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Je suis à vous dans une minute.
Votre nouvelle amie ?
Dites-donc, vous êtes passé le mot ou vous avez décidé de me faire chier ?
Parce que... Je vous préviens tout de suite, hein.
Pas pousser le bouchon trop loin.
A priori, vous n'aviez aucune raison d'intervenir.
Un suicide au gaz suivi d'une explosion dans un appartement.
On a fait une autopsie de routine, mais d'après le légiste, justement, il y a un
problème. Excusez-moi.
Oui, bon, il dit quoi, cet échantillon pulmonaire ? Ah ben justement, c'est son
silence qui est éloquent.
Je l'ai analysé, et pas la moindre petite molécule de gaz.
En clair, son propriétaire est mort avant la fuite de propane.
Si la mort avait été naturelle, nous n'aurions pas été conviés dans ce lieu
enchantant. Je suis ravi que mon ermitage te plaise.
Bon, j'ai décelé une fracture du crâne du côté du cervelet.
Différente des blessures occasionnées par l'explosion.
Probablement un violent coup sur la nuque.
Donc, je ne vous ai pas dérangé pour rien. Je requalifie le suicide en
meurtre. Merci, docteur, messieurs.
Les dires étaient pour moi.
On est là aussi.
Fouille du Louvre, c'est du tourisme à côté de ce qui nous attend.
Ah, le lien de marchand.
Néance qui prouve que nous sommes bien en présence d'une tasse à café.
On ne le connaissait pas beaucoup, monsieur Filipponi.
Bonjour, bonsoir, quand on s'est croisés, il était très discret, il ne
savait jamais personne.
Je suis rentrée une fois chez lui, c'était impeccable.
C'est rare pour un célibataire.
J'ai trouvé ça dans les décombres, il avait des lectures
plutôt orientées, ça parle que de pédophilie, rien d'autre.
C'est moi qui ai dirigé l'intervention. On a reçu l'appel vers 21h30. On est
arrivé une demi-heure plus tard.
L'explosion venait d'avoir lieu.
C'était pas beau. On a retrouvé le corps au pied de la fenêtre, certainement
projeté par l'explosion.
Tout a valsé, même la table basse. Et après vous, l'explosion a été provoquée
par quoi ? C'est toujours pareil dans ce genre de suicide. Ils ouvrent le gaz, ça
s'accumule dans la pièce, un appareil électrique se met en route et tout pète.
Après moi, c'est le frigo qui a déclenché l'explosion.
Et dites-moi, d'après vous, combien de temps s'est découlé entre le début de la
fête de gaz et l'explosion ? Oh, pas très longtemps, deux heures. Ouais, deux
heures, ça suffit.
Bon,
on y va.
Merci, messieurs.
Mais c'est bon, Étienne, je serai à l'heure, je te promets.
Rendez-vous à 19h devant l'école.
D'accord. Oui, j'arrive. Et t'as pensé à donner son médicament, Léa ? Oui, d
'accord.
Bon, donne-lui son sirop.
Ok, à ce soir, mon amour.
Oublie pas le sirop de Léa, hein.
Votre fille est malade ? Oh non, juste un petit rhume, ça va, elle a une santé
de fer.
Bien.
D'après Salinas, Marc Filippani est mort entre 18h et 20h.
En ouvrant les robinets de la cuisinière à gaz, le meurtrier a voulu faire
croire... Un suicide.
L'explosion n'était pas prévue au programme.
Nous avons reçu le rapport de Ligy. Les emplois promenés sur la tasse sont
récentes et n'appartiennent pas toutes à Philippani.
S'il a reçu une visite avant d'être tué et que la porte n'a pas été fracturée,
ça veut dire qu'il connaissait son assassin.
D'après ses voies...
D'après ses voisins, c'était un grand calme. Il ne recevait jamais de visite
et avant qu'il ferme, il tenait un kiosque à journaux tout près de chez
lui. Depuis, il était au chômage. Du côté de la famille ? Son père est mort,
il est élu par sa mère qui habite le Mans et par son oncle, Pierre Ferrault,
le frère de sa mère.
Ah, j'ai trouvé ça chez la victime.
C'est toute une doc sur une association spécialisée dans la lutte anti
-pédophile. Quoi qui s'intéressait assez au sujet.
Association ?
Julien Redovitz.
Ce serait bien d'aller voir de ce côté-là aussi.
Et évidemment du côté de la famille.
Marc travaillait bénévolement depuis trois mois pour l'association.
Il était au chômage et en attendant de retrouver un petit boulot, il voulait se
rendre utile.
Alors il nous a contactés.
C'est un garçon formidable.
Très sensible.
Monsieur Redovitz, quelles sont les missions de votre association ? D'abord
l'aide aux victimes, et puis aussi de traquer les sites pédophiles sur
Internet pour les dénoncer à la police.
Depuis quand vous êtes-vous lancé dans cette croisade ? Il y a deux ans, à la
mort de mon fils Julien.
Il s'est suicidé après avoir été victime pendant plusieurs années d'un pédophile.
Son prof de sport.
Sa mère et moi, on ne se doutait de rien. On n'a rien vu venir.
Pardonnez-moi d'être aussi direct, monsieur Redavitz.
Mais comme vous venez de nous le confirmer, on ne milite pas dans une
association comme la vôtre uniquement par compassion, mais souvent pour des
raisons, disons, plus personnelles.
Était-ce le cas de la victime ? J'ai tout de suite compris.
Je l'ai aidé à trouver la force de parler.
Il avait été violé par son oncle, un certain Pierre Ferro.
Ce type dirigeait l'établissement où son neveu était pensionnaire.
Voir les comptes.
Directeur. Il était directeur de pensionnat.
M. Ferro a-t-il été condamné pour ces faits ? Non.
Marc parlait pour la première fois.
Il se sentait libéré d'avoir enfin osé mettre des mots sur... sur une douleur
qui l'empêchait de vivre depuis l'enfance.
C'est moi qui l'ai convaincu de porter plainte.
J'étais décidé.
C'était une question de jour.
Son oncle était au courant ? Je ne sais pas. Mais je suppose que oui.
C'est toujours une grande victoire pour les personnes qui ont été abusées de
pouvoir enfin faire comprendre à leurs moraux que la vérité va éclater.
Sonia veut plus que j'aille la voir.
Elle répond même plus à mes lettres.
La toule, ça va la démolir.
Tu sais, des fois j'ai peur qu'elle fasse une connerie.
Pierre Ferrault, l'oncle de Philippe Annie, est dans nos murs. Je voudrais
que vous vous occupiez de l'audition.
S'il est au courant des intentions de son neveu, c'est un bon mobile pour lui
imposer le silence.
On peut en savoir plus sur le bonhomme ? Ancien militaire de carrière, il est
devenu directeur d'un pensionnat privé.
Il a pris sa retraite il y a deux ans. Sur le plan familial, divorcé, il a deux
filles, 18 et 20 ans, qui vivent toutes les deux en Guadeloupe avec leur mère.
Eh bien, on va aller rencontrer ce charmant monsieur. Viens.
Tu me rejoins ?
Alors ça y est ? T'as pris ta décision ?
Tu veux m'écouter ? Je crois pas non.
Non. T'entendre déjà, j'ai du mal alors... T'écouter, excuse-moi mais... C
'est au-dessus de mes forces.
Votre neveu prétendait que vous l'avez violé quand il était gamin.
Oui.
Il allait même porter plainte contre vous.
On a un témoin, M. Redowitz.
Il s'occupe d'une association contre la pédophilie.
Redowitz, je ne connais pas ce monsieur.
En revanche, je connaissais bien Marc et sa fâcheuse propension à la mythomanie,
sans parler de ses penchants paranoïaques.
Je n'étais pas au courant de ses intentions à mon égard, mais j'aurais
été étonné qu'elle fût bienveillante.
Pourquoi votre neveu aurait cherché à vous nuire ?
Nous avons toujours eu une relation compliquée, pour ne pas dire
conflictuelle, tous les deux.
Marc ne supportait pas la moindre observation.
Pourtant, c'est pas une occasion qui manquait.
Après la mort de son père, il est devenu intenable.
Il y avait quel âge quand son père est mort ? 12 ans.
Ma soeur était complètement dépassée.
Alors moi, de mon côté, j'ai essayé de devenir un second père pour Marc.
Mais un père, ça représente aussi l'autorité.
Et ça, mon neveu ne le supportait pas.
L'autorité, c'est bien.
La condition de ne pas l'abuser.
Et un monde de douze ans qui perd son père, c'est une proie facile.
Écoutez, hier, j'ai passé la soirée seul chez moi, avec un bon livre.
Alors, j'en ai assez entendu, je m'en vais.
Ici, c'est moi qui décide de l'heure de la sortie, d'accord ?
Oui.
Assieds-toi.
Rien, on n'a rien qui justifie une telle attitude.
La soupçon de pédophilie, et encore.
C'est parole contre parole.
Philippe Agni aurait très bien pu raconter des craques.
Bon, ça va, c'est bon ? C'est fini, la morale ? C'est pas parce que ça te
titille de passer commissaire que tu dois me faire chier.
Je crois qu'on a besoin d'aller prendre de l'air, tous les deux.
Jean-Louis, mets-toi à ma place.
J'ai la chance de pouvoir continuer à progresser. Si je la saisis pas
maintenant, j'en aurai plus jamais l'occasion.
Moi, j'aurais jamais accepté un boulot qui me sépare de toi.
Jamais. Je dis ça, mais je te connais.
Tu me supporterais pas 24h sur 24 sur ton dos.
Et puis, comme ma place à la tête du groupe te revient de droit, tu vas avoir
autre chose à penser après ta nomination.
Ça, c'est quoi, ça ? Cadeau surprise, la super promo ?
Je suis quoi pour toi, moi ? Paquet de lessive ? J'en ai rien à foutre de
passer chef de groupe.
Tu peux comprendre ça ? Et que tu peux comprendre que j'ai pas envie de choisir
entre mon métier et l'homme que j'aime ?
C'est pas pour te rapprocher de moi que tu te barres à
500 bornes, hein ? À deux heures de train, Jean-Louis.
Y a des tas de gens qui vivent ensemble sans forcément partager le même toit.
Je comprends pas.
Je crois que c'était la vie que tu voulais plus.
Moi non plus, David.
D'un côté, copain-copine, je passais l'âge.
Ok.
Ok, si ça doit nous bousiller, alors je reste.
Je te jure, si tu me le demandes, je pars pas.
Seulement si tu me le demandes droit dans les yeux, pas en continuant ton
petit jeu à la con.
C'est bien un truc de gonzesse, ça.
Je vais te supplier à genoux que tu me reproches toute ta vie d'avoir brisé ta
carrière.
T'es mignonne, Hélène.
Tu prends tes responsabilités.
Je vais pas décider à ta place, d'accord ?
Oui,
Philippe Annie, c'est ça.
C'est pour mon fils.
Il fait Lucky Luke dans un spectacle à l'école, mais je crois que ça va être un
petit peu trop grand pour lui.
Vous avez réussi à contacter l'ancienne d'un fan de Ferro ? Oui, elle en
revenait pas.
Elle n'imagine pas une seule seconde que son ex possède pédophile. Je suis sûr qu
'il est pas clair, ce mec. Je vois pas pourquoi son neveu aurait inventé toute
cette histoire.
J'ai épluché les remontées d'appels de Philippe Agni et de son oncle.
Aucune trace de coup de fil entre les deux.
Il faut absolument prouver la pédophilie, ce qui nous permettra d
'avoir un bon ongle d'attaque et rendra Féraud plus d'isère. Merci beaucoup.
Au revoir.
J'ai le nom d'un mec qui a partagé sa chambre avec Filippani au pensionnat. C
'est un certain Sylvain Larmont.
Filippani a appelé quelqu'un de ce nom-là ?
Voilà, un coup de fil la
veille du meurtre à Sylvain Larmont.
Bien, on contacte ce Sylvain Larmont.
On continue de réunir toutes les infos qu'on peut avoir sur l'association
Redovitz.
Quant à nous, on continue de mettre la pression sur Ferro.
Ça, je te fais confiance.
Attention, c'est fragile.
J'espère qu'il n'y a rien d'illégal à collectionner des reproductions, enfin
je veux dire des copies d'œuvres d'art.
C'est vrai, sauf que les collections en disent souvent long sur la nature de
leur propriétaire. Vous n'êtes pas d'accord avec moi ? Non. Alors, voyons
ce que dit votre passeport.
Deux voyages en Roumanie, trois en Thaïlande.
Vous voyagez beaucoup, mais particulièrement dans des pays où la
prostitution enfantine est très développée.
Je suis passionné d'Asie et j'ai un ami à Bucarest.
Tadio.
Vous trouverez également quelques bonbons dans la médiathèque.
Je vous laisse en tirer les conclusions qui s'imposent.
Bon, on pense quoi ? Les voyages en Thaïlande, les statuettes à poil, ça
fait beaucoup de coïncidence, non ? En tout cas, assez pour continuer cette
petite conversation au 36.
Bien, monsieur Ferro, vous êtes désormais en garde à vue.
Et bien la tête dans la jambe.
C'est bien pour toi. Soigne ta sortie.
Et la tête. Et la sortie, attention.
Voilà.
Très bien. Pousse, pousse sur la glace.
Pousse.
Monsieur Larmand ?
Marc
-Philippe Annie, ça vous dit quelque chose ? Bien sûr que je connais Marc. On
était en pension ensemble.
Quoi ? Est-ce qu'il est mort ? Assassiné ? Vous étiez encore en contact avec lui
? On ne s'était pas vus depuis le pensionnat et il m'a appelé.
On s'est revus une fois.
A quel sujet il vous a appelé ? Il avait lu un reportage sur mon école de
patinage. Il cherchait du travail.
Heureusement, je n'avais rien pour lui.
On a juste discuté un moment et on s'est quittés en se promettant de se revoir.
Vous savez ce que c'est ? Et le directeur du pensionnat, Pierre
Ferrault, vous en souvenez ?
C'était son oncle.
Il était très sévère, ça ne plaisantait pas avec lui.
On n'avait pas intérêt à broncher.
On ne servisait pas non plus.
Marc Filippani prétendait avoir été abusé sexuellement par son oncle au
pensionnat. Vous êtes sûr ? Vous avez partagé une chambre avec Marc pendant
toute une année. Il n'y a jamais rien qui vous a semblé bizarre ? On se
marrait bien avec Marc.
On était gamins, on ne se posait pas de questions.
Si Marc avait subi un viol, vous croyez qu'il vous l'aurait dit ?
Oh oui.
On était vraiment copains.
Jean-Louis. Bon, je me suis renseigné sur Redowitz.
Il a créé son association contre la pédophilie il y a deux ans.
Ils ne sont pas nombreux, cinq bénévoles, sa femme et lui.
Les alibis ? Ils sont tous vérifiables, sauf celui de Redovitz qui est un peu
moyen. Il a assisté à un colloque sur la pédophilie en banlieue qui s'est terminé
à 21h.
Personne ne sait vraiment à quelle heure il est parti. Il faut dire qu'il y avait
plusieurs centaines de participants.
Bon, il faut continuer à ratisser large.
Après tout, ce sont les seules personnes que Philippe Pagny fréquentait.
Le meurtre n'est peut-être pas lié à son histoire de pédophilie ?
Rien d'autre ? Non.
Merci.
Je ne dormirai pas chez toi ce soir.
Je vais dormir chez Polo.
Bon, arrête Jean-Louis.
Tu sais très bien que j'ai besoin de toi, surtout ce soir. Écoute, tant pis
parce que moi j'ai besoin d'être seul.
C'est l'heure de me préparer.
Comment mon fils a pu dire une chose pareille ? C'est monstrueux.
Accuser son oncle.
En même temps, ça... Ça lui ressemble tellement. Il a toujours menti,
dissimulé.
Depuis la mort de mon mari, il avait tellement changé.
Il s'est jamais remis de la mort de son père.
Quel rapport aviez-vous avec votre fils, Mme Filippani ? Je voyais très peu.
Petit Marc s'était installé à Paris.
Ça avait été tellement dur les derniers temps où il habitait à la maison.
Il ne me supportait plus.
Ni mon frère, qui avait pourtant fait tout ce qu'il avait pu.
Ton fils a eu une adolescence difficile.
Combien de fois on est allé le chercher au commissariat avec mon frère ? Il a
cumulé les bêtises et jamais un regret.
Au pensionnat, c'était pareil.
Si son oncle n'en avait pas été le directeur, il aurait été renvoyé sans
foi. Mme Simard qui avait de telles difficultés existentielles, ne pensez
-vous pas que cela était en partie dû au fait qu'il subissait des abus dont il ne
pouvait pas vous parler ? Difficile à avouer, à fortiori, quand ils ont lieu
au sein même de sa propre famille.
Si vous connaissez mon frère, Vous ne me poseriez même pas la question.
Vous ne vous souvenez pas d'un détail ? Quelque chose qui aurait pu vous
paraître étrange ? Une allusion de Marc ? Une attitude particulière vis-à-vis de
son oncle ?
Marc était
tellement difficile.
Il racontait toujours des histoires à dormir debout.
Cela signifie-t-il que votre fils aurait tenté de vous alerter ?
C'était mon fils, et je ne le comprenais pas.
J'ai fait tout ce que j'ai pu, je vous assure.
Madame Fipani, nous ne sommes pas là pour vous juger, mais pour essayer de
comprendre.
Alors si vous avez un doute, même infime, il faut nous le dire.
Marc a menti.
Une fois de plus.
Marc travaillait, comme nous tous d'ailleurs, sur une affaire dans
laquelle l'association s'était portée partie civile.
Un éducateur qui avait abusé d'un ado dans un foyer dans lequel celui-ci était
placé.
Chaque membre a son dossier propre dans lequel il consigne ses propres
démarches. On peut jeter un oeil sur celui de M. Filippani ? Oui, bien sûr.
La transparence est la règle chez nous.
Tout ça, Scande.
Il m'a fallu beaucoup de temps pour prendre la parole, mais peu de mots
suffiront pour te dire ce que j'ai à te dire.
C'est fini, Pierre. Je n'ai plus peur de toi.
On se retrouvera bientôt devant les juges qui, je l'espère, te puniront à la
hauteur de ta saloperie et du mal que tu m'as fait.
Regarde un peu la date de création du fichier.
La lettre date de samedi, trois jours avant le meurtre.
Marc était de permanence samedi parce que j'étais en déplacement en Italie
pour une conférence.
Si Marc l'a posté le jour même, son oncle a pu le recevoir et en prendre
connaissance avant le meurtre. Je copie tout le dossier sur CD-ROM.
J'ai vraiment pas pu venir avant.
J'avais des trucs à vérifier.
Attends ! C'est pour cette histoire de pédophilie, je suis désolée.
Elle est debout, mon amour. On rentre à la maison.
Ils se sont amusés, non ? Quand je vois tout ça, je me dis que ça vaut vraiment
le coup d'avoir des gosses.
Crois-moi, ils ont pas tous cette chance.
Tu peux prendre des affaires de Léa ? Viens, on va rentrer à la maison.
Regarde, c'est formidable la vie qu'ils ont nos enfants, des parents qui les
aiment, une école top.
Je vais te dire, ça donne envie d'en faire d'autres.
Ah mais y'a pas d'urgence Florence, hein ? Prends déjà le temps de t'occuper de
ces deux-là.
J'ai mal connu la tête.
C'est rien mon bonhomme, c'est rien.
Viens.
Je n'ai jamais reçu cette lettre.
Encore une manifestation de la mythomanie de votre neveu, je suppose ?
Marc en a toujours voulu.
Il me détestait.
Il voulait le danger d'une époque où j'ai peut-être été un peu trop sévère
avec lui. Mais c'était pour son bien.
Il n'a jamais compris.
Ben voyons, dans cinq minutes, on aura le droit au complet qu'il aime bien
chasser bien, c'est ça ? Et c'est sûrement pour vous faire chier que votre
neveu s'est assainé lui-même un coup derrière la tête pour transformer son
propre suicide en meurtre, c'est ça ? Revenons au soir du meurtre, monsieur
Ferraud. Vous étiez seul chez vous, vous n'avez donc aucun alibi vérifiable.
C'est très ennuyeux, étant donné que nous avons la preuve que vous étiez au
courant des intentions de Marc.
Je vous le répète, je n'ai jamais reçu cette lettre.
Vous allez avoir du mal à nous convaincre.
Tu m'expliques pourquoi on s'arrête d'interroger ce fumier ? Parce qu'il
y a du nouveau du côté de Sylvain Larmont. On a reçu les résultats d
'analyse. Ce sont ses empreintes qui ont été trouvées chez la victime, pas celles
de Ferrou.
Ce n'est pas vrai.
Ne me dis pas qu'il va encore s'en tirer, lui.
Jean-Louis, je n'ai pas envie de te perdre.
Je
n
'ai pas envie de te perdre.
J'y ai pensé toute la nuit.
J'ai pas le droit de t'empêcher de partir à Lyon.
Fais comme tu veux, Hélène.
Je t'aime.
Qu'est-ce qui se passe, Polo ? Sonia s'est battue avec une co-détenue.
Ils vont la transférer à Bordeaux.
Merde. Qu'est-ce que tu vas faire ? Je peux pas vivre sans elle. Si elle part,
je pars aussi.
À Bordeaux ? Mais attends, Polo... S'il te plaît, Jean-Louis, n'essaie pas de me
retenir. Puis il faut arrêter de vouloir retenir les gens qu'on aime. Merde.
On y va, Polo ? Où ça ?
C'est vrai, je suis allé chez Marc.
C'est bon ? Pourquoi nous l'avoir caché ? Un jour, j'ai dû abandonner ma
carrière de patineur artistique à cause d'une blessure.
J'étais désespéré.
Je me suis relevé, j'ai fondé mon école, je me suis battu et aujourd'hui, ça y
est, ça commence à marcher.
J'ai peur de voir mon nom associé à une affaire de meurtre, peur des
répercussions.
C'est parce que vous vous sentez coupable de ne pas avoir tué votre
ancien camarade que vous êtes allé chez lui ? Oui.
Après son coup de fil, je sentis qu'il n'allait pas bien du tout.
Comme il m'avait laissé ses coordonnées, j'ai décidé d'aller le voir.
Vanessa ! Vanessa ! Tes pieds parallèles.
Voilà.
C'est bien.
Tu peux descendre ?
Marc
-Philippe Agni est sur le point de porter plainte contre son oncle pour
agression sexuelle.
Et comme par hasard, le jour du meurtre, vous avez rendez-vous chez lui pour
parler boulot ? J'ai beaucoup de mal à croire qu'il n'y ait pas de lien entre l
'affaire de pédophilie et le coup de fil de Marc.
Je vais lui remonter le moral.
Tom, Léo ! Oh ! Vous êtes là pour discuter ou pour bâtir ?
Vous avez quitté Marc Filippani à quelle heure ? 17h.
Je devais donner un cours à la patinoire à 19h et je voulais passer à mon école
avant. Voilà, là, t'es beau.
Il est mort entre 18h et 20h.
Ce qui veut dire que, pour l'instant, vous êtes la dernière personne à l'avoir
vu vivant.
Vous avez passé un an avec Marc dans la même chambre et vous vous êtes jamais
rendu compte de rien.
Vous l'avez jamais vu pleurer, vous avez jamais senti qu'il avait peur.
Féro venait chercher Marc dans votre chambre. Ou alors il vous demandait de
sortir pour le laisser seul avec son neveu.
On comprendrait tout à fait que vous ayez gardé le silence.
Vous avez dû subir la pression d'un adulte, vous n'aviez que 12 ans.
Seulement, à partir de maintenant, votre silence serait considéré comme... de la
complicité.
Monsieur Larmont, vous allez nous accompagner.
admis sa disparition.
Il était devenu associable, violent.
Même au pensionnel, les élèves se méfiaient de lui.
C'est pas vrai.
C'est pas vrai ! Il peut pas vous entendre. C'est pas vrai ! C'est pas
vrai ! Il m'entend !
Je
le savais, je l'ai toujours su.
Pourquoi avoir attendu si longtemps pour nous le dire ?
Pour protéger votre école ? Mais parce que ! En tout cas, avec moi aussi.
Comme avec Marc.
Le coup de fil de Marc était donc pour vous prévenir qu'il allait porter
plainte contre son oncle et pour vous demander de l'aider.
Je suis allé le voir pour lui expliquer que je voulais mieux se passer.
J'ai jamais oublié.
C'est pas possible.
Mais j'ai réussi à vivre avec, pas Marc.
Je lui ai demandé de me laisser en dehors de tout ça. Il a très bien
compris.
Monsieur Larmont, nous allons devoir organiser une confrontation avec M.
Ferro pour essayer de le faire craquer.
Monsieur Ferrand, vous reconnaissez cette personne ?
Non.
Sylvain Larmont. Il a partagé la chambre de votre neveu pendant un an au
pensionnat.
Peut-être. C'était il y a longtemps. Je ne me souviens plus.
Moi ? Moi, je me souviens.
De tout.
La porte qui s'ouvrait le soir.
On était mort de peur.
Vous entriez, vous nous pointiez du doigt, sans rien dire.
Tantôt Marc, tantôt moi.
Puis on venait à votre bureau, faire vos saloperies, là.
Et les menaces pour qu'on se taise.
Et l'école, les week-ends entiers pour nous avoir sous la main.
On a eu 12 ans.
Moi aussi, je suis fou.
Moi aussi, je dis n'importe quoi.
Quoi parlez-vous ? Dans le dortoir, je venais faire taire ceux qui empêchaient
leurs camarades de dormir.
À quoi c'est tout ? Quant au col, aux punitions, si vous en avez juste, c'est
que vous le méritez.
Et vu ce que j'entends, il faut croire qu'avec vous, je n'ai pas été assez
sévère.
Oui, allez, ça va.
Viens là.
Viens là.
Je vais te dire un truc, monsieur le directeur.
Regarde-moi, ça fait un bail que je suis flic, moi.
Alors les salauds et les menteurs, j'ai appris à les reconnaître.
Moi, j'en vois qu'un ici, mais c'est pas celui qui vient de sortir.
Accessoirement, je suis père et bientôt grand-père.
C'est de dire si t'es mal barre avec moi, tu comprends ? Je vais vous dire,
moi, ce qui s'est passé.
Vous avez reçu la lettre de votre neveu, alors vous êtes allé chez lui en
espérant encore user de votre ancienne autorité. Seulement, voilà, c'était plus
un enfant.
Vous n'avez plus peur de vous ?
Alors vous l'avez menacé physiquement et lui s'est défendu.
Vous vous trompez.
Le soir du meurtre, j'étais chez moi avec quelqu'un.
Avec Jimmy.
Avec qui ? J'étais avec Jimmy.
C'est qui Jimmy ? Un petit voisin que vous étiez à face de voir ? Un jeune
homme. Il traite dans le quartier de Belleville.
C'est là où j'ai rencontré.
Ton jeune homme, il a quel âge ?
T'inquiète pas, là.
On va le trouver, ton Jimmy.
Belleville, c'est tout petit, quand on a envie de faire tomber une ordure comme
toi.
Il fait le trottoir, il s'appellerait Jimmy.
Commandant.
Commandant, le labo a analysé des traces de sang et des cheveux que j'avais
prélevées moi-même sur une petite table basse.
cheveux et sang appartiennent à la victime. Ces traces étaient recouvertes
par la poussière due à l'explosion, ce qui veut dire qu'elles étaient donc
antérieures à celles-ci.
La trace de coup au niveau du cervelet dont parlait le légiste pourrait venir d
'un choc violent avec le bord de cette même table basse. L'homicide qu'on
croyait volontaire pourrait être involontaire.
D'autre part, j'ai étudié la disquette informatique de l'association Redowitz.
C'était porté parti civil contre un éducateur accusé de pédophilie. L
'éducateur a obtenu un non-lieu.
Mais en interrogeant celui-ci, voyez-vous, j'ai découvert un fait
étrange. Il prétend qu'après le procès, Redovitz n'a eu de cesse de l'appeler et
menaçait même de le tuer.
Et si Redovitz en avait assez qu'on libère les pédophiles ? Si dans l
'affaire Féraud, il avait décidé de ne pas attendre le procès, de faire justice
lui-même, il fait part de ses intentions meurtrières à Filippani.
Filippani hésite à avoir recours à des méthodes aussi radicales. Il s'emporte
et se le brame.
Michel, si on voyait Mme Redovitz...
Elle nous parle de son mari. Demain à la première heure, ça se fera ? Non, pas à
la première heure.
Je suis à l'hôpital avec Camille. On lui retire enfin ses bandages.
Madame Redovitz pourra attendre une heure ou deux.
Ne vous inquiétez pas.
Tout va bien se passer.
Michel ? Oui,
Camille. Je suis là.
À partir de maintenant, vous allez ouvrir les yeux, mais très doucement.
Dites à mon ami que son nœud papillon est impossible.
Quand nous nous sommes rencontrés, vous portiez déjà ce papillon.
Faites-moi plaisir, Michel, allons choisir ensemble un éphémère plus
coloré. Je suis sûre qu'il vous ira très bien au teint.
Le chef du bureau du patron est d'accord pour que tu prennes ma place comme chef
de groupe.
Je vais organiser un poêle à mamouchka, comme ça on pourra fêter nos deux
promotions.
C'est formidable ça.
Toi commissaire à Lyon et moi chef de groupe à Paris.
La retraite qui nous attend pour vivre ensemble.
Tout le pognon qu'on va se faire, il viendra.
On va pas regretter d'avoir sacrifié le présent pour l'avenir.
Attends, qu'est-ce qui te prend ? Je croyais que tu... Moi aussi je croyais !
Je croyais mais j'y arrive pas ! Tu comprends ? Je supporte pas que tu t'en
ailles !
Ton petit dos de consolation, tu peux te le foutre, je pense. D'accord ? Madame
Redovitz nous attend dans mon bureau.
Difficile de cacher mon émotion, surtout à vous qui m'avez tant soutenu.
L'opération de Camille a réussi parfaitement.
J'écoutais pas vous, Michel.
Madame Redovitz nous attend.
Et puis la mort de Julien s'est devenue très difficile avec mon mari.
Il passe son temps à ressasser sa culpabilité, sa haine.
On se parle plus.
D'ailleurs, nous ne vivons plus ensemble.
Madame Redavitz, travaillez-vous toujours pour l'association ? Parfois,
je viens donner un coup de main, mais je partage pas les idées de mon mari, il va
trop loin.
Comme avec...
Votre mari ne supportait pas l'idée que cet éducateur sorte libre du tribunal.
Depuis, il ne cessait de le harceler, de le menacer de mort au téléphone.
Croyez-vous votre mari capable d'actes criminels ? Oh non ! C'est vrai qu'il
était fou de rage quand l'éducateur a été acquitté. Il ne supportait pas qu'il
s'en sorte si facilement.
Mais enfin, de là, je crois pas qu'il irait jusqu'à tuer quelqu'un.
Et Marc Filippani, comment a-t-il réagi au procès de cet éducateur ? Il a été
très perturbé par le verdict.
En sortant du tribunal, il nous a avoué qu'il était plus certain de vouloir
porter plainte contre son oncle parce qu'il avait peur que son procès se
termine de la même manière par un non-lieu.
Vous le connaissiez bien ? Oui.
Nous étions devenus très proches sur beaucoup de points et il me rappelait
Julien. Quand l'avez-vous vu pour la dernière fois ? Samedi dernier.
Il était passé à l'association pour me prévenir qu'il ne pourrait pas tenir la
permanence. Il ne se sentait pas bien, il m'a demandé de le remplacer.
Vous voulez dire que Marc Filippani n'était pas à l'association le samedi
qui a précédé le meurtre ? Puisque c'est moi qui ai assuré la permanence.
Et votre marié était au courant de cette absence ? Non, je ne crois pas.
Il était parti tout le week-end en Italie pour une conférence sur la
prostitution enfantine.
Ah, quelle belle journée.
La victime n'a pas pu écrire cette lettre puisqu'il n'était pas présent ce
jour-là à l'association. Rien de plus simple, en effet, que d'antidater un
fichier informatique. Il suffit tout simplement de changer l'heure de l
'horloge interne de l'ordinateur au moment de l'enregistrer. Impossible de
prouver la supercherie.
C'est Redovitz qui l'a écrite.
Après le meurtre et sûrement après sa première audition.
Pour charger Ferro ou pour brouiller les pistes ? L'accusation repose
essentiellement sur cette lettre. Sans elle, impossible de prouver que Ferro
était au courant des intentions de son neveu. Et par là même, plus de mobile.
L'accusation tombe toute seule.
Bien, on reprend tout depuis le début. On passe au crible les alibis de Ferro
et Redovitz.
En fait, le petit Jimmy de Belleville, vous avez mis la main dessus ? Pas
encore, mais ça ne serait tardé, commissaire.
Attends-moi ça.
Ça pousse comme du chien, non ? On me réserve.
On va couper à la racine.
Sinon ça revient.
On s'en sort pas.
Votre épouse nous a dit qu'on allait vous trouver ici.
Ça s'entretient, une tombe.
Comme le souvenir.
Ma femme, elle comprend pas pourquoi je viens ici tous les jours.
Moi, ça me calme.
Je lui parle un peu.
C'est la seule occasion où j'arrive presque à oublier qu'il est parti.
Vous voulez bien nous accompagner, monsieur Redowitz ?
Année 2039.
1907, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 1900... C'est moi qui ai tapé la lettre.
Et qui ai changé la date sur l'ordinateur.
Marc décédé, Ferro allait échapper à son procès.
J'ai pensé qu'avec cette lettre, il serait peut-être accusé du meurtre.
Qu'il ait ou non assassiné son neveu, c'est lui qui l'a tué.
Il doit payer.
Je suppose donc que vous avez mal réagi quand Marc a voulu renoncer à porter
plainte contre son oncle.
Quoi ?
Mais Marc était décidé.
Rien ne l'aurait fait reculer.
Ce n'est pas ce que nous a dit votre épouse. Cela peut se concevoir, somme
toute.
Voir une victime bafouée dû être terrible pour Marc.
Il a certainement eu peur que son oncle l'accuse une nouvelle fois de mentir.
Son oncle allait pouvoir s'en tirer, tout comme l'éducateur s'en était tiré.
Perspective insoutenable pour lui.
Comme pour vous, monsieur Redovitz.
Alors vous lui avez proposé de régler l'affaire autrement, de jouer les
justiciers. Mais Marc a refusé.
Alors vous êtes allé chez lui ? Et Marc s'est entêté ? Vous vous êtes énervé ?
Non, s'il vous plaît.
C'est le nom de nous.
Je n'ai pas tué Marc.
J'aurais parfaitement compris qu'il renonce.
Je suis bien placé pour savoir à quel point il est douloureux pour les
victimes de revivre ce drame.
Mais Marc était déterminé.
Il avait trop souffert, il était décidé à vider son sac.
D'autant plus qu'il m'avait confié qu'il disposait d'un atout que le gosse n
'avait pas face à l'éducateur.
Quel atout ? Je n'en sais rien.
Marc n'a pas voulu m'en dire plus.
Mais tout ce que je sais, c'est qu'il était confiant.
Je sais, Étienne, que Léa peut pas aller à l'école. Qu'est-ce que tu veux que je
te dise ? J'en sais rien, moi.
Écoute, moi je suis désolée, je peux pas venir la garder, je travaille.
Je sais, ça va, arrête, arrête de me répéter tout le temps.
Non, écoute, on en reparle ce soir.
Bon, on a retrouvé le fameux Jimmy.
C'est un gosse de 16 ans qui tapine au métro Belleville.
Il était bien avec Ferro le soir d'humeur, mais il a refusé de signer sa
déposition. Et d'après ses descriptions, ça laisse aucun doute.
En ce qui concerne Redovitz, un des participants au colloque sur la
pédophilie, il a aperçu qu'il regagnait sa voiture à la fin du colloque, c'est-à
-dire vers 21h. Nous venons de perdre nos deux suspects.
Reste. Sylvain Larmont.
Mais pourquoi il aurait tué son pote ? Et si Larmont était l'atout majeur de
Filippani ? Celui sans lequel il n'aurait pas gagné son procès. Larmont
est dans le déni et l'oubli, Filippani dans la parole et la réparation.
Ça a pas dû être simple entre nous. Il faut revoir Sylvain Larmont.
Enferon, c'est quoi ? Maintenant que son neveu est décédé, il ne peut plus être
poursuivi pour pédophilie.
Même si Larmont décidait de porter plainte contre lui, il ne pourrait pas
le faire. Pourquoi ? Parce qu'il a 28 ans passé et que 10 ans après sa
majorité, il ne peut plus traîner son bourreau devant les assises. C'est la
loi. Oui, sauf que le petit Jimmy, il est mineur.
Alors s'il signe sa déposition, Ferrault tombe sous le coup de la loi.
Laisse-moi le faire, je m'en occupe.
Pour en revenir à Sylvain Larmont, il doit avoir une grande habitude du
silence. Les aveux vont pas être faciles.
Aimerait que la mère de la victime, mise au courant des faits et de la
culpabilité, désormais avérée de son frère, accepte de nous aider.
Quand on s'occupe soi-même d'enfants, qu'on part en déplacement avec eux,
quelques jours, voire même quelques nuits, ça ne doit pas être facile de
prendre la parole dans un tel procès.
Dans votre cas,
il ne s'agissait pas de remuer un passé douloureux, mais de mettre en péril ce
que vous avez mis des années à construire.
En apprenant que vous aviez été victime d'abus sexuels, les parents de vos
élèves risquaient de vous retirer leur confiance ?
Malheureusement, trop de gens pensent qu'un enfant qui a été victime de
pédophilie devient un adulte pédophile. J'ai jamais rien dit à personne.
Même mes parents l'ont jamais su.
J'allais pas tout déballer en public comme ça d'un coup, 15 ans après.
Et c'était votre droit le plus strict, mais Marc Filippani comptait sur vous
pour faire valoir le sien.
Vous aviez tous deux des raisons vitales, le drame étant qu'elles étaient
opposées.
Nous sommes persuadés que vous avez tué Marc Filippani. Et tout aussi persuadés
que ça n'était pas votre intention. Je n'ai pas tué Marc.
Marc, c'était mon frère.
C'était mon frère.
Oui.
Merci, Bayer.
La mère de votre ami voudrait vous parler.
C'est la dernière chose que vous puissiez faire pour Marc.
Au pensionnat, avec Marc, on s'était juré de rien dire.
Je sais que vous n'avez pas voulu sa mort, je le sais.
Parce que moi non plus, je ne l'ai pas voulu.
Et pourtant, à ma manière, je suis aussi responsable que vous.
Il avait changé d'avis, pas moi.
Moi, je ne voulais pas revivre tout ça.
Je ne pouvais pas.
J'avais trop honte.
J'ai honte depuis.
J'ai honte.
Qu'est-ce que je devrais dire ? Moi non plus, je n'ai pas su ou pas pu
comprendre.
Tout était devant moi et je voyais rien.
J'ai cru mon frère.
Vous êtes moins coupable que moi, même si vous l'êtes vu.
Dites-moi la vérité, j'ai besoin de savoir.
Il voulait pas m'écouter.
Il était fou de rage.
Il m'a traité de lâche, de dégonflé.
Il s'est jeté sur moi.
Je me suis défendu.
Il a glissé.
Ses têtes a cogné le table basse.
Il bougeait plus.
J'ai compris qu'il était mort.
Je vais dans la cuisine et j'ai ouvert le gaz.
Faire croire à un suicide.
Et je voulais pas le tuer.
Je voulais pas.
Pardon.
Pardon.
Je voulais pas.
C
'est le
2 à lui demander pardon.
Je sais pas qui c'est.
C'est pas une info qu'on te demande.
Je sais que c'était toi.
Alors juste, tu confirmes. T'auras pas d'emmerdes, d'accord ?
Jamais
eu.
Écoute-moi, Jimmy.
T'es le seul à pouvoir faire tomber cette ordure.
Alors si tu le fais pas pour toi, fais-le pour les autres.
Pour tous les gosses qu'il a violés et bousillés.
Et toi, comment t'y es arrivé au tapin ? Je t'opine pas.
J'ai des copains, c'est pas interdit.
Ce mec, je le connais pas.
Chacun sa merde.
Personne n'a jamais rien fait pour moi.
Surtout pas les keufs. T'es mineur, Jimmy. T'entends ? T'es mineur.
Il a pas le droit de coucher avec toi.
Réfléchis, putain.
T'as une chance de pouvoir quitter ton trottoir de merde.
Oh.
Toi non plus ? Tu l'as jamais vu ? T'entends, il s'appelle Jimmy.
Et c'est toi qu'il a balancé.
Jimmy Johnny, je sais plus.
Si ce garçon vous dit qu'il ne me connaît pas, pourquoi voulez-vous que je
le connaisse ? Insistez pas, capitaine, vous finiriez par vous mettre dans votre
tas.
Nous allons vous libérer, au regard de la loi vous êtes innocent, même si pour
nous vous êtes le véritable meurtrier de votre neveu.
Jusqu'à vous rencontrer, je ne savais pas jusqu'au bout.
Regarde-moi.
Regarde-moi.
Vous voulez vraiment rien boire ? Non, Francisco, non. Non, vraiment.
Merci.
Excusez-moi, commandant, mais je ne vais pas pouvoir rester très longtemps.
Alors, si vous pouviez nous dire pourquoi vous nous avez fait venir ?
Je
vous ai tous réunis pour vous annoncer mon prochain départ.
Je vais bientôt quitter la crime.
Je pars à Lyon, je suis promue commissaire.
Je vous félicite, commandant.
Et je suis sincèrement ravi pour vous.
Néanmoins, je crains qu'il ne nous faille un certain temps pour nous faire
à votre absence.
Merci, Michel.
Mais vous savez qui va vous remplacer ? J'ai pensé que Jean-Louis
pourrait prendre ma place.
Enfin, s'il est d'accord, bien sûr.
D'ailleurs, je pensais qu'il serait là ce soir avec nous, mais... Il ne va pas
tarder.
Bon, ça ne nous empêche pas de fêter ça dignement.
Vous avez eu raison de prendre son poste.
Vous savez, il a encore du chemin à faire dans sa tête avant de prendre
celui de Lyon.
Mais il le prendra.
Il faut avoir confiance.
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