All language subtitles for La.Crim.S06E08

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Original subtitles

Qu'est-ce qui se passe ?

Il

y a deux ans, c'était payé un week-end ici avec Mario.

La suite nuptiale.

Bon, on s'est coupé la gueule tout le week-end, on s'est pas dit un mot. C

'était horrible.

Horrible. Moi, il me faut un meurtre pour mettre les pieds dans un palace. C

'est quoi ? Pendant ce qu'on est là, brigade criminelle.

Richard Liancourt, je suis le concierge de l'hôtel. Notre directeur est

actuellement en déplacement à New York.

Bon, où est la victime ? Au troisième étage.

C'est un drame terrible, nous sommes tous sous le choc. Si vous voulez bien

le suivre.

Ah,

commandant Scandella, bonjour.

Bonjour. Bonjour.

Fabienne Larcher, 24 ans.

Envoyée au room service.

Une femme de chambre qui l'a découverte.

Faites en sorte que l'enquête ne perturbe pas le bon fonctionnement de l

'hôtel. On sera aussi discret que possible, madame le substitut. Le

meurtrier semble avoir eu la même intention.

Cette jeune femme, en tout cas tout porte à le croire, a été étouffée.

J'ai interrogé la femme de chambre, elle l'a trouvée un peu avant 9h.

Elle a croisé quelqu'un dans le couloir ? Non personne, elle n'a rien marqué.

Elle ne connaissait pas vraiment la victime, elle faisait juste des extras.

Voici la liste des chambres avec les noms des clients.

Cet étagé, principalement occupé par les participants à un séminaire d

'entreprise, ils sont arrivés hier soir.

Ils sont où là ? Dans un salon, au rez-de-chaussée, si vous le souhaitez je

peux vous y conduire.

Salut. Bien. D'accord.

Canose des lèvres, éclatement des vaisseaux sanguins au niveau des globes

oculaires, manifestation classique d'un syndrome asphyxique.

Gros hématome situé légèrement au niveau de la tente droite.

Regardez le marchand, elle a dû se débattre. Des déchirures apparentes de

la veste au niveau de l'épaule gauche.

Accroché à la ceinture, un passe magnétique et un biper.

Devant le bureau, fauteuil renversé.

Le lit dans lequel manifestement personne ne s'est couché, couvre-lit

légèrement croissé.

Un oreiller, deux taches bien distinctes, l'une rose et l'autre

brune, sur la tête.

Allez, y allez.

Il faudra récupérer la chaussure gauche.

Oui, d'accord.

Toutes les commandes sont centralisées ici au premier.

Chaque employé du room service prépare les plateaux et les portes à l'étage

dont il a la charge.

Et Mlle Larcher était seule responsable du troisième étage ? Oui, elle était

efficace et consciencieuse. C'est pour ça que j'ai été étonné qu'elle ne

réponde pas quand je l'ai nippé.

Il était quelle heure ? Autour de 8h30, je crois.

Elle était assez calme à son étage, je voulais m'envoyer au sixième.

Je vous sors toutes les chambres qu'elle a servies ? S'il vous plaît.

Ah, excusez-moi.

Room service, bonjour.

Oui, M. Lillier, je vous écoute.

Vous avez commencé votre service en même temps que Mlle Larcher ce matin ? Vous

avez parlé avec elle ? À ma pause, à 8h.

Je lui ai mis une cigarette dans le local, derrière.

Fabienne, elle m'a demandé une cigarette.

Il y avait quelque chose de particulier ? Une phrase, un détail ? Non.

Vous savez, je ne parlais pas beaucoup d'elle.

Avec ses clients, il y avait des problèmes ?

Je ne crois pas. Nous n'avons jamais de problème avec nos clients. Juste des

solutions à leur apporter. Le détail des commandes de l'archer.

Alors.

Bon, la dernière chambre servie, la 318.

C'est ça, la 318 ? 8h20.

Monsieur et madame Debussy.

Debussy.

Debussy. Monsieur et madame Debussy.

Non,

on n'a pas appelé le room service, je vous assure.

Madame Debussy, votre chambre figure sur la liste des commandes. Je ne comprends

pas, c'est une erreur.

Ou alors, la jeune femme a dû venir quand je prenais ma douche.

Demandez à mon mari, il est intervenant au séminaire.

Moi, ce matin, j'étais au salon de beauté de l'hôtel.

Ah, Pierre ! Agathe.

Ça va ? Qu'est-ce qui se passe ? Simple vérification, monsieur Debussy.

Vous avez appelé le room service ce matin, non ? Oui, j'ai demandé un cachet

d'aspirine et de l'eau minérale.

Ne me dites pas que vous nous soupçonnez. Vous êtes un des derniers à

avoir vu l'employée vivante.

Écoutez, elle est entrée, elle a posé son plateau, je l'ai remercié, elle est

partie, c'est tout.

Nous avions rendez-vous à 8h30, nous sommes descendus au buffet, nous avons

pris notre petit déjeuner.

Quand vous êtes sortis de votre chambre, vous n'avez vu personne dans le couloir

? Non, je l'ai déjà dit à vos collègues.

Très bien, merci.

Alors,

le séminaire, ça a donné quoi ? Il est organisé par une grosse boîte

informatique, c'est la première fois qu'ils le font ici.

Personne n'a vu Fabienne Larcher, ils ont tous pris leur petit déjeuner en

barre. Ils ont commencé à 9h, il n'y avait pas de retardateur.

Le meurtrier a pu venir de l'extérieur. Vous avez interrogé le responsable de la

sécurité ? Il n'a rien noté d'anormal sur les moniteurs de surveillance, ni à

l'entrée du personnel, ni dans le hall.

Avec le va-et-vient, c'est facile de passer inaperçu.

J'ai fait ouvrir le casier de Larcher, il y avait son sac, ses vêtements, je n

'ai pas trouvé ses clés. Elle les avait sur elle ? Ce serait vraiment une

coïncidence qu'elle les ait perdues aujourd'hui. Elle habite où ? Dans le

19ème. Très bien, allez-y alors.

Ça répond pas chez l'archi, on va essayer la gardienne.

Ça fait deux ans que mademoiselle l'archi habitait ici.

Elle vivait seule, on la voyait pas beaucoup. Elle était comme moi, elle

commençait tôt et finissait tard. Il est où son appartement ? C'est la deuxième

porte à droite, là.

Et vous, police ? Bloquez-le en bas.

Il s'est tiré avec sa caisse.

Il y avait écrit « Produits du terroir » sur le côté. T'as relevé le numéro ?

Non, j'ai pas eu le temps, j'ai pas vu sa tronche non plus.

Bon, on retourne à l'appart ? On a encore besoin de vous pour la

proposition.

Bien, Fabienne Larcher a succombé à un arrêt cardiaque après avoir été étouffée

à l'aide de l'oreiller qui se trouvait près d'elle.

Les résidus retrouvés sur la tête correspondent bien aux mascaras et aux

rouges à lèvres utilisés habituellement.

par la victime.

La présence d'un hématome extradural au niveau du crâne laisse supposer que la

victime était inconsciente au moment où on l'a asphyxiée.

Elle aura vraisemblablement été assommée, à moins que sa tête n'ait

torté le sol en tombant.

Des traces de violence sexuelle ? Non, aucune, mais les circonstances du

meurtre laissent supposer qu'il n'était pas prémédité, mais de nature réactive.

Ah, donc ça veut dire que l'archer a fait entrer son agresseur.

Dans la 315.

Ou alors c'est qu'elle était avec un autre employé qui avait son pass.

Bon, pour l'instant, on n'exclut personne.

Du nouveau sur le mec qui s'est barré ? Rien.

Personne de l'immeuble ne l'a vu.

En tout cas, il avait les clés de l'archer. Il n'y a pas de traces d

'effraction sur la porte.

Visiblement, on l'a dérangé.

Bon, mais vraiment, tu ne peux pas le décrire.

Il n'y a pas un détail dont tu te souviens.

Non, il avait un bonnet enfoncé jusqu'aux yeux.

On a fait venir les gilles, il passe l'appart au peine fin.

On a trouvé ça sous des journaux. Un colis pour un certain...

Eric Berval, maison centrale de Poissy.

Vous connaissez un tolard ? Dedans, il y a deux bouquins, des chaussettes, des

cigarettes, pas de lettres.

Mais bon, elle n'avait pas encore fermé le paquet.

Alors, d'après le fichier, Berval a pris 20 ans pour voir la main armée,

enlèvement et meurtre. Il en a encore 14 à tirer. Bon, un proche. Ou alors, elle

était visiteuse de prison.

On n'a rien trouvé là-dessus, ni dans l'appart, ni sur Berval. J'ai rien d

'autre non plus.

Fille d'unique...

Elle est née à Sarcelles, elle a perdu sa mère il y a 7 ans, sinon elle a fait

un parcours assez classique, école hôtelière, stage, avant d'arriver au

Greenwich Hotel.

Et sinon, pas de petit ami connu, elle a consacré tout son temps à la section

syndicale de l'hôtel.

On a trouvé des piles de tracts chez elle, syndicalistes dans un palace, tu

vois le capitalisme de près.

Ses collègues disent quand même qu'elle était du genre à tenir tête au

directeur, lequel directeur l'appelait quand même l'archer les chiens.

Ouais, l'archer les chiens.

Bon, enfin, à part quelques frictions classiques, rien à signaler.

Oui, comment le marchand ? Qu'est-il ? Oui, une certaine Mireille Vatrin est là

pour vous.

Ah, c'est l'employé de l'hôtel qui fait la planche au room service. Je l'ai

convoqué parce qu'elle n'a pas parlé beaucoup ce matin. J'ai l'impression qu

'elle était très gênée devant son supérieur.

Assure qu'elle soit plus détendue ici.

Oui, mais moi, t'inquiète pas, je sais bien mettre les gens à l'aise. Bye.

Bye.

Il n'a pas l'air très commode, votre chef de l'office.

Oh, ça dépend des jours.

Aujourd'hui, t'es pas un bon jour, alors.

Marquez... Avec ce qui s'est passé ce matin.

Merci, vous n'allez pas... Je me trompe ou... Vous ne voulez pas parler devant

lui ? Fabienne Larcher, c'était une amie à vous ?

Si vous avez quelque chose qui peut nous aider à découvrir la vérité, il faut

nous le dire.

Ça... ça a peut-être rien à voir.

Tous les détails peuvent nous être utiles.

Ce matin, quand je suis arrivée à 6h, Fabienne était dans le couloir du 1er,

côté de l'office, et je l'ai vue parler avec une femme qui sortait d'une

chambre, et ça se passait pas très bien. Une cliente ? Non, enfin, pas une

cliente normale.

Je veux dire, elle était avec un client.

Une prostituée ? Oui.

Et Fabien ne la supportait pas.

Il y en a toujours eu à l'hôtel, mais en ce moment, elle est... Et en plus en

plus, elle disait que l'hôtel allait devenir un bordel si on le laissait

faire. Et elle savait qu'il y avait tout ça ? C

'est le responsable du room service ? Non, non, pas lui.

Et ça serait Liancourt, figure-toi.

Liancourt ? C'est le concierge qui joue les ponksos ? Ouais, c'est ce que l

'archer a fait entendre. Faut que je retourne à Greenwich maintenant, le

client de la pute, un certain Marsak, qui est tous les jours, il y serait ce

soir, donc... Dis-moi, tu veux pas venir avec moi ? Quoi ? Tu veux pas venir avec

moi ? On prendra un verre après ? Ah non, non, j'ai une famille qui m'attend,

moi.

Toi aussi, d'ailleurs, hein ? Ouais.

Le marrant, c'est que je me dis que si j'y vais maintenant, je suis bon pour un

deuxième service à la Mamouchka, alors... Bon, arrête de me raconter des

conneries.

Qu'est-ce qu'il y a qui va pas ?

Je ne sais plus très bien où j'en suis.

Avec le recul, je me rends compte que bosser tous les jours avec Mario, le

resto en bas, vivre au-dessus, j'ai saturé.

Ici, je retrouve mes marques et je respire.

Fais gaffe si ça se couvre.

Je crois qu'on étouffe.

On va prendre l'air et quand on revient, il n'y a plus personne.

Salut ma puce.

J'allais t'appeler.

Et plus de couches.

Voilà. Ça c'est quoi ? J'aurais peut

-être dû prendre des mouchoirs avec.

J'ai le temps de rien faire aujourd'hui.

J'ai passé ma journée dans les lessives, t'es ou à pas arrêter de régurgiter.

On va appeler le pédiatre, demain.

Mais c'est ce que j'ai fait, qu'est-ce que tu crois ? Il m'a dit de changer de

marque de lait, c'est la troisième et c'est toujours pareil.

Bon, et bah demain, on essaie le plâtre.

T'es ou à une mineure à s'endormir, c'est de pire en pire chaque jour.

Et j'y arrive pas papa, je suis une mauvaise mère.

Mais non, arrête, allez.

Attends, laisse, j'y vais.

Mais qu'est-ce qu'il y a, tu crois que je suis nulle aussi ?

Ça n'a rien à voir, Nat.

T'es juste crevé de ma puce. Regarde-toi.

Repose-toi, je m'en occupe. D'accord ?

Bon,

ça n'a pas été facile avec Marsac.

Marsac, le client de la pute. Il a par contre avoué avoir passé la nuit avec

une certaine Eva.

Voilà. Et ce serait bien Liancourt, le concierge de l'hôtel qui les avait mis

en contact.

Monsieur Liancourt fournit donc les couvertures.

Les couvertures ? Oui, les couvertures, c'est ce briquet que l'on désigne les

prostituées que l'on propose aux hommes qui se présentent seuls dans certains

hôtels en Chine.

Mais elle a l'air bien de courant, quand même, le marchand.

Bref, Liancourt serait arrivé à l'hôtel donc à 8h24 et ne sera arrivé à son

poste de travail qu'une demi-heure plus tard.

Oui, sauf que si la pute l'a prévenu de son engalade avec l'archer, il avait le

temps d'aller au troisième étage.

Pour mettre les choses au point. Je vais vérifier la montée d'appel.

Les filles, elles sont où ? Elles font les courses ? Oui, à la centrale de

Poissy. Elles ont une longue peine.

Elles sont en train d'interroger Éric Berval.

Éric Berval, c'est le dessinateur du colis de Larcher, c'est ça ? Qui se

trouve être son demi-frère de 10 ans, son aîné.

Ils ont le même père, mais celui-ci est épousé. Le maire de Larcher et pas celle

de Berval.

D'où la différence des noms.

Ah oui, d'accord.

On a des détails sur son palmarès ? Oui, il y a six ans à Mont-de-Marsan, Berval

a braqué un supermarché. Il a pris en otage son gérant pour protéger sa fuite

avant de lutter par accident, d'après lui. Après son arrestation, on l'a

soupçonné de plusieurs braquages dans la région, il a toujours nié. Il choisit

pas sa famille, comme on dit.

Après le palace, la tôle, pas étonnant que l'archer ait parlé à personne de son

frère. Elle était peut-être du genre à compartimenter sa vie.

C'est pas bon de tout mélanger. C'est pour ça que tu dis jamais rien sur le

toit ? À nous deux, ça fait une moyenne.

Ouais, si tu veux mon avis, on bosse mieux quand on se connaît bien.

Message reçu.

Si on m'avait dit que la crime envoyait des nanas, je me serais fait une beauté,

c'est dommage.

Merci, ça va aller.

Qu'est-ce que vous me voulez ? Parce que ça va être l'heure de la promenade, là.

Fabienne n'a pas eu le temps de vous l'envoyer.

Elle est morte hier matin.

Je suis désolée.

Si vous êtes là, c'est que c'est pas un accident.

Elle a été assassinée à l'hôtel où elle travaillait. Nous sommes chargés de l

'enquête.

C'était son truc, l'hôtellerie.

Moi, je trouvais ça larbin, elle, elle s'en foutait.

Un petit peu avant mes emmerdes, j'étais allé la voir à Deauville, elle faisait

un stage.

Au Royal.

Elle était heureuse.

Vous étiez proches, tous les deux ? La première fois que je l'ai vue, elle

avait 16 ans.

Sa mère venait de mourir.

Et puis, comme notre paternelle avait disparu de la circulation, j'étais un

peu la seule famille qui lui restait.

Elle venait me voir de temps en temps.

Elle aimait bien les Landes.

J'ai cherché un grand frère.

J'ai pas été à la hauteur.

À votre avis, qui pouvait lui en vouloir ? Je sais pas, j'ai pas vu Fabienne

depuis trois ans. Trois ans ? Pourquoi ? Parce que j'ai demandé de pas venir.

Elle avait pas de temps à perdre.

Elle avait une vie, un avenir, et y avait pas de place pour un frangin

tolère.

Elle continuait de vous envoyer des colis.

Ah oui.

Elle était comme ça, Fabienne.

Quand elle croyait en quelque chose ou en quelqu'un, elle baissait pas les

bras.

Dans ses lettres, il vous parlait d'elle, de sa vie ? Non.

Elle marquait juste quelques mots.

J'espère que tu vas bien, je pense à toi.

Mais je n'ai même pas gardé ses lettres.

Entre 8h30 et 9h, j'étais dans les vestiaires, au sous-sol. Je me

changeais. Et bien sûr, vous étiez seul.

Notez-moi d'un doute.

Est-ce que vous me suspectez parce que personne ne m'a vu m'habiller hier matin

? En quoi consiste exactement votre fonction à l'hôtel ? Je prends en charge

les clients, je tente de leur assurer un confort maximal pendant leur séjour.

Dans tous les domaines ? Vos attributions incluent-elles l'activité

de proxénète ? Comment osez-vous insinuer une chose par la... On insinue

rien, on insinue rien, on rapporte les faits.

Monsieur Marsac, chambre 130, a fait souvent appel à vos services.

Non. Je me contente de mettre gracieusement en contact des jeunes

femmes avec des clients qui recherchent une escort girl pour visiter Paris ou

pour un dîner d'affaires.

Il ne s'agit en aucun cas de prostituées.

Si je comprends bien, ce ne sont que d'aimables accompagnatrices et vous, un

intermédiaire bénévole.

Dites-moi, qui croyez-vous tromper ? C'est la stricte vérité. Vous savez que

30% de commission par rendez-vous, c'est le genre de courboire qui mène droit à

Fleury ? Vous savez ça ? Je n'ai jamais touché le moindre ressenti. Ah.

Eva aurait menti.

Vous voyez qui c'est Eva ? Ah bah si, une blonde aux yeux bleus.

Elle nous a donné aussi la liste de certaines des veaux protégés. Ça

commence doucement à sortir le réseau tout ça.

Et Fabienne Larcher aurait voulu y mettre un terme.

Qu'est-ce qu'elle vous a dit Eva ? Je pense qu'elle vous a appelé sur votre

téléphone portable à 7h12 après son altercation.

Avec l'archer, vous lui auriez dit de ne pas trop s'en faire, que vous alliez

arranger la chambre selon vos propres termes. Elle vous a raconté n'importe

quoi. C'est sa parole contre la vôtre.

Que s'est-il passé après cet appel, monsieur Liancourt ? Une fois à l'hôtel,

vous retrouvez l'archer au troisième étage. Là, vous l'entraînez à la chambre

315, que vous savez être libre.

Là, la discussion dégénère.

Mais c'est faux, cet archi-faux, je ne l'ai pas vu.

Je vous répète qu'à l'heure du meurtre, j'étais dans les vestiaires.

Dites-moi...

Une demi-heure pour enfiler votre uniforme.

Vous êtes concierge ou autoréadeur ? On a trouvé ça chez Liancourt pendant la

perquise. Il a dû le rapatrier après le meurtre.

Oui, combien y en a-t-il ? 10, je crois.

10 filles, 1200 euros.

Oui, la soirée, 30% à chaque rendez-vous. Nous avons affaire, voyez

-vous, à une PME florissante. Bingo !

Les rumeurs étaient vraies, notre ami Lioncourt est un joueur de poker.

Je viens d'avoir le directeur d'un club de jeu.

Notre ami concierge joue souvent et perd beaucoup.

Oui, ce qui explique pourquoi nous n'avons rien retrouvé sur ses comptes

bancaires.

Apparemment, tout ça passe directement du tapis rouge au tapis vert.

En plus, il est bourré de dettes et les débiteurs sont pas très conciliants.

Bon, c'est pas le moment que l'autre, l'archer les chiens, le fasse plonger.

Le louvier, il est où ?

Non, tu l'as passée seule avec Berval. Bah si, c'est une cellule.

Il m'a dit qu'elle avait un truc à vérifier, je sais pas quoi.

Un truc à vérifier ? Non, ça joue vraiment perso, maintenant, c'est

chiant. Non, c'est ce qu'elle fait son boulot.

Elle prend des initiatives, moi ça me va.

Elle laisse plus le temps de s'intégrer.

Oui, c'est ce que j'ai l'impression, simplement, que la notion de groupe lui

passe un tout petit peu au-dessus de la tête, quoi.

Voyez-vous, curieusement, moi, elle me fait penser à un jeune lieutenant qui,

lors de son intégration à la crime, faisait montre d'un certain esprit d

'indépendance. Oui, mais qui ? Qui, non ? Ah, pas moi ! Ah, non !

Ah non, pas moi, j'étais pas du tout comme ça. J'étais pas du tout comme ça,

moi. Hein ? C'est quand même là. J'étais comme ça.

Ils sont magnifiques, n'est-ce pas ? Ce collier de perles fines vous irait à

ravir. Ce sont plutôt vos caméras qui m'intéressent.

Nos caméras ? Est-ce qu'elles filment jusqu'au trottoir en face, à l'hôtel

Greenwich ? Je ne pourrais pas vous dire.

J'aurais besoin des bandes qui correspondent à hier matin avant 10h.

Écoutez, il n'y a rien ici, mais il faudrait passer par la société de

télésurveillance qui gère notre système. Bien.

Vous allez me donner leurs coordonnées ? Mais je vous en prie.

Après vous.

Nath pleure tous les jours, pour rien en plus.

Son baby blues, ça commence à être longuet.

Ouais, pour Mario c'était pareil.

C'était une histoire d'hormones, je sais plus si y'en avait trop ou pas assez.

Ouais, enfin deux mois après l'accouchement, c'est plus un baby

blues, c'est de la dépression.

Ma belle-sœur elle a eu pareil, elle était crevée tout le temps, le papa

était pas beaucoup là.

Ça veut dire quoi ça ? Je fais le maximum ? Elle a dit le papa, mais bon.

Et alors, ça se rangerait quoi s'il était là l'autre ? Ouais, enfin, Nath

devrait voir un médecin. Il faut qu'elle sorte des couches et les petits pots là.

Qu'elle s'amuse un peu, c'est les soldes. Là, c'est ma carte bleue qui va

faire une dépression.

Vous allez l'user, là ? Marchand.

Il faut s'acheter, là. Ça fait une heure qu'il trempe.

Je pensais à Lyoko, le dévoué concierge du Greenwich.

Oui, il a un mobile.

Un alibi plus que douteux.

Mais à moins qu'il n'ait hérité du don d'ubiquité, ce n'est pas lui qui s'est

enfui de chez l'archer.

Il ne fait pas son business tout seul. Il a envoyé quelqu'un.

Il devait s'assurer qu'il n'y avait rien de compromettant pour lui dans l

'appartement. Si Liancourt a tué l'archer, pourquoi est-ce qu'il a laissé

le corps dans la 315 sans le planquer ? Il n'a pas eu le temps.

Je ne m'en sortais plus.

C'était le seul moyen de rembourser mes dettes.

Écoutez, cette fille, je ne les ai jamais forcées. Même sans moi, elle

serait là.

En somme, vous profitez d'un système dont vous n'êtes pas responsable.

Responsable ou pas, ça ne faisait aucune différence pour Fabienne Larcher, et

vous le savez très bien.

Bon,

le concierge a reconnu le réseau d'Escort Girl, mais pour le reste, il n

'a rien lâché.

C'est l'avenue de Vendredi Nuit, hier à 8h40.

Et on ne voit pas l'entrée de l'hôtel ? Non, mais l'utilitaire, là, c'est celui

qui m'a fait les souvenirs devant chez Larcher.

Même modèle, même couleur, avec « Produits du terroir » écrit dessus.

Ça ne peut pas être une coïncidence.

On a fait un agrandissement du numéro de téléphone sur la carrosserie. Le

propriétaire s'appelle José Echebary, producteur de foie gras à Dax. D'après

un de ses employés, il est monté sur Paris il y a deux jours pour faire des

livraisons. Ce serait lui qui s'est enfilé chez l'archer ? Parmi les papiers

qu'on a récupérés dans l'appartement, il y avait une note d'hôtel datant du week

-end dernier. Et justement, elle était à Dax.

C'est un début.

Où est-ce qu'on peut le trouver, Echebary ? Il doit rentrer à Dax demain.

On attend la réponse pour la localisation de son portable et on a

fait diffuser un avis de recherche.

Moi, il faut que je vous le dise, j'ai pas parlé à l'archer hier.

Bien.

Relisez votre déclaration et signez.

Ensuite, nous vous ramènerons en cellule.

Michel. Vous êtes en avance ? Non, c'est moi qui suis en retard. Désolée.

Merci. Non, ça n'a aucune importance.

Venez, je vais vous présenter.

Thibaut Psythas, Michel Lemarchand.

Enchanté.

Enchanté.

C'est vous le jeune artiste ? Votre amie s'occupe, c'est ça ? Elle est la

première qui a cru en moi.

Sans elle, il n'y aurait pas d'expo.

Justement, on est en train de régler quelques détails pour l'accrochage, mais

on n'en a pas pour longtemps.

Pardon. Camille, je pensais à une chose.

Ce serait étonnant sur le mur du fond, non ? Oui.

Je ne sais pas, je la voyais plutôt en face, moi.

On termine, hein ? Ah zut, il y a encore les épreuves pour le catalogue.

Et si on voyait tout ça en guénon ?

Je connais un excellent Libanais dans le coin.

C'est-à-dire que... Je... Camille, je suis désolé. Justement, j'étais venu

pour vous dire qu'un événement imprévu m'empêchait de... de participer à cette

soirée en votre compagnie.

Je suis désolé.

Ça va, je peux marcher tout seul.

Quoi ce mec-là ? Echebari.

Il a été interpellé à une station-service près d'Orléans.

C'est lui que vous avez vu chez les victimes ? Il a la même allure et le

même bonnet.

À part demander pourquoi on l'a arrêté, il a pas moufté pendant tout le trajet.

Bien à nous de le rendre plus loquace.

Monsieur Echebari, d'après votre employé, vous êtes monté à Paris.

pour livrer vos produits. Pourriez-vous nous préciser où ? Pas exactement.

Un restaurateur à Gentilly.

Vous êtes venu dès Lens pour une seule livraison ? Dans ce cas, pourriez-vous,

s'il vous plaît, nous expliquer pourquoi, alors que votre rendez-vous se

situait au sud de Paris, près de l'autoroute A6 par laquelle vous êtes

arrivé, vous êtes localisé ?

Au nord-est de la capitale, très exactement rue de la Loire.

Rue de la Loire ? Ça me dit rien.

Pourtant je l'ai bien vu votre camionnette.

Même que vous étiez pressé de partir.

On vous a dérangé chez Fabienne Larcher ? Je comprends pas. Fabienne Larcher, 27

rue de la Loire, 4ème étage.

J'ai jamais entendu parler.

Et deux heures plus tôt, vous étiez dans le premier arrondissement.

Vous visitiez Paris, sans doute.

Par un hasard extraordinaire, vous vous retrouvez devant l'hôtel Greenwich à

8h40, heure à laquelle on y assassinait Mlle Fabienne Larcher.

Si vous le dites.

Moi, je crois pas aux coïncidences, alors on va tout reprendre depuis le

début. Que faisiez-vous chez Fabienne Larcher ? Je vous l'ai déjà dit.

Je vois pas de quoi vous voulez parler.

OK, merci.

Bon, c'était Ligie. Les empreintes relevées dans l'appartement de l'archer

sont bien celles d'Echebary. J'en étais sûre.

Je reviens de l'hôtel.

Le chasseur a formellement reconnu Echebary.

Il l'a vu dans les escaliers vers 8h20 le matin du meurtre et il montait dans

les étages. Donc il était bien sur lieu du meurtre et plus tard chez l'archer.

Ça met le concierge hors course. Liancourt va tomber pour proxénétisme,

pas pour meurtre. Tu crois pas que tu vas un peu vite, là, non ? Echebary et

Liancourt peuvent pas être sur le coup ensemble.

On a trouvé aucun rapport entre eux, ni géographique, ni professionnel, ni

téléphonique. Alors...

Et alors, c'est quoi le rapport entre l'archer et Chebary ? Le week-end

dernier, il était dans son bled à Dax. Ah oui, c'est immobile.

Peut-être plus que vous ne le pensez. Direction centrale des renseignements

généraux. Faites voir.

Oui, la consonance basque du patron aimé Chebary m'a incité à les contacter.

Mon intuition était la bonne, il possède un dossier sur lui. Notre homme a été

soupçonné d'appartenir à un mouvement nationaliste clandestin.

Un sort ETA militaire.

Exact. Il y a plusieurs années, il a été entendu dans le cadre de plusieurs

enquêtes, notamment pour trafic d'armes, incendie criminel et de vol à main

armée, il y a six ans.

On n'a jamais rien pu prouver. C'était où ces braquages ? Très bonne question,

capitaine Louvier. Le premier, à Bayonne, et le second, à Pau. Le

supermarché que le frère de l'archer a braqué se trouvait dans la même région.

Et là aussi, c'était il y a six ans.

C'est curieux, non ? Père Fall, Père Val, oui, oui, oui,

je me souviens de l'affaire.

J'étais au commissariat de Mont-de-Marsan à l'époque.

Oh là là, seule affaire, hein ? Oh, et alors, comment ça, la soeur, elle a été

tuée ? Enfin, sa demi-soeur, non ? Comment elle s'appelait déjà ? Larcher.

Larcher, oui, oui, c'est ça. Vous aviez des contacts avec elle ? Oui, je l'avais

vue pendant l'enquête.

Elle était persuadée que son frère avait été entraîné et qu'il ne voulait pas

balancer son complice.

Vous ne parlez pas de complices.

Pardon, on n'a trouvé personne.

Son Berval n'a jamais rien balancé.

Elle était têtue aussi, je lui avais dit de ne pas insister. Elle y allait, même

quand elle s'était fâchée avec son frère.

Merde, ça c'est moche. C'est moche, oui.

Bon, allez, je vous laisse.

C'est sympa, non ? L'accent, surtout, moi, j'aime bien.

Si Berval ne voyait plus sa soeur, c'est peut-être parce qu'elle pouvait trop

sonner dans ses affaires, non ?

S'il avait vraiment accompli, c'est que ça allait être chez Barry.

On a le mobile du meurtre.

Je vous dis que je ne connais pas ce Berval.

Pourtant, vous avez des points communs.

Originaire du Sud-Ouest tous les deux, à peu près le même âge, braqueur de

supermarché. Je n'ai jamais braqué de supermarché. Non, mais vous avez été

soupçonné à plusieurs reprises d'avoir participé à des vols à main armée, ainsi

qu'à diverses actions laissant à penser que vous êtes impliqué dans des

mouvements autonomistes.

Vous êtes comme les autres.

Quand on défend la culture et la langue basque, tout de suite, on est un

terroriste. On fera de la politique une autre fois.

L'archer avait compris que c'était vous le complice de son frère.

C'est pour ça qu'elle est allée à Dax, n'est-ce pas ? C'est pour la fierté que

vous êtes montés à Paris.

J'ai rencontré Fabienne l'été dernier à la fériade de Dax.

On avait sympathisé.

Et puis je l'ai revue samedi. Elle était descendue pour le week-end.

C'est tout, je suis pour rien dans sa mort.

Eh bien, l'archer, vous manquez tellement.

48 heures.

Putain ! Et de façon impromptue, vous êtes monté pour la rejoindre.

Je voulais lui faire une surprise.

Je l'ai retrouvée à l'hôtel, on s'est vus entre deux portes. Elle m'a donné

les clés de son appart pour que j'aille me reposer.

Ensuite, on est redescendus dans le hall.

Malheureusement, personne ne vous a vus ensemble.

Mais c'est vrai, merde ! Elle m'a laissé près du kiosque, dans le hall.

Je me rappelle, elle était pressée, elle avait vu quelqu'un.

Tu peux savoir qui ? Si, vous.

La chaise.

Je crois que c'était son patron, mais elle m'a dit que non.

Qu'elle voulait pas qu'ils nous voient ensemble.

Il y avait du monde, des gens qui rentraient dans un salon.

Il y avait un séminaire.

On devait se retrouver chez elle.

Mais après votre visite, j'ai appelé l'hôtel.

Et c'est là que j'ai appris qu'elle avait été assassinée.

Donc, à son appartement, vous ne saviez pas qu'elle était morte.

Pourquoi vous êtes renfuie devant la police, alors ? Moi, je sais.

Vous vous êtes tirée tout simplement parce que vous l'aviez tuée.

J'ai pas tué Fabienne.

Je l'ai pas tuée, je l'aimais.

Qu'est-ce qu'il croit qu'en sortant les violons, il va nous faire gober son

histoire ? Depuis le début, il nous balade.

Peut-être ignorait-il vraiment que l'archer était mort, qu'il aura fui

croyant que c'était l'activiste qui était recherché.

Il y a trois jours, au Pays Basque français, des bâtiments administratifs

ont été la cible d'attentats. On soupçonne fortement le groupe des

Chebari d'être derrière.

Ah ben voilà.

Ce cabinet était rempli d'armes et d'explosifs, je comprends qu'il ait pris

la tangente.

Oui, après son arrestation, il aura manqué. Son profil ne plaide pas

vraiment en sa faveur. Attendez, Sylvain, ce qui était chez Larcher, c

'était pour effacer toute trace de son passage.

Louvier et Bailly sont arrivés trop tôt. Trop tôt, mais pas du tout. Il est

facilement deux heures pour tout fouiller.

Non, moi je crois qu'il était sincère quand il parlait de Fabienne Larcher. Je

suis sûr qu'il tenait vraiment à elle.

Vous êtes des grands romantiques à la crime.

Oh, romantique, je ne sais pas.

Pragmatique.

Assurément, dans l'hypothèse où Echebarri aurait voulu empêcher Fabienne

Larcher de le dénoncer, je vois mal un homme.

comme lui, prendre le risque d'aller la tuer à son hôtel de façon aussi

improvisée. Vous croyez ce que dit Echebary, que l'archer aurait reconnu

quelqu'un dans le hall ? Bon, allez, dans le doute, on vérifie.

J'ai l'impression qu'on perd notre temps.

Je vois mal un des costumes trois pièces du séminaire être complice de Berval

dans un braquage de supermarché.

Ou alors, l'archer a aperçu une autre escort girl dans le hall, ce qui a remis

le concierge dans la cause au suspect.

Non, moi j'y crois pas. S'il avait dû avouer, il l'aurait déjà fait.

Si je l'oublie, je l'accroche ? Non.

Si c'est pour l'enquête ? Non.

Lise ? Non.

C'est qui ça ? J'ai... J'avais que la porter.

Allô ? Ok, je te rappelle plus tard.

Bon, allez, moi je vous laisse.

Avec un peu de chance, je serai à la maison avec les enfants d'or.

Bon courage ! Tu devrais y aller aussi.

Pas besoin qu'on soit 15 à terminer les vérifs. Moi, j'ai personne qui m'attend.

Ah, mais il n'y a aucun problème.

Je reste sur le coup.

Je ne sais pas si tu as remarqué, mais ici, on travaille en groupe.

Comme tu veux, c'est ta vie.

Ah ! Bonne soirée.

40 couverts, on est complets jusqu'à la fin de la semaine.

Et puis au miracle, la mandine s'est endormie à 9h.

Génial.

Bon, bah... Je vais t'aider un peu.

Tu rentres encore bien tard ce soir.

Bon, des derniers trucs à vérifier.

Je suis sûr que c'est complètement inutile, mais bon.

J'avais oublié comment c'était, la crime.

Pendant un an, je t'ai eue pour moi toute seule, et là, il faut que je te

partage à nouveau.

Tu sais, en ce moment, tout le monde fait un effort pour s'adapter.

Y a Jean-Louis qui revient en chef...

Moi qui apprend du service, une nouvelle qui rentre, tu vois.

Mais je te promets que... Cette fois-ci, je ferai tout pour pas me laisser

bouffer.

Je te promets.

Moi aussi.

Entre Amandine et le restaurant, je suis pas très disponible.

D'ailleurs, à ce propos, j'ai pensé que je peux peut-être me faire aider.

Tu te souviens de la femme de Patrick ? Je suis sûre que ça l'intéresserait.

La femme de Patrick... La femme de Patrick ? La

femme de Patrick ! Mais bien sûr, je n'y avais pas pensé ! Rien à voir ! Pardon ?

Ah non, non, excuse-moi, c'est par rapport à l'enquête qu'on... Non,

désolé, je te demande deux secondes. Juste deux secondes. Jean-Louis ! Jean

-Louis, je te dérange pas ? Excuse-moi encore pour y asseoir. Tu l'as dit ?

Voilà, on a oublié quelqu'un quand même de très important.

Quelqu'un dont le nom ne figurait pas sur la liste du séminaire mais qui

pourtant était.

Au salon, Agathe Debussy.

La femme de la 318 ? La dernière chambre qui servit l'archer ? Oui, on sait qu

'Agathe Debussy a accompagné son mari au buffet à peu près à l'heure où Étienne

Barry a dit se trouver dans le hall.

Tu veux dire que c'est Agathe Debussy que l'archer a reconnu ? En faisant

quelques recherches, j'ai découvert qu'Agathe Debussy est née sous le nom de

Véronique Martin. Agathe étant son deuxième prénom, qu'elle est originaire

de Mont-de-Marsan et qu'elle était au lycée avec...

Berval. Oui, mais pas à la même époque. Elle est plus jeune que lui, si je ne m

'appelle. Évidemment, de 4 ans, tout à fait.

C'est quand même assez troublant.

Il faut savoir quand même que quelques mois après le braquage du supermarché,

Agathe Debussy a quitté son Mont-de-Marsan natal pour aller s

'installer à Nancy.

Là où elle rencontre un certain Pierre Debussy avec lequel elle se marie, elle

fait une petite fille et elle devient attachée de presse d'un musée.

C'est pas si troublant, vous, que... Non ? De changer de vie comme ça, du tout au

tout, du jour au lendemain ?

Attends, ce serait elle l'accomplice de Berval ? Il manque encore quelques

éléments, je cherche à joindre les parents, mais je pense qu'il serait bon

de creuser de ce côté-là.

Monsieur Debussy ?

Qu'est-ce qu'il y a encore ? C'est vraiment pas le moment, on s'apprête à

partir. Nous voudrions parler à votre femme.

Je peux savoir ce que vous lui voulez ? Madame Debussy, nous avons des

questions à vous poser dans le cadre de l'enquête concernant la mort de Fabienne

Marchais. Si vous voulez bien nous suivre.

Qu'est-ce que ça veut dire ? Ma femme n'a rien à voir dans cette histoire.

Je viens avec vous.

Ça tombe bien, c'était prévu. Par là.

Ah bien.

Je vous remercie.

Oui.

Jean-Louis ? D'abord, le père de Agathe Debussy, enfin de Véronique Martin,

alors, il était un petit peu surpris d'abord d'entendre parler d'elle parce

qu'elle leur a quitté la maison à 16 ans. C'était le genre à nous révolter.

Et d'après lui, il y a 6 ans, elle aurait été caissière dans un

supermarché.

Celui qui a été braqué par Berval ? Ah, tu es le vrai chef de groupe, toi.

Ah oui.

Je vous répète que je n'ai pas vu l'employé du room service.

J'étais au salon de beauté de l'hôtel.

Oui, nous avons eu confirmation de votre rendez-vous.

Un peeling.

C'est bien ça. Ce soin était prévu à 8h45.

Mais l'esthéticienne qui avait pris un peu de retard avec une autre cliente n'a

pu confirmer l'heure exacte à laquelle vous êtes arrivée.

Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Si vous commencez déjà par nous

parler de... Eric Berval.

De qui ?

Oh, vous vous rappelez sûrement le braquage du supermarché Plastière à Mont

-de-Marsan il y a six ans.

Oui.

J'étais caissière là-bas.

Monsieur Vousier, le directeur, avait été tué.

Il se trouve justement que le braqueur était Eric Berval, le frère de Fabienne

Larcher, employée du room service assassinée.

Et vous avez quitté Mont-de-Marsan.

Et... Vous avez changé de prénom à ce moment-là, n'est-ce pas ? C'est

condamnable ? Qu'est-ce que vous me reprochez ? De ne plus être caissière ?

D'aimer mon mari ? Non, mais d'avoir émigré sous d'autres cieux pour vous

faire oublier, pour oublier la fin tragique de ce braquage dont vous étiez

la complice.

Quoi ? Je suis complice d'un braquage, maintenant ? C'est insensé.

Pourquoi vous vous acharnez sur moi ? Pourquoi ?

Ma femme, une délinquante en cavale. Non mais ça va pas.

D'abord, Agathe a perdu ses parents dans un accident de voiture quand elle avait

11 ans.

Elle a été recueillie par la DAS, déplacée dans des familles d'accueil ou

des foyers.

Si vous voulez lui parler, nous avons ses coordonnées.

C'est impossible, vous vous trompez.

Agathe et moi, nous vivons une relation basée sur la confiance.

C'est une mère idéale.

Une femme exemplaire. Elle a repris ses études pour devenir attachée de presse.

Elle ne ferait jamais de mal à qui que ce soit.

Et puis, je suis psychologue de formation.

Si elle m'avait caché quelque chose, je m'en serais rendu compte.

Elle voulait tirer un trait sur le passé.

Vous étiez sa deuxième chance.

Elle pouvait pas se permettre de la gâcher. Bon, écoutez, il y a

certainement une explication logique à tout cela.

En tout cas, c'est pas la vôtre.

En attendant, j'appelle mon avocat. Vous n'avez pas à retenir ma femme en garde à

vue.

La gagne de bûchis, là...

Avec le numéro du 4, elle n'a rien avoué.

Entre une vie cool en province et 20 ans de taule, moi aussi je m'accrocherais à

mes mensonges. Jean-Louis, ça se tient.

En raccompagnant Echebary dans le hall de l'hôtel, Fabienne Larcher reconnaît l

'ex-compice de son frère, Agathe Debuchy. Agathe Debuchy s'en rend

compte, elle la suit au troisième étage. Elle monte, ça se passe mal, c'est tout.

Sauf qu'on n'a aucun élément matériel, aucun témoin, même pas la certitude que

Berval et Debuchy se connaissaient.

Bon, il y a un moyen de débloquer la situation.

On va les confronter.

Qu'est-ce qu'on fout là ? Vous avez du nouveau pour ma sœur, c'est ça ? Je vous

en prie.

Je vous demande quelques instants.

Ça va leur faire un choc de se revoir.

Espérons que ce sera suffisant pour les pas craqués.

Pourquoi est-ce que vous m'amenez ici ? Qui est cet homme ?

S'il vous plaît.

S'il vous

plaît.

Ben alors ? C'est tout ? Je croyais qu'on allait avoir de belles

retrouvailles et puis... Rien.

Ne me dites pas que vous vous reconnaissez pas quand même.

Il est vrai que depuis six ans, vous êtes liés par le silence.

Vous pour la protéger et vous pour l'oublier.

Tout ça est absurde.

Vous pensiez y être parvenu ? Vous devez savoir, monsieur,

qu'elle date de Bouchy.

Je devrais plutôt dire Mme Véronique Martin, un nom qui vous est plus

familier.

est aujourd'hui une femme mariée, mère de famille, qu'elle habite dans une

résidence d'un quartier très chic de Nancy, grâce à vous.

Vous qui résidez dans une autre sorte de quartier pénitentiaire, celui-là.

Vous lui avez permis une première fois d'échapper à la prison pour le braquage

et pour la mort du gérant.

J'ai pas à entendre ces conneries.

Je veux voir mon avocat ! Allez-vous lui permettre d'échapper une seconde fois à

la prison alors qu'elle vient de tuer votre sœur ? Quoi ? C'est pas vrai ? Dis

-moi que c'est pas vrai.

Regarde-moi, gros.

T'as pas fait ça.

C'est pas toi qui as fait ça.

Ça y est, on a le lien entre eux.

Elle l'a pas encore avoué.

20 ans, c'est long.

J'imaginais pas te voir à ma sortie de tôle avec un bouquet de fleurs et des

chocolats.

Je m'y attendais, mais... Mais que tu t'en prennes à Fabienne, pourquoi ?

Pourquoi, Véro ? Pourquoi ?

Je t'assure, Eric, je

voulais pas.

Dites-nous ce qui s'est passé. Allez.

J'ai vu Fabienne dans le hall, mais je ne l'ai pas reconnue.

Je l'avais vue seulement une fois chez toi.

Je prenais un café avec mon mari au buffet du salon et je me suis aperçue

que j'avais oublié mon sac.

Quand je suis remontée dans la chambre, Fabienne était là, en train de fouiller

dans mes papiers.

Elle m'a insultée.

Elle disait qu'il n'y avait pas de raison que tu sois le seul à payer.

Je lui ai expliqué que je n'étais pour rien dans le braquage, que je t'avais

juste donné les infos.

Mais elle n'a rien voulu entendre. Elle est devenue agressive, alors... Alors je

l'ai repoussée, elle est tombée.

Tu dois me croire, Eric, je n'ai jamais voulu la tuer.

Allez, cherchez les photos. Vous pensez nous faire croire ça ? Je te jure, c'est

la vérité. La vérité ? Votre vérité, Madame Debussy ? Vous avez une certaine

propension à occulter tout ce qui ne vient pas coller.

avec votre réalité, tout comme votre participation au braquage ou au

meurtre de Fabienne Larcher.

Votre sœur n'est pas morte en tombant.

Elle a été étouffée avec un oreiller.

Après l'avoir tuée, votre ex-complice a déplacé le corps dans une autre chambre

pour faire croire à une agression.

Belle mise en scène.

Le bien de l'archer qui menaçait votre vie, votre nouvelle vie.

Vous étiez prête à tout, tout pour la protéger.

Eric, c'est pas vrai.

Dites pas ! Je vais pas écouter tes mensonges.

T'étais avec moi sur le braquage.

C'est à cause de toi que je l'ai buté, Jérôme.

Je t'avais reconnu.

J'ai tout pris sur moi.

Je t'aimais.

Si j'avais parlé, tu serais encore vivante, Fabienne.

Agathe.

Pardon. Je te demande pardon.

Je ne croyais pouvoir se réinventer une vie.

S'il vous plaît.

Vous raccompagnez M. Debussy.

Merci.

Bon, on va prendre un verre ? Ah, pardon, excusez-moi.

Oui, allô ? Oui, Nat ?

J'allais t'appeler.

Hein ? Non, je vais pas rentrer tout de suite, là.

Ah, t'es allé voir le médecin, c'est bien.

Ok, d'accord.

Bon, ben, j'imagine que j'ai pas le choix.

Très bien.

Bon, ben, à tout de suite, alors.

Alors, qu'est-ce qu'il a dit, le médecin ? Il a dit comme toi.

Faut qu'elle sorte.

Alors, elle sort.

Là, maintenant, ce soir. Et toi, t'es de garde ? Oui, je suis de garde.

C'est pas grave.

On va qu'elle prend un verre à la maison.

Théo dormira.

J'espère.

Si tu dors pas, on te ramène une étude en canon et ça va l'achever.

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