All language subtitles for La.Crim.S04E03

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Original subtitles

Bonjour,

monsieur le juge. Bonjour.

C'est une procédure exceptionnelle. Vous avez le droit d'agir si vous avez une

plainte pour homicide déposée par monsieur le recteur Sudreau, le père de

madame Vernet et la victime présumée. Vous pensez que votre gendre va tuer

votre fille ? J'aimerais m'ôter de l'esprit, ce jeu est épouvantable.

Le gendre est un homme respectable. Monsieur le recteur a beaucoup hésité,

mais la plainte est le seul moyen de faire faire une enquête.

La fille, madame Vernet, n'a donné aucune nouvelle à personne depuis dix

jours. Elle n'a appelé ni famille, ni amis.

La babysitter a alerté monsieur Sudreau.

Le couple s'est discuté beaucoup récemment, en particulier le jour

précédant la disparition. Très bien, on y va.

Je vous laisse. Prenez des gants, Vernet est un grand juriste.

Berger, c'est votre voisinage ? Ah, c'est moi qui ai mis des burettes ici.

Bonjour, Mme Morland.

Si les gens sont de la police.

Bonjour, M.

Vernet. Commandant Vallon de la brigade criminelle. La plainte de votre beau

-père nous amène à vous poser quelques questions et à procéder à une

perquisition. Merci de nous recevoir.

Je vous en prie.

Je suis navré, Christian.

Je suis très inquiet pour Marjorie. Mais votre inquiétude est légitime, Georges.

Je vous assure, elle n'est pas retondée. Je ne m'oppose pas à cette visite.

Commandant, je n'ai rien à cacher, d'ailleurs.

J'ai signalé moi-même la disparition de ma femme à la police. Dès que je

rappelais la disparition de votre épouse et sur l'insistance de votre beau-père,

vous avez effectivement déclaré son absence.

Si vous pouvez me permettre, ce n'est pas ici que vous trouverez Marjorie.

Monsieur Vernet, pouvez-vous être la dernière personne à avoir vu Marjorie ?

La dernière ? Comment savoir ?

En ce qui me concerne, je l'ai vue dimanche soir, il y a dix jours. C'était

effectivement juste avant qu'elle ne disparaisse. Vous avez une idée où elle

est partie ? Alors, j'aurais dit fantaque. Elle n'agit pas toujours de

façon rationnelle et ce n'était pas sa première fugue. Il y a quelques années,

elle était déjà partie sans prévenir à la suite d'une dispute entre nous.

Oui, mais à l'époque, elle m'avait donné signe de vie.

Et quel était le sujet de votre dispute il y a 10 jours ? Je ne me souviens plus

très bien.

Elle était rentrée très tard, vers 2h du matin.

Elle était passablement éméchée. Et vous l'attendiez ? Ah non, si j'étais debout,

c'est parce que j'avais les copies à corriger.

Je me rappelle qu'elle était sortie avec Poncet, l'un de ses vieux amis.

J'ai dû lui faire une remarque sur son état d'ébriété. Elle l'a mal pris et

elle est allée dormir dans la chambre d'Alexandra.

Et qui est Alexandra ? Alexandra.

La petite fille que nous avons eue il y a deux ans, Marjorie et moi.

Elle est décédée à l'âge de six mois.

Mort subite du nourrisson.

Depuis, c'est devenu un peu difficile entre nous. Marjorie et moi, le plus

souvent, faisons chambre à part.

Je suis désolée de la prendre.

Marjorie a refait une dépression. Elle est retournée voir le docteur Magnin,

une psychiatre qui l'avait déjà suivie. Elle la voit régulièrement depuis cette

tragédie. Debriez l'interroger.

Elle en sait sans doute plus que moi sur l'état de ma femme.

Bien. Monsieur Vernet.

Pensez-vous que votre femme aurait pu suicider ? Franchement, je n'avais pas

envisagé cette éventualité.

Enfin, maintenant, c'est vrai que dix jours... Dix jours, c'est quand même

long. Non, Christian, moi, je n'y crois pas au suicide.

Enfin, vous savez très bien que Marjorie avait remonté la pente. Elle sortait,

elle riait, elle revoyait ses amis. Oui, mais enfin, ça, Georges, ça, c'était une

façade. Non, non, non, ce n'est pas ce qu'a filmé Eric Poncey. Écoutez-moi,

Eric Poncey, c'est un crétin. Bien, je parlerai avec sa psychiatre.

Dites-moi, professeur...

Cette mauvaise huile, la façon de vendre son gueule, représente-t-elle Mme Vernet

? Ah non, non, non.

Ça, c'est... le portrait de ma première femme, Caroline.

J'étais boeuf quand j'ai rencontré Marjorie.

Caroline est la maman de mon fils de dix ans, Pierre.

Je vous avais entendu, exactement.

M. Vernet disait que tu es folle à lier.

Elle lui criait salaud.

Il a répondu très agressif. Tu vas te taire.

Et puis il a fermé la fenêtre. Il continuait à crier, mais il était

impossible d'entendre les paroles. Même entendant bien l'oreille ? Je faisais

pas exprès d'écouter.

Je dors la fenêtre ouverte.

C'est très chaud dans ma chambre, sous les toits. Deux étages au-dessus.

Vous savez,

Madame Morland, si on devait soupçonner de meurtre tous les maris qui ont dit un

jour à leur femme tu vas te taire, en ajoutant parfois connasse.

Je crois que la moitié de la population sera en garde à vue.

Dites-moi, elle est disputée souvent ? Au début, non.

J'étais engagée il y a deux ans pour m'occuper de Pierre à la naissance d

'Alexandra.

Après la mort du bébé, nous avons été sous le choc pendant des mois.

Et sans le dire ouvertement, M.

Vernet suggérait que Mme Vernet était responsable de la mort de la petite.

Ce qui était faux et très injuste. Et qu'est-ce qui vous fait croire qu'elle n

'est pas tout simplement partie ? Je n'ai rien emporté.

Ni vêtements, ni affaires de toilettes.

Puis elle avait les rendez-vous, elle n'est pas allée. Le jour même avec son

psychiatre et aussi avec son ami, M. Poncet.

Excusez-moi, où se trouve cette couverture habituellement ? Dans la

chambre, ou dans Mme Vernet.

Voyez-vous, capitaine Scandella, ces brillances nous indiquent la présence,

peut-être, de taches de sang.

Le suspect est un écolo-discipliné.

Il est pour le tri des déchets.

Sauf qu'il y a pas que du papier là-dedans.

Je sais pas si c'est du sang animal ou humain, mais c'est du sang.

Donc, cette nuit-là, vous avez entendu, je vous cite, au-dessus de votre

chambre, à 3h du matin, qu'on déplaçait des choses lourdes, comme des meubles qu

'on déplace.

J'ai cogné sous les tuyaux pour qu'ils s'arrêtent.

Très bien, merci madame.

Lampe.

sur pied, d'une hauteur d'environ 50 cm, dont le socle est en fer, la prise est

arrachée, et l'ampoule, brisée.

On embarque et on analyse cet instrument, qui ressemble fort à un

objet contondant.

C'est-à-dire du sang.

Le décorateur de cette pièce a subi l'influence de Vlad Terpet.

Vous connaissez le nom de Comte Dracula.

Nous n'en sommes pas venus pour rire.

Du sang, vous êtes sûr ? J'attends vos confirmations du laboratoire.

Vous savez, il arrive à Marjorie de faire des travaux de couture dans cette

pièce. Elle n'est pas très à droite avec ses aiguilles et elle utilise même un

cutter pour les tissus.

En ce qui concerne la maladresse de votre épouse, ça relève de l'euphémisme.

Comment expliquez-vous qu'en maniant une aiguille, elle ait pu renverser et

briser sa lampe de chevet ?

Michel

!

Vous activez le labo, je veux des résultats rapides.

Vous direz à Cisco qu'il remonte les appels de Marjorie Vernet qui vérifie qu

'elle n'a pas utilisé carte bancaire. Je sais qu'il est depuis la nuit de sa

disparition. Pardon.

Oui, François ? Oui, j'ai eu tes 14 messages de poulet. Oui.

Dans une minute.

Berger ? Oui. Vous convoquez la psy ? Jean-Louis ? Je sors pour l'eau du lit.

Je vois bien qu'un jour mon groupe sera au complet.

Vous faites l'entourage de Marjorie et du prof, voyez, du côté de l'université.

Les témoignages du concret, on est d'accord ? Allô, François ? Oui, comme

tu vois, très occupé.

Ce soir ? Pourquoi ce soir spécialement ? Non, écoute, là, je suis sur mon

portable. Ça va te coûter une fortune.

Mais enfin, va voir ton psy, ça te sera plus profitable.

Ça va, François, ton chantage au suicide, j'en veux plus.

Ça va.

Ah, merci de vous être dérangée, docteur. Je ne me suis pas dérangée. Je

suis citée comme experte d'un foncé Raoult à la 13e chambre.

Dans une demi-heure.

Vous ne serez pas en retard.

Hergé ? Le jour

de sa disparition, Marjorie Vernet avait rendez-vous avec vous. A-t-elle

décommandé ce rendez-vous ? Non.

Vous la voyez souvent ? Une fois par semaine.

Elle n'a d'ailleurs jamais décommandé de rendez-vous, elle est même souvent en

avance. Ce qui montre sa détermination à retrouver un équilibre.

Elle a de la volonté, vous savez, elle veut réellement s'en sortir.

Vous pensez qu'elle aurait pu se suicider ? J'en doute.

Elle a certes, il y a plusieurs années, tenté à sa vie, mais son état

psychiatrique à l'époque était beaucoup plus délicat.

Elle a fait des progrès significatifs depuis.

Et quels étaient à l'époque les motifs de sa tentative de suicide ? A ma

connaissance, commandante, Mme Vernet n'est pas morte.

Il m'est donc impossible de vous dire quoi que ce soit sur son dossier

psychiatrique sans son accord.

Docteur Magnin.

En accord, on aimerait bien lui demander, mais si jamais on l'a tuée, on

fait comment ? Tout ce qu'on veut savoir, c'est s'il est possible qu'elle

ait pété un plomb, fait une fugue ou une tentative de suicide.

Vous me regardez un peu ? Son bébé est mort, ça l'a ébranlé, non ? Vous voyez,

nous aussi, on veut l'aider.

Marjorie a effectivement fait une fugue il y a six ans après sa tentative de

suicide.

Elle était en situation d'échec, elle avait raté ses études, elle venait d

'épouser un homme brillant que tout le monde admirait, le professeur Vernet.

Mais elle ne se sentait pas intellectuellement à la hauteur.

Enfin bref, elle n'arrivait pas à affronter la vie qu'elle avait choisi.

Enfin, les choses maintenant sont bien différentes.

Et la mort de son bébé ? Après avoir été submergée de chagrin, Marjorie est

entrée dans une deuxième phase de deuil. Elle est en révolte.

Et même si c'est une personne fragile et hypersensible, je doute qu'elle ait

fugué en pétant les plombs, comme vous dites.

C'est une hypothèse que je trouve simpliste.

Je ne vous demande pas de faire une entorse à la déontologie, docteur, mais

nous avons une plainte de son père.

dont on s'en marie.

Et j'aimerais savoir quels étaient, à votre avis, les rapports entre Christian

Vernet et sa femme. Y avait-il, je ne sais pas, de hostilité, des menaces ?

Vous savez que vous me demandez l'impossible, commandante.

Tant qu'il n'y a pas d'homicide avéré, je suis tenue de garder le silence.

Avez-vous au moins des preuves ? Non, pas encore.

On les attend.

Alors, retrouvez le corps. Je vous donnerai le dossier.

Madame ? Docteur ?

Il y a une phrase d'Elie Wiesel qui est simpliste, c'est vrai, mais que je

trouve assez juste.

La neutralité profite toujours aux bourreaux, jamais aux victimes.

Vous devriez consulter.

Toutes pareilles, les psys.

C'est dingue, ils ne disent jamais rien, ils se font payer une fortune le prix de

la consultation.

Ah si, si, et regarde leur montre aussi.

Ma mère a dépensé une fortune avec ça et ça ne l'a pas fait arrêter de boire.

Je ne suis pas d'accord avec vous, Berger.

Elle a dit des choses.

Ah ben, j'ai du mal à entendre.

Elle n'a rien dit pour une santé Christian Vernet, alors que ça lui était

très simple, sans briser la moindre règle déontologique.

Et elle ne l'a pas fait.

Elle a eu un silence éloquent.

Et vous pensez qu'elle l'a balancé sciemment, son silence éloquent ? Ce

genre de personne ne laisse jamais rien au hasard.

Bon, dis donc Mireille ou pas, faut que t'arrêtes tes somnifères.

Parce qu'un jour, c'est le légiste qui va te sortir de ton lit.

Non mais attends, c'est mes yeux ou je leur fais de l'oeil ? C'est pas tes

yeux, c'est ta cravate.

Sans déconner.

Mais pas comment.

Avec une belle veste à carreaux, t'as l'air d'un clown.

C'est parce que j'ai rendez-vous avec Mireille tout à l'heure.

Tu tiens vraiment à la faire marrer ? Non, c'est que je veux qu'elle sache que

c'est elle.

C'est elle, Polo, ça veut dire qu'il y en a plusieurs.

Alors commence comme ça la discussion et t'es sûr qu'elle va te la faire bouffer,

t'accord ? Bonjour.

Monsieur Vernet, s'il vous plaît. D'abord.

Merci.

Bon, merci.

Excusez-moi, le bureau de monsieur Christian Vernet, c'est par là ? Oui, il

est en amphi en ce moment. J'ai son assistante, Léa Schmidt.

Je peux vous aider ? Oui, absolument.

C'est une scandale, Capitaine Moreau, brigade criminelle.

L'accusation est une moins de priorité.

Pour l'instant, M. Vernet n'est accusé de rien. Il fait l'objet d'une plainte.

Alors nous, on enquête ? J'étais scandalisée qu'on puisse s'en tenir

compte.

Je ne comprends pas le recteur Sudreau.

Vous connaissez Mme Vernet ? Je l'ai croisée à plusieurs reprises.

Elle vient ici quelques fois.

Elle utilise la photocopieuse, la machine à relier.

Elle est traductrice.

Elle travaille en freelance.

Regardez.

Il y a partout les photos de sa femme.

Plus de photos d'elle que de son fils.

Leur couple est très uni.

Ils l'adorent.

Malgré le drame effrayant qu'ils ont vécu, ils ont tenu.

Un couple modèle ? Un exemple ? D'ailleurs, tous les collègues l

'affirment. Vous avez recueilli des témoignages ? C'est ça ? Oui, j'ai fait

signer des témoignages de moralité.

Je ne vais pas attendre que le professeur Vernet soit vraiment inquiété

pour y agir.

Non, mais ça, c'était plutôt notre boulot.

Nous, on voulait faire une enquête discrète sans aucune intention de nuire

à M. Vernet.

Mais là, vous nous compliquez la tâche.

Je fais des études pour être avocate pénaliste. Je crois que je sais ce que

je fais et que j'ai raison de le faire.

Salut, Polo.

Je traque les colos, il y en avait plein chez Vernet.

Vous êtes une fan de la pétition, vous.

Messieurs.

Alors, vous avez des nouvelles de ma femme ? Aucune.

Ah, je ne comprends pas alors, parce que vous ne la trouverez pas ici non plus.

Sans doute.

Grâce à l'initiative de mademoiselle, vos collègues vont faire corps pour vous

protéger. C'est dire que du bien de vous.

Eh oui, on est ainsi de beaucoup de corps de métier. Il me semble que la

police fait corps, elle aussi, lorsqu'un de ses membres est en cause.

Et que je sache, il arrive plus souvent qu'un policier commette une bavure, qu

'un membre respecté de l'université ne tue sa femme.

Il n'allait pas par quatre chemins, M.

Poncey.

Pervers, manipulateur, diabolique, vicieux.

C'est qualificatif pour un seul homme.

Il ne semble-t-il pas quelque peu exagéré ? Je vous en prie, asseyez-vous.

Là.

Fantastique. Ah ! Ben oui, ça manque à la panoplie. Dites-moi, comment

justifiez-vous un portrait aussi sombre d'un homme que vous avez à peine connu ?

Je connais Marjorie depuis 15 ans.

Je l'ai connue avant qu'elle ne rencontre ce type qui a fait son

malheur. Bien, donc, selon vous, c'est le professeur Vernet qui, à force de

dévaloriser son épouse de façon systématique, perverse, continue leur

épousée à sa première tentative de suicide.

Ah, mais j'en suis sûr.

Je voyais peu Marjorie à cette époque, mais elle avait perdu toute confiance en

elle.

Vernet ne l'a jamais aimée. Il lui donnait toujours en exemple sa première

femme, la mère du petit. Il jouait avec elle pour la détruire.

Si je comprends bien, vous estimez que M.

Vernet... ne s'est jamais remis d'essai de sa première épouse et qu'il le

faisait payer d'une façon ou d'une autre à sa seconde Marjorie.

C'est ça, oui. Mais si le but de M.

Vernet était de briser psychologiquement son épouse si son désir profond et aussi

monstrueux que cela puisse paraître était de la pousser au suicide,

expliquez-moi donc pourquoi, soudainement, il aurait décidé de la

tuer. Parce qu'elle réagissait.

Marjorie allait mieux. Elle finissait même par lui tenir tête.

A mon avis, il n'a pas supporté qu'elle lui échappe.

Oui, bien sûr.

M.

Poncet, allons-y.

Assurez-vous, vos violents propos à l'égard de M.

Vernet ne seraient-ils pas dictés par un quelconque sentiment de rancœur ou de

jalousie ?

Votre relation avec Mme Vernet se limitait à un strict rapport d

'amitié. Je suis homosexuel, monsieur. Je vis avec un garçon.

Si vous voulez connaître mon alibi, après avoir accompagné Marjorie, je suis

allé retrouver mon compagnon à une fête. Une fête qui a duré jusqu'au lendemain

midi. Vous pouvez vérifier.

Ce n'est pas grave.

Tu n'es jamais à l'heure.

Attends 10 minutes, ce n'est pas grave.

Aujourd'hui non, mais quand on sera convoqué chez le juge.

Attends, tu ne vas pas remettre ça ? On peut aller voir le même avocat ensemble

et s'entendre pour que ça se passe convenablement.

Oui, mais... Mais quoi pour le... Non, je dis, je parle. Tout d'abord, il faut

réfléchir. Pour ça, il faut vraiment réfléchir.

Bien. Et puis, on pourrait se voir comme ici.

On va boire un verre ensemble, on va dîner, puis peut-être... Non, non, non,

non, non, non.

Je sortirai pas avec un type qui porte une cravate pareille.

On te l'a offerte ? Non, c'est moi qui l'ai achetée.

Je l'étais pas taire, je l'ai faite jeune.

Je l'ai avec la lettre vert.

Olo, c'est son.

Mireille. Tu sais que tu vas faire mal.

Maintenant,

on peut réussir une chose ensemble, Polo.

On peut divorcer sans se faire du mal.

On se fait toujours du mal. On se divorce toujours.

Il n'y a pas de divorce.

Tes principes, t'aurais mieux fait de les avoir plus tôt.

L'avocate nous propose deux jours pour nous voir.

Lundi prochain à 18h ou jeudi.

Je n'ai pas d'agenda. Tu sais que je n'ai pas d'agenda, d'accord.

Et puis tu as tout ce qui ira à ta poussière de ma plus haute.

Tu n'as personne.

Oh non ! Tu fais chier ! Madame

Morland, vous êtes la première à avoir obtenu de meurtre M. Verner.

Avez-vous été le témoin même indirect de violence ? Marjorie avait-elle des

traces, des blessures ?

Monsieur Vernet fait partie de ces hommes qui n'ont besoin que de la parole

pour blesser.

Vous détestez Monsieur Vernet ? Non, je ne le déteste pas.

Il me paie bien, il est poli avec moi. Allons, madame.

Son attitude envers sa femme, odieuse et inexcusable.

Elle t'y était.

Qui est ? Qui adora.

M. Vernet, par exemple, faisait des remarques très désobligeantes à Marjorie

devant le petit Pierre.

Il l'humiliait, la critiquait.

Devoir un enfant de 10 ans, vous vous rendez compte ? Et pourquoi Mme Vernet n

'a-t-elle pas demandé le divorce ? La peur.

La peur de ses réactions.

Il a toujours eu beaucoup d'empris sur elle.

Il n'y a que récemment qu'elle a commencé à lui tenir tête. J'étais fière

d'elle.

Alors ok, admettons que M.

Vernet, cette nuit-là, sur un coup de colère, a tué Mme Vernet.

Vous pensez qu'il s'est débarrassé du corps comment ? Vous avez entendu un

bruit suspect ? Je sais pas moi, une voiture ? Je crois bien que j'ai entendu

sa voiture tôt ce matin-là. Il était 7h.

C'est formidable.

Vous pouvez reconnaître une voiture de série d'après le bout de son moteur ?

Vous avez fait des cours avec un emprunt ? Allons.

Mais non, je suis en plein boulot, là.

Elle a un problème avec les chatons. Je n'en peux plus, je craque, là.

C'est ça, oui. D'accord.

OK, adieu.

Bonne fêche.

Les micro-taches relevées sur le tapis, le mur, le catalogue dans la poubelle de

Vernet provient bien du sang de sa femme, ainsi que sur la lampe qui, à mon

avis, pourrait être l'arme du crime.

C'est bien, le dossier s'est baissé.

Maintenant...

Si Vernet a transporté le corps de Marjorie, il n'a pas pu agir seul.

Alors, la nuit de la disparition de sa femme, Christian Vernet a appelé son

assistante, Léa Schmitt, à 6h du matin.

Ah oui, c'est ça, oui. Je vais me chercher un bagnole, j'ai le cadavre de

ma femme à planquer.

J'aimerais que sa petite soit qu'elle soit de son propre, mais de là à être sa

complice... Trop mort pour Vernet.

Oui, on ne bosse pas avec des neurones, hein, sauf sur Internet.

La vacuité de vos propos me laisse pas de doigts, les messieurs. Réduire une

histoire d'amour à de simples considérations physiques. Ça va, le

marchand. On dit juste que Léa Schmitt, à côté de Marjorie, même dépressive, il

n'y a pas photo.

Bon, sur là, on a compris.

Berger, Cisco, demain, vous irez interroger le vilain petit canard.

Jean-Louis, tu confisques la voiture de Vernet, tu l'envoies à Ligy.

Tu la transportes et Marjorie avec, on trouvera peut-être des indices.

Bon, quelqu'un a autre chose ? Mais oui, il y a l'usine, le machin du tract, le

tract écolo.

Il y en avait à l'université, sur son bureau et même chez lui. Il y a un

incinérateur sur la route de Pontoise. C'est là qu'il donne des cours de temps

en temps.

Oui, il paraît que c'est très efficace pour les carcasses de bétail.

Vous croyez vraiment qu'il est là pour se débarrasser du porc ? Pas pas.

Bon, d'accord, on vérifie.

À part le vilain Poucanard, vous voyez quelqu'un d'autre comme complice ? J'ai

fait vérifier la dévie du Pax de Poncelle, son ami Corbeau.

Et la gouvernante ? La gouvernante, elle a quand même remué ciel et terre pour

faire accuser Vernet.

Je ne sais pas, c'est peut-être pour mieux se disculper.

Maintenant, il faudra lui trouver un mobile.

Vallon.

Oui, François Vallon, je connais.

Hein ? Non.

Non, j'arrive.

Jean-Louis.

Jean-Louis, prends le valet.

Je ne l'ai pas dit, merci.

Excuse pour le bordel, hein.

Tiens.

C'était si elle adorait ça.

Ça lui donnait l'impression d'être toujours en vacances.

Elle disait que l'habitude, c'est ça qui tue l'amour.

Depuis, j'arrive plus à ranger.

Il n'aurait jamais fait ça si j'étais venue.

Hélène, je ne pouvais rien.

Non, non, non, il ne faut pas dire ça.

Ce n'est pas vrai que je ne pouvais rien.

François était malade.

De toute façon, un jour ou l'autre, il serait balancé. Tu pouvais pas tout le

temps être derrière lui.

Ce matin, encore, il m'a appelé au secours.

Oui, tous les jours, il t'a appelé au secours, écoute.

Pas de gosses.

Pas de père, pas de mère.

Ton frère, vous voyez, François, c'était ma seule famille. C'est bon, je crois

que c'est ça.

Ah ben, je dérange.

Je suis désolée.

Je vais passer prendre quelques affaires.

Nathalie. Nathalie, viens ici.

Nathalie, viens.

Tu m'énerves, c'est vraiment compliqué. Alors moi c'est quoi, c'est une erreur

que je rencontre un collègue et toi c'est une exception ? Son ex-mari vient

de se suicider, ça te va ? Pardon.

Je vous laisse.

Excuse-moi Hélène.

Écoute, tu dis rien aux autres.

Je veux pas qu'ils sachent.

T'as promis.

Bon, Hélène va faire comme si de rien n'était, mais hier soir, quand je l'ai

laissée, elle était ramassée à la petite cuillère.

S'il vous plaît, pas de questions sur le sujet, ça l'aidera.

D'accord ? Voilà.

Bon, vous venez avec moi visiter l'usine à poubelles ?

La voiture de Vernet est examinée clugneusement par l'IGI. Allons-en de

Vernet. Il m'a appelé ce matin pour m'insulter parce qu'on avait pris sa

voiture.

Il fait appeler des amis, même d'anciens minutes, pour qu'on arrête de le

harceler. Il recherche la vérité.

Il ne m'intéresse-t-il pas ? Au contraire, il ne veut peut-être pas qu

'on découvre la vérité.

Je fais appeler le divisionnaire pour qu'il le calme.

Mais plus que jamais, il faut qu'on aille vite.

Je veux qu'on coince ce type.

C'est clair ? Allez, au boulot.

Ah ouais, c'est un vrai bordel avec une stépharine animale à cramer, on tourne à

deux fois la capacité, jour et nuit.

Pas de RPT à l'horizon ? Je pense qu'en ce moment, les 35 heures, elles brûlent

avec.

Alors, on ne contrôle pas toutes ces bagnoles particulières.

Forcément, on a assez de boulot comme ça avec les camions.

Forcément, oui. Les touristes ne viennent pas se promener ici.

Une bagnole, c'est forcément quelqu'un de la maison.

C'est ce que vous m'avez posé des questions dessus.

Je me suis dit, c'est des inspecteurs sanitaires.

Ça ressemble à une bagnole de véto.

Je suis pas le prof de payer des bagnoles neuves, mais moi je vous le

dis.

Bon, merci beaucoup.

Salut ! Ouais, Hélène, c'est moi. On a un témoin qui a vu la bagnole de Vernet.

Même marque, même problème d'échappement.

T'en souviens parce qu'en manœuvrant, le mec a pété un peu avant.

Ah non, il a pas vu sa tronche, hein. Par contre, il se souvient qu'ils

étaient deux.

Voilà, salut.

Ce que vous faites au professeur Vernet, c'est... Le grand a du harcèlement,

laissez-le tranquille. Je n'ai rien à vous dire, je connais mes droits. Ou

alors convoquez-moi.

Vous n'êtes plus bavarde à 6h du matin, vous voulez courber d'Astor qui plutôt ?

Bon, le jour de la disparition de ta femme, vous allez parler au docteur

Vernet à 6h du matin.

Je me trompe ? Oui, en effet.

Entrez, on sera plus tranquille.

Le professeur Vernet est mon maître de thèse. Je fais une thèse sur les

nouvelles dispositions du code de procédure pénale sur la présomption d

'innocence. Vaste programme.

C'est un sujet brûlant. J'ai donc besoin de parler régulièrement avec le

professeur chaque fois que je travaille.

Et je travaille la nuit.

Non, non, ce n'est pas vous qui l'avez appelé cette nuit-là.

C'est lui.

Qu'est-ce que ça change ? Il m'appelle lui. Il sait que je suis réveillée jusqu

'à environ 7 heures.

Le professeur a souvent du mal à dormir.

Donc, cette nuit-là, vous vous appelez, mais la veille et l'avant-veille, pas de

coup de fil. Pas de coup de fil.

Vous voulez me coincer, mais vous vous faites fausse route.

La seule nuit blanche, c'est le dimanche soir, parce que je peux dormir le lundi

matin. Je ne vais pas courir avant 13 heures.

C'est pas la première fois qu'on se parle ce jour-là, à cette heure-là, au

téléphone.

Vérifiez ! Ah, mais... On va vérifier, merci.

Donc, personne ne vous a vu entre six heures et midi ce jour-là ? Évidemment.

Je dormais dans ma chambre. Donc, vous êtes quand même très proches, très

liées. Vous avez des rapports privilégiés avec le professeur. Sa femme

n'est pas jalouse.

Vous m'avez bien regardée ? Même un homme comme le professeur Vernet est un

homme.

Quand on a le choix entre une belle femme comme elle et quelqu'un comme

moi... Vous prenez la femme du professeur pour une idiote.

Je n'ai pas dit ça.

Mais si j'ai un avantage sur elle, il est du côté de la matière grise.

Jusqu'où iriez-vous pour aider le professeur Vernet s'il en avait besoin,

mademoiselle ? Sûrement pas jusqu'à la complicité de meurtre.

Le véhicule du professeur Vernet présente un phare cassé à l'avant, tout

comme le véhicule décrit à la déchetterie. Malon, commencez à aller

poigner le cercueil.

En laiton ou doré ? C'est quoi la différence ? Ah, le prix ?

Oui, ben, allons-y pour doré.

C'est ça.

À demain.

Bon, le marchand parlait de la voiture.

Oui, oui, le phare cassé nous donne une indication, mais cela ne nous mènerait

nulle part si de là-bas on avait également relevé des traces de bout d

'une nature bien particulière.

sur les tapis de sol et dans les sculptures des pneus. Cette terre, riche

en détergents et en poussière de farines animales, semble provenir de la

déchetterie. Cela ne nous mènerait pas bien au reste. Bon, Michel, si vous avez

quelque chose qui peut nous mener quelque part, je suis prête.

Oui, bien sûr. Le labo a également découvert dans le coffre des fibres

textiles de la même nature que celle de la moquette finée de la chambre de Mme

Vernet. Cela, Capitaine Scandella, c'est un élément, non ? Pas du tout.

Un bon avocat pourra prouver qu'il s'est touché d'un sac.

mis d'abord dans la chambre et posé ensuite dans le coffre de la bagnole.

Elle trouve que ce sac contenait le corps de Marjorie Vernet. Le baveur

retiendra sa famille, alors qu'on verra ceci.

Une boucle d'oreille. Une boucle d'oreille que madame Vernet portait le

soir de sa disparition. Cela m'a été confirmé par son ami Éric Poncet. Un

bijou de famille, selon le doyen Sudron. Cette boucle d'oreille a été trouvée

dans la voiture.

Mais quant au cadavre, il est sûrement en état de cendre.

Il faut mélanger des tonnes de farine animale. Allez, c'est bon.

On a le sang, l'ADN, le parcours du cadavre. Salut, bonne soirée.

T'as l'air pressé de te barrer, dis donc.

T'es peut-être gonflé.

Je vous avoue une chose, Mario est très d'acheval sur le timing.

Comme là, on a rendez-vous au resto, je ne voudrais pas perdre ma femme sur un

malentendu.

Bon, on fait dans la boutique. C'est fini pour ce soir.

Moi, j'ai reconvoqué Vernet et son assistante Léa Schmitt pour demain.

C'est bien, mais il faut faire attention.

Même si pour nous, les choses sont très claires, juridiquement, on est loin du

compte. D'autant que Dernet connaît le droit aussi bien que nous. Alors, il va

nier, il va taire.

Ah, au fait, ce serait bien, Jean-Louis, de reconvoquer le docteur Magnin.

Parce que maintenant, avec tous ces éléments, c'est un très bon témoin à

charge.

Venez, le marchand. Le marchand, le marchand.

Votre bureau.

Qu'est-ce qu'il y a, mon chéri Tendréfou ? Le resto ne t'a pas plu ? Il y a

quelque chose que tu n'as pas digéré ?

J'ai pas digéré Mario, c'est les trois fois qu'on a passé avec ses potes devant

une table de poker alors qu'on aurait pu tranquillement rentrer se coucher.

Mon dieu, mon dieu, mon dieu. Le nom de mariage est déjà à l'air proche.

Pas d'air proche Mario.

C'est bien gré.

C'est vrai quoi, c'est pas une femme moi que j'ai... C'est pas

deux heures de suite, on se retrouve à une table de poker.

Après avoir cette vie là, je t'ai épousé moi.

Désolée chérie.

Mais le côté pas bon qui attend monsieur à la maison, j'ai déjà donné avec mon

premier financier de mari pendant 15 ans.

Alors même si la soupe ressemblait plutôt à du caviar, même si le luxe

était les plus raffinés, sache que cette villa m'a quand même fait vomir près de

14 ans sur les 15. Alors pour ta gouverne, sache que moi non plus, je ne

me suis pas mariée avec toi pour avoir cette villa. Tu ne sais pas ce que je

dis.

Ce que je dis, c'est que j'ai l'impression que la vie à deux t

'emmerde.

Voilà.

Toujours obligé de te retrouver avec une armée de cons à tes bases pour oublier

que t'as un mec.

Ce mec, il a besoin qu'on s'occupe de lui.

C'est pas le mariage qui t'angoisse.

Peut-être juste que t'as pas choisi mon mari, c'est tout.

Dans ce cas-là, il faut me le dire tout de suite.

Excuse-moi, Alex.

Mais je croyais que ça te faisait plaisir.

Je sais, c'est ridicule, mais j'ai toujours peur que tu t'ennuies.

Mario, c'est pas parce qu'on a dit dans les cartes... 14 ou 20, je t'ai pas ! C

'est pour autant qu'il faut que tu t'obliges de noyer mon attention dans

toutes tes conneries.

Moi, le cacou, je l'ai fait toute ma vie.

Maintenant, ça va.

C'est toi que j'aime, Mario.

Oui, oh.

Ça va, oui.

Je vous en prie.

C'est ridicule, je n'ai rien à me reprocher.

Je vous l'ai dit et redit, ma femme est fragile, incontrôlable.

Écoutez, l'autre jour, après notre dispute, elle a dû...

Elle a dû s'en prendre aux objets, voilà, elle a dû casser quelque chose.

Elle a dû se couper et après elle aura nettoyé et puis elle sera partie de je

sais où.

Je crains fort que Dieu ne nous soit d'aucun secours.

Aussi, nous allons essayer d'éclaircir cette affaire entre nous, voulez-vous ?

Primo, est-ce que l'objet de votre dispute à temps du soir de la

disparition de votre épouse vous est revenu en mémoire ? Oui, tout à fait, on

s'est disputé à propos d'argent parce qu'elle en dépense beaucoup, beaucoup,

beaucoup, voilà.

de façon compulsive, et tout ça pour compenser l'ennui qui a envahi sa vie

depuis toutes ces années.

Ouais, non, m'inquiète, la femme a disparu, vous cachez bien votre jeu.

Bon, allez, maintenant, calmez-vous et asseyez-vous.

Et puis, vous savez, ma femme n'est pas morte.

Elle a dû vendre son diamant et foutre le camp au diable, c'est tout.

Euh... C'est quoi, cette histoire de diamant ? C'est le vrai sujet de notre

dispute.

Moi, je lui disais que j'étais sûr qu'elle l'avait vendu, son diamant, et

elle, elle prétendait l'avoir égaré.

Ce diamant a-t-il beaucoup de valeur ? Je comprends, oui. Une pierre magnifique

de Cara.

J'étais vraiment déçu qu'elle l'ait égarée ou vendue.

Caroline, elle, elle y faisait attention comme à la prunelle de ses yeux.

Pardon ? Dois-je comprendre que ce diamant appartenait à votre première

épouse ? Bien sûr, oui, c'était son cadeau de mariage.

Quand elle est morte, j'aurais bien voulu m'en débarrasser, mais... Et puis,

j'ai rencontré Marjorie et à mon remariage, je lui ai offert le bijou.

Votre femme doit beaucoup vous aimer pour accepter de porter le bijou d'une

autre.

Marjorie ? Marjorie, c'est une piètre remplaçante de Caroline, si vous voulez

tout savoir.

Je ne m'en suis pas aperçu tout de suite, mais avec le temps... Et je vais

répondre à votre interrogation silencieuse.

Si je ne pleure pas de sa disparition, c'est sans doute parce que je ne l'aime

plus. Mais alors, dans ce cas, pourquoi est-ce que je l'aurais tuée ? Quel

serait mon motif ?

Malheureusement, M. Vernon, nous n'avons pas retrouvé le diamant de votre épouse.

En revanche, nous avons retrouvé ceci, l'une des boucles d'oreilles qu'elle

portait le soir de sa disparition.

C'est à elle que ça vient-il ? Du corps de votre voiture.

Elle aurait utilisé ma voiture, mais elle n'a même pas son permis.

Je doute de plus en plus qu'elle ait un jour la chance de le passer.

Francisco vient de cuisiner la petite Léa Smith.

Cette soirée de dingue de son prof, ça fait pas un flic. Et tu portes pas la

femme de Vernet non plus.

Par contre, Nico pense qu'elle y est pour rien.

Si je t'emmerde, tu me le dis.

Et donc, t'as pas l'impression qu'il y a un truc qui nous échappe ? À part le

cadavre, je vois pas bien.

Je m'en pète.

Je vous ai apporté une partie de mes notes sur Marjorie Vernet.

Non, merci.

J'ai été contactée par l'avocat de M. Vernet.

En cas de mise en examen, il veut que je témoigne contre ma cliente.

Oui, c'est effectivement sa ligne de défense. Sa femme est dérangée

mentalement, selon lui.

Ma neutralité a été mise à mal.

Je ne dois pas oublier que ma cliente est également une victime depuis

longtemps.

J'ai d'ailleurs longtemps essayé de démontrer à Marjorie que son mari avait

sur elle une influence très destructrice, mais enfin, elle l'aimait.

Vous avez là-dedans quelques extraits significatifs des entretiens avec

Marjorie Bernay sur ce sujet.

Vous diriez qu'il représentait une menace physique pour elle ? Vous savez s

'il la brutalisait ? Je n'ai entendu que Mme Bernay, je n'ai jamais rencontré son

mari.

Après ce qu'elle me confiait récemment, c'était plutôt alarmant, oui.

À plusieurs reprises, il l'a menacée.

Évidemment, il utilise toujours des formules plutôt indirectes. Il

préférerait qu'elle soit morte plutôt que de la voir partir.

C'est suffisamment direct.

Bon, vous me suivez ? On va donner ce dossier à notre procédurier.

Eh ben, heureusement qu'elle se réveille, la psy.

Eh, si je t'emmerde, dis-le.

Un peu du tout, mais... Je suis obligé de l'avouer, bien joué, Berger. T'as

compris ce qui t'échappe.

Ce qui m'échappe ? Ce qui nous échappe, d'accord. Oui, je préfère.

Tiens là, sur la photo, le siège du conducteur.

Ce dossier transmis par le docteur Magnan montre bien comment on peut

détruire quelqu'un par l'affectif. Surtout si cette personne vous aime.

On alterne avec habileté deux petits compliments et une énorme équipe.

J'ai pour doute la raison première pour laquelle votre femme a commis cette

tentative de suicide.

Cette psychiatre est une imbécile. Une imbécile qui a permis à votre épouse de

remonter la pente, de se détacher de votre emprise.

Et c'est ce que vous n'avez pas supporté.

Chez Verneuil, il est là, votre mobile.

Marjorie vous échappe, alors vous l'avez tué. Ça, c'est une bêtise, pardonnez

-moi. Où est le corps ?

Certainement réduit en cendres dans l'incinérateur de Pontoise où vous vous

êtes rendu avec votre voiture, cela dit là, à 7 heures du matin.

Mais je n'ai pas touché à ma voiture depuis plus de deux semaines.

Bon.

J'admets qu'il puisse s'agir d'un accident.

Votre dispute a été violente.

Extrêmement violente.

Car ne plus...

dominer votre épouse et la martériser à ce point, vous devenez absolument

insupportable. Vous fréquentez trop de criminels, cela déforme vos facultés d

'analyse. Dites-moi, en tant que connaisseur, en tant que spécialiste

en criminologie, que feriez-vous à ma place ? Nous avons là un faisceau d

'indices extrêmement concordant.

Oui, oui, c'est vrai, c'est extraordinaire, ça.

Vous étiez...

Le seul sur place, le seul à pouvoir nettoyer les lieux et à transporter le

corps.

Vous aviez le véhicule et le moyen idéal pour ne laisser du cadavre que

descendre.

Vous êtes le seul à avoir pu tuer votre épouse.

Non, je ne suis pas le seul. Il y a Mme Morland, la gouvernante. Non, elle a les

clés. Elle peut venir quand bon lui semble, elle vit au-dessus.

Et quel serait le mobile de cette brave femme qui, en passant, vouait à votre

épouse une affection sincère ?

L'argent ? Non, c'est vrai. Moi, je soupçonne Marjorie d'avoir mis au clou

sa bague.

Mais si elle ne l'a pas fait, peut-être qu'elle soupçonnait Mme Morland de lui

avoir subtilisé. Et imprudemment, ce soir-là, elle lui a dit... À deux heures

du matin.

Alors là, Marjorie était en colère, ce genre de considération.

S'il y a meurtre, il a eu lieu dans l'appartement, pas dans la chambre de

service.

Oui, elle discute en haut.

Marjorie, là, la traite de voleuse, elle redescend.

Mme Morland la suit.

Oui, votre épouse ne veut pas l'entendre.

Elle menace de prévenir la police. Mme Morland la frappe.

Oui, oui.

Oui, je parlerai de cette hypothèse à mon avocat.

Alors,

mais surtout, n'oubliez pas de lui demander comment...

Madame Morland, qui est frêle et mesure 1,55 m, a fait pour nous le cas.

Non plus.

Sur la photo, le siège du conducteur est complètement avancé. C'est pas vous qui

l'aviez déplacé ? Non, évidemment.

Bon, on va enlever les télés.

Merci.

Verney, il est encore plus grand que moi.

Comment tu veux qu'il conduise comme ça ? Bon, à toi, vas-y.

Oh là là, ça va pas ? Regarde, moi, je suis plus petite que les haches.

Bon, allez.

Je sais que t'es pas mauvais quand tu veux.

Vous m'aurez bien plu comme chef de groupe.

Attention, Vergy, arrête de m'allumer.

Je suis un petit peu énervé sexuellement en ce moment, alors...

Tu sais ce que j'aime chez toi quand t'es là ? C'est ta délicatesse.

Jean-Vernay ? Et quand y a-t-il ? L'avocat doit arriver d'une minute à l

'autre.

On est dans mon bureau, mais... Bon.

On va reconvoquer Mme Morland, la gouvernante. Regardez, le siège du

conducteur était complètement poussé vers l'avant quand le juillet a récupéré

la voiture.

Impossible que ce soit Vernet ou Léa Schmitt qui ait conduit cette voiture en

dernier. C'est trop grand.

Je pense qu'il serait judicieux d'aller la chercher avant qu'elle ne

disparaisse. Elle avait d'excellents rapports avec Mme Vernet. Un excellent

rapport qui aurait très bien pu se dégrader. Par exemple, cette fille lui

avait dérobé une bague de grande valeur. Je pense qu'il serait temps d'aller l

'entendre.

Attends, attends, attends.

Qu'est-ce qu'elle fout, là ? Elle sort.

Tu sors avec des courses, toi ? D'habitude, je rentre avec des courses.

Je sais pas, elle a peut-être oublié le sel.

C'est ça, ouais.

Elle s'entraîne pour le marathon de Paris avec des pois pour me cueiller.

J'ai apporté tout ce que vous aimez. Merci Jacqueline, c'est moi qui vous

donne.

Madame

Vernet

? La souhaite fantôme est de retour, Madame

Morland. Et Mme Marjorie Vernet en chair, en os et en vie.

Allucinant. Mme Morland a conduit la voiture de M. Vernet jusqu'à l'usine d

'incinération. Elles avaient toutes les deux tasquettes et cols relevés.

Le diamant n'a jamais disparu. Une farce avec proméditation.

Mais non, c'est plutôt attrape-couillons. Et nous, on devrait

être les couillons.

C'est vous qui avez eu l'idée de cette mise en scène morbide ? C'est moi, pour

qu'elle puisse lui échapper.

Il aurait fini par la tuer. Il est monstrueux, cet homme.

Vous, je vous interrogerai ensuite.

Jacqueline, vous en avez assez fait.

Merci. Madame Orlan n'a rien à voir avec ça. C'est moi qui ai eu l'idée.

Madame Vernet, avez-vous construit sciemment des preuves pour faire accuser

votre mari d'homicide ? Les micro-taches de sang sur la moquette et sur la porte.

Vous avez fait comment, tiens, d'ailleurs ? Je me suis coupée.

Hein ? Je me suis coupée.

Je ne supportais plus. Il disait que c'était à cause de moi qu'Alexandre...

Enfin, vous auriez pu vous séparer, madame. Divorcer. Vous l'accusez du

harcèlement moral.

Je l'ai entendu pendant des semaines. Son avocat répétait des monstruosités.

Christian est une ordure. Je voulais que ça se sache.

Je vais prévenir le marchand pour qu'il prenne sa déposition.

Je regrette d'avoir menti au docteur Magnin.

Il m'a beaucoup aidée à la mort d'Alexandra.

Mais je savais qu'on allait l'interroger comme témoin et même comme experte.

Alors vous avez inventé une petite menace de mort que le professeur Vendée

n'a jamais prononcée.

Je l'ai fait pour Pierre, le fils de Christian.

Je me suis dit qu'il était préférable de souffrir à l'influence de son père.

Si Christian avait été en prison, le petit aurait été élevé par ses parents.

C'est vous maintenant qui risquez d'aller en prison.

Si le professeur n'a n'importe quoi, ça peut même aller assez loin.

Mais dites-moi, vous pensez faire quoi après ? Aller où ?

Petit à petit, j'avais mis l'argent de côté.

Ton argent qui croyait que je dépensais en futilité.

Puis j'avais trouvé un acheteur pour la bague.

Je voulais partir à l'étranger.

Loin.

N'importe où.

N'importe où du moment où j'étais loin de lui.

Fermez-la, Bernay. Si tu veux aller en prison, si je porte plein.

Pourrait-il ? Le rapport que nos maîtres en jugent mettra en lumière les

circonstances atténuantes de vos actes, Mme Bernay.

Mme Bernay ? Mon Dieu, comment j'ai pu épouser une pareille vie ? Votre épouse

a failli tous nous piéger.

Alors aujourd'hui, son intelligence n'est plus à mettre en doute.

Je vais y aller maintenant.

Je reviendrai que demain.

On va aller essayer d'aller toute seule à l'enterrement.

Merci, Jean-Luc.

Prends-moi ce discours.

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