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Bonjour. Commandant, Sandrine Morel, capitaine de police, a été affectée au
commissariat du 16e arrondissement.
D'ailleurs, c'est les flics du 16 qui ont été prévenus en premier. C'est sous
le coup. Et pourquoi c'est pas la DPJ qui s'en occupe ? Elle pourrait. L
'ennui, c'est que le mari de la victime, M.
Morel, est sous-directeur de cabinet au ministère de l'Intérieur.
Ah, je vois.
Sujet sensible.
Il est actuellement en mission à Nice pour le compte du gouvernement. Le Glam
a mis un avion à sa disposition. Il sera dans vos locaux dans deux heures. Très
bien, je vous remercie.
Bonjour tout le monde.
Bonjour, ce que vous bergez. Vous suivez ? Putain, la survalande.
Le suicide de son mari.
Rôle de bonne femme quand même, hein ? Hormis les poignets, tous les membres
sont brisés.
Je vais voir papa.
On va dégratigner dans les paumes.
Je commence à peine à m'y faire.
C'est pas pareil quand tu connais la personne.
La pauvre, elle était super sympa en plus.
C'était la coéquipière d'Antoine.
Forcément que je connais tous les gens de l'immeuble.
Je fais le ménage pour tout le monde.
Je n'ai pas le droit.
Mais si, bien sûr.
Tout ce que je voulais savoir, c'est si... Attention.
Attention. Je ne vole pas les impôts.
Tout le monde me déclare. D'accord.
Pas de blague. Pas de problème. Donc en arrivant, vous avez trouvé le corps,
vous n'avez touché à rien et vous avez prévenu la police.
Oui.
Il ne fallait pas ? Si, tout va bien. Merci.
Mais dis-donc, je ne savais pas que ça gagnait autant, un sous-directeur de
cabinet.
Pas plus qu'une directrice d'agence de communication.
Mais comment elle sait que ma femme tient une agence de communication ? Je
ne sais pas, elle s'est rencardée, et puis c'est le chef, c'est normal qu'elle
sache tout.
C'est pas tant, c'est pas tant ça. Moi, ce qui me fout les boules, c'est cette
façon qu'elle a, condescendante, de balancer les choses comme ça.
L'air de rien.
Attends, je me fais le coup à toi.
Ah non, non, je te jure.
Non, moi, j'ai aucun problème.
Voilà.
Regardez.
Si ça, c'est pas du sang.
Bon, je vais chercher DJ.
Si Michel, tu as raison sur toute la ligne.
Le cou porté à la base du crâne est intérieur à la chute.
Concernant l'arme, je pencherais plutôt vers quelque chose de dur, mais pas
rigide. Un caoutchouc de synthèse qui laisse pas de traces, comme une matraque
par exemple.
Ah oui ? Et les traces de sang retrouvées sur le balcon, ça vient d'où
? Du genou.
Cette large entaille, elle ne correspond pas aux fractures.
Le cou a dû assommer, elle s'est évanouie, elle est tombée, elle s'est
coupée sur un truc.
Elle s'est coupée sur un bout de géranium cassé que j'ai retrouvé.
Moi, sur un pot de fleurs, décidément, même flic, une femme reste une femme.
Pour rester dans l'éternel féminin, votre victime a eu un rapport sexuel
juste avant.
Donc, la victime est une femme.
Merci de nous éclairer sur ce point.
Aviez-vous d'autres conclusions tout aussi percutantes, fracassantes à nous
proposer, cher docteur Salinas ? Malheureusement, le partenaire de votre
collègue ne montait pas accru. Il a mis des préservatifs.
Quant à la nature du rapport, difficile de qualifier le viol.
Les lésions de l'appareil génital sont inexistantes.
Je pencherais plutôt vers un acte librement consenti.
Bien, quoi qu'il en soit, viol ou pas, le coup antémortem porté sur le visage
au niveau du front nous permet d'affirmer qu'il s'agit bien d'un
meurtre. La justification de notre présence ici prend désormais son sens.
Monsieur Morel, vous comprendrez que les questions que nous allons vous poser
sont nécessaires. Je vous en prie, commandant, faites votre travail, je
répondrai à toutes vos questions.
Bien. D'après les premières informations de son entourage professionnel, et en
particulier celles du coéquipier Antoine Parietti, votre femme semblait traverser
une dépression. Est-ce que vous confirmez ? Effectivement, ma femme
était dépressive depuis longtemps, elle travaillait trop, beaucoup trop.
Oui, mais au ministère, toujours en déplacement, nos rapports en pâtissaient
forcément. Mais nous avions, elle et moi, le projet de décrocher pour nous
retrouver. Parce que nous nous aimions.
Si on règle l'hypothèse que votre épouse, sous le coup d'une forte
émotion, dépression, est envisagée de prendre un amant, vous a-t-elle jamais
effleuré ? Non, monsieur.
Ma femme m'était fidèle.
C'est le geste d'un malade. Nous n'écartons pas cette piste.
Néanmoins, les serrures n'ayant pas été forcées et la découverte d'un étude
préservatif dans la poubelle nous amène à penser que... Écoutez, si j'ai
expressément suggéré au procureur de vous confier l'affaire, c'est pour
éviter précisément ce genre de débordements prématurés. Vos fichiers
regorgent de malades en tous genres qui utilisent vos noms. Réservatif, alors.
Cherchez d'abord de ce côté-là avant de salir la mémoire de ma femme.
Mais n'ayez crainte, monsieur Morel. Notre groupe et moi-même serons nous
montrer discrets, quelle que soit la résolution de cette affaire. Quelle que
soit ? Quelle que soit quoi ? Bon Dieu ! Si Sandrine avait un amant, pourquoi l
'aurait-il tué ? C'est absurde ! Parce que vous êtes un homme influent,
bénéficiant d'une position politique importante.
L'amant aurait pu craindre que cette liaison s'apprenne.
Personne n'a envie d'avoir un homme politique comme ennemi.
C'est ridicule.
Sandrine, il y a quelque temps, avait reçu une lettre anonyme d'un dingue, d
'un illuminé, disant qu'elle allait mourir dans les flammes de l'enfer face
aux genres de bêtises.
Je vais la rechercher, je vous la ferai porter.
Merci.
Merci infiniment. Nous la lirons avec attention.
Toutefois, s'il s'avère que
Sandrine avait un amant, et...
Il est l'auteur du meurtre.
Je vous en prie, retrouvez-le vite.
Ça fait deux heures qu'on se fait gaver par vos questions.
Mets-nous les bracelets tant que tu y es. Qu'est-ce que tu me cours ? T'as
envie qu'on le retrouve, le meurtrier de Morel ? C'est pas en nous faisant chier
dans ton costume à 3000... Casse-toi ! Eh oui.
Une fois qu'on aura ces cons de 16e sur le dos, ça va être comme ça.
Hein ?
Nathalie, je te parle seul à seul.
Tu peux prendre la déposition du lieutenant Parietti et de ses collègues
? Oui, vous venez avec moi ? Ça ne sera pas long.
Putain, mais tu peux lui foutre la paix, Antoine, ouais ? Qu'est-ce qu'il t'a
fait ? Lâche-moi ! Oh, elle est dehors de tripot. Allez, allez, allez.
Il me fait qu'il est divorcé, avec un mot de ma charge, et qu'il pourrait être
ton père. Voilà ce qu'il me fait.
Ce mec, c'est un sac d'emmerde.
Très bien.
Moi, j'en suis amoureuse.
Puis en plus, le rayon au conseil conjugal était mal placé pour l'ouvrir.
Nathalie, tu baisses d'un ton, s'il te plaît, d'accord ? Pourquoi vous les
faites chier, les mecs de mon commissariat ? Parce que le tueur est
peut-être l'amant de la victime, figure-toi.
Alors au bureau, on se parle, on se fait des confidences, on couche ensemble même
parfois.
Il y en a bien un de chez vous qui sait avec qui elle fricotait, la Morel ? Son
coéquipier, par exemple. Je sais pas, t'as qu'à lui demander.
Moi, j'ai du boulot.
Je peux disposer, capitaine ? C'est bon, vas-y, allez.
À ce soir, hein, quand on n'a pas tard.
Bon, écoute, Antoine, je comprends que t'aies pas envie de bazarder sur ta
collègue. Moi, j'aimerais pas non plus.
Si c'est son Jules qui l'a tué, il faut qu'on le chope, cet enfoiré, tu
comprends ? Mais je vous dis que je sais rien.
Elle était dépressive, elle prenait des piloges, c'est tout.
Puis merde, elle était mariée avec un type connu qui fait de la politique.
Elle allait pas se vanter devant tout le monde de baiser à gauche.
Mais toi, t'es pas tout le monde.
Vous faisiez équipe, elle te connaissait bien.
Tu vois, mon pote Scandella, il connaît tout de ma vie.
Ah oui, non, mais moi aussi, Polo, je connais toute ta vie, tu la racontes à
tout le monde. Bon, ça, c'est pas vrai.
Mais si, c'est vrai.
Ah si ? Tu t'en souviens ? Non, écoute, c'est très simple. Quand un suspect veut
rien dire, on lui envoie polo pour meubler, tu vois. Parce qu'une fois, j
'ai gavé un mec avec mes histoires, tu vois.
J'ai tellement cassé les couilles avec ma femme et tout ça que le mec a fini
par avouer juste que je lui ai foutu la baie, quoi, tu te souviens ? Ouais.
Vous me prenez vraiment pour un con.
Vous me faites quoi, là, le coup de la converse entre potes ? Ça va, moi aussi,
je suis flic, c'est le genre de plan que je connais. Si je vous dis que je sais
rien, c'est que je sais rien.
OK.
Donc, en gros, Sandrine Morel ne te racontait jamais rien, c'est ça ? Vous
ne parliez que de boulot ? Partout, au bureau, en planque, au resto, du matin
au soir. C'est ça, j'ai bien compris ? Tu vois, on est déprimés.
On parle normalement, on se confie.
Tu dis que vous aviez de très bons rapports, alors c'est quand même bizarre
qu'elle n'a jamais lâché la moindre info.
Et toi, tu dis que tu t'es aperçue de rien. C'est ça que tu veux nous faire
croire, hein ? Je m'en fous ! J'ai pas de justice ! Tu t'as su !
un petit peu énervé.
Elle était un peu dépressive.
Alors, il y avait peut-être le boulot ou un mec.
Mais moi, je crois que cette gonzesse était instable.
Et pourquoi vous écartez tout de suite le suicide ? C'est à cause de ton pote
que vous avez décidé de m'emmerder ? D'après toi, un type qui rentre sans
effraction en pleine nuit, qui baisse avec une capote une femme qui ne se
défend même pas, qui l'emmène sur la terrasse pour lui éclater le crâne et
qui, après, la balance du huitième étage, est-ce que tu crois encore ?
Qu'on peut parler décemment de suicide.
Enfin, c'est impossible.
Pourquoi son... Pourquoi son mec aurait fait un truc pareil ? Imagine que
Morel en ait marre de tout.
Il veut se barrer avec son amant.
Seulement, il est marié et il refuse.
Elle le fait chanter.
Menace de tout balancer à son futur ministrable de mari.
Le mec flippe.
Il la tue.
Elle marie ses peintures.
Quel moyen de pression il aurait sur l'amant ? Mais il travaille au ministère
de l'intérieur.
Il peut briser une carrière.
Surtout si l'amant est un flic.
Tiens, en fait, je vais relever tes empreintes et ceux de tes collègues au
fichier central, histoire d'écarter les fausses pistes.
Ça, évidemment, mes empreintes, vous allez les trouver chez Morel.
Celles de mes collègues aussi.
Hier soir, Sandrine a fait une fête chez elle. On y était tous.
Ça, tu vas.
T'as bien fait de nous le dire.
Bon.
On reprend, Virginie ? Oui.
Allons-y.
Alors ? Ça avance ? J'ai l'impression que cet enculé nous cache quelque chose.
Cet enculé, c'est un ami à toi ?
C'est le petit ami de ma fille.
Ce qu'elle ne sait pas, c'est que je me suis renseigné sur lui.
Il est réputé violent.
Je ne sais pas comment le lui dire.
Un conseil, ferme-la.
La tête d'une grande fille, laisse-la juger par elle-même.
Si elle sait que c'est la flic, ça risque d'être encore pire.
Et puis, Jean-Louis, t'évites d'en faire une affaire personnelle, hein ? Je dois
pas que ça dégénère en guerre des polices. On n'a pas besoin de ça.
Viens voir.
Les hommes ont passé la journée chez vous à être interrogés.
Qu'est-ce que vous croyez ? Moi aussi, je veux qu'on retrouve l'assassin de
Sandrine. Mais c'est pas en créant ce climat de suspicion que vous allez y
arriver. Alors je vous préviens, la moindre accusation portée à la légère
vous coûtera cher.
Mon syndicat est prévenu. Tenez-vous le pourdit.
Le commissaire du 16e.
J'espère que t'as bien reçu le message.
Oh, Cisco.
Oui,
entrez.
Les PV d'audition, Michel.
Difficile d'en faire une synthèse. Le voisinage n'a encore rien donné.
Le fil du 16 ne semble rien savoir.
Mais Cisco a peut-être une piste.
Enfin une fille, c'est-à-dire que Gwenola, la femme de ménage des Morel, m
'a téléphoné.
Elle me dit avoir perdu un trousseau de clés il y a environ trois semaines de l
'appartement, mais ce qu'elle sait surtout, c'est qu'elle croit savoir où.
Elle l'aurait perdu chez un autre patron, hein ? Un autre patron, qui
serait donc M.
Clément, un témoin de Jéhovah qui habite... Ah, bonjour.
Je vous avais pas croyant, monsieur.
C'est fou ce que les écritures saintes nous éclairent sur nous-mêmes et sur les
autres.
J'ai là la lettre anonyme destinée à Sandrine Morel que son mari m'a fait
parvenir. On y lit des choses fort intéressantes, voyez-vous, l'expéditeur
traite Sandrine Morel d'ange du diable, dit que c'est un péché de dévoiler sa
nudité aux yeux du monde, ajoute que c'est une catin qui mérite de périr dans
les flammes de l'enfer, car les foudres du...
grands créateurs s'abattront sur elle au grand jour d'Armageddon. En connaissant
le marchand, que ce genre de conneries débitées par un malade mentale vous
fascine, ça ne m'étonne pas.
Je peux savoir en quoi ça vous éclaire ? Je crois fort que ce discours puisse
paraître quelque peu fumeux aux yeux d'un inculte païen et pourvu de toute
connaissance théologique.
Que vous êtes, cher capitaine Scandella, néanmoins, la lecture de la Bible,
notamment de l'Apocalypse.
de Saint-Jean. Ses écrits ont un certain sens, surtout dans l'interprétation que
peut en faire un témoin de Jéhovah.
Michel, je vous accorde que l'érudition de Jean-Louis aura des pâquerettes, mais
je dois vous avouer que je n'ai pas suivi. Bien.
Écoutez, je vais tenter de m'expliquer.
Les témoins de Jéhovah craignent plus que tout la fin du monde, la guerre
entre tous les peuples.
En quelque sorte, la Troisième Guerre mondiale, symbolisée dans la Bible par
celle du diable et de Dieu à la bataille d'Armageddon. Ils sont
persuadés qu'à l'issue de cette bataille, que Dieu remportera, ils
seront réveillés, appelés par lui, et seront les seuls à jouir de la vie
éternelle sur la Terre, alors que les autres, tels Sandrine Morel, rejoindront
le diable et périront dans les flammes de l'enfer.
Voilà, en gros.
Simplement, Michel, admettons...
Et que tout ce délire soit l'œuvre d'un témoin de Jéhovah. Pourquoi est-ce qu'il
la traite de catin, cette pauvre Sandrine Morel ? Et qu'il dit, je lis,
qu'elle dévoile sa nudité aux yeux du monde.
Peut-être qu'après son boulot, elle fait la pute au bois ou elle monte son cul
dans un pipe-chaud.
Oh, logique, c'est un délire intéressant.
Merci, patron.
Bon, Cisco, j'irai demain avec Polo voir ce Clément à Meudon.
Meudon, on ne peut pas être très loin de votre résidence principale.
Jalouse, très jalouse.
Alors, quoi de neuf ? Écoute, à part ma brandade qui colle avec ce réchaud de
merde, putain ! C'est vrai que les mecs sont pas très bavards, mais je sais pas,
on fait peut-être fausse route, non ? Ouais, sauf que moi je vous dis que par
Yeti, il est pas clean, cacha truc.
Attends !
Il sort avec ta fille depuis six mois, d'accord ? Ah non, avec un cul pareil,
on baisse pas les heures, t'as compris ? Ta gueule, Polo ! Ta gueule ! Écoute, on
parle de ta fille, pas de ta femme ! Justement, pauvre con ! Ma femme, j'en
ai rien à branler. Elle peut se faire déglaguer partout dans tout Paris, j'en
ai rien à foutre.
Par contre, ma fille, par tes stades... Ça va, on a compris. Polo a raison.
T'es en train de te monter contre ce mec parce que tu peux pas le saquer.
C'est évident qu'il se fout de notre gueule.
Ça fait deux ans que c'est son cul écripier. Il est pas au courant de sa
vie privée, peut-être.
Écoute, je sais pas, ça peut paraître curieux, mais bon... Moi je suis dans le
groupe depuis quoi ? Autant et qu'est-ce que tu connais de ma vie ? Rien ?
Je crois que j'ai plus faim.
Pardon.
Bravo.
Bien joué.
Tu m'as pas dit que tu sortais, toi ? Je te le dis.
Bon, papa, je t'ai acheté un steak et là, il y a une bière sur la table.
Et le programme télé, il est où ? Il est là, papa, écoute.
Nat ?
Nat,
c'est toi ? Recouche-toi papa, il est 5 heures.
Je n'arrive pas à dormir.
Je m'inquiète pour toi, je te signale.
Ça va, je suis une grande fille.
Regarde-moi.
Qu'est-ce que t'as de ma puce ? Tu vas me pleurer, là. Mais non, laisse-moi, je
suis fatiguée, c'est tout.
Pourquoi t'es rentrée ? Tu t'es engueulée avec Antoine, c'est ça ? Je m
'énerve, arrête de parler de lui comme ça.
Ah bah, excuse-moi, Nathalie.
Monsieur Clément ? Lieutenant Siskowski, régal criminel,
c'est votre femme de ménage qui nous a ouvert mon collégué à moi.
Excusez-moi lieutenant, je ne vous avais pas entendu arriver.
Je suis professeur d'astronomie, alors je passe des heures ici à contempler le
ciel et quand je suis concentré... Mais c'est pas grave monsieur.
Alors comme ça vous enquêtez sur le meurtre de madame Morel. Et nous
recherchons toutes les personnes qui auraient pu la fréquenter, vous la
connaissiez bien ? Non, pas vraiment.
En fait, je suis allé plusieurs fois dans son immeuble transmettre la parole
des témoins de Jéhovah, mais Mme Morel n'étant pas cliente, nos relations se
bronnaient aussi vite et de visage.
Connaissez-vous cette écriture ? C'est vrai que je vous avais
dit que j'avais perdu les clés ici.
Ce n'est pas du tout pour faire accuser M. Clément.
Personne ne l'accuse, Benola. On se renseigne, c'est tout, c'est tout.
Vous savez, il est très mal en ce moment, depuis que sa femme l'a quitté.
Il est parti il y a huit jours avec le gosse. Vous pensez, ça lui a fait chier
un coup, le professeur. Et alors, c'est vraiment pas le moment pour l'inquiéter
au sujet du meurtre de Mme Morel, vu qu'il aimait tant.
Quoi ? Clément l'aimait ? Mais vous m'avez dit il y a un instant qu'il se
connaissait à peine.
Ben, oui, c'est vrai, oui.
Oui, c'est vrai. Oui, quoi ? Oui, enfin, mais pourtant, le professeur me parlait
beaucoup de Mme Morel.
Un, deux, trois, quatre, cinq, six... Arrêtez ces trucs, s'il vous plaît,
arrêtez. Oui, alors comme je travaille chez elle, il voulait tout savoir sur
elle. Ce qu'elle mangeait, si elle était heureuse.
Elle se renseignait ? Oui, oui, oui. Il voulait tout savoir sur elle.
Sûrement qu'il voulait la convertir au témoin.
Guenola, depuis quand êtes-vous au service de M.
Clément ? 25,
26... Arrêtez, Guenola, arrêtez avec ce... Hein ? Enfin...
C'est lui qui a insisté pour que je vienne ici. Moi, je voulais pas. J'ai
personne d'autre à me donner.
Il a insisté ? Oui.
Oui. D'accord.
Vous savez, ils sont tellement convaincants, les hommes de Dieu.
Donc, il a insisté, insisté, tout le temps, longtemps.
Mais qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce que j'ai dit ? Non, mais pourquoi vous
faites une tête comme ça ? Benola, calmez-vous.
Et surtout, arrêtez de jouer avec ce truc vaudou.
C'est pas bien. C'est pas sain, ce genre de truc.
Pas sain du tout !
Avant-hier soir, attendez.
Ah oui, c'était à Couillère, bien sûr.
Près de Rennes, en Bretagne.
En Bretagne ? Je suis allé pour la nuit défilante.
Une manifestation qui n'a lieu qu'une fois par an.
Cette année, près de 3000 personnes y étaient.
Couillère est un endroit idéal pour admirer le ciel à l'écart de toute
pollution lumineuse.
Monsieur Clément, vous êtes allé tout seul à Couillère ? Oui.
Vous souhaitez que je jette un petit peu d'oeil sur votre...
Ah,
je ne touche rien.
Bruno ? Oui ? Appelle le parquet.
Mon col me suit en garde à vue.
M. Clément, à quelle heure êtes-vous parti de Paris ? Vers 20h, pour pouvoir
arriver aux alentours de minuit.
Avant, c'était pas intéressant, vous savez, les étoiles filantes n
'apparaissent que lorsque la nuit est totalement... Eh bien, vous n'avez pas
pris d'essence, M. Clément ? Non, j'ai un diesel, j'ai fait l'aller-retour avec
le plat.
Et votre estomac, M.
Clément, c'est un diesel ? Vous aviez mangé quelque chose ? Oui, on arrivera à
Rennes. Votre moyen de paiement, chèque, carte bancaire ? J'avais pris du liquide
à ma banque.
Bien sûr, vous êtes arrivé à Couillères, seul, mais il est une foule de 3000
personnes au moins, en pleine nuit noire.
C'est ça.
Monsieur Clément, il est désormais établi que vous avez engagé votre femme
de ménage, Wendela, dans le but d'obtenir des renseignements sur le
capitaine Sandrine Morel.
Établi, de surcroît, que vous épiez ses moindres faits et gestes à l'aide de
votre télescope braqué en permanence sur ses fenêtres.
Puisque depuis plusieurs mois, vous violiez son intimité, sommes-nous en
droit de penser, de croire que vous en étiez tombé amoureux ? Oui.
Cette femme me fascinait.
Je passais beaucoup de temps à la regarder et c'était devenu plus fort que
moi. Et vous devenu amant ? Non.
D'ailleurs, quand bien même je l'aurais sauté, c'était impossible.
Je suis devenu impuissant.
À la suite, une opération.
Mais pourtant, monsieur Clément, vous avez bien eu un enfant avec votre femme,
n'est-ce pas ? Nous l'avons adoptée.
C'est un cadeau de Dieu, un être formidable.
Nous les montons avec ma femme.
Pourquoi est-ce qu'elle est partie avec, alors ? Oh, votre femme a découvert
cette obsession malsaine.
Elle n'a pas pu le supporter, elle vous a quitté, n'est-ce pas ? Ma femme est un
membre imminent de la congrégation des témoins de Jéhovah.
Cette relation, pour elle, était pire qu'un adultère.
Et oui, votre femme, fervente, croyante, pratiquante, ne pouvait pas rester avec
un homme qui a foulé au pied le commandement de Moïse.
L'adultère, tu ne commettras, tu ne convoiteras point la femme
de ton prochain.
Et que dites-vous de celui-ci, tu ne mentiras point.
Monsieur Clément avait vous tué, Sandrine Morel.
Afin de faire taire cette obsession.
Non.
J'ai toujours fait le bien.
Je le fais pour l'organisation du nouveau monde. Pour servir Jéhovah.
Et je serai parmi les fidèles le jour du jugement dernier, lorsque Armageddon
viendra. Bien, M. Clément. J'ai vérifié votre écriture et ce n'est pas celle de
la lettre. Mais est-ce que par hasard ça ne serait pas...
Celle de votre femme, monsieur Clément.
Nous lui devons respect et fidélité. Jéhovah est notre sauveur, nous lui
devons respect et fidélité. Jéhovah est notre sauveur, nous lui devons respect
et fidélité.
Jéhovah est notre sauveur, nous lui devons respect et fidélité. Jéhovah est
notre sauveur, nous lui devons respect et fidélité. Jéhovah est notre sauveur,
nous lui devons respect et fidélité.
Jéhovah est notre sauveur, nous lui devons respect et fidélité.
Jéhovah est notre sauveur, nous lui devons respect et fidélité. Morel a
carrément bousillé toute sa famille.
Pourquoi pas ? Sa femme serait allée prendre les clés de Gwenola.
Pour un peu de voyeurisme.
Putain, si dès qu'un mec regarde un film de cul, sa femme se barre.
Il va y avoir beaucoup de mecs seuls.
Et vice versa.
Au fait, il a dit quoi, le médecin de Clément ? Le médecin de Clément, il a
confirmé que l'astronome ne pouvait pas avoir de relation sexuelle. Donc ce n
'est pas lui qui a couché avec Sandrine Morel.
Ah, couché peut-être pas.
Il l'avait peut-être tué.
J'imagine que depuis la terrasse, il regarde Sandrine et son amant et, fou de
jalousie, il débarque chez elle et il la tue.
Oui, mais alors là, il faut chercher l'amant.
Moi, je vous dis que le baiseur et le tueur sont le même mec.
J'ai retrouvé partout des empreintes des flics du Sèche chez Morel.
Même sur le couvre-lit.
C'était quoi leur dîner entre collègues ? Une partouze ? J'imagine qu'il y avait
surtout celle du lieutenant Antoine Parietti.
Oui, ben parlons-en de cet enculé.
J'ai trouvé ça dans le sac de ma fille.
J'ai vérifié au scellé l'emballage de la capote trouvée chez Morel.
C'est le même, tu comprends ? Tu m'entends ? Le même.
Une marque italienne.
Introuvable en France.
Nathalie en a rapporté de Rome où elle était en vacances avec Antoine.
Qu'est-ce que tu dis que ça ? Moi je dis que tu fouilles dans le salle de ta
fille, ouais.
Fais pas chier, Polo.
T'as mis 20 ans à t'apercevoir que ton fils était PD.
Moi je vais pas mettre deux jours à m'apercevoir que ma fille c'est un
peintureur, d'accord ? Bon, Jean-Luc, quand bien même Antoine serait coupable,
on va pas le coincer juste avec un emballage de capote.
Alors chaque chose en son temps.
Quoi ? Qu'est-ce que t'as dit là ? Chaque chose en son temps ? Putain
Hélène, tu te souviens du meurtre de Tessier ? Parce que je suis arrivé à la
bourre. Que son assassin l'a charcuté avec un couteau de cuisine.
C'était la femme que j'aimais, figure-toi.
Tu comprends ça ? Alors tes considérations à la con sur le temps, tu
peux te les foutre au cul.
Ok Jean-Louis, je comprends.
Je comprends que tu souffres et que tu sois partielle dans cette affaire. Mais
je veux pas qu'à cause de cette partialité, on se retrouve avec une
procédure fichue en l'air et le procureur sur le dos. Alors tu sais quoi
? Je te débarque de l'enquête.
Tu n'auras plus accès au dossier et tu vas éviter Antoine pendant quelques
temps.
Allô ? Hein ? Oui, Jocelyne, je vous rappelle.
C'est compris, Jean-Louis ? Vous étiez claire ?
Jocelyne, prenez tous les meubles que vous voulez.
Non, vous ne me spoliez pas.
Ce que j'aime de François, je le porte avec moi.
Oui,
c'est ça. Je suis une femme égoïste.
Au revoir.
Je viens de voir Mme Clément.
C'est bien elle qui a écrit la lettre anonyme. Par contre, elle a un alibi
pour le soir du crime. Elle donnait une conférence dans une... Ah voilà, une
salle du royaume. C'est un lieu de culte et de rendez-vous pour les témoins de
Jéhovah.
Elle a passé la nuit là-bas.
Deux cents fidèles peuvent confirmer.
C'était la mère de mon mari.
Elle me juge responsable de sa mort. Elle dit que j'ai tous les torts.
défend son fils.
C'est normal pour une mère.
J'aurais aimé que la mienne en fasse autant, enfin, si j'en avais une.
Vous ne savez pas que vous étiez de la DAS ? C'est Scandella, en fait.
Ce médecin n'a jamais su tenir sa langue.
Ouais.
Et des jours où moi, ma mère... Ah non, non.
Ne dites pas ça à Berger. Ce grand vide, c'est vraiment pas marrant.
Quand on n'a pas d'histoire, personne n'a...
qui se raccrochait.
Pour moi, vous avez le choix. Vous pouvez l'aimer ou la détester.
Moi, pas.
Oui.
Ah.
C'est une adresse pour votre maman.
Un centre de désintoxication.
Les médecins y sont très bien.
Vous avez qu'à y aller de ma part.
Merci, patron.
Tu peux avoir la même chose, s'il vous plaît ?
Alors,
pourquoi vous m'avez donné rendez-vous ici ? Peut-être se tutoyer, non ?
Maintenant que tu fais partie de la famille.
Vous savez que vous ne pouvez pas m'interroger sans convoque officielle ?
Ça n'a rien d'officiel, mon cher Antoine.
On m'a débarqué de l'enquête, alors on peut parler de tout.
Par exemple, de ce que tu faisais la nuit où Sandrine Morel a été tuée.
Ou alors...
Il y a peut-être deux passages à tabac qui t'ont valu deux mutations. C'est
quoi que tu veux ? C'est dépassé tout ça.
J'ai pas tué Sandrine.
Et puis merde.
Vous avez pas impliqué.
Qu'est-ce que j'ai à faire c'est de m'occuper de ma fille.
Alors fais-lui mal connard et je te jure que je te casse la tête. D'accord ? J
'aime Nathalie que ça vous baise ou non quant à me casser la tête.
J'aimerais bien voir ça.
Arrête, arrête ! Qu'est-ce que tu fais là, toi ? C'est moi qui lui ai demandé
de venir, j'ai rien à lui cacher.
On se casse.
Tiens. Tu me fais honte ! Allez, allez, c'est fini.
Qu'est
-ce qu'il y a ?
Il y a un problème ? Ah, ça, c'est pas...
Attends, elle n'est pas dans le mille. Elle est sur le huit quand même.
D'accord, t'as raison.
Monsieur,
mademoiselle, s'il vous plaît.
J'ai du nouveau, Michel.
Moi aussi, commandant.
Qu'est-ce que c'est ? Des photos de constellations prises depuis la terrasse
de monsieur Clément Amedon, le don Bellevue.
Sinon, qu'est-ce qu'on peut faire comme cliché ? Même pas deux, trois kilomètres
de Paris.
Regardez cette magnifique conjonction Mars, Vénus, Jupiter et la Lune.
Oh, c'est très beau Michel, très très beau.
Mais j'aimerais bien que vous ayez la tête ailleurs que dans les étoiles, ça m
'arrangerait. J'ai jamais eu autant les pieds sur Terre.
Pour ce qui concerne cette magnifique conjonction, voyez-vous un de mes amis
astronomes a, si je puis dire, éclairé ma lanterne.
Vu l'angle des clichés, la position des planètes, cette conjonction n'a plus
avoir lieu.
que la nuit du meurtre, à 4 heures du matin, très précisément.
M. Clément, sans l'habilité à pouvoir prendre ce cliché, devait
obligatoirement se trouver chez lui à cette heure-là. Et non pas à Couillard,
comme il le prétend, ce qui fait de lui probablement l'assassin.
Pas forcément, Michel, mais je veux bien du café.
Mais probablement l'un des témoins du meurtre.
Bien, nous savons désormais qu'à 4h du matin, Clément était sur sa terrasse.
11h.
Scandella et Polo, ils jouent au boule ou quoi ? Non, Scandella a passé une
très mauvaise nuit à cause de sa fille et Polo est avec lui.
Parlons-en de sa fille.
Bon, j'ai eu Geoffroy Morel au téléphone, il m'a faxé un email reçu à
son adresse personnelle dans la nuit du meurtre vers 4h du matin.
Envoyé par sa femme, Sandrine.
Depuis sa mort, il n'avait pas ouvert son courrier électronique. Ou elle lui
dit... son mal de vivre, enfin bref, qu'elle veut le quitter, que ça va pas
du tout.
Elle lui annonce son suicide en direct.
C'est pas possible, puisqu'on sait qu'on l'a tué.
Attendez.
C'est quelqu'un d'autre qui a écrit ce message.
Quelqu'un qui voudrait nous faire croire au suicide.
Exact.
Or Morel m'a dit que quand elle partait à Nice, elle donnait l'adresse e-mail de
son mari à son coéquipier.
Lui seul avait l'adresse.
Voilà.
Antoine, Antoine Parietti.
Non, attendez.
Non, c'est aberrant. Je connais Nathalie, elle ne couvrirait jamais son
mec pour un meurtre.
Surtout si Antoine bouchait avec Morel.
Bien, il faut retravailler Clémence. Il mentionne son alibi, c'est qu'il a peur
de... qu'il a peut-être vu quelque chose.
Et puis sa terrasse, c'est pas... l'assassin de Sandrine Morel.
Nathalie, on a besoin de savoir où est Antoine.
Il nous a dit que c'était son jour de congé.
Je sais pas, moi, pourquoi... Qu'est-ce qui se passe ? Est-ce que tu peux nous
dire si tu as passé la nuit du 27 avec lui ? Ça, c'est le jour où le capitaine
Morin est mort, c'est ça ? Oui.
Oui, on était ensemble.
On est restés chez lui.
C'est une déposition officielle ? Tout à fait.
Tout acte de procédure doit être désormais notifié. Maintenant, c'est
comme ça.
Dis-nous la vérité et tout se passera bien, je te le jure.
Bien, mademoiselle Scandella, qu'avez-vous fait, vous et le lieutenant
Antoine Pariti, dans la soirée du 27 ? On a regardé la télé.
On a regardé...
À la télé, quel est-il comme programme ce soir-là ? Je sais plus.
Je ne sais plus.
Y a-t-il quelque chose d'autre dont vous vous souveniez ? Avez-vous vu des gens,
reçu des appels téléphoniques ?
Il est où, papa ?
Je l'ai fait appeler, il va arriver.
Foutez-lui l'appel, elle n'a rien à voir là-dedans.
Non, je ne peux pas.
Elle est morte dans ce doute.
Je reste avec elle.
S'il vous plaît.
Jean-Louis, je te rappelle que c'est une déposition officielle. Il se peut qu
'Antoine soit impliqué dans ce meurtre.
Tant qu'il n'a fait aucun doute que votre fille ment, Capitaine Scandale.
Si elle ment le marchand, c'est parce qu'elle aime Antoine et qu'elle le croit
innocent.
Par contre, si cet enculé est le meurtrier, ce mensonge va la suivre
pendant toute sa carrière de flic. Oui, mais personne ne dit ça. C'est sa vie
que vous voulez foutre en l'air ? Ça va.
Michel, est-ce qu'on pourrait pas oublier cette déposition ? Pardon ? Je
comprends que vous me demandiez d'effacer ce procès-verbal d'audition,
commandant, c'est ça ? Oui.
Je connaissais ma réticence à effacer quelque procédure que ce soit.
Tu comprendrais peut-être mieux si t'avais des gosses.
Non, Jean-Louis.
Va voir Nathalie et essaye d'avoir la vérité.
Michel, il est toujours temps de reprendre la procédure après.
J'ai trouvé ça hier soir dans ton sac.
Tu fous de mes affaires ? On a trouvé le même emballage chez Morel.
Moi, je sais que c'est Antoine qui l'a utilisé.
Alors maintenant, deux choses lignes.
Tu le balances et tu t'en sors, ou tu t'obstines à le défendre et tu tombes
pour complicité.
Et là, c'est ta vie qui vous tue.
Il n'a rien fait, papa, je te le jure.
Nathalie, s'il a tué Sandrine, c'est parce qu'elle voulait dire la vérité à
son mari.
Il a flippé, alors il l'a tué.
Je te jure, il aura les circonstances indignantes.
Mais putain, ça te fait quoi de sortir avec un assassin ? Ça te fait quoi de te
faire un tueur ? C'est pas lui, papa.
C'est pas lui.
C'était fini depuis six mois, d'accord ? C'est pas lui.
Il a juré.
Je t'en prie.
Regarde-moi.
Qu'est-ce qui s'est passé chez Morel ? Sandrine était
dépressive.
Elle harcelait Antoine depuis qu'on était ensemble.
Elle le menaçait de tout balancer à son mari.
Sauf s'il acceptait de coucher une dernière fois avec elle.
C'est ce qu'il a fait l'autre soir ? Oui.
Il l'a accepté pour avoir la paix.
Il m'a dit qu'il allait voir un indique.
Et après, il m'a avoué qu'il l'avait vue.
Voilà, c'est pour ça que je pleurais. La dernière fois, on venait juste de s
'engueuler, il m'avait tout raconté.
T'as dit quoi ?
Il l'avait tué ? Non, il l'a pas tué, papa.
Faut me croire, elle était vivante encore quand il est parti de chez elle.
Il me l'a juré.
L'email, alors.
L'email. Qu'est-ce qu'il a envoyé ? Quel email ?
On va trouver chez lui.
Antoine ? Vous l'emmenez où ? Jean-Louis ! Allez, lâche-toi ! J'ai rien à faire,
je te le jure. Allez !
C'est lui que j'ai vu la nuit du meurtre.
Je l'ai vu taper Mme Morel sur la terrasse avec une matraque.
Après, il l'a jetée par-dessus la balustrade.
Pourquoi vous ne l'avez pas dit avant ? Parce que j'ai eu peur.
Je l'avais déjà vu, je savais qu'il était policier.
J'avais peur de lui.
Peur qu'il s'en prenne à ma famille.
Cet enculé ne touchera plus jamais à ma fille.
Bon, Antoine n'a toujours pas avoué.
Merger et Polo ont pris le volet, mais à mon avis, il ne dira plus rien.
Putain, mais c'est quand même bien lui qui était chez Morel, merde ! Ah oui,
ça, il confirme. Il confirme qu'il était avec elle cette nuit-là, qu'il a couché
avec elle, mais il dit que quand il est parti, elle était vivante.
D'après lui, si Clément a pu nous décrire le crime, c'est qu'il est
coupable. C'est une connerie, il dit ça pour se disculper, c'est tout.
Bon, Cisco, vous en pensez quoi ?
Moi je pense que Clément est quand même très bizarre.
C'est vrai, je viens d'enlever à sa dépôt, quand il parle de son alibi à
Couillère, il a réponse à tout, c'est très rare pour quelqu'un qui n'a jamais
subi d'interrogatoire.
Pas vrai ? On aurait dit qu'il avait tout préparé.
Et alors ? Où est le meurtre ? Il dit qu'il vaut mieux pas être là, mais le
jour où on le contacte, il avante un alibi avant qu'on l'interroge, c'est
tout. C'est pas le fait qu'il ait trouvé un alibi qui est bizarre, Jean-Louis, c
'est l'alibi lui-même.
La nuit des étoiles filantes, c'est une fois par an.
Comme par hasard, le soir du meurtre, c'est le soir des étoiles filantes.
Son alibi l'a préparé depuis des semaines. Pourquoi ? Pourquoi ? Bingo !
Parce qu'il a choisi le jour où il allait tuer Sandrine.
J'ai suivi le fil de votre raisonnement avec intérêt. J'irai même avec acuité,
très cher lieutenant.
Siskowski, il reste néanmoins un petit problème.
Le courrier électronique n'a pas pu être envoyé par Clément à 4h du matin.
Et c'est pour deux raisons.
La première raison est qu'il ne pouvait pas l'envoyer parce qu'il ne connaissait
pas l'adresse. La seconde raison, c'est qu'à cette heure-là, Clément était chez
lui en train de prendre un cliché de la fameuse conjonction.
Bon, ben oui, je sais pas. Là, il y a un hic, alors.
Mais il n'y a pas de hic, bordel.
Parce que c'est Antoine l'assassin, puis c'est tout. D'accord ? D'accord.
Vraiment te reposer ma chérie, te passer la nuit ici.
Il a un fouet ? Non.
Il ne le fera pas.
Jean-Louis, fais-le mêler s'il te plaît.
Bien, Jean-Louis, cette histoire d'email matracassé toute la nuit.
Voilà, si Sandrine Morel l'avait écrite toute seule.
Vous voulez dire sous la contraire ? Non.
Non, non, toute seule.
En fait, voilà, l'amant et le mari n'aura pas chances qu'elle est
profondément dépressive.
Alors admettons que ce soir-là, elle baise avec l'amant et elle a vraiment
décidé de se suicider parce qu'elle l'aime et qu'elle ne veut pas le
quitter. Elle envoie le mail à son mari.
Et c'est seulement après que Clément débarque, la voyant seule.
Clément a ouvert avec les clés de Buenola, il a surpris Sandrine sur la
terrasse, au moment même où elle allait sauter.
Exactement. En fait, Clément n'aurait fait que devancer la
mort de Sandrine Morel de quelques minutes. Il l'a en quelque sorte
suicidé. Bon, Michel.
Cisco, vous retournez chez Clément, vous me le remettez sur le grill.
Emmenez quelques hommes pour la perquise.
Heureusement qu'on n'a rien dit à Morel. Si Antoine est innocent, inutile qu'il
sache qu'il a été l'amant de sa femme.
Ça n'a quoi à le faire muter dans un trou perdu des dom-toms.
Je lui ai dit, moi.
Qu'est-ce que t'as fait ? Je lui ai dit, j'ai... J'étais sûr que c'était Antoine,
alors... J'ai téléphoné à Morel au ministère de l'Intérieur et j'ai... Je
lui ai dit qu'on tenait...
L'assassin de sa femme. Et merde ! Putain ! T'es vraiment con.
Bien, dans le petit sachet.
Quel étrange outil dans la maison d'un homme de Dieu.
Nous allons donc faire les recherches nécessaires.
Nous recherchons le sang de Sandrine Morel.
Dis-donc, c'est ce genre d'objet que les témoins de Jéhovah font du recrutement ?
Au fait, j'ai vu votre arme au téléphone.
Elle s'inquiète beaucoup par vous.
Mais vous aviez oublié un truc.
Clément, à cause de cette histoire, elle vous a fait exclure de la congrégation
des... Les témoins de Jéhovah ? Pour vous, bien sûr, M.
Clément, c'est une catastrophe. Vous voilà exclu.
Vous voilà apostat, banni du royaume de Dieu.
Je ne méritais pas ça. J'ai toujours servi l'organisation.
Étant d'un naturel curieux, j'ai parcouru ces ouvrages.
Voyez-vous ? La tour de garde.
Qu'est-ce que c'est, ça, la tour de garde ? C'est en quelque sorte la Bible
des témoins. On y apprend.
Des choses fort intéressantes, comme par exemple que l'exclusion d'un témoin
correspond à la mort spirituelle.
Ordel, point de salut, point de rédomption.
Pas d'espoir en la vie éternelle. Le témoin n'est plus rien, plus rien que
rien aussi.
Quand l'heure viendra, celle d'Armageddon, vous périrez dans les
flammes de l'enfer. Vous y rejoindrez celle que vous y avez précipité,
Clément, Sandrine Morel. Non, non.
Je n'ai pas tué Sandrine Morel.
Bien sûr que non.
Ce n'est pas Sandrine Morel que vous avez éliminée, mais son démon, le démon
qui était en elle, n'était-elle pas l'ange du diable décrit par votre femme
? L'ange démoniaque, responsable de votre exclusion.
Oui.
Il m'a envoûté.
Il a détruit ma famille.
S'il ne vous restait plus qu'une seule solution, Clément, châtier le démon.
Châtier le démon qui était en elle.
Pour rejoindre le démon. Châtier le démon. Châtier le démon.
Châtier le démon.
Châtier le démon.
La seule solution.
Châtier le démon.
Pardon.
Pardon.
Gardien.
Clément à vous.
C
'est
vraiment un salaud.
non non non
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