All language subtitles for tango-1993

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Original subtitles

... ... ... ... ... ...

Attends, dégage toi, ça va mal finir tes conneries. Eh bah vas-y, qu'est-ce que

tu fous ?

Eh

bah dis-moi quand tu veux !

La musique, bordel de merde !

D'abord, t'es rien qu'un petit trou du cul

! Vincent, ne me pousse pas à bout.

J'exige seulement un minimum de politesse.

Politesse, parfaitement.

Et d'ailleurs, si tu commences à manquer de respect, je t'avertis que le ton va

changer entre nous.

Evidemment ! Quand je parle de respect, pour toi, c'est de l'hébreu. Ça te passe

au cul du cigare.

Au moins, regarde-moi quand je parle.

Vous étiez là, M. Lefort.

Excusez-moi, je ne vous avais pas vu.

Vous avez une ligne splendide.

Ce n'est pas pour dire, mais sincèrement, il fait beau.

Attention, M. Lefort, je vais mettre les gaz.

Tu crois que c'est seulement pour me faire chier ou bien ça l'amuse encore ?

Je vais venir.

Non, pas maintenant.

On perd encore un an.

Oh putain, c'est bon.

Ton mari rentre à quelle heure ? Je ne sais pas. Il est là-haut. On ne risque

rien.

Tout à fait, j'ai entendu.

Tu prends un bain ? Je me sens témoin.

Guido, je suis inquiet, ça sent une drôle d'odeur à côté.

Ah bon ? Quel genre d'odeur ? Justement, c'est pour ça que je suis inquiet. Ça

sent le sperme.

Ah ben, je sais.

Ça doit être le nouveau produit que j'ai acheté pour les sols.

On est bien, là, tous les deux.

Tu trouves pas ? Oui, c'est formidable.

Regarde-moi ce paysage.

Et tu verrais tout ça de là-haut.

Je pense souvent à toi, tu sais, quand tu es en l'air.

Moi aussi, je pense souvent à toi.

J'essaye d'imaginer ce que tu es en train de faire.

Tu t'ennuies jamais ? M'ennuyer, moi, non.

Non, non.

Non, j'ai toujours quelque chose à faire.

Tant mieux.

Parce que ça m'ennuierait que tu t'ennuies.

Mon amour.

Merde ! C'est pas son écriture. C'est pas l'écriture de Vincent, c'est pas lui

qui est là-haut. Oh, merde !

Mais tu m'avais dit que c'était de rien.

Mais là, je n'étais pas accouchée de peur.

Non mais je te jure, il a voulu me tuer.

Alors j'ai réfléchi, je crois qu'il vaut mieux que je disparaisse de la

circulation. On ne se voit plus et puis je ne te téléphone plus non plus.

Comment ça, dégonfler ? Non mais écoute, je n'ai quand même pas risqué ma peau

pour te faire... Allô ?

Je vous salue Marie pleine de grâce. Le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie

entre toutes les femmes.

Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pour vos morts.

Bon anniversaire, mon amour.

Viens me rejoindre à l'aérodrome.

J'ai une surprise pour toi.

Je t'aime, Vincent.

Pardon, mon amour, je te demande pardon pour tout ce que je t'ai fait.

De quoi tu parles, Hélène ? De quoi je t'explique.

M'expliquer quoi ? Que j'étais devenu un pauvre idiot qui pensait qu'à son

travail ? Qui regardait plus sa femme et qui s'occupait plus d'elle ? C'est ça

que tu veux m'expliquer ? C'est pas la peine, Hélène.

J'ai tout compris.

Ce serait plutôt à moi de te demander pardon, tu crois pas ? Mais ça va

changer, tu vas voir.

Tu vas pas me reconnaître.

Un anniversaire de mariage, ça se fait.

Je t'emmène là-haut faire un tour.

Je vais te montrer quelque chose que tu n'as jamais vu.

Tu n'as jamais vu d'ici.

C'est beau, hein ?

Pour péter notre anniversaire de mariage, nous allons faire un looping.

Tu vas voir, c'est amusant.

Tu as coupé la sangle de ta ceinture de sécurité.

Et dès que nous aurons la tête en bas, tu nous quittes.

Pas fâché !

À la question « Monsieur Vincent Baraduc est-il coupable ou non coupable de la

mort de Mariano Escobar dans un accident automobile ? », les jurés ont répondu à

l'unanimité « non coupable ». À la question « Monsieur Vincent Baraduc est

-il coupable ou non coupable de la mort d'Hélène Baraduc, son épouse ? », les

jurés ont répondu à l'unanimité « non coupable ». En conséquence de quoi,

Monsieur Vincent Baraduc ?

Vous êtes libre.

Mais je... Il n'y a pas de mais.

Vous êtes libre, mon vieux.

Je ne peux pas mieux vous dire.

Vous ne portez pas de soutien-gorge et je vous en remercie.

Vous voyez, quand une femme est habillée, si elle ne porte pas de

soutien-gorge, on peut l'imaginer nue sous ses vêtements.

C'est très émouvant, je vous assure.

Mais au moment où elle se déshabille, c'est mieux si elle en a un.

Pour ne pas être nu trop vite, justement.

Pour faire durer le plaisir.

Vous comprenez ? Si vous saviez ce que c'est bouleversant de faire glisser une

bretelle de soutien-gorge sur une épaule beurrée.

Ou bien de résoudre l'énigme que pose une agrafe que l'on ne connaît pas

encore.

Qui en fait si jolie chose de nos jours, dans le domaine de la lingerie féminine.

Je vais vous faire un aveu.

Je ne peux pas rester insensible à une femme qui se parfume avec Jiquidia.

Même si elle est moche ? Eh bien, c'est ça qui est à peine croyable.

Les femmes qui se mènent J.K. ne sont jamais moches.

Ma femme, par exemple.

C'est comme ça que je l'ai connue.

Je l'ai respirée, je suis tombé amoureux d'elle.

Vous êtes marié ? Eh oui.

Et c'est terrible, d'ailleurs. Je suis là avec vous, et ça ne m'empêche pas d

'être amoureux de ma femme.

Pourtant, quand je vous regarde, j'ai envie d'être veuf.

Il y a des jours où je me dis que tout serait plus simple si elle passait sous

un autobus.

Allez comprendre.

Monsieur, votre femme vient d'avoir un accident, elle est passée sous un

autobus. Je dis 82 frères 50, je termine mon service, c'est pour ça.

Marie ?

Marie ?

Assez-toi, bonsoir, mon amour.

Bonne journée.

Marie, qu'est-ce que c'est que cette histoire ? C'est pas sérieux ? Non,

rassure-toi, c'est pas sérieux. Je ne suis pas amoureuse.

Excusez-moi, je n'ai pas fait les présentations.

Paul, mon mari, et monsieur ? Monsieur ? Gorin, Julien Gorin.

Et monsieur Gorin, qui m'a ramené à la maison dans son taxi.

Marie, tu ne peux pas faire ça.

Bien sûr que si, puisque je suis en train de le faire.

Mais tu es complètement folle. Tu fais ça uniquement pour me faire du mal.

Oui, uniquement pour te faire du mal.

Chacun son tour.

Arrête maintenant.

Arrête, s'il te plaît.

Paul, imagine que tu entres dans un salon de thé.

Imagine que je suis assise avec un type que tu ne connais pas.

J'ai la main posée sur sa braguette et je lui dis, c'est délicieux, vous ne

portez pas de caleçon.

Et pourtant, si vous aviez comme c'est émouvant de retirer le caleçon d'un

homme, alors qu'est-ce que tu fais ?

Tu t'assis à notre table en souriant et tu prends un thé citron avec nous comme

si de rien n'était.

Oh, c'est pour ça.

Mais cette fille, tout à l'heure, je la connais pas, c'est rien du tout.

Je l'ai même pas baisée.

Dommage. Mais je te fais confiance pour en avoir baisé d'autres.

Excuse-moi, Marie.

Je suis un con professionnel.

Quand on est ensemble, je me rends pas compte à quel point je tiens à toi.

Il faut que je sois dans les bras d'une autre pour réaliser qu'il y a que toi

qui compte dans ma vie.

Je te demande pardon.

Qu'est-ce que tu fais ? Tu vois, je m'en vais. Parce que ça m'amuse plus de vivre

avec toi. Marie, fais pas ça.

J'ai pas envie qu'on foute tout en l'air.

Je t'ai pardonné dix fois, cent fois.

Mais maintenant, je suis fatiguée.

Vraiment fatiguée.

Au revoir, monsieur. Excusez-nous, on terminera une autre fois.

Adieu, Paul.

Si vous ne voyez pas d'inconvénients...

Faudrait que je m'en aille, à présent j'imagine que vous n'avez plus besoin de

moi.

C'est ça, tire-toi, c'est parfait ! Depuis le temps que j'attendais ça,

merci Marie ! Je vais pouvoir enfin respirer, merci beaucoup ! Vous avez

raison, il ne faut pas vous laisser faire.

Les femmes, c'est toutes des emmerdeuses, ou des folles du cul.

Tenez, la vôtre par exemple, elle monte dans mon taxi.

Elle m'emmène chez elle, enfin chez vous.

Elle ne me demande pas comment je m'appelle.

Elle ne m'offre même pas un coup à boire.

Et vous voyez le résultat ? Ah, on tombe de haut.

Écoutez, d'habitude, je suis un garçon plutôt calme. Mais là, je suis énervé.

Je suis très énervé même.

Alors maintenant, je vous en supplie, vous dites paraissez et vous rentrez

sagement dans votre ménagerie, rassurez votre famille.

D'accord ?

Sandrine ? C'est moi.

Sandrine ? Sandrine

? Ah, tu es là, mon idiote.

Ça va ? Journée intéressante ? Tu t'emmerdes toute seule.

C'est ça ? Bon, reste là si tu veux bouder.

Moi, je vais préparer le dîner.

Mais quand je dis à table, c'est à table.

À table ! Titi

! Ça

pensait à refasser mes chemises.

Maintenant, je plaisante.

Je sais bien que c'est pas à toi de faire ça.

Qui y a ce soir à la télé ?

Ou vraiment pas une ramée aujourd'hui.

Mais je peux pas t'en vouloir, va.

Puisque c'est comme ça que je t'aime, gentille et silencieuse.

Je rote, je pète, tu dis rien.

Si j'oublie de prendre les patins, tu t'en fous.

Je mets les pieds sur la table.

J'oublie la moitié des courses. Je réponds pas aux cartes de vœux, je

traîne au lit jusqu'à midi.

Je vais au salon de l'automobile, je souris aux femmes mariées.

Jamais un mot, jamais un reproche.

Pas l'ombre d'un sarcasme.

Tu me fous la paix.

Et je respecte la tienne.

T'es vraiment une fille formidable.

Je rêvais que de ça, tu comprends ? Me retrouver seul, ne plus avoir de comptes

à rendre à personne.

Pouvoir enfin faire ce que je veux.

Et là, elle est partie depuis un mois.

J'ai plus envie de rien.

Je me retrouve comme un con.

C'est normal, ça fait toujours ça.

Ça va s'arranger. Les histoires d'amour, il paraît que ça s'arrange toujours.

Non, ça s'arrangera pas.

Elle est partie et j'arrive pas à m'en débarrasser, tu comprends ? Elle m

'obsède.

Je peux plus faire un pas sans penser à elle.

Depuis qu'elle est plus là, elle est encore plus là qu'avant.

Il y a des jours où je préférais qu'elle soit morte.

Tu remarqueras que c'est pas moi qui l'ai dit.

Hein ?

C'est sûr que c'est là ?

Oui.

C'est toi qui parle, moi je connais pas ce type.

Si tu veux.

Il se trouve qu'il va nous envoyer balader.

Non, je crois pas.

Tu la trouves comment, la coupe ? Hein ? La coupe, tu la trouves comment ? Très

bien, très bien. Tu sais comment on m'appelle au palais ? L'élégant.

C'est lui ? Oui.

Il y a quelque chose qui cloche.

Ah bon ? Quoi ? Il n'a pas de fil au bout de sa ligne.

Oui, qu'est-ce que ça peut foutre, ça ? Je ne sens pas ton type. On s'en va.

Écoute, Paul, tu es très sympa, mais tu suis en selle pour un rien.

Je ne voudrais pas être à ta place le jour où tu rencontreras une coccinelle

sans taches noires.

Bonjour.

Ça m'a ?

Je me présente, François de Nemours.

Rassurez-vous, je ne suis pas noble.

On m'appelle l'élégant.

Paul,

je suis le neveu de monsieur.

Pourquoi pas ? Vous vous souvenez de moi ? Je l'aimerais.

Disons que vous pourriez.

Mais peu importe. Nous ne sommes pas là pour tester votre mémoire visuelle. Mais

nous sommes venus vous proposer un travail.

Je ne travaille plus.

Oui, je sais.

Mais là, il s'agit d'un travail que vous ne pouvez pas refuser.

Il s'agit de tuer la femme de monsieur.

Alors,

qu'en pensez-vous ? Rien.

Sincèrement, j'en pense rien.

Ou plutôt si.

Je pense que vous êtes des gens bizarres et moi un type plutôt normal.

Alors les gens bizarres vont aller se promener ailleurs, puis le type normal,

il va se remettre à pêcher.

Sans ligne ? Oui, monsieur, justement.

Sans ligne, figurez-vous.

Les poissons m'emmerdent pas, et moi j'emmerde pas les poissons. Et si tout

le monde en fait autant, les journées seraient plus calmes.

Excusez-moi d'insister, mais je crois que vous ne nous avez pas très bien

compris.

Encore une fois, le travail que nous vous proposons est un travail que vous

ne pouvez pas refuser.

Donc, je réitère la question de mon oncle, qu'en pensez-vous ?

J'ai froid, moi.

Vous venez avec nous, je vous montre ma femme, vous la tuez gentiment, on vous

ramène ici, fin de l'histoire et tout le monde est content.

Franchement, je vois pas où est le problème.

Mais je suis pas un tueur. Bon, laissez.

C'est d'ailleurs pour ça qu'on n'a pas prévu de vous payer.

Mais qu'est-ce qui m'oblige ? Pas grand-chose.

Fermez les yeux.

Non.

Écoutez-moi.

C'est comme la machine à remonter le temps.

À la question, M. Vincent Baraduc est-il coupable ou non coupable de la mort de

son épouse Hélène Baraduc, les jurés à l'unanimité ont répondu non coupable. En

conséquence de quoi, M. Vincent Baraduc, vous êtes libre.

Ça ne te rappelle rien ? On se tutoie.

On se tutoie un jour ou l'autre, alors autant gagner du temps.

Il y a six ans, quand tu as comparu devant la cour d'assises pour le double

meurtre de ta femme et de son amant, j'ai un peu manipulé le jury pour que tu

sortes libre et innocent.

Disons qu'il y a un certain rapport d'expertise que j'ai préféré passer sous

silence. On peut savoir pourquoi.

Parce que pour moi, un type qui tue sa femme n'est pas vraiment un assassin.

Et que je me disais que, va savoir, un jour ou l'autre, on pourrait peut-être

avoir besoin d'un type comme toi. Alors voilà, c'est aujourd'hui.

Et c'est pour ça que tu ne peux pas refuser.

Puisqu'un procès, ça se révise.

Autrement dit, tu es ce qu'on appelle un homme fermement tenu par les couilles.

Tous ces rapports.

qui prouvent ta culpabilité. Il suffit de les faire réapparaître et hop, au

trou pour 20 ans.

Qu'est-ce que t'en dis ?

Vous avez une photo de votre femme

? Bien sûr.

Oh la vache, elle est belle.

Ça va pas m'aider.

Faut que je la connaisse, peut

-être que là. C'est connu que les femmes qui pleurent Marie, elles retombent

toujours chez leur mère.

Tu connais Valence ? Ah.

Tu adores une ville charmante.

Et en plus, on te fait faire du tourisme.

Je vois vraiment pas de quoi tu pourrais te plaindre.

C'est pas bavard.

Ta porte vit seule, ça limite le vocabulaire. Pas maintenant, depuis tout

à l'heure qu'on est là, nous.

Écoute, sincèrement, on t'aime beaucoup.

Si tu fais la gueule, ça va pas être supportable.

Tu veux un bonbon ? Presse, citron, ananas.

J'arrête tes gueules, ananas.

Par exemple, c'est les vieux.

Avec ces emballages à la con qu'on sent toujours le citron avec l'ananas. Et moi

je déteste le citron. Tiens, en blinde.

Alors ? Vous avez rien d'autre comme musique ? Non, j'aime que ça.

C'est très sensuel, vous ne trouvez pas ? Et puis je trouve qu'il y a quelque

chose de fatal dans le tango.

Et on est obligé d'écouter ça aussi fort ? Oui !

Le bouton du volume est pété !

J'ai l'impression que c'est le... On aurait pu casser sa pipe comme un rien.

Et pourquoi tu veux la tuer, ta femme ? Parce qu'elle m'empêche de vivre.

Ça faisait 10 ans qu'on était mariés.

Alors maintenant qu'elle est partie, je veux en profiter, mais j'y arrive pas,

tu peux comprendre ça ? Toi, avec ta femme, t'es tranquille ? Tu poses plus

de questions ? Eh ben moi, je veux faire pareil, ne plus jamais me poser de

questions. Ouais, c'est complètement con !

Toutes les femmes empêchent tous les hommes de vivre. Alors si tout le monde

se mettait à fuir comme vous, il ne resterait plus beaucoup de chupons dans

le pays.

On ne dit pas qu'il faut les tuer toutes.

On suggère seulement de tuer celles qui nous emmerdent personnellement.

C'est-à-dire celles avec lesquelles on a la faiblesse de vivre.

Et ce n'est pas toi qui pourra nous soutenir, le contraire.

Moi, je suis hors concours.

Je n'ai jamais été marié.

Tu n'as jamais baisé ? Mais bien sûr que si.

Je n'ai jamais été marié, ce n'est pas la même chose.

Mon grand-père disait, une bonne branlette vaut mieux qu'un mauvais

mariage. Il joignait souvent le geste à la parole.

Ma pauvre grand-mère fondait en larmes.

Mais moi, j'ai toujours pensé qu'il avait raison.

Mais enfin, bordel de merde ! Mais comment ne pas se demander si elle porte

ou non des soutiens-gorges ?

Comment ne pas avoir un regard pour une paire de fesses sous une jupe d'été ?

Est-ce que c'est ma faute à moi si les femmes se parfument ? Avec Marie ? Ma

femme s'appelait Marie.

Ça parle déjà à l'imparfait.

Elle n'est pas encore morte.

Ah, pour moi, elle est morte.

Ça, c'est plus qu'à la tuer.

Avec Marie, j'ai connu des moments magnifiques.

Et je ne sais pas comment je fais. Mon compte, ce ne sont pas de ceux-là dont

je me souviens.

Une semaine de bonheur peut être engloutie par une minute merdeuse.

Un geste d'agacement, un trois-fois rien qui dégénère, un tirage de gueule pour

une broutille.

Elles sont là, souriantes.

À guetter la faute.

Comme un arbitre toujours prêt à sortir le carton jaune.

Ah ! Est-ce que les femmes ont pu en faire chier des hommes comme nous ? Tu

crois pas ? Non, je crois pas.

Moi, je trouve les femmes formidables.

Toutes. T'as raison.

Formidables. À condition de pas vivre avec.

Tiens.

Regardez ces deux, là-bas.

Qu'est-ce que ce type a fait au bon Dieu pour écoper d'une femme pareille ? Il

était tranquille, il avait des copains, la vie était belle.

Et puis il l'a rencontrée, elle a écarté les jambes, et pour une minute de

plaisir, il a foutu sa vie en l'air. Qu'est-ce que t'en fais ? Ça crève les

yeux. Les hommes et les femmes sont pas faits pour vivre ensemble.

On est faits, on a l'illusion.

Nous, on est juste bons à se rentrer dans le chou.

Et à déguerpir vite fait pour pas risquer de s'attacher.

Et le plus beau, c'est que tout le monde le sait.

Il suffit de regarder autour de soi ses parents, ses amis.

Personne n'en tient compte.

On a toujours l'impression qu'on va être plus malins que les autres.

C'est comme ça que s'accumulent les couples merdeux qui se tirent une gueule

de 3 km en se demandant chaque matin ce qu'ils foutent ensemble.

Ah, la vache, mon filet, un de ces bourlans.

Le plus terrible, c'est que je peux pas m'empêcher d'être d'accord.

Bien sûr que t'es d'accord.

Regarde cela.

Il lui a fait 3 enfants.

C'est foutu.

Il pourra plus jamais prendre le large. T'amuser, t'aérer.

Et les vieux qui se chamaillent depuis 150 ans sans jamais céder un pouce de

terrain. Et le jeune con, au fond, qui rêve qu'il va culbuter la serveuse parce

qu'elle l'a allumée en tortillant des fesses.

S'il savait ! Moi, c'est celle-là qui m'intéresse.

Parce qu'elle a l'air gentille et que c'est elle qui est tombée sur un con.

Vous vous rendez compte ? Toute sa vie avec ce type.

Qui va la tromper avec des filles tellement vulgaires qu'on se demande s

'il ne le fait pas exprès.

Alors qu'il a un trésor à la maison.

Et ses mains.

Vous avez vu ses mains, ce gros porc ? Dans combien de chats de ses doigts-là

ont été parfouillés ? Quelle horreur.

Pour rien exagérer.

Si tu vas par là, il ne lui reste plus qu'à ouvrir son sac, sortir un flingue

et tirer sur son gros con à bout portant.

Tu vois le tableau ? Dans un jour.

Il y a bien longtemps, mais je m'en souviens comme ça.

Oh putain ! Paul ! La voiture ! Vincent, la voiture ! Que personne ne bouge !

Mesdames et messieurs, je suis juge ! C'est un cas de légitime défense ! Vous

n'avez rien vu, rien entendu ! Tout ceci n'est qu'un mauvais rêve !

Vous ne trouvez pas qu'il y a quelque chose de fatal dans le mango ? Vous

voulez un bonbon ? Vous avez tort ! Les ananas sont délicieux

! Vous allez rire ! Tel

que vous nous voyez, l'un d'entre nous va tuer la femme du deuxième, sous l'œil

bienveillant du troisième.

A votre avis, qui est le tueur ? Et qui est le futur homme ?

Et pourquoi vous tuez la femme de l'un de vous ? Parce que je n'arrive pas à l

'oublier.

Alors ils sont venus me chercher pour que je la supprime.

Vous êtes un tueur ? Non, pas du tout.

Vous voyez, on a des points communs.

Je m'appelle Madeleine.

C'est joli, Madeleine.

C'est un prénom qui vous va bien.

C'était votre mari ? Oui.

Vous savez ce que vous risquez ? Non, pas vraiment.

Mais j'imagine.

Vous avez peur ? Oui, un peu.

Mais j'ai tué un mari qui n'existait pas.

Ce n'est pas un crime de tirer sur un fantôme, non ? Pourquoi vous l'aviez

épousée ? Pourquoi une fille comme vous épouse un type comme ça ?

Peut-être parce que je m'ennuyais.

Parce qu'il me faisait rire un peu.

Parce qu'il buvait pas de bière et pesait 10 kilos de moins. C'est pas les

parts que tu manques.

Et puis un jour de printemps, attablé devant une croquette de poisson, vous

sortez un pistolet et vous tirez sur lui à bout portant.

Pourquoi aujourd'hui ? À quoi bon vivre avec un homme qui veut pas vous faire d

'enfant ? D'ailleurs, j'ai un truc à vous demander.

Est-ce que l'un de vous trois veut bien me faire un enfant ?

Soyez gentil, c'est mon jour de violation.

Il est con.

Il la connaît même pas, il va lui faire un enfant qu'il verra jamais.

Et alors, t'es jaloux ? Mais non, je suis pas jaloux.

Vous les imaginez derrière le buisson ? Elle, les cuisses ouvertes, souriantes,

lui en train d'aller et venir, ses fesses blanches qui montent et qui

descendent au milieu des herbes.

Bon, si ça se trouve, il lui caresse les seins.

Tu vois que t'es jaloux. Mais pas du tout.

De toute façon, j'aurais pas pu la baiser, cette fille.

Bah oui.

Comment veux-tu faire un enfant à une femme quand t'as l'impression d'avoir la

tienne assise sur ton dos ? Lui, il a du bol, il peut faire ce qu'il veut.

Moi pas, ça me fait chier, c'est tout.

Ça va ? Ouais, ça faisait longtemps.

Mais comment vous êtes sûre que ça va marcher ? Je suis sûre de rien, mais si

on n'essaye pas...

Un

jour, il y a bien longtemps, mais je m'en souviens comme si c'était hier...

J'ai réuni au cours d'un dîner toutes les femmes dont j'avais été amoureux

sans jamais le leur dire.

Alors, il y en avait qui se connaissaient, mais aucune ne comprenait

ce qu'elles faisaient là.

Moi, je leur ai expliqué qu'à un moment ou à un autre, j'avais été amoureux de

chacune d'elles, mais que je m'étais bien gardé de leur dire pour éviter de

foutre ma vie en l'air.

Comme elles étaient toutes mariées, donc malheureuses, elles ont très bien

compris. Moi, je les ai regardées toutes les unes après les autres, et

franchement, je n'en ai regretté aucune.

Vous ne vivez plus avec votre femme ? Non.

Elle est partie il y a un mois.

Mais pourquoi vous voulez la tuer alors ? C'est une emmerdeuse, au moins elle ne

vous emmerde plus.

Ça c'est vrai, Madeleine a raison.

Mais non ! Ce que je ne peux pas supporter, c'est qu'elle soit vivante

sans moi.

Que peut-être elle s'amuse.

Qu'elle appartienne à un autre homme.

Ou à plusieurs, allez savoir.

C'est ça que vous ne comprenez pas.

Si, je comprends très bien.

Je comprends que vous êtes toujours amoureux de votre femme.

Et alors, où est le mal ? Quand elle est là, je veux qu'elle s'en aille. Et quand

elle n'est pas là, elle me manque.

Au moins, ça te fera mort.

C'est sensuel comme musique, hein ?

Vous dansez bien pour un misogyneux.

Mais qui vous parle de misogynie, Madeleine ? J'aime les femmes.

Je ne veux pas vivre avec.

Nuance. Et pourquoi vous ne voulez pas ? Peut-être tout simplement parce que j'ai

peur de ne pas être à la hauteur.

Allez savoir.

Au fait, ta femme, comment tu veux la tuer ? Eh oui, ta femme, comment tu veux

la tuer ? Qu'est-ce que tu veux que j'en sache ? Ça va être égal.

Pas d'idée, moi.

Le problème, c'est que moi non plus, j'ai pas d'idée. C'est toi le client,

alors c'est à toi de choisir.

Qu'est-ce que tu préfères ? Strangulation ? Coup de couteau dans le

ventre ? Rampoisonnement ? Carbonisation ? Bon.

Alors ? Décapitation ? Tronçonneuse ? Mais tais-toi donc, tu me déprimes.

Celui-ci, s'il vous plaît.

Pensez-vous qu'il se suffisant pour tuer une femme à bout portant ? Pardon ? Bon,

on prend celui-là.

Combien vous dois-je ? On prend pas de munitions ? Ah si, si c'est vrai.

Vous nous donnez ce qu'il faut, s'il vous plaît ? Parce que tu penses qu'un

pêcheur sans ligne tire avec un pistolet de fin balle ? Inutile de faire un

paquet cadeau, c'est pour consommer dans pas longtemps.

Ne vous inquiétez pas, il est souvent comme ça.

Et plaisante beaucoup.

Je vous dis au revoir, Vincent.

Ça vous plaît ? Je vais rester ici.

Dans la boutique où j'ai acheté cette robe, ils cherchaient une vendeuse. Je

me suis proposée et m'ai engagée.

Avec un peu de sang, je vais réussir à me faire oublier.

Pas par tout le monde, Madeleine.

Pas par tout le monde.

Jure-toi que Madeleine nous quitte. On l'amuse plus.

Elle va vendre des robes, t'imagines ? Elle va nous manquer.

Déjà ? Ou dans ses biens.

On aurait pu s'essayer au Foxtrot, au Paso Doble, à la bossa nova.

Bon, je vous propose d'abréger les adieux.

Il ne faut pas risquer de se dire des banalités.

En tout cas, merci pour tout.

Comment je vais savoir si vous êtes enceinte ou pas ? Vous ne le saurez

jamais. Ce sera mon secret.

Bon.

Au revoir, Madeleine.

Et surtout, évitez les cons.

Promis.

Accélère, Paul.

Accélère, bordel, je suis en train de m'attacher.

Hein ?

Apprenez

le geste du saut.

Oui ? Bonjour, madame. Je suis un ami de votre fille Marie.

Et comme je n'étais pas sage dans la région... Je vais me demander si par

hasard... C'est cet enfoiré de Paul qui vous envoie.

Alors vous allez dire à ce petit trou du cul que s'il a des commissions à faire,

il les fasse lui-même.

Je dis pas ça contre vous, monsieur, je vous connais pas.

Mais si vous êtes un de ses amis, je vous félicite pas.

Alors ? Comment tu t'entendais avec ta belle-mère ? Très bien, très bien.

Pourquoi ? Pour rien.

Je crois qu'elle t'aime beaucoup.

Mais ta femme n'est pas là.

Elle est où, alors ? Très loin pour qu'on continue.

Je suis content de vous avoir connus, mais je rentre chez moi.

Vous devriez en faire autant.

Tu veux voir les photocopies de ton dossier ? J'en ai un jeu avec moi, c'est

passionnant. Au minimum, t'en prends pour 20 ans.

Mais si je suis en forme, ça peut devenir 30.

Et 30 ans à ton âge... C'est du bluff.

C'est toi qui le dis.

Moi, à ta place, je prendrai pas le risque.

Non, excuse-moi d'insister, mais t'es toujours un type fermement tenu par les

couilles, hein ? Alors, on est ensemble.

Pour tuer la femme de mon vœu, on tuera la femme de mon vœu. Mais putain,

puisque je vous dis qu'elle est un pétanque ! À quoi ça sert de vouloir la

retrouver ? Vous la reverrez jamais ! Elle s'en fout de vous, et vous devriez

en faire autant. Pas question.

N'oubliez jamais qu'une épouse vivante, même éloignée, constitue toujours une

menace. Alors, elle est où ? Quelque part en Afrique.

Elle est partie avec médecins sans frontières.

Saloperie ! Je suis sûr qu'elle me trompe avec un toumib.

Possible.

Tu sais ce qu'on dit ? Médecin sans frontières, infirmière sans culottes.

Alors, nous sommes partis pour cette destination lointaine, l'Afrique.

Du nord, du sud, quelle importance ?

Ce qui me simplifiait par les choses, c'est que le jour où j'avais perdu ma

femme dans ce looping malencontreux, je m'étais juré que jamais, plus jamais, je

monterais dans un avion.

Cela peut sembler fantasque ou dérisoire de rallier l'Afrique au volant d'un

break américain.

Étions-nous aussi peu pressés de tuer la femme de Paul ? Peut-être.

La vérité, c'est que nous n'étions pas si mal que cela ensemble, peu impatients

d'en finir et de voir notre trio éclater.

C'était comme des vacances.

Des journées sans horaires, des finances sans reproches, des vulgarités sans

scrupules. C'était des promesses de jours heureux.

Une vie reste sans femme.

Je ne voudrais pas être pessimiste, mais on n'est pas rendus.

Et alors ? La vie devant nous.

T'es-tu pressé d'être veuf ?

Gâchée. La fille, là, servait ce qu'elle gâchait.

Allons-y.

Je connaissais un restaurant dans lequel c'était la femme du patron qui servait.

Et un jour, le patron a demandé à sa femme d'enlever sa culotte pour faire le

service. Ça l'excitait de savoir qu'elle circulait parmi les tables et les

clients sans sa culotte.

Je ne sais pas comment, mais ça t'essuie.

Et le restaurant n'a plus d'exemple.

Parce que la femme était belle.

Et nous, ça nous troublait de savoir qu'elle était nue sous sa jupe.

C'est rigolo.

Et elle ? Tu crois qu'elle fait pareil ? Les mecs pensent qu'à ça.

Et alors, toi, tu penses pas qu'à ça ? Si, justement.

C'est pour ça que je dis, les mecs ne pensent qu'à ça.

Par pitié, arrêtez de me rendre fou.

Vous connaissez mon prénom ? Vous vous appelez vraiment Sandrine ? Oui.

Ne plaisantez pas, j'ai jamais été aussi aimé que maintenant.

Rendez-vous compte avec toutes ces chambres au-dessus de nos têtes.

La mienne, c'est la 212.

Vous viendrez ? Je sais pas, peut-être.

Chez moi, j'ai une chatte qui s'appelle Sandrine. Elle est très jolie aussi.

Merci.

Si tu veux mon avis, elle viendra pas.

Mais pourquoi ? Parce que tu t'y es mal pris.

Tu trompais beaucoup ta femme ? Un peu.

En fait, pas vraiment.

Quand tu l'auras tuée, ça va changer.

C'est bien les mecs, ça.

T'imagines tous que s'ils étaient pas mariés, ils arrêteraient pas de baiser.

Mais j'ai complètement nul.

Regarde tous ces types-là, tout seuls ce soir.

Ils rêvent tous de séduire une belle femme, mais y en a pas un qui bouge dans

le petit doigt, je te le garantis.

Je suis pas d'accord.

Désigne-moi n'importe quelle femme.

Seule, bien entendu.

La plus belle tant qu'à faire.

Et je te parie ce que tu veux, que dans moins de trois minutes, elle monterait

avec moi.

Tu paries quoi ? Rien.

Mais tant que si je me plante, tu peux rentrer chez toi et on te fout la paix.

Celle-là ? Bon.

Excusez-moi, madame, mais je ne vous dérangerai pas longtemps. Est-ce que je

peux m'asseoir une minute ? Oui, je vous en prie.

Voilà, je suis avec deux amis qui sont à la table là-bas et j'ai fait un pari

idiot avec eux.

Je pariais que je viendrais vous voir, que j'allais m'asseoir à votre table et

que moins de trois minutes plus tard, nous nous laverions ensemble, nous

traverserions le restaurant et que nous nous monterions dans votre chambre.

Je vous demande simplement de traverser le restaurant avec moi et puis de monter

jusqu'au premier étage afin que je gagne mon pari.

Votre pari est amusant mais totalement irréaliste.

Comment voulez-vous qu'un homme comme vous puisse en moins de trois minutes

séduire une femme comme moi ? Je sais bien.

Mais permettez-moi d'insister.

Je ne peux pas perdre la face et puis j'ai engagé beaucoup d'argent, vous

comprenez ? Vous n'avez pas besoin d'insister, je n'ai plus faim.

Je n'ai aucune envie de traverser cette salle toute seule. On y va ? Non, pas

déjà. Faudrait que ce soit plausible, j'avais dit trois minutes.

Comme vous voudrez.

Alors bavardons.

Vous descendez souvent dans cet hôtel ? Non, pas très souvent.

Moi non plus.

Pour la saison, il fait une chaleur étouffante.

Vous ne trouvez pas ?

Oui, mais c'est le sud.

Bon, écoutez, je crois que c'est suffisant.

On y va ?

Tu

veux voir moi quelque chose ? Oui.

Je comprends que tu n'es pas prêt d'entrer chez toi.

Oh non, s'il vous plaît, pas l'ascenseur. Prenons l'escalier, afin

que je sois un peu plus longtemps avec vous.

Ma chambre est au troisième.

Vous vous sentez capable de monter trois étages ? Oui, oui, oui, bien sûr.

C'est dommage qu'il ne s'agisse que d'un pari, parce que si j'avais eu l'audace

de vous séduire vraiment, nous serions en ce moment en train de monter cet

escalier, et moi, je serais en train de regarder vos jambes, vos fesses.

Pourquoi ? C'est pas ce que vous êtes en train de faire ? Euh, si.

Mais enfin, là, c'est en pure perte, si vous voulez.

J'aurais pu décrire le balancement de vos hanches, fixer dans ma mémoire votre

dos qui ondule, m'apprécier du sillage de votre parfum.

Bon, ben, pas les prix pour la soirée. Moi, avec un peu de bol, la serveuse va

gratter ma porte.

Et toi, qu'est-ce que tu vas faire, mon pauvre grand ? Eh bien, moi, je vais

prendre un dessert.

Un gros dessert.

Peut-être deux, d'ailleurs.

Et puis, j'irai m'allonger sur mon lit avec le cognac du minibar.

J'aurai bien un film pornographique sur la chaîne payante.

Et tu veux que je te dise ? Je ne suis pas sûr d'être le plus malheureux de

nous trois.

Nous serions arrivés sur le palier du troisième étage.

Pas du tout essoufflés parce que nous serions montés très lentement.

Et nous nous serions engagés dans le couloir.

Bonsoir, madame. Bonsoir, monsieur.

Nous serions arrivés devant la porte de ma chambre.

J'aurais mis la clé dans la serrure.

Et j'aurais ouvert.

Eh bien, au revoir.

Et merci.

Vous avez fait le mariage tout à l'heure dans vos amis.

Mais maintenant, il faut aller jusqu'au bout.

Pardon ? Vous avez fait un pari, moi j'en ai fait un autre.

Je ne peux pas vous dire lequel.

Dis-moi pour l'instant.

Vous venez ? Écoutez, j'aimerais beaucoup, mais je suis marié et je vais

être bientôt veuf.

Moi aussi, je suis marié.

Vous savez, de nos jours, tout le monde est marié.

Mais je ne vois ni mon mari, ni votre femme.

Ah, c'est toi. Qu'est-ce qui se passe ? Habille-toi, on s'en va.

Quelle heure il est ? Cinq heures et demie.

Paul n'est pas rentré dans sa chambre.

J'aime pas ça.

Mais qu'est-ce que tu veux qu'il arrive ? Mais je n'en sais rien.

Mais puisque je te dis que j'aime pas ça, c'est que j'aime pas ça. C'est tout.

Qu'est-ce que c'est ? Service d'étage.

On nous signale une fuite importante dans votre salle de bain.

Bonjour madame, excusez-nous.

Paul ! Je te signale qu'on a encore de la route à faire. On t'attend en bas.

Départ dans six minutes.

Mes hommages, madame. Bonne journée.

C

'était

bien ? Pardon ? Je vous demande si c'était bien.

Je vous choque, c'est normal, et je vous demande de m'en excuser, mais vous venez

de baiser ma femme pendant six heures d'affilée.

Alors je vous demande si c'était bien ça aussi, c'est normal.

C'est votre femme ? Comment il ne vous l'a pas ? Elle a honte de moi.

Elle a toujours eu honte de moi. Nous sommes mariés depuis vingt ans.

Je n'ai jamais été à la hauteur.

Mais je ne peux pas me passer d'elle, vous comprenez.

Je suis un peu pressé parce que mon oncle m'attend en bas. Elle a beaucoup d

'argent de sa famille.

Elle le loue une chambre à l'année.

Et moi, je me suis engagé comme garçon d'étage pour ne pas la perdre de vue.

Garçon d'étage à mon âge. Vous vous rendez compte ? En dix ans, nous avons

fait dix hôtels différents. Cannes, Evian, Biarritz, Deauville.

J'ai oublié les autres.

Et toujours des endroits de grand luxe.

Elle adore le luxe.

Vous avez vu la chambre ? Magnifique, n'est-ce pas ?

Mais je ne peux pas vous retenir.

Combien a-t-elle eu d'amants ? Deux cents.

Peut-être davantage, je ne saurais vous dire exactement.

Et moi, le matin, je fais la chambre.

Je change les draps encore tièdres, remplis d'odeurs diverses. Je n'aille

pas trop tôt pour profiter un peu du parfum de sa nuit.

Et quelquefois, à côté, elle prend sa douche.

J'entends l'eau en ruisseler sur son corps.

Tout à l'heure, ce sera pareil. Je changerai les draps dans lesquels vous l

'avez aimé.

La chambre n'est pas trop... Dans des ordres ? Non, non, non, je ne le crois

pas.

Écoutez, je suis désolé. Oh, ne soyez pas désolé, tout est entièrement. Il m'a

foutu, j'ai laissé se dégrader. Une situation qui n'était déjà pas très

brillante. Je n'ai que ce que je mérite, je vous assure.

Quelle chambre avez-vous ? 417.

Elle est jolie aussi, la 417.

Vous verriez dans quoi il loge le personnel.

Et voilà, monsieur, vous êtes arrivé.

J'ai bien pensé me suicider, mais je vous retourne la question. Qu'est-ce qu

'elle deviendrait sans moi ? Au revoir, monsieur.

Je ne te demande pas si c'était bien.

Non, tu ne me le demandes pas.

Et moi, je ne te demande pas non plus si c'était bien.

Non, tu ne me le demandes pas non plus.

Eh bien moi, bien que cela ne vous préoccupe guère, je peux vous dire que

malgré les apparences, c'était pas mal du tout.

Bon, d'accord, j'ai perdu mon pari.

Donc, je reste et on tue ta femme.

D'un autre côté, c'est plus la peine de la tuer, puisque tu as réussi à en

baiser une autre cette nuit, alors que la tienne n'est même pas encore morte.

Faut être logique, non ? Non ! Faut pas être logique ! Avec les femmes, il n'y a

jamais rien de logique ! Pourquoi tu les aimes ? Pourquoi tu les aimes pas ?

Pourquoi tu les aimes plus ? Pourquoi tu les re-aimes ? T'énerve pas, t'énerve

pas, j'essaye de comprendre, c'est tout. Eh ben, il n'y a rien à comprendre,

justement ! Voilà ! Et qu'est-ce qu'il fout, l'autre ? Merde !

Tu surveilles pas la jauge d'essence, passe encore.

Mais que t'aies le culot de tirer au sort involontaire, que ça tombe sur le

lieu, et que tu le reveilles parce qu'il revient pas au petit trou, je trouve que

t'exagères.

Qu'est-ce que tu racontes ? Je te jure, Marie, elle était dans ce camion, assise

à côté du conducteur. Je l'ai vue, je te vois.

T'as rêvé ? Mais non, je n'ai pas rêvé, puisque je te dis que je l'ai vue.

Qu'est-ce qui se passe ? Ma femme s'est barrée avec un routier. Mène-toi.

Est-ce qu'on part ? On va m'expliquer ce qui se passe.

Sors !

Elle a vu sa femme dans le camion qui vient de passer.

Elle était assise dans la cabine à côté du chauffeur. Marie ? Oui, Marie, j'en

ai pas 36.

Ah, on part en Afrique soigner les pauvres.

En fait, on fait la pute pour routier.

Charmant. Et moi, j'ai l'air de quoi ?

Fais gaffe ! Ta gueule !

Ça va, ça va même très bien.

Il va voir cet enculé.

Paul, ne t'énerve pas comme ça, ça ne sert à rien.

Mais non, je ne m'énerve pas. Je suis super calme. Pourquoi je m'énerverais d

'ailleurs ? Marie

!

Marie, c'est moi, descends !

Alors, vous ne m'impressionnez pas du tout, mais vous ne m'intéressez pas non

plus. C'est ma femme qui m'intéresse.

Alors, je voudrais qu'elle descende.

Maintenant ! On fait quelque chose ? Non.

On ne fait rien.

Tu m'entends, Marie ? Je veux que tu descendes maintenant ! Marie, descends,

merde !

Qu'est-ce que tu lui veux, ma fiancée ? Mais enfin, Marie, je ne comprends pas.

Je croyais que tu étais en Afrique.

Justement, j'y vais.

Monsieur a bien voulu me prendre dans son camion.

Tu ne vas pas me dire que tu vas rester avec ce bouffe ? Non, mais dis donc, fou

furieux, tu veux me mettre sur la gueule ? Ce n'est pas à vous que je parle, c

'est à ma femme.

Ta femme ? Ça, c'est la meilleure, alors.

Il ne faut pas te gêner, mon pote.

Marie, on oublie tout, si tu veux.

Je te demande pardon.

Reviens.

S'il te plaît.

Non, Paul, c'est fini.

Ça me rend pas gaie, d'ailleurs.

Je n'ai pas envie de revenir en arrière. Ah, mais je vais lui éclater la gueule,

moi, ce dingo.

Viens, Marie.

Tu risques plus rien. Viens, je te dis.

Arrête, maintenant.

C'est grotesque.

Qu'est-ce qui t'attend, Raymond ? Vas-y.

Je vous viens bourpiller, pas de connard.

Alors, comme ça, tu veux piquer ma gonzesse ? Je peux tout vous expliquer.

C'est un simple malentendu. Tu la vois passer, elle te botte et tu me la

piques. C'est ça, l'idée ? Mon vœu a confondu votre femme avec quelqu'un d

'autre. Mais voyons !

Non seulement il veut nous envoyer dans le décor, mais en plus il dit que ma

femme a la tête de tout le monde.

Allez, tapez ! Merde ! Merde ! Allez ! Vas-y, vas

-y ! Vas-y ! Accrochez-vous !

La prochaine fois que tu vois ta femme dans une voiture ou sur une moisseuse

batteuse, elle va te le garder pour toi.

Tu ne nous en parles pas, d'accord ? Oui, bon, d'accord, je me suis trompé.

Trompé ? Le mot est plaisant.

Tu deviens complètement marteau.

Bon, je serais d'avis qu'on accélère un peu. Parce que tant qu'on aura ce fou

furieux au cul, je ne serai pas tranquille.

Je suis à fond !

Soixante-dix.

Et tu trouves facilement des pièces détachées ? C

'est

des conneries, je te dis.

Tu t'es laissé emmobiner par ton oncle et puis maintenant t'oses plus faire

marche arrière parce que tu veux pas le décevoir.

C'est pas vrai ? Tu veux tuer ta femme parce que tu veux pas décevoir ton

oncle.

Trouve pas que c'est un drôle de sens de la famille, non ? Il s'agit pas de ça.

Je sais bien qu'il s'agit pas de ça.

Moi, par exemple, j'ai tué ma femme.

Est-ce que je suis plus heureux ? Même pas.

Alors tu vois, Paul.

Arrête tout.

Je crois que c'est mieux.

On arrête tout.

Allez, les gars ! Il y a tant de vœux qu'il y a quelque chose à te dire !

Allez, vas-y.

Dans deux minutes, tu vas te sentir mieux.

Voilà.

J'ai réfléchi.

Je sais bien que t'as réfléchi.

Il n'y a qu'à voir ta tête.

Tu ne veux plus tuer Marie ?

Et l'idée était venue comme ça, en marchant sur le bord de la route.

Moi, je trouve que tu as raison. Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?

Tu as raison, c'est tout.

Tiens, je vais te demander quelque chose.

Pascal Labadie, 35 ans, chirurgien.

Pierre-Martin Lassalle, 32 ans, anesthésiste. Et celui-là, Alain Gosset,

30 ans, aide-soignant.

Joli garçon, non ? Mais qu'est-ce que tu me fais ? Non, rien.

Je te montre simplement les types avec qui Marie travaille.

Et je te demande lequel tu préfères. Je préfère... Non, tu as raison, je devrais

dire celui que Marie va préférer pour refaire sa vie.

Pour avoir des enfants.

Tu vois le tableau.

C'est insupportable.

Tu ne trouves pas ? Vincent ! Mon

dieu a quelque chose à te dire. Il a réfléchi.

Pour Marie, on ne change rien.

Oh, putain de bordel de merde, au nom de Dieu ! Qu'est-ce qui t'arrive, mon petit

vieux ? On craque ? Oui, je craque, parce que j'en ai pas tué la tête de vos

conneries. On la tue, on la tue pas. Tout comme ça, on la tue. Elle est à l

'autre bout du monde, on n'a plus de bagnole, mais on y va quand même.

Je vous le demande un peu, de quoi on a l'air, tous les trois ? On a l'air de

rien.

On a l'air de trois types qui font du stop un jour d'été. Qu'est-ce que ça a

de si formidable ? Ce que ça a de si formidable, c'est que dans deux heures,

on va y être encore.

Et que même si on trouve un mec assez con pour nous faire monter, on va se

retrouver si avide pour s'entasser à trois dans une opel cadette et qu'avec

un peu de chance, dans une semaine, on sera dans le sud de l'Espagne.

Et que dans ces conditions, toi, t'es pas prêt d'être boss.

Ce qu'il y a de si formidable, c'est qu'un seul coup, tout ça me fait chier.

Et puisque vous voulez la tuer, eh ben, on va la tuer !

Excusez-moi, madame, est-ce que vous savez où il y a un aérodrome ? Oui.

Bon, alors, poussez-vous, je prends le volant.

Qu'est-ce que vous foutez ? Allez !

Je croyais que tu

ne voulais jamais plus voler. Moi aussi, je croyais.

Fort majeur.

Mais tu te souviens comment ça marche ? Rapid, pique-nez !

Pourquoi on ne prend pas un peu d'attitude ? Je ne veux pas.

Problème technique ? Non, problème personnel.

J'ai le vertige.

Ah.

D'un sens, on voit mieux le paysage.

Et puis si on s'écrase, contente de moi, oh !

C'est elle ? T'es sûr cette fois-ci ?

Vous

êtes sûr de pas faire une connerie ? Sûr.

C'est pas maintenant qu'on va changer d'idée.

Ok. Alors à tout de suite.

Ça va ? Oui.

Ça va.

J'ai remplacé le chargeur par des balles à blanc.

Mais t'es complètement con ! Pourquoi t'as fait ça ? Je sais pas, parce que...

Je te connais pas depuis très longtemps, mais je suis sûr que t'as mis des balles

à blanc.

Je me trompe ? Sinon, à quoi bon venir jusqu'ici ?

Laisse-moi faire.

Je suis sûr que j'ai raison.

Vous êtes mariée ? Oui.

Excusez-moi, je viens de la part de Paul, votre mari.

Il m'a demandé de vous tuer.

Bien sûr, ça ne m'enchante pas du tout.

Mais pour des raisons compliquées à vous expliquer, je ne peux pas me dérober.

Vous comprenez ? Oui, je comprends très bien.

Mais je ne sais vraiment pas quoi vous dire.

Voilà, tu es un homme libre, mon grand.

Ça vous a plu ? Oui, super.

J'espère qu'elle aime ça aussi, votre copine. Oui, pas de problème, elle va

être au test de l'air.

Ah, ben alors oui.

C'est sûr, c'est pas sur un 747 que vous pourrez vivre ça.

Vous êtes sûre que vous voulez pas être pilote plutôt qu'hôtesse ? Oui, oui, je

suis sûre, oui. Au revoir.

Au revoir. Ça a l'air à dimanche ? À dimanche.

Au revoir. Au revoir.

Au revoir.

Ah,

c'est charmant à cet âge-là.

Ouais, faudrait pas que ça grandisse.

café mollu, crème, gratin sec, éponge, pâté de foie, à Jacques Vite. Je vais

faire les courses. Tu viens avec moi ? Non, Paul reste ici.

Je lui apprends à faire la tarte aux pommes.

Pour ce soir ? Oui, pour ce soir.

Avec une boule de vanille.

N'oublions jamais la boule de vanille.

Alors, à tout à l'heure.

À tout à l'heure.

Ce qu'on est bien.

Tu vas voir, bientôt ce sera l'automne et il fera toujours beau.

Quand même, on aura un petit coup de fraîcheur de temps en temps. On allumera

un feu et tu nous joueras jeux interdits.

Mais fais pas cette tête-là. Je plaisante.

Tu vas voir comment on va être bien.

On mangera le gras de la viande, la peau du poulet, des pommes de terre au

beurre. Alors bien sûr, on grossira.

Mais quelle importance, puisqu'on n'aura plus personne à séduire ? On sera entre

nous.

On se racontera des histoires de cul.

On autorisera des gros mots, Scrabble. On fera des concours de bites.

Il nous arrivera de péter.

Tu sais, parfois, pour Marie, je me demande... Oui ? Non.

Je me demande, c'est tout.

Ne t'inquiète pas, mon grand.

Ça va passer.

Ça passe toujours.

Bonjour.

Vous allez bien ? Qu'est-ce que vous foutez là ? Vous êtes complètement

folle.

Vous voulez tout faire foirer ou quoi ? Je veux rien faire foirer. Vous

inquiétez pas.

Je veux juste savoir une chose à propos de Paul.

Que je sois mort, ça le fait mieux vivre ? Il est plus heureux ? C'est difficile

à dire.

Je ne sais pas si ça va vous faire plaisir, mais oui, il va plutôt bien.

Il a des petites crises de cafard de temps en temps, mais ça ne dure pas.

On est là.

Il parle de moi ? Non.

Enfin, si.

Des fois, en dormant.

Alors, vous ne lui avez pas dit que vous ne m'aviez pas tué ? Non.

Vous lui direz ? Non, je ne pense pas.

Vous vous appelez comment ? Vincent.

Au revoir, Vincent.

C'est à toi de jouer, Vincent.

Elle était belle, ta femme.

J'avais oublié de te dire.

Elle était vraiment belle.

Je sais.

Pourquoi tu dis ça ? Parce que je pense à elle.

Je me demande si on l'a bien fait.

Ben oui, imagine que je ne l'ai pas tuée.

Un jour ou l'autre, elle aurait eu envie de rentrer en France.

Et puis, elle aurait essayé de retrouver notre trace.

Pour voir comment tu vis sans elle.

Elle ne fait peut-être même pas de télé dans le coin.

Et on s'est retombé par hasard sur elle au supermarché.

Elle aurait eu envie de revenir.

Et au moins, on aurait été quatre par jour au Scrabble.

C'est pour ça que je me demande si on a bien fait de la tuer.

Même quand elles sont mortes, elles continuent à nous faire chier.

C'est la trahison qui nous laisse jamais

perdus.

Ce sont des madonnes dévergonzées qui

rechassent toutes les caresses qui

nous occultent le désir de rêver de l'amour avec

les mains.

Sous-titrage FR ?

Sous-titrage Société Radio-Canada

Les dieux et les putes sont le grand

plaisir, l'origine du soleil de mon

enfance. Ils sont l'éclat

sanguinaire dans mon jardin, un rubis de

novia.

Sous-titrage

MFP.

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