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Original subtitles

21 juin 1815.

La nouvelle de Waterloo est parvenue jusqu'à Paris.

L'empereur est à Malmaison, mais les vivades se sont tues. Les fenêtres des

tuileries restent obstinément closes.

Le drapeau tricolore flotte encore sur Paris.

Va-t-il être remplacé par le drapeau blanc ? Non ! Non ! Je veux pas ! Je

veux pas ! Chut, un malin. Il le faut, il le faut. Qu'est-ce que c'est ? Qu'est

-ce qu'il a mis dedans ? C'est une infusion de bourrache.

Vous l'avez bien sucré, au moins ? Avec du miel, M.

Flambard.

C'est chaud.

M. Widoc, j'ai une confidence à vous faire.

Je voudrais vous parler de la seule.

Je vais me chercher le synapisme.

Le synapisme ?

J'ai honte, monsieur Vidocq.

Quoi ? Attraper la grippe au mois de juin, ce n'est pas convenable.

Allons, bon.

Je dirais même que pour un fonctionnaire, c'est louche.

Et à cause des événements, monsieur Vidocq, on va m'accuser d'abandonner mon

poste au moment où tu vas mort.

Mais non, c'est pas louche, Lamar, c'est la mode.

Les rats abandonnent le navire.

Et que fait l'empereur ? Il se retire à la même maison.

Je vous confie à l'alchimiste.

Vous n'avez besoin de rien.

Merci.

Grâce à vous, je vais beaucoup mieux, monsieur.

Je vais dormir.

J'ai l

'habitude

d'être bien

renseigné, Vidocq.

Très bien.

Monsieur le ministre.

Pourquoi m'avoir fait enlever ? Une vieille habitude.

Et puis la mission que je vais vous confier a besoin de la plus grande

discrétion.

Vous partez tout à l'heure pour Gans. En Belgique ? Je suis revenu avant-hier.

Vous y retournez.

Vous remettrez cette lettre au duc de Blacas à Gans.

Et si l'empereur Abdix est au profit du roi de Rome ? Foutaise ! La France vient

de faire la fête pendant trois mois.

Cent jours d'une aventure sanglante et ruineuse.

dont il va falloir maintenant payer la note.

Le roi, et le roi seul, peut obtenir des alliés le plus juste prix.

Bien.

Qu'est-ce que vous attendez de moi, au juste ? L'habileté.

Je n'ai pas que des amis dans l'entourage du roi.

Je dois prouver à Sa Majesté que je suis le seul homme en France à pouvoir

assumer la sécurité intérieure du royaume.

Et vous allez m'y aider.

Comment ? En réussissant.

Votre première mission consistera à assurer le retour à Paris des bijoux de

la couronne.

C'est tout ? Ne sous-estimez pas la difficulté.

Bonne chance.

J'ai pas dit que j'allais accepter.

Je me suis laissé dire que Bonaparte vous avait promis réhabilitation pleine

et entière.

Et Bonaparte vient d'optiquer.

Quel dommage.

Vous êtes un ancien forçat, Vidocq.

Et j'ai entre les mains la preuve de votre innocence.

La seule.

Si par malheur je venais à la cour... Le roi aurait vraiment tort de ne pas vous

confier la direction de sa police.

Sa majesté est comme vous, Vidocq.

Si elle réfléchit bien, elle n'a pas le choix.

Haltes-là ! Mission spéciale.

J'ai un pied à remettre en main propre au duc de Blacas.

Je vais guérir monsieur l'officier de garde.

Attendez-moi ici.

Qui demande à voir son excellence ? C'est moi, monsieur.

Voici mon laissé-passer.

Nous verrons cela plus tard. Quand ? Quand vous aurez revêtu une tenue plus

digne. On n'approche pas la maison du roi en habit de voyage, monsieur.

On a crevé nos chevaux depuis Paris. J'ai des informations urgentes à lui

communiquer. Eh bien, courez vous habiller.

Nous ne sommes pas à la cour de l'usurpateur, ici.

Rien n'est plus urgent que de respecter l'étiquette.

Jusqu'au revoir.

Je l'ai qualité d'imbécile.

Je me sens décidément très étranger en Belgique.

Si on rentrait ? Avant huit jours, tu te sentiras étranger à Paris aussi, crois

-moi.

Le sort de Fouché m'a dit faire assez, mais j'ai qu'une tête.

Et j'y tiens.

Où es-tu, Marquis ?

Dans la vie comme ça, il y a des moments privilégiés où le sort d'un homme

bascule. Eh bien, je puis t'assurer que nous vivons un de ces moments-là.

Ah bon ? Tu m'as très bien compris.

Il faut que je m'impose à Blacas immédiatement. C'est notre dernière

chance.

Oh, jolies fleurs ! Oui, mais on ne sait pas les cueillir, hein ? Ah non, non,

non, mais je ne savais pas que... C'est parce que je l'ai vu qui passait... Et d

'abord, d'où sortez-vous ? Oh !

Votre Excellence a appelé. Comment écrivez-vous Nez?

Mais N-E-Z, Excellence.

Non, Nez, Nez, se traite, Carly Bonaparte.

Vous avez bien entendu parler?

N-E-Y, Excellence.

Merci, Saint-Hubert. Venez.

Voici un premier état non arrêté de gens à faire fusiller dès qu'on sera rentrés

à Paris.

Faites-moi faire trois copies immédiatement.

Avec grand plaisir, Excellence.

Je vais y veiller personnellement.

Saint-Hubert, pendant que vous y serez, rajoutez donc tous ceux que j'ai pu

oublier et qui vous viendraient à l'esprit.

Fort heureusement, je ne connais pas toute cette racaille.

Qu'est-ce que c'est ?

Que voulez-vous ? Avant tout que vous lisiez cette lettre.

Son importance excuse la liberté que j'ai dû prendre pour parvenir au plus

vite jusqu'à vous.

C'est donc vous le fameux Widoc ? Oui, Excellence.

Je ne suis pas étonné de vous voir.

C'est tout naturel, Excellence.

Oui.

Je tiens Fouché pour un gradin, vous êtes un bandit.

Quand demain la corde sera redevenue l'instrument de la justice du roi, j

'espère bien vous voir suspendus tous les deux, ou même j'y vais.

Est-ce votre point de vue personnel, Excellence, ou celui de sa majesté ?

Dans sa bonté, le roi a parfois la mémoire courte.

Mais nous lui rappellerons au besoin qui est Fouché.

Le responsable des massacres de Lyon en 93.

Le régicide qui vote à la mort de Louis XVI.

Le suppôt de Bonaparte.

Erreur passée, Excellence.

Mais depuis lors, M. Fouché a rendu pas mal de service à la royauté.

Nous triomphons. Excellente occasion de les oublier en vrac.

Dois-je en conclure, Excellence, que vous me relevez de la mission que l'on m

'a confiée ? On ne confie pas des missions à un ancien forçat.

Permettez-moi d'insister, Excellence.

La route de Paris n'est pas sûre et moins d'expérience pour... Nous nous en

passerons.

Depuis toujours, ce sont les gentils hommes de la chambre qui sont chargés de

la sécurité du roi.

La noblesse de France convoira les bijoux de France jusqu'à Paris.

Et maintenant, je vous serai très obligé d'avoir la bonté de vouloir bien cesser

de m'offusquer la vue.

Je vous donne jusqu'à demain pour avoir quitté Gans.

Tout le plaisir sera pour moi, Excellence.

Comment osez-vous ?

Monsieur le Duc, rajoutez sur le champ un nom à la liste de ces gens à fusil en

priorité que je vous ai confiés. Mais quel nom, Excellence ? Zidoc ! Vous l

'écrierez à l'encre rouge et en caractère gras.

Avec le nom de Calray ! Tu n'as pas faim ? C

'est bien la première fois que je vois l'adversité de couper l'appétit.

Nous en sommes donc à ce point ? Eh oui.

Diable.

Si je rentre en France en ayant échoué, je sais ce qui m'attend.

Une cible à casse.

Et une jolie collerette de chanvre pour toi et moi, Marquis.

Ah, t'avais raison.

C'est des gens avec lesquels on peut pas travailler, tout ça. C'est un genre de

cravate qui me va pas.

Je suis rentré.

défoncer de porte.

Flic ou bagnard, c'est la même fatigue.

Alors, on reste en Belgique ou qu'on rentre en France.

Y'a pas de différence.

Y'a pas de différence ? Alors on joue ça pile ou face ? Hum, vers jamais le nord,

toi.

Chiche. Chiche.

Pile, on reste, face, on rentre.

D'accord ? D'accord.

Face, on rentre.

On y va.

Personne ne bouge. Vérification d'identité.

On cherche deux âmes.

Vous avez des Français ici ?

Par ici.

Qui

êtes

-vous ? C'est sans importance.

C'est pas pour rien qu'on risque sa vie pour des inconnus.

Qu'est-ce que vous voulez ? Vous conduire ou vous serez à l'abri.

Où cela ? Vous allez le savoir.

Nous arrivons

Si

vous

voulez bien

Si monsieur veut bien me suivre.

Bonsoir, François.

Ravi de vous voir, cher Marquis, quand bien même l'occasion en a été un peu

mouvementée. Si mouvementée, chère amie, que je vous demande en grâce de bien

vouloir excuser le reste de fatigue. Oui, bien compréhensible.

Antoine va vous montrer la chambre que j'ai fait préparer pour vous. Non, non,

non, je ne vous en prie pas de cérémonie.

Tu vois, François, c'est moi, cette fois, qui t'ai bel et bien sauvé la vie.

Ça ne te ressemble pas.

Blacas a dit au frère du roi que tu étais ici.

Et le comte d'Artois a décidé de te prendre mort ou vif.

Il a déjà veffouillé toute la ville.

J'ai essayé de te joindre tout l'après-midi.

Vous avez de belles relations.

Ce n'est vraiment pas le moment de me le reprocher.

Je te fais peur ? Je me suis déjà laissé prendre.

Aux noms du roi ! Prêts !

Madame

la baronne de

St-Gélie.

De Tierset, lieutenant au garde du corps de Sa Majesté.

Très obligé de me permettre de perquisitionner chez vous, madame.

Mais enfin, monsieur, qui vous permet ? Ordre du comte d'Artois.

Nous recherchons deux agitateurs bonapartistes qui ont franchi la

frontière dans la journée d'hier.

Et vous osez vous présenter chez moi en... Toutes les maisons françaises

doivent être visitées, même les plus hautes.

Sachez, monsieur, que je considère cette intrusion comme une force personnelle.

Et que, de la part d'un galant homme comme vous, ce manque de courtoisie m

'étonne. Quel que soit le désir que j'ai de vous satisfaire, madame, le devoir de

gentilhomme m'oblige à passer où ?

Alors ? J

'ai réussi à m'en

débarrasser, mais ils vont certainement venir.

Demain à l'aube. Il faut partir au François.

François, c'est trop dangereux.

Heureusement, j'ai... J'ai un plan.

Mon Dieu, que tout ça sent mauvais.

Monsieur a tout à fait raison.

C'est d'un infect.

Qu'est-ce qu'il y a dans cette charrette ? Des harons, monsieur.

Cela tiendra les gens à distance, monsieur.

La route est longue jusqu'à Anvers.

Anvers ? Pourquoi Anvers ? Parce que vous êtes pêcheur à Anvers, mon cher

ami.

Que vous apportez la marée à Gant et vice-versa.

Voilà.

Mon Dieu, que tout cela sent donc mauvais, Antoine.

Madame m'a ordonné de faire vrai.

Il y a des limites au réalisme, ne trouvez pas ? Si on nous interroge ? Oh,

je puis assurer, monsieur, que d'expérience, personne n'a jamais réussi

à comprendre le patois du péché envers soi. Monsieur dira n'importe quoi.

Et à Anvers ? Tu t'embarques sur le Sea Wolf, un petit sloop qui n'attend que

toi pour lever l'ancre. Et qui nous emmènera où ? À Copenhague, mon amour.

Je crois que nous en voilà définitivement débarrassés.

On peut aller à Copenhague et en revenir.

Mais cela ne met en arrière de sa part.

Avez-vous songé, Blancard, que le Sea Wolf transporte toute une cargaison de

poudre ? Et qu'il suffit d'aussi peu de choses pour faire couler un bateau ?

Allez.

Comme ça, on va plus loin.

Allez, viens, changeons-nous parce que... Mais j'aimerais bien comprendre.

C'est simple.

Nous arrivons à Gant.

On veut nous empêcher de voir Blacas.

Je vois Blacas.

Il me démet de ma mission.

On veut nous arrêter. La baronne nous sauve.

Perquisition. Là, elle nous tire du pétrin.

Oh, mais t'es naïf ou quoi, Marquis ? Les bottes.

Tu sais qui est... Ah bon.

Tu sais qui est l'officier qui perquisitionnait chez elle ?

C'est celui qui nous a empêché de rentrer dans le château de Louis XVIII.

Le même.

Alors, ça te dit rien ? Tire.

Tire ! C'est un coup monté, alors.

Évidemment que c'est un coup monté.

Par la baronne, encore.

Eh oui.

On veut nous éloigner.

Je gêne.

On nous envoie sur la route de Copenhague, en plus.

Eh oui, c'est un coup monté, mais... Je te garantis que j'aime pas ça.

Alors, qu'est-ce qu'on fait ? Toi, tu rentres à Paris et tu me ramènes tout le

monde. Moi, je me mets au vert en vous attendant.

Ça te mènera où ? À réussir là où je croyais échouer.

C'est pourquoi Oxon n'a pas essayé de me tuer. Le monde ne fait pas du progrès en

ce moment. Tant pis, le cousin d'Antoine ne rebat son cadeau.

Qu'est-ce que tu dis ? Oui, il m'a chargé d'un cadeau pour un cousin à lui

et à Copenhague. Fais voir.

Il est là, dans la poche de mon surroi.

Je crois que c'est une montre.

C'est une montre à marquer ta dernière heure.

Charmante nature.

À vos souhaits, M. Flambard.

Mieux que ça ! À vos souhaits, M.

Flambard.

On n'est pas des machines, tout de même, et puis c'est pas des façons de parler.

Ah, c'est comme ça.

Mauvais esprit, hein ? Heureusement que l'occupant va vous laisser le poil. L

'occupant ? Je le connais pas.

Vous connaissez l'anglais, toi ? Non.

Et l'allemand non plus, d'ailleurs.

Et moi, je vous dis que vous collaborez.

Et puis ça suffit ! Le chef, ici ! C'est Vidocq ! Non, c'est moi ! Vidocq a

disparu, et le préfet est suspendu ! Alors il va falloir finir droit ! Je

vous mets là, la cravache ! Tout le monde, assis ! J'ai dit assis !

Donc je sors. Vous m'avez bien compris.

Le dernier... Ah, vous voilà, vous.

Dans le rang avec tout le monde.

Monsieur Flambard, pourrais-je vous prier d'observer les règles d'une

élémentaire politesse ? Absence à justifier, ça vous coûtera cher.

Chers amis, le patron vous demande. Où ça ? En Belgique. Départ dans la minute.

Au revoir, monsieur Flambard. Mais restez ! Mais restez ! Mais c'est moi

qui commande ici ! Je vous ordonne de rester ! C'est énorme !

Si les bijoux arrivent avant nous à Paris, la preuve sera faite de notre

inutilité. La brigade sera dissoute.

Et on sera plus protégé par nos statuts de policier.

Malheureusement, pour ramener un coffre de plus grand, on n'a pas besoin de la

bande à bidocres.

Une escorte armée, ça suffit.

C'est bien ça, mon grand. Donc, nous n'aurons pas à exercer nos talents de

fin limier.

Ah si.

Parce que les bijoux, ils vont être volés.

Par qui ? Par nous.

Tu veux voler les bijoux du roi ? C'est la seule façon de les lui remettre en

main propre.

Pour un retour à nos premières amours, tu fais monter les enchères, dis donc.

C'est vrai, si on se fait piquer, on va prendre un maximum.

Si on n'oblige pas le roi à nous devoir les bijoux.

Si on ne l'oblige pas à nous protéger, c'est une bonne collerette de chambre

autour du cou pour chacun.

Le duc de Blacas me la garantit, c'est clair ? Collerette de chambre ? Ces

nouveaux messieurs aiment les méthodes anciennes.

Vrai ou faux, marquis ? Vrai.

Bon, on marche.

Bien.

Les bijoux ont été déposés dans une banque à gants.

Ils vont être transportés par un fourgon.

Il y aura un changement d'escorte à la frontière.

Tu sais dans tout ce qui va se passer ? Ben, la seule chose que j'ignore, c'est

quand.

Réveille-toi !

C'est déjà mon tour ? Non, il se passe quelque chose.

Depuis trois jours, t'as eu le temps de les voir faire des transferts de fonds.

Procède toujours comme ça.

Tu crois ? Eh oui ! Hé ! Regarde ce qui arrive.

Bon, cette fois, y a pas de doute.

Il s'agit bien des bijoux.

Allez, vas-y !

Allez mon petit, il est temps de gagner ta croûte.

Au boulot !

Alors ?

Tu

vois que le fourgon, il va passer par là ? La route, elle est toute petite.

C'est un itinéraire secret.

Ça sent de brûler.

Mon ragoût est fichu, là.

Tu pouvais pas le sourire, non ? T'as voulu être le chef, non ? Chacun son

métier. On va noyer ça dans la sauce, là.

Pense-moi la farine et le vin blanc.

Mais non, pas dans ce placard-là, dans l'autre.

S'il a pas rencontré le devant contraire, il est parti de gants il y a

une heure.

Oui, s'il n'a pas rencontré une milliard de colons dans la route... Préparez le

trou !

C

'est non, monsieur, non !

Si tous les fonctionnaires quittaient Paris, c'est dans une ville morte que Sa

Majesté ferait son entrée. Je suis confus, Excellence.

J'écris bien faire en me rapprochant de l'autorité.

Pour nous donner des conseils, sans doute.

Non, Excellence, pour vous demander vos ordres.

À quel sujet ? N'importe lequel, Excellence.

Un fonctionnaire est fait pour obéir et à Paris, il n'y a plus personne pour me

commander. Je suis tout à fait décempéré.

Voilà qui change tout.

J'aime les hommes qui parlent votre langage.

Ils sont rares, précieux. Merci, Excellence.

Mais les parles aux actes, il y a un grand fossé. Ce n'est pas seulement avec

sa langue que l'on prouve sa fidélité. Je ne connais que mon devoir,

Excellence. Je ferai tout ce que vous m'ordonnerez.

Vous connaissez Vidocq? Qu'est-ce que c'est, Excellence? Eh bien, Vidocq

conspire contre la sûreté du royaume. J'en ai la certitude.

Vidocq conspirer, ça me paraît bien impossible. C'est de l'imbécile! Oui, M.

le Duc! C'est de l'ingendouble!

Misérable, M. le Duc! Et où qu'il se trouve!

Je vous donne l'ordre de l'arrêter.

Je suis en bas !

Que se passe-t-il, brigadier ? La roue est cassée, monsieur le comte. Il va

falloir réparer.

Cela va prendre combien de temps ?

Passe-moi de peau de peinture, là.

L'illusion est parfaite, mon cher ami. Tu ne trouves pas l'acrobate ? T

'as un bel avenir dans la peinture.

Où est-ce que t'as appris ? Au bagne, j'ai beaucoup tatoué.

Ils sont en retard.

Vous êtes sûr que c'est bien le fourgon blindé que vous avez vu à Gant ? On l'a

même doublé à la sortie de la ville.

On l'a pris par des raccourcis, c'est normal qu'on soit là bien avant lui.

C'est gagné ! Pas encore, c'est maintenant que tout commence. Allez !

Direction la frontière française !

Quelle

heure, la tulipe ? Trois heures, monsieur le marquis.

Admirez la précision du régime, messieurs.

En dépit des aléas de l'histoire... L'exactitude est toujours la politesse

des rois.

Les compliments, monsieur.

Prenez ce fourgon, il est à vous. Je vous en remercie, monsieur.

Nous ferons en sorte qu'il arrive à bon port.

Alors faites vite, monsieur, car la route est longue avant la nuit.

Faites passer le fourgon en France.

Cesse d'or, monsieur.

Veuillez me signer cette décharge. Un reçu ? Vous êtes fou. Non,

fonctionnaire. C'est la règle de l'administration.

Parce que vous n'êtes pas gentilhomme.

Parfait. La royauté n'est pas réinstallée à Paris qu'elle se commet

déjà avec des manants.

Voilà qui nous promet de douloureux réveils.

Donnez-moi votre papier, monsieur.

Voilà le vrai fourgon !

Ils

ont de bons charbons en Belgique !

Mais respect, monsieur le comte.

Qui êtes-vous ? Je croyais trouver le marquis de Fronsac.

Non, je suis son aide de camp, monsieur le comte.

Monsieur de Fronsac est parti devant avec l'escorte car nous avait signalé

une bande de malembrins.

C'est donc cela. Je me doutais bien qu'il se passait quelque chose.

Nous allons vous prêter main forte.

Bien volontiers.

Nous

avons fait

fuir cette canaille. La route est libre.

Monsieur le marquis de Fronsac demande qu'on rejoigne avec le fourgon.

Je vous accompagne, j'ai pour mission de leur mettre le fourgon au marquis. C'est

inutile, il m'a remis cette décharge pour vous.

C'est exact, c'est bien la signature du marquis.

Tout est en règle. En avez-vous douté, monsieur le comte ? Un instant, oui.

Excusez-moi.

Personne n'est trop vigilant, monsieur le comte, quand il s'agit du service du

roi.

T'es sûr que t'as trouvé la combinaison ? Essayez.

Alors ? Ça accroche, mais ça vient pas.

Tu perds la main, camarade.

C'est peut-être toi qui n'as pas trouvé le secret.

Impossible.

T'as plus l'oreille de tes 20 ans ? Permettez, messieurs.

Penche. Penche.

La perle est dans le huître. Clé.

Ils sont pas si bêtes qu'ils en ont l'air.

Pendant qu'ils montaient ostensiblement leur mise en scène, ils ont envoyé les

bijoux en douce à Paris.

Alors, on est tous foutus ? La sûreté, c'est terminé.

On sera tous pondus.

Ah, ne concluez pas si vite.

Peut-être une autre solution.

Ah, laquelle ? Ils n'ont pas mis les bijoux dans le coffre, c'est parce qu

'ils les avaient pas.

Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

La façon dont on a essayé de m'écarter de cette affaire.

Si Blacas devait faire confiance à quelqu'un, c'est à moi.

Il m'a mis à la porte.

Évidemment, c'est bizarre.

La police essaye de m'arrêter.

La baronne me cache, mais le lendemain, elle monte un attentat contre moi.

Non, croyez-moi, tout le monde est d'accord dans cette affaire.

La baronne, Blacas, l'officier, d'accord pour que je ne découvre pas que les

bijoux n'étaient pas dans le coffre.

Alors, où ils sont ? Volés ? Les bijoux du roi sont connus de tous les

professionnels. Ils sont invendables.

À moins que... À moins que quoi ? À moins qu'on les fasse retailler.

Et il n'y a qu'un endroit au monde où on retaille les pierres volées.

C'est envers.

Oui.

un vieux camarade à Anvers.

Prosper ? Prosper.

Qui est Prosper ? Desfossé et lui ont fait la double échelle ensemble.

C'est bien lui qui tient tout le marché des pierres à Anvers.

Madame Salagusté n'ignore rien de ce qu'elle vous doit. Dans un moment

malheureux, vous vous êtes chargée d'une négociation délicate avec une discrétion

et une adresse.

auquel nous rendons hommage.

J'ai eu le bonheur de pouvoir prouver au roi ma fidélité, Excellence.

Je n'ai fait que mon devoir, rien de plus.

Je crains, madame, de mettre à nouveau votre dévouement à l'épreuve.

Vous n'avez qu'à parler, Excellence.

Mais madame, le fait est simple.

La défaite de l'usurpateur a permis naturellement au roi de retrouver tout

son crédit.

Sa majesté désire donc racheter les bijoux.

dont elle vous avait confié la vente.

Excellence, je vous ai trouvé un acheteur, c'est vrai, mais c'est vous

qui avez traité avec lui.

Depuis lors, je ne sais pas ce qu'il est devenu.

Hélas, madame, moi non plus.

Et la discrétion qu'exige cette affaire m'interdit de le faire rechercher par la

police.

Non, mais... En ce cas, excellence, on ne peut craindre que le roi ne retrouve

jamais ses bijoux. Ah, mais c'est absolument exclu, madame.

L'étiquette, l'étiquette exige que le roi les expose dès son retour à Paris.

Ça n'a gesté compte sur vous. Même en admettant que je retrouve l'acquéreur,

que lui dirais-je ? Enfin, c'est un marchand, ce n'est pas un gentilhomme.

Il compte attirer de cette affaire, mon Dieu, un certain bénéfice. Non, mais

rassurez-le, madame, il nous a donné de ces pierres le quart de leur valeur.

Nous les rachèterons à leur juste prix.

Comptez sur moi, Excellence, je ferai de mon mieux.

Regueule l'ancien.

Non, les jeunes.

Ah, Ribera.

Ouais, ben dis donc.

Ben bravo, Prosper, c'était le meilleur, hein ? Réussite pareille, moi, eh,

chapeau. Quand je pense qu'on a partagé la même paillasse, tu vois défausser.

C'est parce qu'il y a des dames très riches qui aiment avoir des petits

cailloux taillés autour du cou.

Mon professeur, tu viens de l'aider ? Hé, t'es un ami de défaussé, je peux t

'en rien te refuser.

Jette un coup d'oeil à ce dessin.

Il dit rien ? Bien sûr.

C'est les bijoux du roi de France.

Tu les as vus ? Une fois.

Une femme est venue me demander de les expertiser.

Comment elle était ? Voilée.

Dis donc, les bijoux, ils ont déjà été mis en vente ? Non, je le saurais.

Retaillé ? Pour ça, je suis moins affirmatif.

Pourquoi ? Je contrôle tous les lapidaires, sauf un.

Vandal, le plus gros.

Qu'est-ce qu'il a de particulier ?

C'est un agent britannique. Qu'est-ce que je peux faire ? Toi, tu travaillais

pour l'empereur.

C'est un pays.

Je vais aller le voir, Vandal.

Vous êtes fait ! Mais ne dites donc pas de bêtises, Florent ! J'ai pas pu tuer

cet homme, constatez vous-même, il est déjà froid. Qu'importe, j'ai l'honneur

de vous conduire encore mort ou vif.

Excusez-moi, mon cher collègue, mais je vous prierai d'attendre un peu avant d

'accomplir votre mission.

Pourquoi donc ? Il s'agit bien d'un agitateur bonapartiste, n'est-ce pas ?

En effet, c'est le duc de Blacas lui-même qui a rassemblé l'épreuve

contre lui.

Nous sommes ici en zone d'occupation et le règlement militaire est formel.

Qu'est-ce que vous voulez dire ? Tout espion démasqué est immédiatement passé

par les armes.

Je prothèse ! Mes instructions sont de le ramener ! Mort ou vif, n'est-ce pas ?

Eh bien, vous rapporterez son cadavre.

Au suivant !

Toi.

Vive le Belgique ! Vive la liberté !

Avez-vous besoin de mon ministère, mon fils ? Ce serait trop long. On n'aurait

jamais le temps, M. Abbé.

Vous vous repentez, mon fils ? Certainement.

Dans vos absous.

Qui c'était ? J'ignore.

On a fusillé 22 personnes ce matin.

On les avait dénoncées comme étant bonapartistes.

Hélas.

Et vous, qu'avez-vous fait, mon fils ? Enfin, imbécile.

Comment ça ? J'avais une bonne santé. J'aurais pu s'en tenir au bagne. Il me

serait jamais rien arrivé.

Qu'est-ce que c'est ? L'ordre est d'emmener au quartier général le

nommé Vidocq François.

Mais il est sur ma liste, camarade. J'ai besoin de lui.

Eh bien, tu le fusilleras plus tard.

On a découvert qu'il avait des complices. On va d'abord l'embrancher.

Bon, emmène-le.

Sans vous, je crois bien que ma dernière heure était arrivée.

Tu vois que ça sert d'avoir des amis patriotes.

J'avais préparé cette mise en scène au cas où moi-même j'aurais été arrêté. Ah,

Prosper, j'oublierai jamais ce que t'as fait pour moi. Ah, j'ignorais que tu

étais bonapartiste.

Maintenant que je sais qu'on est du même bord, j'ai plus rien à te cacher.

Tant pis pour le secret professionnel. Qu'est-ce que tu veux dire ? Cette femme

qui est venue me demander d'estimer les bijoux du roi, elle a refusé de me les

vendre. Elle n'a jamais pensé à les faire retailler, elle voulait les garder

pour elle.

Ça ne plaît pas de ça, Gélie ? Oui.

Mais pourquoi il a fait du vent de balle ? Justement, pour te faire croire qu

'elle avait fait retailler les bijoux et qu'il les avait vendus.

François, qu'est-ce que tu fais ici ? Je me suis évadé.

Toutes les polices me recherchent, je ne sais plus où me cacher.

Je suis perdu ici du nez de bas.

Tu es bien fait de venir ici.

Tu ne pourrais pas avoir de meilleure idée ? Tu veux me cacher ? Mais bien

sûr, seulement je veux partir et...

Il faut que personne ne te trouve ici.

Viens.

Donne-moi.

Donne-moi ici.

Oh, c'est là ! C'est là ? Oui.

Passe-moi l'outil.

Je vous félicite, baronne. Vous avez réussi à retrouver cet homme dans le

minimum de temps.

Grâce à vous, le roi pourra bientôt faire sa rentrée dans Paris.

Nous n'attendions pour cela que les bijoux. Il y a cependant un ennui,

Excellence.

Lequel ? L'homme achetait bon marché, mais il revend très cher.

Vraiment ? Il demande des bijoux.

Hélas, non, Excellence.

C'est un homme, au contraire, qui a le sens de la politique.

Son raisonnement est simple.

Sa Majesté a vendu ses bijoux dans un moment de découragement, quand elle

croyait que c'en était définitivement fini de la monarchie. Nous n'en sommes

que quelques-uns à savoir ce moment de faiblesse.

Fort heureusement, Excellence, car que penserait le peuple de France en

apprenant que son roi avait douté de la victoire ? Comment lui faire admettre

après cela que le retour de l'usurpateur n'était qu'une folie ?

Comment condamner ceux qui pendant 100 jours ont suivi Bonaparte quand le

succès même de ses armes était une certitude dans l'esprit même de sa

majesté ? En vérité, votre homme n'est pas un joaillier, c'est un maître

chanteur. Je le crains fort, Excellence.

Ce n'est pas les bijoux qu'il nous vend, c'est son silence.

Que voulez-vous, j'ai été victime de mon inexpérience.

Elle nous coûte cher, Madame.

Comment reprocher à une jeune femme d'avoir été abusée alors qu'un homme

aussi avisé que vous, Excellence, s'y est laissé prendre ?

C'est bon, oubliez-moi cet

homme, nous paierons.

Eh bien, baronne ? Tout s'est passé à merveille. Allez immédiatement voir

Blacas. C'est parfait.

Où sont les bijoux ? Venez.

Eh bien ? Vous connaissez nos conventions.

La moitié de la somme pour vous, l'autre pour moi.

Je n'ai pas encore l'argent.

On peut faire confiance au duc de Blacas, pas à vous.

À vous non plus.

Je veux voir les bijoux.

C'est tout naturel.

Vous n'avez pas songé que j'allais croire ceci ? Quoi ? Est-ce que vous me

prendriez pour un imbécile, baronne ? Ou pour un enfant de cœur ? Qu'est-ce qui

vous prend, Blancard ? Vous êtes fou ? Quel intérêt est-ce que j'aurais vous

tromper ? Mais Blancard s'est prêt à nous payer dix fois le prix des bijoux.

Ce serait une folie de laisser passer une occasion pareille.

Blancard, notre amitié, au nom de tout ce que nous avons fait ensemble... On

veut doubler son complice.

On pense bêtement garder l'argent pour soi tout seul. On m'a déjà trouvé un

remplaçant, sans doute.

Tu vas le payer dès maintenant, Roxane ! C

'est

moi qui... Tu as tout en main, Roxane.

C'est moi qui peux faire de toi ce que je veux.

Mes rôles sont inversés.

Quant aux bijoux, tu peux en faire ton deuil, si on suit le duc de Blacas,

restitué par mes hommes à leur légitime propriétaire, le roi de France, sans qu

'il lui en coûte un sou.

Et pour ma plus grande gloire, mon amour, de directeur de la sûreté

parisienne.

Maintenant, attends.

Allez, je te laisse libre de partir.

L'encarte sera reconnue seule coupable.

Ma volonté est que tu t'en sortes cette fois-ci.

Parce que tu es mon bon plaisir à moi, François Vidocq.

Je suis sûr que tes bagages sont déjà prêts, comme d'habitude.

Je vous hais.

J'espère bien.

Grâce au ciel, j'arrive à temps. Comme toujours, Flambard, comme toujours.

Messieurs, arrêtez cet homme. Il a essayé d'assassiner la baronne de Saint

-Gély et de s'enfuir avec les bijoux du roi.

Allez, allez.

Et la baronne, comment se porte-t-elle ? Oh, Flambard, elle a été profondément

choquée par les événements, oui.

Et je crois qu'elle aura besoin d'un certain repos pendant quelque temps.

Quel dévouement à la cause du roi.

Et quelle abnégation chez cette femme.

Il vous le fait pas dire, Flambin.

M. Vidocq, le duc de Blacas vous réclame pour présenter à Sa Majesté le directeur

de la Sûreté de sa bonne ville de Paris.

Dites à Blacas que j'arrive tout de suite.

Mission terminée, monsieur le ministre.

Effort bien rempli.

J'en suis d'autant plus satisfait que je peux vous témoigner mon estime alors que

je suis redevenu votre ministre.

Et l'estime d'un ministre vaut tellement plus que celle d'un simple particulier,

ou que celle d'un proscrit.

Mais n'y pensons plus.

Beaucoup de travail nous attend, Vidocq. Vous me voyez prêt, monsieur le

ministre. Pensez les blessures, ramenez le royaume au calme, assurez la paix.

Aussi ai-je décidé de vous accorder huit jours de repos. Non, mais je ne tiens

pas... Accordez, Vidocq.

Un fiacre vous attend devant le ministère.

Vous avez besoin de reprendre des couleurs.

Une semaine de campagne vous fera le plus grand bien.

Un fiacre.

Allez à la fenêtre, voyez vous-même.

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