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Cáit !
Cáit !
Cáit !
Tu es passée où ?
Maman te cherche.
Cáit !
Cáit !
Cáit, je te préviens !
Les filles, vous l'avez trouvée ?
Non.
D'après la nouvelle Les trois lumières de Claire Keegan
Tes sandales sont pleines de boue.
L'été approche à grands pas,
mais il est encore temps de réserver
votre escapade au soleil avec Carson Travel.
D'après maman, le veau naîtra la même semaine que le bébé.
Ils seront jumeaux !
Il faut qu'on lui trouve un nom.
Comment le veau arrive dans le ventre de sa maman ?
Le taureau l'enfonce dedans.
Tout le monde le sait.
Gráinne, ça ne se passe pas comme ça.
Si, Fiona Geraghty a vu leur taureau...
Fiona Geraghty est une idiote.
Non, c'est pas vrai !
Fait chier, putain.
Elle n'a pas fait les sandwichs.
Papa ? Maman n'a pas fait les sandwichs.
Ah non ?
Y a pas un peu de pain qui traîne ?
La faute de cette satanée Pisse-au-lit.
"Une certaine tristesse...
pesait sur..."
Les gens.
"Les gens...
qui étaient..."
Partis.
"Partis."
Siobhán, continue la lecture.
"Mais le roi leur souhaita la bienvenue.
"Le prince était fou de joie.
Ils voyageaient sur un grand navire..."
- Choisis une couleur. - Vert.
Sa sœur est vraiment bizarre.
Mick.
Comment ça va ?
Quoi ?
C'est laquelle ?
La vagabonde.
Tu as une bonne excuse Ă me donner ?
Et évite de m'arrêter dans la rue.
Merde, l'autre m'asticote assez comme ça.
T'aurais préféré que je te laisse marcher ?
- Ne commence pas. - Je te fais descendre, si tu veux.
C'est toi qui vois.
Dan ?
Dan, tu m'entends ?
Quoi ?
Tu pourrais lâcher tes chevaux une minute ?
Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?
Ils la garderaient combien de temps ?
Jusqu'à l'arrivée du bébé ?
Qu'ils la gardent autant qu'ils veulent.
Je vais quand même pas dire ça.
C'est ta famille, après tout, non ?
Tu parles d'un soutien.
T'es pas croyable.
Tu diras bien ce que tu voudras.
C'est ce que tu fais toujours.
C'est tout pour aujourd'hui.
Une lettre pour toi.
Mets-la sur la table.
Cáit.
Oui ?
Viens lĂ .
Elles sont oĂą ?
Dans le champ du fond.
Les filles !
Cáit s'en va !
Attendez-nous, on arrive !
On y va, nom de Dieu.
Waterford, 3 Ă 1.
C'est lĂ oĂą on va.
Pourquoi tu crois que j'ai parié sur eux ?
C'est l'occasion qui fait le larron.
Allez tous vous faire foutre !
Quelle bande de minables.
Bon sang...
Dan, comment tu vas ?
- Seán. - Arrête ça, toi.
Ça a été, la route ?
Il a fait chaud.
Trois heures de voiture, c'est long.
Le soleil cogne depuis plusieurs semaines.
Le prĂŞtre nous a fait prier pour la pluie ce matin.
Pour ce que ça changera.
Regardez-moi cette jeune fille.
Sors, que je puisse bien te regarder.
La dernière fois que je t'ai vue, tu étais en landau.
Tu le savais ?
Le landau est cassé.
Qu'est-ce qui lui est arrivé ?
Mes sœurs s'en sont servi comme brouette
et une des roues s'est détachée.
Entre, mon enfant.
Assieds-toi si tu veux, chaton.
Fais comme chez toi.
Comment va ta maman ?
Elle a gagné dix livres à la loterie.
Incroyable.
Oui, on a acheté de la gelée.
Vous avez été gâtés.
J'imagine qu'elle est bien occupée.
Ta mère.
Elle attend que les gars fauchent le foin.
Vous n'avez pas encore fauché le foin ?
Vous avez du retard.
Il y a des enfants, ici ?
Il n'y a que Seán et moi, ici, chaton.
C'est oĂą ? Par ici ?
- VoilĂ la patronne. - Dan.
C'est une vraie fournaise, dehors.
Ça oui, il fait chaud.
Nos champs diraient pas non Ă une averse.
Une averse ne suffira pas.
Tu ne salues pas notre invitée ?
Alors comme ça, c'est elle.
"Elle" a un prénom.
Sacrée année pour le foin. J'avais jamais vu ça.
Le grenier est plein Ă craquer.
J'ai failli m'éclater la tête contre les poutres en le rentrant.
Allons bon. Mince, alors.
Comment va Mary ?
Elle approche du terme.
J'imagine que le petit dernier est robuste.
Ça, oui.
Le problème, c'est de les nourrir.
Rien ne vaut l'appétit d'un enfant, et celle-ci, c'est pas la dernière.
Comme nous tous. Il faut manger pour grandir.
Elle mange, mais vous pouvez l'embaucher.
Ce ne sera pas nécessaire.
Nous l'accueillons avec plaisir.
Elle est la bienvenue.
Elle va vous ruiner, avec ce qu'elle mange.
Mais j'imagine qu'elle aura tout oublié d'ici un an.
J'ai envie de faire pipi.
Bon, je ferais mieux d'y aller.
Qu'est-ce qui presse ?
J'ai un sacré bout de route
et je dois traiter les patates.
Ce n'est pas un temps Ă rouille.
Je reviens.
Donne ça à Mary.
Je croule sous la rhubarbe, comme chaque année.
VoilĂ .
Bonne chance Ă toi.
Fais pas de bĂŞtises.
Ça va, ma puce ?
Mon Dieu, il est parti avec la valise de la petite.
Vas-y.
C'est chaud.
Tu vas t'habituer.
Maintenant, tes vĂŞtements.
Je n'ai pas de vĂŞtements.
Tu veux bien des habits Ă nous en attendant ?
- Ça ne me dérange pas. - Tu es mignonne.
VoilĂ .
Ma mère dit que je dois changer de culotte tous les jours.
Qu'est-ce qu'elle dit d'autre ?
Que vous pouvez me garder aussi longtemps que vous voudrez.
Tu veux venir au puits avec moi ?
Maintenant ?
Tu préférerais un autre moment ?
C'est un secret ?
Pardon ?
Je ne dois pas le dire ?
Il n'y a pas de secrets dans cette maison.
Tu entends ?
Tu entends ?
- Oui. - Oui, quoi ?
Oui, il n'y a pas de secrets dans cette maison.
S'il y a des secrets dans une maison, il y a de la honte dans cette maison.
On ne veut pas de honte, ici.
D'accord.
Tu es trop jeune pour comprendre.
Viens.
Regarde ça.
On ne croirait pas qu'il n'a pas plu depuis un mois.
Goûte-la.
Fais attention.
C'est profond.
Tu veux monter une tasse de lait chaud avec toi ?
Maman m'interdit de boire avant d'aller au lit.
Dans ce cas,
on va respecter la règle de ta maman.
Seán, Cáit va se coucher.
Bonne nuit.
Allons-y.
Pardon, tu préfères que je laisse ouvert ?
Tu as peur du noir ?
Oublie ce que j'ai dit.
Ça va ?
Ta maman va bien ?
Comment ça ?
Ta maman, elle va bien ?
Elle a beaucoup vomi ces derniers temps,
mais maintenant, c'est fini.
Pourquoi le foin n'est pas rentré ?
Elle n'a pas de quoi payer le monsieur.
La pauvre.
Elle se sentirait offensée si je lui envoyais de l'argent ?
"Offensée" ?
Elle serait fâchée ?
Elle, non, mais papa, oui.
Ton père.
Bonne nuit, chaton.
Dieu te protège.
Si tu étais mon enfant,
jamais je ne te laisserais dans une maison avec des inconnus.
Tu as bien dormi, ma puce ?
Dieu tout-puissant.
Regarde-moi ça.
Ces vieux matelas sont toujours très humides.
Quelle idée de t'avoir fait dormir là -dessus ?
Sois gentille, enlève ton pyjama.
C'est l'heure.
Tu veux emmener Cáit avec toi, aujourd'hui ?
Pour lui montrer la ferme ?
Le travail va ĂŞtre difficile, cette semaine.
- Ah bon ? - Une autre fois, peut-ĂŞtre.
Bien.
Dans ce cas,
on va s'y mettre.
Tu dois faire attention avec ça.
23,
24,
25,
26,
27,
28...
C'est un secret.
Peu de gens le savent,
mais elle fait des merveilles sur la peau.
Regarde-moi, je n'ai pas un seul bouton.
Je croyais qu'il n'y avait pas de secrets dans cette maison.
Disons que...
là , c'est différent.
C'est plutĂ´t
comme une recette secrète.
43,
44,
45,
46,
47...
Périssable ?
Qui ne se garde pas longtemps.
On met cette nourriture ici et elle se conserve.
- Elle ne vieillit pas ? - Exactement.
Comme la Terre de l'éternelle jeunesse ?
Comme la Terre de l'éternelle jeunesse.
Tu commences Ă avoir le coup de main.
Attention Ă ta main.
Excuse-moi.
AllĂ´ ? 72599.
94,
95,
96,
97,
98,
99,
100.
Tu as déjà meilleure mine.
Tu avais juste besoin d'un peu d'attention.
Ce jeu est truqué, jeune fille.
Je le dis depuis des années.
Tais-toi donc.
On sait tout de suite qui a les poches trouées.
C'est une surprise pour personne.
Ça fait 20 ans que je me fais plumer par vous autres.
Ă“ Cathasaigh, comme je le dis souvent,
la malchance te suit depuis le berceau.
Ta mère t'avait pas prévenu ?
On le surnomme "Ă“ Cathasaigh la bourrique".
Ça lui va bien.
La petite doit tous nous prendre pour des fous.
- Qui gagne ? La bourrique, je parie. - Quelle question ?
Quand les poules auront des dents !
C'est nos pennies qui t'intéressent ?
Je vends des tickets pour la tombola. Ils refont le toit de l'école.
J'étais pas sûr...
Pas besoin d'avoir des enfants Ă soi
pour mettre Ă l'abri les enfants des autres.
- Tu bois quelque chose ? - Une tasse de thé.
Je m'en occupe.
Qui est cette demoiselle ?
Excusez-moi.
AllĂ´ ? 72599.
Bonjour, Sinéad.
C'est pas vrai !
Ton pauvre père.
Bien sûr, j'arrive tout de suite.
Il y a du jambon et du chou pour midi si je ne suis pas rentrée.
On ne se laissera pas mourir de faim.
Ma mère dit que c'est la pneumonie assurée si je ne mets pas mon pull.
Allons bon.
Peut-ĂŞtre que le vieux monsieur ne portait pas son pull.
Peut-ĂŞtre.
Pourquoi Mme Kinsella s'occupe de lui ?
Elle aide sa fille.
C'est sa fille qui s'occupe de lui.
Vous n'aidez pas vos voisins de temps en temps ?
Je ne sais pas.
Cáit !
Cáit !
Cáit !
Tu ne peux pas disparaître comme ça. C'est compris ?
C'est compris ?
Seán.
Cáit va se coucher.
Bonne nuit.
Tu t'en sors, ma puce ?
- C'est le lait de sa mère ? - Non.
- C'est quoi, alors ? - Du lait en poudre.
Pourquoi tu ne lui donnes pas le lait de sa mère ?
Parce qu'on le vend.
- Pourquoi le veau n'en boit pas ? - Il en boit, au début.
Combien de temps ?
Suffisamment longtemps !
Pourquoi c'est pas nous qui buvons le lait en poudre
pour laisser les vaches boire leur lait ?
Tiens, donne-lui, toi.
- Tu sais courir ? - Quoi ?
Tu as de grandes jambes. Tu cours vite ?
Parfois.
Cours dans l'allée jusqu'à la boîte et reviens.
- Quelle boîte ? - La boîte aux lettres.
J'ai oublié ce matin. Va voir s'il y a du courrier.
Vas-y, je te chronomètre.
Allez !
Tu n'as jamais goûté la confiture de groseilles ?
Jamais.
Tu vas te régaler.
C'est bien.
Il est grand temps de régler cette question.
Qu'est-ce qui ne te convient pas ?
Demain, c'est dimanche,
et je ne la laisserai pas retourner à la messe comme ça.
Tu ne la trouves pas propre et soignée ?
Tu sais très bien de quoi je parle, EibhlĂn.
Va là -haut te préparer, on va en ville.
Lave-toi les mains et le visage avant d'aller en ville.
Ton père ne s'est même pas donné la peine de t'enseigner ça ?
Une minute.
Désolée d'avoir tant tardé.
Tu seras contente d'avoir des habits Ă toi.
Et la ville est jolie.
Je ne sais pas pourquoi je n'y ai pas pensé plus tôt.
Achète-toi un esquimau avec ça.
Il y a de quoi s'en acheter une demi-douzaine.
À quoi bon l'accueillir si on ne peut pas la gâter ?
Qu'est-ce qu'on dit ?
- Merci. - De rien.
Allons-y.
- Comme elle est grande ! - Nous le sommes tous.
Tu es magnifique, chaton. Magnifique !
Essaie celle-ci.
Tu en as, une gentille maman, pas vrai ?
4,3 kilos.
- Elle a bien pris sur la fin. - Et comment !
Elle est belle. Ta mère doit être folle d'elle.
Elle y est très attachée.
Et Cian ? Il sait s'y prendre avec elle ?
Il s'habitue petit Ă petit.
Ça prend du temps, j'imagine.
Et cette petite, Ă qui elle est ?
C'est Cáit, la fille de ma cousine.
Elle passe l'été chez nous.
Vous l'embauchez ?
Elle met la main Ă tout.
Ça doit vous faire du bien de l'avoir, mes pauvres.
Sinéad, tout va bien ?
C'est papa, il nous a quittés.
Sinéad, je suis vraiment désolée.
Mes condoléances, Sinéad. Si on peut faire quoi que ce soit.
- Il est parti où ? - Seán ?
Il aide la famille.
Tu as déjà assisté à une veillée ?
Je ne crois pas.
Il y aura un mort dans un cercueil.
Tu n'as jamais dĂ» voir un mort, si ?
Si, aux infos.
Oui, sans doute, ma pauvre.
Mais ce n'est pas pareil d'en voir un en vrai.
N'aie pas peur.
Il prie.
On doit nous aussi faire une prière pour lui.
Au revoir, Seán.
La voilĂ , la jeune fille aux longues jambes.
EibhlĂn chĂ©rie !
Viens ici.
Quelle jolie robe !
Tu l'as eue aujourd'hui, c'est ça ?
Tu veux goûter ?
- Tu aimes ? - Non.
N'y prends pas goût ou tu finiras comme ces ivrognes.
Tiens.
Elle n'en peut plus, la pauvre petite.
Je peux la ramener chez moi, si tu veux.
Je vais y aller.
Je ne sais pas.
Mes gamins joueront avec elle.
Pourquoi pas ? Ça ne peut pas lui faire de mal.
- Si ça ne te dérange pas. - Pas du tout.
Ils s'occupent bien de toi, j'imagine.
Oui.
Dis-moi, ils t'ont mise dans quelle chambre ?
Celle près des toilettes.
Il te donne de l'argent de poche ? Kinsella ?
Il m'en a donné aujourd'hui.
Quelle chance !
- Combien ? - Une livre.
Elle a le droit de dépenser des sous ?
- Qui ? - EibhlĂn, andouille.
Oui.
Et elle boit encore, j'imagine ?
Quand ils ont de la visite.
Ils ont souvent de la visite ?
Ils ont joué aux cartes, la semaine dernière.
Il y avait qui ?
Deux hommes et un autre monsieur qui vendait des tickets.
Des tickets ?
Pour refaire le toit de l'école.
Vous récitez le Rosaire ?
Non.
Je parie qu'elle cuisine tout le temps, non ?
- Oui. - Beurre ou margarine ?
- Quoi ? - Dans sa pâte !
Beurre.
Son congélateur est plein à craquer ?
Oui.
- OĂą dort le chien ? - Dans le cabanon.
- Pas dans la maison ? - Je ne l'ai jamais vu dans la maison.
Les vĂŞtements d'enfant sont toujours dans la penderie ?
- "Les vĂŞtements d'enfant" ? - Oui.
Si tu dors dans sa chambre, tu dois savoir.
Tu n'as pas regardé ?
Elle avait des vĂŞtements pour moi,
mais on est allés en ville en acheter de nouveaux.
Tu parles de ces fripes ?
Je les aime bien.
La vendeuse a dit qu'ils étaient flatteurs.
"Flatteurs", tu dis ?
Ben voyons !
Forcément, après avoir porté les habits du mort pendant un mois...
Tu ne savais pas ?
Quoi ?
Le fils des Kinsella, andouille.
La cigogne qui t'a déposée n'était pas très futée, dis-moi.
Qu'est-ce qui lui est arrivé ?
Figure-toi qu'il a suivi le chien dans la fosse Ă lisier
et qu'il s'est noyé, le pauvre petit.
Du moins, c'est ce qu'ils disent.
Il paraît que Seán a pris son fusil
et a emmené le chien dans le champ pour l'abattre,
mais il n'a pas eu le cœur de tirer, cet imbécile de sentimental.
Les cheveux de la pauvre EibhlĂn ont blanchi en une nuit ?
- Mais elle a les cheveux bruns. - Bruns ?
La teinture est passée par là , tu peux me croire !
Il n'y avait pas grand monde.
Il restait une pile de sandwichs quand je suis partie.
Ils avaient des scones aux raisins
et une espèce de charlotte ratée.
Et le pauvre Gearóid allongé de travers dans le cercueil,
sans même avoir été rasé de près.
Une honte !
Avec un chapelet en plastique entre les mains,
le malheureux.
Fermez votre clapet, lĂ -bas !
J'essaie de parler à votre grand-mère !
- Bonsoir, tout le monde. - Seán, tu as fait vite.
On vient de passer la porte. Pas vrai, jeune fille ?
Merci, Úna, c'est gentil à toi de l'avoir emmenée.
Elle est bien silencieuse, celle-ci.
Elle ne parle pas plus que nécessaire.
Si tout le monde était comme elle...
PrĂŞte, chaton ?
Ça a été ?
Oui.
Elle t'a posé des questions ?
Un peu, pas beaucoup.
Qu'est-ce qu'elle t'a demandé ?
Elle a demandé si tu mettais du beurre ou de la margarine dans ta pâte.
Elle t'a demandé autre chose ?
Qu'est-ce qu'elle t'a dit ?
Ma grande.
Elle m'a dit que vous aviez un petit garçon
qui a suivi le chien dans la fosse Ă lisier
et qui est mort.
Et que j'ai porté ses vêtements pendant un mois.
On va faire un tour.
On dirait qu'un cheval s'est fait la malle.
C'est une porte d'écurie.
Tu sais, les pĂŞcheurs retrouvent parfois des chevaux dans la mer.
Je connais un homme qui a remorqué un poulain, une fois.
Le cheval est resté allongé sur le rivage
pendant très longtemps,
comme s'il était prêt à mourir.
Jusqu'à ce qu'il se relève d'un coup, revigoré.
Il allait bien ?
Comme neuf.
Parfaitement bien.
Il se passe des choses étranges, parfois, pas vrai ?
Il t'est arrivé quelque chose d'étrange, ce soir.
Mais EibhlĂn ne pensait pas Ă mal.
Elle cherche ce qu'il y a de bon en chacun,
en espérant ne pas être déçue.
Mais ça ne marche pas toujours.
Tu n'es pas obligée de dire quoi que ce soit.
N'oublie jamais ça.
Nombreux sont ceux qui ont perdu une occasion de se taire
et qui en ont pâti lourdement.
Cáit ?
Regarde !
Il y a trois lumières, maintenant.
"Heidi, répondit-elle
"d'une voix claire et sonore.
Ce n'est pas un nom de..."
"BaptĂŞme."
- "BaptĂŞme..." - Suis bien les mots avec le doigt.
"Un nom de baptĂŞme
pour un enfant."
J'arrive !
Je vais gagner !
C'est enfin ouvert !
Après d'importants travaux, le grand magasin Groves,
Ă Dungarvan, rouvre ses portes.
Vous y trouverez tout pour la maison, les tissus et vĂŞtements les plus en vogue.
Et avec la rentrée qui approche,
nous vous proposons un large choix d'uniformes, de boîtes à sandwichs,
de cahiers, de matériel mathématique,
ainsi que toute une gamme de trousses, de stylos et de crayons de couleur.
Pour des conseils personnalisés et un stationnement aisé...
Dix secondes de moins que la première fois.
Tu es rapide comme l'éclair, ma grande.
Tu crois qu'il y a de l'argent dans une de ces lettres ?
Je ne sais pas.
Une invitation Ă un mariage ?
Tu te marieras un jour, tu penses ?
Maman dit que les hommes n'en valent pas la peine.
Elle a peut-ĂŞtre raison.
Ceci dit, on n'est pas tous pareils.
Mais ce qui est sûr,
c'est que celui qui voudra t'attraper devra courir vite.
C'est de ma maman ?
C'est adressĂ© Ă EibhlĂn.
Tu as un nouveau petit frère.
3,8 kilos.
- Super. - Ne fais pas cette tĂŞte.
Et l'école reprend lundi.
Ta maman veut qu'on te ramène chez toi
pour qu'elle puisse te préparer.
Je dois rentrer, alors ?
Oui.
Mais tu le savais, non ?
Tu n'allais pas rester ici avec deux vieux croûtons comme nous, si ?
Viens ici, ma belle.
Ça va aller, ma puce.
- Tu veux du jus d'orange, chaton ? - S'il te plaît.
Il n'y a presque plus d'eau.
Il faudra que j'aille au puits quand tu seras partie.
Il est oĂą ?
Il trait les vaches, en bas.
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Il a besoin d'aide pour une mise bas.
Tu peux terminer la traite ? Le troupeau est sorti.
- Bien sûr. - Je reviens vite.
File.
Je n'en ai pas pour longtemps, trésor.
Cáit ?
Seigneur !
Ma chérie !
Tu es gelée.
- Qu'est-ce qu'on va dire à sa mère ? - On ne va rien lui dire.
- Elle a juste un petit rhume. - Elle s'attend Ă la voir rentrer.
Où est le problème si on la garde encore un jour ou deux ?
Quand je pense Ă ce qui aurait pu arriver.
Ce n'est pas faute de l'avoir répété.
- Mais... - Il ne s'est rien passé, elle va bien.
On la ramènera chez elle ce week-end, point final.
Je n'ai pas l'impression d'avoir bien cuit les pommes de terre.
Je n'ai rien Ă leur reprocher.
C'est là que papa a perdu notre génisse rouge aux cartes.
Sans blague !
C'était une sacrée mise.
Maman ne lui a plus parlé pendant plusieurs mois après ça.
Tu as grandi.
Oui.
Attention avec ça.
EibhlĂn.
- Seán. - Máire, ma chérie.
- Comment ça va ? - Ça faisait longtemps.
Entrez vous asseoir, si vous trouvez une chaise.
- Une tasse de thé ? - Avec plaisir.
J'ai apporté des confitures. Ne me laisse pas repartir avec.
J'ai fait ça avec la rhubarbe que tu m'as donnée.
C'est tout ce qu'il reste.
J'aurais dû en apporter d'autres, je n'y ai pas pensé.
Où est le nouveau bébé ?
LĂ -haut, dans la chambre.
Vous l'entendrez bien assez tĂ´t.
Il dort bien ?
Il peut brailler Ă toute heure.
On ne peut jamais savoir.
Quand on parle du loup...
Bonjour, les filles.
Il est robuste, pas vrai ?
Quel petit ange !
Le patron n'est pas lĂ ?
Il est parti tout Ă l'heure.
Dieu sait oĂą.
Quand on parle du loup...
- Bonsoir, tout le monde. - Dan.
L'enfant prodigue est de retour, Ă ce que je vois.
T'as fini par revenir ?
Oui.
- Elle vous a causé du souci ? - Du souci ?
Elle a été sage comme une image, cette petite.
Vraiment ?
Sacré soulagement, pas vrai ?
Tu veux sans doute t'asseoir pour souper ?
Non, je viens de prendre un souper liquide.
Des nouvelles de la famille ?
Pas beaucoup.
C'est plutĂ´t calme.
Tu as attrapé un rhume ?
Non.
"Non" ?
Il ne s'est rien passé.
Comment ça ?
Je n'ai pas attrapé de rhume.
La pauvre petite a passé quelques jours au lit.
Elle a attrapé un peu froid.
Évidemment.
T'as pas été fichue de les écouter. Toujours égale à toi-même.
Dan.
Je crois qu'il va ĂŞtre temps pour nous de repartir.
La route est longue.
- Qu'est-ce qui presse ? - Rien de particulier, la routine.
Les vaches ne nous laissent aucun répit.
Bon sang.
C'est un sacré cadeau, que tu nous rapportes.
C'est pas la première fois. Et ce sera pas la dernière.
Sûrement un virus qui traîne.
Tu es prĂŞte Ă rentrer ?
Tu es sûre que tout va bien ?
Oui.
Elles sont délicieuses et farineuses, des Queens.
C'était pas nécessaire, Seán.
C'est gentil à vous de vous être occupés d'elle.
Merci Ă tous les deux.
Ça nous a fait plaisir,
et elle sera toujours la bienvenue.
Elle vous fait honneur.
Prends soin de toi, ma chérie.
Au revoir, ma chérie.
Mais qu'est-ce qui s'est passé ?
Dis-moi.
Papa.
Papa.
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