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Oui, non, j'ai hâte de ne laisser passer personne.
Il ne devrait pas tarder. Je suis sûr que c'est inutile.
Déplacer la crime pour une affaire comme ça, c'est pas beaucoup.
Les voilĂ .
Commandant Scandella ? Lieutenant Ronsard, de l'Unité d'Investigation de
Recherche de Vitry.
C'est une patrouille de son commissariat qui l'a prévenu.
Ils faisaient une ronde dans le secteur et puis ils sont tombés sur le fermier
qui les a amenés jusqu'ici.
Bon, je pense que vous ĂŞtes venus pour rien, hein, mais... Le lieutenant
Ronsard pense à un accident, mais vu l'endroit des airs et l'état du corps, j
'aimerais en être sûre.
Bah, c'est tout con.
Le type s'endort en fumant au volant, la bagnole prend feu, le mec se réveille
mais trop tard, il sort de sa caisse et il finit de cramer lĂ , sur la route.
VoilĂ , c'est tout con, tout con. Dites-moi, lieutenant, est-ce que l'un
de vous a touché à la voiture ? Bah non.
C'est marqué, vu ce qu'il en reste, difficile de lui piquer de son
autoradio.
Pourquoi ? Parce qu'on voit mal un individu refermer sa portière après être
sorti de son véhicule, en flamme.
Ouais, ça paraît bizarre, mais... Vous savez les réflexes.
Et puis le levier de vitesse est au point mort.
Étrange comme réflexe pour un mec qui s'endort au volant. Non, mais c'est
moins étrange si quelqu'un a poussé le véhicule dans le champ avant d'y mettre
le feu. Ronsard, un avis ? OK.
Merci, Ronsard. On prend note.
Niji a trouvé ce portable dans le fossé à côté, là .
Si c'est celui du Maccabée, comment ça se fait qu'il a pas brûlé avec lui dans
l'accident ?
Parce que l'accident commence à s'en éloigner.
Oui, si le mec a été buté en dehors de la bagnole, le portable appuie sur la
clé au moment où on le dessoudait.
Bon allez, les marchands.
Hommes ou femmes, circonstance de la mort, difficile de se prononcer en
rapport du légiste.
Ce que je puis préciser en revanche, voyez-vous, c'est que la victime a été
tuée avant d'être brûlée.
D'oĂą le portable nickel.
Dites-moi, le marchand, vous avez vu ça où, dans le mar de café ? Oh non, tout
simplement sur le sol, voyez-vous. La combustion du cadavre aurait dĂ» faire
disparaître toutes les traces de sang.
Ce qui n'est pas le cas.
Arme Ă forme blanche, il aura fallu tout d'abord l'abattre avant de l'immoler.
Ah, c'est vrai qu'un mec qui se flingue avant de s'immoler, ça commence à faire
louche.
On prend.
Bah moi Michel, vu le coup de chaud qu'a eu ton client, pour l'heure de la mort,
t'irais consulter un marabout ? Et une idée quant à la nature du sexe ? Le
satur, la taille du bassin, je dirais un homme.
Enfin bon, ça peut être une altérophile qui a eu la main lourde sur ses hormones
de croissance en vue d'une époque.
Seriez-vous tout aussi perspicace quant à la nature du décès ? Ah bah là j'ai
des choses plus concrètes. J'ai trouvé des traces de plomb fondu dans sa boîte
crânienne. A priori, ton Gus s'est fait trucider à coups de fusil de chasse.
Quelque chose de gros calibre, gros gibier.
Le fusil de chasse, plus le feu, la volonté inextinguible du tort à faire
disparaître toute trace de sa victime n'est plus à démontrer.
Pardon, excusez-moi.
Oui, le marchand.
Quand même, c'est sûr que ça devait pas être trop son pote, mais quand même,
pour le mettre dans un état pareil.
Même toi, tu me ferais pas un truc comme ça, même à bout.
Ne me tentez pas trop, Salinas.
Oui, je vous remercie, c'est parfait.
Parfait.
Bien. Il semblerait, voyez-vous, que ceci, cette chose confuse, serait un
ancien légionnaire qui répondrait au patronyme de René Lachan, mais à qui
aurait survécu une pauvre maman.
Aussi, vous seriez bien aimable de faire pratiquer des tests ADN avec le parent
suspensionné. Tout sera fait.
Parfait.
Allô ? Bon, le mec est fiché depuis 20 piges.
Grâce aux empreintes, Ligy est remonté jusqu'à lui.
Nos collègues du labo, une fois n'est pas coutume, ont été aussi rapides qu
'efficaces. La maman du légionnaire, au bout d'un livret prêté au test ADN, on
vient de nous confirmer que sa progéniture est bien ce malheureux Feu
René Lachaume.
Malheureux ? Une belle ordure, oĂą est ce Lachaume ? Ancien prof de gym, il aurait
perdu sa licence après avoir tenté de violer une de ses élèves.
Avant de finir, sur cette route, la Légion l'a gardée au chaud pendant 15
ans. Moi, j'ai contacté une amicale qui s'occupe de la réinsertion des anciens
légionnaires. Le caporal-chef peut être pas très tendre avec la chaume, car il
paraît qu'il aurait continué à vouloir violer certaines jeunes filles. Il est
ça avec un bon ami à lui.
Un vieux légionnaire, du nom de Jacques Breton.
Ils se sont séparés d'eux, la Légion. Je m'étonne.
Aux dernières nouvelles, les deux légionnaires exploitaient une case de
bagnole en banlieue. C'est là -bas qu'ils habitent. J'ai noté l'adresse.
Et le portable ? Il a parlé ? Le dernier numéro que la chambre a composé hier, il
était 13h, il a appelé un club de gym, une certaine Béatrice Forestier, la
femme de Pierre Forestier, le fondateur des fitness clubs forestiers. Vous
savez, on trouve un peu partout de ces clubs en France et en Europe.
Un légionnaire qui refait surface 15 ans après et la femme d'un homme d'affaires,
je vois pas le rapport.
D'autant que Forestier est aussi connu au sud de ses activités pour ses
convictions religieuses.
Ancien sportif de haut niveau atteint d'un cancer à l'âge de 20 ans. Il aurait
été miraculeusement guéri.
Après un pèlerinage à Lourdes, catholique pratiquant, il œuvre pour le
clergé avec conviction et ferveur et il est, paraît-il, très proche de sa
sainteté, le pape. Bon, Pisco, tu vas faire un tour au club forestier.
Alors, profite pour soulever un peu de fonte. Tu te trouves un peu maigrichon
en ce moment. Dans un body moulant, tu dois voir l'art de détour. Il y en a
plein qui voudraient le faire, le détour. T'inquiète pas. Bon, Louvier,
puisque t'as envie de voir ça, tu vas avec lui.
Bailly et moi, on va voir Breton.
Ma fille, c'est un vrai courant d'air avec Théo.
Tout le temps dehors.
Depuis que l'autre, lĂ , il est revenu.
L'autre, je suppose que c'est le père de Théo ? Ouais, enfin, père, c'est vite
dit, hein.
Il a déjà une fille de 20 ans.
J'en ai jamais occupé, alors s'il fait la même chose avec mon petit-fils,
merci. Le juge Patrovic, il fera peut-ĂŞtre pas les mĂŞmes erreurs. Et puis
un père, c'est important.
C'est lui, lĂ .
Commandant Scandella, lieutenant Bailly, brigade criminelle. J'aimerais vous
poser quelques questions.
Avec Breton de la Légion étrangère, les questions, je ne pouvais jamais y
répondre. C'est ça Breton, quelqu'un pourrait se blesser.
VoilĂ .
Bon, vous nous faites visiter votre logis, M. Breton.
Je vous en prie.
C'est tout mou lĂ .
Je fais ce que je peux.
Change de vitesse.
Tiens, il y a des nouveaux.
Pardon.
Joli lot, t'as bien fait de venir.
Bonjour.
Si vous venez vous inscrire, faites-moi signe, je donne des cours particuliers.
Ça serait avec plaisir.
Pour l'instant, on est venu voir la directrice, madame Forestier.
La police ? Bah voilà qui va pimenter la vie ennuyeuse de ma chère mère.
Je suis Maryse Sassi, Maryse Orestier.
Capitaine Siskowski, Capitaine Nouvier. Son bureau est lĂ -haut, je vous
accompagne ? Frérot, tu continues tes séries avec Sébastien, j'arrive.
Qu'est-ce qu'il se passe ? Je sais rien, c'est les flics.
Qu'est-ce qu'ils veulent ? Je sais pas.
Madame. Bonjour.
Ces policiers n'ont pas voulu me dire de quoi il s'agissait, mais t'inquiète pas
maman. T'as pas pu faire grand chose de mal, tout le monde sait bien que t'es
une sainte. Faites pas attention, j'ai une fille quelque peu sauvage.
Mais de ce côté-là , c'est sûr, je tiens pas de toi.
Je vous en prie, asseyez-vous.
Alors bah dites donc, madame Forestier, votre mari a vraiment gagné toutes ses
coupes ? Pierre a été un prodige à la course d'endurance.
Un grand marathonien.
Selon lui, c'est Dieu qui l'aidait Ă courir comme c'est Dieu qui l'aurait
soigné de son cancer.
Votre mari et vous êtes très croyants.
La vie spirituelle est fondamentale pour nous. Si il y en a un, Mme Forestier,
qui n'a pas été touché par la grâce divine, c'est la personne qui a été
assassinée et qui nous amène ici.
Un légionnaire, M. René Lachaume.
Il semblerait, Mme Forestier, que ce Lachaume vous ait appelé hier, vers 13h,
dans ce même bureau, sur votre ligne téléphonique personnelle. Vous le
connaissiez ? Oui, oui, bien sûr.
J'ai connu René Lachaud, m'étant jeune.
À l'époque, il passait son CAPES pour devenir, comme moi, professeur d
'éducation physique.
Mais on s'est perdu de vue.
Il m'a rappelé, il y a deux mois.
Pour ? Vous racontez son parcours, la LĂ©gion ? Je ne sais rien de son passĂ© Ă
la Légion.
Je sais juste qu'il voulait se réinsérer dans la vie civile. Je lui ai donc
offert un travail dans une oeuvre caritative et je lui ai ouvert les
portes du club où il venait s'entraîner.
Votre bonté d'âme vous honore.
Mais elle pouvait aussi vous mettre en danger.
René Lachome traînait derrière lui plusieurs accusations de viol.
Savine regardait que Dieu et lui-mĂŞme.
Son assassin a eu moins de charité chrétienne, madame Forestier.
Pourquoi monsieur Lachome vous a appelé hier à 13h ? Vous voulez juste me
remercier pour mon aide et me dire qu'il avait trouvé un autre travail et qu'il
allait bientĂ´t repartir.
Il ne sera pas allé bien loin.
Est-ce que vous connaissez son ami légionnaire Jacques Breton ? Non.
Qui est-ce ?
Mais vous faites chier, c'est pas moi qui l'ai dessoudé, la chauve ! Dis donc,
j'ai trouvé ça, planqué au-dessus de ta chasse d'eau.
Tu veux voir ? Combien y a lĂ -dedans ? 6 000 euros.
Ah oui.
Tu me dis pas qu'on t'a acheté une de tes épaves à ce prix-là ? Et le PMU, c
'est interdit ? Mais j'ai un gagnant, hier.
Ben voyons.
C'est le dépliant du club forestier pour emballer le fric. Tu l'as trouvé où ?
Sur le sabot d'un cheval ? Bon, allez, on en va.
Ouais, Cisco.
Oui, mais je t'écoute.
Bon, allez, au boulot.
Ă€ demain, Sally.
Mais on est au club, lĂ .
Alors, on va payer tes PV ? René Lachon a été assassiné.
OK, merci, Sally.
Ma fille a rencontré René Lachon ici.
Ils s'entraînaient ensemble.
C'était un type étrange, un peu hermétique, mais... Il avait du charme.
Moi aussi, je lui aurais bien donné quelque chose.
Disons par charité chrétienne, le don de soi n'est-il pas l'enseignement de Dieu
? Je te rappelle que cet homme vient de mourir.
Tu ne rappelles pas toujours Ă lui les gens qu'il faut.
ArrĂŞte Marie, laisse maman tranquille.
Mademoiselle Forestier, on vous convoquera plus tard si vous souhaitez
nous parler de René Lachaume.
Madame Forestier, je viens d'apprendre par des collègues qu'on a retrouvé 6 000
euros chez Breton, l'ami de Lachaume.
Vous avez une idée d'où cet argent pourrait provenir ? Non.
Je ne vois pas pourquoi.
Ah, parce que cet argent était précisément emballé dans un prospectus
de votre club.
Un prospectus qui ne pourrait venir que d'ici.
Je ne sais pas.
Vous voulez que j'avoue quoi ? La jaune, c'était mon pote.
Depuis la Légion, on ne s'est jamais quitté.
Putain, il était comme mon fils.
Est-ce pour parfaire l'éducation de votre fils que vous auriez, en sa
compagnie, violé plusieurs jeunes femmes, notamment lors d'expéditions
menées en ex-Yougoslavie et au Congo ? Pas de preuves, enculé.
J'ai un avocat. Ah oui ! Vous allez en avoir besoin, certes, pour tenter de
prouver Ă la justice que ces 6 000 euros n'ont rien Ă voir avec la mort de votre
fils.
Bon alors, c'est quoi ce coup foireux ? Un cambriolage ?
Ton pote, quand il a vu tout ce pognon, il a pas voulu partager.
Il faut dire que 6 000 euros, ça méritait bien de gâcher une si belle
amitié, pas vrai ? Le champ m'avait foulé au pied le sens du devoir de la
fraternité, de la loyauté si chère à la Légion. Alors ? Alors, vous l'avez tué.
J'ai fait des conneries dans ma vie, oui.
J'ai arrêté de crever tout seul en prison comme un chien.
Mais avec ma conscience pour moi.
Putain, j'ai pas tué mon pote, bande d'enculés ! Alors qui ?
Ton pote, on l'a truffé de plomb.
On l'a cramé, lui et sa bagnole.
À qui vous avez piqué tout ce pognon ? Pas des mafieux ? Mais parle, merde !
Bon.
Ok, breton.
On te laisse en garde Ă vue.
Enfin, Nat, t'es complètement inconsciente avec ce môme ou quoi ?
Bon, très bien. Si tu dois y aller demain matin, je m'occuperai de Théo. C
'est bon.
Oh putain, vous étiez où alors ? Ah oui, c'est d'accord. Bon, on a du
neuf, en tout cas.
Béatrice Florecier, elle a vachement tiqué quand on lui a parlé des 6 000
euros. Alors, on a vérifié à sa banque. En effet, elle n'a pas fait de retraite
6 000 euros. Par contre...
Son mari, lui, a retiré le double, à savoir 12 000 euros et en liquide. Bon,
et alors ? Et alors, 6 000 euros, c'est la moitié de 12 000. Ça sent un peu le
contrat en deux échéances, tu trouves pas ? Un contrat sur qui, Louvier ? La
chôme a tué personne, c'est lui qui est mort. Bon, attends, c'est ce qu'on va
découvrir.
Sauf qu'il est 22h et que Pierre Forestier, en voyage d'affaires depuis 8
jours, atterrit demain matin Ă Roissy. Alors, Ă moins d'ouvrir son avion en
plein vol, faudra attendre demain pour l'interroger. Mais t'as peut-ĂŞtre une
autre solution, chef ? Bon, OK. J'irai l'interroger moi-mĂŞme demain matin. C
'est bon, merci.
Euh... Tu dois pas garder Théo demain matin ? Bon,
Jean-Louis, j'irai moi avec Louvier.
Écoutez, quoi qu'il en soit, les traces de sang relevées sur le bitume
appartiennent bien à René Lachaume.
Le légionnaire devait avoir rendez-vous à cet endroit-là pour récupérer
vraisemblablement les 6 000 euros manquants.
Nonobstant, certainement pas avec Pierre Forestier.
Celui-ci est en voyage depuis huit jours.
Très bien.
On verra ça demain.
Merci.
Tu travailles dans une boutique de luxe, ça le fait, non ? Ouais, ça le fait,
ouais, c'est ça.
Bon, vas-y, va Ă ton rendez-vous de boulot.
Bon, papa, qu'est-ce que t'as ? T'es comme ça depuis hier soir.
Y'a que je m'inquiète pour Théo, voilà .
Mais pourquoi ? J'ai retrouvé Antoine et il est très présent comme père. En
présent mon cul, hein.
Il est mĂŞme pas foutu de s'occuper de son fils quand il est malade, alors. Ah
non, là , t'es gonflé quand même. C'est toi qui voulais le garder, je te
rappelle. Tu l'es pas si malade que ça, si tu veux, je l'emmène.
Non, oh là là , c'est pas ça le problème.
Le problème, c'est que...
C'est qu'Antoine est flic Ă Pontoise et que pour l'instant, il est incapable de
te filer ses horaires, voilĂ .
Attends, écoute, je te rappelle quand même qu'il s'est fait muter pour se
rapprocher de nous, alors laisse-lui le temps de s'adapter. De s'adapter ? Et
Théo, il s'adapte, lui ? Parce qu'il est fou à ce gosse, c'est des horaires fixes
et des parents présents, voilà .
Bon, papa, qu'est-ce qui te prend, lĂ ? Je te rappelle que tu m'engueulais pour
que Théo ait un père, il en a un.
Qu'est-ce qu'il y a ? C'est quoi le problème ? Tu veux qu'on se casse ? T'en
as marre qu'on soit ici ? Non, attends, attends, attends, ça va prendre, quoi.
Je l'adore, Théo.
Toi aussi.
Évidemment que non, je veux pas que tu partes.
T'inquiète pas, on n'est pas encore partis.
C'est pas pour ça que je m'inquiète.
Ce que je veux, c'est le bonheur de ma fille et de mon petit-fils. C'est tout.
Bon, écoute, je reviens dans une heure.
Je n'ai pas beaucoup de temps Ă vous consacrer.
Je repars tout à l'heure pour Lourdes, où je fais un pèlerinage de 24 heures
chaque année.
Avec mon fils, Jean.
Un pèlerinage ? Oui, en souvenir de la guérison miraculeuse de mon cancer.
La Vierge mérite bien cette attention pendant 24 heures.
Et pour ces 12 000 euros ? C'est très simple.
Je les ai tirés à ma banque pour mon épouse.
Et je n'ai pas pour habitude de lui demander des comptes, elle en avait
besoin. VoilĂ tout.
Monsieur Forestier, on a tout de même trouvé la moitié de cette somme,
précisément 6 000 euros, bien caché chez un légionnaire douteux, monsieur René
Lachaume.
D'après la réaction de votre femme, il se pourrait bien que cette somme
provienne des 12 000 euros dont nous parlons. C'est étrange, n'est-ce pas ?
Écoutez, je sais que Béatrice connaissait ce Lachaume.
Étant jeunes, ils étaient amis. S'il avait des difficultés financières, ma
femme aura voulu l'aider.
C'est dans sa nature.
La nature de Lachaume, c'est de violer des femmes.
Alors soutirer de l'argent à une femme riche pour un quelconque chantage, ça n
'aurait pas fait peur.
Madame, personne n'aurait la moindre raison de faire chanter mon épouse.
Je connais Béatrice.
Nous sommes un couple uni dans l'amour et dans la foi de Dieu depuis 20 ans.
Et nous formons avec nos enfants une famille heureuse.
Une famille heureuse, monsieur Forestier ? J'ai tout de même noté qu'entre votre
femme et votre fille... Marie, c'est vrai que ses rapports avec sa mère ont
toujours été tendus.
Alors qu'avec Jean tout allait bien, il était studieux et si gentil.
Avec Marie, c'était différent.
Elle ne faisait rien en classe.
Elle ne pensait qu'aux garçons. Elle a toujours tout fait pour faire enrager sa
mère.
En deux mots, votre femme et votre fils se détestent.
Écoutez, j'ai conscience de ce drame.
Mais Marie va grandir, elle va mûrir.
Et comprendre que sa mère l'aime, tout comme Jean.
Marie est pour nous un tel cadeau du ciel.
Elle est l'œuvre de Dieu.
Vous voyez, avec mon épouse, j'ai confiance en elle.
Il y a forcément une explication logique à tout ça.
C'est quand mĂŞme bizarre, ce type.
Il a l'air d'un faire brillant, en mĂŞme temps, et il a l'air d'un parfait
illuminé.
Cette fois, l'absolu en Dieu, la famille de nos jours, moi, ça me paraît bizarre,
non ? Ce type, c'est juste un enfoiré de cubainie qui a laissé la gangrène s
'installer dans sa famille.
Sa femme et lui voulaient des enfants parfaits, c'est peut-ĂŞtre le cas du
fils, mais pas celui de la fille, peut-ĂŞtre plus sensible ou moins
intelligente.
Attends, tu veux dire quoi par là , parce que... Je veux dire que si la mère lui a
fait sentir qu'elle était une merde, pas étonnant que la mom puisse plus la
sentir.
Pauvre conne.
Attends, attends.
On va aller prendre un verre, non ? Tu veux pas ? Allez.
Allez, c'est moi qui t'invite, viens.
Allez !
Un
accident de voiture stupide.
J'en suis sortie indemne, ma soeur est restée paraplégique.
C'est moi qui conduisais.
Tu l'as dit quoi, Louvier ? Tu l'as dit toi-mĂŞme, c'est un accident.
Moi, tu dis pour rien.
Je dis pour rien, mais dis ça à mes parents qui ont toujours adoré Lise.
Lise qui faisait médecine, Lise la battante, Lise la méhante.
Bien sûr que je me sens coupable.
Ma mère s'arrange bien pour toujours me rappeler.
Bon, ce qu'on va faire dans un premier temps, c'est éviter les interrogatoires
avec Béatrice Forestier.
Je pourrais pas tuer les trangles, donc... Ah bah oui ! T'inquiète pas, la
mère Forestier, je l'aurai à l'usure.
T'as remarqué que je pouvais être une vraie peau de vache ? Une énorme peau de
vache, mais... Énorme peau de vache.
Madame Forestier, la perquisition Ă votre bureau nous a permis de retrouver
les 6 000 euros restants.
C'était pour qui ? La chaume ? Avant qu'il meure ? En fait, je me suis
trompée sur la chaume.
Il misait sur notre passé d'amitié pour m'escroquer.
Et quand il a commencé à approcher Marie, j'ai eu peur.
Vous aviez peur que la chaume la séduise ? Je comprends.
Un type avec un tel passé, il fallait s'en débarrasser.
Il avait besoin d'argent.
Donc vous lui avez filé 6 000 euros pour vous débarrasser de lui.
Simplement, la chaume est un mec gourmand.
Vous comprenez qu'il vous demandera toujours plus ?
Et puis, vous avez peur qu'il s'en prenne Ă Marie ? Alors, vous trouvez une
méthode plus radicale pour supprimer la chauve ? Mais non, voyons.
Non, c'est pas moi.
Imaginez qu'un légionnaire débauche votre fille, l'héritier richissime de
fervents catholiques.
Ça aurait fait des ordres.
Vous ne pouviez pas le supporter, ça.
Surtout que Marie, pour vous provoquer, devait jouer le jeu du légionnaire.
Elle se laissait séduire.
Pour me faire du mal, Marie serait prĂŞte Ă tout. Parfois, elle est le diable en
personne. C'est étonnant, votre mari pense le contraire. Il dit même que
Marie est l'œuvre de Dieu.
Mais mon mari ne voit pas ça, mon mari. Il l'adore, comme il adore Jean.
Cette mésentente n'existe qu'entre nous. Et eux ? Mésentente.
Je vois pas que le mot est un petit peu faible pour qualifier la haine qui vous
unit.
Écoutez, j'ai d'abord versé 6 000 euros à la chaune.
Je pensais qu'ils s'en contenteraient.
Mais il m'a demandé rapidement le solde. C'était ça pour disparaître de notre
vie.
C'est pour ça qu'il vous a appelé le jour du meurtre ? Oui.
Il m'a fixé rendez-vous pour que je lui remette l'argent.
C'était prévu le lendemain.
Mais il est mort avant.
Quelle chance.
Vous économisez 6 000 euros et surtout votre mari ne sera jamais rien.
La chaume ne pouvant plus vous nuire.
Ce n'est pas moi qui ai tuĂ© la chaume. Quand il m'a tĂ©lĂ©phonĂ© Ă 13h, j'Ă©tais Ă
mon bureau.
Et je suis restée jusqu'à 20h.
avant d'aller présider une soirée pour une association caritative.
Très bien. On va vérifier votre emploi du temps.
Oui, vous pouvez vérifier si vous voulez... Sa fille est là .
Elle va nous parler un peu de la chauve.
Je n'arrive pas Ă saisir comment une mère et sa fille peuvent se dĂ©tester Ă
ce point.
Si vous étiez une fille, vous sauriez.
Mais enfin, si j'avais une famille, peut-ĂŞtre que je saurais. Faites-en une.
Écoutez, avant d'entreprendre ce grand projet, allons plutôt et tout d'abord
examiner...
et décrypter les méandres de la famille Forestier.
C'est Marie ? Vous ne pouviez pas laisser Marie en dehors de ça, non ?
Tout renseignement sur la chaume peut ĂŞtre important.
T'as peur de quoi ? Que je la raconte que j'ai couché avec la chaume ? T
'inquiète pas, maman.
J'ai couché avec plein d'autres, mais pas avec lui. Tu peux dormir tranquille.
Si un jour ma fille me parle comme ça, je me tire une balle. Fais gaffe, parce
qu'avec les mots, on va avoir des surprises.
Pour moi.
C'est jamais bien entendu avec ma mère.
Tout ce que je fais, c'est jamais assez bien pour elle.
Faut dire, avec un frère comme le mien... A 19 ans, j'en fais
médecine, tout est réussi.
Il est tellement gentil, si catholique.
Alors évidemment, moi, avec ma grande gueule, je comprends bien le problème.
Mais de là à coucher avec n'importe qui pour exaspérer sa mère, il y a quand
même une marge, non ? J'ai jamais couché avec la chaume.
Il m'a draguée.
Si je me suis laissée faire, c'était uniquement pour emmerder maman. Je
voyais bien son petit manège, je voyais bien qu'il avait dans l'idée de se taper
une fille de famille.
Justement, la chaume, Cet homme fort, sans foi ni loi, qui se retrouve
à la rue après 15 ans de légion, n'aurait-il pu, vu ses antécédents,
insister sans vraiment vous concerter ? Me violer ? Moi ?
Si la chambre avait seulement voulu porter la main sur moi, je l'aurais
tuée. À ce propos, mademoiselle Forestier, pourriez-vous nous donner
votre alibi pour la journée d'avant-hier ? J'ai passé la journée au club.
J'ai donné des cours particuliers jusqu'à la fermeture.
Vérifiez auprès de mes élèves.
Je suis juste sortie une heure pour aller déjeuner.
Vers 13h ? Qu
'est
-ce qu'il fout ? Merde ! Il est resté à la maison pour se reposer et j'arrête
pas d'appeler depuis des heures, ça se donne occupé et sur son téléphone
portable, il répond pas.
Ah ben, minuit.
Le mari qui décroche le téléphone à la maison.
Qui oublie le portable dans la veste. C'est le coup classique pour avoir la
paix. T'inquiète, Bailly.
Un mec baisse pas chez lui avec les enfants dans la chambre à côté.
Les enfants sont chez ma mère.
Ah, merde.
Bon.
Toi, Ă propos d'enfants, t'es pas de couche-culotte ce soir ? Non, moi j'ai
la paix.
Nathalie dort chez Antoine avec Théo.
Petit Ă petit, elle renoue avec lui.
C'est bien pour le gosse.
Bien, Béatrice Forestier dispose d'un alibi des plus solides. De nombreux
témoins attestent qu'elle est arrivée au club vers midi. Elle y a passé toute la
journée avant de se rendre le soir à son association.
Sachant que la chôme était encore vivant à 13h, nous pouvons désormais l'écarter
de la liste des suspects.
L'apparateur téléphonique est formel, la chôme était bien sur cette route vers
13h, au moment de son appel.
Son assassin a dû arriver quelques temps après.
Pour la fille, c'est pareil.
Marie a entraîné toute la journée au club un tas de gens.
Daniel l'a passé dans une boîte.
Le seul flou dans son alibi, c'est son heure de déjeuner.
Oui, sauf que j'ai calculé.
Pour aller retrouver la chaume sur cette route et revenir Ă la salle, il faut
déjà une heure. Marie avait donc pas le temps de descendre le légionnaire, de
tout brûler et de rentrer.
Et puis les mobiles sont vraiment légers. Marie, c'est pas le genre à se
laisser faire.
Quant à la mère, qu'elle ait filé du fric au légionnaire, ok, mais pourquoi
le tuer ? S'il insistait, il suffisait de le balancer au flic. Et comment la
chaume a su qu'elle lui filait tout ce pognon ?
Pour se risquer un tel chantage, il fallait avoir des atouts, mais lesquels
? Je me dois de flatter votre perspicacité, commandant Scandella.
En effet, la chaume risquait de s'attirer les foudres du mari dont il ne
pouvait ignorer la toute-puissance.
S'il voulait parvenir à ses fins, le légionnaire devait avoir un bon moyen de
pression sur les forestiers.
Bon, on va voir ça avec Breton.
On a la nuit pour se le farcir.
Allez.
ArrĂŞte, Breton.
Tout ce fric, tu l'as pas gagné aux courses.
Ton cheval gagnant, on le connaît. C'est Béatrice Forestier.
Bah oui.
Et alors ? Elle nous a refilé le pognon sans rien qu'on lui demande.
Quoi ? Par charité chrétienne ? Charité mon cul.
Elle a fait ça parce que... La choume tournait autour de sa gosse et qu'elle
était jalouse.
Elle aussi, elle aurait bien voulu tenter de mon copain.
Surtout que la choume, elle a ça...
Il impressionnait, hein ? Je vois mal Béatrice Forestier, amoureuse depuis 20
ans d'un mari qui l'adore, et en plus assise sur une coquette fortune, aller s
'éprendre d'un malheureux légionnaire. Cela dit, sans vouloir t'offenser, hein
? Oh, ben toi, j'imagine que t'as jamais rien connu qu'un petit mari qui t'a fait
des mouflets et puis qui maintenant préfère aller au pit plutôt que de te
sauter. Ta gueule, breton ! Tu découvrirais le bonheur avec mon
plumeur.
C'est bien joli, les mots.
Mais tu vois, moi, je doute un peu de ta virilité.
Un type qui viole des fils indéfenses, pour moi, c'est souvent qu'un pauvre
impuissant.
Et bien toutes que des salopes ! La forĂŞt s'y rend
tĂŞte.
Ça l'excitait, cette pute de se partir un légionnaire.
Un jour, la choume l'a entendu s'engueuler avec sa fille.
La merde.
Elle l'empêchait de fréquenter la choume. Même qu'elle l'aurait giflé,
cette truie.
Pour le garder pour elle toute seule, Béatrice Forestier serait allée tuer la
chaume par jalousie. T'as bien ça ? Oui.
Quand elle a vu que sa fille lui a raflé la mise, cette salope est allée déceler
mon pote.
J'y crois pas.
Que la mère et la fille se détestent, ok, mais tu es un type juste pour se l
'approprier quand mĂŞme.
Ah, la tragédie antique.
Depuis Médée, cette femme qui égorge ses propres enfants par jalousie, plus rien
ne m'étonne.
Et je crois qu'une femme est capable de tout pour s'assujettir l'amour d'un
homme.
Il a été dans votre bureau. Il n'arrête pas de sonner.
Merci.
Oui.
Oui, Camille.
Euh... Non, pas tout seul, non.
Un interrogatoire un peu tardif, voilĂ .
Oui, oui, je serai à votre dîner de matin.
Au revoir.
C'était personnel.
Je m'en doutais un peu.
La chaume partagée entre les deux femmes, c'est vrai que c'est risible.
Mais si la mère Forestier a dit vrai, pourquoi Breton invente cette histoire
de jalousie ? Parce que Breton connaît la loi. Si le mec avait Béatrice, il
aurait donnĂ© de l'argent pour Ă©loigner la chaume de sa fille. Il admet par lĂ
mĂŞme le chantage.
Or, l'article 312.11 du code pénal est explicite à ce sujet.
Tout auteur de chantage est passible d'une peine d'emprisonnement de sept
années. et d'une amende de 110 000 euros. Après 15 ans de légion, elle n'a
pas envie de finir en taule.
Oui, ça ne nous dit pas quel moyen de pression ils avaient sur la mère
Forestier pour qu'elle paye.
Bailly ? Bailly ? Une idée peut-être ? Non ? Non, à deux heures du mode, j'ai
qu'une seule idée, c'est aller me coucher.
C'est ça.
Tu veux que je te ramène avec le giro ? En attendant, demain matin, tout le
monde aux aurores.
Il faudra interroger Breton, parce que les alibis des Forestiers, ça s'est
fait. Il ne reste plus que lui.
Discours ? C'est sur mon chemin, je te ramène ? Capitaine, votre domicile n
'étant pas très éloigné du mien, voulez-vous également que je vous
véhicule ? Je vous en prie.
Merci.
J'ai passé une bonne soirée, mon gars.
J'ai lu un bon bouquin, tranquille.
Ça fait du bien de temps en temps.
Tu te fous de ma gueule ? Où t'as passé la soirée ? Ici, mon amour, ici.
Arrête de me prendre pour une conne ! Tu savais très bien que je travaillerais
tard. Le téléphone est décroché, tu réponds jamais à ton portable.
Elle est partie quand, ta bouffiasse ?
C'est pas grave, c'est des choses qui arrivent.
Dans un couple... Tu vas m'expliquer bordel pourquoi tu m'as fait ça.
Pour faire comme toi.
Pour te montrer ce que ça fait quand t'es sur une affaire.
Et que je passe des heures sans savoir oĂą t'es.
Je voulais que tu te rendes compte au moins une fois ce que c'est que t
'attendre toute la nuit.
Mais vu ton état de nerf, je pense que t'as compris.
Salut. Toi, t'as retrouvé ton mari au bercail.
J'ai passé une nuit.
Dommage que j'ai mal calculé le moment parce que le troisième serait déjà en
route.
C'est une manie chez vous de vouloir pondre Ă tout prix.
Et après, qui est-ce qui s'occupe de tous ces gosses ? Les grands-parents.
VoilĂ .
Je sais pas combien de temps je vais pouvoir m'en occuper de mon petit-fils.
Comment on se candela ? Monsieur Guérant est avocat pénaliste.
Il voudrait voir mon futur client.
Monsieur Breton.
Merci.
Breton a déjà un avocat ? Un commis d'office ? Je sais. J'ai joué à l'ordre
des avocats pour le seconder.
Attendez, pourquoi Breton ? J'aime les causes difficiles.
Et s'affronter Ă la puissante famille Forestier est un combat difficile.
Écoutez, en ce moment, Breton est en garde à vue, alors... Il en est à sa 36e
heure. Et comme la loi vous y oblige, à la 36e, vous êtes obligés de me laisser
rencontrer mon client.
Attendez, comment vous savez pour l'heure ? J'ai contacté un commis d
'office qui m'a mis au courant.
Très bien, allons-y.
Ça va bien vous voir, mais j'ai pas de pognon.
Bon, commandant, j'aimerais m'entretenir seul Ă seul avec mon client.
Vous pouvez nous laisser ?
C
'est qui ?
Guérin, le ténor du barreau.
Je ne sais pas comment il a su qu'on détenait Breton.
Et qui lui a parlé de l'affaire.
Il n'a rien dit Ă la presse.
On le connait, ce type.
Ben oui, Louvier, c'est celui qu'on a vu au club de gym.
Mais t'as raison.
Il faisait de la muscu avec les enfants forestiers.
Il avait l'air très intime avec eux.
Merde.
La présence de Guérin est légale.
S'il conseille Breton, on l'aura dans le cul.
Il va le baratiner et lui conseiller de fermer sa gueule.
À moins qu'on arrive à persuader Breton de le récuser.
Parce que si Guérant est là , c'est pour défendre les intérêts des forestiers,
pas de Breton.
C'est le seul moyen de se débarrasser de Guérant.
Prouver qu'il a un lien direct avec la famille Forestier.
Bon, on retourne au club ? Ouais.
Guérant, Sébastien Guérant.
Je vois très bien de qui vous parlez. Il s'entraîne souvent avec ma copine Marie.
D'ailleurs, c'est son parrain, je crois.
Son parrain ? Alors, il est très intime avec les Forestiers ? Avec Béatrice,
surtout.
Guérant et son meilleur ami.
Merci.
Merci beaucoup.
Je crois qu'on a assez d'éléments pour se faire dire Guérant.
Si Béatrice Forestier l'a mis dans les pattes de Breton, c'est sûrement pour
lui acheter son silence.
Tu crois que la version de Breton sur la jalousie de la mère serait la bonne ? Ça
me paraît dingue.
En tout cas, il faut compter maintenant que Breton se rétracte.
Et la mère Forestier ? Elle est au siège social du mari qui revient de Lourdes
aujourd'hui.
Il faut la faire craquer.
On y va, Ă parce qu'on est lĂ .
Bon, écoutez, j'ai rien à vous dire concernant mon client.
Je dois vous rappeler que vous ĂŞtes en train de commettre une grosse faute en
essayant de me soustraire des informations.
Arrêtez de nous prendre pour des cons, maître.
Ce qu'on voulait savoir, on le sait déjà . Vous êtes le meilleur ami de
Béatrice Forestier et le parrain de sa fille, Marie.
On va appeler le parquet et saisir le bâtonnier de Paris. On va lui dire que
vous êtes là pour faire entrave à notre enquête et que vous protégez les
intérêts de Béatrice Forestier, non celui du légionnaire breton.
Ridicule menace.
Mon lien avec la famille Forestier ne prouve pas leur culpabilité dans cette
affaire. Au contraire.
Léatrice a pu me conseiller de rencontrer Breton dans le but de
découvrir la vérité sur son ami Lachaume.
Sauf qu'en arrivant ici, vous ne vouliez pas vous battre avec les forestiers,
mais contre. C'est vous qui nous l'avez dit.
Ah oui ? Il y a une preuve écrite de ça ? Non ? Alors ce sera votre parole
contre la mienne.
Je vous laisse.
Prenez soin de mon client.
Ne vous inquiétez pas, on va bien le bichonner.
Et lui dire quel genre de magouilleur vous ĂŞtes.
Et pourquoi il a intérêt à vous récuser.
Il a envie de comprendre.
Pour autant, il est pas bien malin, mais accepter de se faire défendre par le
meilleur ami d'une femme qu'il croit coupable, il faudrait qu'il soit
vraiment con.
Oui, maintenant, c'est Ă nous de le convaincre.
On a jusqu'Ă la 48e heure de garde Ă vue.
Allez, adieu maestro.
Enculé ! Certes, un qualificatif qui sait parfaitement à mettre guérant. Si
tu la boucles, c'est contre toi que ça va jouer.
Vu ton absence d'alibi et ton pédigré,
On va te coller au trou.
Votre tactique était intelligente. Pour ne pas reconnaître le chantage, vous
évitez sept ans de prison. En revanche, endosser cet assassinat, c'est la
réclusion à perpétuité.
Si t'as pas tué la chaume, aide-nous à coincer son assassin.
Putain, c'est la chaume qui m'a foutu dans ce coup. Mais pourquoi ? Qu'est-ce
qu'ils savaient sur les forestiers ? Ils connaissaient Béatrice depuis 20 ans.
Un soir, ils ont fêté leur diplôme d'éducation physique ensemble.
Et alors ?
Qu'est-ce qui s'est passé entre eux ? Ils ont picolé, quoi.
La chôme est devenue bouillante et... Et il l'a violée.
À l'époque, Béatrice était déjà avec Pierre Forestier ? Ouais.
Ils se sont mariés un mois après.
Forestier, dans la vie spirituelle, après sa guérison à Lourdes, était
devenu plus essentiel que tout.
Forestier, l'homme pieux, pouvait-il épouser Béatrice, la blanche colombe,
souillée juste avant son mariage religieux ? Alors Béatrice a jamais
parlé de ce viol, à personne.
La chaume avait un bon moyen de pression.
Vingt ans après, il y avait prescription pour son crime.
Et comme il savait que Béatrice avait rien dit, il s'est mis à la faire
chanter.
Sans compter que la bêtise sexuelle de la chaume l'amène à convoiter la fille
de Béatrice.
Il était devenu dingue.
Il voulait aussi baiser la petite.
C'est pour ça que la mère Forestier l'a butée.
Mais pourquoi vous l'arrĂŞtez pas ? Parce que son alibi est nickel.
Et celui de sa fille aussi.
Écoutez, mon fils et mon mari viennent d'attirer à Roissy.
Je les attends.
Ma fille devrait être déjà là .
Alors si nous pouvions remettre cette conversation un peu tard.
Madame Forestier, nous savons pour cette histoire de viol.
Ça ne sert plus à rien de mentir.
Vous avez peut-ĂŞtre un bon alibi, mais vous avez aussi un bon motif pour tuer
la chĂ´me.
Si vous avez commandité ce meurtre, nous trouvons comment.
Non, non.
Mon mari ne doit pas savoir.
Ça le détruirait.
Et puis, il va réaliser que... Que quoi ?
Que Marie n'est pas sa fille.
Marie est la fille de la chaume.
Si Pierre apprend ce viol, il comprendra pourquoi Marie est née prématurée.
Non ! Non ! C'est pas possible ! Maman ?
Qu'est-ce qui se passe ?
Arrêtez ! Qu'est-ce que vous faites ? Nous devons accompagner votre épouse au
36 quai des Orfèvres. Elle doit encore répondre à un certain nombre de
questions. Marie, pourquoi est-ce qu'ils emmènent maman ? Je sais pas, ils m'ont
rien dit. Vous n'avez pas le droit, s'il vous plaît. J'ai des relations.
S'il vous plaît. Vous aurez à vous rendre compte.
Mon épouse n'a rien fait.
Je vous conseille d'attendre avant de remuer au ciel et terre.
Vous risqueriez de le regretter.
Merde. Si la mère Forestier avait engagé un tueur, on aurait trouvé une trace. On
a quoi comme indice ? Mais que dalle.
Il n'y a rien dans ses papiers, rien dans ses coups de fil.
Pourtant son flingueur, elle n'a pas pu le trouver dans la rue.
Mais alors qui a tué la chaume ? Voilà , cette arme de chasse destinée
aux gros gibiers a été découverte chez les Forestiers avec les empreintes de
Béatrice Forestier un peu partout dessus. Nous les avons relevées.
Impossible bien sûr de prouver que cette arme est l'arme du crime.
Mais quelle curieuse coĂŻncidence, n'est-ce pas ? Bon, le marchand, je dis
quoi au taulier, moi ? Qu'on a une suspecte avec un alibi en béton et un
fusil qui prouve rien.
Ou alors je lui balance tout de suite ma démission.
Non, non, votre démission peut attendre.
Vraiment, je viens tout juste de comprendre pourquoi le meurtrier, après
avoir tiré sur la chaume, y avait mis le feu.
C'était certes pas pour faire disparaître toute trace de son identité.
Non, dans ce cas, l'auteur aurait récupéré le portable. C'était tout
simplement pour nous empêcher de définir très exactement l'heure de la mort.
Bon mais attendez, Béatrice Forestier est arrivée à son club avant midi.
Donc si elle a tué la chaume, c'était forcément avant.
Donc c'est pas lui qui a téléphoné à 13h.
C'est exact.
Là était notre erreur. Le matin, Béatrice a très bien pu donner un petit
rendez-vous Ă la chaume sur cette route de campagne pour lui remettre les 6 000
euros restants.
Elle le tue, elle incendie le véhicule et elle rentre au club une fois son
forfait accompli. Alors elle est un complice, quelqu'un qui a appelé du
portable de la chaume à 13h alors qu'il était déjà mort.
Et pourquoi pas sa fille ? C'est vrai comment Béatrice a fait empêcher Marie
de coucher avec la chaume, sinon on lui avoue en désespéré qu'il était son
propre père.
Du coup Marie comprend pourquoi elle déteste tant sa mère depuis sa
naissance, mais elle est troublée par ce viol et cet inceste monstrueux.
Alors elle devient la complice de sa mère pour éliminer la chaume.
Seulement voilĂ ...
Nous en sommes qu'au stade des supputations. Je pense qu'il serait bon
de confronter la mère et la fille.
Madame Forestier, nous avons retrouvé chez vous cette arme.
Vous avez hérité de vos grands-parents. Pourriez-vous nous dire, s'il vous
plaît, pourquoi ?
Alors que ni vous ni aucun membre de votre famille n'ĂŞtes chasseur, nous
avons retrouvé vos empreintes sur ce fusil qui a tout récemment tiré.
J'ai récemment nettoyé cette arme.
Je l'ai déchargée pour éviter que les gens ne se blessent.
Mais alors dites-moi, qui aurait pu y toucher ? C'est pas la période du gros
gibier. Par contre, c'est peut-être celle du légionnaire.
Ça suffit, vous n'avez aucune preuve.
Quand même de grosses présomptions.
Dis-moi Marie, le plus dur pour toi, ça a Ă©tĂ© d'aider ta mère que tu dĂ©testais Ă
se débarrasser de la chaume ou d'apprendre qu'il était ton véritable
père ? Taisez-vous ! Mais qu'est-ce que vous racontez ? C'est mon mari Pierre
qui est le père de ma fille ! C'est absurde.
Absurde ? Un terme bien anodin pour une petite fille privilégiée qui vient d
'apprendre l'horrible vérité sur sa naissance, à savoir qu'elle n'est pas la
fille du célèbre sportif miraculeux.
Homme d'affaires, Pierre Forestier, mais celle d'un minable légionnaire, la vie
dissolue. C'est ridicule.
Ma fille ne réagit pas parce qu'elle ne croit pas un mot de ce que vous dites.
Bien sûr que si elle le croit.
C'est pour lui éviter de coucher avec cette ordure que vous lui avez dit la
vérité.
Tu sais, Marie, ce que tu vis avec ta mère, je l'ai vécu aussi.
Et même si c'est dur à admettre, même si ça paraît impossible, il faut essayer de
pardonner.
Pour grandir.
D'ailleurs, je suis sûre que malgré tout ce qui s'est passé entre vous, tu as
compris sa détresse.
Et tu as déjà commencé à lui pardonner.
Parce que tu sais bien que ce n'est pas elle qu'il faut condamner. Tu crois qu
'elle pipote pour la faire craquer ? Elle était la victime.
Je sais pas. C'est pas que malgré toutes ces années de haine, tu as accepté... En
tout cas, la mère et la fille, elles sont encore irresistibles.
Vous deviez vous associer pour sauver le reste de la famille.
Vous deviez ensemble tuer la chôme pour que jamais on apprenne que Marie était
sa fille.
En quelques heures, vous serez devant le juge, mis en examen pour le meurtre de
la chĂ´me.
Maman.
Tais-toi, Marie.
Ne dis rien, ils n'ont aucune preuve.
Toutes ces années ont dû être terribles pour vous, pour vous qui saviez que
Marie était le fruit de ce viol.
Comment vivre et l'élever dans le souvenir de cette monstruosité ? Marie
qui, à chaque instant, vous rappelait le légionnaire.
Alors voilĂ pourquoi vous ne l'aimiez pas. VoilĂ pourquoi vous deviez lui
faire payer, encore et encore, le seul fait d'être née. Néanmoins, Marie...
C'était votre fille, la chère de votre chère. Alors dans un sursaut, dans un
élan d'amour, vous avez préféré lui dire la vérité.
Afin qu'elle ne tombe pas dans les bras de son géniteur, ce monstre de René
Lachaud.
Maman.
Pardonne-moi, Marie.
Ma petite fille.
Pardonne-moi.
Il a fallu que ce monstre réapparaisse.
Béatrice Forestier.
Béatrice Forestier.
Elle va vous tuer à l'aide de ce fusil, puis brûler. Prenez la chaume.
Oui.
Marie.
Marie Forestier.
En accord avec votre mère, j'ai décidé de vous rendre sur les lieux du crime
afin de l'appeler sur le téléphone portable de René Lachombe pour nous
faire croire que celui-ci était encore en vie.
Avant de tuer cet homme, lui as-tu dit que Marie était sa fille ? Non.
Pourquoi je vais à Rémy ? Marie est ta fille.
Elle est notre fille, Ă tous les deux.
S'il vous plaît, allez.
Allez, allez.
Est-ce que vous voulez qu'on vous raccompagne avec votre fils ?
Dieu va veiller sur elle, et surtout sur ma fille, si fragile.
Car je vous l'ai dit, tout comme Jean, Marie, est bien l'œuvre de Dieu, l'œuvre
de Dieu, et non la part du diable.
La composition était toujours essentielle pour moi, même pour l
'emplacement du tableau.
Je ne sais pas comment je vais le faire encore, mais c'est... VoilĂ , allez. Bon,
ça tourne. Salut Michel.
Je vais Ă ta future expo, elle va ĂŞtre magnifique.
Tant pis.
Bonne nuit Camille. Bonne nuit.
Ciao.
Ne soyez pas jaloux, Michel.
Tibor a besoin d'être flatté, rassuré. Pour sa peinture.
Alors je fais mon boulot d'agent, rien de plus.
Est-ce sûr que les désirs de Tibor se limitent à ce rien de plus ? Pourquoi ?
Vous croyez sincèrement que... Tibor éprouve quelque chose pour moi ?
Michel
?
Tibor ne compte pas pour moi.
Vous le savez ? Camille, c'est une
femme attachante, attirante.
Et j'ai 25 ans.
Allez, 30 ans de plus que vous.
Qu'est-ce que je peux t'offrir ? Je sais pas.
Mais quelle importance ? Nous voulons tous les deux vivre ce bonheur, alors
vivons-le.
Le bonheur, je l'ai vu toute la soirée.
Dans les yeux de Tibor qui n'a pas cessé de vous faire du charme.
Alors si ce bonheur-lĂ , vous ne l'avez pas vu...
Vous en verrez un autre.
Un autre bonheur attirera votre attention et vous offrira la jeunesse,
les enfants, la famille.
Michel, c'est vous que j'aime.
Aujourd'hui et demain.
C'est à vous de décider.
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