All language subtitles for Circonstances.attenuantes.1939.FRENCH.1080p.WEB.H264.fre

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (SoranĂ®)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

*Musique de musette

-Il est du bâtiment, ton patron ?

-Il en était. II est à la retraite depuis deux mois.

-C'était un gentil ? -Lui ? M'en parle pas.

Il leur en a fait déguster, aux gars, avec ses réquisitoires.

-Tous les mĂŞmes.

-Il pourrait rester tranquille chez lui. Non !

Faut que Monsieur vienne serrer les pognes Ă  droite et Ă  gauche.

Pendant ce temps-lĂ , je fais le poireau, moi.

-C'est pas régulier.

-Et on se barre demain à Plombières. La cure annuelle.

-Plombières, tu parles d'un port de mer !

Et les clients sont tristes, ils pensent tous Ă  la mĂŞme chose.

-C'est gai.

-Moi, les miens, ils vont Ă  Deauville.

-T'as une chic bagnole.

-Ce qu'il y a de mieux.

-Avec mon char, il y a toujours des réparations.

-Moi, jamais. -T'es verni.

Mon patron.

-À la maison, Gabriel. Dépêchez-vous, mais pas trop vite.

-Il manque deux paires de bas. -Mais, madame…

-Vous ĂŞtes responsable de mon linge.

Comment pliez-vous cette robe ? OĂą avez-vous servi ?

-Madame, j'ai servi… -Vous ne savez pas faire de valise.

Allez au salon mettre les housses. Et ne cassez rien.

-Bien, madame.

-Ça sent le départ.

Qu'avez-vous cassé ?

-Surtout que Monsieur ne dise rien Ă  Madame.

Madame me mettrait Ă  la porte. -Soyez tranquille. Je ne dirai rien.

-Merci, monsieur. Je ne l'ai pas fait exprès.

-Si vous pouviez casser toutes les horreurs

que Madame collectionne depuis 20 ans,

vous me rendriez un grand service.

-Bien tendre, le gigot.

-Pour la tendresse, vous pouvez compter sur moi.

-Je ne vous dérange pas ? -Je passe une commande.

-C'était un gigot. -Elle a commandé, alors ça va !

Je te trouve en plein gringue avec le boucher.

-Mais t'es fou.

-Tu bâillais devant ce gars-là. -Moi ?

-On voyait toutes tes dents.

-T'es bête. Embrasse-moi, au lieu de faire le méchant.

-Si je te chope encore avec lui, je t'arrange ta petite gueule.

-Qu'est-ce que t'as, aujourd'hui ?

-Je vais m'appuyer Plombières pendant 21 jours.

-Oh !

Tu pars quand ?

-Demain matin. Je viens de faire ma vidange.

21 jours !

Et pendant ce temps-lĂ , tu vas faire des paillons avec le boucher !

-Voyons, tu sais bien que je n'aime que toi.

Je vais travailler. À tout à l'heure.

-Vous voilĂ  enfin.

Mais où étiez-vous donc ?

-LĂ -bas. -Naturellement.

-Vous n'allez pas regarder les gens qui occupent votre ancienne place.

Ayez de la dignité.

-Je ne peux pas m'empĂŞcher d'y retourner.

J'ai passé ma vie là-bas.

En ai-je prononcé, de ces réquisitoires !

Quelques-uns de magnifiques.

-Vous auriez pu rentrer plus tĂ´t.

-J'ai pris l'autobus, la voiture est au garage.

-Un accident ? -Une vidange.

Ce Gabriel…

-Ce garçon est votre bête noire. Moi, son service me plaît.

-Bon. La cause est entendue. À quelle heure partons-nous demain ?

-Nous partons ce soir.

-"Ce soir” ? -Parfaitement.

Nous coucherons sur la route.

-Mais en partant demain de bonne heure…

-Comme l'année dernière, 2 jours pour se remettre.

Nous partons ce soir.

-AllĂ´ ? Oui.

Justement, c'est Gabriel. -Donnez-le.

AllĂ´, Gabriel ? La voiture est prĂŞte ?

Bon. Amenez-la. Nous partons tout de suite.

Quoi ? Tout de suite !

-Bien, madame.

-Décision sans appel.

-Alors ? -Eh ben, alors, on part ce soir.

-Moi qui ai eu tant de mal Ă  me rendre libre.

-Oh, les vaches ! Je commence à en avoir marre, de cette boîte.

Ouais, avec tous leurs intestins, leur tacot !

-Mais c'est une bonne place.

-Parce qu'ils n'y connaissent rien en mécanique, alors je me débrouille.

-Les places de chauffeur sont rares. -Je le sais bien.

Et moi, ce soir, qui… Oh, qui me promettais…

Attention, tâche d'être correcte !

Si le boucher recommence, remets-le Ă  sa place.

-Oui, mon chéri.

-21 jours…

Musique gaie

-Il marche comme une tortue.

-Vous lui avez dit d'aller lentement, il va lentement.

-Plus vite,

Gabriel. -Bien, monsieur.

-Ce garçon est complètement fou.

-Laissez. Comme ça, nous coucherons plus loin.

-Si nous ne sommes pas morts.

-Qu'y a-t-il, Gabriel ?

-Je ne sais pas, madame. Je vais voir.

-Ça commence bien.

-Qu'est-ce que c'est ? -Je cherche.

-Vous êtes allé trop vite.

-Ça s'est arrêté comme ça, tout d'un coup ?

-Oui, tout d'un coup.

-C'est bizarre.

-C'est l'essence qui n'arrive pas. -Qu'est-ce qui l'empĂŞche

d'arriver ?

-La condensation, sans doute.

-Condensation ?

-Ou alors une soupape grillée. Pour moi, c'est du sabotage.

-Pour quelle raison saboterait-on ma voiture ?

-Sûrement d'anciens

clients de Monsieur.

-Quelle époque ! Enfin, on ne peut plus avancer.

-Non. -Eh ben, c'est gai !

OĂą sommes-nous, ici ?

-Ă€ environ 20 km. -De Paris.

-Pourquoi avoir quitté la route nationale ?

-Elle était barrée. -Alors qu'est-ce qu'on fait ?

Il faut se décider.

-Je vais tâcher de trouver un garage pour qu'on vienne nous dépanner.

-C'est ça. Allez, mon ami. Nous vous attendons.

Musique gaie

-Hé ! Tu me déposes à la porte de Paris ?

-Bien sûr. Monte.

-Merci.

-Il y a 4 ans que je vous demande de changer de voiture.

-Hier encore, elle marchait très bien.

-Tant de choses se détraquent du jour au lendemain.

-Pas de panne, mais comme ils pigent rien.

-T'es culotté, de les laisser sur la route.

-Ça leur apprendra à me faire partir quand j'ai un rencard.

-Alors tu les plaques ? -Ah non.

Je cherche sur la route un garage

pour la pièce de rechange dont j'ai pas besoin.

Je vais surveiller la conduite de ma mĂ´me.

Après, je reviens en taxi. À leurs frais, bien entendu.

-Oh, c'est long. Qu'est-ce qu'il peut bien faire ?

Que cherchez-vous sur la carte ? -Je cherche Ă  nous situer.

-Mais vous ne savez pas oĂą nous sommes.

-Très juste.

-Gaëtan, vous êtes un pauvre homme.

-Que faites-vous ? -Je vous sors de cette situation.

-Vous ne savez pas conduire. -J'ai pris des leçons.

Où est le contact ? -On vous a refusé votre brevet.

-Ça ne prouve rien.

La preuve, elle marche !

Et on me refuse le permis de conduire.

Allez, montez.

-C'est de la folie. -Montez.

-Vous n'allez pas conduire jusqu'à Plombières !

-Poltron ! Mais non, jusqu'aux premières maisons. Montez.

-Article 1377 :

accident mortel sans permis de conduire, de 1 Ă  5 ans.

-S'il fallait penser qu'au Code…

-Vous êtes bien avancée, maintenant.

-Mais n'empêche que j'ai réussi à la faire partir,

donc elle n'était pas en panne. -Elle l'est, maintenant.

-Monsieur l'agent !

Je vais à Plombières pour 21 jours, je rentre à l'improviste,

et je la trouve avec le boucher le premier soir !

Je m'en doutais.

-On ne peut pas mettre des gens dans cet état.

-Mais le 1er soir, mettez-vous Ă  ma place.

-Vous vous expliquerez demain avec le commissaire.

-Mais voyons, mes patrons m'attendent Ă  17 km.

-Vous le direz demain matin au commissaire.

-Comment ça ?

Monsieur l'agent, mes patrons m'attendent, voyons !

-HĂ© ! -Quoi ?

-Ta gueule !

-23h. -Avec ça, j'ai une de ces faims.

-Elles commencent bien, nos vacances.

-Ce Gabriel, si je le tenais. -Ca, je vous avais prévenue.

-J'ai pas l'intention de passer la nuit ici.

Faites quelque chose, mon ami. Enfin, débrouillez-vous.

-Je vais chercher un taxi.

-Ne me laissez pas seule. -Venez avec moi.

-Pour qu'on nous vole nos affaires. -Alors attendons.

-Ce Gabriel…

-Oh, mince !

C'est pas une bagnole, c'est un tank.

Bonjour, messieurs. Alors on prend le frais ?

-Un ivrogne. Passez votre chemin, mon ami.

-Oh, mais c'est une dame. Ah, ben, je comprends tout.

Vous vous bécotiez et vous êtes rentrés dans le mur.

-Éloignez cet individu. Il sent l'alcool.

-Moi ? Je sens l'alcool ?

-Allez-vous-en, mon ami.

-Moi qui bois que du vin ?

-Gaëtan.

-Tenez, voici 40 sous, allez boire un verre à ma santé.

-Merci. Vous, vous comprenez les choses.

Ah, j'ai… Oui, mais alors…

-Oui, allez-vous-en.

-Ne me bousculez pas, je m'en vais.

Ă€ la revoyure, les amoureux.

-Je vous félicite. -Je n'y suis pour rien.

-C'est Ă  mon mari de me faire respecter. C'est dans le Code.

-Nathalie.

-Une goutte d'eau.

-Oh, s'il se met Ă  pleuvoir, c'est le bouquet.

L'orage !

-Entrez dans la voiture. -Non !

Et je meurs de faim. Nous trouverons bien un abri.

-Attendez, je ferme la portière. -Faites vite.

*Musique de suspense

Ouvrez !

-Mais ouvrez donc !

C'est gai.

-Messieurs les agents,

il y avait de la lumière, mais pas de consommateurs.

On est en famille, parole d'honneur.

-Mais nous ne sommes pas des agents !

-Nous avons eu un accident d'auto. Nous voudrions manger !

-Oh lĂ  lĂ  !

Si vous voulez vous donner la peine d'entrer.

-Oh,

mais c'est mes petits copains !

Rebonjour, les frangins.

-Encore lui !

-Ça va.

-Ils se câlinaient dans une bagnole.

-Allez, ça va ! Fous la paix à mes clients ! Hop !

C'est pas un mauvais bougre. Il est dans les pompes funèbres.

Ă€ chaque enterrement, il prend une cuite.

Vous désirez ? -Manger.

-Par ici. J'ai une bonne table.

Vous arrivez bien, ça tombe à pleins seaux.

Je m'occupe de vous tout de suite.

Hé, la poupée, prends ma place à la belote.

-Regardez.

-Allez, Ă  toi.

-C'est des naves.

Allez, cœur.

-Suivant.

-Suivant.

-Il me reste pas grand-chose Ă  manger, Ă  cette heure-ci.

Je vous fais une omelette ?

-Les œufs vous sont défendus.

-Pas les miens. Des poules nourries au blé.

Ils sont recommandés aux malades, mes coquards.

Oui, madame.

Disons une omelette baveuse pour deux.

Et puis j'ai un petit restant de lapin.

-Le lapin nous fait mal.

Ah, le lapin de Paris, moi aussi. Le lapin de chou, quel goût.

Pas le mien. Et comme boisson ?

-Ben… -De l'eau minérale.

-"De l'eau minérale" ?

Je vends pas de flotte. D'abord, c'est plus cher que le vin.

Et l'eau en bouteille, mon médecin me l'a défendue.

C'est des eaux mortes, c'est malsain.

En revanche, j'ai un petit beaujolais, mine de rien.

Et qui faisait 3 ans de prison !

Et une beaujolais !

-Une drĂ´le de bouille, le client. -Et elle, donc.

-Mais défaites-vous,

ma petite dame.

-Oh, dis donc, vise la broche.

-C'est ma fĂŞte samedi, mon homme. -Compris.

-Où sommes-nous tombés ?

-Évidemment, nous ne sommes pas chez le prince Murat.

-Des œufs, du lapin et du beaujolais, c'est horrible.

-Qui a 3 ans de prison. Amusant.

-Il y a un homme qui me regarde tout le temps.

-Ne le regardez pas. -Je sais plus oĂą mettre mes yeux.

-Elle a le rif qui lui monte aux joues.

-En voilĂ  un autre qui me regarde en souriant.

-En voilĂ  une affaire. Souriez-lui aussi.

-Vous croyez ? -Oui.

-Tu la troubles un peu, la pépée. -Pour une fois que je boulonne.

-Gaëtan, allons-nous-en, j'ai peur. -Il n'y a aucune raison.

-C'est peut-être pas du chiqué, ce qu'elle a au colbac.

Ça en jette, des feux.

-C'est pas prudent, ou alors c'est du toc.

-C'est pas des gueules Ă  porter du toc.

-Goûtez-moi ça. C'est ma spécialité.

J'ai mis une pointe d'ail. Ah, le pinard.

-De l'ail, c'est complet.

Je ne le digère pas. -30 ans que je n'en ai pas mangé.

Enfin, on nous regarde, faisons semblant de dîner.

-Mangez, vous.

-Je vous en donne un peu pour ne pas vexer le restaurateur.

-Quelle horreur.

-Il a une gueule que j'ai déjà vue quelque part, ce client-là.

Je te jure, je le connais.

-Goûtez-moi ça.

-C'est du 3 ans de prison ? -Ah, je veux.

Vous allez vous lécher les babines.

-Tu l'as peut-être croisé sur le bitume.

-Non, un truc sérieux. -Alors c'est un taulier.

-Eh ben, allez-y.

Ça peut pas vous faire de mal, au contraire. Allez-y.

Musique légère

-C'est un picolo de 1re bourre.

Laissez pas refroidir lla baveuse.

-Ça y est, je le reconnais, c'est le taulier de Montargis.

-Sa gonzesse a maigri.

Autrefois, elle avait une paire de roberts comac.

-Alors ? -J'avoue que c'est partait.

-C'est même très agréable. -C'est la pointe d'ail.

L'ail et mon petit beaujolais, c'est du nanan, avouez.

Je vous apporte le lapin.

-Il m'a dit quelque chose, un jour, mais j'ai oublié.

Ça alors, c'est rigolo. Je me rappelle plus où ni quand.

-Ce beaujolais ne me donne aucune brûlure.

Et cette omelette Ă  l'ail, j'en ai repris 2 fois.

Ça bouleverse toutes les théories du docteur.

-J'ai la tĂŞte qui tourne,

mais c'est pas désagréable.

-Dis donc, mon ami,

le garçon qui me sourit là-bas, il a de beaux yeux.

-Nathalie !

-C'est drôle comme je me sens légère, tout d'un coup.

Je suis bien.

-Voilà le lapin. Reniflez-moi ça.

Du frichti de Mme Bouic, c'est de première.

-Parfumé à l'ail ?

-Ah non, pas d'ail dans le lapin, mais beaucoup d'échalote.

-Tant mieux. -C'est la spécialité de la maison.

Il reste 2 morceaux de rein, une patte et la tĂŞte.

Moi, j'adore la tĂŞte et le fond de la casserole, la raclure.

Les échalotes et les petits lardons, c'est encore meilleur réchauffés.

Alors, ça va, petite tête ?

-Tu permets ?

J'ai pas de conseil Ă  te donner,

mais t'y vas un peu fort Ă  cause du mecton.

-Je veux offrir le bijou de la dame Ă  ma gagneuse pour sa fĂŞte.

-Mais Ă  qui souriez-vous ? -Aux 2 hommes qui me sourient.

-Nathalie. -Vous m'avez dit de leur sourire.

-Faites-le discrètement, voyons.

Ce lapin est extraordinaire.

-C'est vrai, il est très bon. J'en reprends.

C'est bon aussi, les échalotes. Je me purgerai demain.

-Vous en avez pas marre, de jouer Ă  la belote ?

On guinche pas, ce soir ? Joue-nous un peu d'accordéon.

-T'as raison, la musique adoucit les mauvaises mœurs.

-Il me reste plus de fruits, mais je vais vous faire goûter ça.

C'est du vrai, les Indirectes peuvent toujours cavaler.

Accordéon

Allez, goûtez-moi ça.

Ă€ la vĂ´tre !

-Tchin-tchin.

-C'est fort. La tĂŞte me tourne, mais c'est bon.

-Que peut bien faire Gabriel ? -Je m'en fous.

-Quoi ?

-Ça y est, mon beaujolais en a mis un coup à votre dame.

-Oui, et puis j'ai encore soif.

-C'est meilleur que le sirop de groseilles.

-N'exagérez pas, Nathalie.

-Laissez donc, c'est si agréable, une dame

qui a un peu biberonné.

-Patron, puis-je inviter Madame Ă  danser ?

-Bien sûr que tu peux faire danser Madame. Monsieur le permet.

-Puisque vous… Puisqu'il le permet.

-En douce, il t'a grillé.

-Je me rattraperai.

Alors on guinche ?

-J'ai mieux Ă  faire.

La boîte est bonne, hein ? -Mademoiselle.

-Je vous reconnais. Vous avez pas une maison Ă  Montargis ?

-Non, pas Ă  Montargis, Ă  Brest.

-À Brest ? Oh là là, je connais ça.

On rigole pas tous les jours avec tous ces marins.

-Ils sont bruyants. Aussi je l'ai louée.

-OĂą vous ĂŞtes, maintenant ? -Ă€ Paris.

-À Paris ? Oh, mais alors ça va chercher loin, ça.

-Tu permets ?

-Ça va. Ça va.

-Il joue bien, ce cochon-lĂ . C'est un artiste.

-Moi, je peux pas le voir.

Il me le rend bien, il peut pas sentir les gonzesses.

-Comme la plupart des grands artistes.

-Alors il n'a qu'Ă  rester dans son coin.

L'autre fois, on faisait une virée.

Il y avait un type bien qui était dans les ambassades.

J'avais l'air de lui plaire.

Il est arrivé avec son accordéon, et ils sont partis ensemble.

-Ils sont partis ensemble…

-Ça a beau être un artiste, c'est pas régulier.

-Évidemment.

-Elle était jeune et belle

Comme de bien entendu

Il eut le béguin pour elle

Comme de bien entendu

Elle était demoiselle

Comme de bien entendu

Il se débrouilla Pour qu'elle ne le soit plus

Comme de bien entendu

-Ils se mirent en ménage

Comme de bien entendu

Elle avait du courage

Comme de bien entendu

Il était au chômage

Comme de bien entendu

Ça lui faisait déjà Un gentil petit revenu

Comme de bien entendu

-Voulant faire une folie

Comme de bien entendu

ll offrit Ă  sa mie

Comme de bien entendu

Un billet de la loterie

Comme de bien entendu

Ça ne lui fit jamais Que 100 balles de perdues

Comme de bien entendu

-Et il se mit Ă  boire

Comme de bien entendu

Elle ne fit pas d'histoire

Comme de bien entendu

Mais pour pas ĂŞtre une poire

Comme de bien entendu

Elle se régala en le faisant cocu

Comme de bien entendu

-Il la trouva mauvaise

Comme de bien entendu

Mais elle gagnait du pèze

Comme de bien entendu

Au lieu de ramener sa fraise

Comme de bien entendu

ll se contenta de lui foutre Le pied au cul

Comme de bien entendu

-Et depuis, l'on raconte

Comme de bien entendu

Qu'il y trouve son compte

Comme de bien entendu

Et quand chez lui, on monte

Comme de bien entendu

Il s'en va faire un petit tour Au PMU

-COMME DE BIEN ENTENDU

-Comme de bien entendu

Comme de bien entendu

Comme de bien entendu

Comme de bien entendu

-Bravo.

-Vous savez, la java, c'est plus amusant que le boston.

-Vraiment ? -Madame.

-Restez. Chère amie, je vous présente mademoiselle…

-Marie "Qu'a d'ça”. -Vous êtes russe ?

-"Qu'a de ça”", parce qu'elle n'est pas folle, la guêpe.

-"Elle n'est pas folle, la guêpe.”

-Qu'est-ce que vous allez boire ?

-Eh ben, du champagne.

-Du champagne pour tout le monde.

Moi, je suis comme ça, quand je me sens bien.

-Les copains, il y a le monsieur

qui offre le champagne.

-Oh, c'est gentil, ça. -Bravo !

-Léontine, amène ta fraise. T'es invitée, toi aussi.

-J'arrive.

-Monsieur l'accordéoniste,

venez aussi parmi nous.

-Ça va pas recommencer, non ?

Ça vient, les verres ? -Ça vient.

-Dépêchez-vous parce qu'on a soif.

Accordéon

-Oh, c'est fou ce que je m'amuse.

Encore du champagne, beaucoup de champagne !

-Hé, Bouic, débouche encore deux roteuses.

-Oh, deux !

Ce que je m'amuse !

-Je suis sûre que je t'ai déjà vu. -Vous croyez ?

-Mais oĂą ? -VoilĂ  : oĂą ?

-T'es rudement sympa, tu sais. -Vous croyez ?

-Sûr qu'il est sympa.

HĂ©, mon pote, si un jour t'as besoin de moi, fais-moi signe.

Appelle-moi, je serai lĂ . -Oui.

-Serre-m'en cinq !

-C'est peut-être vrai que nous sommes tous frères.

-Il a raison.

Et on va boire en frangins. Tiens, mon pote.

-Gaëtan, faudrait penser au retour.

-Il pleut Ă  verse.

-Moi, Ă  votre place, je coucherais ici.

-J'ai justement une chambre épatante, tranquille,

avec l'eau courante.

-Je vous recommande les puciers. -"Les puciers" ?

-Les pageots. J'en sais quelque chose, je couche lĂ .

-Ah, vous… On pourrait peut-être rester.

-"Rester" ? Oh ! -Pourquoi pas ?

-En fait, oui. Pourquoi pas ?

-Voici votre chambre.

Vous y serez très bien.

-Oui, mais c'est que nous n'avons pas de linge de nuit.

-Oh, mais vous en faites pas, je vais vous en prĂŞter.

-Nous aurions pu lui demander d'aller chercher les valises.

-Pour qu'il trouve notre plaque d'identité, excellente idée.

Notre hôtelier a les mêmes goûts que vous, chère amie.

On se croirait dans votre salon.

-S'il a les mêmes goûts que moi, ça prouve qu'il a du goût.

-Ah, le peuple, on ne le connaît pas.

-Ça vous a pas empêché de le juger,

car en somme, vous avez jugé les gens sans les connaître.

-Vous venez de dire là une très grande chose.

Si on connaissait mieux les ĂŞtres,

on mettrait plus d'humanité dans les lois.

-Oh, ces mots-là, dans votre bouche, ça, c'est incroyable.

"Humanité."

Vous êtes bien soûl.

-Entrez !

-VoilĂ  les liquettes. Une Ă  moi et l'autre Ă  la patronne.

VoilĂ . -Merci mille fois.

-Bonne nuit, messieurs dames. -Merci.

Des liquettes !

VoilĂ  votre liquette que je pose sur le pucier.

Musique de suspense

-Aidez-moi. On va les descendre Ă  la cave.

-Minute, il faut d'abord faire les comptes.

-Ne restez pas comme ça à vous contempler dans la glace.

-Votre ton désagréable revient. Vous allez mieux, chère amie.

-Pour une fois que nous serons dans le mĂŞme lit,

vous m'appelez "chère amie”.

-Comment dois-je vous appeler ?

-Ces braves gens appellent leur dame "ma pépée", "Ma gosse".

-Ne me prenez pas Ă  la gorge ou je vous laisse tomber.

-Ah, vous, dans le recel, vous ĂŞtes tous les mĂŞmes.

C'est nous qu'on turbine et qu'on a les risques,

et faudrait vous laisser la camelote à l'œil !

-Quelle garantie on aura, quand elles seront dans ta cave ?

-Ma parole. -On préfère les fafiots de la banque.

-Pas d'histoire.

-Je crois qu'ils ne sont pas d'accord.

-Probablement la politique, toujours leur sale politique.

-La passion des hommes.

-Vos gueules, vous allez réveiller mes clients.

-Il y a pas de danger, ils sont noirs.

Ben quoi ? Grouille ! -Dépêche-toi !

-Il eut le béguin pour elle

Comme de bien entendu -HĂ©, sourdine !

-Tu l'as Ă  la caille parce que MĂ´me de Dieu est plus mariole.

-Je le retrouverai.

-Ta petite femme a déjà accroché dans ce coin-là.

-T'es sûre ? -Je l'ai fait couler, le champ.

-Ça, c'est ton business. -Minute, on est en vacances.

Je suis pas forcée de faire ça. -C'est vrai, t'es une bonne petite.

On chante.

-Vous voyez, ils chantent.

En France, tout finit par des chansons.

-Oui. En tout cas, vous, vous ne chantez pas souvent.

-Bonjour, patron. Alors on travaille ?

-Ah, te voilà, toi. Eh ben, t'étais joli, hier soir.

-C'était pas ma faute.

Les héritiers qui ont voulu arroser ça m'ont entraîné.

Histoire de noyer leur chagrin.

-Et toi comme une bourrique, tu les as entraînés dans un autre bistrot.

Quand on est accroché comme toi à ma caisse,

on doit avoir la pudeur de ne pas emmener la clientèle ailleurs, fumier !

-J'irai pas Ă  votre enterrement.

-Mon enterrement ! Je t'enterrerai, tĂŞte de lard !

Fous-moi le camp !

-Bonjour.

-Alors, vous avez passé une bonne nuit ?

-Oh, délicieuse.

Et ce qui ne m'était pas arrivé depuis longtemps,

je me suis réveillé en pleine euphorie.

-"En pleine euphorie" ? -Oui, enfin, tout va très bien.

Ma femme est également d'une humeur charmante.

Comme de bien entendu.

-Je suis content. Un petit coup de blanc ?

-Non. Nous voudrions du thé avec un peu de citron

et quelques tranches de pain grillé.

-Du thé et du citron ? Mais c'est des trucs pour malades.

Allez, pas de chichi, venez avec moi.

Tenez, goûtez-moi ça.

-Ă€ jeun ?

-Bien sûr. Ça se prend toujours à jeun,

avec un bon morceau de saucisson.

-Vous croyez ?

-Je pense bien. Tenez. Vous m'en direz des nouvelles.

Alors ?

-Mais c'est délicieux. Ça me rappelle votre omelette.

-Votre dame se régalerait avec ça.

-Voudriez-vous lui faire monter du vin blanc et du saucisson ?

-Bien sûr. Si vous voulez visiter le parc, c'est au fond.

Léontine !

Prépare un plateau, je monte au 7.

-Monsieur Le Sentencier, c'est votre patron ?

-Oui.

-Quand on travaille pour un personnage important,

on doit donner l'exemple. Je vais lui téléphoner.

-Non. Il n'est pas chez lui.

Il m'attend sur la route depuis hier. L'auto est en panne.

-Vous ne pouviez pas le dire tout de suite ?

Allez-y, dépêchez-vous. -Bien, monsieur.

-Vous méritez qu'il vous vire. -Merci, monsieur le commissaire.

Musique gaie

-Coucou.

-Oh.

-Alors, on s'envoie un bol d'air ? C'est bon, ça vous nettoie le buffet.

-Bonjour.

-Venez à côté de moi. -Je ne vous dérange pas ?

-La nature est Ă  tout le monde. -Comme de bien entendu.

-Je l'adore, moi, la nature. Et vous ?

-Moi aussi.

-Vous avez pas une pipe ? -Je ne fume que la cigarette.

-Eh ben, c'est ça, une pipe. -Ah !

Pardon.

-Oh, il pèse lourd.

-Je prendrais volontiers une pipe. -Ah !

-Oui ? -Écoute ça.

-La MĂ´me est dans le jardin.

-Je sais, je l'ai vue parler au vieux.

-C'est qui, ces gens-lĂ  ?

-Ils sont trop natures, ça cache quelque chose.

-Ça cache quoi ?

-Ce sont des caves de première ou alors ils sont plus marles que nous.

-Oh, voilĂ  autre chose. -Tu verras.

-Je suis avec Coup de Chasse. C'est un pensionné de guerre 80 %,

une balle qui lui en vaut 900.

C'est bath, ça tombe tous les 3 mois.

On les écosse ensemble.

Comme dit mon homme :

"Ton micheton, c'est le gouvernement."

C'est comme si je couchais avec le ministre de la Guerre.

-En somme, vous ĂŞtes en vacances.

-Oui. On est là depuis 15 jours, histoire de s'aérer un peu.

-Et les autres ? -"Les autres" ?

Celui qui a le pull, c'est Cinq de Trique,

à cause qu'il est interdit de séjour.

-Vraiment ?

-Le vieux, c'est le père Coco.

Celui qui a fait guincher ta moukère, c'est Môme de Dieu.

La sienne est en province. En attendant, il fait le bouc.

-Et le joueur d'accordéon ?

-Eh ben, c'en est une.

-Une quoi ?

-Oh, dis, tu m'achètes. Ben, une poupée, parbleu.

Et toi, comment t'appelles-tu ?

-Le Sentencier. Enfin, c'est un sobriquet.

"La Sentence", parce que j'ai des principes.

-T'as pas une autre pipe aussi ?

-Pardon.

-Tu fais quoi, dans le civil ? -Des affaires.

-Lesquelles ?

-Ma foi, c'est assez délicat.

-N'insiste pas, j'ai compris.

T'es un drôle de type, tu sais. On est comme attiré vers toi.

-Vraiment ?

-Embrasse-moi dans le cou. -Oh, je…

-Vas-y, personne nous regarde. -Vous croyez ?

-Mais vas-y, t'en meurs d'envie.

-Gaëtan !

Gaëtan !

-Il prend l'air ! -Merci. Bonjour.

-BONJOUR, MADAME.

-Ah, dis donc, t'as visé la Du Barry.

-Moi, je la trouve gentille.

-Oui, "because"” la broche. -Ça, c'est mes oignons.

Faut que Madame boulonne toujours.

-HĂ©, vise un peu.

-Pardon. Tu l'as gagné ?

-Non. Je l'ai piqué. -Je préfère ça

pour ma dignité.

-Prends ma place une minute, je reviens.

Musique lente

-Bonjour. -Bonjour.

-Mon porte-cigarettes.

-Ma broche.

-Attention !

Tu n'aurais pas vu le monsieur et la dame qui étaient ici ?

-J'ai vu un agent relever le numéro pour foutre une contredanse.

-Si je perds pas ma place avec tout ça…

-Gaëtan. -Nathalie.

-Tu ne sais pas…

-Quoi ?

-Non, rien. Ben, je suis prĂŞte.

-Je vois que vous avez rangé votre broche, vous avez bien fait.

-Je l'aurais parié, il a barboté la broche.

-La voiture est réparée ? -Je n'y pensais plus.

-Nous allons à Plombières. -C'est exact.

-C'est pas d'une gaieté folle…

-À qui le dites-vous… Et vous n'y faites pas la cure.

-D'ici là, j'aurais bien retrouvé… -Moi aussi.

-J'aurais bien retrouvé Gabriel. -Oui.

À propos, la voiture n'est pas en état.

-Il faudrait vous en occuper. -Bon. J'y vais.

Comme de bien entendu

Vous voilĂ , vous. -Monsieur,

je vais vous expliquer.

-Vous vous êtes bien payé ma tête.

-Enfin, nous réglerons ça plus tard. Voici les clés.

Vous allez conduire la voiture à la réparation.

-Monsieur me garde Ă  son service ?

-Je vous prie d'exécuter mes ordres.

-Bien, monsieur. La voiture sera prĂŞte demain.

-Non, prenez tout votre temps.

Je veux une révision complète de la carrosserie,

du moteur et du châssis.

-Ça va en coûter, des sous, ça.

-Occupez-vous de vos affaires et passez-moi les valises.

-Bien, monsieur.

Alors ?

-Ça se termine. Dans 1 heure, ta chignole sera prête.

-Déjà ?

-J'en ai foutu un coup. Un tel boulot en 4 jours…

-Alors t'es content ? -Ouais.

-Mais qui t'a demandé de te grouiller ?

Quand on vous demande un travail pressé, vous nous faites attendre,

et quand on vous demande rien, c'est rapide.

-Mais ton patron…”? -T'occupe pas de lui.

Il est tombé sur la tête, mon patron.

Il est à Bagneux, en ce moment, avec vue sur le cimetière.

Il n'est plus pressé.

-C'est toujours vous qui tenez.

Monsieur Coup de Chasse, je vais avoir le regret de vous déloger.

-Aïe. -Je suis placé.

-C'est quelqu'un, ce gars-lĂ .

-C'est votre chambre ?

-Oui. Tenez, d'ici, on a une belle vue.

On voit le cimetière toute la journée.

-C'est amusant.

Si mon mari me voyait.. -Mais non, mais non.

-C'est votre amie ?

-Oui, c'est la Panthère.

-"La Panthère" ?

-Oui, c'est…

-Elle a un genre.

-Oui, mais elle n'est pas lĂ , en ce moment.

Ce que t'as de beaux yeux, tout de mĂŞme.

*Musique douce

-HĂ©, La Sentence, Ă  gauche, piquez et placez-vous.

Et les toquards, apprĂŞtez-vous Ă  baiser le cul de Fanny.

Gagné !

Bravo ! Bravo !

-Messieurs les toquards, apprĂŞtez-vous Ă  embrasser Mlle Fanny.

Je vais me laver les pognes.

-Il croit nous épater parce qu'il joue les bourgeois.

-Il est fortiche.

-Et puis il se coupe jamais. À chaque instant, il dit :

"Article 340 : 2 ans. Article 344 : 6 mois.”

-Ah, ça, il connaît son Code par cœur.

-Il a dû être dans des affaires compliquées.

Quand on a le Code avec soi, on passe toujours au travers.

On n'est jamais assez instruit.

Au lieu de lire des romans Ă  la mords-moi-les-orteils,

on ferait mieux de lire le Code. Comme ça, on serait toujours pépère.

-T'as raison. -Ben, voyons.

-Ă€ tout Ă  l'heure.

HĂ© !

Tenez.

Pas entre nous.

-Alors Ă  bientĂ´t.

-Oh, mon mari !

Partez vite.

-Mais c'est ma chambre, ici. -C'est vrai.

Alors, la voiture ?

-Vous êtes pressée de rentrer ?

-Non. D'ailleurs, du moment que vous vous plaisez ici…

-J'avoue que je ne suis pas mécontent d'être ici.

Les juges devraient essayer de connaître un peu mieux les humains.

-Un stage, en quelque sorte. -Mon Dieu, oui. Pourquoi pas ?

On comprendrait ainsi mieux, sans les excuser,

les mobiles auxquels ces êtres obéissent obscurément.

Et puis on pourrait, je ne dis pas les évangéliser,

mais les raisonner, essayer de les mettre sur la bonne route.

-Oh oui.

-Allez, Bouic, suivez-nous !

-Lâchez-moi ! C'est un délit de justice, on m'arrête sans raison !

-Qu'est-ce que c'est ?

-C'est pas régulier ! -Taisez-vous !

-Il est honnĂŞte ! -Assez, ou je demande qui vous ĂŞtes !

-Je peux le dire,

je suis en règle !

-Qu'est-ce qui se passe ?

-On m'arrĂŞte. -Vous avez un mandat d'amener ?

-Vous n'ĂŞtes pas lĂ  pour faire la loi.

-Pour la faire respecter, mon ami.

-Je ne suis pas votre ami. -C'est vrai.

-Allez parler au commissaire. Moi, j'ai un ordre, je l'exécute !

-Je vais aller le trouver, le commissaire.

Pour se saisir d'un prévenu, il faut un mandat d'amener,

que ce mandat exprime le motif de l'arrestation

et la loi en exécution de laquelle elle est ordonnée.

Il émane d'un fonctionnaire à qui la loi a donné ce pouvoir,

qu'il soit notifié à la personne arrêtée

et qu'il lui en soit donné copie !

-Oh ! Et on nous apprend pas ça à l'école.

-Ce que la société peut être vache.

-Attendez-moi. Je vais dire 2 mots Ă  M. le commissaire.

-C'est honteux, je suis un honnête commerçant.

-Il se dégonfle pas, il en a plein le bide.

-Il ferait un bon chef.

-Le commissaire est lĂ  ? -Oui, monsieur.

-Bon. -Mais, monsieur, oĂą allez-vous ?

-Ils vont le garder. -Ne restons pas lĂ .

-C'est pas un type Ă  aller se foutre bĂŞtement dans la gueule du loup.

HĂ©, la preuve.

-Merci, La Sentence. -Il ramène le patron !

-C'était un vice de forme. Et le vice de forme, ça pardonne pas.

-Allez, on va boire un coup.

-Voyons, pleurez pas. Mais pleurez pas, madame Bouic.

Vous savez bien qu'il est innocent, Bouic.

-Vous croyez ?

Oh, mon chéri !

-Oui, c'est moi, tu vois.

-Vous l'avez fait relâcher ?

-Oui. Remercie La Sentence. Il m'a sauvé la vie.

-Merci, M. La Sentence.

-Et comment qu'il les a possédés, ces messieurs de la police.

-Ă€ partir d'aujourd'hui, nous, c'est Ă  la vie, Ă  la mort.

Et pour commencer, je paye une tournée générale.

Vous avez défendu l'honneur d'un honnête travailleur.

Au nom de mon épouse et de ma clientèle,

du plus profond du cœur, je vous dis merci.

Je lève mon verre

à votre bonne santé et à la fraternité des hommes.

Je vais t'embrasser.

-Je l'embrasse aussi. C'est bath, ce qu'il a fait.

-Oh, excusez-moi. Je reviens dans un instant.

-Qu'est-ce qu'il a ?

-Que voulez-vous ? -La voiture est prĂŞte.

-Où ça ? -Mais là.

-Il est fort…

-Comment qu'il l'a possédé, le commissaire.

Ă€ la tienne.

-Un homme comme ça avec nous, on peut faire de grandes choses.

-Ouais, je lui dirai deux mots. Bien que les grandes choses…

je les entreprends tout seul. Tiens, c'est ta fĂŞte.

-Oh ! -Qu'est-ce que je t'avais dit ?

-Je ne vais pas monter dans une voiture comme ça ?

Elle est dégoûtante ! Faites-la repeindre.

-La faire repeindre ? -Oui.

-En quelle couleur ? -Est-ce que je sais, moi ?

Vert, jaune. C'est ça, jaune. Et prenez votre temps.

-Bien, patron. -Allez, magnez-vous le train.

Euh, dépêchez-vous. -Bien, patron.

-C'est ma tournée !

-AH, BRAVO !

-Je sais pas ce qui lui prend.

J'arrive et je lui dis : "Patron, on peut partir."

Il me dit : "Faites repeindre la voiture.

"Et prenez tout votre temps, que ce soit bien fait.”

Tu comprends ?

-Non. Mais je peux la faire peindre de la couleur que tu voudras.

Mais mĂŞme doucement, je peux pas mettre plus 8 jours.

-Bon. Allons boire un coup et faire une belote.

Sacré patron, va. C'est un rigolo.

-Il y a 2 sortes de lois.

-Celles pour les rupins et celles pour les fauchés.

-Détrompez-vous. La justice est égale pour tous.

Dans la législation, il y a plusieurs compartiments.

Deux nous intéressent : le civil et le criminel.

Pour le civil, quelques amendes.

-Et dans le criminel, on paume.

-Il y a des juges.

-C'est pas un métier.

-C'est une opinion.

Je continue.

La justice idéale devrait être pleine de minutie.

D'où vient l'accusé ? Quels sont ses antécédents ?

Quel est son degré de responsabilité ?

-Faudrait d'abord que les hommes se mettent d'accord.

On ne sait plus.

J'ai lu Les Trois Mousquetaires.

Tout le monde se tape le derrière par terre avec ce livre-là.

Il y a un nommé d'Artagnan

qui couche avec la femme d'un épicier, Bonacieux.

Il lui fauche son fric et il tue les agents.

Et tout le monde trouve ce type épatant.

Même les religieuses à l'hosto disaient : "Oh, ce d'Artagnan !”

-ll n'est pas question

de réformer l'humanité,

mais de vous enseigner ce que vous ignorez.

D'abord le criminel. Ça va du vol à l'assassinat.

Je laisse de côté les drames passionnels.

-Pourquoi ?

-Ma chère enfant, nous en reparlerons tout à l'heure.

-Alors je m'en vais. Le reste ne m'intéresse pas.

-Eh bien, continuons.

-Vraiment, c'est pour moi ? -Mais oui.

-Ce que vous ĂŞtes gentille.

-VoilĂ  pour Mme Cinq de Trique.

-Ça ne vous prive pas ? -Pas du tout. C'est de bon cœur.

-Bonjour. -BONJOUR.

-Regardez, Mme La Sentence me l'a donnée.

-J'arrive bien pour la distrib. -Vous en voulez une ?

-Bien sûr, de belles robes de dames. -Eh ben, choisissez.

-Je vais aller l'essayer.

-Oh, celle-là, ce qu'elle est chic. Ça me va bien, les raies.

-Mais celle-ci est neuve. -Raison de plus. Merci.

On s'embrasse ? Je vais aller la passer tout de suite.

-Croyez-vous qu'il soit nécessaire

de se signaler à la police par une tenue négligée ?

C'est comme si vous portiez dans le dos

un écriteau sur lequel serait marqué :

"Attention, mauvais garçon !” C'est enfantin.

Les grands escrocs des grands coups ne se font pas remarquer.

Ou plutĂ´t se signalent Ă  l'attention

par une espèce de correction dans la tenue et l'expression.

IIs donnent confiance . -Comme lui.

-J'ai lu souvent que de vieilles femmes avaient été tuées

et que les auteurs avaient trouvé une trentaine de francs.

Ainsi, pour 30 francs, l'échafaud. Ce n'est pas payé.

-C'est des gens comme ça qui nous déconsidèrent.

Se mouiller les mains pour 30 balles, ça n'existe pas.

-Si on attend que les coups pépères, autant s'inscrire au chômage.

-J'ai un coup à vous proposer : l'épicerie d'Aulnay.

Toutes les semaines, l'épicier va à la banque chercher du fric.

On ira dire 2 mots Ă  la caisse.

-Il vous laissera faire ?

-Derrière son comptoir, il y a l'entrée de la cave.

Alors on le pousse un peu, on ferme la trappe,

et la caisse.

-2 ans de prison.

-S'il parle.

S'il tombe sur la tĂŞte dans sa cave, il parlera pas.

-Dans ce cas, c'est la cour d'assises.

-Pourquoi pas l'échafaud ? -Ce n'est pas incompatible.

-Tant pis pour ceux qui se dégonflent.

Aujourd'hui, l'épicier aura ma visite.

-Messieurs, veuillez m'excuser. Moi, je me dégonfle.

-Alors ? -Alors tu t'es pas dégonflé.

-Il faut travailler intelligemment.

-On fait quoi ? -Le guet.

-On va pas rester les bras croisés. -Laissez-moi faire.

-En cas de bagarre, faites signe. -Entendu.

-Voilà l'épicerie. -La caisse est à droite.

-Bon, bon.

-Dis à ta Mmaman que je n'ai plus d'alcool à brûler.

-Bien, monsieur. -VoilĂ  pour toi.

-Il est culotté de faire le coup tout seul.

-Et moi qui ne verrai pas l'épicier.

-Bonjour, monsieur. -Monsieur, vous désirez ?

-Donnez-moi des boules de gomme.

-"Des boules de gomme" ? -Oui. Un quart.

-Un quart. Bien, monsieur. -Des boules de gomme…

-VoilĂ , monsieur. -Je vous remercie.

-Ce sera tout ? -Oui. Je vous dois combien ?

-1,25 F. -VoilĂ .

-Je vais tout de mĂŞme pas changer 1000 F pour 25 sous.

-Alors donnez-moi autre chose. -Que désirez-vous ?

-Je ne sais pas. -J'ai du bon cognac.

-C'est ça, oui, du cognac.

-C'est long. Qu'est-ce qu'il peut bien foutre ?

-Je vais voir ? -Toi, fous-nous la paix.

-7, 8, 9 et 100 qui font mille. Je reviens de la banque.

-Je sais. -Comment vous savez ?

-Ă€ l'avenir, ne laissez pas votre tiroir-caisse ouvert

et fermez votre trappe. Bonsoir, monsieur.

-Mais de quoi il se mĂŞle ?

-Regardez-le. Dis donc, il se presse pas.

-Alors ?

-C'est fait. VoilĂ  l'argent. -Combien ?

-Je sais pas. J'ai pris ce qu'il y avait.

-Tu as fauché aussi une bouteille de fine.

-J'ai pris ça machinalement, sans m'en rendre compte.

-Il est formidable. -Allez, on file.

-Allez, grouillons-nous.

Musique légère

Musique gaie

-Je me plais bien, avec ce harnais. Ça fait riche.

-Vous avez eu tort de donner 100 F Ă  la quĂŞte.

-Puisque c'est pour le bon Dieu.

-Ça gêne les gens qui ne donnent que 2 sous.

-J'aurais eu 1000 balles, je les allongeais.

Ça m'a rappelé ma communion, ce que disait le curé.

C'est beau, un curé avec son machin blanc.

Et il est joli garçon.

Allons mettre un cierge Ă  la Sainte Vierge.

-Nous reviendrons demain.

-C'est ça, on sera plus tranquilles, ma chère.

J'en mettrai un aussi Ă  saint Antoine de Padoue.

-Vous avez perdu quelque chose ? -Pas moi. Une amie, sa broche.

Je l'ai retrouvée.

-Merci.

-Quand on sort de lĂ , on se sent meilleur.

-Mais oui.

-Tout ça, c'est bien joli,

mais une moto, c'est un gros morceau.

-Écoute. D'abord, je vais te tutoyer.

Dans le business, si on se dit "vous”, ça n'a pas l'air sérieux.

Pour la moto, laisse-nous faire. Promène-toi.

-Me promener ?

-On veut pas passer pour des fainéants.

-Et on veut te montrer ce qu'on sait faire.

-On n'a pas tes méthodes, mais on n'est pas des apprentis.

-Et comment vous allez vous y prendre ?

-Nous entrons. Pendant que la poupée amuse le patron,

je saute sur la moto et je me barre,

pendant qu'ils protègent ma fuite.

-Et s'il appelle au secours ? -On le descend.

-Vol à main armée : 10 ans de prison.

Avec assassinat, travaux forcés.

À votre retour, la moto risque d'être rouillée.

-Il nous fout les foies, avec son Code.

-Pas Ă  moi. Et ce coup-lĂ , je le fais.

-Je m'y oppose. Je suis votre aîné.

Je me charge de cette motocyclette.

-Ah non. On va pas vous laisser faire seul.

-C'est vous qui prendrez la moto,

mais c'est moi qui amuserai le patron. Pas de bobo.

-Ah, pardon. Si c'est comme ça, ça va.

-Elle vaut 2800, mais l'allumage est nouveau.

-Je vous en donne 2000.

-Impossible. J'y perdrai. Les bicyclettes valent ce prix-lĂ .

-Écoutez, je vous en donne 2000. -Allez, mettez 2500.

-Ah non, 2000. -Vous payez comptant ?

-Naturellement. -Ă€ ce prix-lĂ , j'y perds.

-Vous pourriez y perdre davantage. -Ca, non.

-Moi, je vous promets que si.

-OĂą dois-je vous la faire livrer ? -Mes amis vont s'en charger.

Donc vous disiez que ce carburateur

est entièrement démontable.

-Oui. -C'est très intéressant.

-Je ne comprends pas grand-chose à la mécanique, mais…

-Qu'est-ce qu'ils font ? Mais regardez donc !

Mais, messieurs !

Ils se trompent de moto.

Celle-lĂ  vaut 700 balles de plus.

-C'est une erreur. Je vous réglerai la différence.

-J'y compte bien. 700 balles. -Bon.

VoilĂ .

1, 2, 3, 4, 5, 6 et 7.

Mais vous abusez de la situation.

-Quelle situation ? -Vous ne pouvez pas comprendre.

-La Sentence doit appartenir Ă  une association internationale.

Les petits coups, ça l'intéresse pas, mais il les réussit.

-Oh, ça, tu parles.

-Avec un gars comme ça,

qu'est-ce qu'on ferait comme nettoyage par le vide !

Et puis alors pas en banlieue, Ă  Paname.

-Oh, Paname ! Ce coin-lĂ , il y a longtemps que j'y pense.

-Faudrait dégoter un "bad business".

-J'en connais un pépère. C'est une maison de gros.

Alors comme camelotes Ă  rafler, il y a quelque chose.

-Pourquoi t'en parles pas Ă  La Sentence ?

-T'as peut-ĂŞtre raison.

-Bonjour, patron. -Ah !

Bonjour. Ça va, M. La Sentence ?

-Admirablement. Le sport me réussit.

-Les leçons de moto, ça marche ?

-Pour moi, ça marche, mais pour Môme de Dieu, ça court.

Ma femme est lĂ  ? -Elle est dans le jardin.

-Eh ben, je vais me changer, je suis en nage.

-VoilĂ  La Sentence.

-M. La Sentence ? -Quoi ?

-On voudrait vous parler. -Oui.

-Entrez donc.

-Bonjour, M. le professeur.

-Ta gueule !

-Dis donc, t'es pas poli, aujourd'hui.

-J'en ai marre !

Quelle idée j'ai eue de lui faire voler cette moto !

C'est toujours lui qui s'en sert et c'est moi qui pousse.

Et il se balade toujours du côté du marchand.

-C'est parce qu'il est gonflé. -Il est gonflé !

Eh ben, tiens, je vais aller rapporter la moto, et en douce.

-Je ne ferai jamais une chose pareille.

Votre proposition est révoltante, scandaleuse !

-Mais c'est franco comme l'or.

-Je m'aperçois que j'ai semé dans un terrain inculte !

-Mais il est louf !

-Peut-ĂŞtre, mais je refuse d'entrer dans votre combinaison !

-Mais écoutez, M. La Sentence.

-Monsieur Bouic ? -Oui ?

-Ma note, s'il vous plaît. -Votre note ?

-Oui. Je pars. -C'est pas sérieux ?

-Tout ce qu'il y a de sérieux.

-Allez, vas-y, Nathalie. Pique, ma grosse.

-Est-ce que la cuisine de Mme Bouic…

-Sa cuisine est excellente. -On va vous changer de piaule.

-C'est pas la piaule. Je pars, c'est tout.

Vous seriez bien aimable de prévenir ma femme.

-Vous êtes incompréhensible. Ce départ brusqué, là…

Quand nous sommes arrivés ici…

-Nous étions victimes d'une fatalité.

Aujourd'hui, une fatalité plus grave nous guette.

-Que racontez-vous donc ? -La vérité.

-Alors quoi ? Vous lui avez proposé quoi ?

-Un coup Ă  Paris. -Et alors ?

-Alors il a pris ça très mal. -Et il a refusé.

-Mais pourquoi ? -Pour des enfantillages.

Il y avait un veilleur de nuit Ă  descendre.

-Oh !

Mais, bougres d'abrutis,

vous savez bien que c'est pas dans ses méthodes.

Et vous, andouilles, vous allez lui proposer un coup Ă  la noix !

-Bouic a raison. Vous avez la chance d'avoir un as avec vous,

un type qui vous apprend Ă  travailler proprement,

et vous vous amusez Ă  jouer les salopards sans envergure !

-Enfin, nous, on croyait.…. -Quoi ?

Il vous laisse tomber, c'est tout ce que je vois !

Vous, je m'en fous, mais la maison perd un bon client.

-Nous avons commis une erreur. Il est encore temps de la réparer.

Préparez nos valises.

Et ne me posez plus de questions.

-Débrouillez-vous pour qu'il reste. -Comment ?

-J'en ai marre de vous voir allongés sur l'herbe

pendant que je fais les comptes.

J'ai besoin de camelotes. Il faut garnir la colonne "avoirs",

alors débrouillez-vous.

-Maintenant, ça paraît compliqué. -Oui.

À moins que Marie…

-C'est encore sur moi que vous comptez.

Je suis en vacances, moi.

-Il a un petit pépin pour toi, alors profites-en.

-Écoute, si tu le fais pas pour eux, fais-le pour moi.

-Bon. Et c'est bien pour vous rendre service.

-OĂą allons-nous ? -Nous rentrons Ă  Paris.

-Le personnel est en vacances. -Allons à Plombières.

-Sans voiture ? -On prendra le train.

-Entrez !

-Excusez-moi de vous déranger. Je peux pas ouvrir ma fenêtre.

Alors si…

-Mais certainement. Gaëtan, allez aider notre amie.

-C'est la fenĂŞtre, lĂ .

-Vous n'avez plus besoin de moi.

-Si. Je viens d'apprendre que vous partiez. J'ai de la peine.

-Non.

Je m'étais habituée à vous.

-Vous êtes tellement différent des autres et tellement à la page.

Alors ça me fait quelque chose.

-Mon enfant, je ne peux pas passer ma vie ici.

-Je sais. Mais je pensais pas que vous partiriez.

Je me disais qu'avec vous, ils feront moins les paumés.

-Sur ce chapitre, j'ai fait mon devoir.

-Je sais. Mais si vous les laissez tomber, ils sont fichus.

-Allons, allons.

-Ils seront arrêtés et vous aurez des remords.

-Mais vous ĂŞtes folle ! Un veilleur de nuit ?

-Ils sont pas intéressants, c'est des anciens adjudants.

-Les anciens adjudants sont aussi intéressants que n'importe qui.

-Il y a des moments oĂą tu es magnifique.

Tu fais des coups sans qu'on se mouille.

Et il y a des moments oĂą tu fais la gueule d'un bourgeois.

Dis, mon gros lapin, on veut pas faire de peine Ă  sa petite Marie.

-Loin de moi cette intention. -Alors aide-les une dernière fois.

-Pour ce coup abominable, non, non et non !

Jamais !

-Hé, tu crois que c'est franc, où tu nous emmènes ?

-Au moins, lĂ , il n'y a pas de veilleur de nuit.

-J'ai confiance dans La Sentence. J'ai pas les foies une minute.

-Pas comme moi. -Toi, t'as tout de la poule.

-Va donc voir ce que c'est.

-Chut, bouclez-la.

Qui est lĂ  ?

-C'est moi, la Panthère. -Oh.

La Panthère ! Je croyais qu'on te relâchait que samedi.

-On nous a relâchées avant. lls avaient besoin de place.

Oh, dis donc, je prendrais bien une Oxy.

-Une Oxy, ça va pas te faire de mal, à cette heure-ci ?

-Oh, t'inquiète pas, va. -Alors c'est ma tournée.

-Et mon homme, oĂą est-il ? -En affaires avec des copains.

-Ça serait le comble qu'il soit fait le jour de ma sortie.

-T'es folle, il n'en est pas question.

-Pourquoi ? Il a.…

-Oh, pas question non plus. Tiens.

-Quoi ?

-Regarde la femme, lĂ -bas.

-Qui c'est ?

-C'est la femme d'un homme qui les a tous en main.

Ils font un coup à Paris, un coup préparé par lui.

Un vrai coup.

C'est un as.

-Coup de Chasse !

C'est la 2e Ă  gauche !

-T'es sûr qu'il n'y a personne ?

-D'après mes renseignements, nous serons tranquilles.

-Attends, pousse-toi. -Tout de suite des dégâts !

Vous ĂŞtes insortables ! Laissez-moi faire.

-T'as les clés ?

-Quand je prépare une affaire, je mets tous les atouts de mon côté.

J'avais déjà préparé cette affaire pour moi.

-Quelle organisation, hein.

-Entrez.

Entrez.

-Allez-y !

-CHUT !

-Si ce qu'on m'a dit est exact, la lumière est à ma gauche.

Ça y est, j'ai trouvé.

-C'est bien bath, ici.

-Oui, c'est gentil. -CHUT !

-Alors, t'as le plan de la taule ?

-Je ne me balade pas avec le plan dans ma poche. Je l'ai dans la tĂŞte.

Voyons, si mes indications sont bonnes…

Si mes renseignements sont exacts…

Alors dans le salon, là… Oui, c'est à droite.

-Il me fout le cul par terre. -CHUT !

-Je te dis que j'entends des voix. -Non. Dors. Ça vient de la rue.

-Entrez. Qu'est-ce que vous attendez ?

Ça vous plaît ?

-CHUT !

-C'est joli, hein ? -CHUT !

-Mais il n'y a personne.

-Qui veux-tu que ce soit ?

-Tes patrons.

-T'es folle. lls sont loin, mes patrons.

Allez, viens contre ton homme, ma gosse.

Viens faire dodo.

-C'est un morceau, ça, dis donc. -Et ça qui va avec, c'est joli.

C'est chouette.

-Elle vous plaît ? -Oh oui.

-Une chinoiserie, des candélabres douteux…

Enlevez-moi tout ça. -Ah oui.

-Attends. J'embarque aussi la petite boîte.

Ça me plaît beaucoup.

-Ça a peut-être de la valeur.

-Non, laissez ça. Vous n'en trouveriez pas 10 francs.

-Tu crois ? -Oui.

-Bon.

-Pauvre grand-père.

HĂ© !

Attendez ! Attendez !

Laissez ça. Ça ne vaut rien. C'est du mauvais goût de bourgeois.

Attendez.

Ça, tenez.

Là, vous pouvez tout prendre. Ça, c'est du bon.

-Et ça, qu'est-ce que ça vaut ? -Ca, ça ne vaut rien. "Rodin."

-On dit pas "rodin”, on dit "radin”.

-Très juste.

Beau militaire, hein ? -Oh oui.

-Il te plaît ? -Oui.

-Je te le donne. Enfin, emporte-le.

-Ce que vous ĂŞtes mimi.

-J'ai fauché ça en douce pour sa femme,

elle sera contente qu'on ait pensé à elle.

-Tenez. -C'est trop tarte.

-Non, c'est joli. -Puisque je te dis que c'est tarte.

-J'entends rien.

-Je suis pas tranquille. J'aurais pas dĂ» venir.

-Pas par lĂ  !

-Pourquoi ? -C'est le cabinet de travail.

-Il doit y avoir des trucs de valeur. -Non.

-Dis donc,

tu connais le métier du client d'ici ?

-Avocat, je crois.

-Ah, merde. Il faut être sans pitié.

Ces mecs-lĂ  sont bons qu'Ă  vous prendre votre pognon.

Ils disent n'importe quoi devant les guignols.

-"Les guignols" ?

-Les juges, on les voit que jusque-lĂ .

Ils font guignols, non ?

-Si on veut. C'est une appréciation personnelle.

Il n'y a rien, ici.

-Hé, dis donc, j'ai trouvé le cousin germain.

Il faut lui dire bonjour.

-Inutile. IIs sont en vacances. Il n'y a rien dedans.

-Je veux faire sa connaissance.

Hé, les autres, j'ai trouvé

le coffre-fort.

-Chouette ! -Il doit y en avoir, du pèze.

-Oui, mais le tout, c'est de l'ouvrir.

-Le coffre !

-Laissez-moi cette pince tranquille, voyons !

Ce sont des procédés primitifs. Vous devriez changer de carrière.

Avez-vous du papier de verre ? -Du quoi ?

-Une boîte d'allumettes. -Oui.

Qu'est-ce que tu vas faire avec ça ?

-Je vais rendre mes doigts plus sensibles.

-Comment il me possède, ce gars-là.

-J'ai l'impression que tout ce travail est inutile.

Car ou je me trompe fort, et ceci m'étonnerait,

ou vous manquez de raisonnement.

Il est impossible que dans cette maison qui respire l'ordre,

on ait laissé quoi que ce soit dans ce coffre.

VoilĂ .

Le coffre est vide. Vous êtes volés.

Messieurs, vous n'êtes pas faits pour ce métier.

Ou bien alors l'épicerie d'Aulnay.

Avec plus de risques que d'avantages.

-Tu sais oĂą est la cuistance ? Je commence Ă  avoir les crocs.

-Au fond du couloir Ă  gauche, 2e porte Ă  droite.

-T'es un génie, un mot et je balance Coup de Chasse.

-J'ai passé l'âge des folies.

-J'aime les gars avec du blanc dans les cheveux.

-La poussière du temps.

-Comment que tu t'exprimes, toi, alors, "la poussière du temps".

Tes mots me font passer un frisson dans le dos.

-Vraiment ? -Oui.

Nous, quand on débute, on commence par les coquins.

Et quand on a de ça, on comprend tout de suite.

On gagne quoi, avec un mâle

qui vous fout des beignes et vous prend votre fric ?

Tandis qu'avec un homme comme toi, on a tout Ă  gagner, tout Ă  apprendre.

T'as des manières si gentilles. Je remarque tout, tu sais.

Elle est pas folle, la guĂŞpe.

Minute.

-HĂ©, dis donc, de l'eau de Vittel, mĂŞme pas un petit coup de rouge.

-Et ça, tiens, "yaourt”.

Tu sais ce que c'est, toi, du yaourt ?

"Entretient l'intestin.”

lls soignent leurs tripes. Tu te rends compte ?

-Quelle boîte, alors. -Oui, on se tire.

-Oh !

-Oh, Gaby, réveille-toi ! Il y a un homme dans la maison !

-Il y a des gens dans le lit. Foutons le camp.

-Mais non, c'est une plaisanterie. -Les proprios ont dĂ» rentrer.

-Ne bougez pas. Vous êtes sûr d'avoir vu quelqu'un ?

-Un homme et une femme couchés. -Ah.

Bon. Attendez-moi. -OĂą vas-tu ?

-Faire connaissance. -Prends ça.

-Inutile.

-Ca, c'est un homme ! -CHUT !

-C'est un homme quand mĂŞme.

-Si mon patron me trouvait dans le pieu de sa femme,

Il s'en irait pas en faisant "oh”.

-Comment ? C'est vous, Gabriel ?

-Eh ben…

Oui, monsieur, c'est moi. -Eh ben, j'aime mieux ça.

-Je croyais que Madame ne rentrerait pas.

-Vous avez raison. Madame ne rentre pas encore.

Et vous en profitez pour faire une escapade dans son lit

et dans mon pyjama. C'est amusant.

Enfin. Voilà. Ne vous dérangez pas. Je m'en vais.

Bonne nuit.

Vous êtes un homme de goût, Gabriel.

Venez tout de mĂŞme me chercher demain matin.

L'auto doit ĂŞtre enfin prĂŞte.

Et pas un mot de tout ceci Ă  Mme Le Sentencier.

-Soyez tranquille.

-Si vous avez le temps, changez les draps.

Mademoiselle, mes hommages.

Nous en reparlerons, Gabriel.

-T'en as, un chouette patron.

-Si j'y comprends quelque chose, moi…

*Musique triomphale

-Et alors ?

-Ils se tairont.

-Vous avez dévalisé un Prisunic ? Qu'est-ce que c'est que ça ?

C'est de la roustissure. Quelle saleté !

-Entrez !

-Je vous ai apporté un souvenir. -C'est gentil.

-C'est de bon cœur. Allez.

-Ça vaut clopes.

La Sentence s'est payé votre gueule.

Ou alors vous avez planqué les trucs de valeur.

-On n'est pas des voleurs !

-Je dis pas ça, mais enfin, c'est de la saleté.

-C'était pourtant un hôtel particulier.

-Habité par des caves qui ont que des saloperies.

-Estime-toi heureux, ils étaient là.

-S'il y avait pas eu

La Sentence, on aurait été faits.

-Bon. Tu nous en donnes quoi ?

-Quelle saleté ! Vous voulez que j'en donne quoi ?

-Fais un bloc. -Mais ça vaut clopes !

-C'est gentil.

Regardez ce que Marie Qu'à de ça vient de m'offrir.

-C'est très gentil. -J'ai le même à la maison.

-C'est le mĂŞme ?

-Non, le mien est plus joli. Mais je rĂŞvais d'avoir la paire.

Je suis ravie. -Bon.

-T'es pas lĂ  Ă  mon retour,

et au lieu de me câliner, tu me parles de ce mec.

Tu me cours, avec La Sentence.

-Quand tu le verras,

tu bâilleras comme une huître.

Patronne ! Deux crèmes !

-D'accord pour le prix ? -C'est pas bézef.

-Allez, je paie la tournée.

-C'est facile Ă  dire.

Tu nous arranges, dans le coup.

-Voilà La Sentence. Je vais te présenter.

-Ben, dis donc. -Bouge pas.

Bonjour. -Bonjour.

-Je veux vous présenter ma dame. -Avec plaisir.

-Ma femme, la Panthère. -Madame.

-La Sentence. -C'est lui ? Mais je le connais.

-Vous me connaissez ?

-Oui. "Je demande l'application de la loi

"pour la fille Morin, dite la Panthère."

Ça m'a valu 3 mois. C'est M. Maximum.

-Il y a erreur ! Pas vrai, La Sentence ?

-Je défendais la société. C'était mon devoir.

-Oh, ça alors !

-Je lui faisais pas de mal, à la société, au contraire.

Vous me faites rigoler, avec votre chef de bande.

-ArrĂŞtez ! Qu'est-ce que vous lui reprochez ?

Son métier, c'est pas un métier, mais c'est un pote.

Vous avez fait plusieurs coups ensemble.

Moi, je trouve ça épatant

d'avoir un type comme ça comme chef. Ça nous couvre.

Pas vrai, La Sentence ?

Ben, serrez-lui la main et remerciez-le.

-Une nouvelle comme ça, ça fout un coup.

-Je savais bien qu'il me disait quelque chose.

Ça me revient !

"Je demande pour la fille Legal, Marie-Jeanne

"un mois de prison sans circonstances

"atténuantes."

-Je rapporte la moto.

Je la retrouve devant ma porte.

Vous l'avez payée, gardez-la.

-Vous l'aviez achetée ?

-Il avait payé la moto.

-Ben, alors l'épicemard ? -Du bidon.

-Et l'hĂ´tel particulier ?

Ben, réponds !

-C'était chez moi. Je vais vous expliquer.

-On prend l'apéritif ? C'est ma tournée.

-C'est plutĂ´t celle de votre mari.

-Gaëtan !

Que se passe-t-il ?

-Une simple mise au point.

-Il faut juger les actes des hommes sur les faits

et sur les mobiles qui les dictent.

-Vous vous ĂŞtes foutu de nous.

-Pardon.

Si je n'avais pas joué le rôle que vous m'aviez confié,

oĂą en serions-nous ?

Je vous le demande.

Où en serait l'épicier ? À l'hôpital.

Et le marchand de cycles ? À la morgue.

Et le veilleur de nuit ? Dans la tombe.

Et vous, messieurs ?

Sur la paille humide des cachots.

Grâce à moi, tout le monde est en parfaite santé.

Vous comprendrez peut-ĂŞtre que le crime ne paye pas

et qu'un humble balayeur est mieux rémunéré qu'un gangster.

VoilĂ . Je vous demande de penser

à tout ça.

Je serai ainsi payé de mes peines.

Marie Qu'à de ça et vous, messieurs, bonne chance.

Nathalie, aide-moi à préparer nos valises.

-Cet homme-lĂ , c'est un monsieur.

Vous attendez quoi ?

Aidez-les Ă  descendre leurs valises !

Avec ce type-lĂ ,

on serait fichus de se mettre Ă  travailler honnĂŞtement.

Musique gaie

-Et la leçon fut bonne

-COMME DE BIEN ENTENDU

-Maintenant, tous, ils boulonnent

-COMME DE BIEN ENTENDU

-lls payent de leur personne

-COMME DE BIEN ENTENDU

-Chacun dans la norme Est enfin revenu

-COMME DE BIEN ENTENDU

-C'est moi, le plus pépère

Comme de bien entendu

Avec ma régulière

Comme de bien entendu

Je suis le plus heureux de la Terre

Comme de bien entendu

J'arrose mes salades Et je ne m'en fais plus

Comme de bien entendu

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.