous étiez

en garde à vue.

Là, on veut simplement vous entendre comme témoin dans une affaire en cours.

On voudrait juste avoir des renseignements sur Xavier Marin.

Si tu parles de ta relation avec Marin, ils vont déduire que c'est toi qui l'as

tué. T'inquiète pas, papa, j'ai rien fait.

Comment vous dites qu'il s'appelle déjà ? Xavier Marin.

Xavier ? C'est moi joli de Victor.

Moi je comprends pas pourquoi il m'a fait ça.

Il avait l'air si gentil, si tendre avec moi.

Et moi je croyais vraiment qu'il m'aimait.

Je disais qu'après son divorce on finirait par se marier.

Je comprends pas.

Nous non plus, on ne comprend pas.

Le Xavier Marin qu'on nous décrit depuis le début n'a rien à voir avec le

personnage pervers qui s'est moqué de vous.

Victor, enfin, Xavier, m'emmenait parfois dans un appartement rue

Rochebrune, je crois, au Imbis.

Imbis, rue Rochebrune, ce n'est pas l'appartement de Janice Dorval, ça ? Si.

Sandrine, est-ce que vous pourriez nous décrire Marin ? Ben, il était... Il

était châtain clair, avec une moustache et des cheveux courts.

C'est pas Marin que vous décrivez là, Sandrine.

C'est Dorval, l'autre marionnettiste. C'est vraiment Dorval.

Ça voudrait dire que les dernières empreintes retrouvées chez Janice sont

celles de Sandrine.

Mais qu'est-ce que vous racontez ?

Je sais, c'est aberrant, mais depuis le début, Séverin Dorval prétend ne pas

connaître votre fille, alors que, en fait, c'est lui qui était son amant.

Dorval est ce qu'on appelle un multiple. C'est la violence de son père et ses

pensions inassouvis qui l'ont poussé à se fabriquer inconsciemment d'autres

personnalités. N'arrivant pas, malgré les apparences, à assumer son amour pour

Marin, Il a endossé par exemple la personnalité de Victor.

Victor, un hétérosexuel séduisant qui a fait fondre et craquer la pauvre

Sandrine Guibert.

Le drame, voyez-vous, c'est que Dorval a épousé la personnalité de son père,

Jacques Dorval, un homme violent potentiellement dangereux. Bon, d

'accord, admettons.

Et Dorval, il était très amoureux de son mec.

Alors pourquoi est-ce qu'il serait allé le tuer ?

Tout simplement parce qu'il n'arrivait pas à assumer cet amour qui le

dépassait. Et parce que ses traumatismes sont montés à la surface.

Alors, pour ne plus avoir à supporter son calvaire davantage, Dorval a fait

intervenir son bourreau.

Son père.

Mais vous êtes fou ! Cette histoire est dément ! C'est la vérité, madame.

Notre fils a tué pour ne plus souffrir.

C'est vous. Je vous en prie.

C'est du temps, Madame Dorval, de persuader que son père était toujours

vivant, car il a fini par le croire. Il aurait mieux valu le contraire.

Qu'est-ce qui se passe ? Mon père est vivant, c'est ça ? Je suis sûr que ma

mère a menti. Mais dites-moi la vérité ! Bien sûr qu'il est vivant.

Puisqu'il est dans cette pièce.

Vous croyez que vous avez eu raison de tuer Marin ? Vous pensez vraiment que c

'était la seule solution ? Vous croyez que maintenant, votre fils va être un

homme ?

Vous en voulez une ? Jacques ?

Allez-y, si vous pouvez fumer.

Je sais que vous en aurez envie.

Votre femme, Janice, m'a dit que vous fumiez deux baguettes par jour, alors...

Allez, Jacques.

Après tous les efforts que vous avez faits pour sauver votre fils, vous avez

bien mérité d'en griller une petite.

Allez bien le resser, ce petit pédé.

Allez-y, Jacques.

Racontez à votre femme ce que vous avez fait.

Naila, elle vous regarde derrière la glace.

J'ai pris le couteau dans ta cuisine, Janice.

Et je suis allé planter l'autre tente.

Il n'y avait que ça à faire.

Ce gosse, il ne fallait pas le couver comme ça.

Maintenant, j'ai saigné l'autre.

C'est fini.

Pas vrai, inspecteur, que c'est fini ? Oui, Jacques.

C'est bien fini, maintenant.

C'est pas un PD, mon fils.

C'est pas possible.

Votre fils est malade, madame.

Si les psychiatres jugent qu'il ne simule pas,

il sera peut-être pas condamné pénalement.

Mais la route sera longue, Madame, pour qu'il retrouve sa propre vie.

Janice Dorval bénéficiera de la prescription.

Elle ne peut plus être incriminée pour le meurtre de son mari, survenu il y a

plus de dix ans. C'est peut-être mieux ainsi.

Son fils va avoir besoin d'elle.

Qu'est-ce qu'il y a, Bailly ? Je suis convoquée au commissariat du 10e. La

fille, Laure Salvin, que j'ai un peu bousculée hier, elle a porté plainte

pour agression et pour menace de mort.

Pardon ? Mais ça va, elle exagère, j'ai rien fait. Je lui ai juste fait peur, j

'ai pas sorti mon arme. De toute façon, c'est sa parole contre la mienne. Mais

attends, Bailly, la parole d'un flic dans ce genre d'affaires, tu sais bien.

Je dirais que c'est faux, qu'elle fait ça pour me piquer mon mec.

Qui va prouver que je l'ai vue ? Comment tu l'as fixé rendez-vous ? Je veux dire,

t'as pas...

T'as pas appelé ton portable ? Si.

Hein ? Si.

Mais t'es taré ou quoi ? À cause d'un truc comme ça, on peut te virer de la

crime. Putain, pourtant, je t'avais prévenu, merde ! Mais merde, moi, je

veux pas que Mac me quitte ! Qu'est-ce que tu me fais chier avec tes conseils ?

Tu t'en fous, toi, ta personne ? Ah non, hé, stop, on va pas dramatiser comme ça.

Fais-moi une solution.

T'as pas un moyen de négocier avec cette fille ? Bien sûr, on verra ça demain,

hein ? D'accord ?

Salut. Il faut tout savoir sur le déplacement de ton dealer.

Savoir qui il côtoie.

Évaluer les dangers.

Il ne faut prendre aucun risque.

Pas question de blesser quelqu'un. Et on n'implique personne d'autre dans l

'affaire, d'accord ? Est-ce que ça veut dire que t'es OK ?

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.