All language subtitles for Paris.Police.1910.S01E05.FRENCH.AD.2160p.WEB.SDR.H265-THESYNDiCATE

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Original subtitles

...

- Elle a piégé le valet.

C'est bien ça ? - Oui.

Je pense. - Tu l'as vue le faire ?

- Non. Pas exactement. - Tu l'as vue.

- Oh ! Les gars !

Devinez qui est mort.

- M. Cochefert a été tué.

L'inspecteur Jouin

a été blessé en désarmant l'assassin.

Le meurtrier s'est suicidé.

- Monsieur,

"Le Matin"

est votre meilleur allié.

- Ce Borderel-lĂ  ?

- Ne faites pas ça. - C'est déjà fait.

- Madame ! Calmez-vous !

- Faux cul !

- Cette garce vous a bernée !

Il y a peu de femmes avocates.

C'est pour ça.

(- M. le curé va prier pour toi.)

(Moi, je ne peux pas.)

- Je voudrais parler au préfet. - C'est lui.

- J'ai avoué un meurtre.

Mon compte est bon.

Pourquoi mentir ?

- Mme Steinheil, je vous inculpe de complicité de meurtre.

- Pas la prison ! J'en mourrais !

Je suis innocente.

Musique grave

...

- Nom ?

- Steinheil Marguerite.

- Les réactions du public,

comment ça se présente ?

- Euh... Bien. Très bien.

Il y a un grand courant en faveur de la peine de mort.

Bon, ça ne m'a pas étonné, d'ailleurs.

Partout, le verdict est sans appel :

presque tous les gens interrogés veulent la voir morte.

- Age ?

- 40.

- Nous avons assez de témoignages. Faisons un montage.

Passe au deuxième plan la peine de mort.

C'est une arme Ă  double tranchant.

Ils veulent la guillotine. Demain, ils voudront l'abolition.

Tu les connais, les Parisiens.

- A l'avenir, vous serez le matricule

61 170.

- Tu vas ĂŞtre content. BientĂ´t, on sort

la lettre Borderel.

- Pour simplifier, vous serez "61".

Je n'ai pas le droit de vous appeler

"Mme Steinheil".

- "Qui est B ?"

Ca va nous faire une belle relance.

La salope en taule,

ses riches amants commencent

Ă  jacter.

- Formidable.

Mais...

ça vous intéresse pas, la vérité ?

- La quoi ?

Cris des détenues

- Enfin, ça y est

elle est Ă  Saint-Lazare - A SAINT-LAZARE

A PRESENT LE PUBLIC NE BLAGUE PLUS LES FLICS

IL ETAIT TEMPS MAIS CE SERA BIEN BIZARRE

Musique grave

...

Cris des détenues

...

- Voilà une nouvelle détenue que je vous amène.

Je vous la confie. - Tout va très bien, ma soeur.

Merci. Nous sommes entre copines.

Chère amie ! - Comtesse !

Vous ici ? Ca alors ! Le monde est petit, tout de mĂŞme.

- Que ça me fait plaisir ! Ca fait si longtemps.

Je ne vous demande pas de nouvelles de votre mari,

mais je suis désolée pour Madame votre mère.

- Merci. Mais vous, pourquoi...

- Rien. Des broutilles.

Escroquerie. Six mois.

Je sors le mois prochain.

Je ne me plains pas, j'ai passé l'été au frais.

...

Alba est gentille.

Elle se prend pour un garçon et veut qu'on l'appelle "Firmin".

La comtesse rit.

Firmin ? Dis bonjour

Ă  la dame.

Ton sec - Bonjour.

- S'il vous plaît ! Un docteur !

- C'est une petite gousse. Elle broute mieux qu'une chèvre.

Je vous la prĂŞte bien volontiers.

- J'y réfléchirai.

- C'est votre première fois à Saint-Lazare ?

Un dépucelage ?

Comme c'est émouvant !

La comtesse rit.

Oh, n'ayez pas peur.

C'est moins pénible qu'on pense, si on reste entre nous.

Dans la fosse, avec les guenons, c'est beaucoup plus sauvage.

Mais vous, alors, quelle histoire !

Racontez-moi. Marguerite soupire.

- Aujourd'hui,

la ville de Paris

fait au commissaire Cochefert, tombé au champ d'honneur,

les imposantes funérailles que méritent

son intrépidité et sa vaillance,

et tandis que nous déposons

sur cette tombe si tragiquement ouverte

un suprĂŞme hommage,

j'ai le devoir, au nom de la population parisienne...

- Cette phrase est longue. Elle ne finira jamais.

- ... et de la police tout entière d'envoyer à sa veuve en larmes,

avec toute ma sympathie attristée

un respectueux salut.

Trompette

...

Musique grave

... ...

...

Alors, comment ça va ?

- J'ai reçu plein de courriers de gens que je ne connais pas.

- Eh oui, vous ĂŞtes une vedette.

Le public a beaucoup de sympathie pour vous, c'est naturel.

Quemener, Berthier et vous serez récompensés tous les trois

pour mérite exceptionnel.

- J'ai hâte. Ce sera hilarant.

- Voici...

la médaille de vermeil.

Je tenais Ă  vous la remettre

en main propre, mais en privé.

- Vous pouvez vous la mettre au cul.

Pourquoi une médaille ?

Pour avoir fait tuer Cochefert,

m'être pris une balle ou protéger vos secrets ?

- J'ai fait la connaissance de votre épouse.

Elle vous déteste.

Je ne peux pas

lui donner tort.

- Je l'ai encore déçue.

Pour une catholique, veuve, c'est plus élégant que divorcée.

- Vous voulez que je vous aide Ă  sauter par la fenĂŞtre ?

- Parlez-moi plutĂ´t de Fiersi.

- Il a souhaité soulager sa conscience et avouer son crime.

Il sera jugé pour le meurtre d'Irma Barbey.

Ca ira vite.

- C'est Fiersi qui a tué Delaunay.

Je l'ai vu. Il m'a sauvé la vie, encore une fois.

- Ces questions-là n'intéressent que vous.

- Vous en avez une pour moi ? - Non.

- Votre fille a sabré

le champagne ?

Vous avez trinqué ensemble ?

Cochefert est mort.

Pompe Funèbre, en prison. Vous êtes tranquille.

Vous avez enfermé votre maîtresse.

Vous la ferez condamner à mort pour protéger votre réputation.

- Et ça vous tire des larmes ?

- Les amants de Pompe Funèbre, voilà un beau sujet.

N'importe lequel aurait pu avoir un mobile.

Cochefert le savait. Vous étiez sur sa liste.

- Que voulez-vous que je vous dise ? C'est la vie moderne.

Ce qui se passe a moins d'importance

que ce qu'on raconte.

Vous insultez tout le monde,

mais votre orgueil est blessé, c'est tout.

Vous n'êtes pas le héros que vous pensiez être.

Vous ne sauverez personne.

Vous ne changerez pas la société.

Et votre connerie a fait des ravages tout autour de vous.

Bienvenue chez les adultes.

- Comment vous faites ?

Quand vous préparez vos discours, vous y croyez ?

- Je suis vide.

Ouvrez-moi le ventre,

vous trouverez de la paille et de la poussière.

Je suis un pantin, comme vous,

et nous, gentilles marionnettes,

nous continuerons de faire semblant.

Pour la préservation du système

et la satisfaction du public.

Bon !

Qu'est-ce qu'il veut, Guignol ?

Une pension ou de l'avancement ?

Ne vous pressez pas de répondre. Vous avez le temps.

Vous avez au moins jusqu'au procès.

- J'irai témoigner pour Fiersi.

- Vous fermerez votre clapet. VoilĂ  ce que vous ferez.

Le procureur ne vous citera pas.

L'avocat de la défense non plus. Je vous le garantis.

Quant Ă  la presse, on s'en chargera Ă  votre place.

Bon rétablissement.

Ah, vous me parliez de ma maîtresse.

La vôtre attend derrière la porte. Vous aimeriez la voir ?

Musique grave

...

Dites bien Ă  votre cliente que plus elle s'agitera,

plus elle aura d'ennemis.

Vous pouvez entrer. Il est d'humeur charmante.

...

Sanglots

... ...

...

- Et vous vous souvenez des photos de Mme Lépine ?

Rire

Oh mes aïeux ! Quelle soirée ! ...

- Cet Italien ! Un cheval.

- Vous êtes restés amis,

avec le préfet Lépine, je crois.

- Il a pris ses distances. - Mmh...

Les hommes ! Jamais fiables.

- Ce n'est pas sa faute. Le pauvre, avec la fille qu'il a...

- Oh, ça ! Une morue bien sèche.

Rire Vous aimez toujours

la morphine ?

Moi, je ne peux pas m'en passer.

Soeur Léonide a un frère pharmacien.

Une camelote extraordinaire.

C'est un petit peu cher.

Ce soir,

après l'extinction des feux, on se fait une petite fête, non ?

La porte s'ouvre. - 61 !

Parloir !

- Alors... les lévites,

la rouquine : Cochefert était sur leur piste.

Il les a trouvées. Je reconnais Irma Barbey, Delaunay.

Ils sont liés avec Fiersi ! - Bien sûr.

Irma Barbey, Delaunay et Fiersi vous ont attaquée.

- Oui.

- Ils ont tué votre mari et votre mère, mais pas vous.

- C'est ça. - Je suppose

que c'est Couillard qui leur a ouvert la porte.

- Il a avoué ?

- Il a rien Ă  avouer !

Il a été relâché quand on vous arrêtait.

- Que vais-je devenir ?

- Vous allez rester en prison.

- Combien de temps ?

Un mois ? Deux mois ? Trois ?

- Je ne sais pas.

- L'instruction repart de zéro. Le juge sera inflexible.

On vous fait payer vos mensonges. - Je n'ai rien fait !

- Accuser des innocents,

ce n'est pas rien.

- C'était pour savoir la vérité.

- Madame, écoutez-moi. Ecoutez-moi.

Il faut vous reprendre.

Vous irez en cour d'assises.

Devant un jury, vous courez de gros risques.

A mon humble avis,

vous devriez réfléchir à un changement de stratégie.

Musique de suspense

...

- Qui est B ?

Tous nos lecteurs se le demandent.

Ce mystérieux amant, nous l'avons retrouvé.

Je l'ai vu. Mais nous ne le nommerons pas.

Le faire serait ajouter Ă  sa douleur.

Or,

cet homme est innocent et il souffre déjà,

comme en témoignent ses confidences.

Brouhaha

- Achetez "Le Matin" !

- Rebondissement dans l'affaire Steinheil !

"Qui est B ?" - Achetez "Le Matin" !

Musique de suspense

...

- C'était le 13 avril.

J'avais été convié à un vernissage, à Paris.

- Par qui ?

- Un ami. Le juge Leydet.

Les tableaux étaient médiocres. Mais elle, superbe.

Naturellement, j'ai complimenté le mari.

Vous ĂŞtes un heureux coquin, M. Steinheil.

Seuls des peintres comme vous dénichent de tels trésors.

- Mon cher Borderel, si ma femme vous plaît, tant mieux.

Je vous la présente,

et si vous y mettez le prix,

elle sera Ă  vous. - Oh !

Je n'aime pas ce genre de plaisanterie.

- Non, ne vous fâchez pas.

Achetez une ou deux de mes toiles.

Vous les payerez cher, car elles sont mauvaises,

mais vous aurez ma femme par-dessus le marché.

Ca va ?

- La déposition de mon client

est dans le journal.

Recopiez-la, on gagnera du temps.

- Quelle est votre impression

concernant la participation de Mme Steinheil Ă  l'assassinat ?

- Je n'ai jamais pensé que Mme Steinheil,

en admettant qu'elle fût coupable,

ait pu tuer ou faire tuer son mari

dans l'intention de m'épouser.

Je lui ai dit

que je m'y refusais. J'ai toujours été clair là-dessus.

Je lui ai dit que j'étais catholique,

père de quatre enfants, dont une fille

de 13 ans, et que non, jamais je ne l'épouserais.

- Son mari savait ?

- Oui. Le pauvre homme.

Il était sympathique. Un artiste.

Vous le connaissez aussi.

- Oh, Ă  peine.

- Malgré mes sentiments

pour Mme Steinheil,

j'avais pris la décision bien avant le crime

de rompre avec elle. Mais... Il soupire.

Elle... Elle m'appelait sans cesse.

Elle me réclamait... - De l'argent ?

- Une fois, elle m'avait fait appeler par sa mère.

Certaines personnes n'ont pas de honte.

Elle est allée jusqu'à me demander 4 000 francs.

J'ai refusé.

- Mon client précise qu'il était en province

pendant la nuit du crime. - Oui.

Je l'ai appris dans les journaux le 1er juin.

- D'après votre lettre,

vous la soupçonniez.

- Oui, dès le premier instant.

Mais penser qu'elle a fait ça pour moi, à cause de moi...

Moi, un honnĂŞte homme ?

Moi, devenu le... complice involontaire d'un crime atroce ?

Je veux pas l'accabler, mais elle me fait beaucoup de mal.

Sanglots

Musique grave

...

- Mme Steinheil a déjà donné son accord

pour que sa fille soit émancipée. - Vous êtes consciente

que ça autorise le procureur à vous appeler à la barre ?

- J'allais y venir.

Par décence,

nous souhaitons lui épargner cette épreuve.

Nous ne l'appellerons pas.

Mais...

si le ministère public en prend l'initiative,

nous aurons grand plaisir à écouter son récit.

- Après son récit,

les jurés auront envie de couper la tête de sa mère ?

- La famille de ton père

a l'air de croire que jusqu'à ta majorité,

tu pourrais... - Je ne vivrai pas avec eux.

- Nous en parlerons avec ton avocat. J'ai pensé que maître Delanoix...

- Maître Chauvin.

- Enfin, tu n'y penses pas !

Elle est nulle.

Et ce maître Weidmann ne vaut guère mieux.

- Si tu la renvoies, je ne reviens pas te voir.

...

- Tout va bien, Maurice. Personne ne veut votre ruine.

Vous êtes allé chez le juge avant publication.

Comme un innocent.

Evidemment,

vous devrez témoigner au procès.

Faudra l'enfoncer encore un peu.

C'est qu'un mauvais moment Ă  passer.

- Le cours Borderel est stable, malgré une petite baisse.

- 12 %, quand mĂŞme. - Stable !

Déclaration rassurante de la Banque de France, etc.

On enchaîne sur une description de l'entreprise moderne.

- 6 000 tonnes de betteraves traitées par jour.

- Voilà. Je m'ennuie déjà, c'est bon signe.

*Piano

Refrain et premier couplet en une, sous l'illustration.

Le reste en page quatre.

*- De celle qui s'appelle la veuve Steinheil

...

- Passez-moi le Théâtre Hébreu.

*- ... dans tout Vaugirard...

- M. Goldstein, ici "Le Matin".

Nous avons un projet de pièce à vous proposer.

Oui, "Le Matin" sera partenaire.

Le titre ?

"Pompe Funèbre."

Nous lançons une audition.

Les impresarios sont prévenus.

Qui jouera Meg Steinheil, la veuve sanglante ?

Musique douce

...

Rires

...

Conversations

- Devant vous tous,

je voudrais dire Ă  mon mari

que je l'aime.

Je ne t'ai pas assez soutenu.

Je ne t'ai pas fait assez confiance.

Parfois, le Seigneur nous offre une seconde chance.

A nous de ne pas la laisser passer.

Nous avons tous prié

pour ton retour, et tu es lĂ .

Et quand je te vois,

je sais que tout ira bien, maintenant.

Applaudissements et rires légers

Les conversations reprennent.

...

Du gâteau ?

- Monsieur le chef

du jury,

veuillez lire l'énoncé du verdict.

- "En mon âme et conscience, devant Dieu et les hommes,

"la réponse du jury est 'Oui' à toutes les questions."

- "Conformément aux articles 303 et 304 du Code pénal

"seront punis comme coupables d'assassinat

"tous les malfaiteurs, quelle que soit leur dénomination,

"qui, pour l'exécution de leurs crimes,

"emploient des tortures ou commettent des actes de barbarie.

"La cour condamne en conséquence Joseph Fiersi

"Ă  la peine de mort."

Musique douce

...

- Partis il y a deux semaines.

Tout vidé.

Faut dire qu'avec les nouvelles,

le commerce tournait plus trop.

La femme tenait le magasin,

mais le mari a porté le chapeau.

...

- Vous voulez quitter la préfecture pour intégrer

les Brigades mobiles.

- Dans n'importe quelle ville. Je ne suis pas attaché à Paris.

- Neuf ans au sein de la brigade de recherche de Cochefert.

Vous ĂŞtes inspecteur principal,

plusieurs fois cité, médaille de vermeil. Votre dossier

est excellent.

- Mais...

- Votre état de santé pose question.

Difficile de vous imaginer sur le terrain avec...

vos limites.

- Mes médailles me permettent de devenir commissaire.

- Certes.

Cela dit, nous avons retrouvé une évaluation

de l'an dernier : "Malgré ses indéniables

"qualités d'enquêteur, il n'a pas démontré

"sa capacité à diriger une équipe ou à déléguer

"ses responsabilités.

"Il me semble donc qu'une promotion serait,

"dans son cas, prématurée." Bon, etc, etc. Et c'est signé

du commissaire Cochefert.

- C'est un document interne. Qui vous l'a transmis ?

- Je suis désolé, inspecteur.

Pas de boiteux dans les Brigades mobiles.

Mais... - Je vous remercie.

- Vous devriez en parler à M. le préfet.

Il vous trouvera sûrement une place... administrative,

avec un grade et un salaire tout à fait décents.

- Merci, professeur.

Oui, oui, je l'ai sous les yeux.

Non, je ne la fais pas circuler.

Je la garde au cas oĂą.

Si ce n'est pas lĂ , ce sera l'an prochain.

Au revoir, professeur.

Préfecture, appartement Lépine.

Personnel.

Oui, Mme Lépine ?

Ici Labruyère, du "Matin".

Je me permets de vous appeler au sujet du concours.

Nous venons de recevoir un projet d'affiche.

Rire moqueur

- Il va vite en besogne, vous ne trouvez pas ?

Musique douce

...

- "Chevalier de l'ordre de Vasa, en Suède."

- Mmh... - "Commandeur

"de l'ordre de Saint-Sava, en Serbie.

"Officier de l'ordre d'Orange-Nassau,

"en Hollande.

"Commandeur de l'ordre

"de Saint-Stanislas, en Russie.

"Médaille de la reine Victoria,

"en Angleterre.

"Officier de la Couronne de fer, en Autriche.

"Chevalier de 'Konigchli'..."

- Konigliche Kronen !

- "En Allemagne." - En Allemagne.

- "Chevalier de l'ordre

"du Dannebrog, au Danemark"

et "officier de l'Etoile, en Roumanie".

C'est impressionnant.

- Merci. - Mais comme votre collection

de breloques est encore incomplète, il vous faut la Légion d'honneur ?

Bertillon rit. - Eh bien...

J'ai pensé... évidemment.

Vous comprenez ?

- Mais vous ne m'avez pas demandé

de vous recommander.

Vous avez fait appel Ă  Hector.

- En tant que secrétaire général de la préfecture, j'ai...

- Dites-moi, Bertillon.

Avec tous vos voyages, vos congrès, vos cérémonies,

il vous reste du temps pour le travail de police ?

- Je ne vous permets pas.

- Il paraît que vous avez inventé une nouvelle valise magique.

La Bertillonne.

- Oui.

- Je pense, moi,

que je peux vous faire entrer tout entier dedans, sans laisser

mes empreintes.

Vous m'avez compris ?

- Oui.

- La fierté, Bertillon, vient du travail accompli,

non de la reconnaissance d'autrui.

Musique grave

...

Brouhaha de la rue

... ...

- Inspecteur Antoine Jouin.

- Asseyez-vous. - Ca ira. Je tiens debout.

- Vous vouliez me voir ?

- Vous m'aviez laissé le choix : la pension ou l'avancement.

Je choisis l'avancement.

---

Musique grave

- Je suis heureux de vous revoir.

...

Brouhaha

... ...

Tout le monde se tait.

...

- Oui ?

Ah, c'est vous inspecteur. - Commissaire.

- Je peux vous aider ?

- Vous pouvez m'aider, oui.

Vous pouvez sortir de mon bureau.

...

Bip de l'ascenseur

Brouhaha

... ...

- Avertissez M. Labruyère que la comtesse de Vaudois est ici.

Je viens de passer un mois en cellule avec Meg Steinheil

et j'ai de folles histoires Ă  raconter.

Si on me fait attendre, j'irai voir la concurrence.

- Des aveux complets ?

- Oui. Elle m'a tout dit.

- Elle ne se méfiait pas ?

- Elle n'était pas dans son état normal.

Vous savez, la prison,

la promiscuité, les substances qui circulent...

C'est horrible. La presse devrait dénoncer ça.

Enfin...

Je dois penser à ma propre réinsertion. Vous comprenez ?

- Combien ?

- 5 000.

Rires

...

Musique grave

Nous étions trois dans notre cellule.

Soupir

- Tu les as vraiment tués ?

- Coquine.

Tu aimerais bien savoir, n'est-ce pas ?

- Je l'ai trouvée

sur sa couche, avec notre petite camarade.

Et elle parlait.

Elle disait tout.

- Adolphe, tu sais, ce cher Adolphe.

Soupir de plaisir

Je le détestais.

Pendant trois ans, j'ai rêvé de le tuer.

Rire

- Et que je te fais des petits pâtés par-ci,

que je te tamponne

la toile par-lĂ .

- Le matin du 30, j'ai...

J'ai versé un peu de laudanum dans le thé de maman.

La pauvre,

elle s'est sentie flapie toute la journée.

Gémissements Des pas approchent.

...

Le vent souffle.

...

Musique de suspense

A 23 h,

je suis sortie de ma chambre,

j'ai pris la clé

de l'office

et j'ai ouvert la porte.

Il était déjà là.

Il est entré.

...

C'est moi.

C'est moi.

C'est moi qui suis entrée dans la chambre.

C'est moi

qui ai serré la corde autour de son cou.

Râles

...

Cri

Il était fort ! Il a failli

m'échapper.

C'est tout ce qu'il a fait, l'autre idiot :

le frapper une fois,

avec sa canne. Je l'ai fini

dans le boudoir.

Râles

...

Il couinait comme une fille qui se donne.

Gémissements d'effort

... Râles

Gémissements d'effort

...

Respiration saccadée

...

Tu me diras, Adolphe avait l'habitude.

Mme Steinheil rit.

MĂŞme mort,

il était ridicule.

Mme Steinheil rit.

Mais ma mère, ma mère, ma mère, ma mère...

Cette vieille bique.

Cette maquerelle.

Bois ton grog, maman. Ca te fera du bien.

Ma mère, c'était l'alibi.

Une gentille fille ne tue pas

sa maman !

Musique de suspense

Et j'ai pris

tout mon temps.

Cris de la mère

Sanglots

Râles

Cris de rage

Gémissements de douleur

...

"Bon appétit, maman.

"Pour la première fois de ta vie, tu vas enfin te taire."

Râles

...

Mais le meilleur...

c'est quand il a dĂ» m'attacher.

Je lui ai dit de bien serrer, tu vois ?

Il m'a attachée. J'ai fait des petits mouvements, comme ça...

Comme ça, comme si j'étais

sa prisonnière.

Musique grave

...

J'ai vu...

J'ai vu dans ses yeux...

J'ai vu dans ses yeux... Il avait peur.

Gémissements de plaisir Pourtant, j'étais attachée.

Il aurait pu me tuer,

comme j'avais tué les deux autres !

Mais ce n'est pas ça qu'il voulait.

...

Il était à moi.

Il était à moi.

Comme tous les autres.

Les deux gémissement de plaisir. Quand ils entrent là-dedans,

moi, c'est leur âme, que je prends.

...

C'est moi qui les engloutis.

...

Et lui... Lui...

...

Il a duré, quoi, une minute ?

...

J'ai décollé comme une pucelle.

Cette jouissance !

La meilleure fois de ma vie.

Mme Steinheil rit.

...

C'était bon !

Coupez-moi la tête si vous voulez, mais c'était tellement bon !

Musique grave

...

- VoilĂ .

Vous admettrez que 5 000, ce n'est pas cher payé

pour une histoire pareille.

Mmh ?

Musique de suspense

...

- L'affaire est simple.

C'est vous l'assassin.

Les assises vous condamneront Ă  mort et on vous guillotinera.

- Prouvez-le.

- Vous mentez.

Vous respirez le mensonge.

- Je respire votre cigare.

...

- Mme Steinheil ne m'a jamais fait le moindre aveu.

"Le Matin" est venu me trouver Ă  ma sortie

et m'a offert la somme de 5 000 francs

pour endosser leur récit fantaisiste.

Rire

J'étais forcée d'accepter.

Je dois penser à ma réinsertion, vous comprenez ?

- Vous rejetez donc le récit du "Matin"

dans son intégralité ? - Absolument.

C'est un tissu de mensonges. Pauvre Meg.

La façon dont on l'accable est révoltante.

Je suis persuadée qu'elle est innocente.

Musique grave

...

- La garce.

La putain !

- Monsieur, le patron est en ligne.

- En France,

la calomnie est aujourd'hui la seule industrie

qui n'offre aucun danger.

*- Le "Matin" met vérité, honneur et loyauté au-dessus de tout.

Je ne tolérerai aucun acte malhonnête ou seulement douteux

au sein de l'honorable journal que j'ai l'honneur de représenter.

- Bien, monsieur. *- Merci

de ne pas trop me faire mentir, Labruyère.

- Au nom de la liberté de la presse,

on a soumis ce pays au régime de la diffamation libre.

Quand un journaliste accuse, soit il dit vrai, soit il ment.

S'il ment, que la loi le punisse !

Quiconque lance une accusation publique

doit en fournir publiquement la preuve.

Mme Steinheil rit.

...

- J'adore la comtesse.

Elle est tellement malfaisante qu'on ne peut pas la détester.

- "Le Matin" peut

vous accuser, maintenant, plus personne ne les croira.

- Mais le problème de Labruyère, c'est qu'il déteste les femmes.

Il nous prend pour des idiotes.

Bien. Maintenant que le cas de la presse est réglé,

parlons un peu de ce procès.

Votre collègue, maître Weidmann, est un peu trop orthodoxe.

Il joue selon les règles. C'est le propre des perdants.

Vous et moi n'aurons pas les mĂŞmes scrupules.

- Il y a des limites que je ne franchirai pas.

- Mais...

On vous demande pas de tuer quelqu'un.

Vous allez vous couvrir de gloire. Vous avez de quoi écrire ?

- Il est bien connu que M. le préfet

aime la chasse.

Il n'aime pas les battues, c'est un solitaire.

- "Il arpente, seul, les forĂŞts de Boulogne ou Meudon.

"Le fait que Mme Steinheil ait pu louer

"un pavillon n'a rien à voir avec ses préférences.

"D'ailleurs, le secrétaire du préfet l'accompagne régulièrement.

"C'est un témoin de bonne foi.

"Il l'a vu, souvent, décharger son calibre sur une poule faisane

"ou, faute de mieux, sur une petite grive."

C'est très amusant.

- Si cette liaison est rendue publique,

votre père n'y survivra pas.

- Oh, allez-y. Publiez. Nous verrons bien.

- Par ailleurs, le cabinet Weidmann

compte citer M. le Préfet à comparaître.

Comme témoin de la défense. - Dans vos rêves.

- Et Mme Steinheil est en négociation avec trois éditeurs,

pour la publication de ses mémoires.

M. Lépine y figure à sa juste place.

Rassurez-vous, il ne sera pas seul.

Il y aura les noms de tous ses amants.

Imaginez le tirage ! - On ne vous croira pas.

- Peu importe. Ca se vendra.

Musique grave

...

- Que voulez-vous ?

- Un acquittement.

...

- Félicitations. Commissaire.

- Et toi, tu tiens le coup ? - On fait aller.

J'ai un de tes clients dans ma cellule.

Duchemin, parricide.

On a pris les paris : qui passera en premier ?

Je sens que je vais gagner.

Je serai plus là pour réclamer l'ardoise.

- Je suis passé au magasin. Fermé.

- Oui.

J'ai dit Ă  Mme Fiersi qu'elle aimerait pas le spectacle.

Toi, tu seras lĂ  ?

Désolé si je te fais lever tôt.

- T'excuse pas. Je serai lĂ .

- C'est tout ?

- En tant que commissaire, je peux délivrer des mandats.

Contre Julien Fiersi, par exemple.

- Te fatigue pas.

Il est mort.

- C'est faux.

Ce que t'as fait n'a de sens que s'il est vivant.

Tu sais ce que je crois ?

Que les aveux de Pompe Funèbre sont la vérité.

Elle nous a tout dit pour qu'on ne la croie pas.

- Ah oui.

C'est une coquine. Elle a de la ressource.

- Un seul complice.

Julien.

Fiersi grogne.

- Salut, Julien.

- Bonjour.

Musique grave

...

- C'est ma faute.

Je l'ai présenté à cette famille de dégénérés.

Le vernissage, en avril.

Je l'ai envoyé à ma place.

- Pompe Funèbre l'a embauché pour un travail spécial.

...

- Pas elle.

Le peintre.

M. Steinheil avait dans l'idée

de faire chanter les invités.

- Ma femme...

- Séance de baise au Vert-Logis.

Miroir sans tain et clichés de fesses.

- ArrĂŞte.

Des clichés avec Pompe Funèbre, c'est un titre de gloire.

- Pas avec elle.

- Avec lui ?

- Marthe.

Ce fumier leur a fourgué sa propre fille.

Mineure. Vierge.

Dans ce milieu, ça vaut une fortune, ce genre de sucreries.

Et ce taré de Steinheil a organisé des enchères.

...

- Et la mère le savait ? - Non.

- Si elle l'a appris, bonjour le mobile. Et qui était le pigeon ?

Borderel ?

- Il s'est tapé la mère, mais bavait pour la petite.

- Et Julien sait tout.

Il peut dénoncer Borderel et faire condamner Pompe Funèbre.

- A quoi ça servirait ?

Brouhaha

...

- Je vous écoute.

- Vous allez bouder ?

J'ai été un peu dure

avec vous, la dernière fois.

Je suis désolée.

- Vous avez des informations ? - Pas pour "Le Matin".

Pour vous.

Attendez.

A qui je parle ? A Labruyère ou Marcel Hutin ?

- A moi.

- Mmh.

- Vous avez quoi ?

...

- Borderel.

Ils ont couvert leur annonceur. Ils se sont servis au passage.

Ils vous ont traité comme une marionnette.

Vous aimeriez une revanche ?

Ou vous préférez continuer à jouer les serpillières ?

Musique grave

Applaudissements et félicitations

...

- C'est très bien :

l'anniversaire avant le concours, le gâteau avant les jouets.

Rires

- Papa,

tu m'emmèneras au concours Lépine voir les aéroplanes ?

- Je t'emmènerai, ma chérie.

C'est promis. Je t'emmènerai.

...

Applaudissements et félicitations

...

...

Des pas résonnent.

... ...

... ...

Une porte s'ouvre.

Les pas résonnent. ...

... ...

...

- Joseph Fiersi,

votre pourvoi est rejeté.

Ayez du courage.

- Je ferai ce que je peux.

- Avez-vous des révélations à faire ?

---

Musique grave

Quelqu'un prie en latin.

...

- Avez-vous des révélations

Ă  faire Ă  la justice ?

... ...

- Aucune.

... ...

- Amen.

...

... ...

Prière en latin et sanglots

... ...

... Prière en latin

... ...

- Amen.

... ...

...

- Amen.

...

SOUS-TITRAGE TELETEXTE : Claire-Gabrielle Robert

pour LYSI MEDIA

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