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Perches du Nil !
Tu gagneras pas, Bastat.
J'arriverai avant toi.
C'est jour de marché,
j'aurais dû prendre un autre chemin.
On va être en retard.
Est-ce que tu sais où tu vas ? Tu dois porter ton pectoral.
Et voilà.
Toi et tes traditions !
Je vais aller voir ce qui se passe.
Allez, circulez !
Place au jeune prince !
Le prince est pas pressé.
C'est incroyable ce qu'à cet âge-là,
ça peut être fainéant.
Je t'aurai !
- C'est pas vrai ! - Qu'y a-t-il ?
Je fais preuve de clémence.
Mais ne croise plus mon chemin
ou mon fouet saura te faire regretter ton impertinence.
Petite tricheuse !
Arrête de faire le pitre.
C'est pas moi, c'est la folle.
Il suffit ! Allez, en route.
Tu as perdu, Bastat. Je te l'avais dit.
C'est le 6e village incendié, général.
Il faut réagir.
Il faut que je parle immédiatement à Pharaon.
Gloire te soit faite, Aton, astre divin, dieu unique.
Transmets-nous ta parole.
Commande, et nous obéirons.
Sous ta lumière, j'ai rassemblé mon peuple
pour qu'il vive en justice et en égalité.
Pour toi, j'ai bâti cette cité, la cité du Soleil.
Divin roi, le général Horemheb insiste pour te voir.
C'est de la plus grande importance.
Les Hittites ont mis le feu à plusieurs villages.
Pharaon ne peut te recevoir.
Pendant les 3 jours du solstice,
il prie Aton pour l'arrivée de la crue du Nil.
Toujours Aton ! Comme si l'inondation en dépendait !
Il faut que le Grand Conseil se réunisse sur-le-champ.
Seul Pharaon peut en décider.
Elle compte nous faire prendre racine, la princesse ?
Calme-toi.
C'est un honneur de rencontrer la fille de Pharaon.
Tu dois choisir une épouse.
Et c'est la tradition.
Épouser une fillette de 14 ans ? La honte !
Elle est jeune, je te l'accorde, mais elle est de sang royal, Thout.
Et on la dit très belle.
La princesse est prête à vous recevoir.
N'oublie pas :
du respect, ne parler que lorsqu'elle t'y invite,
toujours garder le sourire
et, quoi qu'il arrive, respecter l'étiquette.
Héritier des territoires de Malgatta,
issu de la 12e génération des Ameth-Shoup,
le prince Thout-Ankh-Aton de Bel Hari Ameth-Shoup-Horus-Mackbet.
Akhésa, fille de Pharaon, héritière du trône d'Égypte.
La folle du marché !
- Pardon ? - L'étiquette ! L'étiquette !
Princesse,
en vertu de mon statut d'héritier des territoires de Malgatta,
et sur l'insistance de ma nourrice, je suis venu te demander de...
de t'épouser.
Tu ne doutes de rien !
"T'épouser", toi, un gamin ?
En tout cas, le "gamin",
il est libre de circuler où il veut et quand il veut.
Tandis que toi, avec tes grands airs de princesse...
J'aimerais voir la tête de ton père
quand il apprendra que sa fille se déguise pour sortir.
Mon père est au courant depuis longtemps.
C'est une menteuse, en plus.
Et à ton avis, que fera-t-il à ta jolie petite tête
quand je dirai à Pharaon
que tu as menacé de me fouetter ?
Eh bien...
Divine princesse sérénissime, pardonne-lui cet affront.
- Ses paroles ont dépassé sa pensée. - Soit.
Prince... comment, déjà ?
Ah oui, Thout. Eh bien, Thout,
je vais faire preuve de clémence.
Je pourrais te faire jeter aux crocodiles.
Mais, après tout,
je ne peux en vouloir à un enfant qui a besoin de sa nourrice.
Eh ben, c'est pas gagné.
Je préfère encore les crocodiles.
Tout ça, c'est ta faute.
J'en ai marre de tes traditions à la noix !
Thout ! Comment oses-tu me parler sur ce ton ?
Regardez-moi ça.
Une perruque toute neuve !
Sois gentil, Mahou,
laisse-nous seuls.
Tu le trouves mignon, toi ?
Pourtant, il a l'air allergique aux chats.
Le Grand Conseil est réuni.
Enfin ! Par Horus, il était temps.
Les Hittites sont organisés en groupes de pillards.
Ils se glissent du nord au sud, semant la terreur sur leur passage.
Nous devons lancer une expédition punitive.
et frapper à la tête sans attendre.
Nul sang ne rougira le Nil.
Ni celui des Hittites ni celui d'un autre peuple.
Horemheb, mon ami, toi qui portes l'or de la vaillance,
ne sais-tu pas que pour Aton, la vie est des plus précieuses ?
Mais l'empire est menacé !
Ces guerres qui nous ruinent et sacrifient nos hommes doivent cesser.
On négociera avec les Hittites.
Comment veux-tu négocier avec ces barbares ?
Me crois-tu aveugle ?
Ils veulent la guerre, on offrira la paix.
Nous irons au-devant d'eux avec cette image divine.
Un emblème ?
C'est l'emblème d'Aton.
Dhoser, va sans arme et transmets mon message de paix.
C'est de la folie.
C'est l'emblème de la lumière d'Aton, qui purifie tout.
Il les purifiera.
Pharaon ne réalise pas la gravité de la situation.
Mais ses intentions sont bonnes.
On ne gouverne pas avec de bonnes intentions.
Depuis le départ de Néfertiti, l'Égypte est livrée à elle-même.
Il y a si longtemps qu'elle est partie.
Elle savait convaincre Pharaon quand il faisait fausse route.
Fais attention, mon ami. N'as-tu pas besoin d'une escorte ?
Nous devons faire confiance à Akhénaton.
Pas besoin d'une armée pour apporter un message de paix.
Va, Horus. Veille sur lui.
Tout n'est pas perdu, général.
Qui es-tu ? Qui t'envoie ?
Sogoth est mon nom.
Notre maître, Séneb, grand prêtre d'Amon-Rê,
souhaite vivement te rencontrer.
Le destin de l'Égypte en dépend.
Retourne dire à ton maître
que je n'ai pas l'intention de trahir Pharaon.
Rappelle-toi, général :
"On ne gouverne pas avec de bonnes intentions."
Maudits Égyptiens. Ils l'ont pas volé.
C'étaient des mineurs désarmés.
J'avais dit l'or, Barka. Uniquement l'or.
Il y avait pas d'or. C'était de l'albâtre.
Raison de plus. Remplis les coffres.
Dis-moi, Barka.
Quelle magie prête-t-on à Pharaon ?
Lui seul connaît le secret d'une pyramide
qui contiendrait un passage vers l'autre monde,
un tombeau que personne n'ose approcher,
un piège mortel pour quiconque s'y aventure.
"Un piège mortel" ? Un gros tas de cailloux.
Ouais ! Bien sûr.
Des sornettes de vieille femme, évidemment.
- Et c'est tout ? - On dit qu'il commande au Soleil.
Il peut marcher sur ses rayons et déchaîner le feu du ciel.
"Le feu du ciel" ?
Oui. Tu te rends compte ?
Ça, c'est peut-être vrai.
Tu crois ?
C'est ça, moquez-vous de moi !
Ne sous-estimez pas Pharaon. Crois-moi, Zannanza !
Méritaton, j'aimerais te poser une question.
Plus tard, Akhésa !
Tu ne vois pas que je suis occupée ?
Maître Thutmose sculpte mon buste
pour le jour où je succéderai à Néfertiti sur le trône.
Mais Néfertiti est encore vivante !
Elle est partie depuis longtemps.
L'Égypte doit être gouvernée par un couple royal pour être forte.
C'est la tradition.
Si tu veux épouser un jeune prince,
j'en connais un qui...
Qui te parle d'un "jeune prince", Akhésa ?
Je vais épouser père.
Voyons voir ce chef-d'œuvre.
Très réussi.
Bravo. Aussi ravissante que l'originale.
Juste un petit détail.
Là !
Comment oses-tu ?
Va, mon joli. Vole jusqu'à Thèbes.
Donne ce message à Séneb.
Bonsoir, Akhésa.
Mais comment as-tu su que j'étais là, père ?
Je suis l'incarnation d'Aton. Je sais tout.
C'est vrai que tu vas épouser Méritaton ?
Tu es jeune pour te mêler des affaires de l'État.
Mais quelles affaires ?
Si l'Égypte doit être gouvernée par un couple royal,
fais revenir Néfertiti.
C'est impossible.
Je le regrette, crois-le bien.
Pourquoi ?
Il y a beaucoup trop de choses que tu ne peux pas comprendre.
Il se fait tard, tu devrais rentrer. Je dois veiller Aton.
Ah oui, Aton. Toujours Aton !
Toi aussi, tu es jalouse d'Aton ?
Comme Néfertiti, tu comprendras.
Tu as toujours raison.
On ne peut jamais parler, avec toi.
À cause de toi, maman est partie.
Je me retrouve seule, cloîtrée ici,
à attendre qu'on me marie à un prince de province.
C'est le devoir d'une future reine d'Égypte.
Épouser sa fille, c'est un devoir de pharaon ?
Cela suffit, Akhésa !
Non, ça ne suffit pas !
J'en ai marre !
Il y a un lieutenant qui apporte un message de paix de Pharaon.
- Seul ? - Oui. Il est tout petit.
Un soldat.
"Un soldat" ?
"Un message de paix" ? Ça doit être un piège.
Le feu du ciel !
Il faut que la chose soit importante
pour pénétrer ainsi dans le sanctuaire d'Aton.
"Importante", le mot est faible, Pharaon.
Tu as envoyé mon fidèle aide de camp à la mort !
J'ai voué toute ma vie à l'Égypte.
Si aujourd'hui, tu m'empêches de la sauver,
j'aime mieux mourir de ta main que d'être écrasé
sous la sandale hittite.
Nul sang ne souillera la terre d'Égypte !
Mène-moi chez Séneb.
Elle ne me reverra pas.
Et ne me parle plus de mari...
Saletés de poils de chat !
Halte !
Le chien de garde de Son Altesse.
Que se passe-t-il ?
J'obéis aux ordres.
Au désordre, ouais.
Ils m'auront tout fait !
Cette prétentieuse se croit tout permis.
Calme-toi, Thout.
C'est un simple contrôle de routine.
Elle est bien mal en point, votre chaise.
Elle serait en meilleur état
si tu surveillais mieux ta princesse.
Tu ferais mieux de la mettre en cage.
Ils peuvent passer.
Halte ! Attendez !
Alors, on se promène ?
Rattrapez la princesse !
Viens là, toi.
Complicité de fuite avec une princesse royale.
- Tu sais ce que ça coûte ? - Quoi ?
Fais pas le malin.
J'exige des aveux circonstanciés et consignés par écrit.
Qu'est-ce que tu as fait ?
Mais rien, Maïa,
je te jure !
Ne bouge plus, simple mortel.
Sauve-toi, Thout.
Rattrapez-le !
Thout, reviens ici !
C'est pas moi ! J'ai rien fait !
J'ai rien fait !
Par Hathor, disparu.
Pitié ! Je suis innocent. C'est l'autre folle qui m'a forcé.
Bravo ! Quel courage !
Tu me ferais presque regretter d'avoir refusé de t'épouser.
C'est bon, arrête un peu, on retourne au palais.
J'exige tes aveux... circonsignés par Constance
et par écrit !
Si je reste une nuit de plus, je meurs.
Aide-moi. Toi seul peux m'aider.
C'est ça. Je vais me rendre complice d'une fugue.
Thout, réfléchis.
Pour toi, c'est l'occasion rêvée de t'affranchir de Maïa.
"L'étiquette, Thout !"
T'es folle. Et pour aller où ?
Sur l'île d'Éléphantine.
Mais c'est le bout du monde !
Que veux-tu y faire ?
Y retrouver ma mère.
Tu me demandes de t'accompagner chez ta mère ?
Elle est bonne, celle-là ! Tu fugues chez ta mère, alors ?
Bon, d'accord.
Je veux bien t'accompagner, mais seulement jusqu'à Thèbes.
Marché conclu. Jusqu'à Thèbes.
Je ne peux pas t'emmener.
Bonne nouvelle.
Décidément, ça s'arrange pas.
Allez, rentre à la maison.
Par Thoth, qu'est-ce que...?
Bravo. Bien joué !
Tes vêtements sont couverts de poils de chat.
Des clandestins !
Viens là, toi !
Jolie petite chose.
- Rends-moi ça, sinon... - "Sinon" quoi ?
Vous croyez que le voyage jusqu'à Thèbes est gratuit ?
Voleur.
Vous devriez me remercier de ne pas vous avoir jetés à l'eau.
Je te ferai jeter aux crocodiles.
Et moi, je te ferai trancher la tête jusqu'à la mort.
Enlevée par Thout-Ankh-Aton ?
Faites fouiller les bateaux. Retrouvez-les.
Il va à Thèbes. C'est parfait.
De là, on rejoindra l'île d'Éléphantine.
Attends ! On avait dit Thèbes.
Je m'arrête à Thèbes.
Comme tu veux.
Tu es recherché pour l'enlèvement de la fille de Pharaon.
La police de mon père va t'attendre avec impatience à Thèbes.
Je vais pas vous nourrir, en plus !
Moi, mon repas, je l'ai gagné à la sueur de mon front.
Voici une bonne occasion de gagner le vôtre.
Allez. En tirant bien, demain, nous serons à Thèbes.
Décidément, ça commence bien.
Arrête de râler !
Profite du paysage.
Regardez, Thèbes !
Eh ben, on n'est pas arrivés.
Revenez ! C'est dangereux !
Vite.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Si vous cherchez du travail à la saison sèche,
Gulmékiz sera toujours là.
C'est ça, ouais. On lui dira.
Une petite brune et un garçon ?
Tu es sourd ?
Il s'agit de la princesse Akhésa, la fille de Pharaon !
- Il l'a enlevée. - "La fille de Pharaon" ?
C'est pas possible ! Il comprend rien.
Ben ça, alors !
Quelle histoire !
- Tu connais bien la ville ? - J'y suis né.
Où pourrait-on dormir ?
À Karnak, au temple d'Amon-Rê.
Le temple du dieu maudit ?
C'est l'endroit le plus sûr.
Attention !
C'est Sobek, le dieu de la fertilité.
Les crocodiles te font peur ?
Thout, j'ai peur.
Je te comprends,
ce sont tous les dieux que ton père a interdits.
La nuit, ils viennent mordiller les pieds des princesses.
La nuit, ils viennent mordiller les pieds des princesses.
Amon-Rê.
Thout !
Thout, réveille-toi. Il y a quelqu'un.
Réveille-toi.
Qu'est-ce qui se... ?
Amon-Rê.
Amon-Rê.
Amon-Rê.
- Les prêtres d'Amon. - Mon père les déteste.
Amon-Rê
ne supporte plus d'être évincé par ce prétendu dieu unique.
Seul Amon-Rê est le vrai dieu.
Il est l'ordre unique.
La force vive de l'Égypte.
Mais...
Le général Horemheb ! Qu'est-ce qu'il fait ici avec eux ?
Nous en avons assez d'être humiliés par Akhénaton.
Il faut rétablir la tradition sacrée d'Amon-Rê.
Faire revivre ce temple.
- Faire de Thèbes... - La vraie capitale.
Renverser ce roi maudit.
Il ne s'agit pas de renverser la royauté,
mais de ramener Pharaon à la raison,
de les pousser à prendre des décisions...
Que restera-t-il de la royauté
quand les Hittites occuperont notre pays, fils d'Horus ?
Tu tiens l'armée dans ta main droite. Tu es la seule chance du pays.
- Oublie Akhénaton. - Son esprit s'est égaré.
Brûlé par son adoration pour le disque solaire.
Réfléchis.
Méritaton, sa fille aînée, lui succédera.
Elle sera plus facile à contrôler.
Nous lui trouverons un époux pour régner avec elle.
Pourquoi pas toi ?
Tu pourrais être... pharaon !
En signe d'acceptation,
prosterne-toi devant...
Amon-Rê.
Pardonne-moi, Pharaon.
Je dois sauver l'Égypte, au prix de ma fidélité.
Traître !
- Mon père te le fera payer ! - Ça va pas !
T'es malade !
Akhésa ?
Des espions !
Emparez-vous d'eux !
S'ils parlent, nous sommes tous morts.
Rattrapez ces deux gamins et ramenez-les-moi !
Morts ou vifs.
- On brûle ! - Allez, saute !
Qu'est-ce qui te prend ?
Regarde ! Un scarabée qui traverse notre route.
Oui. Et alors ?
Un scarabée sacré, Akhésa. C'est un mauvais présage.
Nous sommes maudits.
Et superstitieux, en plus.
Allez, suis-moi.
Akhénaton soit maudit !
Comme tu dis.
Tout le monde complote contre mon père.
Même le général Horemheb, son plus fidèle allié.
C'est le chef des armées.
Ton père est en danger.
J'ai agi en égoïste.
Je me plaignais d'être seule alors que lui est abandonné de tous.
Rentre le prévenir de ce qui se trame.
Retourner là-bas alors que l'armée est à nos trousses ?
Autant se jeter aux crocodiles.
La voilà, la bonne raison pour fuguer chez ta mère.
Tu as raison, Thout.
Néfertiti est la seule à pouvoir aider mon père.
Alors, qu'est-ce qu'on attend ?
Vite !
Regardez-moi ce travail, les enfants.
Une amulette de Mahes,
le dieu du courage et de la force guerrière.
Tu ne sais pas, vieil homme, que Pharaon interdit...
Oui, bien sûr.
Aton est le dieu unique, hein ?
Et, au nom de la foi en Aton,
la police de Pharaon vole nos petits dieux de tous les jours,
brise nos autels domestiques
et emprisonne les incroyants.
Mais une petite amulette,
ça fait de mal à personne.
Allez !
Un deben d'argent.
Qu'Aton soit remercié
pour ta générosité.
Tout ce que j'ai appris est faux.
Le peuple se moque d'Aton. Mon père vit dans l'illusion.
On adore des dieux lion, scorpion ou bélier...
Akhésa, même ivre, ce vieillard est dans le vrai.
Pourquoi vouloir imposer un dieu unique ?
Toutes les sorties sont bloquées.
Non, pas toutes.
Pas celle qui donne sur le désert.
Qui voudrait aller dans le désert ?
- Nous. - "Nous" ?
Tu veux dire toi... et moi ?
Oui, nous.
Toute la vallée est surveillée.
Le seul moyen de rejoindre ma mère,
c'est par le désert.
Ben, voyons.
On voit que tu n'es jamais sortie de ton palais.
C'est le désert du grand sud. La chaleur y est mortelle.
Personne n'en est jamais revenu vivant.
C'est de la folie.
Écoute-moi plutôt. On devrait...
Très bien. Je me débrouillerai toute seule.
Après tout, il n'y a pas de honte à avoir peur,
pour un petit prince de province !
Et toi, petite tête d'autruche écervelée !
Tu es la princesse la plus stupide du royaume.
Une plaie pour toute l'Égypte. Comme ton père !
On n'a plus rien à se dire. Je ne veux plus jamais te voir.
Eh bien, tant mieux.
Dans le désert, tu verras plus grand monde, de toute façon.
Bon voyage et bon débarras !
Le petit prince de province te salue bien !
"Tête d'autruche" !
Est-ce que j'ai une tête d'autruche ?
Là ! Rattrapez-la !
Le désert s'en chargera.
"Je me présente :
"prince machin, issu de la 12e génération...
"Héritier des territoires de truc...
"Non. C'est pas moi ! C'est elle qui m'a forcé !"
Trouillard, va !
Tu sais ce qu'elle te dit, la tête d'autruche ?
"Un scarabée sacré ! Nous sommes maudits !
"C'est horrible ! On va mourir ! Maman, j'ai peur !"
T'es méchant, le scarabée.
Va-t'en, vilain ! Pas beau !
Tu faisais peur au petit prince !
Thout !
N'oublie pas ta promesse.
Nous devons nous débarrasser d'Akhénaton, et vite.
Tu nous soutiendras au Grand Conseil.
Allez, accroche-toi.
Aton soit loué,
elle est en vie.
Merci, Thout.
Excuse-moi. J'aurais dû t'écouter.
Retourne-toi.
Pardon.
Non, non.
C'est moi, j'ai été stupide. Je le regrette.
- La tête d'autruche, c'est moi. - C'est moi.
C'est pour ça que j'avais la tête dans le sable.
Thout...
Par Aton, il fait froid.
Tu crois vraiment que Pharaon peut maîtriser le feu du ciel ?
Sois tranquille.
Si Pharaon pouvait le maîtriser,
il nous aurait déjà anéantis.
Leur seule puissance,
c'est l'or.
- Qu'est-ce qui se passe ? - Rien.
C'est l'heure de partir.
Eh bien, divin père, parle !
Le Grand Conseil a voté ton abdication.
Je le regrette mais je ne peux m'opposer à sa décision.
Toi aussi, mon ami, tu souhaites ma fin ?
Tu ne m'as pas laissé le choix.
Le destin de l'Égypte en dépend.
Je suis l'Égypte.
Seul Aton peut me détrôner.
Ton dieu Aton est en train de nous tuer.
Allez, Thout.
On y est presque.
Akhésa...
Soit. Je boirai la coupe.
J'irai rejoindre mes ancêtres dans la pyramide.
Ma fille Méritaton devra me succéder.
Elle choisira parmi les grands d'Égypte
celui qui régnera à ses côtés.
Mère, tu m'as tellement manqué.
Je suis heureuse de te retrouver.
Moi aussi, Akhésa.
Et Thout ?
Ton ami va bien.
Remercie Aton qu'il vous ait transportés jusqu'ici.
Boire dans une coupe ornée de lotus,
c'est boire le soleil renaissant.
Mère, reviens vivre à la cité du...
Mère ! Tes yeux...
- Que t'est-il arrivé ? - Je suis aveugle, Akhésa.
La passion qui animait ton père et moi
faisait de nous le plus grand couple d'Égypte.
Et puis, Aton s'est installé dans l'âme de ton père.
Il prenait une telle place que je le jalousais.
Akhénaton ne voulait rien entendre.
Les conflits répétés nous ont éloignés.
Et, petit à petit,
Aton m'a remplacée au sein du couple royal.
Je ne pouvais m'y résoudre.
J'ai fini par haïr Aton.
Et j'ai prié pour l'avènement d'une nuit éternelle.
En posant un voile sur mes yeux,
Aton a exaucé mon vœu.
Déchirée mais contrainte,
j'ai choisi de m'exiler à Éléphantine,
où j'ai fini par trouver la paix.
Non. Ne pleure pas.
La déesse Bastet m'a donné ses yeux.
Et j'y vois bien mieux aujourd'hui.
Grâce à elle, je peux veiller sur toi.
Je suis et je serai toujours à tes côtés.
Le soleil s'est couché.
Tu n'as plus de nom.
Tu n'es plus rien.
Le soleil s'est couché.
Les prêtres d'Amon ont fait alliance avec Horemheb.
Ils sont prêts à tout pour prendre le pouvoir.
Je sais tout ça, Akhésa.
Mais alors, pourquoi tu ne fais rien ?
Tu es toujours Néfertiti, la reine d'Égypte.
Dans un royaume où le Soleil règne en maître,
qui voudrait écouter une reine qui vit dans l'ombre ?
Khéops, Khéphren,
Mykérinos,
Sésostris...
Pères de l'Égypte ancienne,
je vous rejoins.
Maintenant, la reine, c'est toi.
Toi seule peux prendre en main le destin de l'Égypte.
Mais surtout, méfie-toi des prêtres d'Amon.
Mais je ne suis pas prête.
Tu n'es pas seule, Akhésa.
Rappelle-toi, je serai à tes côtés.
Les Hittites attaquent !
Vous devez fuir ! Vite, par ici !
Attaque, Bubas !
Thout, réveillez-vous.
Qui êtes-vous ? Que se passe-t-il ?
Une attaque hittite. Vite.
Fuyez !
- Akhésa ? - N'ayez crainte.
Elle est en sécurité.
Je ne regrette pas d'être venu à Éléphantine.
Lâche-moi, sauvage !
Elle dit être la fille de Pharaon.
Tiens, tiens.
Emmenons-la. On verra ce qu'elle peut nous rapporter.
Au moins son poids en or.
L'armée est prête. J'attends vos ordres pour...
D'abord, Akhésa,
ensuite, son père,
et maintenant, Méritaton.
Décidément,
le sort s'acharne vraiment sur cette pauvre famille.
Assassin !
Hélas pour toi, général,
tu ne pourras plus l'épouser et devenir pharaon.
Le pouvoir revient enfin aux prêtres d'Amon.
Tu es bien naïf. Ou alors, trop ambitieux.
Tu ne nous es plus d'aucune utilité, général.
Mais console-toi, tu auras droit à un tombeau royal.
Pardonne-moi, Akhénaton.
Va !
La fille de Pharaon !
Quand je dirai au grand prêtre que tu es ma prisonnière !
Le grand prêtre d'Amon-Rê ?
Tu es de mèche avec Séneb ?
Tu as tout compris.
Rassure-toi, je ne m'intéresse qu'à l'or.
Comment vas-tu faire ? Je n'ai pas d'escorte à t'offrir.
Je me débrouillerai.
Mahes, le dieu lion du courage, est avec moi.
Je retrouverai ta fille.
Aton te protège.
Écoute-moi.
Séneb t'a promis Canaan.
Moi, je te donnerai tout le sud : la Nubie et toutes ses mines d'or.
Un jour, c'est moi qui régnerai.
Et, si tu le désires,
ensemble, nous régnerons sur nos deux empires réunis,
le Hatti et l'Égypte.
La petite princesse sacrifierait tout pour sauver son pays.
Magnifique !
Bravo. Bien essayé !
Un message du grand prêtre.
Si tu es celle que tu prétends,
parle-moi de ton voyage au royaume des morts.
Que veux-tu dire ?
Tiens, lis.
"Comme prévu,
"Akhénaton mort ainsi que ses deux filles."
"En l'absence d'héritier, nous, Séneb, grand prêtre d'Amon-Rê,
"serons désigné par le Conseil comme nouveau pharaon.
"Horemheb neutralisé."
L'or nous sera livré.
Barka, enferme-moi cette furie dans la cage de Bubas.
Pour le message, on envoie une réponse ?
Trop tard.
Délicieux, ce pigeon.
Quoi ? J'avais faim.
Thout ?
Thout.
Tu es vivant !
Ça, alors !
Tu sais parler aux chats ?
Oui. Pas toi ?
Si, bien sûr. Quelle question !
Attention.
Nous devons retourner à la cité du Soleil.
La dernière fois, tu voulais en sortir.
Entrer, sortir... Il faudrait savoir.
C'est très sérieux, Thout.
Mon père et ma sœur viennent d'être assassinés.
- Par les Hittites ? - Non. Par les prêtres d'Amon.
Les Hittites n'ont pas envahi l'Égypte.
Zannanza et les siens sont à la solde de Séneb,
qui va être couronné pharaon.
Il n'y a pas de temps à perdre.
Allons-y, ma belle.
Miaou.
C'est pas au point.
Et toi ?
Ton destin est plus important que le mien.
À moi, barbares de pacotille ! Je suis le dieu Mahes !
Le lion au regard terrible,
protecteur contre les forces du mal.
Dieu guerrier, roi victorieux !
Ma vengeance sera terrible !
Vous allez souffrir, bande de mal lavés !
Arrêtez ! Lâchez-moi !
Pas les oreilles !
Le morveux qui a libéré la fille.
Qui es-tu, imprudent ?
Prince Thout-Ankh-Aton de Bel Hari...
Tu as permis la fuite d'une future reine.
Ma fortune était faite.
Je suis également une valeur sûre.
Je suis le futur époux de la reine Akhésa.
Toi ? C'est elle qui t'a promis le mariage ?
Décidément.
Quoi, "décidément" ?
Je crains que tu ne sois que le second sur sa liste.
"Le second" ? Il y en a un autre ?
Zannanza, pour te servir.
Je te céderai ma place
en échange d'une jolie et juste récompense.
En or, bien sûr.
Emmenez-le.
Allez, on lève le camp. Nous devons retrouver ma promise.
Va.
Gulmékiz ! C'est moi, Akhésa !
Non, non. Il est pas là. C'est pas lui.
Je veux pas d'ennui avec la police, moi.
Tu l'auras voulu.
Petite ! Petite !
Par Thot, je viens de tuer la fille de Pharaon.
On t'a dit qui je suis ? Tant mieux.
Au nom de mon sang royal, je réquisitionne ce bateau.
À la cité du Soleil, vite !
Ah oui, oui. Bien sûr.
Mais c'est-à-dire que...
Comment dire ?
En principe... Je dis bien "en principe",
je devrais livrer le tissu à mon cousin...
Gulmékiz.
...qui doit marier sa fille à Thèbes.
- Gulmékiz ! - Mais...
J'ai dit : "Vite !"
Il y a 7 000 bateaux sur ce fleuve,
il a fallu qu'elle tombe sur le mien.
Et le jeune garçon qui t'accompagnait ?
La récompense de Zannanza est prête.
- Vous pouvez y aller. - Nous devons préparer ton sacre,
maître.
Que viens-tu faire ici, vieil homme ?
Ce sacre est impossible. Je suis le divin père.
Le seul capable de te sacrer pharaon, et je m'y refuse.
Le vent a tourné, divin père.
Amon-Rê est le dieu de Thèbes et de l'Égypte.
Et pour le sacre, je saurai me passer de toi !
Cesse de faire l'idiot, Barka.
Prends ta part et répartis le reste.
Maudits prêtres ! Ils vont me le payer !
- Bien envoyé. - Sache, impertinent,
que j'apprécie peu tes railleries.
Tu devrais mieux choisir ton camp.
Jamais la princesse Akhésa n'aurait commis un tel forfait.
Aton,
le prétendu dieu unique,
en détournant habilement l'esprit de Pharaon,
en le poussant lâchement
à rejoindre ses ancêtres,
s'est rendu coupable de crime.
En volant l'âme pure de notre divin guide,
il a rendu l'Égypte orpheline
d'un père sans égal.
À la suite du décès de ses filles bien-aimées,
malheureuses victimes, elles aussi, de la malédiction d'Aton,
et comme l'avait sagement demandé notre regretté pharaon
avant de nous quitter,
nous, prêtres d'Amon,
te sacrons, toi, Séneb,
premier prophète d'Amon-Rê,
pharaon, dieu vivant !
Alors, tu vas la poser, cette couronne ?
C'est à moi, Akhésa,
fille et ultime héritière d'Akhénaton,
que cette couronne revient.
Prêtres, faites taire cette folle !
Ce parvis est interdit aux néophytes,
mais pas au futur pharaon.
Allons, sois raisonnable.
Rends-moi cette couronne, fillette.
Ma couronne !
N'aie pas peur, petite.
Je ne te veux aucun mal.
Allez, viens.
Allez, petite.
Où te caches-tu ?
N'aie pas peur, ma fille.
Tous nos ancêtres te protègent.
Père ?
Mes bras ne peuvent te serrer,
mais mon cœur se réjouit de te revoir.
Akhésa, tu n'es plus seule. Tu peux encore sauver l'Égypte.
Le trône de lumière...
La couronne !
La couronne des ancêtres
est à moi !
Adieu, ma princesse.
Tu peux la porter, maintenant. Cette couronne te revient de droit.
Akhésa,
tu es revenue du sanctuaire des ancêtres.
Tu es notre souveraine,
la reine Soleil.
Thout ! Non !
Alors, princesse,
tes fiancés ne sont pas invités à la fête ?
- Arrête ! - C'est pas gentil, ça.
Ne lui fais pas de mal.
Que me proposes-tu pour sauver la tête de ton ami ?
Je n'ai qu'une parole. Tu seras payé avec l'or des prêtres,
auquel j'ajouterai une contribution.
Vas-y doucement.
Pas si fort. Tu m'étrangles.
Tu as jusqu'au coucher du soleil pour me remettre mon dû.
Sinon, ton ami ira rejoindre ses ancêtres.
À toi l'honneur.
Tu n'as pas peur des serpents ?
Tu vois ! J'en étais sûr.
Je savais que ça marcherait.
- Elle m'aime trop. - Petit malin, cours la rejoindre.
Attends.
Tu en as mis, du temps !
Tu sais que j'ai failli y passer ?
Ton copain, le beau barbare, c'est pas un tendre.
- "Mon copain" ? - Ouais. Il va falloir qu'on cause.
Poussez-vous ! Laissez-moi passer !
Vive Akhésa !
Vive la princesse Akhésa !
Princesse !
Vive le prince Thout !
Longue vie à Akhésa et à Thout !
Vous voulez que je vous dise ?
C'est simple : sans moi, c'était les crocodiles.
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