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...
Jets d'eau.
...
Bruissement.
...
-9h06.
-Désolée, mon chat a filé par... -OK, ça va.
David, Nesrine, votre affaire vous attend Ă l'accueil. Du harcĂšlement.
Prenez ça au sérieux, qu'on évite un féminicide.
-Comptez sur nous. -Sinon, Ă partir d'aujourd'hui,
il va falloir vous montrer irréprochables.
Plus que d'habitude, je veux dire. Vous allez ĂȘtre... observĂ©s.
-L'inspection générale des services ?
-Pire. Un stagiaire de troisiĂšme.
Ryem, Pauline, montrez-lui le métier avec rigueur.
-Avec grande joie.
J'adore les ados. L'esprit vivace, la bonne humeur... C'est tout moi.
-Sam, tu viens ?
N'aie pas peur.
Sam, voici tes maßtres de stage, les capitaines Bienaimée et Bouazi.
-Y a pas de réseau, ici ?
-Iris et Victor ne sont pas disponibles pour le stagiaire ?
-Ils gĂšrent une noyade dans un camping.
J'ai pensé que vous auriez du mal à supporter les animateurs en tongs.
Quoique...
Allez !
Au boulot !
9h09 : les contribuables ne nous payent pas pour boire des cafés.
-AllĂŽ, papa ?
Non, je peux pas parler plus fort.
T'as pu te renseigner sur Victor Montagnac ?
Oui, j'ai demandé à plus bosser avec.
OK, je t'em...
Un bonheur. -Villeneuve, arrĂȘte de papoter.
J'aime pas ĂȘtre le plus sĂ©rieux du duo, je te prĂ©viens.
Salut Manue ! -Oh, Vic ! Ca va ?
C'est à cause des boulodromes qu'ils t'ont envoyé ?
-Quand une légiste te connaßt si bien, c'est que t'es déjà mort.
Alors ? La noyée ? -C'est le propriétaire du camping
qui l'a découverte.
Mort par noyade Ă la fin de la nuit ou Ă l'aube. Je pense Ă une chute.
-Genre elle se casse la gueule en rentrant de soirée.
-VĂȘtements,
téléphone, clés de voiture,
portefeuille...
Pas de carte bancaire.
Elle s'appelle Eva Dracq. Elle a... -Attends !
J'adore deviner. -38 ans.
-J'allais le dire. -Impressionnant.
Elle a l'air sur le départ, ça fait pas accident de fin de soirée.
-Ouais...
Surtout si c'est pas un accident.
E comme Eva.
Il a été arraché comme si elle s'était battue ou défendue.
-Ca matche avec les contusions Ă la tempe et aux mains.
-Bon... Un banal accident se transforme en affaire criminelle.
On ouvre une enquĂȘte.
-Qu'est-ce que t'en penses, toi ? T'aurais pas vu quelque chose ?
-J'ai renversé du thé dans mon sac. Je me suis brûlée, mais... Bref !
En voulant le nettoyer, j'ai trouvé ça.
On dirait un micro ou une mini-bombe.
-Un tracker.
Il indique votre position. -Mais qui voudrait savoir ça ?
-Vous ĂȘtes cĂ©libataire ?
C'est typique d'un copain jaloux. -Ca m'étonnerait.
Mon ex est sur un porte-avions. Il est militaire.
-Et vous n'avez pas remarqué de porte-avions garés dans votre rue ?
Je déconne !
-Votre travail ?
-Auxiliaire de vie. Je vois mal mes petits vieux faire ça.
-Et votre employeur ? Il aurait des raisons de vous surveiller ?
-Je prends parfois un peu de retard sur ma tournée.
Mes petits vieux sont souvent seuls,
je dis jamais non à un café. Le pire, c'est que j'aime pas ça.
C'est mon patron qui me traque ? -Si c'est le cas, c'est illégal.
-Je dois m'inquiéter ? -Une jeune femme traquée,
on prend ça trÚs au sérieux. -Pour des raisons de sécurité,
dormez chez une amie ce soir.
-En cas de problĂšme, appelez-nous. -En tout cas, rassurez-vous,
on a les choses en main. On va faire parler cette bĂȘte.
-Evidemment que c'est un drame !
Mais tout est aux normes, ici. MĂȘme la piscine.
Ca m'a coûté un rein.
Y a jamais eu un souci dans mon camping !
J'ai à faire, je vous laisse. -On n'a pas terminé.
-Dites-moi, Michel,
votre mobile home, c'est de l'alu, non ?
-Ca ? Oui, celui-là , c'est une antiquité, j'aime bien.
-Ca a de la gueule !
-Oui, le PVC, c'est confort, mais ça manque de charme.
-C'est vrai.
-Vous en avez un ? -Mon rĂȘve.
-Non ? -Vivre ici,
c'est la fĂȘte tous les jours ? -On sait profiter un peu.
-D'ailleurs, la petite Eva, c'était du genre à profiter ?
-Oui, on peut le dire.
Jusqu'à tituber dans les allées.
Une fois, en septembre, elle est tombée inconsciente.
C'était sur la terrasse du 43.
Des Allemands. Ils étaient outrés ! -Eva allait quitter le camping ?
-Non, ça m'étonnerait. Elle avait pas d'autres solutions de logement.
Comme la plupart des gens, ici.
-Elle payait comment ? -En liquide.
On n'a pas de carte bleue, quand on est fiché à la Banque de France.
-La vidéosurveillance, on peut récupérer les images ?
-Ca va ĂȘtre compliquĂ©. J'ai pas payĂ© l'abonnement.
Ca fait belle lurette qu'elle a pas filmé, la caméra.
Je la garde pour la dissuasion. -Bien sûr.
-On veut la liste des occupants du camping.
-Pourquoi ? C'est pas un accident ?
Il vous faut pas un mandat ?
-On va s'en occuper.
Michel, je me demandais... Ca coûte combien,
une de ces beautés ?
-C'est accessible.
Quand on réfléchit bien, avec le temps qu'on passe dedans...
-Le ringard revient Ă la mode.
-Tout n'est pas perdu pour moi, alors.
-Elle Ă©tait bien sur le dĂ©part. -Elle avait sĂ»rement fĂȘtĂ© ça.
Ti-punch. En matiÚre d'apéro, je suis un vrai chien truffier.
-C'est vrai qu'à votre époque, on servait du vin à la cantine ?
-Si seulement ! Tu penses que je suis né quand, exactement ?
-Le rapport de toxicologie va nous fixer sur son taux d'alcoolémie
au moment de sa chute. -Si elle était ivre, c'est sûrement
qu'elle avait replongé.
Un jeton de sobriété.
Aux Alcooliques anonymes, on donne ça pour encourager à rien lùcher.
-Ouais... -Ouais.
Culture générale. Pour ça, faut pas s'enfermer dans un bureau,
faut fréquenter le terrain.
-C'est comme ça qu'à 54 ans on est encore capitaine ?
-Je fais flic pour aider les gens, pas pour quémander des promotions.
Avec tous tes diplĂŽmes, pourquoi choisir
un commissariat de 2de zone ? -C'est symbolique.
Mon pÚre a commencé ici.
Vous l'avez peut-ĂȘtre croisĂ© ? -Non.
Villeneuve, ça me dit rien. -Non, lui,
c'est de Kerfany. -Non.
-J'ai un ticket de caisse.
Une bouteille de rhum Ă 16,20E. -J'ai.
-Des chips Ă 2,40E. -J'ai.
-Des préservatifs à 8E.
-J'ai pas.
Le programme de la soirée était clair.
-Acheté hier aprÚs-midi à l'épicerie en face du camping,
et payé par carte bleue, donc, pas par notre victime.
-La petite sauterie entre Eva et son inconnu a pu mal tourner.
-Ca marche pas. Elle est cassée.
*Jeu vidéo.
*...
-Sam !
Ca va, Sam ? Tu joues Ă quoi ? -Un jeu de voitures.
-Ici, c'est comme un jeu vidéo,
mais en vrai.
Alors ?
Ready, Player One ?
-Ouais... Ca va ĂȘtre long.
TrĂšs.
-Bon, confisqué.
Ta mission du jour, c'est l'inventaire.
Comme dit mon pĂšre, y a pas de bons ouvriers sans bons outils.
Les fournitures !
-Voilà ton matériel. Donc, les feutres :
tu les essaies un par un, et ceux qui marchent pas, tu les jettes.
Sympa, non ?
-Tout ça ? -Bon courage.
-Pas sûr que ma tante kiffe
quand elle saura que vous me faites trier des stylos.
-Quel rapport ?
-J'ai demandé à tata Christine de me trouver le meilleur stage
de toute ma classe.
Je cherche encore Ă voir. -Tata Christine... Janvert ?
-Attends...
Le commissaire, c'est ta tante ?
-Ouais. -On a terminé.
-On a terminé. -Bravo.
Ca te dit de visiter les coulisses d'un commissariat ?
Tout ce que tu vois pas à la télé. -Ouais.
-On y va !
Allez...
-OK, merci Pauline.
On a identifié le type du ticket de caisse.
-Lucas Morel. Le patron l'a vu tourner autour de la victime.
2 nuits au camping, parti Ă l'aube.
-Il a un casier pour violences. -Quitter le camping !
Faut ĂȘtre fou ! Barbecues, apĂ©ros, soirĂ©es karaokĂ©... Le paradis !
-Sauf quand on finit noyé. Je lance un avis de recherche.
-Ca ira vite :
vu qu'il paye en CB, on n'est pas sur un as de la cavale.
*-Y en aura pour longtemps ? J'ai de la route Ă faire.
-Vous ĂȘtes pressĂ© de partir ? -Vous faites le tour des campings :
vous écrivez un guide touristique ?
-Je me suis fait licencier.
J'ai pris un peu d'oseille. Je profite du bon temps.
C'est interdit ?
-C'est pas moi qui vais vous le reprocher.
Mais votre bon temps...
Vous ĂȘtes le dernier Ă l'avoir vue vivante.
-Quoi ?
Laura est morte ? -Eva.
Elle s'appelait Eva.
-Attendez. Je la connaissais Ă peine.
J'ai passé 2 jours au camping. -Rhum, capotes,
c'était une sacrée soirée !
-L'autopsie nous dira s'il y a eu viol.
-Quoi ? Vous ĂȘtes malades ! J'ai violĂ© personne, moi !
J'avoue, je l'ai repérée quand je suis arrivé au camping.
Elle était mignonne.
J'avais envie de... de tenter ma chance.
Mais...
Ca s'est pas passé comme prévu.
Tu veux pas m'accompagner ? -Non, je reste Ă l'eau, merci.
-C'est marrant.
T'as plutĂŽt une rĂ©putation de fĂȘtarde, ici.
-Ah !
-LĂ , tu as tout l'air d'une sainte. -Je suis dans une autre phase.
-J'arrive trop tard.
-Je tente des trucs. La méditation, le sport...
Tous ces trucs
que je trouvais bidon avant.
-Tu fais quoi comme sport ? -Du tai-chi.
-Attends... Le truc de vieux, lĂ ? -Tu rigoles, mais c'est hyper dur.
Faut ĂȘtre super souple et mĂ©ga concentrĂ©. Regarde.
Excuse-moi. Je t'ai peut-ĂȘtre envoyĂ© les mauvais signaux.
J'ai accepté un verre,
rien d'autre.
-Je comprends pas...
On a une connexion, toi et moi, non ?
Fais pas ta coincée. -Barre-toi. Maintenant.
-J'avais un coup dans le nez.
J'étais un peu lourd.
-Heureusement qu'y a l'alcool pour justifier la connerie des hommes.
-Vous Ă©tiez oĂč la nuit suivante ?
-J'ai bu des coups dans un autre bar.
J'ai rencontré une autre fille. Et j'ai dormi chez elle.
-On va prendre
le nom de l'autre fille, si vous vous en souvenez.
-Et au bout de 10 ans, le capitaine peut passer commandant.
-OK.
-Tu les prends de plus en plus jeunes.
-C'est notre super stagiaire de 3e, et neveu adoré de Janvert !
-Oh ! Désolé, on choisit pas sa famille.
-On choisit pas non plus ses collĂšgues, apparemment.
-Toute l'amabilité de sa tante.
-L'alibi de Lucas Morel est confirmé :
il Ă©tait avec sa conquĂȘte. Le retour d'autopsie d'Eva Dracq :
pas de traces d'alcool ni de violences sexuelles.
Mais elle s'est débattue dans l'eau.
-Elle était lucide quand on l'a noyée. L'horreur.
-Bon !
Les vidéosurveillances du camping. Elles marchaient super bien.
Les caméras ont été coupées 1h aprÚs la mort de votre victime.
Viens voir un truc, Sam.
Ce tableau est le centre névralgique de nos investigations.
Grùce à lui, on peut établir des recoupements
et parfois trouver des indices pour nos enquĂȘtes.
-C'est un tableau, quoi. -Oui, mais y a des roulettes.
La nuit, il est fluorescent.
Et si tu te mets derriĂšre, tu peux voir Ă travers.
-Ryem, viens voir.
-C'est une scĂšne de crime !
C'est elle, la victime ?
Elle est morte noyée ? -Les baby-sitters, vous gérez ?
-Oui. Qu'est-ce que tu fais ? Sam !
-C'est des photos pour mon rapport. -Tu peux pas faire ça.
-Ces éléments
sont protégés par le secret de l'instruction.
Range ce téléphone ou je vérifie son étanchéité aux toilettes.
-Tout va bien, Iris Villeneuve.
-Viens voir, tu vas halluciner !
-OK...
*-AllĂŽ ?
-Victor, Eva a eu une altercation
avec le propriétaire du camping.
-Je peux récupérer pas mal d'infos avec le tracker.
-Tu sais faire ça ?
-Y a tellement de choses que je sais faire,
t'as mĂȘme pas idĂ©e !
-OK. Alors ?
Verdict ?
-C'est bien un tracker GPS. -Waouh !
Qu'est-ce qu'on ferait sans toi ? Tu peux savoir qui s'y connecte ?
-Non, et ton ironie n'y changera rien.
Par contre...
Ah ! Je peux remonter jusqu'Ă son fabricant.
J'ai un lien vers un site Web. -C'est cool, ça.
-Le reste des données
est inexploitable à cause du thé. -C'est une idée, ça, du thé.
Sans sucre. -Deux.
-Merci. -Puisque tu sais faire
tellement de choses qu'on n'a mĂȘme pas idĂ©e !
-Demandez au stagiaire de 3e. A sa place, je cracherais dedans.
Allez, salut les boomers.
-Ouais, j'y suis.
-Votre enquĂȘte avance ?
-On y travaille.
-Je vous demande ça : ça va rester longtemps, vos trucs, là ?
Un camping sans piscine, c'est comme un jambon-beurre sans jambon.
-Vous me donnez les bonnes réponses et je fais retirer tout ça.
-Les bonnes réponses ?
J'ai dit tout ce que je savais. -Mauvaise réponse.
Vous vous ĂȘtes disputĂ© avec Eva
deux jours avant sa mort ? -C'est rien, ça !
-Vos vidéosurveillances fonctionnaient trÚs bien,
jusqu'à ce qu'on les débranche.
-OK, j'avoue.
J'ai menti pour les vidéos. Avec la mort de la petite, j'ai paniqué.
-En général, c'est les coupables qui paniquent.
-Je l'ai engueulée parce qu'elle était encore en retard de loyer.
Je me suis emporté. Vous allez pas m'accuser de l'avoir tuée pour ça ?
SincÚrement, j'étais patient avec elle.
J'aurais pu la foutre Ă la rue.
J'avais pitié d'elle.
-Bien sûr.
D'aprĂšs le proprio du camping, Eva a eu des retards de paiement.
Ca colle avec ce que j'ai vérifié dans sa compta.
Je suis pas un spécialiste, mais elle a pas l'air réglo, sa compta.
-Comment ça ? -Beaucoup de mouvements en liquide,
des travaux avant la haute saison qui l'ont mis dans le rouge...
Il a mĂȘme dĂ» virer son jardinier et sa femme de mĂ©nage.
Comme un aristo ruiné.
-On a les fadettes d'Eva. Elle communiquait peu,
sauf avec une avocate,
*Me Ledru. -Spécialisée dans quoi ?
-En droit du travail.
Un des assistants juridiques s'appelle Boris Gallois.
J'ai vu ce nom quelque part.
Il loge au camping depuis 3 semaines avec sa femme.
-C'est sûrement lui qui l'a mise en contact.
Je vais voir s'il est lĂ et je te tiens au courant.
-C'est un de tes suspects ?
-Non.
-Je le reconnais. C'est ton collĂšgue.
Tu le recherches sur Internet ?
C'est ton crush ? Il est vieux ! Mais si t'aimes les vieux...
-Tu veux aller en cellule ?
-Vous avez des cellules, ici ? Mais non !
-Sam !
OĂč t'Ă©tais passĂ© ?
J'ai flippé. -Fais-y un peu plus attention.
-Tu viens ? Je vais te montrer la salle des archives.
-On va aux cellules, aprĂšs ?
-Pas trop envahis par la cochenille ?
Moi, je sais plus quoi faire.
-Savon noir. Y a que ça. Je peux vous aider ?
-Capitaine Montagnac, je cherche Boris Gallois.
-C'est mon mari.
Pourquoi vous le cherchez ? -Il est bien assistant juridique
dans le cabinet Ledru ? -Oui, c'est ça. Bonjour.
Un problĂšme avec le cabinet ? -Non.
J'enquĂȘte sur la mort d'Eva Dracq, votre voisine de mobile home.
Vous savez
qu'elle échangeait avec Me Ledru ? -Oui, je sais. Venez vous asseoir.
C'est moi
qui lui ai conseillé de la contacter.
Eva avait des problĂšmes d'argent.
Pour payer le camping, le patron lui a proposé de faire des ménages.
-Il a le sens des affaires.
-Mais pas du droit du travail. Elle se faisait exploiter.
J'ai voulu l'aider. -C'est sympa, d'aider une inconnue.
-Ca fait trois semaines qu'on habite ici,
depuis que notre immeuble a brûlé.
C'est tout ce que l'assurance a trouvé.
-Des gens économisent pour s'offrir une semaine ici.
-Ouais... Ce genre de situation vous apprend Ă relativiser.
C'est pour ça, Eva... On a voulu lui rendre service.
Sa mort est liée à toute cette histoire ?
-Il est Ă vous, le bracelet ?
-Oui. Justement, c'est Eva qui l'a fabriqué.
Elle me l'a donné pour me remercier.
-Et vous le portez pas ?
Je vous taquine. -Ah ! Ouais...
Il bégaye. -C'est moi qui... qui les ai créés.
Des trackers nouvelle génération. Mais c'est pas pour espion...
Pour espio... -Espionner. Ca sert Ă quoi, alors ?
-C'est pour les parents qui veulent surveiller leurs enfants
ou les propriétaires de chiens.
Mais pas pour les déséqui... -Les déséquilibrés.
-Merci. -Pourriez-vous
ne pas finir mes phrases ? -Désolée.
Celui-lĂ , vous l'avez vendu Ă qui ? -J'en ai vendu des dizaines.
Je tiens pas le registre de mes clients.
-Vous les vendez sous le manteau. -Je suis déso... déso...
-Désolé. Pardon.
-Je suis désolé pour la victime.
Je voulais pas lui causer de... -De problĂšmes.
-On veut identifier l'utilisateur du tracker.
Vous utilisez un serveur ?
-Je... Je... Je peux pas
divulguer les données. C'est contre mes principes.
-Je respecte. Monsieur est prĂȘt Ă tout pour dĂ©fendre ses convictions.
MĂȘme Ă faire 48h de garde Ă vue. -Moi, je pourrais pas.
-Moi non plus. -Quoi ?
-Quoi ? -Hein ?
-Non, attendez. Je dois pouvoir vous trouver l'adresse IP.
-Parfait.
-Non ? Le retour du dinosaure !
-Les dinosaures ont survécu 200 millions d'années, microbe.
-A votre Ăąge, vous devriez boire de la tisane.
-Avec ma prostate, aprĂšs, je vais pisser tout l'aprĂšs-midi.
-En vrai, je vous taquine, mais vous avez bien vieilli.
-Pourquoi tu dis ça ? -Par rapport à la vieille photo
que votre collĂšgue matait sur Internet.
-Quelle photo ? Quel collĂšgue ?
-La reloue qui a ce bureau.
Elle cherchait des infos sur vous, des photos... J'en sais rien.
-C'est qu'on a l'étoffe d'un espion !
Elle est pas reloue, elle est...
Elle est reloue.
-Elle est reloue.
-Ca va, mon pote ? -Ouais.
-On va se faire un café ?
-Un café ? -Oui. Viens.
-Je bois pas de café.
OK, allez !
-On voit que vous avez pas une saison à préparer !
-Vous comptez encore exploiter beaucoup de vacanciers ?
Eva voulait dénoncer votre arrangement.
-Dans notre jargon, ça s'appelle du travail dissimulé.
-Tout de suite les grands mots !
On peut plus rien faire dans ce pays !
Je croule sous les réglementations à respecter.
-Elle pouvait faire couler votre business.
C'est pour ça que vous l'avez tuée. -Pas du tout !
Au lieu de me remercier de l'avoir aidée,
elle a préféré me menacer. -Je veux que tu me payes, Michel !
Toutes ces heures à récurer tes douches !
-Et quoi encore ? Une prime pour tes congés payés ?
Je te loge gratos. -Je veux du cash maintenant,
ou je te traĂźne en justice. J'ai une avocate.
-T'as une avocate, toi ?
Fais les sanitaires et estime-toi heureuse que je te fasse bosser.
-Elle m'a dit
que le travail dissimulé, c'est 45 000E d'amende et 3 ans de taule.
Dis adieu Ă ton camping
et Ă tes flamants roses en plastique.
-Ecoute, je te file 500 balles tout de suite
et on est quittes. -1 000E. C'est pas négociable.
-Je lui ai filé ses sous,
et on en est restés là .
-On n'a pas retrouvé cet argent.
-Peut-ĂȘtre qu'on lui a volĂ© ?
C'est peut-ĂȘtre mĂȘme pour ça qu'on l'a tuĂ©e ?
-On donne des cours d'aquagym dans votre piscine ?
Restez en dehors
de notre enquĂȘte. -Vous dormiez au moment du crime ?
Personne ne peut le confirmer.
-Non.
Ah si, y a Mireille.
-Je croyais que vous étiez seul. -Mireille,
c'est mon appareil contre l'apnée du sommeil. Regardez.
Cette appli enregistre tout.
-Et vous lui avez donné un petit nom ?
-Oui, parce qu'au moins, elle, elle me bouffe pas mon oxygĂšne !
-Le téléphone de la victime sonne. Je réponds ?
-Je m'en occupe.
-Allez !
-Oui, je...
Trop tard.
-Il y a un message.
*-Nouveau message.
*-Mme Dracq,
*vous aviez une réservation pour le meublé Saint-Etienne-de-Tinée.
*Personne n'est venu, hier soir. N'hésitez pas à me rappeler.
-C'est Ă la frontiĂšre italienne, Ă 400km du camping.
Pourquoi elle voulait se barrer aussi loin ?
-Alors, qu'est-ce que vous avez ? -L'appartement meublé a été payé
par une Céline Wang,
rencontrée aux Alcooliques anonymes.
-D'aprÚs Céline, Eva est une ancienne femme battue.
Elle a quitté son ex y a un an. -Kévin Mandar, 36 ans,
garagiste dans un petit bled.
-Un type Ă fuir.
-Son téléphone a borné au camping
la veille du meurtre.
-Vous allez me le cueillir. Inutile de prendre des pincettes.
-Je vais me faire plaisir. -Tenez-moi au courant.
-Je te retrouve, je dois parler de mon congé formation.
-En 30 ans, t'as jamais fait une seule formation.
Que veux-tu ?
-Iris joue les fouille-merde. Et c'est sur moi qu'elle creuse.
-Elle trouvera rien. Je vais faire le nécessaire.
-Formidable. -Je fais ça pour moi,
pour éviter d'avoir à gérer un psychodrame.
-Si j'en crois les adresses IP de votre vendeur informatique,
le type qui s'est connecté au tracker n'est autre que...
Solange Carriel.
Elle est connectée, mamie ! -Elle a pas l'air trÚs dangereuse.
-Bingo !
Elle a effectuĂ© un achat dans la boutique oĂč il vend ses trackers,
le 6 juin dernier. -Comment t'as trouvé ça ?
-Tu veux pas savoir.
-Elle est connue au TAJ, Solange. -Mais non ? Pour quoi ?
-Pour avoir manifesté pour le droit à l'avortement en 74.
-Elle a un casier pour ça ? -En 74, Jules.
-Ah ouais...
-Reste à savoir pourquoi elle a traqué Justine.
-Eva, je l'ai pas traitée comme j'aurais dû.
J'ai vu un psy pour apprendre Ă me canaliser, mais avec elle,
c'était trop tard.
C'est pour ça que je suis là ? -Pour ça.
Et parce que votre téléphone a borné à cÎté de son camping
la veille de sa mort.
-Comment ça, de sa mort ?
Il s'est passé quoi ?
-A toi de nous le dire. C'est le cash retrouvé chez toi.
Comme par hasard, la mĂȘme somme qu'Eva venait de rĂ©cupĂ©rer.
-Vous avez retrouvé sa trace.
Elle était heureuse loin de vous. Vous l'avez pas supporté.
-Non : Eva m'a recontacté et m'a demandé de venir au camping.
Je savais pas oĂč elle habitait.
-Elle devait ĂȘtre dĂ©sespĂ©rĂ©e pour te recontacter toi...
-AprÚs ton départ, pas une plante n'a résisté.
J'ai essayé, pourtant.
T'as l'air bien.
-Merci.
-Eva, je voulais que tu saches : je vois un psy.
Je me soigne. C'est que des mots,
ça changera pas le passé. Mais je voulais te le dire.
-C'est pas pour ça que je voulais te voir.
J'ai un service Ă te demander. J'ai besoin d'une voiture.
-Tu pars ?
Tu vas oĂč ?
-Il me la faut dans la journée. -T'es sûre que ça va ?
-Ouais. J'ai juste besoin d'une voiture au plus vite.
-J'étais soulagé de pouvoir faire quelque chose pour elle.
Je lui ai trouvé une voiture d'occase au garage.
Je la lui ai ramenée le lendemain. -Pourquoi elle voulait partir ?
-Elle m'a dit qu'elle se barrait avec quelqu'un du camping.
-De quoi te rendre un peu jaloux.
-AprĂšs ce que je lui ai fait subir, je lui fous la paix.
-On te croit sur parole. -On peut pas changer ?
-Vous Ă©tiez oĂč, lundi matin ?
-J'ai pas bougé du garage. Mes collÚgues vous le diront.
-OK, merci.
L'alibi de Kévin Mandar est confirmé.
-Comme quoi, mĂȘme les pires salauds peuvent changer.
-Reste Ă savoir avec qui Eva voulait s'enfuir.
-Et que dirais-tu d'un beau juriste ?
Imagine : Eva fait la connaissance de son voisin de camping.
Boris l'aide à récupérer un peu d'argent.
Entre eux, le courant passe bien.
Elle sort d'une relation toxique, elle se sent soutenue :
ils tombent amoureux. ProblÚme : monsieur est marié.
Il décide de filer en douce, mais il manque de discrétion.
La femme de Boris découvre le stratagÚme
et est prĂȘte Ă tout pour sauver son couple. T'en penses quoi ?
-Que j'ai le tournis et que vous devriez écrire une série policiÚre.
-Tu sais que c'est plausible.
Rancarde-toi sur Alice, la femme jalouse,
je vais interroger Boris.
-Merci de vous sacrifier pour aller au camping.
Hydratez-vous : ça cogne. -Oui maman.
-Non, parce que ce genre de type...
Une seconde, les gars. Je reviens.
Bonjour capitaine.
-Pardon, je sais que pour vous, c'est pas vraiment des vacances.
Il est bien, votre emplacement. -Oui.
On a hĂąte de partir quand mĂȘme. -Pourtant, c'est chouette,
cette ambiance ! -On m'attend.
-La promiscuité,
les rencontres inopinées...
-Vous insinuez quelque chose ?
-Elle était mignonne, la petite voisine.
Vous vous entendiez bien. -VoilĂ .
Je vous le promets, c'était uniquement pour lui rendre service.
J'aime ma femme. Je l'ai jamais trompée.
Je vais certainement pas commencer maintenant avec ce qu'on traverse.
-L'incendie, le déménagement, tout ça...
Tout ce chamboulement. D'ailleurs, vous le vivez comment ?
Dans votre couple, je veux dire. -PlutĂŽt bien.
Ca nous a mĂȘme rapprochĂ©s. -Et votre femme, je peux la voir ?
-Non, elle est pas lĂ . Elle est partie chez ses parents.
La mort d'Eva a été un choc pour elle.
-Je savais pas qu'elles étaient proches.
-Il suffisait de demander. Désolé, faut que...
-Oui, bien sûr.
-Bonne journée. -Bonne journée.
-Merci d'ĂȘtre venue.
On a une suspecte pour le tracker. -Vous la connaissez ?
-Madame Carriel ?
C'est une des personnes chez qui je travaille.
-Souvent ?
-Trois fois par semaine.
Je l'aide Ă faire ses courses. Elle est de moins en moins autonome.
-Le tracker est relié
Ă son adresse IP. -Quoi ?
C'est vrai qu'elle est accro Ă sa tablette et Ă sa canasta en ligne.
Mais de lĂ Ă m'espionner...
-Elle a cherché à se renseigner sur vous ? Votre vie personnelle ?
-Elle s'inquiĂšte toujours pour moi. DĂšs que j'ai un peu de retard,
elle imagine le pire. Elle voulait se rassurer ?
-Commander le tracker en ligne lui aurait épargné un déplacement.
-Jamais elle donnerait son numéro de carte en ligne.
-OK.
-Je l'ai accompagnée à la boutique d'informatique
pour faire réparer sa tablette.
Je l'ai laissée avec le vendeur le temps d'aller retirer du liquide.
Elle a pu acheter le tracker Ă ce moment-lĂ .
-Ce vendeur, vous vous en souvenez ?
-Vaguement. Il avait du mal Ă parler.
C'était mignon, il osait pas me regarder dans les yeux.
-C'est mignon. -Merci beaucoup.
-Un coup de main ? -Non merci. Ca va.
En fait, si. Je veux bien.
J'essaie d'accéder à mon dossier individuel,
mais j'ai pas les autorisations. -T'as besoin de quoi ?
-C'est pour des congés. Personne me répond.
-Je t'ai connectée au serveur.
VoilĂ tes codes de connexion.
Mais si on te demande...
Laisse tomber, on te demandera pas. -Merci, Jules.
Vibreur.
...
Oui ?
-J'ai voulu interroger Alice, mais elle n'est plus au camping.
Soi-disant partie chez sa mĂšre. Notre suspecte fait tout
*pour qu'on la suspecte. -J'ai son dossier médical :
séjours en centre de repos,
anxiolytiques, etc.
On n'est pas sur le dossier psy le plus stable qui soit.
-On dirait que Boris protĂšge sa femme.
*Je te tiens au courant.
Bonjour.
Dites-moi, vous avez vu Alice Gallois récemment ?
-Non, mais c'est du genre Ă pas quitter son mobile home.
-Elle s'entendait bien avec Eva ?
-Avec Eva, je sais pas. Mais avec son mari, y a de l'eau dans le gaz.
-Ils se sont disputés ? -Hier, oui.
Je sais pas ce qu'ils se disaient, mais Boris était furax contre elle,
comme si elle avait merdé. -Du genre ?
-Ca, je peux pas dire. Alice, c'est un drĂŽle d'oiseau.
Elle sort pas de la journée, elle dit rien...
Elle est jamais venue Ă la piscine. C'est du gĂąchis, non ?
Vibreur. -Excusez-moi.
Oui ?
-Alice ne s'est jamais rendue chez ses parents. Ils savaient mĂȘme pas
*qu'elle devait venir. -Et son téléphone dit quoi ?
*-Il borne pas. -On a donc une suspecte en fuite.
-Donc, on doit notifier ses droits au suspect : voir un médecin,
prévenir un avocat, sa famille. -OK.
On va dire que t'es en bonne santé, que tu veux pas d'avocat
et que t'as plus de famille.
-OK. On a fini ? Détache-moi. -Juste, pour la fouille,
c'est moi qui le palpe ? -Oui.
Mais notifie les effets que tu récupÚres.
-Et s'il s'agite un peu trop, je peux l'étrangler ?
-Je suis pas agité. -Non.
Mais tu peux le plaquer au sol et le maintenir avec une clé de bras.
-Comme ça ?
-Attends ! Doucement ! Tu me fais mal.
-Doucement quand mĂȘme.
On le détache ? -Non,
on n'a pas testé la technique de la pression psychologique.
-Sam, j'ai envie de pisser. Détache-moi.
-Raison de plus pour te laisser mariner.
Il va craquer.
Pression psychologique.
-Ca m'étonne pas qu'elle soit pas chez ses parents.
-Elle disparaĂźt souvent ?
-De temps en temps, quand elle a envie de se changer les idées.
Vous en savez plus ? -Vous vous ĂȘtes disputĂ©s,
hier, avec votre épouse. Un sujet en particulier ?
-Alice prend des médicaments.
Ca lui arrive de faire des crises.
Mais je suis là pour la protéger.
-Vous permettez qu'on jette un oeil ?
-Oui, mais... -Attendez.
Vu la surface, on va se marcher dessus.
Vous nous attendez ici ?
...
-J'y connais rien Ă ces trucs, mais Alice serait pas enceinte ?
-Si, de 4 mois.
-Elle voulait pas que ça se sache.
-Elle vient jamais Ă la piscine. Alice, c'est un drĂŽle d'oiseau.
-Elle a séjourné en centre de repos.
-Boris était furax.
-RĂ©flĂ©chissons : pourquoi Alice portait des vĂȘtements longs,
n'allait jamais Ă la piscine et cachait sa grossesse Ă Boris ?
-Violences conjugales ?
-De quoi rappeler Ă sa voisine de camping de bien mauvais souvenirs.
-C'est avec Alice qu'Eva voulait s'enfuir pour la protéger.
-Si Boris a tout découvert,
Alice est en danger. Je vais me le faire.
-Avec quelles preuves ? Soyons méthodiques.
-Les circonstances s'y prĂȘtent mal, mais fĂ©licitations.
C'est prévu pour quand ?
-Ah ! C'est... C'est pour bientĂŽt.
Ouais... On est trĂšs contents.
TrÚs heureux. D'ailleurs, c'est sûrement pour ça.
Les hormones. Alice a probablement voulu aller prendre l'air et...
-Probablement.
Bonne fin de journée.
-Ouais.
-Il va nous mener Ă elle ?
-T'as vu sa tĂȘte quand on lui a annoncĂ© ?
J'aurais dĂ» lui mettre mon poing dans la gueule.
-Je vous imaginais pas violent. -On ne frappe pas une femme.
Ni un enfant. Ni un animal. Ni une plante.
Je lui laisse pas une heure pour nous conduire jusqu'Ă Alice.
-Vous ĂȘtes en place ? *Gargouillements.
*... Que faites-vous ?
-Je m'hydrate.
-C'est pas de l'alcool ?
-Non, jamais pendant le service.
La pétanque commence. Je répÚte : la pétanque commence.
Vous m'entendez ?
(HĂ©, les touristes !)
Barrez-vous !
Merde, je l'ai perdu de vue !
Tu le vois, lĂ ? -Non plus. Ramenez-vous.
...
-Alice ! Alice !
Ma chérie, réveille-toi.
Je dois nous mettre en sécurité.
On va devoir partir trĂšs loin.
Tous les trois.
C'est merveilleux, ce qui nous arrive.
On va pouvoir tout reprendre à zéro.
-Boris ! LĂšve-toi !
LĂšve-toi !
Doucement.
Doucement.
-Tout va bien.
-ArrĂȘte-toi !
Donne-moi ta main ! -Vous me faites mal !
-Dommage !
-Doucement !
-Ca va ? Tu gĂšres ? -Oui.
-Alice !
-Ca va... Alice, ça va.
-Alice !
Alice !
Chérie !
-C'est fini. C'est fini.
-Ma femme et moi, on s'aime.
A notre maniĂšre, mais on s'aime. Vous avez pas le droit de me juger.
-Nous, non, mais un juge, oui. Et bientĂŽt.
-Votre femme allait fuir avec Eva. Donc, vous l'avez assassinée.
-Je lui rends service, et elle met des idĂ©es dans la tĂȘte d'Alice.
Je pouvais pas la laisser tout gĂącher.
-Que fais-tu lĂ ?
OĂč est Alice ? -T'inquiĂšte pas pour Alice.
Elle est heureuse. L'approche plus. -Tu lui as fait quoi ?
-Je lui ai rien fait.
Barre-toi de ce camping et oublie-nous.
-J'ai pas peur de toi. Ta femme, elle va parler.
Et toi, tu vas tomber.
...
-Ma femme, jamais elle m'aurait quitté.
Elle était trop heureuse avec moi. -Gardez ça pour la cour d'assises.
-Je... Je comprends pas.
Je suis... Je suis accusé de... de quelque chose ?
-Installez-vous.
-Avez-vous vendu le tracker
Ă cette cliente ?
-Je...
Je suis dĂ©solĂ©. Quand vous ĂȘtes venus,
j'ai jeté le tracker d'un coup dans le sac,
sans réfléchir.
-Et faire accuser Mme Carriel pour vous protéger,
ça aussi, sans réfléchir ? -Pourquoi vous avez fait ça ?
-Parce que je... je... je...
Je voulais vous revoir.
-Me revoir ? Moi ?
-Juste pour savoir
oĂč vous aimez aller. Qu'on tombe l'un sur l'autre, par hasard.
A la médiathÚque Saint-Phalle, par exemple.
-C'est à cause de types comme vous que les femmes sont en insécurité.
-C'était vraiment pas le but.
Je suis... Je suis sincĂšrement...
-Il est désolé. Venez, Justine.
Allons dĂ©poser plainte. -Vous ĂȘtes allĂ© Ă la mĂ©diathĂšque
pour me voir ?
-Elle a pas porté plainte ? -Pire. Elle a trouvé ça romantique.
-On veut éviter un féminicide, on devient une appli de rencontres.
-Ils vous inviteront au mariage !
-47. -62.
-Je vous appelle ce week-end. -Avec plaisir.
-C'est une plaisanterie ?
-De quoi ? Il n'est pas bien, mon rapport de stage ?
-Si, Samuel, il est excellent. Tu peux nous laisser 2 minutes,
s'il te plaĂźt ? -OK.
-Vous voulez ma mort ?
"En conclusion,
"j'ai trop aimĂ© ce stage. Je crois mĂȘme que j'ai trouvĂ© ma vocation."
-C'est quoi le problÚme ? Il a kiffé.
-Que les choses soient claires : je déteste les ados,
et particuliĂšrement mes neveux. Avec ce torchon,
ses frĂšres, ses soeurs et la smala vont vouloir faire leur stage ici.
Et quand ce moment arrivera,
je ne manquerai pas de vous les confier tous :
Matéo, Hugo, Keren, Raphaël, Dimitri, Lola...
Tous.
...
-Qu'est-ce que tu caches, Victor Montagnac ?
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